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TROUVÉ, petit appareillage électronique d’amateurs de communications

A propos d’un dispositif de surveillance trouvé, documenté et détruit à Paris

panoramaFin septembre nous avons mis fin à des doutes sur la présence d’un dispositif de surveillance visant la bibliothèque anarchiste La Discordia dans le Nord-Est de Paris. Un dispositif qui se trouvait dans l’école Montessori « Plaisir d’enfance » située juste en face de la bibliothèque au premier étage dans un cagibi, donnant sur la fenêtre (le dispositif avait la forme d’un « dossier en carton »). Le mardi 6 octobre, nous avons décidé de rentrer dans l’école pour prendre contact avec la direction. Nous finissons avec insistance par obtenir un rendez-vous avec la directrice administrative et financière de l’école. Celle ci, dans un premier temps nie, mais acculée, elle finit par reconnaître (à demi-mot) l’existence du dispositif dans son école (et donc l’autorisation/collaboration de la direction). Après de longues « négociations » avec elle et son supérieur, et de lourds efforts de leur part de temporisation (pour pouvoir « appeler son contact »), nous finissons, après la sortie des classes, par obtenir l’accès au cagibi. Prenant nos responsabilités, nous décidons rapidement de nous emparer du dispositif par la force. Nous nous rendons alors compte que tout le monde est au courant de sa présence dans l’école. Nous réussissons à sortir rapidement malgré quelques « résistances ». Le kéké de l’école est sorti pour regarder où nous allions afin de faciliter encore plus (et une fois encore), le travail des flics. Nous apprenons par ailleurs que le dispositif était en place depuis au moins la deuxième semaine de juillet 2015.

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Considérations techniques

Le dispositif était sous la forme d’un boîtier rectangulaire, bruyant (ventilateurs) d’environ 40x25x25 cm en plastique dur, branché sur secteur (sans batteries). Le boîtier présente un trou d’environ 4 cm de diamètre pour la caméra, trois câbles en sortaient au bout desquels se trouvaient deux antennes à pointe (probablement des capteurs sonores) et un troisième capteur petit et carré. À l’ouverture du boîtier, nous découvrons du matériel technologique de pointe :
Un routeur wifi avec deux cartes SIM (Bouygues), un GPS, trois entrées cellulaires, une entrée stéréo.
Un processeur.
Un dispositif téléphonique avec une carte SIM Orange (ce qui signifie que les données n’étaient pas stockées mais transmises en direct).
Une camera avec deux niveaux de zoom, commandable à distance.
Et d’autres types de matériels que nous ne sommes pas parvenus à identifier (mais que vous trouverez sur les photos téléchargeables ci-après).

Nous mettons à disposition une certaine quantité de photos en invitant les personnes capables, à partager leurs connaissances techniques sur le sujet : 1 et 2.

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Pour conclure

Ces dispositifs qui ont d’abord pour but de surveiller, ont aussi comme objectif secondaire celui de nous faire peur et de nous apprendre à nous limiter nous-mêmes. Mais cela ne marche pas. Ce ne sont ni la peur ni la répression qui déterminent nos pratiques, mais seulement nos idées. Quoi qu’il en soit, il est logique de soupçonner que ce type d’« attention » (somme toute, assez banale) touchera encore La Discordia comme tout autres lieux considérés comme subversifs par l’État.

Nous savons, par exemple, que d’autres dispositifs de surveillance ont été découverts ces dernières années dans différents endroits en France (Montreuil, Cévennes, Lille, etc.). Mais nous ne le savons que par « copinage » alors qu’il nous paraît très important de rendre ces informations publiques afin qu’elles puissent profiter à tous, plutôt que de s’enfermer dans des réflexes imbéciles et contre-productifs de panique.

Pour la DGSI et leurs amis : si vous cherchez votre matériel, vous le retrouverez, en pièces détachées, à quelques mètres de profondeur, dans le canal de l’Ourcq, au niveau de la rue de Nantes. Bonne pêche ! (on a toujours rêvé de voir des porcs flotter)

Des livres, pas des flics !

 

 

Quelques participant/es à La Discordia.

non-fides.fr

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Cause Animale Nord, racistes et méchants

C’est une vidéo d’une grande cruauté.

Un document au sein duquel vous allez découvrir des militants de l’association Cause Animale Nord se livrer à un enlèvement innommable, celui d’un chiot, compagnon d’une personne sans domicile fixe.

Les images se passent de commentaire.

 

La ligne politique de Cause Animale Nord n’est en revanche pas une découverte.

Son président, Antony Blanchard, s’était déjà illustré en janvier 2013 avec une lettre ouverte explicitement raciste que nous reproduisons ici:

2015-09-23_231352Lettre ouverte haineuse et délirante que son auteur avait fini par supprimer de la page.

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La marque de fabrique de l’extrême droite, colporter des mensonges grossiers et fiévreux destinés à diffuser le poison nationaliste et raciste.

 

Association basée à Lille et à la ligne clairement problématique à plus d’un titre.

Nous vous invitons à parcourir cet article des Panthères Enragées qui, dès 2013, alertait sur la teneur raciste de cette association.  En voici un extrait:

Samedi 5 octobre 2013 avait lieu à Paris la Marche contre l’Exploitation des Animaux et de leurs Peaux, anciennement marche contre la fourrure. Financée par la FBB et soutenue par nombre d’associations problématiques tel que Cause Animale Nord (propos racistes et anti-Rroms), Animaux en Péril ou ALF-le film (proches Brigitte Bardot et Nathalie Krier) .

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A l’issue de cette manifestation un village associatif place de la République regroupait plusieurs stands : ALF-le film, Animaux en Péril, Un monde Vegan, L214, 269 Life, Sea Shepherd, Société Vegane, etc … Une centaine de personnes circulaient encore entre les stands.

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La militante néonazi Arduinna (Luna Stenfors), le président d’animaux en péril et Jérôme Lescure du CRAC.

Un groupe d’antifa a soudain aperçu Nathalie Krier se baladant tranquillement dans le village associatif sans que cela ne pose de problème à quiconque. Rappelons que Nathalie Krier, membre de la Fondation Brigitte Bardot et de feu 3ème Voie (groupe fasciste crée par Serge Ayoub dont elle est proche) avait défilé l’année dernière aux côtés de Section Défense Animale, groupe de protection animale crée par 3ème Voie avec Katya Veloso et Esteban Murillo, le meurtrier de Clément Méric.

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Nathalie Krier, ou Nath animaliste et le groupuscule fasciste 3eme Voie, dissous depuis. A côté d’elle, Serge Ayoub et au dessus, Esteban Murillo, le meurtrier de Clément Méric.

 

Interrogé par le journal patronal metronews, Antony Blanchard – l’homme à la casquette blanche – se justifie :

 » En marge d’une manifestation pour le droit des animaux qui se tenait à Paris, samedi 19 septembre, une dame est venue nous voir (la femme blonde sur la vidéo, ndlr). Elle nous a dit qu’un Rom mendiant avait un chiot drogué avec lui. J’ai constaté de moi-même que le chien n’était pas dans son état normal.  »

Antony Blanchard ne s’arrête pas là et poursuit la justification du vol du chiot par des propos abjects et une nouvelle fois racistes  :  » C’est un fait que les Roms droguent leurs animaux et les vendent sur le trottoir. Certains mangent des chats.  »

La marque de fabrique de l’extrême droite, un empilage  minable de présupposés xénophobes et de mensonges éhontés.

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La fasciste Nathalie Krier en compagnie du président de Cause Animale Nord, Antony Blanchard.

 

Une version des faits qui n’est pas celle que nous avons pu consigner par le biais des deux témoignages suivants:

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Quatre jours à peine après le rapt du chiot, celui-ci était proposé par Cause Animale Nord au prix de 195€

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La xénophobie de Cause Animale Nord est bien présente sur sa page facebook, on peut y rencontrer notamment ce type de montage, repris depuis 269 life, organisation réactionnaire, opposée à certaines formes de respect des communautés (homosexuelles, trans…) et dans certains cas, contre le droit à l’avortement, citant ici la bible et ravivant les guerres de religion, c’est bien évidemment l’Islam qui est directement visé ici.

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On retrouve en outre sur la page de Cause Animale Nord toute la crème des réactionnaires, à commencer par la Fondation Brigitte Bardot, dont les liens avec le FN ne sont plus à démontrer, Paul Watson et Sea Shepherd, MagiCjack alias Maxime Ginolin ainsi que Mr Mondialisation, pour n’en citer que quelques-uns.

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Maxime Ginolin, sous-chanteur conspirationniste et réactionnaire proche de l’extrême droite.

 

Suite à la diffusion de la vidéo qui soulève à l’heure actuelle une vague de protestations sur la toile, une pétition en ligne a été ouverte, nous en reproduisons ici un extrait:

 

Nulle part il n’est stipulé qu’ils sont en droit d’enlever sans préavis un animal, or c’est ce qu’ils ont fait en s’attaquant violemment à un SDF pour lui prendre son animal (un chiot), le 19 septembre dans le quartier de Châtelet à Paris.

Pour justifier cet acte d’une extrême violence, ils allèguent que ce SDF est un Rom, que l’animal était drogué dans le cadre d’un trafic, qu’il n’était ni vacciné ni identifié et encore moins nourri.

En date du 23 septembre, cet animal est proposé à l’adoption, au tarif de 195€, étrange pour un animal prétendument drogué, qui n’a toujours pas été vu par un vétérinaire.

Plusieurs personnes demandent des preuves (résultats prouvant que l’animal était drogué), des explications, ils reçoivent pour seule réponse des invectives.

Nous exigeons que cet animal soit rendu à son propriétaire avec dédommagements, si il est établi que l’association a outrepassé ces droits, ce que semble largement prouver cette vidéo jointe à la présente.

 

Al’heure où l’on écrit ces lignes, le dernier communiqué de Cause Animale Nord tentait d’intimider par voie judiciaire, toute opposition ou manifestation de colère consécutive à cet acte odieux.

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Les Enragé-e-s

 

 

 

Le gâteau empoisonné du Front de Gauche

Armoiries gourmandes du début XXIe

 

Petit exercice malicieux autour d’une symbolique pâtissière

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Le profil de Marianne, la vierge de la République, regarde vers la droite et donc vers l’avenir.

Une trame, une Histoire.

La République doit souffrir et faire son salut dans le temps.

Le fond blanc est celui de la chrétienté, celui de la Doctrine Sociale de l’Eglise, c’est la République déifiée, c’est l’héritage bonapartiste. Un ordre vertical sanctifié.

A la source de la vie, la fleur délice s’anime d’un mystérieux mouvement fractal produisant des pétales, des nouvelles constitutions, à date fixe, l’ordre naturel immuable, l’éternel renouvellement de la vie, l’ordre républicain monarchiste se renouvelle un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout.

Ce cœur est orange comme le centre, c’est le cœur du Christ qui est l’intelligence du Bien Public, ordre vertical naturel dans lequel chacun doit trouver sa place.

Cette intelligence républicaine est énergique et énergétique, elle est le soleil, elle est la tête qui pense et qui éclaire, la transition énergétique du capitalisme.

Pour la patrie républicaine. Pour un vrai électro-chavisme!

La pyramide capitaliste a été étêtée. Nous sommes face à une pâtisserie post-révolutionnaire mettant à l’honneur le drapeau versaillais, qui est entièrement porté par le prolétariat.

La petite bourgeoisie vient de guillotiner la grande, Friot et le salaire impérialiste à vie ont gagné, les très très intelligents à 6000, les très intelligents à 4500, les intelligents à 3000 et les nuls à 1500, l’écostalinisme est servi, il est temps de passer à table, bon appétit, bien sûr.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

Travailler est une horrible chose

Travailler est une horrible chose. Tous ceux qui se brisent l’échine sur des machines à coudre, s’abrutissent le cerveau devant des ordinateurs, suent dans des call-centers, se mutilent à porter des cartons dont ils ne connaissent même pas le contenu, pleurent dans les chiottes pour effacer cet horrible sourire qu’ils doivent tenir face au client, et tous les autres qui perdent une partie de leur force en manœuvrant répétitivement des gestes qui ne leur apportent rien d’autre qu’un peu d’argent qui passera du compte en banque de leur patron à celui de leur propriétaire, tous ceux-là sont au moins capables d’en convenir. Le travail est ce mélange de tristesse, d’ennui, de douleur, de frustration, d’enfermement et de faux-semblants. Il est une action à l’encontre de nos corps, de notre épanouissement, de notre subsistance, et contrairement aux lieux communs, de notre survie. Alors oui, le travail est une horrible chose. Peut-être quelques cadres, chefs d’entreprise, artistes, scientifiques ou autres me contrediront dans cette affirmation, mais à vrai dire, y a t il encore autre chose que des esclaves heureux pour tenir compte de leurs objections dans leur vie quotidienne ?

Cela fait des années que je travaille un peu moins de quinze heures par semaines. Je ne travaille pas parce que je pense qu’il faut travailler, je travaille parce que pour l’instant c’est le compromis que j’ai trouvé avec le chantage de l’argent. Plus précisément, je suis serveur dans un restaurant d’un quartier riche du centre de Paris avec une clientèle de bobos de toutes sortes (sauf des pauvres peut-être), cela va du fan de bio au nouveau riche désireux d’exhiber quelques liasses devant ses congénères. Chaque journée de travail c’est la même répétition de gestes fonctionnels, c’est des centaines de personnes avec qui il faut échanger sourires crispés et dialogues sans sincérité ni intérêt (mutuel) dans lesquels nous sommes considérés comme de simple moyens, et non comme des fins. Nous ne sommes, pour le client, que le moyen d’obtenir à manger, nous sommes des intermédiaires (parmi tant d’autres) entre son porte-monnaie et la banque du patron restaurateur. Bien sûr, c’est difficile sur la longueur, de jouer le jeu qui consiste à accepter que nous ne sommes rien, que nous sommes des servants que l’on peut faire apparaître d’un coup (nous n’attendons que ça) en sifflant ou en claquant des doigts et à qui l’on donne des ordres et des commandements que l’on enrobe d’une forme interrogative parce qu’au fond l’idée d’avoir des esclaves est insupportable à beaucoup lorsqu’elle se présente de façon trop évidente. Lorsque le client demande du pain, il ne le demande pas, il l’exige, et nous devons nous exécuter sur le champ. Imaginez donc un serveur répondre « non, je n’ai pas envie de vous servir » ou bien « non, rien ne m’inspire chez vous l’envie de vous rendre service ».

Mais qu’est-ce qu’un client ? Pour dire vrai, je n’en sais rien. Il m’est impossible de définir cette nouvelle classe, cet état d’être si absurde et pourtant si intégré. Le client est une personne qui en échange d’une certaine somme d’argent (ou de je ne sais quelle autre valeur d’échange) est en droit d’obtenir, avec l’appui des lois, un service quelconque. Et le client doit obtenir ce service, il n’y a pas de conditions ni de négociations possibles. Lorsqu’un client a payé ou qu’il va payer, une croyance ancrée en tous plus fortement encore que n’importe quelle autre croyance superstitieuse, veut que celui-ci obtiendra son dû. Par exemple, un client me commande une tarte, cela tombe bien il n’en reste qu’une. Au moment de le servir, celle-ci glisse de mes mains usées par une journée usante à répéter les mêmes tâches, avant de s’échouer sur le sol. Je m’excuse comme il est d’usage et me mets à quatre patte pour essuyer pendant que celui-ci me peste dessus à quel point il est pressé et à quel point ce qu’il a à faire est important, voir primordial. Je lui redonne la carte pour qu’il choisisse un autre plat, mais il veut une tarte, je lui ré-explique que c’était la dernière, mais cela n’y fait rien, il veut une tarte et c’est un restaurant qui sert des tartes, alors il doit avoir sa tarte, c’est comme ça. Le client commande et exige, il est dans son droit d’avoir une tarte, le contrat social le lui garantit, la loi l’encadre. Le patron lui, nous explique que « le client est roi », c’est même sa devise, la devise de toute une vie, une devise qui porte en elle l’invariance de l’autorité : lorsqu’il y a un roi, il faut le servir, alors si le client est roi, il faut servir le client.

Avec les collègues les moins frais dans ce jeu d’exploitation et les plus désabusés, nous nous faisons souvent la remarque que les clients pourraient nous voir gicler du sang par tous les pores de nos corps, pleurer, souffrir, tomber que cela n’y ferait rien, ils ont commandé à manger, ils doivent avoir à manger. C’est leur droit, c’est notre devoir. De fait, la première chose que doit savoir faire un serveur c’est de se la fermer, ravaler toute fierté, toute image de lui-même qui lui renverrait un peu de dignité, puis de maîtriser ses pulsions violentes et agressives.

Toute cette merde pour garder un travail que nous ne supportons pas ? Le paradoxe est gigantesque, c’est celui de la domination. En fait nous ne nous tenons pas en rang car nous voulons conserver l’emploi, mais parce que nous voulons conserver le salaire, aussi minable soit-il, et cela n’est que la centième couche de compromis, bien après celle qui consiste à accepter qu’il faut de l’argent pour vivre sous la domination capitaliste omniprésente.

Ces quelques lignes ne se veulent pas importantes, elles ne seront pas publiées avec régularité, mais au gré du besoin de les sortir de son auteur, elles ne sont que les lignes d’un individu frustré jusqu’à la moelle qui passe son temps à refréner sa violence, qui rêverait de balancer des assiettes à la gueule de tous ces connards mais qui n’a pas encore plus rien à perdre, en tout cas pas son salaire. C’est parce qu’il faut garder le salaire qu’il faut garder l’emploi, et garder l’emploi ne tient pas à grand chose. Balancer une assiette dans la gueule dégoulinante de ces infâmes roquets de clients rois ne fait pas partie de ces choses.

Mais qui sait ? Peut-être un jour…

Non serviam.

non-fides.fr

 

La gauche Charlie aime marcher au pas?

Voilà ce que fut ce dimanche: l’enterrement de la génération 68, calme, silencieux, dans la dignité, la longue procession du quinqua mâle blanc exerçant une profession intellectuelle intermédiaire ou supérieure dans le tertiaire et l’encadrement en général.

Une génération intégrée à une structure de domination en tant que sous-classe dominante qui accède enfin au rang de classe dominante à part entière, c’est historique.

Pour la première fois, une petite bourgeoisie aux dehors faussement subversifs et à l’idéologie profonde parfaitement intégrée au marché par le biais de ses multiples entrées dans le tout Paris, accède à des hommages dignes d’un chef d’Etat.

Tous ces stylos brandis ne furent pas vraiment ceux de la « presse libre » ou du « pays de la liberté » ou encore ceux du droit des caricaturistes à exercer leur talent dans un journal que plus personne n’achetait ou presque, à part peut-être des mairies et quelques bibliothèques municipales.

Ce stylo n’était pas non plus celui de l’intelligence face à l’obscurantisme.

Non, pour prolonger de façon concrète, dans la rue, sans avoir peur du ridicule, ces grands messes compassionnelles et émotionnelles dignes d’une procession cadavérique de JMJ beurrés sous Lexomil, il fallait avant tout se situer dans la célébration narcissique de sa propre classe ou pire, de la classe à laquelle l’on croit appartenir.

Une classe qui a parfaitement intégré dans ses schémas de pensée les mécanismes de domination du capitalisme.

Une classe qui tendait bien haut son stylo et qui disait « pouce!, nous, on fait pas de mal« .

Il disait « Nous, ce sont juste des dessins ce stylo« , ça disait aussi: « Nous, on est des gentils. On est juste des salariés d’Orange, de l’Education nationale, des cadres de la SNCF, des designers dans la pub, la com, des responsables de réseau, des chefs de produit, des coachs, cadres dans les mairies, les rectorats, les préfectures, les conseils généraux et régionaux, on a voté Hollande, on est de gauche! »

Ce stylo, ce n’est pas seulement celui qui arrête les balles ou dissipe la brume des croyances.

Ce stylo, c’est surtout le symbole de la division du travail et d’une classe évoluant en lévitation au dessus du monde du travail.

Ce stylo, c’est la Lumière, mais c’est aussi le parasite.

C’est le larbin, le contremaître, le petit chef humaniste, le conciliateur.

Les pavés le connaissent mal, c’est un être qui se fait rare.
C’est la classe des libérateurs, en tout cas, c’est ce qu’ils croient. C’est la classe qui s’est questionnée longuement la veille de savoir ce qu’elle allait se mettre sur le dos.
C’est une classe qui a joué à se faire peur en disant que c’était extrêmement risqué et courageux d’y aller.

D’y aller pour regarder les cousins d’en face applaudir les flics.

Pour applaudir les pavés bien rangés, en ordre de marche, une, deux, une, deux, la gauche Charlie aime marcher au pas?

Celui qui applaudit les cars de CRS est un Charlie mûr pour le fascisme.

Celui qui pleure la génération Cavanna est inconsolable sur la fin de règne culturel des habiles imposteurs d’une époque, il pleure en réalité la fin de l’humour cynique et ricaneur « libertaire » saupoudré en sucre glace de la violence structurelle des politiques impérialistes là-bas et du capitalisme ici.

C’est surtout une génération qui ne pense qu’à une chose: maintenir et consolider les conditions qui vont lui permettre de partir en retraite, en étant prête à se jeter dans les bras de n’importe quel parti qui lui promettra le retour du prétendu petit paradis des 30 glorieuses ou le  » maintien de l’ordre « .

C’est une génération, une classe, qui a peur… avant tout pour elle.

Le Charlie du dimanche est un zombie, il est ce funambule qui libère des colombes de la paix en se bouchant le nez au dessus des immondices qu’il engendre.

Le Charlie du dimanche votera les pleins pouvoirs à Pétain et à ses chiens quand les méchants ouvriers fondamentalistes bloqueront le pays.

Pour la paix, pour l’ordre républicain, pour la fraternité entre les peuples et les bébés phoques de la forêt d’Amazonie.

Mais il en existe heureusement un-e autre Charlie.

Un-e Charlie qui a vu en quelques jours à peine, lui sauter au visage un mur du silence et de l’obéissance, une formidable chape de plomb fouettée sur les masses comme un ordre de marche, et ce mur-là, c’est celui de la Révolution.

 

Les Enragé-e-s

 

 

A lire en complément, cette excellente brochure.

 

Qu’est-ce que le sous-prolétariat?

Au sein d’un mode d’organisation capitaliste de la production, ceux qui ne produisent rien ont tout et ceux qui produisent tout n’ont rien.

En France, 10% de la population possèdent 60% des patrimoines pendant que 90% doivent se « partager » les 40% qui restent.

La bourgeoisie possède les rentes, les usines, les entreprises, les patrimoines, les richesses.

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Le prolétariat lui, n’a d’autre choix, au sein d’un système capitaliste, que celui de se salarier ou de s’auto-exploiter.

93% des actifs sont des salariés.

En « haut » et en « bas » du prolétariat, on distingue deux sous-classes.

En haut, la petite bourgeoisie, minoritaire, sous-classe dominante installée au sommet du prolétariat, classe bâtarde, louvoyante, opportuniste, couarde, qui oscille entre un discours favorable aux masses et la défense inébranlable de la bourgeoisie en tant que classe constituée, classe après laquelle elle court.

Allumez n’importe quelle télé, vous verrez des petits bourgeois.

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Et en bas, le sous-prolétariat, ou lumpen prolétariat, dont le texte qui suit offre une bonne définition actualisée:

C’est une main d’œuvre de remplacement utilisée par le patronat, sans conscience civique, sociale et politique.
Il sert de « garde chiourme », d’indicateur de police ou patronal, de « mouchard » et plus particulièrement lors de mouvements sociaux.
Le lumpen prolétariat n’a pas d’attaches et peut vivre de rapines, de la prostitution des femmes, d’expédients et d’une économie souterraine et quand sa position ou les conditions dans lesquelles il évolue le permettent, de sa domination sur des malheureux.

Il exploite les autres, à l’image de la société dans laquelle il vit. Une vraie cours des miracles.

Homme de peu de scrupules, utilisable pour de basses besognes, par le patronat, la police, la mafia, toujours disponible au service des pouvoirs en place, contre le milieu dont il est issu, le prolétariat.
Détrousseur de pauvres et briseur de grèves. Le lumpen prolétariat vote à droite, pour ses maîtres ou pour le plus offrant.

Pour Marx, le Lumpen prolétariat est l’allié objectif de la bourgeoisie. C’est un de ses instruments.

Qu’est ce qui a changé ?

Entre temps il est allé à l’école. Il a appris, pas plus que le reste du prolétariat mais il a d’autres stratagèmes et l’intelligence de la survie dans la jungle sociale et au dépend des autres.

Le patronat en fabrique du lumpen prolétariat, par le conditionnement en donnant à ce dernier le sentiment de force, d’indépendance, du « moi je » supérieur qui n’a nullement besoin des autres et de l’action collective.
L’image du héros de la propagande américaine, celui qui se fait seul face à la couardise collective et qui rafle la belle, la grosse cylindrée et la fortune au mépris des lois et des risques.
C’est toujours la même fable du héros solitaire et taciturne.

En fait c’est un être faible, sans conscience civique et sociale.

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Toutes les dictatures ont utilisé ce milieu. Pour mieux se débarrasser de prisonniers politiques, on les enfermait avec des prisonniers de droit commun, qui se chargeaient de la basse besogne.
Rien n’a changé, sauf que le lumpen prolétariat peu porter le costume neuf ou des « godasses » à prix fort et selon la mode du moment. L’économie parallèle est aujourd’hui souterraine et il ne court pas forcément les chemins à pied, modernité oblige.
Il ne porte pas de signe distinctif et peut même travailler derrière un bureau.

Il n’est même pas un traître à sa classe puisqu’il n’a aucune conscience d’appartenance à une classe, surtout à celle dont il est issu mais il s’identifie à la classe dominante au travers de ceux qui dirigent.

C’est vrai à l’usine, au bureau, dans les quartiers ; et bien sûr, il vote toujours à droite mais prétend ne pas faire de politique.

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Il défend la France, lui, et l’ordre établi et contre la chienlit, il milite à droite. Ce n’est pas un corps, ni une classe à part.

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Il est disparate et s’opposent les uns aux autres dans le désordre de l’ordre en place. Il peut brûler des voitures qui ne valent pas un sou mais qui sont la seule fortune du voisin, ou vociférer contre en réclamant la peine de mort.
Il peut imposer son ordre sur tout le quartier et un code de conduite aux filles et exiger plus d’ordre en face : «que fait la police » « et la justice ».
Sévir et châtier, les fonctionnaires fainéants, privilégiés et nantis , les salauds de grévistes…etc … Il est une catégorie de citoyens opposés à la notion de citoyenneté pour les autres.

Le lumpen prolétariat est pluriel ayant en commun, la non reconnaissance des droits des autres. Il y a également celui des villes et celui des champs et si les pistoleros des latinfundios ont disparu, leur mission est toujours la même. Raciste, xénophobe et d’autres particularités qu’il partage avec la petite bourgeoisie, pour le plus grand bien du système en place.
Cerise sur le gâteau, comme sous l’ancien régime, les gens de qualité savent tout sans rien apprendre. C’est bien connu le lumpen prolétariat n’a pas besoin d’apprendre, il sait tout par nature. Une catégorie en expansion et la bourgeoisie le sait, elle y travaille.

 

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