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Et si on rasait la basilique du Sacré-Coeur?

sacrecon (Medium)

1873. Le choix de l’établissement au sommet de la butte Montmartre de la basilique du Sacré-Cœur correspond, pour la Réaction, à la volonté d’imposer un nouvel « Ordre moral » en tentant d’effacer la formidable brèche ouverte par la Commune de Paris de 1871 et sa première expérience concrète d’autogestion prolétarienne.

La contre-révolution catholique entend alors sceller dans une pierre au blanc impur, un écrasement sanglant du peuple insoumis, un crime de masse abject perpétré par la droite versaillaise.

Ce bâtiment à l’architecture incertaine et à l’intégration hasardeuse, que la plupart des parisiens n’a d’ailleurs jamais visité, est le second monument le plus parcouru de France, principalement pour la perspective qu’il offre et par la grâce d’un tourisme obscurantiste de bon aloi ravissant les empileurs de bigoteries en tous genres.

Si sa démolition devait être démocratiquement actée après la Révolution sociale, pour faire place à une construction ouverte sur un 21e siècle de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Solidarité, pourquoi ne pas en faire un moment à la fois solennel et festif, une grande célébration populaire de réhabilitation de l’œuvre des communards et de la première Révolution prolétarienne aboutie?

Suite à l’offrande de tags dans la seule basilique au monde où la nécessaire laïcité reste fortement en travers d’une gorge au rouge carmin et pendant que l’ébouriffante Christine Boutin s’arrachait le peu de cheveux qu’il lui reste, la page facebook du Nouvel Obs, ce journal de la petite bourgeoisie de droite s’hallucinant de gauche, n’hésitait pas à titrer ce jour :

« Paris sous le choc après la dégradation du Sacré-Coeur »

Au nom de tous les communards, nous affirmons que NON, Paris n’est pas sous le choc.

Paris, comme toutes les villes jusqu’au moindre petit village, est sous le choc d’une crise capitaliste systémique, elle est sous le choc de fin de mois qui commencent le 10 ou bien avant, elle est sous le choc de cette peur de l’avenir qui flingue l’existence, elle est sous le choc de cette boule dans le ventre avant de partir bosser, elle est sous le choc de la précarité, de l’insécurité sociale pour tous, sous le choc de son exploitation quotidienne, pas sous le choc de quelques tags qui ont déjà été enlevés à l’heure où l’on vous parle!

A noter que lorsque Dominique Venner a repeint en rouge l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame, Christine Boutin et le Nouvel Obs n’en ont pas fait tout un plat.

Les Enragé-e-s