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Décision inique d’un pouvoir en panique, la FAC de Toulouse sous tutelle

Communiqué Intersyndical :

L’intersyndicale des personnels et des étudiant-e-s déplore la décision autoritaire de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) qui, au moment de l’arrêt du processus de l’IDEX UNITI 2018, a pris la décision de dissoudre tous les Conseils de l’Université de Toulouse-Jean Jaurès, ce qui est sans précédent dans l’histoire des universités, et la mise sous tutelle par un administrateur provisoire. Cette situation fait craindre l’intervention des forces de l’ordre.

Elle demande au Ministère et aux autorités compétentes de renoncer à toute intervention des forces de l’ordre. La situation sur le campus du Mirail est totalement calme, comme elle l’a toujours été.

L’intersyndicale s’indigne de cette décision brutale alors que des discussions étaient en cours au sein de l’université.

Aux côtés des personnels et des étudiant-es, l’intersyndicale reste mobilisée et réaffirme son opposition :
– au processus de fusion imposée dans le cadre de l’Université de Toulouse ;
– à la loi ORE-ParcourSup-Sélection.

Elle appelle à amplifier la mobilisation et à participer massivement à la grève du 22 mars et celles à venir et elle maintient son AG des personnels demain à 10h et l’AG commune étudiant-e-s / personnels de jeudi à 10h.

L’intersyndicale réaffirme sa volonté de continuer la mobilisation en faveur d’une Université ouverte, publique et démocratique et de maintenir l’unité des personnels et des étudiant-e-s, dans l’intérêt des un-e-s et des autres.

Toulouse, mardi 20 mars 2018

CGT – FO – FSU – Solidaires étudiant-e-s – SUD – UNSA ITRF Bio – UET – UNEF

 

Nous appelons tous les compagnon-ne-s solidaires du mouvement personnels-étudiants à amplifier la solidarité active déjà présente sur place et venant de toutes parts. Nous appelons tous les anarchistes, tous les communistes, tous les progressistes à se mobiliser physiquement sur place afin de stopper toute évacuation policière.

 

Les Enragé-e-s

Contre le monde et sa sélection

 

1. L’exploitation capitaliste est le moteur du monde actuel. C’est un rapport social qui fonctionne par la contrainte : on ne peut vivre sans argent et toute une armée de flics, de vigiles et d’huissiers est payée pour défendre cet état de fait. Alors les uns s’usent à travailler ou à chercher un travail pour vivre, là où d’autres usent de ces prolétaires pour accroître leur thune, leur pouvoir.

2. La reproduction de cette exploitation est donc fondamentale pour la classe capitaliste. Elle nécessite de former chaque année de nouvelles générations afin de nous transformer en cette main d’oeuvre dont ils ont besoin. Ce rôle de formateur est principalement joué en France par l’Éducation Nationale et l’Enseignement Supérieur.

3. L’idéologie républicaine de l’égalité des chances et du mérite est une foutaise. L’école est une machine à écraser, à trier et à dispatcher la force de travail dans les différentes sections professionnelles suivant les besoins économiques du moment. La sélection de classe s’opère à chaque échelon scolaire, de la maternelle à l’université. Lutter uniquement contre la sélection à l’université expose à un dilemme : jusqu’où le tri peut-il « légitimement » s’opérer ? Si on ne trouve aucune réponse convenable, c’est que la formulation de la question n’est pas la bonne. On devrait dire : pourquoi le tri doit-il s’opérer ? Nous renvoyons alors aux points 1 et 2.

3-bis. Il est préférable de ne pas se méprendre lorsque l’on démarre une lutte à la fac : le savoir est une marchandise, l’université est une entreprise et l’État est toujours capitaliste. Aucun sanctuaire n’y a été décrété. Ne croyez pas les charlatans qui vous assurent du contraire, ils sont là pour monnayer du rêve bureaucratique.

4. Lutter en tant qu’étudiant, c’est manquer le coche de ce que cette loi de sélection peut solliciter : la critique du monde qui la régit. L’université n’est pas une île. La ville de Toulouse regorge de tensions, de conflits, de possibilités d’action et de solidarité. Tisser un tel mouvement réclame du temps et des lieux. C’est précisément ce qu’une fac occupée peut proposer. Des lieux et du temps.

5. Tandis que la sélection annonce un accès aux bourses plus difficile et un contrôle beaucoup plus sévère des étudiants boursiers (une ressource dont nous avons besoin, que nous soyons férus de philo, de lettres, d’anthropo ou PAS), les vacataires du Mirail continuent d’être payés au lance-pierre pour assurer la majeure partie de « l’offre d’enseignement ». Tandis que la fusion annonce une hausse des frais d’inscription à la fac, les lycéens de Gallieni se tapent flics, vigiles et caméras pour se former au turbin. Nous devons refuser ce futur et lutter au présent. Le moment de la lutte est un moment de jonction et de dépassement des catégories où nous sommes à l’instant T. Pas une simple juxtaposition des « chacun chez soi » comme le présume la mythique « convergence des luttes ».

6. Pour ce faire, il est nécessaire de proposer des espaces autres que ceux tenus par les syndicats étudiants corporatistes et autres politicards. L’AG ne sera jamais un endroit décent tant que les personnes opposées au mouvement auront leur mot à dire sur la façon dont on lutte. Multiplier les points de rencontre permettra peut-être de mettre à mal le centralisme démocratique et sa terrible manie à étouffer les expressions subversives qui sortent du cadre bien tracé de la « contestation étudiante ».
Ces complicités potentielles sont à l’intérieur et en dehors de l’université.

7. Contre le monde et sa sélection. Tout doit disparaître.