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CroiZADes, la Zone, Notre-Dame et la couche d’ozone

  L’erreur historique de nombreux mouvements libertaires est de faire du territoire l’espace de la lutte des classes. Autrement dit, d’inverser les données : aménager un espace pour créer des activités « autogestionnaires », alors que la réappropriation-transformation des outils de travail au service de la lutte désigne la force collective en action qui est son propre espace. Il ne s’agit pas de créer des « en-dehors », comme c’est le cas par exemple avec le phénomène des ZAD.

 L’insurrectionnalisme sans lendemain des ultras-activistes n’a rien à envier à l’avant-gardisme idéologique et militaire du marxisme en vue de la conquête politique du pouvoir étatique. L’horizon de société post-capitaliste s’élabore dans la transformation sociale immédiate du travail, c’est-à-dire directement dans les formes de lutte émancipatrices et créatrices de réappropriation.

 Du Larzac à Jarnac, de Tarnac à Montcuq

 

 

/!\ARTICLE EN CONSTUCTION /!\

 

 

 Dans tout récit politique, il y a un mythe fondateur. On pourrait situer celui du nuage altermondialiste en France sur les ruines fumeuses du plateau du Larzac, qui signe un peu la flambée de ce qui va mourir, une idéologie gauchiste soixante-huitarde pacifiste hippisante qui opère un virage occitaniste en se jetant aux côtés d’une centaine de paysans expropriés par l’Etat face au projet d’extension d’une base militaire en affrontant une droite belliqueuse.

 C‘est dans la porosité du Larzac aux idéologies spiritualistes et communautaires (communautés de l’Arche, etc,…) mais aussi féministes, à la défense du patrimoine terrien dans le contexte d’un monde paysan qui n’a pas encore totalement été lessivé par l’agriculture intensive de la Révolution verte, que vont émerger des réactionnaires comme José Bové,

Des nuages militants qui s’articuleront autour des luttes contre les marées noires, le nucléaire puis plus tard, aidé en cela par un gros travail de lobbyistes, notamment celui du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie, contre les OGM avec toujours José Bové.

MALVILLE marque l’effondrement visible du mouvement écologique – il n’est ici fait référence à aucun sous-groupe particulier, mais bien à l’ensemble du mouvement qui va des curés à la Lanza del Vasto aux Che Guevara de bocage – ou plutôt son effondrement qui est devenu visible.

Des militants pacifistes et des agriculteurs se réunissent, le 14 août 1977 sur le causse du Larzac, dans la région de Millau, pour manifester contre l’extension d’un camp militaire sur le plateau. L’annonce de cette extension de 3.200 à 14.000 hectares pour un l’entraînement de divisions blindées et d’engins lance-missiles, a engendré un mouvement de protestation jusqu’en 1981, lorsque le président François Mitterrand a enterré le projet.

 Ceci est d’autant plus significatif que cette manifestation voulait trancher d’avec la grisaille et l’insignifiance des rassemblements antérieurs, où les mêmes gens se retrouvaient annuellement pour ânonner les mêmes choses ; au nom de l’antinucléaire, le prêche le plus solennel en faveur du respect de l’ordre.

Passion sans vérité, vérité sans passion ; héros sans héroïsme, histoire sans événement ; développement dont la seule force motrice semble être le calendrier, fatigant par la répétition constante des mêmes tensions et des mêmes détentes ; antagonismes qui ne semblent s’aiguiser périodiquement d’eux-mêmes que pour pouvoir s’émousser et s’écrouler sans se résoudre. Efforts prétentieusement étalés et craintes bourgeoises devant la fin du monde.

L’intérêt de Malville résidait en ceci qu’un mouvement avait été cristallisé, qui allait au delà de ses objectifs proclamés, au point que les sous-leaders écologistes se virent dans l’obligation de se démarquer, c’est-à-dire de se démasquer.

  Chaque fois que se trouvent rassemblés les gens, et ceci pour ne rien faire ensemble, une fête est organisée pour éviter la conscience du vide qui ne manque pas de s’accroître avec le nombre. Cet ersatz se révéla ici sans usage. A sa place, on pouvait voir à Courtenay le clown Mermaz polémiquer respectueusement avec de respectueux écologistes. Ailleurs, on discutait à n’en plus finir, dans des forums, sur l’attitude à tenir pour le lendemain matin. Discussion sans moyen ni raison sur la violence ou la non-violence ; débat aussi faux que tout ce qui se disait et qui se faisait jusqu’à ce jour-là. A défaut de pain et de jeux, l’on eu des mots. Se voyant complètement dépassés, les écologistes organisèrent la confusion, le plus sûr moyen de ne rien faire.

Notre-Dame-des-Landes et au premier plan, un tee shirt de Sea Shepherd du réactionnaire Paul Watson

  Depuis longtemps déjà, l’État en place souffrait d’un mal qui est comme la maladie ordinaire et incurable des pouvoirs qui ont entrepris de tout commander, de tout prévoir et de tout faire. Quelque divisés que l’on fût sur le sujet des plaintes, on se réunissait donc volontiers pour le blâmer ; mais ce qui n’était jusque là qu’une inclinaison générale des esprits, devenait depuis mai 68 de plus en plus pratique. Toutes les douleurs secrètes que faisait naître la domination prolongée de l’économie sur la société, le contact incessant avec des institutions désuètes dont les débris blessaient en mille endroits les idées et les mœurs, toutes ces colères contenues qui se nourrissaient de cette situation se tournèrent en cette occasion contre le pouvoir. Depuis longtemps elles se cherchaient un chemin pour se faire jour. Celui-ci vint à s’offrir, elles s’y précipitèrent sans discernement. Ce n’était pas leur voie naturelle, mais c’était la première qui s’offrait. Malheureusement, ce qui la veille de la manifestation pouvait apparaître comme une perspective possible, se révéla être, dès le lendemain, un cul-de-sac.

 De leur côté, les membres de la coordination distillaient la pagaille, mâchonnant à la sono qu’il fallait faire demi-tour. En fin d’après-midi, lorsque tout le monde refluait, les mêmes cons appelaient à se rassembler à Poleyrieu, dans l’espoir de transformer ce revers en médaille. Mais la plupart assez écœurés, estimaient superflu de tomber dans ce panneau supplémentaire.

Pour les organisateurs de la manifestation, le résultat était donc maigre, en dehors d’un mort, de pas mal de blessés et de quelques grimaces amicales de la bourgeoisie compatissante pour ces jeunes apprentis sorciers. Aussi se répandaient-ils en confessions, plus qu’en déclarations, aux micros des postes périphériques et dans les journaux.

Si l’on se proposait sérieusement une manifestation pacifique, il était stupide de ne pas prévoir qu’elle serait accueillie belliqueusement. S’il fallait s’attendre à une lutte véritable, il était véritablement original de désarmer les gens du désir de s’armer. Mais les menaces des classes moyennes ne sont que de simples tentatives d’intimidation de l’adversaire. Et quand ils sont acculés, quand ils se sont suffisamment compromis pour se voir contraints de mettre leur menaces à exécution, ils le font d’une manière équivoque qui n’évite rien tant que les moyens propres au buts, et cherchent avidement des prétextes de défaite. L’ouverture éclatante annonçant le combat se perd en un faible murmure dès que le combat doit commencer. Les acteurs cessent de se prendre au sérieux et l’action s’écroule lamentablement comme une baudruche que l’on perce avec une aiguille.

  Il faut dire que rarement on sous-estima à ce point l’État de l’actuelle société de classes. Mais les écologistes, parce qu’ils se recrutent dans la petite bourgeoisie moderne – celle qui est devenue salariée, de l’infirmier à la cadre supérieure — représentent la classe intermédiaire au sein de laquelle s’émoussent les intérêts de classe opposées.

Europe Ecologie, parti le plus détesté des français selon un sondage patronal récent, est une bulle politique qui n’existe que par sa nature satellitaire du PS et la structuration sociale qui l’anime, le compose et exerce son lobbying, à savoir les sous-classes dominantes appartenant au monde de l’édition, de la communication, de la culture et de la fonction territoriale s’affichant ici aux côtés d’un millénariste déjanté dont la poésie plâtreuse affriole les prélats de Pachamama.

  Celle-ci s’imagine, pour cette raison, être au-dessus des antagonismes de classe et, pour cette même raison, les regroupements écologistes s’adressent indistinctement à tout le monde.

  Certes, les écologistes reconnaissent qu’ils ont devant eux une classe privilégiée, mais eux, avec tout le reste de la nation, ils constituent la population. Ce qu’ils veulent représenter, c’est le droit de la population. Ils n’ont donc pas besoin, avant d’engager une lutte, d’examiner les intérêts et les positions des différentes classes.

Notre-Dame-des-Landes, 2016

 Ils n’ont pas non plus besoin de peser trop minutieusement leurs propres moyens. Ils n’ont qu’à donner le signal pour que la population fonce avec toutes ses ressources inépuisables sur ses oppresseurs, qui prennent ici l’aspect des pollueurs.

Extrait de la brochure anonyme de Malville

 Même si de nombreux habitants se solidarisent de la ZAD, la question de la propriété privée n’est pas posée. L’exploitation individuelle de la terre s’oppose à une démarche plus collective fondée sur l’entraide et la solidarité.


 Ensuite, la ZAD peut sombrer vers l’alternativisme. Le collectif Mauvaise troupe montre un espace en lutte. Mais le discours sur la désertion et l’alternative existe également.

 Même si la logique capitaliste traverse tous les aspects du quotidien et les relations humaines. Le mode de vie alternatif de la Zad ne doit pas être idéalisé ou présenté comme un modèle de société. Mais il faut reconnaître que de nombreux zadistes font également le choix de la lutte plutôt que de la marginalité.

Il faut également pointer les limites d’une lutte qui reste locale. Ce n’est pas uniquement d’un petit territoire que peut provenir un mouvement de rupture avec le monde marchand. Cette lutte reste focalisée sur le point précis de l’aéroport et ne s’inscrit pas dans la perspective d’un changement global. Elle ne se situe pas sur le rapport d’exploitation. Les luttes importantes ne peuvent partir que des questions sociales et des problèmes vécus par l’ensemble des exploités. Un aéroport à l’autre bout de la France n’est pas forcément un enjeu suffisant pour déclencher un soulèvement populaire d’ampleur.

 Même si le collectif Mauvaise troupe montre bien que cette lutte locale alimente un climat de conflictualité, notamment au moment du mouvement contre la loi Travail. L’enjeu ne doit pas se réduire à la question de l’aéroport. Les luttes peuvent s’ancrer sur des enjeux locaux mais doivent s’élargir et s’inscrire dans la lutte des classes. Seul un renversement de l’ordre capitaliste peut ouvrir de nouvelles possibilités d’existence.

Explication sommaire du montage-photo de la couverture

 

Il s’agit d’une vraie photo de ZAD, seules les têtes ont été changées, des bustes et personnages ont été ajoutés

Ce montage photo, c’est celui de l’altermondialisme dans toutes ses composantes.

De l’aile droite écologiste gouvernementale à l’ultra-gauche insurrectionnaliste.

En haut à gauche, Tina Turner et Mel Gibson, ça c’est pour le côté Mad Max, ce  côté post-apocalyptique spectaculaire,     cette esthétique radicale de fin d’une       civilisation roulant sur la réserve                                                       d’essence.

                                   Nicolas Hulot

A côté, Nicolas Hulot, ministre Europe Ecologie, hostile au principe de ZAD. Il représente la grimace du gouvernement. Il trouve ATTAC (des altermondialistes de gauche aussi vaillants qu’un poulpe après la sieste) trop radicaux. Lui, c’est aux côtés des réactionnaires Pierre Rabhi et Paul Watson qu’il préfère poser.

                                 Brigitte Bardot

A côté, Brigitte Bardot, ancienne jeune giscardienne et vraie lepéniste. Dans le sillage idéologique de Paul Watson, cette idéologie xénophobe, malthusienne, réactionnaire.

                             Françoise Nyssen

 Encore à côté, Françoise Nyssen. Après Nicolas Hulot, c’est la seconde ministre en fonction présente sur ce montage photo. Directrice de la maison d’édition Actes Sud, elle a ouvert il y a peu une école proche des préceptes ésotériques du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie.

                      Marie-Monique Robin

 A ses côtés, Marie-Monique Robin, auteure et réalisatrice de films écologistes réactionnaires. Proche de la sphère de l’anthroposophie et de Pierre Rabhi. C’est elle qui a fait ” Le monde selon Monsanto “. L’anthrophosophie se cache derrière de nombreux sites contre Monsanto. L’anthroposophie, comme l’Eglise catholique romaine, n’a jamais trop aimé la chimie. C’est elle aussi, qui a fait ” Nos enfants nous accuseront “. Ils t’accusent déjà, Marie-Monique.

                        Philippe Desbrosses

 Juste à côté, Philippe Desbrosses. Le pape de la bio en France. Il est lui aussi proche du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie. Dans pas mal de magasins bio est distribué Kaizen, le magazine proche de l’anthroposophie et de Pierre Rabhi.

                                      José Bové

 La plupart connaît José Bové. Agriculteur et député européen écologiste. C’est pas vraiment un progressiste José Bové, c’est un réactionnaire. Comme Pierre Rabhi, il est opposé à la PMA, il est opposé aux “bébés éprouvette” alors que ça fait plus de trente ans que ça existe et qu’il a déjà peut-être serré la main à un individu conçu dans une éprouvette. Bonjour les toiles d’araignées dans la tête. Il a été approché par des mystiques avec le Larzac pour lutter, comme tous les réactionnaires l’ont toujours fait, contre la science, contre les OGM.

                        Masque Anonymous

 Juste à côté un masque Anonymous. C’est pour illustrer le nombre de zadistes – et de teufeurs – qui sont tombés dans la propagande conspirationniste à cause des réseaux marchands. Sur la page d’extrême droite Anonymous France par exemple. Ce masque n’est pas conspirationniste en soi, il a été utilisé par certains fascistes en France pour diffuser des idées fascistes, pour regrouper des personnes un peu mystiques sur les réseaux marchands, qui eux aussi regroupent les personnes qui pensent et surtout, qui croient pareil. Quand on dit “les réseaux sociaux”, c’est pour ne pas dire facebook, bien entendu.

                   Sous-commandant Marcos

Encore à côté, le sous-commandant Marcos, c’est un zapatiste, aussi un altermondialiste, c’est une révolte civile, au Chiapas.

                                     Un mouton

 Enfin, un mouton, pour illustrer la forme primitive de la ferme, semblant pour certains une alternative au capitalisme en crise. C’est un mouton du Larzac, une lutte écolo qui n’a pas mené à grand chose. Mais est-ce qu’une lutte écolo a déjà mené quelque part?

 Seconde rangée à gauche, une forêt herbacée, habillant Tina Turner qui se change en Gaïa, c’est Mère Nature. C’est le voyage astral indica. C’est la méditation sativa. Ce sont tous les bienfaits naturels de dame Nature. La purification. La méditation, consistant, on vous le rappelle, à rechercher une forme de volupté dans le fait de se vider totalement le cerveau.

A méditer… mais pas trop.

                                            Yoshi 

En dessous, c’est Yoshi. Un pote de Mario. C’est pour le côté ludique, un peu enfantin. Le côté sept vies en stock au lieu d’une.

                                       Un Ewok

A côté, un Ewok. Ça c’est pour le côté péplum, avec des légions de CRS, des hélicoptères, c’est Star Wars. C’est aussi le primitivisme, c’est retourner vivre dans les bois parce que finalement, c’était vachement bien de vivre dans les bois. Un côté irréel et spectaculaire. Du grand cinéma.

                                 Vandana Shiva

A côté, Vandana Shiva, grande prêtresse anti-OGM. Elle ne possède strictement aucune formation scientifique, du coup, elle est super écoutée par plein d’altermondialistes et d’écolos réactionnaires. Elle vend très cher, par des conférences hors de prix, une vision du monde profondément anti-féministe, un peu comme Marine Le Pen ou Margaret Thatcher dans un autre genre.

                                Denis Brognart

A côté, Denis Brognart, un présentateur télé. C’est pour le côté spectaculaire, insulaire, blindé de caméras. Sans eau courante. Ont-ils trouvé le riz? Ce sont des votes au conseil, pas vraiment équitables. Ce sont aussi deux équipes. Les jaunes, comme les syndicats jaunes, les vrais-faux syndicats patronaux chargés de torpiller les luttes syndicales et les rouges, les appellistes. Ceux qui ont lu le petit livre vert ” L’insurrection qui vient “. Ceux qui appellent à faire une révolution depuis les ZAD et en jetant des fers à cheval sur les lignes TGV pour les arrêter, il paraît que ça porte bonheur.

                        Un triangle Illuminati

A l’angle de son genou, un triangle illuminati. Pour illustrer les croyances, le fait qu’une partie de ce nuage ait plongé la tête la première quand le délire sur les illuminati tapissait tous les réseaux sociaux marchands. En réalité contre les francs-maçons, fixette “classique” et historique de l’extrême droite.

                                   L’abbé Pierre

A côté, c’est l’abbé Pierre. C’est la ZAD anti-115. La ZAD sans fichage direct, sans éduc, sans humiliation. C’est un Emmaüs sans l’arnaque et le contrôle Emmaüs, sans le catholicisme rance ou l’Emmaüs altermondialiste de Germain. C’est le christianisme de la pauvreté, social, en opposition au christianisme autoritaire, patronal, raciste, bête et méchant, pro-hommes, de Marine Le Pen.

                   L’horrible docteur Chouard

Au milieu, Etienne Chouard, qui s’est fait connaître avec le Non au Traité européen en 2005. Il a été mis dans le circuit de la “gauche” altermondialiste par ATTAC et les ” Amis du diplo ” (le monde diplomatique, un journal pour profs de gauche paresseux). C’est un type qui est très à droite, qui a participé à la conférence de lancement des colibris de Pierre Rabhi. il voudrait une société très inégalitaire tout en dénonçant l’inégalité et le pouvoir du “1%” qui est une proportion totalement bidon. Bonjour la cohérence.(Ce serait plutôt les 10% contre les 90% si vraiment on devait en trouver une) Il comprend pas vraiment le capitalisme le pauvre, ou alors il fait semblant de ne pas comprendre. Il ne parle jamais de social, d’émancipation véritable, de féminisme, de lutte des classes. il préfère faire des conférences avec tous les fascistes de la toile.

                                       Le sac FBI

Son sac “FBI“, c’est pour le côté conspi. Un site conspi sort toujours des ” documents déclassifiés du FBI ” sinon c’est pas un vrai site conspi!

                                Corinne Touzet

La seconde gendarme, c’est Corinne Touzet. C’est le côté feuilleton interminable. C’est le côté téloche, le côté joué, une bien sympathique petite troupe de théâtre.

                                    Pierre Rabhi

 Juste au dessus à droite, c’est Pierre Rabhi. En train de grattouiller les forces cosmiques. Il médite pendant que le repas se prépare, tout seul, comme par magie. Il possède une armée de colibris derrière lui. Son agriculture est tellement miraculeuse que si elle était utilisée partout, il y aurait des centaines de millions de terriens qui en mourraient. C’est un malthusien comme Paul Watson. Sauf que Watson, lui, il dit qu’il veut revenir à un milliard d’êtres humains. Rabhi, il dit l’inverse, il dit qu’on peut nourrir tout le monde en biodynamie, son agriculture de chéper. Son agriculture, c’est aussi efficace que de se déguiser en Skippy le Kangourou et de danser la lambada pour faire sortir des semis de radis. Tout le fric qu’il soutire à ses fidèles, il ne le garde pas pour lui, il en file une partie à son entreprise sectaire.

                                    Manu Chao

Au premier rang, à gauche, Manu Chao. Chanteur engagé, altermondialiste. Fait apparaître dans l’un de ses derniers clips, l’obscurantiste Vandana Shiva. Sans dire que c’est une escroc, sans dire que c’est un charlatan. C’est un peu moche tout ça. La Main Noire, c’est comme le Beaujolais, ça vieillit mal.

                                   Keny Arkana

 Juste à côté, c’est Keny Arkana. Ancienne conspirationniste semi-repentie radi-cale. Sur ses clips vidéo, elle a la rage et ça donne surtout l’impression que ça a déjà pété partout. Mais dans la réalité, ça n’a pété nulle part. C’est bizarre. Peut-être qu’elle se fait des films. Elle ne s’est pas non plus révoltée contre l’interview chez les cathos confusionnistes de Reporterre. C’était peut-être pas aussi grave qu’une rage, finalement. C’était peut-être qu’une petite toux passagère.

                                               Raël

  En bas au centre, c’est Raël, qui annonce la fin du monde et le début d’une nouvelle ère. Celle de ” l’Insurrection qui vient “. C’est la (R)évolution apocalyptique. C’est un pote de l’antisémite Dieudonné. Un réactionnaire.

                                     Eric Pététin

 A côté, c’est Eric Pététin. Militant écolo professionnel historique. Dieu vivant à la Goutte d’Eau, prophète à la ZAD du Testet, sage respectable à la ZAD d’Agen, hué à la ZAD de Notre-Dame à l’occasion d’une prise de parole mystique. Il est proche des écologistes. L’un des rares à le défendre, c’est Noël Mamère, d’Europe Ecologie.

                                  Julien Coupat

 Tout en bas à l’extrême droite, Julien Coupat, un des accusés de Tarnac qui a été emprisonné. Un montage politique. Des hauts fonctionnaires qui rigolent. C’est le Comité Invisible, les appellistes, des écolos en révolte, ils appellent à faire la révolution, avec tout le monde, même quand ils prennent des champignons hallucinogènes en hallucinant Marcel Campion, roi des forains et proche de Le Pen, révolutionnaire ultra-gauche.

Tout en haut, un OVNI et des ” chemtrails “, pour illustrer encore une fois les idées d’extrême droite qui sont arrivées jusqu’à l’altermondialisme. “Grâce” aux réseaux marchands, à facebook. Et à Youtube. Et à Google aussi. Grâce surtout aux fascistes qui ont rempli ces sites de boue fasciste et cette boue, comme à Nuit de Boue, elle est ici aussi, sur l’image, un peu partout.

 Solutions locales pour une famine mondiale?

 

 Les bien-pensants et les beaux-parleurs qui défendent l’écologie et la ruralisation de la société mettent en danger la survie d’une partie de l’humanité sans pour cela aller jusqu’à soutenir les mesures extrêmes prises par les Khmers rouges au Cambodge. Il leur suffit de prôner la réduction drastique de la productivité agricole, qui provoquera nécessairement une crise alimentaire, étant donné les techniques de culture qu’ils veulent appliquer

Commençons par la prétendue «perte de la biodiversité». Il est intéressant de connaître la genèse de cette idée pour comprendre pourquoi, aujourd’hui, on la mentionne à propos de tout et de rien.

Comme l’a expliqué Bjørn Lomborg, l’écologiste Norman Myers affirma en 1979, sans citer la moindre référence, que, jusqu’au début du XXe siècle une espèce disparaîtrait tous les quatre ans, et que ce taux passerait ensuite à une espèce par an. Lors d’une conférence qui se tint en 1974, on émit l’hypothèse, sans qu’elle fût étayée par la moindre recherche, que le taux d’extinction avait alors atteint 100 espèces par an, affectant non seulement les animaux, mais toutes les espèces, y compris celles qui étaient encore ignorées par la science. Il est vraiment extraordinaire d’attribuer un taux d’extinction à quelque chose qui n’est pas encore connu !

Comme si cette méthode particulière ne suffisait pas, Norman Myers prétendit que, durant les vingt cinq prochaines années, un million d’espèces disparaîtraient, effectuant un calcul facile : 40000 espèces allaient disparaître chaque année. «Toute l’argumentation de Myers se résume à cette affirmation, conclut Lomborg. Son livre ne fournit pas d’autres références ou arguments8.» Telle est l’origine de l’une des peurs contemporaines. Examinons maintenant les autres éléments de la liste.

La façon dont les écologistes traitent la question de la modification génétique des aliments suffit pour dénoncer leur obscurantisme, car les plantes et les animaux que nous mangeons aujourd’hui ne sont pas naturels. Plantes et animaux résultent d’un processus multimillénaire de domestication, qui a impliqué de nombreuses modifications génétiques ; celles-ci avaient l’inconvénient d’être beaucoup plus lentes, elles ont conduit à un plus grand nombre de résultats négatifs et ont dû être abandonnées.

Dans un article9, García Olmedo note à ce sujet que le mot «naturel» est erroné pour plusieurs raisons dont la suivante : «il désigne des variétés cultivées traditionnelles qui ne sont plus naturelles précisément parce qu’elles sont passées par un processus de domestication durant lequel leurs caractéristiques
essentielles ont été éliminées pour survivre dans la nature en échange de l’acquisition des propriétés qui les rendaient aptes à la culture». Et cet auteur, un ingénieur agronome spécialisé dans le génie génétique, professeur à l’université polytechnique de Madrid et membre de l’Académie royale d’ingénierie espagnole, a attiré l’attention sur le fait qu’«aucune des espèces cultivées n’est naturelle parce qu’aucune n’est (ou n’a été) capable de mener par elle-même une vie libre et que toutes dépendent de la main de l’homme pour réussir dans la succession de leurs cycles biologiques». Mais, pour les écologistes, le laboratoire est le siège du Mal, et les aliments génétiquement modifiés résultant de l’association entre la
science et l’industrie sont classés comme dangereux, tandis que les aliments modifiés par la domestication (aussi artificielle que les autres techniques humaines) sont classés comme… naturels.


Le problème fondamental n’est cependant pas de savoir si ces classifications sont justes ou erronées, mais si les aliments biologiques sont plus nutritifs et meilleurs pour la santé. «Il est faux d’affirmer que ce qui est naturel est forcément plus sain que ce qui est artificiel, écrit Mark Lynas sur son site. En 2009,
une importante étude pour la Food Standards Agency du Royaume-Uni [le ministère responsable de la protection de la santé publique] a conclu que les aliments biologiques n’apportaient aucun avantage nutritionnel ou positif pour la santé.» Et Lynas d’évoquer le cas des bactéries qui passent du fumier animal à la plante, puis aux aliments. En effet, une étude publiée en 2004 par Avik Mukherjee et al., de l’université du Minnesota, citée par García Olmedo dans l’article que j’ai mentionné, a détecté la présence de coliformes fécaux dans 9,7 % des fruits et légumes provenant d’exploitations agroécologiques, mais seulement 1,6 % dans ceux provenant d’un autre type d’agriculture. Et García Olmedo a ajouté une liste inquiétante de maladies et de décès causés par l’utilisation de matières fécales comme engrais.

 

Bilan provisoire des altermondialismes : Altermondialisme… ou altercapitalisme ?

Formuler une définition précise de l’altermondialisme est très difficile, vu la multiplicité des courants idéologiques que ce terme recouvre, la multiplicité des mouvements qui s’en réclament (de façon plus ou moins intéressée ou opportuniste (1) ) et la multiplicité des formes d’action qui lui sont liées.

Ses partisans mettent en avant le fait qu’il s’agirait d’un « mouvement des mouvements », d’un Réseau des réseaux, horizontal, ultradémocratique, ouvert à toutes les sensibilités politiques et philosophiques, à condition qu’elles remettent en cause le « néolibéralisme », concept au contenu très ambigu sur lequel nous reviendrons plus loin.

Ses détracteurs soulignent le fait que les sommets altermondialistes sont financés par des municipalités, des régions, des ministères ou des États. Ils soulignent que les cadres de ces mouvements travaillent pour des ONG, des associations humanitaires, des observatoires du développement, des think tanks (clubs de réflexion), des instituts de recherche, des cabinets de consultants (2,4 millions d’euros par contrat) ou des syndicats qui dépendent totalement des subventions gouvernementales ou privées (2) . Les théoriciens de l’altermondialisme sont le plus souvent des universitaires qui vivent dans leurs tours d’ivoire académiques, relativement privilégiées, soutenus par des politiciens ou des militants chevronnés à la recherche d’une nouvelle virginité politique.

PARIS – 21/06/2009 – MANIFESTATION EN SOUTIEN AUX INCULPES DE TARNAC AUX ABORDS DE L ADMINISTRATION PENITENTIAIRE –

Ses partisans ripostent que le mouvement altermondialiste est tourné vers des revendications concrètes, minimales certes, mais réalistes, voire « utopiques-réalistes-et-citoyennes ». Qu’il regroupe des syndicats, des associations, des bénévoles qui ne font pas d’« idéologie » mais n’hésitent pas à « mettre les mains dans le cambouis ».

Ses détracteurs rétorquent que l’altermondialisme n’est qu’un concentré de vieilles idéologies ou de vieilles propositions politiques, datant pour la plupart du XIXe ou des débuts du XXe siècle : apologie des coopératives, des petites et moyennes entreprises, ou des petites et moyennes exploitations agricoles employant des salariés ; réforme du système bancaire ; réforme agraire (sans supprimer la propriété privée du sol) ; adoption de règles internationales garantissant la coexistence pacifique entre les États ; imposition de règles internationales garantissant un rééquilibrage économique durable et plus juste entre le Nord et le Sud ; ou tiersmondisme, idéologie qui a servi, et sert encore, à justifier la domination de nouvelles bureaucraties, ou bourgeoisies bureaucratiques, sur les peuples du Sud. Il n’y aurait donc rien de nouveau sous le soleil altermondialiste.

Bref, lorsque l’on discute du sens et de l’intérêt de l’altermondialisme, assiste-t-on à un dialogue de sourds, finalement assez classique, entre « réformistes (3) » et « révolutionnaires » ? Ou la discussion peut-elle s’avérer plus complexe ? Peut-on agir au sein des mouvements altermondialistes sans renier ses idéaux de révolution sociale, tout en défendant de façon efficace les intérêts des exploités ? La primauté accordée par les altermondialistes aux « droits humains » (droits dont jouissent, ou jouiraient, par conséquent toutes les classes sociales) est-elle riche de perspectives nouvelles ?

La pratique du consensus et de la non-violence qui caractérisent ces mouvements (dont les « Indignados » en Espagne sont la dernière illustration) n’aboutissent-ils pas tout simplement à redorer le blason d’une démocratie qu’il faut bien appeler par son nom : la démocratie bourgeoise – ce que ne font jamais les altermondialistes ? N’aboutissent-ils pas à re-noncer à toute perspective de véritable suppression du capitalisme, de l’État, de l’exploitation, de la hiérarchie, du salariat ?

La dénonciation du néolibéralisme et de la « marchandisation (4) » du monde n’est-elle pas le moyen de réhabiliter un capitalisme en crise au nom d’un discours pseudo-éthique qui sanctifie l’indignation mais condamne la révolte quand celle-ci ne souhaite pas se contenter d’un simple replâtrage ? N’est-elle pas une manœuvre habile pour inventer un « altercapitalisme » plutôt qu’un anticapitalisme ou un socialisme du XXIe siècle ?

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Sivens : quand l’extrême droite tente d’infiltrer la ZAD

Autour de la ZAD de Sivens, gravitent d’inquiétants personnages. Cela fait plusieurs années que des groupuscules d’extrême droite violents, au nom de la défense d’une nature éternelle, tentent de récupérer les combats écologiques. (…)

Quelques jours après avoir publié ce statut Facebook, rapidement effacé, Jean-Luc Mélenchon persiste : le 25 octobre, lorsque Rémi Fraisse a été tué au cours d’un affrontement contre les gendarmes dans la forêt de Sivens, ce sont bien des militants d’extrême droite qui l’ont accueilli, lui le dirigeant de gauche, aux cris de “Tiens, voilà la franc-maçonnerie qui se réveille !” et en lui jetant des pierres. “C’était une souricière, j’ai pris des coups et j’ai eu peur, poursuit-il. J’ai profité d’un moment où ces excités se sont retournés contre José Bové pour m’échapper de là.”

Impossible de vérifier l’appartenance politique de ce petit groupe de militants agressifs. Mais une chose est sûre : l’extrême droite a effectivement pointé son nez sur le barrage. Et pas uniquement pour s’attaquer à Mélenchon.

Des tracts étranges

La première fois qu’on les a vus, c’était à Gaillac, le village voisin, début octobre”, se souvient Dominique*, vieux militant écolo chargé de la sécurité, qui campe sur la ZAD (zone à défendre) depuis août. “Des copains ont vu des types coller des affiches contre le barrage, mais ce n’était pas les nôtres.” Sur les feuilles A3, signées “Rébellion”, une inscription “Non au barrage de Sivens, ne laissons pas le profit détruire la nature !” encadre un dessin représentant un poing levé qui fait office de tronc d’arbre. “On ne savait pas qui ils étaient, raconte Camille C.*, zadiste écolo de 33 ans. Mais ils parlaient plus volontiers de putsch que de révolution : ça m’a mis la puce à l’oreille.” Ce collage d’affiches était en fait l’œuvre du MAS (Mouvement d’action sociale) et de sa revue Rébellion : loin de vouloir attaquer les zadistes, ils cherchaient à s’associer à leur lutte. Et ce n’était pas la première tentative de ce genre. Mi-septembre, déjà, un militant soralien surnommé FArthur, membre du site complotiste Inform’action, avait tenté d’infiltrer une organisation toulousaine de soutien à la ZAD, sous le pseudonyme d’Abbé Farthur. Vite démasqué, il n’avait pas pu accéder au camp. Mais d’autres ont suivi.

Des dieudonnistes s’infiltrent

Fin octobre, les opposants au barrage ont vu débarquer trois membres de la Dieudosphère. Vêtus de tee-shirts de la Ligue de défense goy, portant une inscription “arrière-garde française” dans le dos, ils arboraient des tatouages qui ne trompent pas : le mot “Quenelle” imprimé sur le bras de l’un, un ananas sur l’avant-bras de l’autre (référence au Shoahnanas de Dieudonné). Le premier distribuait des tracts conspirationnistes sur un réseau pédophile pendant que les deux autres montaient leur tente.

“Quelques camarades se sont opposés à eux et on a fini par les convaincre de partir sinon ils risquaient de se faire lyncher”, se rappelle Grogne, jeune zadiste punk. Camille C. raconte qu’avec un ami militant antifasciste, il s’est armé d’une barre de fer pour aller les attendre dans la forêt, au coin de la départementale qui borde le site. “Mais on n’a rien pu faire : deux camarades de la Zad s’étaient postés sur le capot de leur voiture pour qu’ils partent sains et saufs. Sur le coup j’enrageais, mais aujourd’hui je me dis que c’était la bonne décision”. Dans la foulée, les zadistes ont publié sur leur site internet, Tant qu’il y aura des bouilles, un communiqué intitulé “Non à la récupération d’extrême droite de la lutte contre le barrage”. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

“Le MAS existe depuis le milieu des années 2000, précise l’historien Jean-Yves Camus. Ils fonctionnent sur le modèle du CasaPound, mouvement italien néofasciste qui a ouvert un centre social à Rome, doté d’une librairie, d’une maison d’éditions et d’un squat destiné aux SDF. Leur spécialité est de soutenir les luttes sociales, environnementales et contre le logement précaire, pour ne pas laisser ce terrain à l’extrême-gauche”.

L’extrême droite et l’écologie

Selon le politologue, il n’est pas aberrant de penser qu’ils sont réellement opposés au barrage : “Pour eux l’écologie c’est la défense de la nature : ils considèrent qu’elle obéit à des lois immuables auxquelles on ne peut pas déroger. Cela vaut aussi dans le domaine social, le genre, etc.” “Cela leur permet de valoriser les racines, le sol et de défendre une certaine notion de pureté et d’identité aux accents régionalistes et nationalistes”, ajoute l’historien spécialiste des mouvements d’extrême droite Jean-Paul Gautier.

Depuis quand l’extrême-droite s’implique-t-elle dans les luttes écolos ? “A la fin des années 70, elle a récupéré ce thème en associant défense de la Nature et protection de la race blanche”, répond le responsable d’une organisation antifasciste.

“Dans les années 90, Christian Bouchet et Fabrice Robert, de Nouvelle Résistance, avaient même infiltré une section jeune des écolos en y plaçant quelques types pour recruter et diffuser leurs idées. Ensuite ils ont lancé Auto Défense Nature et Ecolo J. Aujourd’hui, on trouve souvent le MAS dans des associations types AMAP (3), où ils touchent un public large et crédibilisent leurs idées pseudo-anticapitalistes”.

Les dieudonnistes, quant à eux, sont les héritiers d’une autre tendance. “En 1910, lors des grandes inondations de Paris, les antisémites de la mouvance Drumont accusaient les Juifs d’avoir déboisé les bords de Seine où ils avaient largement investi, et d’être responsables de la catastrophe”, note Jean-Paul Gautier. “Sur ces questions, les mouvements de gauche vont devoir faire très attention”, prévient Jean-Yves Camus, car les tentatives de récupération des luttes écolos par l’extrême droite sont en train de prendre de l’ampleur.

Source les inrocks

En photo, l’écologie d’extrême droite du MAS

 

 

Emmaüs, Une multinationale qui exploite les travailleurs et travailleuses

Éviter la conflictualité, chercher la paix sociale pour ne pas renverser l’ordre établi dans lequel les pauvres sont condamné-e-s à accepter les miettes concédées par une bourgeoisie en quête de supplément d’âme, c’est sur ce principe même qu’Emmaüs a été créé au début des années 50 par l’abbé Pierre qui fut également député du MRP (Mouvement Républicain et Populaire) en Meurthe-et-Moselle.

 Les médias ont toujours été discrets sur les réactions hyper réactionnaires du bon curé contre les grandes grèves de cheminots, mineurs et surtout de fonctionnaires dénoncé-e-s par lui comme des nanti-e-s, voire des fainéant-e-s, les opposant aux « vrais et bons pauvres », les sans-logis.

 En faisant appel à des valeurs telles que la rédemption par le travail, la bonté et le pardon, l’abbé Pierre organise ainsi les couches les plus défavorisées des classes populaires sur des bases autres que révolutionnaires.

L’abbé Pierre inaugure la Cité de la Joie le 30 avril 1954 au Plessis-Trévise accompagné du ministre du Logement Maurice Lemaire.

 Au début des années 50, le mouvement Emmaüs participe à transformer en mendiant-e-s, un mouvement de personnes auto-organisées prêtes à défendre armes à la main les logements vides qu’elles squattaient. En effet, en 1945, le Conseil National de la Résistance avait autorisé la réquisition de logements vacants et dans plusieurs villes de France, des milliers de personnes occupaient des immeubles et diverses habitations.

 Comme toujours, il s’agit d’éviter que se propage un mouvement dans lequel les classes sociales défavorisées prennent leurs affaires en main et de faire en sorte qu’elles trouvent dans l’organisation d’une survie moins misérable les raisons de ne pas se révolter, de patienter pour une hypothétique vie meilleure…

Ce sont ces mêmes dynamiques qui ont été mises en œuvre en 1987 dans la lutte du comité des mal-logés : plutôt que de laisser prendre de l’ampleur à un mouvement de réquisition des HLM, Emmaüs a par exemple tenté de convaincre les familles d’occuper des lieux inadaptés dans lesquels personne ne peut vivre, comme par exemple un hôpital désaffecté, plutôt que de prendre des logements dignes de ce nom.

 

Philippe Desbrosses, le pape de la bio

 

 

L’efficacité symbolique du discours de l’agriculture biologique en France recèle une ambivalence qui déployée permet de comprendre comment s’est orchestré autour des « produits bio » le passage de la « nostalgie communautariste » agrarienne. « L’agrarisme » néologisme forgé par P. Barral recouvre… des années 1940 à l’utopie communautaire anti-conformiste des années 1970.  Ce sujet a été présenté au 23e colloque de l’Association…. L’objectif de ce texte est de comprendre comment le produit « bio » a pu soutenir différents discours idéologiques (de droite puis de gauche) et comment de mêmes éléments ont été conjugués à l’inverse. Le mécanisme décrypté se décline en deux versions : soit la représentation de la nature est convoquée pour imposer une idéologie de l’ordre et elle peut alors nourrir une pensée d’extrême-droite [3][3] L. Ferry, Le nouvel ordre écologique. L’arbre, l’animal… ; soit cette même représentation de la nature est mobilisée pour mener une critique des méfaits environnementaux du capitalisme et elle peut alors alimenter une pensée écologiste de gauche. (…)

Il est nécessaire, pour comprendre la perspective retenue pour étudier la genèse de l’agriculture biologique, de remonter aux années 1930 où la France connaît une triple crise de la paysannerie (dépression économique avec l’effondrement précoce des prix des denrées agricoles ; exode rural ; crise de représentation [5][5] R. Paxton, Le temps des chemises verte. Révoltes paysannes…) et voit l’émergence d’un grand démagogue rural, Henry Dorgères (mort en 1985), célèbre agitateur des campagnes qui finira à Vichy (puis pour quelques temps en prison). Si les relations de Dorgères avec le fascisme peuvent être débattues (il voulait restituer les autorités traditionnelles de la famille — ce qui le rapprocherait plus du modèle franquiste — et non pas installer un nouveau Parti), il reste dans le « champ magnétique [6][6] P. Burrin, « La France dans le “champ magnétique” des… » du fascisme et le représentant d’un agrarisme poussé à son extrême limite. Il rêvait d’imposer une « Nation paysanne » et certains de ses objectifs recoupent le projet promu dans les années 1950 par les pères fondateurs de l’agriculture biologique en France. Après les séquelles de la Seconde Guerre mondiale le monde agricole continue de s’interroger sur sa construction politique et sa relation à la société globale. De ce point de vue les fondateurs de l’agriculture biologique peuvent être considérés comme de très classiques agrariens ou d’ultimes rémanences du magnétisme de Dorgères (avant que l’entrée dans le marché commun agricole — confirmée par de Gaulle en 1958 — puis les évènements de mai 1968 — et le départ de de Gaulle — n’organisent un changement de génération et d’idéologie). Se plonger alors dans l’histoire de l’agriculture biologique permet de découvrir autour de son avènement l’existence de préoccupations largement extra-alimentaires (du politique, du religieux, de l’idéologique) et permet aussi de tracer à grands traits l’histoire de groupes sociaux dominés et marginalisés dans le domaine de l’agronomie ou de la médecine.

La biodynamie

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L’invention d’une première forme d’agriculture « biologique » se fait dans la mouvance austro-allemande de Rudolf Steiner (1861-1925) [7][7] Rudolf Steiner fonde en 1913 l’anthroposophie (fille… qui dans les années 1920 crée une Société d’anthroposophie dotée d’un centre de formation en agriculture biodynamique (qui accorde une grande importance aux rythmes cosmiques, des saisons, biologiques, etc.) [8][8] Elle vise notamment à développer les forces « structurantes…. Cette agriculture s’installe en France en Alsace à partir de 1940 et se structure après guerre grâce à l’Union des cercles bio-dynamistes. Cette agriculture s’est perpétuée à travers deux organisations contemporaines : le Mouvement de biodynamie à Paris et le Syndicat d’agriculture biodynamique toujours basé en Alsace. Aujourd’hui minoritaire au sein des mouvements agrobiologistes, elle bénéficie d’une aura importante car les méthodes de conduites culturales bio-dynamiques président discrètement aux destinées de terroirs viticoles des plus prestigieux.
Des agrariens réactionnaires

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Dans les années 1950, pour des raisons liées aux nouvelles orientations en matière de politique agricole (suppression de l’indexation des prix agricoles), un autre foyer de diffusion émerge dans l’Ouest de la France, avec la création du Groupement des agriculteurs biologiques de l’Ouest (GABO). (…)

La mobilisation de la Tradition contre le capitalisme

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Le journal se range dans le camp du protectionnisme et du nationalisme (proche en cela des positions de Lemaire). Il réalise notamment une apologie permanente de tout ce qui est présenté comme issus de la Tradition (…)

Pour alimenter cette idéologie agrarienne, LVC travaille sur la perception du temps. U. Windisch a montré que la « construction » du temps est propice à la projection d’éléments mythiques et symboliques qui font fréquemment l’objet d’une manipulation dans le cadre de discours politiques [22][22] U. Windisch, Le raisonnement et le parler quotidiens,…. Cela s’illustre dans le journal par le recours à la glorification des sociétés précapitalistes dont celle de l’Égypte ancienne. (…)

Autre exemple de fonctionnement concret du temps mythique, la construction hexagonale du cycle des saisons qui a l’avantage de conjuguer protectionnisme et nationalisme. En refusant d’acheter des produits de contre-saison, le journal de LVC organise et impose une géographie imaginaire et nationale qui érige le contre-saison en contre-nature. De ce point de vue, tout se passe alors comme si le produit « bio » permettait de réactiver le mythe d’une nature éternelle et d’un ordre fixe. Ces rêves ont leurs lois qui renvoient alors directement à l’idée de sélection naturelle. Ainsi la référence à Alexis Carrel est récurrente jusque dans le milieu des années 1980 [23][23] « Hommage à Alexis Carrel », LVC, n° 220, juillet 1966 ;…. Ces visions « biologisantes » ont pour base une vision profondément essentialiste, autre caractère récurrent de la publication.
L’essentialisme ou la lutte contre la vaccination

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La vaccination est une méthode constamment dénoncée. C’est même, avec le pain, l’autre « complot majeur » contre lequel La Vie Claire se mobilise. Pour le journal « L’injection de vaccin a mis la vie des enfants en danger et corrompu leur sérum sanguin par du poison » (LVC, n° 5, décembre 1946). La prégnance de l’essentialisme [24][24] Entendu ici comme croyance en la Nature comme référence… rend impossible l’acceptation du principe de la vaccination qui est précisément « désessentialisant » puisqu’il introduit la notion de gradation. Tout se passe pour la revue comme si le combat contre la vaccination engage des représentations de la pureté qui ne peuvent s’accommoder d’aucune trace de maladies fussent-elles des anticorps. Comme dans la pensée de Raoul Lemaire, Pasteur y est présenté comme un imposteur (…)

Un magazine pas féministe mais qui deviendra féminin

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Si la revue militante s’adressait d’abord à l’homme de la ville, rapidement la femme devient un sujet valorisé comme individu pour sa proximité avec la Nature. Là encore l’action de la modernité est perçue comme procédant d’un détournement dommageable. Au centre de ces discours, l’image d’une femme qui, dans une conception conservatrice de la famille, devrait rester au foyer

Dans la continuité de ces combats le journal de La Vie Claire se montre opposé à la pilule (…)

Le journal est même contre toute forme de contraception puisque son usage ne se justifierait que par le développement de la luxure généralisée. La pilule pénaliserait les plus « innocentes » en les forçant à recourir à l’avortement qui est considéré comme « une erreur » (…)

Le discours moral limite le rôle social de la femme à celui de la mère, clé de voûte de la tradition familiale.
Puis, elle est progressivement désignée comme la première victime du monde moderne et c’est par cette pente qu’insensiblement la revue quittera la dénonciation musclée, les attaques contre l’État, la glorification du paysan pour se tourner définitivement vers un lectorat nombreux mobilisé autour de l’environnement, de la prévention des risques en matière de santé. Dans les dernières années de sa parution, le journal de LVC est presque devenu un magazine féminin comme les autres, conforme au modèle dominant en vigueur dans ces magazines. Le discours sur la femme s’est déplacé de la femme-épouse aux valeurs portées par la femme-mère avec, dans les années 1980 en particulier, un accent accru sur les enfants — de l’alimentation de la femme enceinte jusqu’à leur comportement (bébénageur, agitation, anorexie, etc.) — ce qui favorisera l’adhésion plus large d’un public différent. (…)

La question n’est évidemment pas de prendre position « pour ou contre » l’agriculture biologique et encore moins de faire croire qu’en mangeant « bio » à l’entrée du troisième millénaire on cautionne les odieuses valeurs d’extrême-droite qui ont été fondatrices du développement premier de ce type d’agriculture dans les années 1950. L’analyse d’une genèse complexe rappelle que la promotion d’une « agriculture naturelle » n’est pas toujours en soi un argument neutre, anhistorique ou simplement de gauche.

http://www.cairn.info/revue-ecologie-et-politique1-2003-1-page-193.htm

En photo Philippe Desbrosses, à l’origine de la création de la plupart des mouvements de l’officialisation de l’agriculture biologique, à la tête d’Intelligence Verte créée en 1999 et proche de l’anthroposophie

 

La Goutte d’eau a fait déborder l’indien

 

Cette scène épique est sans conteste l’une des plus héroïques de la carrière militante d’Eric Pététin, elle a lieu 48 heures après l’ultime expulsion de la “ZAD” de la Goutte d’Eau.

Seul en une nuit, vous le verrez, il va élaborer un plan d’attaque d’une ingéniosité qui fera date dans les carnets militants, d’autant plus que personne, absolument personne n’aurait misé un euro ce jour-là sur la tentative d’Eric Pététin.

En arrivant sur les lieux, on dépasse ses deux disciples, qui se tiennent en retrait, sans doute intimidés par la portée historique de la journée. Il faut dire qu’il y a de quoi être impressionné par la promesse de l’ampleur de cette énième envolée héroïque tant l’entreprise pourrait paraître vaine pour n’importe quel être empêtré dans la rationalité. 
Seuls les deux chiens, braves comme des séminaristes après la sieste, semblent confiants.
Pététin, toujours très concentré, se dresse un instant face à la Goutte d’Eau, changée depuis peu en bunker. De nombreux gendarmes, des hommes en armes, une milice de sécurité en condamnent totalement l’accès, en tout cas pour le commun des mortels.

Soudain, un craquement de branche pète comme un cassoulet de la veille. Le signal. Pététin rugit en première ligne, la guitare en bandoulière, sans bandoulière, c’est magnifique! Il est en cannes le petit! Droit devant!
L’entrée principale, barrée de blocs de pierre? Et alors! Peu nous en importe! S’il était écrit que l’on devait passer par ici, alors on passera ici! La ligne de gendarmes, ne saisissant pas immédiatement l’imputrescible fougue de la manœuvre, s’apprête à le cueillir, presque déçue de marquer en début de jeu sans qu’on lui oppose combativité véritable, quand, tel un ailier conquérant le prestige des plus fougueuses épopées rugbalistiques, Pétoff feinte tout le monde en sautillant vigoureusement latéralement! 
Là est tout le panache blanc et ténébreux de la survivance de l’esprit chevaleresque! 
La gorge déployée d’une musicalité très printanière, Pétoff se bat comme un beau diable! Prenant tout le monde par surprise, voilà qu’il dévale, pieds nus, les ronces du fossé. 
Touchées subitement par la grâce, les voilà bien résolues, elles aussi, à faire pénitence au contact de la voûte plantaire christique. Le temps que la défense adverse se repositionne sur ses lignes, l’écolo bondissant a déjà entrepris une nouvelle feinte! Magique! C’est par l’accès Sud désormais qu’il envisage d’atteindre le potager. Ah ça non, il n’est pas venu pour acheter du terrain, lui, il en gagne! Pététin, c’est un jeu spectaculaire qui est là avant tout pour faire plaisir à son public et une élégance rare. Ça y est! C’est presque gagné! Il dévoile enfin son ultime tactique de la matinée. La victoire, le potager, tout cela n’est plus qu’à deux bus de playmobils. Deux minuscules bus. La foi en vaut dix, en vaut mille mais en face, l’équipe adverse y croit aussi dur comme fer! Il faut dire que le mercato a été bon, notre barde en guenilles lui aussi fait des bonds. Mais seul, désespérément seul…

Epilogue

L‘occupation du potager en question pour conjurer toute expulsion. C’était très malin, voire très futé mais hélas, cela ne suffit à convaincre une maréchaussée qui fut loin de posséder une telle expertise dans le droit civil, ce qui priva Pétof d’une nouvelle magistrale victoire.

Eric Pététin, zadiste catholique

 

Même Eric Pététin, militant professionnel, y était. Son cas mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête : ce militant d’une soixantaine d’années au look de hippie, surnommé aussi « Pétof » ou « l’Indien » a fait ses armes dans la lutte contre le tunnel du Somport dans les années 1990. Depuis, celui qui se dit à la fois anarchiste et catholique est apparu dans de nombreuses luttes, notamment des ZAD. Nombre de militants qui l’ont connu lui reprochent de se comporter en gourou et de n’en faire qu’à sa tête, sans considération pour les décisions prises collectivement. Mystique, il a jugé positivement le Mouvement du 14-Juillet lors de son apparition, conseille la lecture ou l’écoute du conspirationniste Pierre Jovanovic et se serait déclaré, selon Gaultier Bès, favorable à l’accueil des Veilleurs à Notre-Dame-des-Landes.

Il devrait d’ailleurs contribuer au prochain numéro de Limite, à paraître dans quelques semaines. Le collectif antifasciste Les Enragés le décrit ainsi :

« Il est possible de tout lui reprocher à l’exception de sa constance, même s’il y a eu en réalité plusieurs Pététin dans la vie de Pététin, on pourrait en dégager deux. La belle époque puis celle des errances, dont l’aboutissement sera celui de se faire copieusement huer à NDDL à l’occasion d’une intervention frappée d’un mysticisme carabiné et qui ne parvint pas, heureusement, à séduire l’auditoire. Quoiqu’il en soit, Pététin se greffa au projet de réhabilitation d’un lieu – une gare désaffectée rebaptisée La Goutte d’Eau – qui fut pendant des années à la pointe de la lutte écologiste. Il est à l’origine, en tout cas dans sa réalisation personnifiée la plus médiatiquement exposée, de l’une des plus grandes manifestations organisée en moyenne montagne en Europe, ce n’est pas rien. Peu importe finalement la foi qui semble l’animer tant que cette dernière ne prend pas le dessus sur les mises en action concrètes. Il n’en a pas toujours été ainsi. Et dans son militantisme teinté d’happening et de jeu du chat et de la souris avec les bleus, tout le monde ne possède pas forcément les mêmes ressources familiales pour pouvoir affronter la Justice. Il n’en reste pas moins un personnage vif, cultivé, à l’imagination sans fin, séducteur et à qui il faut sans doute savoir dire non. Dans les aspects gênants à très gênants, sa déification de la nature, ce rejet de la modernité et de la ville, ses accointances actées avec des sphères catholiques proches de la “Manif pour Tous”, etc. »

source confusionnisme.info

 

 

Alexandre Lecouillard et Les Indignés, une droite radicale altéreuse et creuse

 Qui ne connaît pas Alexandre Lecouillard? C’est à cette question abyssale, en tout cas pour le principal intéressé, que nous tenterons indirectement de répondre au but d’illustrer l’ampleur de l’emprise indécente des droites confusionnistes, réactionnaires sur les réseaux marchands et de démasquer ce qui est devenu au fil des années un véritable Empire de l’obscurantisme. Une petite entreprise partie de rien, selon le mythe sillyconnovalléen, qui ne connaît pas la crise, bien au contraire puisqu’elle s’en repaît avec gourmandise. Un petit entrepreneur de la confusion qui mène sa barque, avec d’autres, depuis de longues années maintenant sur la toile. Vous le verrez, nous évoquerons dans ce dossier les incartades récurrentes  de ce personnage et de ses comparses à l’extrême droite, qui ne sauraient en aucun cas être des « accidents » mais qui relèvent au contraire d’une entreprise confusionniste parfaitement consciente et réfléchie. 

11758818_10205935502060055_1239718912_n  Un futur président comme Alexandre Lecouillard, sachez-le, il n’y en a pas deux identiques, même si, sauf erreur d’analyse de notre part, il faudrait un concours de circonstances extraordinaire pour qu’un homme comme lui accède au sommet de la République française en 2022. 

Mais si l’on en croit le mythe entrepreneurial, quand on veut, on peut, non?

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  Nul ne saura en tout cas si la tentative et l’essai seront ultérieurement transformés même si nous espérons que ce dossier puisse modestement contribuer à en saper définitivement le projet.

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Alexandre Lecouillard propulsé par la plateforme Laprimaire.org concentrant une ” dream team ” de la pensée ultra-libérale et réactionnaire

 C‘est un dossier qui pourrait faire de nombreux déçus, c’est en ce sens que nous espérons également œuvrer afin que la déception soit la plus contenue possible et en définitive, faire en sorte que nul ne puisse en conserver quelque regret.

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  C‘est vrai que de l’amour, il en récolte à la pelle Alexandre Lecouillard et quand celui-ci n’est pas au rendez-vous à la suite de ses propres griffonnages , pourquoi ne pas recycler à sa sauce les sentences bibliques les plus courantes, à commencer par celle du « aime-toi toi-même et facebook t’aimera » ?

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Tous les Alexandre Lecouillard adorent Alexandre Lecouillard

  Pour les plus valides aveuglés au monde, l’adage ne laissera aucun doute, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Radio Eveil, l’une des nombreuses pages d’Alexandre Lecouillard, s’offrant le luxe de l’invention d’un nouveau créneau sur un marché pourtant disputé du neuneu-spiritualisme.

En effet, ce nouveau messie de l’écologie réactionnaire n’a de cesse de se ménager, à un point tel que l’on en vient à se questionner sur le rapport dissonant à la souffrance au travail de cet étrange partisan, pourtant si chèrement louée au sein de sa famille politique naturelle.

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  Une droite radicale prétendant se placer en alternative à l’idéologie du MEDEF même si les fondements philosophiques , nous le verrons, n’en sont pas radicalement éloignés, bien au contraire…

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Tout le cynisme ricaneur et abject de cette droite altéreuse, parfaitement à l’aise dans son époque.

  Nos lecteurs les plus assidus auront pu noter que ce n’est pas la première fois que nous évoquons ce singulier personnage, ce dernier s’étant notamment illustré par de nombreuses tentatives de récupération internes et externes à l’occasion du « mouvement » sur place Nuit Debout, même si nous l’avons vu rétrospectivement, absolument rien de bon n’aurait pu sortir de ces grand-messes, tant les thèmes et ses animateurs étaient imprégnés d’idées nationalistes, interclassistes, conservatrices et réactionnaires. 

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  Quoiqu’il en soit, l’olibrius méritait un dossier sur mesure,  un dossier à la hauteur de la portée filousophique de son entreprise confusionniste, ce qui n’évacue pas, de temps à autre, rendons ici-bas à César ce qui est à César, Ô merveille confondante du cerveau humain, de fulgurants éclairs de lucidité.

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Il n’existe pas une extrême droite mais DES extrême droites qui s’affrontent pour l’hégémonie

 

  C‘est probablement l’aspect le plus difficile à comprendre pour ceux qui n’en possèdent pas les clés, parfois par trop grande naïveté, par ignorance sincère mais aussi parce que les héritages religieux et réactionnaires familiaux sont d’autant plus difficiles à affronter sur la période que les rejetons en sont économiquement reliés et directement dépendants.

Protester wearing a mask from the movie V- for Vendetta. An assembly of the French Indignants. They moved yesterday from La Bastille to La Defense, the French financial district. Paris, FRANCE - 05/11/2011./Credit:MARS/JDD/SIPA/1111061238
La France fut le seul pays d’Europe où le “mouvement” des Indignés n’a pas pris dans le réel, mais en revanche, ce dernier fut très largement récupéré et animé par les petits entrepreneurs de la confusion sur la toile ainsi que par la fachosphère. En photo, quelques trois cent personnes rassemblées à la Défense et un masque Anonymous symbole d’une vraie-fausse révolte typiquement petite bourgeoise.

 Non, l’extrême droite, ce n’est pas uniquement la PME Le Pen ou ce qu’il en reste ainsi que tous ses satellites plus ou moins directement affiliés (Alain Soral, Etienne Chouard, Dieudonné, etc,…)

Pour le résumer de façon abrupte, ce néo-fascisme altéreux est l’expression d’une vraie-fausse révolte, d’une critique partielle, inoffensive et romantique du capitalisme,  une critique totalement inopérante à base de mantras auto-entrepreneuriaux, de bondieuseries altéreuses écolos, de références réactionnaires et fascistes plus ou moins ouvertement exprimées et de sentences creuses animées par un dessein platement conservateur que l’on pourrait résumer ainsi:   « tout changer pour que rien ne change. »

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L’une des pages d’Alexandre Lecouillard, Les Indignés, page confusionniste d’extrême droite dont la promotion est directement assurée par le réseau marchand facebook.

 Il faut comprendre que l’hégémonie confusionniste, bien aidée en cela par les nombreux trucages des compteurs comme le démontre cet article évoquant le député belge d’extrême droite Laurent Louis et l’humoriste fasciste Dieudonné ou encore par la possibilité de payer facebook pour être d’avantage vu que les autres,  ne s’est pas installée en quelques semaines.

La « quenelle ” de Dieudonné et la défense de la ” liberté d’expression ” des antisémites ou le non-choix entre un social-démocrate au fond bonapartiste et un humoriste fasciste proche du FN depuis des années.

 On peut débuter cette installation à l’occasion des francisations et des différentes importations numériques de mouvements ciblés, comme Occupy Wall StreetLes Indignés, pillés à la jeunesse estudiantine espagnole, le grotesque et très brunâtre Bank Run ou Anonymous dans ses variantes les plus narquoises.

La mystification du “99%” contre le 1%, une pseudo-critique romantique et nationaliste du capitalisme, un “anticapitalisme” totalement inoffensif. Bien évidemment, pas grand monde ce jour-là ne « prendra la rue », l’extrême droite mystifie et dégueulasse en permanence nos luttes, les vraies.

  Toutes ces adaptations furent produites par la première vague proto-fasciste installée depuis les réseaux marchands par une extrême droite qui a entrepris très tôt leur colonisation.

The Dissident rappelle étrangement « La Dissidence “, qui est la dénomination qu’utilise la fachosphère pour se qualifier, on retrouve également le site écolo-confusionniste indigeste ” DGR France – Le Partage”.

 L‘altermondialisme néoréac et confusionniste émerge sur le terreau d’une trentaine d’années d’écologisme ardemment porté par les sous classes dominantes et la classe possédante. On peut évoquer les 16,28 % d’Europe Ecologie en 2009 aux élections Européennes dans un désert abstentionniste et sur la base de 6.5% des inscrits.

Yann Arthus-Bertrand, dont le film Home fut largement financé par le groupe de luxe Pinault Printemps-Redoute (PPR), rejeton bien né de la maison Arthus-Bertrand, fondée en 1803, entreprise spécialisée dans la fabrication de médailles, insignes et décorations, bijouterie-joaillerie en compagnie de l’écologiste pieux Nicolas Hulot et du réactionnaire  et homophobe Pierre Rabhi.

 Culturellement, c’est bien évidemment l’éclosion des pseudo « alternatives ” au capitalisme,  de tout un univers altéreux agrippé au monde marchand, restaurants et boutiques « éthiques », le « consommer local » qui comprend une lourde dimension identitaire et plus généralement, un milieu qui n’exerce une critique de ce monde-là quasi-uniquement que du point de vue de l’auréole de son assiette ou en tout cas, de son propre comportement individuel.

Relais des illuminés de Kokopelli depuis la page d’extrême droite «Dissidence Française”, tout un programme…

 Un aréopage qui entrevoit de seules perspectives inopérantes et mystificatrices au but de faire perdurer l’exploitation.

” greenwashing ” ou comment repeindre en vert la barbarie capitaliste.

  C‘est également une explosion de la fréquentation des festivals commerciaux au milieu musical de plus en plus guindé, un milieu qui naturalise la société de marché en se situant sur le seul terrain de la morale et glisse sur une pente néoréac assumée avec des groupes-éponge de l’époque comme ici Tryo,  ciblant les rejetons des classes moyennisées au fond religieux non résolu et le plus souvent à la tête de minuscules rentes parentales.

Tryo_groupe_réac_Paul_Watson
Le groupe Tryo posant aux côtés du très réactionnaire et xénophobe Paul Watson de Sea Shepherd. On les retrouve également proches des illuminés de Kokopelli. Tryo sont hélas loin d’être les seuls à se positionner sur le créneau du néohippie de droite qui se vautre dans l’exotisation à outrance, dans l’ethno-différentiation, le spiritualisme et le relativisme, sous couvert de grands principes humanistes et tolérants.

 On peut également penser aux projections gendridéalisées d’un Julien Doré tatoué au Colibri, cinq ans auparavant, il citait du Debord sur un plateau de télé, un grand écart idéologique pour le moins spectaculaire…

Julien Doré aux côtés du tatoueur Tin-Tin, qui déclarait sur TMC en 1991, répondant à un journaliste le questionnant s’il était prêt à tatouer Hitler, une croix gammée ou Staline sur un bras « Ah moi je te fais ce que tu veux hein, tu peux te faire tatouer Hitler (…)  Moi je suis à la demande du client” avant de radicalement se raviser sur le plateau de Yann Barthès 26 ans plus tard face aux images de la séquence “Non, surtout pas, j’ai fréquenté trop de gens chiants, surtout pas de motifs politiques, effectivement”. Qu’en pensent le skin ” cheeta” et sa bande qu’il fréquenta jadis à Toulouse?

 Sur ce terreau hippisant réac et écolo béat a prospéré de 2011 à 2013 un nuage littéralement apocalyptique qui a tabassé une partie de la jeunesse de l’époque en lui représentant une vision catastrophiste et extrêmement dégradée du monde, une certaine jeunesse béate que l’algorithme facebook, cette formule mathématique choisissant à la place des usagers ce qui doit s’afficher ou pas sur leur écran, a passé plusieurs années à consciencieusement trier, avec amour.

Le très réactionnaire concept de la « décroissance ” associé ici au « bon sens ” rappelant le très conservateur « bon sens terrien ” face à un monde qui serait sorti des rails de la bonne morale.

 Ainsi, ce nuage lugubre de chérubins déjantés « écolos » fut largement hégémonique à l’époque, avant que la massification marchande de facebook ne sature son propre réseau et ne le referme sur lui-même.

Un montage photo qui est un monument de confusion avec toujours cette injonction récurrente à « nous réveiller ” comme si nous étions tous en train de roupiller…

Essayons de regarder sur quelle matière il a pu prospérer.

Obscurantisme quand tu nous tiens…

 

« Ce Que Cache l’Etat français », « Le Parti des Pauvres français » « Le Journal du Siècle », « Pour Une Révolution Française immédiate » (ou PURFI), « Les Indignés », « Contre la censure du net », « Mr Mondialisation », « Wikistrike », « Esprit Science Metaphysiques », « Les Moutons enragés », « Inform’Action », il n’est pas possible de tous les citer tant ces sites et pages sont nombreux. Ils encombrent toujours, pour la plupart d’entre-eux en tout cas, les réseaux marchands.

La fixette monomaniaque sur les ” Illuminati “, un grand classique des sites conspirationnistes et d’extrême droite.

 La page Les Indignés s’engouffre dès le début sur le même « business », celui de l’ardente promotion de différents charlatans et autres prophètes du spiritualisme.

 A ce titre, Gandhi s’offrit grâce à cette batterie de sites confusionnistes et fascistes, une seconde jeunesse numérique. Différents ouvrages de propagande, parmi lesquels le film d’Attenborough qui remporta l’Oscar du meilleur film en 1982, présentent Gandhi comme un champion de la non-violence. Dans une société aussi violente que la société indienne, où les rapports sociaux eux-mêmes étaient violents au quotidien, la doctrine non-violente de Gandhi avait une fonction politique : celle de laisser les masses désarmées face à la violence de leurs oppresseurs.

En ce qui concerne Vandana Shiva, il sera sans doute judicieux de prendre connaissance de cet article dont voici un extrait particulièrement éclairant:  Plus surprenant toutefois – et au grand dam probablement de beaucoup de gens de gauche en Occident -, il est très rapidement devenu évident en lisant l’ouvrage que l’ « écoféminisme » de Shiva est  une idéologie profondément conservatrice, pour ne pas dire « réactionnaire ».

Les grands mystiques se succèdent, par la voix de Jiddu Krishnamurti ou du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie en la personne de Pierre Rabhi.

Et son mouvement anti-féministe et réactionnaire des ” Femmes semencières ” également proche du mouvement sectaro-religieux de Pierre Rabhi.

Ou encore le décroissant proche de la Nouvelle Droite, Serge Latouche.

Serge Latouche : décroissant néo-droitier qui entretient depuis au moins le début des années 2000 des liens avec l’idéologue d’extrême droite Alain de Benoist. Son relativisme culturel est tout à fait compatible avec l’ethno-différencialisme prôné par la Nouvelle Droite. A à plusieurs reprises débattu avec le marxiste néo-droitier italien Diego Fusaro. On le retrouve dans La Décroissance, sur Reporterre mais aussi sur… Novopress. Cela ne l’empêche pas d’être directeur de collection au Passager Clandestin, maison altéro-libertaire qui édite aussi les Désobéissants de Xavier Renou. Ses livres sont donc vendus au Salon du livre libertaire, à la fête de la CNT, etc. Dans le dernier, intitulé “Les précurseurs de La Décroissance”, il rend hommage aux Amish (!!!), à Ellul, mais aussi à Bernanos ou Ezra Pound, ainsi qu’aux “sagesses” africaines, améridiennes…

 Avec les Indignés, c’est un peu une galerie permanente des plus grands allumés de la toile.

Les grands perchés de Kokopelli dont la promotion semble avoir été assurée par Alexandre Lecouillard himself.

Le relais des chouardiens du “Le-Message.org» et de ses “gentils» virus.

La promotion d’Henri Joyeux, radié de l’Ordre des Médecins en 2016, et son business obscurantiste criminel de l’anti-vaccination.

L‘immonde film conspirationniste et antisémite “L’argent Dette» qui dresse une vision du capitalisme par le petit bout de la lorgnette en focalisant sur la création monétaire et en omettant de parler de l’essentiel, à savoir le rapport d’exploitation et marchand que porte l’argent en soi.

C’est presque sans surprise que l’on retrouve la diffusion du film conspirationniste et antisémite ” L’argent Dette ” du réactionnaire Paul Grignon.

 Il y a une phrase attribuée à Einstein que beaucoup ont vu tourner sur les sites conspirationnistes «écolos », ceux qui sont là pour nous faire flipper grave et nous proposer des solutions à base de création de petites entreprises et d’écopatrons, à savoir finalement, rien d’autre que des écoesclavagistes.

« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre »

Cette phrase, donc, elle fout les chocottes et ça a bien marché. Car l’idée d’une fin de l’humanité, une fin du monde, ça entre parfaitement dans le délire de ce que l’on nomme les millénaristes, archi présents sur la sphère confusionniste “écolo».
Selon ces grands perchés, la fin du monde serait proche et il serait ” écrit », quelque part, on ne sait pas très bien où, qu’il y aurait des élus. Wow. Et toujours selon eux, consécutivement à la disparition de la grande majorité de l’espèce humaine, on entrerait dans un nouveau ” grand cycle ». Ça calme et ça fait froid dans le dos.

Quand vous voyez “en transition” derrière ville, arrondissement, village, hameau ou vallée, il faut lire en transition vers l’avènement d’un monde organisé selon la pensée [mystique et raciste] de Rudolf Steiner dont l’accomplissement se fera en 3573 lors du passage à l’ère du verseau. Le “Nouveau paradigme”, autre vocabulaire appartenant au mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie.
Le problème, et il est de taille, c’est que même si l’apport d’Albert Einstein fut majeur, il faut se résoudre à lui concéder certaines petites faiblesses, à commencer par celle de n’avoir jamais étudié les abeilles et d’être totalement incompétent sur la question.

Car Albert Einstein n’a jamais dit cette phrase, il ne l’a même jamais écrite.

En attendant cette fameuse conférence, on pourra louer à bon marché l’énergie conséquente que dépense Alexandre Lecouillard au but de déprécier ceux qui osent dévoiler tout ce qui transite autour de la charlatanerie heureuse et au-delà.

Il faut dire qu’Alex – en espérant que nos lecteurs nous permettent de l’appeler Alex – n’est pas seulement un “ gentil » virus, il est aussi un ” gentil » colibri, on ne peut guère faire plus explicite, comme le Port-Salut, c’est écrit dessus.

Le côté ” puérile » – selon les mots d’Alex pour ceux qui suivent – de l’un de nos dossiers Rabhi n’ayant visiblement pas gêné outre mesure la présidente de l’Unadfi Catherine Picard et les centaines de milliers de personnes qui les ont parcourus.

Ancienne députée socialiste, Catherine Picard est depuis 2004 présidente de l’Unadfi, une association de protection des victimes de sectes, elle intervenait ce jour-là en réponse à l’un de nos dossiers Rabhi.

 

Non content de véhiculer les monuments de pensées arriérées, notre maître Yoga donne également dans ” l’humour » transphobe qui fait bien évidemment partie de la panoplie réactionnaire du personnage.

Tous les items du conspirationnisme et du fascisme sont également présents.

On retrouve ici la terminologie du « banksters ” qui fut installée en France dans les années trente par le fasciste Léon Degrelle.

 Les références nationalistes sont innombrables, en voici un simple échantillon.

Pour évoquer rapidement le consumérisme ou plutôt, la “ lutte contre le consumérisme “.

On peut essayer peut-être de partir de la proposition en l’étudiant sommairement. On nous dit déjà une chose très importante, c’est qu’il s’agit d’une lutte. Alors, immédiatement, comme c’est visiblement quelque chose qui semble s’adresser aux plus nombreux, on se dit que ça parle de lutte des classes, du truc qui est en train de se passer en ce moment, à savoir que les galériens se rendent compte peu à peu de nouveau de leur force réelle, de la réalité de leurs mêmes existences sociales assignées par le Capital et l’ordre injuste des choses. Mais la lutte contre le consumérisme ne relie pas les gens de la même manière.

Non, dans la lutte contre le consumérisme, il y a ceux qui savent que le consumérisme serait mauvais et il y a ceux qui ne le savent pas.

Ce n’est pas une lutte entre possédants et esclaves mais entre savants et ignorants.

Et en quoi consiste cette lutte?

A nous dire que l’on va trop dans les supermarchés, que l’on est trop influençables par la pub, qu’on serait des êtres faibles totalement obsédés par l’achat, par l’objet, par la marchandise, par l’accumulation, qu’il nous en faudrait toujours plus, que nous serions comme des enfants incapables d’arrêter de manger des bonbons, que nous ne serions pas capables de gérer notre budget, que nous n’aurions pas suffisamment d’approche spirituelle de l’existence, que nous voudrions trop nous faire plaisir, que nous consommerions mal et comme des cons.

Qu’il y aurait une mauvaise façon de consommer et une bonne façon de consommer. Que la bonne façon de consommer, ce serait l’abstinence, la chasteté, l’ascétisme. Qu’une bonne façon de consommer serait en capacité de changer le monde. Que nous espérons un “changement par la consommation” car nous croyons en un “changement par la consommation”.

Bon, le problème, dans cette fable, c’est que l’immense majorité de la population ne se vautre pas dans la consommation. Que la plupart des gens ne peuvent quasiment rien s’acheter. Que tout part dans ce que l’on nomme le “coût de la vie» et qui n’est rien d’autre que le coût du capitalisme.

En réalité, il s’agit de prêtres aux positions sociales dominantes qui entendent choisir à notre place notre consommation, en hallucinant que nous serions finalement les fautifs de l’explosion du Capital et de ces conséquences un accroissement très important de la nature et de l’éventail de la production, une opulence dans les magasins qui est très loin d’être imitée par les budgets des galériens, qui subissent ce système pourri.

Ceux qui ” luttent contre le consumérisme » sont de nouveaux curés. Il faut symboliquement les gifler.

Zen, Alex, Zen.

Au chapitre des horreurs politiques, on trouvera sans surprise le groupuscule souverainiste de droite dure confusionniste l’UPR, de François Asselineau.

On pourra sûrement en déduire qu’Alexandre Lecouillard assure une promo d’enfer à cet ancien collaborateur de Charles Pasqua, ex-colistier de Jean Tibéri.

 Sur le sujet, on relira avec profit cet article dont voici un extrait:

” Alors qu’il essaye aujourd’hui de se faire passer pour un rebelle, le parcours politique et professionnel de François Asselineau est tout ce qu’il y a de plus consensuel. Enarque, il occupe aujourd’hui les plus hautes fonctions que puissent avoir un fonctionnaire : inspecteur général des finances. Son univers politique s’est toujours situé très à droite : il a ainsi occupé les fonctions de directeur de cabinet auprès de minis­tres du gou­ver­ne­ment Juppé (1995-1996), avant de rejoindre en 1999 le RPF de Philippe de Villiers et Charles Pasqua. Entre 2000 et 2004, il a occupé des postes impor­tants de conseiller aux côtés de Pasqua, alors pré­si­dent du Conseil géné­ral des Hauts-de-Seine. Toujours avec le même, alors allié à Jean Tibéri il s’est pré­senté (et a été élu) sur une liste de droite dis­si­dente aux muni­ci­pa­les pari­sien­nes de 2001. C’est sans étonnement qu’on l’a vu nommé par Nicolas Sarkozy le 20 octo­bre 2004 à la tête de la direc­tion géné­rale à l’intel­li­gence économique à Bercy, et tra­vailler alors en étroite col­la­bo­ra­tion avec Jean-Pierre Raffarin. “

 En guise de conclusion, nous évoquerons la diffusion d’une répugnante vidéo masculiniste diffusée depuis le département extrême droite du consortium.

Et par qui cette vidéo dégueulasse est-elle hébergée? Par un dieudonniste bien sûr, si l’on en croit ses abonnements facebook, fan d’une page dédiée aux « bonnets rouges “, cette fronde fascisante et néo-poujadiste récente.

 

 

 

 

 

Toute l’hypocrisie de cette page confusionniste résumée en une image, faire réagir sur un innommable vomi sexiste et masculiniste en assurant la promotion au passage, comme s’il n’y en avait pas déjà assez sur ce réseau totalitaire et marchand, d’Alain Soral

La page se sert ici des réactions outrées pour amplifier son audience et permettre ainsi de diffuser au plus large la parole de ce fasciste.

 On nage ici au sommet de la perfidie et de la malhonnêteté, marques de fabrique des pages confusionnistes.

 

Les Enragé-e-s