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Eloge aux gars et aux femmes du BTP qui meurent sans éloge

A tous ceux qui ne meurent pas au lit

 

 

arton853-091cbLa semaine dernière, deux accidents graves du BTP ont entraîné la mort d’un ouvrier sur le chantier de l’écoquartier de Palaiseau et le l’évacuation après réanimation d’un autre ouvrier à Chambéry. Tous les deux ont été victimes de ces chutes qui sont une des principales causes de mortalité dans le BTP.

De ces ouvriers, vous ne saurez rien au travers des dépêches vite emballées des feuilles de choux locales. Mais nous, nous les connaissions sans même les avoir rencontrés car nous sommes travailleurs et travailleuses comme eux face aux dangers du chantier. Parmi nos camarades, nous avons notre part de mutilations et de vies brisées.

Alors, nous rendons hommages à tous les travailleurs et toutes les travailleuses du BTP qui chaque matin se lèvent pour gagner leur croûte avec la peur au ventre, à toutes celles et à tous ceux qui grimpent l’échafaudage avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui creusent la tranchée avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui épandent du produit dangereux avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui travaillent dans des conditions météos pourries avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité.

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Travailleuses ou travailleurs comme nous, nous leur rendons hommage quand ils sont fauchés par la mort de la façon la plus brutale. Nous nous associons à la douleur des familles et nous sonnons le glas pour nos collègues, nous le sonnons une fois tous les deux jours en France.

Mais nous ne pourrons jamais nous contenter d’un recueillement à chacune de ces tragédies ouvrières, chaque mort du BTP a une cause et ce n’est pas la fatalité qui nous fauche. Non, c’est le patronat. Par sa cadence de production infernale, par ses manquements en matière de sécurité, c’est le patronat qui nous tue.

Au syndicat, nous n’avons pas eu d’accident mortel ou grave depuis plus de dix ans car entre camarades, nous apprenons à dire non à ce patronat assassin. Notre action quotidienne de syndicalistes combat cette “fatalité” patronale servant à masquer leur brutalité. Et chez nous, il n’y a plus de victimes. Nous refusons d’un seul bloc les ordres à risques. Prendre des risques pour le patron est un suicide. Si le patron veut travailler sur un toit gelé, qu’il y monte lui même, ce lâche. Et nous n’oublions pas la cadence qui rend le métier dangereux. On se fait virer, mais on ne se fera pas tuer. Le couteau du Hara-kiri, on leur laisse, on leur aiguise s’ils veulent. Les camarades du syndicat ne mourront pas pour eux, et même si nous ne sommes pas à l’abri d’être entraînés dans la mort sur les chantiers, nous n’irons pas de nous-mêmes.

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Il est trop tard pour ceux qui sont fauchés et nous les pleurons, comme nous pleurerons ceux qui se feront abattre par le patronat de cette semaine.

Mais aux survivants quotidiens, nous leurs disons qu’il est temps d’apprendre à dire non, et de le faire avec le syndicat. Un patron ou un chantier, ça se remplace, pour vos familles, vous êtes des pères, des mères, des fils, des filles irremplaçables.

Si la presse à fort cirage [1] n’en finit plus de ses éloges à la une de Pierre Berger, patron d’Eiffage, décédé à 47 ans d’une crise cardiaque dans la nuit, ce ne sont pas nos morts qui auront droit à une telle exposition médiatique. Écrasés, brûlés, explosés, décapités, démembrés, enterrés, empalés, broyés, nos morts sont moins glamours que celle d’un boy-band patronal. On les attend tous, ces médias de la brosse à reluire, sur les chantiers Eiffage venir faire l’éloge de l’ouvrier crevant par la faute du productivisme imposé par ces PDG du BTP qui meurent au lit en pétant dans la soie.

Ouvrières et ouvriers du BTP, vous n’êtes pas pour le syndicat que quelques lignes d’une dépêche, vous n’êtes pas seuls, venez nous rejoindre et construisons notre survie au patronat délinquant et à ses chantiers, ensemble !

 

[1Jusqu’aux groupies patronales de la CFDT qui viennent de perdre leur idole charismatique.

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Syndicat Unifié du Bâtiment de la région parisienne 

 

 

 

Des sectes cachées derrière le “développement personnel”

1500 organismes de formation tournés vers le développement personnel suspectés de dérives sectaires

 

C’est ce que nous apprend Georges Fenech en 2012, président de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Cette infiltration des sectes dans le domaine de la formation professionnelle n’est pas étrangère à la convoitise que peuvent représenter les 7 milliards [NDLR il semble que ce soit 32 milliards en 2013] d’un marché animé par 50.000 organismes.

Un domaine alléchant pour les gourous de tout poil qui ont donc trouvé un porte d’entrée idéale: le développement personnel. Par le biais du coaching, les techniques de management ou encore la gestion du stress, les formations peuvent facilement dériver vers des enseignements suspects.

Malades, isolés, installés en établissements d’accueil pour personnes âgées ou restant à leur domicile, ils constituent une cible de choix pour les mouvements à caractère sectaire.

Selon le journal Libération:

Il existe en France des dizaines de milliers d’organismes de formation. Certains ont le statut d’entreprise, d’autres d’associations loi 1901. Le secteur est peu réglementé. Pas assez, selon Catherine Picard qui explique: «Il existe un agrément mais c’est seulement sur le volet administratif. Il n’y a aucun contrôle du contenu de la formation. N’importe qui peut se présenter demain comme formateur.»

Le premier moteur de ces formations bidons est d’abord financier. C’est d’ailleurs l’un des critères utilisés par la Miviludes pour repérer les organismes suspects. Les coûts sont souvent exorbitants (entre 6 000 et 20 000 euros par personne). «Ensuite, ajoute Serge Blisko, il y a toujours cette notion d’emprise, commune à toutes les formes de sectes. Lorsque vous faites des choses qui vous sont préjudiciables et que vous n’auriez jamais faites dans votre état normal.»

«La secte intervient sur les peurs, les doutes, poursuit-il. Quand vous êtes sans emploi, vous êtes plus fragile. C’est un terreau facile pour recruter. Capter de nouvelles victimes.»

2 600 signalements

 

Le phénomène est cependant difficile à quantifier. Les signalements auprès de la Miviludes restent trop peu nombreux. «Vous comprenez bien qu’un DRH qui s’est fait berner par un pseudo organisme de formation ne va pas aller s’en vanter. Quant aux victimes, elles ont souvent tellement honte, qu’elles se taisent.»

Au total, l’année dernière, la Miviludes a reçu 2 600 signalements tous domaines confondus. Les dossiers principaux proviennent des dérives sectaires dans le domaine de la santé, avec ces pseudos thérapies pour guérir du cancer.

libertéUnion Nationale des Association de Défense des Familles et de l’lndividu victimes de sectes: s’informer et se faire aider.