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C’est quoi le fascisme?

Au travers de ce recueil non exhaustif de textes et de travail de lutte antifasciste, nous espérons vous dévoiler ici des analyses précises et accessibles pour tenter de comprendre ce qu’est le fascisme et intégrer la multiplicité idéologique des extrêmes droites. 

Nous avons voulu cet article le plus utile possible afin que toutE un chacunE puisse venir y puiser des argumentaires et des publications ciblés, que vous découvrirez en cliquant sur les liens en rouge.

Le fascisme propose à ses troupes un « anticapitalisme » petit-bourgeois bien différent de l’anticapitalisme socialiste.

Une « mystique » ne suffit pas, ne nourrit pas. Les individus composant les troupes fascistes ne sont pas tous également fanatisés. Et même les plus fanatisés n’en oublient pas pour autant leurs intérêts matériels. Le souci de ces intérêts continue à les aiguillonner. Pour les conquérir, puis les tenir en haleine, le fascisme doit aussi leur présenter une solution pratique aux mots dont ils souffrent.

Bien qu’au service et à la solde du capitalisme, il doit – et c’est ce qui le différencie profondément des partis bourgeois traditionnels – afficher un anticapitalisme démagogique.
Mais cet anticapitalisme, si l'on y regarde de plus près, est très différent de l'anticapitalisme socialiste. Il est essentiellement petit-bourgeois.
Le fascisme fait ainsi d’une pierre deux coups: d’une part, il flatte les classes moyennes en se faisant l’interprète fidèle de leurs aspirations rétrogrades; d’autre part, il jette en pâture aux masses ouvrières – et tout particulièrement à ces catégories de travailleurs qui manquent de conscience de classe – un anticapitalisme utopique et inoffensif et il les détourne ainsi du véritable socialisme.

 

Daniel Guérin

 

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Le fasciste Alain Bonnet de Soral, ex-Front National, fils de notaire et mondain-potiche de plateau de télé déclassé, n’hésite pas à se revendiquer « national-socialiste ».

 

La secte d’Alain Soral, internet et l’argent

 

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Marine Le Pen valsant aux côtés de nostalgiques autrichiens d’Hitler et du IIIe Reich.

Chronologie historique du Front National

Le régime fasciste voit son tour arriver lorsque les moyens "normaux", militaires et policiers de la dictature bourgeoise, avec leur couverture parlementaire, ne suffisent pas pour maintenir la société en équilibre.
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Marine Le Pen (1) en compagnie de Alain Soral (2) et David Rachline (3), sur la droite on distingue aussi Marc George (4) et Steeve Briois (5)

Quand Marine Le Pen copinait avec Alain Soral et Marc George

A travers les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la petite bourgeoisie enragée, les bandes des lumpen-prolétaires déclassés et démoralisés, tous ces innombrables êtres humains que le capital financier a lui-même plongés dans la rage et le désespoir. La bourgeoisie exige du fascisme un travail achevé : puisqu’elle a admis les méthodes de la guerre civile, elle veut avoir le calme pour de longues années. Et les agents du fascisme utilisant la petite bourgeoisie comme bélier et détruisant tous les obstacles sur leur chemin, mèneront leur travail à bonne fin. La victoire du fascisme aboutit à ce que le capital financier saisit directement dans ses tenailles d’acier tous les organes et institutions de domination, de direction et d’éducation : l’appareil d’Etat avec l’armée, les municipalités, les universités, les écoles, la presse, les organisations syndicales, les coopératives. La fascisation de l’Etat n’implique pas seulement la « mussolinisation » des formes et des méthodes de gouvernement – dans ce domaine les changements jouent en fin de compte un rôle secondaire – mais avant tout et surtout, l’écrasement des organisations ouvrières : il faut réduire le prolétariat à un état d’apathie complète et créer un réseau d’institutions pénétrant profondément dans les masses, pour faire obstacle à toute cristallisation indépendante du prolétariat. C’est précisément en cela que réside l’essence du régime fasciste.

Léon Trotsky

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Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen

Les amitiés frontistes de Roland Dumas

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Marine Le Pen aux côtés de l’ancien Waffen SS, Franz Schönhuber

 

La bourgeoisie peut compter sur le fascisme pour dénouer l’imbroglio de tensions que créent dans nos vies les effets des multiples contradictions générées par l’actuelle crise du capitalisme à l’échelle mondiale, où la tentation d’une reprise en main énergique par l’État est forte et où la mystique de l’homme providentiel fonctionne à plein.

Oui, la tentation du fascisme (un régime fort interclassiste et unitariste, collaborationniste, qui préserve l'essentiel tout en changeant le superflu) est très forte en Europe. A certains endroits, elle est sans doute réalisable, et même déjà en voie de réalisation.

Plus les contradictions internes à la bourgeoisie vont s’aiguiser, plus les effets de ces contradictions vont se faire ressentir dans nos conditions de vie, de travail, d’existence… Et plus cette tentation sera forte dans le prolétariat.
Ce que l’on s’astreint à désigner par  » la gauche  » ou  » vraie gauche  » ou  » gauche radicale  » souffre toujours des mêmes maux que ceux dont elle souffrait dans les années 30: l’économisme, notamment dans l’analyse du stade impérialiste du capitalisme, l’absence de ligne de classe et l’abandon progressif de l’internationalisme prolétarien.

 Le fascisme n'arrive pas comme un éclair dans un ciel serein. 

C’est un régime politique, une forme d’exception de l’État bourgeois, qui est l’aboutissement d’un processus, et ce sont toujours les gouvernements bourgeois  » démocratiques  » qui commencent par prendre des mesures réactionnaires afin de tenter notamment de résoudre les contradictions que crée la crise (de croissance) du Capital.

C’est un phénomène réversible jusqu’au moment où il devient irréversible.

Et quand le fascisme est au pouvoir, dans un premier temps il est ambigu, complexe, protéiforme, il est encore marqué par sa naissance anticapitaliste romantique.

Dans sa phase de stabilisation, quand une hégémonie s’est dessinée, le fascisme se détache de cette ambiguïté des débuts et acquiert son caractère de classe réel. D’une certaine manière, le processus de fascisation correspond à une crise idéologique aiguë de la petite bourgeoisie et de ses formations politiques traditionnelles, jumelée à une période d’intenses contradictions au sein du bloc capitaliste.

Le fascisme est toujours une solution de l’État bourgeois pour tenter de se sauver soi-même.

 

Les Enragé-e-s

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On ne discute pas avec le fascisme, on le combat. Cette phrase, assez absolue de prime abord, n’est pas une simple formule et ne part pas de nulle part. Elle part de l’expérience de presque un siècle de lutte contre le fascisme. Parce que le fascisme, c’est un corpus d’idées mais surtout un mécanisme, un mouvement qui ne fait pas de cadeau et n’est pas particulièrement respectueux de règles. Il n’y a rien de bon à prendre chez les fascistes et rien à leur donner (si ce n’est des baffes). Historiquement, tous ceux qui ont cherché la discussion et la conciliation avec les fascistes ont soit fini fascistes soit été liquidés par leurs nouveaux compagnons de route. On ne débat pas avec l’extrême-droite pour des raisons politiques et pratiques.

 

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat.

 Les confusionnistes qui favorisent la montée du fascisme en Europe
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Alain Soral, François Asselineau, Etienne Chouard.

Alain Soral ou Petite sociologie des bas-de-plafond qui jouent la réconciliation.

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François Asselineau, à la tête du micro-parti d’extrême droite nationaliste UPR, est un ancien proche de Charles Pasqua, Jean Tibéri (le maire fraudeur parisien), Nicolas Sarkozy ainsi que de Philippe de Villiers.

François Asselineau

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Le vrai visage d’Etienne Chouard

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Quelques-uns des nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite. [cliquer sur la photo pour zoomer]
En dépit du fait que le fascisme fait démagogiquement des promesses de réabsorption du chômage et de reprise des affaires, il sait parfaitement bien que la machine économique ne va pas de nouveau se mettre en marche.

Il ne cherche pas sérieusement, soit à ramener à la vie le consommateur disparu, ni à stimuler l’investissement arrêté par la longue interruption de l’entrée de l’épargne privée dans la production. D’autres sont libres de croire aux utopies s’ils le souhaitent, mais le fascisme, lui, sait ce qu’il veut et ce qu’il peut en faire. Il essaie simplement d’enrayer, par des moyens artificiels, la chute des bénéfices du capitalisme privé, qui est devenu parasitaire. Malgré sa démagogie verbeuse, il n’a pas beaucoup de projets ni de modèles ; il vit à la petite semaine et n’aspire à rien d’autre qu’à maintenir en vie – par le biais de réductions de salaires, par des commandes et des subventions d’Etat, par la saisie de petites économies, et par l’autarcie – une poignée de monopoles et de grands propriétaires terriens. Et afin de prolonger le règne de ces derniers (mais en limitant leur liberté et sans assurance de retrouver leurs revenus d’avant la dépression), il n’hésite pas à accélérer la ruine de toutes les autres couches de la population – les salariés, les consommateurs, les épargnants, les salariés agricoles, les artisans, les petits industriels et même les consommateurs des biens.

Daniel Guérin, « Fascisme et grand capital », 1936

 

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Le fascisme n’est pas réductible à une  » simple  » dictature militaire, ni à un nationalisme ou à un bonapartisme et correspond donc bien à une modification beaucoup plus profonde du régime démocratique bourgeois, caractérisée par son profond caractère de classe et ses   » processions  » populaires, qui le portent au pouvoir.

Et c’est aussi parce que la gauche souffre de ces mêmes maux qu’elle est une partie du problème dans la constitution du fascisme. Mais voilà, si elle est affligée de ces terribles faiblesses, c’est bien parce que le ver est déjà dans le fruit et que les organisations de la classe ouvrière sont déjà  » asphyxiées  » en leur sein même par ces dérives idéologiques. Parce qu’elles mêmes sont traversées par la lutte de classe.
Et souvent même, en réalité, le processus de fascisation commence sournoisement au sein même des organisations (dites) de la classe ouvrière. Soit parce qu’elles sont bureaucratisées à l’extrême, soit parce qu’elles ont subi une érosion idéologique qui en fait des moulins ouverts à tous les vents, y compris les plus mauvais.

 

Les Enragé-e-s

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Tout l’art du fascisme consiste à se dire anticapitaliste sans s’attaquer sérieusement au capitalisme.

Il s’emploie tout d’abord à transmuer l’anticapitalisme des masses en nationalisme. De tout temps, on l’a vu, l’hostilité des classes moyennes à l’égard du grand capitalisme va de pair avec un attachement tenace à l’idée de nation. En Italie et en Allemagne, tout particulièrement, les masses sont prédisposées à croire que l’ennemi est moins leur propre capitalisme que le capitalisme étranger. Aussi le fascisme n’a-t-il pas de peine à préserver ses bailleurs de fonds de la colère populaire: il détourne l’anticapitalisme des masses vers la « ploutocratie internationale ».

Serait-il possible de transmuer l'anticapitalisme des masses en quelque chose d'autre? Le juif sera pour le fascisme – là où les circonstances s'y prêteront – un second bouc-émissaire.

Si le fascisme excite surtout les masses populaires contre la « ploutocratie internationale » et contre les juifs, il lui est impossible – sous peine de se démasquer – d’éviter de s’en prendre à des organisations de la bourgeoisie nationale. Mais ses déclamations contre celle-ci, si on les regarde de plus près, n’ont rien de socialiste. Les classes moyennes détestent la bourgeoisie d’une tout autre façon que la classe ouvrière. Elles ne souhaitent pas sa disparition en tant que classe. Bien au contraire, elles voudraient à leur tour devenir bourgeoises. Le fascisme, lorsqu’il s’affirme antibourgeois, lorsqu’il dénonce la « dégénérescence » de la bourgeoisie, n’entend nullement s’attaquer à l’ordre social existant. Il veut, au contraire, rajeunir cet ordre par un apport de sang frais, de sang plébéien. Il flatte ainsi les classes moyennes tout en détournant les masses de la lutte des classes, du socialisme prolétarien.

 

Daniel Guérin

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Frédéric Chatillon (FN), Dieudonné et le négationniste Faurisson.

 

Ces couches sociales de la petite et moyenne bourgeoisie, auxquelles il faut ajouter l’aristocratie ouvrière qui, constituée sur la base d’une situation privilégiée par rapport à la masse prolétarienne, partage la même mentalité et la même attitude réactionnaire que la petite-bourgeoisie, sont vouées à osciller perpétuellement entre la grande bourgeoisie et le prolétariat, dans la mesure où leurs intérêts apparaissent à tel ou tel moment plus menacés par l’une ou par l’autre. Historiquement elles sont les partisans les plus enthousiastes de la démocratie – ce cadre politique et social qui, selon l’idéologie bourgeoise, permettrait à chaque individu, à chaque entreprise, d’agir librement, confiant aux lois du marché son sort et à l’Etat – soi-disant au dessus des classes – la défense des libertés individuelles et de la propriété privée.

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Virginie Tellenne, connue sous le nom de Frigide Barjot, fille d’un ami personnel de Jean-Marie Le Pen, épouse de Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, frère de Karl Zéro, qui suvit Bruno Mégret dans sa tentative de création d’un mouvement dissident du Front National, est une fervente admiratrice de Benoît XVI, qu ‘elle a soutenu dans ses combats les plus réactionnaires.

 

Ces couches sociales sont nombreuses; elles forment effectivement une masse considérable – paysanne dans les pays capitalistes moins développés, urbaine dans les autres – et rêvent de constituer la majorité, tout en adorant l’idée de la conscience individuelle qui, selon eux, détermine le bien ou le mal, la paix ou la guerre, le bien-être ou la misère.

Elles ont absorbé toutes les illusions bourgeoises sur la liberté, l’égalité, la fraternité, en y ajoutant une bonne dose de superstitions et de fatalisme: elles croient volontiers à l’existence, après la vie physique, d’un au-delà où toutes les injustices terrestres sont réparées et tous les sacrifices récompensés.

 

Ce n’est pas un hasard si la petite-bourgeoisie, historiquement ballottée entre les classes opposées et dont les membres vivent concrètement dans la concurrence de tous contre tous, représente un terrain fertile pour tous les préjugés et toutes les superstitions: tout ce qui arrive ou peut arriver est le résultat de la volonté d’un être supérieur – un destin inflexible, un dieu, un chef génial, une madone démocratique.

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L’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet dans le 5e arrondissement de Paris est le bastion du catholicisme traditionaliste.

 Le scandale de l’école privée et de l’école fasciste hors contrat

Au cours de la longue période qui a vu l’émergence et la victoire de la classe bourgeoise face à l’aristocratie et au clergé, des couches aristocratiques dégénérées – au sens économique et social – ont représenté une réaction particulièrement tenace à la nouvelle société et au nouveau mode de production anti-féodal. Similairement, pendant toute la période historique où le prolétariat tend à s’affirmer comme la classe porteuse de l’émancipation et du progrès pour toute l’humanité, les couches petites-bourgeoises représentent une réaction spécifique (et la masse réactionnaire mobilisable) contre le mouvement prolétarien.

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Michel Chevalet, journaliste scientifique passé par le journal La Croix, Sciences et Avenir, RMC, tf1 et NT1 en train de vérifier le principe d’Archimède avec Jean-Marie Le Pen

L’invariance de l’opportunisme est l’expression politique des diverses couches qui composent la petite bourgeoisie et consiste en ce rôle social et politique conservateur, contre-révolutionnaire. Pour jouer ce rôle, pour tenter de «peser» dans la société, la petite bourgeoisie ne peut se baser que sur ses propres conditions matérielles, liées à la petite production, à la petite propriété dont elle défend les intérêts et les limites et d’où découlent les positions politiques immédiatistes, autonomistes, réactionnaires et racistes qui la caractérisent.

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Alain Bonnet de Soral ici déguisé en gendarme dégradé de canapé.

Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

La petite-bourgeoisie a d’autre part son identité historique au sein de la société capitaliste, qui découle de son rôle contre-révolutionnaire spécifique. Le marxisme enseigne que la petite-bourgeoisie ne peut avoir une potentialité de classe historique, indépendante des autres classes – alors que prolétariat et bourgeoisie, les classes aux deux pôles de la société contemporaine, ont cette potentialité car elles sont porteuses chacune d’un mode de production particulier: le communisme et le capitalisme.

 Les couches sociales qui composent ce qu’on appelle la petite-bourgeoisie, sont en réalité des demi-classes, non porteuses d’un mode de production spécifique, non porteuses d’une révolution et d’une société spécifique.

Elles sont irréductiblement attachées et dépendantes de la société bourgeoise basée sur le profit, sur l’extorsion de la plus-value.

Marine_Le_Pen_PMELa proximité de beaucoup des couches petites bourgeoises avec le prolétariat leur permet de transmettre à celui-ci leurs positions, leurs illusions, leurs superstitions, leurs craintes et leurs ambitions. Cette oeuvre d’intoxication du prolétariat s’est révélée très précieuse et même parfois cruciale, pour la conservation sociale et la défense des intérêts bourgeois. Il serait impossible à la grande bourgeoisie de réaliser directement cette intoxication, de la diffuser avec autant de force au sein des masses prolétariennes: le fossé de classe est trop évident. Il n’en est pas de même avec la petite-bourgeoisie qu’en période de prospérité certains prolétaires peuvent espérer rejoindre: l’antagonisme de classe est beaucoup moins clair et il est souvent pris pour une différence individuelle et non sociale.

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Jean-Marie Le Pen et Alain Soral

 Les différentes branches de l’extrême droite

 

Les néo-fascistes

Les nationalistes

Les identitaires

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Le fasciste Serge Ayoub, fondateur de IIIe voie et des JNR, filmé par Egalité&Réconciliation, la pompe à fric d’Alain Soral.

Boneheads, survivalisme et convergences antisémites

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Serge Ayoub que l’on retrouve régulièrement sur des chaînes de télévision patronales comme ici sur BFMTV.
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Dieudonné et Serge Ayoub

 Ayoub, le retour, vers une troisième voie… de garage

La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, d’une crise structurelle, qui, comme dans les années 1929-1933, peut coïncider avec une crise économique classique de surproduction, mais qui dépasse largement une telle oscillation de la conjoncture. Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « naturelle » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

Ernest Mandel
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Dieudonné, Thierry Meyssan et Michel Collon

 

– Dieudonné est passé du côté de la mort

– Thierry Meyssan ou comment un obscur petit bourgeois est devenu une star internationale au service des pires régimes autoritaires

– Michel Collon, un militant de la confusion

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Etienne Chouard sur la webtv d’extrême droite  » Le Cercle des Volontaires  » et le site conspirationniste  » 4e singe »

 

Un ex-lieutenant de Chouard balance tout

 

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Etienne Chouard rencontre Yvan Blot (RPR, GRECE, Club de l’Horloge, FN…) en le présentant comme un spécialiste des semi-démocraties… recommandant chaudement la visite de son site Internet et sur sa page facebook, l’achat de son livre.

 

Rencontre avec Yvan Blot (ex FN) 

 

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Le néofasciste Vincent Lapierre sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Tête pensante discrète d’Egalité et réconcilitation (E&R), l’universitaire Vincent Lapierre, spécialiste du Venezuela et chaviste convaincu

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Eric Fiorile, gourou fantomatique du mouvement sectaire de la démosophie.

Démosophie et mouvement du 14 juillet 2015 : le business d’une secte

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Jean Bricmont sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Jean Bricmont invité par Egalité&Réconciliation

L’opportunisme est le mode de manifestation sur tous les plans, y compris philosophiques, religieux et comportementaux, des couches sociales qui ont démontré historiquement leur impuissance, tant par rapport à la classe dominant que par rapport au prolétariat.

Des couches sociales qui sont en permanence terrorisées par la menace de perdre leurs privilèges et de tomber dans le prolétariat, voire dans le lumpen-prolétariat et qui sont effrayées par la perspective, qui est pourtant leur grande ambition, de rejoindre les rangs de la grande bourgeoisie; des couches sociales qui aspirent à arrêter l’histoire, c’est-à-dire à rendre éternelle la situation qui permet leur survie sans problèmes, sans risques, sans secousses violentes, guerres et affrontements sociaux dont elles ne peuvent que redouter les conséquences; où à faire revenir en arrière le char de l’histoire dès qu’apparaît le mouvement révolutionnaire prolétarien dans lequel elles voient, avec raison, la menace de la disparition totale et définitive de leurs avantages particuliers.

 

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La famille Le Pen pose devant le château familial de Saint-Cloud.

 

Dans les conditions du capitalisme industriel monopoliste contemporain, une aussi forte centralisation du pouvoir d’État, qui implique de plus la destruction de la plus grande partie des con- quêtes du mouvement ouvrier contemporain est pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital.

Une dictature militaire ou un État purement policier – ne dispose pas de moyens suffisants pour atomiser, décourager et démoraliser, durant une longue période, une classe sociale consciente, riche de plusieurs millions d’individus, et pour prévenir ainsi toute poussée de la lutte des classes la plus élémentaire, poussée que le seul jeu des lois du marché déclenche périodiquement.

Pour cela, il faut un mouvement de masse qui mobilise un grand nombre d’individus.

Seul un tel mouvement peut décimer et démoraliser la frange la plus consciente du prolétariat par une terreur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, et, après la prise du pouvoir, laisser le prolétariat non seulement atomisé à la suite de la destruction totale de ses organisations de masse, mais aussi découragé et résigné.

Ce mouvement de masse peut, par ses propres méthodes adaptées aux exigences de la psychologie des masses, arriver non seulement à ce qu’un appareil gigantesque de gardiens d’immeubles, de policiers, de cellules du parti dans les entreprises  et de simples mouchards, soumette les salariés conscients politiquement à une surveillance permanente, mais aussi à ce que la partie la moins consciente des ouvriers et, surtout, des employés soit influencée idéologiquement et partiellement réintégrée dans une collaboration de classes effective.

 

Ernest Mandel

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Jean-Marie Le Pen décoré par le général Massu.

 » Torturés par Le Pen  » par Hamid Bousselham (24 février 1957)

HamidBousselhamJournalTorturesParLePen-03d31Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des semaines. Le suspect était d’abord accueilli par les paras, Le Pen en tête, à coups de pied et de poing jusqu’à l’abrutissement complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action quelconque : s’il protestait de son innocence, on lui administrait alors le supplice des électrodes.

Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la victime, lui liait pieds et poings, l’aspergeait d’eau et lui bandait les yeux. C’est alors qu’il lui administrait plusieurs décharges électriques.

Si le « patient » arrivait à supporter le choc et persistait dans ses dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour varier ses « réjouissances », Le Pen plaçait sur les oreilles de « l’inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu’à ce que la chair fût complètement brûlée.

Puis l’on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore à ce stade leur innocence, le supplice de l’eau, qu’on leur faisait ingurgiter de force avec un tuyau… Parfois le corps du « suspect » était tailladé de coups de couteau.

Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances par jour. Dans l’intervalle des interrogations, les « inculpés » étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60 m à 1,70 m environ.

En 1957, Le Pen député à Paris… tortionnaire à Alger

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Le fascisme contre la concentration industrielle

Le fascisme, pourtant, ne peut éviter, sous peine de se démasquer, de mettre en cause le capitalisme industriel lui-même. Mais ici encore son anticapitalisme reste bien en deçà du socialisme prolétarien.
Les classes moyennes, contrairement à la classe ouvrière, ne se soucient pas de détruire le moteur essentiel du capitalisme: l’exploitation de la force de travail, le vol de la plus-value. A travers tout le 19e siècle, et jusqu’à aujourd’hui, les idéologues petits bourgeois se bornent à déclamer contre la concurrence, contre la concentration industrielle, à demander aux pouvoirs publics de rendre moins nocifs les grands monopoles (cartels et trusts).
En reprenant à son compte ces aspirations rétrogrades, le fascisme flatte les classes moyennes et, en même temps, il détourne les masses ouvrières du socialisme prolétarien.

Daniel Guérin

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Kevin Reche et Marine Le Pen

 Saluts nazis pendant le discours de Kevin Reche

Le fascisme n’est pas une forme politique univoque avec des traits communs à 100% à toutes ses composantes.

Chez les fascistes, il y a des gens pour qui la question de la nationalité ou de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance ethnique…par exemple, est secondaire. Mais elle est en fait tellement secondaire que des attaques et des répressions fondées sur ces critères ne les émeut pas, ne les soulève pas d’horreur ni d’effroi. Donc ils laissent complaisamment faire les mouvements ou groupuscules pour lesquels en revanche, la question de la nationalité est un enjeu politique. Certains sont  » contre le capitalisme financier  » (sic) d’autres sont au contraire nostalgiques d’une forme d’aristocratie qu’ils retrouvent dans le grand capital… Certains courants sont très attachés à la religion, d’autres sont farouchement athéistes ou laics… Mais finalement le dénominateur commun, c’est que dans le vortex fascistoïde des débuts, on essaie de ne pas trop se marcher sur les pieds. On fait des compromis pour l’union, voire, pour l’unité. On se modère un peu, on ferme les yeux sur certains « désaccords »… On se retrouve presque immanquablement contre les communistes, les anarchistes et les émigrants. On le voit bien dans le fascisme italien, tous les courants n’étaient pas d’accord sur tout et Mussolini a du imposer son hégémonie dans ce maelstrom. Les amis d’hier sont devenus les ennemis du lendemain… Nier ce stade de formation du fascisme, protéiforme en termes idéologiques, c’est s’exposer à ne rien y comprendre. Ne pas comprendre comment il va prendre de l’ampleur. S’étendre.
il faut choisir: soit on se bat pour l’hégémonie dans le mouvement mais pour ça faut déjà savoir où on habite, soit on  » accompagne  » et là on se retrouve à accompagner quoi?
Alors évidemment la fausse bonne idée, c’est de se dire  » alors on se met du cote de l’État et des socialistes » du côté de  » l’ordre républicain « .

Et bien non. On s’organise, on se regroupe. On fait bloc. Sans tomber dans ces travers, remèdes presque aussi pires que le mal. Parce qu’il va falloir se battre sur les deux fronts, dans la contradiction, pour la dénouer, sans sombrer dans un ni-ni stérile. Il va falloir avoir cette force de lutter contre tous les visages du même ennemi en même temps pour imposer dans les consciences une autre solution, un autre horizon.

Tout ceci ne fait que commencer.

 

Les Enragé-e-s

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Marine Le Pen et Alain Bonnet de Soral ici en pleine lutte  » anti-système « .

 

« Ce soir ou jamais » une émission prétendument « transgressive » plébiscitée par l’extrême droite pour son « courage »

 

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40ème anniversaire du Front national. On y aperçoit au centre, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen entourée de membres de groupes radicaux d’extrême droite comme le leader du GUD Edouard Klein (accroupi sur la droite) ou encore une figure du mouvement bonehead Baptiste Coquelle (au centre de l’image et portant un casque SS sur l’image en médaillon)

 

Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique.
Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire.

 

Le rôle de Marine Le Pen aujourd’hui est d’adapter davantage le profil du parti aux exigences du contexte actuel. Quitte à bousculer les vieilles antiennes du FN – sans néanmoins les abandonner – pour mettre l’accent sur des thèmes davantage dans l’air du temps : se référer à l’héritage gaulliste plus qu’à la collaboration, stigmatiser le musulman davantage que le juif, exalter une laïcité conquérante ou afficher une tolérance envers la loi Veil en passant quelque peu sous silence les revendications catholiques intégristes, transformer l’ultra-libéralisme des années 80 en protectionnisme défenseur des salariés nationaux et des services publics, etc.

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Jean-Marie Le Pen et Ronald Reagan à l’époque où la PME Le Pen était néolibérale.
 Un tel mouvement de masse ne peut surgir qu’au sein de la troisième classe de la société, la petite bourgeoisie, qui, dans la société capitaliste, existe à côté du prolétariat et de la bourgeoisie. Quand la petite bourgeoisie est touchée si durement par la crise structurelle du capitalisme, qu’elle sombre dans le désespoir (inflation, faillite des petits entrepreneurs, chômage massif des diplômés, des techniciens et des employés supérieurs, etc.), c’est alors qu’au moins dans une partie de cette classe, surgit un mouvement typiquement petit bourgeois, mélange de réminiscences idéologiques et de ressentiment psychologique, qui allie à un nationalisme extrême et à une démagogie anticapitaliste, violente en paroles du moins, une profonde hostilité à l’égard du mouvement ouvrier organisé.

Ernest Mandel

Ces nouvelles références peuvent même devenir une base doctrinale plus adéquate pour les nouveaux militants.

 

Mais ce ravalement de façade ne supprime pas le fascisme, ça le dissimule.

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Michel Poniatowski (UDF) et ses idées xénophobes, ministre de l’Intérieur de Giscard, a été toujours favorable à un rapprochement ouvert de la droite avec l’extrême droite.
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Le parti des « petits et des sans-grade » Ets Père et fille.

 

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Brigitte Bardot et Jean-Marie Le Pen

La Fondation Bardot ouvertement d’extrême droite

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Brigitte Bardot et Paul Watson, le réactionnaire aventuriste de la SS (Sea Shepherd).

 

Fascisme et protection animale

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Nathalie Krier, le CRAC, Serge Ayoub et Esteban Morillo, le meurtrier de Clément Méric.

 

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Paul Watson, l’énergumène nationaliste et anti-immigrationniste

 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

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Le fascisme est bien plus qu’une idéologie raciste. Son but fondamental est de détruire les organisations de la classe ouvrière, la démocratie, et d’installer une dictature. Comme je l’ai évoqué, Hitler usa habilement des canaux démocratiques et de la liberté d’expression qui lui fut accordée pour parvenir au pouvoir. Or, loin de s’attaquer seulement aux juifs et au mouvement ouvrier, les nazis interdirent tous les partis politiques et journaux qui refusèrent de se soumettre. Les camps de concentration furent remplis d’ardents défenseurs de la liberté d’expression.

Refuser la liberté d’expression aux fascistes, c’est refuser de laisser le moindre espace à ceux qui veulent liquider la liberté d’expression et les droits démocratiques conquis au cours des siècles.

Néanmoins, nous ne pouvons nous appuyer sur les institutions pour y parvenir.

 

Nantes 1er novembre: l’extrême droite complice de la police

 

L’Etat est incapable de contrer la stratégie légaliste des fascistes, en premier lieu parce que la classe dirigeante qui le contrôle, l’utilise pour combattre les classes populaires qui lui inspirent une peur bien plus grande.

Aussi, plus le mouvement ouvrier d’un côté et le mouvement fasciste de l’autre gagnent en audience, plus la tentation est grande pour la classe dirigeante de laisser un espace au second pour affaiblir le premier. Seul un mouvement de masse construit par en bas avec les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière comme fer de lance est capable de faire reculer le fascisme.

Le fascisme est un mouvement dynamique qui doit être compris dans son processus de développement.

Si le FN met aujourd’hui davantage l’accent sur son activité électorale que sur l’activisme contre les immigrés et le mouvement ouvrier, c’est que cela constitue la tactique la mieux adaptée pour acquérir une audience dans une situation où la capacité de la classe dominante à diriger la société commence seulement à vaciller.

 Il nous faut donc identifier l’endroit où réside dans la situation présente la possibilité de construction d’un parti fasciste de masse. 

Dire que le FN n’est pas un parti fasciste en ne considérant que son étape actuelle de développement, c’est croire que la situation politique et sociale ne peut que rester stable.

Or, la crise du capitalisme n’est plus seulement une possibilité évoquée par une poignée d’irréductibles révolutionnaires.

Elle commence à façonner la réalité de façon de plus en plus palpable, accentuant l’instabilité sociale et politique tout comme les confrontations de masse. 

Si le fascisme du 21e siècle ne revêtira évidemment pas les habits du passé, la vieille alternative entre socialisme ou barbarie n’en n’est pas moins remise à l’ordre du jour.

quefaire.lautre.net

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Egalité&Réconciliation avec Etienne Chouard

 

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Jean-Marie Le Pen et Piero San Giogio, le survivaliste d’Egalité&Réconciliation.
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Alain Soral et Piero San Giogio
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Piero San Giogio et Etienne Chouard

 Paranoïa et fantasmes apocalyptiques de l’extrême droite

Le fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société. Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes où vivent encore aujourd’hui, à côté du XX° siècle, le X° et le XII° siècles.
Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations. Le pape à Rome prêche à la radio sur le miracle de la transmutation de l’eau en vin. Les étoiles de cinéma se font dire la bonne aventure. Les aviateurs qui dirigent de merveilleuses mécaniques, créées par le génie de l’homme, portent des amulettes sous leur combinaison.
Quelles réserves inépuisables d’obscurantisme, d’ignorance et de barbarie !
Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau.
Tout ce qu’un développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de l’organisme national, sous la forme d’excréments de la culture, est maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non digérée. Telle est la physiologie du national-socialisme.

 

Léon Trotsky

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Corinne Gouget sur la webtv d’extrême droite Agence Info Libre

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

 

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Etienne Chouard en compagnie de la contre-révolutionnaire catholique d’extrême droite Marion Sigaut

 

Pour éviter de retrouver dans les TL de nos camarades de gauche des contenus en provenance de sites douteux, conspirationnistes, confusionnistes ou puants (sexistes, homophobes / LGBT-phobes, nationalistes / patriotes / chauvins etc.), pour couper court aux sempiternels « mais je ne savais pas », il apparaît utile de publier cette liste non exhaustive des sites, blogs, médias, comptes facebook et twitter animés par des conspirationnistes, des faux-nez d’extrême droite ou bien de sympathisants de tendances moisies en tous genres.
Cette liste a été le fruit de plusieurs mois de recherche par des militants dévoués. Elle se veut être un outil pour préserver nos luttes de ces dérives.
C’est une version largement mise à jour qui est proposée ici.

Liste non exhaustive des sites conspirationnistes et confusionnistes [ VERSION 2015 ]

 Tout d’abord, le grand capital ne songe pas encore à pousser le fascisme à la conquête du pouvoir.

Il ne se sert des bandes fascistes à sa solde qu’en tant que milice anti-ouvrière. Au lendemain de la guerre 1914-1918, le patronat a dû, pour éviter une véritable révolution sociale, faire à la classe ouvrière des concessions importantes. Décidé à reprendre un jour ces concessions, il a l’idée, résolument novatrice, de confier à des bandes armées et militarisées, spécialisées dans la lutte anti-ouvrière, le soin de harceler le prolétariat organisé et d’affaiblir sa résistance. Les grands propriétaires fonciers se joignent à eux.

La trahison de la social-démocratie d’une part, le manque d’éducation et la trahison révolutionnaire des masses d’autre part, abrègent l’expérience ; et, rapidement, la république des « conseils » doit céder le pas à une république bourgeoise démocratique. Mais au sein de cette république, les ouvriers et les paysans conquièrent des avantages politiques et économiques importants : extension du suffrage universel aux deux sexes, journée de huit heures, généralisation des contrats collectifs, assurance-chômage, « conseils d’entreprise » élus, etc. (…)

Pendant quelques jours, les magnats de l’industrie lourde ont senti passer le frisson de l’expropriation.
Mais ils se ressaisissent vite et la peur éprouvée ne fait que décupler leur volonté de revanche. Les concessions qu’ils ont dû faire à la classe ouvrière, pour éviter une véritable révolution sociale, ils sont bien décidés à les reprendre un jour.

Daniel Guérin

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Maxime et propagande pétainiste

 

Elle n’aime pas ça, la terre, la liberté

 

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Affiche de propagande vichyste, 1942

Savez-vous d’où vient l’expression  » Egalité des chances « ?

L’écologie, un thème de gauche ?

A l’heure où l’extrême droite fasciste opère un retour inquiétant et passe à l’offensive dans tous les milieux et sur tous les fronts, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considération répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claires en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existé.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

Les premières théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd, qui prône l’amour de la nature combiné au nationalisme, puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retour à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie

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Promotion d’Etienne Chouard assurée par le site Reporterre.

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

 

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Etienne Chouard et Pierre Rabhi à la conférence nationale de lancement de Colibri.
Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!
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La page d’extrême droite confusionnisme Mr Mondialisation et Pierre Rabhi.

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

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Le mouvement de droite radicale Colibris produit du contenu avec Etienne Chouard

 Virus, colibris, grenouilles… Les petits animaux perdus de  » l’engagement citoyenniste « 

 

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Conférence d’Etienne Chouard à l’invitation de Colibri.

 

Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

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Pour en finir avec la supercherie Rabhi

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Gabriel Rabhi relaie un site national-socialiste et négationniste animé par Vincent Reynouard.
Gabriel Rabhi publie de la propagande négationniste
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Le négationniste Vincent Reynouard invité par la webtv d’extrême droite MetaTv.
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Etienne Chouard que l’on retrouvé également sur Kaizen, le magazine anthroposophe proche de Colibri et de Pierre Rabhi.

 

On mesure l’expansion du conspirationnisme quand des personnalités prennent le risque de faire état publiquement de leur proximité avec ces thèses. C’est le cas de l’humoriste Bigard, de l’actrice Marion Cotillard, du cinéaste Mathieu Kassovitz, des rappeurs Rockin’Squat et Keny Arkana… ainsi que de Jean-Marie Le Pen et même de l’ex-ministre Christine Boutin.

 

Dossier conspirationnisme : Que répondre à un ami en train de basculer ?

Depuis  le XVIIIe siècle, les théories du complot ont envahi l’imaginaire de la droite réactionnaire et, plus généralement, des « penseurs » contre-révolutionnaires.

Elles apparaissent d’ailleurs en même temps que ces derniers. Contemporaines également de l’avènement de la société capitaliste et de la révolution française, elles sont l’une des formes  par lesquelles certains vont affirmer leur refus de ces deux phénomènes. Elles leur sont donc intimement liées. Elles trouveront ensuite un  terrain d’expression dans la théorisation de l’antisémitisme moderne à la fin du XIXe siècle et feront le lit du fascisme au XXe..

Théories-du-complot-Illuminatissatan-baphomet-franc-maçonsLe conspirationnisme voit le jour après la Révolution Française dans les  milieux religieux et/ou contre révolutionnaires. L’exemple le plus illustre de ces théories étant celui de l’abbé Augustin Barruel et de  ses « Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme » qui accuse les « Illuminés de Bavière »  (les fameux Illuminatis) d’être à l’origine de la Révolution Française.

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 Un complot vieux comme le capitalisme

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Nombreux sont ceux qui font aujourd’hui cette amère expérience après avoir écrit un article qui pointe objectivement l’appartenance de tel ou tel mouvement conspirationniste à la sphère fasciste, qui recense toutes les preuves montrant que tel militant fréquente des néo-nazis ou des membres du Front National. La démonstration n’a jamais l’effet attendu : l’ex-camarade devenu conspirationniste n’est pas horrifié par ces révélations, il ne subit aucun choc particulier, il ne se remet en cause sur rien. Au contraire, c’est généralement à ce moment-là qu’il rompt définitivement les liens avec son ancien camp et décide que l’ennemi est désormais l’antifasciste. C’est à ce moment qu’il assume totalement d’être ce qu’il est devenu depuis longtemps, un militant du fascisme.

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Laurent Louis, le député belge antisémite d’extrême droite aux côtés d’Etienne Chouard.

Les sectes politiques et leurs gourous: Soral, Asselineau et Chouard

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Laurent Louis et Dieudonné.

Quand Laurent Louis et Dieudonné bidonnent leurs compteurs de vues Youtube

Si l’on associe souvent fascisme et crise capitaliste, peut-être reste-t-on trop dans l’économisme, dans le constat des difficultés quotidiennes de la majorité de la population, qui les amène à choisir le camp fasciste.

Mais il faut comprendre qu'un licenciement n'est pas juste la perte d'un salaire, que l'impossibilité de construire une carrière, d'acheter une maison à crédit ou autre, n'est pas seulement une frustration matérielle, qu'elle entraîne une crise du sens de la vie, tout simplement.

De même au sein du mouvement ouvrier organisé et de la gauche progressiste qui regroupe aussi des membres de la couche moyenne, la crise se matérialise par une offensive bourgeoise qui ne détruit pas seulement les droits sociaux acquis lors de périodes antérieures du combat de classe. La bourgeoisie s’attaque frontalement au mouvement, qui pour une grande part avait pris l’habitude d’une certaine reconnaissance sociale de sa part, notamment dans ses couches supérieures.

Le militant syndicaliste, habitué à être écouté à défaut d’être entendu n’est plus rien, le militant droit de l’hommiste ou réformiste , qui était considéré comme « représentant » d’une partie de la société est raillé et décrédibilisé comme ringard , décalé et inutile face aux « nouveaux enjeux de société ».

La crise capitaliste est aussi ce moment où la bourgeoisie décide qu’accorder aux prolétaires l’illusion d’être des individus maîtres de leur destin est quelque chose qui coûte trop cher. Ce moment où chacun est ramené à la réalité brutale des rapports sociaux qui permettent la perpétuation du système, ou l’égalité entre les humains est au mieux une fiction fragile.

La conscience de classe qui en découle est d’abord une conscience négative, par conséquent, elle n’amène pas automatiquement la naissance d’une démarche de révolte positive.

Il n’y pas de fierté prolétaire en soi, et lorsque la bourgeoisie nous ramène brutalement à la réalité de la condition d’exploité, le premier réflexe est certes la haine de l’exploiteur, mais aussi la haine de soi, mais aussi l’envie d’appartenir à la classe qui a un statut social enviable.

La joie du combat avec les autres exploités, le sentiment merveilleux d’estime de soi et des autres qui naît dans la lutte ou l’on apprend la solidarité, ou la construction collective fait éclore de nouvelles structures sociales fondées sur des valeurs positives est quelque chose qui doit être éprouvé pour devenir réel à nos yeux.

Mais cela nécessite un premier pas, celui de l’entrée en lutte et des conditions extérieures, la proximité d’une lutte.

Entrer en lutte, c'est toujours mettre en jeu le peu qu'on a à perdre, une stabilité de plus en plus illusoire et temporaire de la vie quotidienne.

Pour toutes ces raisons, une partie des prolétaires ne franchit pas le pas, et reste bloquée au stade de la haine, haine du système perçu comme injuste, mais aussi haine de soi, et sentiment d’avoir raté sa vie.

Une autre partie se retrouve dans les structures du mouvement social, de la gauche ou de l’extrême gauche constituée : mais celle-ci, dans la période de crise du capitalisme actuel se retrouve dans un état de faiblesse extrême.

Ce modèle n’existe plus, mais la gauche fait comme si et subit donc défaite sur défaite. L’ambiance dans ces structures est donc tout aussi déprimante que celle de la société en général.

Face à l’impuissance, la théorie conspirationniste offre le fantasme de la puissance : quelles que soient ses variantes, elle offre l’apparence de la révolte réussie, sans pour autant nécessiter une remise en cause de soi.

Toutes les théories du complot offrent sur un plateau, à la fois un ennemi surpuissant et vague qui permettra de justifier tous les échecs, et dans le même temps des « représentants » de l’ennemi facilement attaquables parce qu’ils appartiennent à des minorités déjà dominées dans le système capitaliste.

http://luftmenschen.over-blog.com/

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On vous donne la soluce, en fait c’était tout bête, les illuminati étaient planqués dans les coquillettes.

 La théorie du complot (complotisme ou conspirationnisme) est une grille de lecture de l’histoire qui a pour fondement la croyance qu’un petit groupe d’individus dirige en secret le monde par le biais de diverses manipulations (magique, scientifique, économique, médiatique).

La théorie du complot se sert de tous les éléments possibles (réels et imaginaires) distants dans le temps et l’espace pour donner une cohérence à son récit. On peut la considérer comme une volonté d’expliquer la Providence ou le destin avec des moyens scientifiques. Un plan mystérieux est dévoilé par un discours rationaliste.

 Le fait de vouloir prouver une conviction en reprenant des arguments scientifiques rend les théories du complot attractives pour certains croyants, cela explique la prégnance des thèmes religieux et ésotériques dans les œuvres conspirationnistes.

Le complotiste qui se présente comme défenseur des opprimés a cependant une démarche très proche de l’élite maléfique qu’il dénonce et prétend combattre. (…) Tout d’abord, il en partage les secrets. Comment y-a-t-il eu accès ? Mystère. En tous cas, cela fait de lui une sorte d’élu clairvoyant qui vit parmi des gens aveugles. (…) Le complotiste dénonce une exploitation du monde et de l’humanité par une organisation secrète, mais il ne donne aucune méthode pour lutter contre le complot. (…) Le fait de croire que la conspiration est le moteur de l’histoire retire toute responsabilité au peuple. Pour un complotiste, ce sont les êtres d’exceptions (dont il fait partie) qui écrivent et lisent l’histoire. Cet angle de vue lui fait considérer le peuple comme une éternelle marionnette.

A qui profite la Théorie du Complot ?

Il est clair qu’elle ne sert en rien les dominés. La théorie du complot n’est pas un cadre d’analyse ou une pensée qui permet aux opprimés de construire un mouvement de résistance ou de mener une lutte d’émancipation.

Si une personne veut savoir qui se cache derrière le complot, elle se perd dans une quête de connaissances qui va l’emmener loin de ses préoccupations concrètes. La théorie du complot agit de ce point de vue comme un leurre.

La théorie du complot renforce le pouvoir en place.

 

Le pouvoir des comploteurs qui dirigent banques, médias, Etats, multinationales sans limites si on se fie aux « théoriciens du complot ». Toute révolte organisée est vouée à l’échec. Si une Révolution se produit, c’est selon la volonté des comploteurs. Une vision complotiste de l’Histoire ne donne aucune perspective. Puisque le complot l’emporte toujours, pourquoi se battre ?

La structure globale de l’exploitation n’est pas remise en cause (salariat, Etat, rente). Ce qui pose problème pour le conspirationniste, c’est qu’à la tête de tout cela on trouve une minorité de parasites qui perverti l’ensemble de la société. Par exemple : « la banque » serait une chose nécessaire, le problème c’est le « bankster ».

Dans le complotisme le problème n’est pas la structure injuste d’un système économique et social mais le fait qu’un groupe occulte est au poste de contrôle remettant en cause un ordre « juste/naturel/divin ».

A défaut de critiquer la société, la théorie du complot va désigner une minorité (réelle ou inventée) et lui attribuer la responsabilité de tous les maux.

De ce fait, les « théories du complots » peuvent être perméables à des idées xénophobes affirmant qu’il est possible d’identifier l’appartenance à un groupe de domination occulte grâce à des traits morphologiques ou culturels.

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Affiche de propagande antisémite.

 

L’antisémitisme est souvent appréhendé comme une simple variante du racisme. Or l’un et l’autre diffèrent de façon importante, même si tous deux ont en commun, en tant que formes de discours essentialistes, de comprendre les phénomènes socio-historiques comme innés – biologiques ou culturels. Alors que la plupart des formes de racisme attribuent une puissance sexuelle ou physique, concrète, à l’Autre qui est vu comme inférieur, l’antisémitisme ne traite pas le Juif comme inférieur mais comme dangereux, comme porteur du Mal. Il attribue une grande puissance aux Juifs, mais cette puissance n’est ni concrète, ni physique. Au contraire elle est abstraite, universelle, insaisissable et mondiale. Les Juifs, dans ce cadre, constituent une conspiration internationale, immensément puissante. L’antisémitisme moderne n’est pas une simple forme de préjugé à l’encontre d’un groupe minoritaire ; il se distingue par son caractère populiste, antihégémonique et antimondialiste. Il fournit un cadre pour expliquer un monde extrêmement complexe et historiquement dynamique, et revendique pour lui-même un pouvoir explicatif global. L’antisémitisme moderne est donc une vision du monde qui, s’appuyant sur les formes antérieures de l’antisémitisme, vise à expliquer le monde moderne capitaliste. Comme je l’ai dit ailleurs, cette vision du monde reconnaît faussement la domination globale, temporellement dynamique, abstraite du capital – qui soumet les hommes à la contrainte de forces historiques abstraites qu’ils ne peuvent pas saisir directement – en tant que domination de la « juiverie internationale ». Il réifie, en termes concrétistes, la domination abstraite du capital, à laquelle il oppose la particularité concrète comme ce qui est authentiquement humain.
L’antisémitisme ne traite donc pas les Juifs en tant que membres d’un groupe racialement inférieur qui doit être maintenu à sa place (par la violence, s’il le faut), mais comme constituant une puissance mauvaise, destructrice. Dans cette vision du monde manichéenne, la lutte contre les Juifs est une lutte pour l’émancipation humaine. Libérer le monde implique de le libérer des Juifs. L’extermination (qu’on ne doit pas confondre avec l’assassinat de masse) est la conséquence logique de cette Weltanschauung.
Parce que l’antisémitisme peut sembler antihégémonique et, partant, émancipateur, il peut aussi brouiller les différences entre les critiques réactionnaires et les critiques progressistes du capitalisme. Il constitue donc un danger pour la gauche. L’antisémitisme fusionne le profondément réactionnaire avec l’apparemment émancipateur en un amalgame explosif.

Moishe Postone – La Critique du Fétiche Capital –

 

La thèse du complot sert directement les intérêts des dominants en confortant la légitimité de leur domination dans l’inconscient collectif et en permettant aussi une répression pour préserver le pouvoir en place. Les théories du complot ne sont pas forcément des thèses d’extrême droite mais elles sont très facilement des passerelles empruntées par ce courant politique pour élargir son champ d’action. Et cela, parce que d’une part elles peuvent correspondre à une stratégie de propagande consciente et efficace, mais surtout parce qu’elles sont le reflet d’une vision globale du monde qui repose sur les schémas de pensée des droites radicales.

 

Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes!

 

Comprendre la néo-gauche réactionnaire

Impostures à gauche
Communisme autoritaire

 

La Révolution qui vous incombe

 

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 19 juillet 36, révolution sociale et victoire sur le fascisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce travail ne m’a jamais satisfait

-67% des salariéEs n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité

-80% s’ennuient au travail

-2 000 000 salariéEs se disent maltraitéEs au travail

-500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises

-Un à deux travailleurs sont tuéEs chaque jour lors d’un accident du travail

Au milieu des années 70, un ouvrier ou un employé pouvait « espérer » rattraper le niveau de vie d’un cadre en 30 ans.

Contre 150 ans de nos jours.

 

Tous les jours pareil.

J’arrive au boulot et ça me tombe dessus comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme une brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons et des collèges que certains jours on n’a pas envie de retrouver. Ce travail ne m’a jamais satisfait. Pourtant je ne me vois plus apprendre à faire autre chose, d’autres gestes, on fait avec mais on ne s’habitue pas. Je dis « on » et pas « je » parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d’esprit, on en est tous là.
Que nous reste-t-il aujourd’hui ? Bien sûr il y a le salaire, ce fameux salaire qui fait qu’on continue. Peur de la pauvreté, pour soi et pour ses proches, pour les enfants aussi, pour lesquels on espère un autre avenir, même si on n’est pas sûr qu’il sera très différent du nôtre. Et puis il y a l’argent qui devient la mesure de toute chose. Alors quand on réfléchit à tout ça, il y a comme un sentiment de gâchis. On se dit qu’on mène vraiment une vie de con. Que la vie, c’est autre chose, ou devrait être autre chose.

J’ai un doigt, le gros, j’ai du mal à le bouger, j’ai du mal à toucher Dominique le soir, ça me fait mal aux mains… La gamine quand je la change, je peux pas lui dégrafer ses boutons… Tu sais, t’as envie de pleurer, dans ces coups de temps là… C’est tout ça, tu comprends, t’as du mal à écrire, j’ai du mal à écrire. J’ai de plus en plus de mal à m’exprimer, ça aussi c’est la chaîne… C’est dur, quand t’as pas parlé pendant 9 heures t’as tellement de choses à dire, que les mots, ils arrivent tous ensemble dans la bouche. Et puis tu bégayes, tu t’énerves, tout t’énerve, tout. Et ceux qui t’énervent encore plus c’est ceux qui parlent de la chaîne. Et qui ne comprendront jamais que tout ce qu’on peut en dire, que toutes les améliorations qu’on peut lui apporter, c’est une chose mais que le travail il reste… C’est dur la chaîne. Moi maintenant je peux plus y aller, j’ai la trouille d’y aller. C’est pas le manque de volonté. C’est la peur d’y aller… La peur, la peur qui mutile encore d’avantage. La peur que je puisse plus parler un jour, que je devienne muet. Je lisais avant. J’ai lu un tas de livres. Maintenant je n’ai plus envie de lire. Je n’ai plus envie…

C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. Dépersonnalisé au travail, il demeurera dépersonnalisé chez lui.

Christophe Dejours – Travail usure mentale

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La première des résignations face au capitalisme, nous la faisons à l’école, nous la rencontrons dès notre plus jeune âge.

On nous apprend le plus tôt possible, qu’il faudrait se surpasser pour être parmi les meilleurs, non pas pour le plaisir d’apprendre, non pas pour le savoir, non juste pour surpasser les autres et « avoir une bonne place ». La compétition commence.

Pourquoi, parce que la société est ainsi faite, il y a les bonnes places pour les « méritants » et les autres places.

C’est le nouvel ordre naturel.

Les pauvres, leurs enfants (sauf quelques rares exceptions) qui triment et trimeront, les « méritants » qui triment et trimeront dans de meilleures conditions, mais surtout les rentiers, rentières qui ne trimeront jamais.

Sauf que nous savons bien que le mérite a peu à voir avec l’attribution des places, nous savons bien que le niveau social des parents est discriminant, nous savons bien que la réussite scolaire n’est pas proportionnelle à l’effort fourni. Pourtant nous continuons avec cette idée, qu’il y aurait une place à trouver pour chacun dans cet ordre social.

Or d’où nous vient cette idée?
Cela ne vous rappelle rien?
Un monde où le paysan, né paysan devait trimer, où le riche pouvait jouir de ses privilèges?
Oui, nous sommes bien sous l’Ancien Régime, nous sommes bien dans une vision ultra religieuse de la société : la pénitence (du travail pour n’être pas bien né) et la récompense (du week end et de la retraite) pour certains et le privilège (toute sa vie) pour d’autres.

Un ordre naturel.

Naturel car « bon sang ne saurait mentir », il est donc tout à fait naturel que le fils de médecin soit médecin, que le fils de prof soit prof, naturel car il serait naturel que l’on laisse à ses enfants son patrimoine et que le fils de rentier n’ait qu’à enfiler les chaussons de son père. Tout cela pour le bien commun de l’humanité.
Tout cela pour l’équilibre des relations humaines dans la recherche du Bien Commun. Non pas du bien de chacun, mais du bien commun.

Nous sommes là dans le cœur de la Doctrine Sociale de l’Église, véritable acte de naissance religieux du Capitalisme.
Les citoyens ne sont plus, l’égalité n’existe pas. Il y a des places à tenir, il faut sélectionner pour distribuer ces places.
Le pauvre à l’usine, les intermédiaires au bureau et les riches dans les palais.
Il devient dès lors inutile d’apporter du savoir au pauvre, le nivellement par le bas de l’enseignement ces 50 dernières années se justifie ainsi.

Cette doctrine est appliquée par les plus grandes institutions internationales, l’ONU, le BIT, l’UE.

Plus vous en saurez sur cette doctrine, plus vous comprendrez que le syndicalisme chrétien, en France la CFDT, syndicat collaborationniste à la remorque du PS, est contre l’émancipation du travail.

Les Enragé-e-s

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La classe ouvrière doit impérativement modifier ce rapport de force et reprendre son autonomie organisationnelle et militante. C’est la classe ouvrière qui doit diriger le combat de résistance féroce (pas du tout pacifiste) et non pas se mettre sous le parapluie de la petite bourgeoisie aigrie, chancelante, irrésolue, pacifiste et conciliatrice.

Depuis l’approfondissement de la crise systémique de l’impérialisme moderne l’État réduit les charges fiscales imposées aux entreprises accroissant d’autant les impôts et les taxes reposant directement sur les épaules de tous les salariés, les ouvriers tout autant que les employés des entreprises privées, publiques et parapubliques, ce qui comprend évidemment les petits-bourgeois (la pseudo classe moyenne qui n’a jamais existé) qui ont tout à coup le sentiment de ne plus être importants pour leurs maîtres capitalistes qui les soumets petit à petit à l’indigence…

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Juin 1936 – Le Front populaire au secours du capitalisme français

Dans le « grand manuel d’Histoire » de la bourgeoisie, le mois de juin 1936 est figé comme un mythe.

A l’entendre, ce fût le mois « des acquis mémorables », « des accords de légende » négociés par le non moins légendaire Front Populaire au pouvoir depuis le 5 juin.

Alors que la crise économique ravage le monde depuis 1929, jetant des millions d’ouvriers sur le pavé, et que les puissances impérialistes préparent leurs armes en vue de la Seconde Guerre mondiale qui s’annonce, la France aurait goûté, pendant ce temps, au « Jardin des Délices » avec la semaine de 40 heures, le temps libre, les congés payés et de meilleurs salaires. Et tout ça grâce à la volonté du Front Populaire « de donner du pain aux travailleurs, du travail à la jeunesse et la paix au monde« .

Bien souvent, les leçons d’histoire de la classe dominante se révèlent être de grossiers mensonges… Juin 1936 n’échappe pas à la règle.

Derrière le slogan « Du pain, la paix, la liberté« , la classe ouvrière en France apprendra dans sa chair que le seul et unique programme du Front Populaire sera « de la sueur, du sang et des larmes« .

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Alors que Mai 68 est resté dans la mémoire sociale comme un mouvement social réprimé de façon combinée par le patronat, l’État, les partis de gauche et les syndicats, celle-ci n’a retenu des grèves de mai-juin 36 que les « acquis sociaux » du Front populaire. Pourtant, ceux-ci n’ont été que les concessions nécessaires du gouvernement de Blum à la répression du plus grand mouvement social de l’entre-deux guerres. La réédition de Front populaire, révolution manquée de Daniel Guérin [3] est l’occasion de revenir sur cette période, qui par bien des aspects est proche de la nôtre. Si le rôle joué par le PC [4] étonnera peu (le mot historique de Thorez, « Il faut savoir terminer une grève », est resté dans les annales de police sociale), celui des socialistes est moins connu. Au-delà de l’action des partis de gauche et des syndicats, les événements de mai-juin 1936 nous rappellent qu’en matière de répression sociale, on n’est jamais mieux servi que par ceux qui nous représentent et parlent en notre nom, du moins tant que la règle du jeu n’aura pas été changée.

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de gauche à droite Léon Blum, Maurice Thorez secrétaire du PCF, Roger Salengro, ministre de l’intérieur

 

Le mouvement des occupations est apparu de façon spontanée, prenant au dépourvu aussi bien le patronat, le gouvernement que les syndicats et les partis de gauche : « Le mouvement s’est déclenché sans qu’on sût exactement comment et où. » (Jouhaux, secrétaire général de la CGT [5]).

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Grève aux usines Renault de Boulogne-Billancourt – juin 1936

 

Quelle a été l’attitude du patronat, de l’État et des syndicats pour faire cesser les occupations en juin 36 ? [6]

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Grève aux usines Delahaye. mai-juin 1936

 

Minimiser l’ampleur des grèves, désinformation, rétention d’informations

Si le patronat dénonce très vite le caractère révolutionnaire des occupations, en revanche, socialistes, communistes et syndicats dénient tout caractère subversif au mouvement des grèves. Le 6 juin, Jouhaux déclare : « Les grèves qui se déroulent actuellement à Paris et dans toute la France ne sont ni politiques ni insurrectionnelles, elles sont strictement corporatives. »

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Fraternisations de grévistes, mai-juin 1936

 

Les séquestrations de patrons dans les usines occupées sont fréquentes dès le début du mouvement, mais à la demande du gouvernement, les syndicats font pression sur les grévistes pour que cesse cette pratique.

La CGT déclare que les patrons « doivent être libres d’entrer et sortir des établissements » et qu’il faut « éviter toute exagération, enchères démagogiques, désordre dangereux ». Alors que, de façon générale, les patrons s’attendent en mai-juin à être dépossédés et expropriés [7], ils s’aperçoivent avec étonnement qu’ils n’ont affaire, grâce à la modération des syndicats, qu’à des revendications [8].

Chez Renault, « Lehideux [membre de la direction de l’usine] est fort surpris de la modestie des revendications ouvrières » [9]. Dans la presse ouvrière, le ton est à la modération. L’Humanité ne fait un rapprochement entre les premières grèves que le 24 mai (elles ont commencé le 11). Lorsque les grèves reprennent, dans la deuxième phase du mouvement (2-7 juin), ce n’est qu’en sixième page que L’Humanité annonce la reprise des grèves. La même chose se reproduira après les accords Matignon et le renouveau des occupations. La désinformation contre les occupations est pratiquée de façon égale par le patronat, qui dénonce des séquestrations là où il n’y en a pas, et par les partis de gauche et les syndicats : il s’agit de faire plier les grévistes par tous les moyens.

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Chantier du Trocadéro-1936

 

Salengro, ministre socialiste de l’Intérieur, publie le 6 juin un communiqué affirmant que l’agitation reflue alors que précisément elle s’accroît. Quand le mouvement refluera réellement, la presse ouvrière fera silence sur les dernières résistances des grévistes. La médiatisation de l’agitation ouvrière par les syndicats est un moyen grossier mais efficace de déformer la réalité des luttes sociales : chaque défaite des grévistes est présentée mensongèrement comme une victoire. Dans les entreprises en grève, le syndicat pratique la rétention d’informations pour isoler les grévistes du contexte dans lequel il négocie avec le patronat, officiellement en leur nom. « [Chez Renault], à mesure que les jours passent, note Simone Weil, les informations données aux ouvriers par les délégués se font plus rares et moins précises. »

 

Le chantage à l’intérêt national, l’étranger comme bouc émissaire

Le PC, patriotique depuis le pacte Staline-Laval de 1935, qui associe à chacune de ses manifestations le drapeau tricolore avec le drapeau rouge et La Marseillaise à L’Internationale, utilise le chantage à la défense nationale pour faire cesser les débordements ouvriers : « Nous estimons impossible une politique qui, face à la menace hitlérienne, risquerait de mettre en jeu la sécurité de la France. » [10] (L’Humanité du 3 juin). Il se pose en garant de l’unité de la nation : « Les pourparlers rompus doivent être repris. C’est à l’autorité gouvernementale d’intervenir avec force auprès des syndicats patronaux pour qu’ils acceptent de donner satisfaction aux ouvriers. La situation présente, due à l’égoïsme et à l’obstination patronale, ne saurait se prolonger sans péril pour la sécurité du peuple de France. » (idem, 6 juin). Après l’appel de Thorez du 11 juin appelant à la reprise du travail (« Il faut savoir terminer une grève. »), les grévistes qui continuent les occupations malgré l’opposition des syndicats et des communistes, sont ouvertement calomniés : les anarchistes et les trotskistes sont accusés, avec les fascistes, de chercher à entraîner les masses dans une aventure. Chez Renault, les communistes encouragent les manifestations d’intimidation : enterrements simulés de jaunes mais aussi de Croix de feu (extrême-droite) ou de trotskistes ; des tracts désignent nominalement les supposés trotskistes. Il s’agit pour le PC d’opposer l’union de la nation française à l’agitation ouvrière, implicitement accusée d’encourager, en persistant, la menace hitlérienne et fasciste. L’antifascisme dans sa version bureaucratique-bourgeoise devient la justification idéologique de la répression du mouvement des occupations par les organisations ouvrières elles-mêmes (PC, SFIO [11], syndicats). Un amalgame est fait entre les éléments étrangers aux syndicats et les étrangers qui travaillent en France. L’étranger devient le bouc émissaire. C’est le motif d’intrusion d’éléments étrangers aux syndicats qui est le prétexte au gouvernement pour prendre ses premières mesures d’ordre : « Il est vrai, déclare le socialiste Blum, qu’on a le sentiment de groupements suspects et étrangers à l’organisation syndicale. » Le 4 juillet, le gouvernement publie une circulaire aux préfets : « La France entend rester fidèle à sa tradition de terre d’asile. Il ne serait pas cependant admissible que des étrangers puissent sur notre territoire prendre part de manière active aux discussions de politique intérieure [entendre les occupations d’usine] et provoquer des troubles et du désordre. » A la fin du mois de juin, le mouvement est quasiment terminé dans les villes, mais il se prolonge dans les campagnes où des grèves d’ouvriers agricoles éclatent dès la mi-juin en Ile-de-France : la répression attire l’attention sur le rôle de la main-d’oeuvre étrangère dans cette agitation. Les grévistes et les manifestants sont accusés de porter atteinte à la nation, d’être la main de l’étranger. Une accusation qui ne vient pas seulement de l’extrême-droite, mais désormais aussi du gouvernement de Front populaire et des organisations du mouvement ouvrier. [12]

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Négocier les revendications des grévistes à l’intérieur du consensus social

Dès 1935, face à la crise et à la menace fasciste, la CGT prône un rapprochement avec les classes moyennes : « Nous savons qu’il est dans les circonstances actuelles impossible de réaliser immédiatement [la transformation totale de l’économie] car, en la poursuivant, nous dresserions contre nous une coalition de gens dont certains, au contraire, doivent être avec nous. » Thorez, dans son discours du 11 juin, ne s’exprime pas autrement : « Notre but, dit-il en substance, reste le pouvoir des soviets, mais ce n’est pas pour ce soir ni pour demain matin, car toutes les conditions ne sont pas réunies et notamment nous n’avons pas encore derrière nous, décidée comme nous jusqu’au bout, toute la population des campagnes. Nous risquerions même, en certains cas, de nous aliéner quelques sympathies des couches de la petite bourgeoisie et des paysans de France. » Les syndicats s’efforcent donc de réduire les revendications ouvrières dans le cadre légaliste bourgeois. En octobre, après le mouvement des grèves, la CGT déclarera que « c’est pratiquer une véritable démocratie que [de] mettre sur le même plan droit au travail et droit de propriété, et vouloir que l’un et l’autre trouvent, par des solutions de justice sociale, leur sauvegarde. » En période d’agitation sociale dure, pour les classes dirigeantes l’union des classes est la priorité absolue : Blum borne son action gouvernementale dans les limites du programme ultramodéré du Front populaire, il rappelle que les électeurs n’ont pas voté socialiste mais Front populaire. En écho, Thorez explique qu’il ne « saurait être question de dire que « maintenant les questions revendicatives passent au second plan et qu’il s’agit de prendre possession des usines et de placer la production sous le contrôle direct des ouvriers » : il ne faut pas compromettre l’oeuvre gouvernementale. » Frachon, un leader communiste de la CGT, veut en finir avec les occupations d’usine pour ne pas mettre en danger l’alliance avec les radicaux (dans ce marché de dupe, au sein du Front populaire, le parti centriste des radicaux, soutenu par le puissant trust des assurances, s’opposera à toute mesure de contrainte à l’égard du patronat). Dès les premières grèves de mai 36, le Front populaire (gouvernement, partis et syndicats) et le mouvement des occupations étaient faits pour se télescoper.

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Grève dans la région parisienne, juin 1936

 

Pour une gestion rationnelle du capitalisme

Syndicats et partis ouvriers dénoncent le caractère « irresponsable » du patronat. Dès 1935, le Plan de la CGT plaide explicitement pour une économie dirigée reposant sur des nationalisations couvrant l’ensemble des activités, privées ou non. Bien que les idées du Plan ne soient pas retenues dans les propositions du Front populaire, l’idée d’une gestion plus rationnelle de l’économie est une idée forte dans le syndicalisme et dans les partis dits ouvriers. Le 29 mai, L’Humanité explique que, si le patronat comprenait mieux ce qui se passe dans les usines, les occupations n’auraient pas eu lieu : « Le mouvement de la métallurgie de la région parisienne peut très rapidement se calmer si, du côté patronal, on est disposé à faire droit aux légitimes et raisonnables revendications ouvrières. » [13]. Il suffirait donc d’une gestion plus rationnelle des usines pour éviter ce genre de « désagréments ». Cette idée d’une gestion rationnelle et dirigée de l’économie se retrouve, en cette période de crise, également au sein d’une partie du grand patronat, qui s’exprime notamment autour des Nouveaux Cahiers. Cette revue qui réunit banquiers, industriels, hauts fonctionnaires et syndicalistes propose une collaboration du patronat avec les syndicats ouvriers : « Si certains industriels français n’ont pas encore compris l’importance des changements intervenus depuis quelques mois dans l’ordre social et caressent quelque rêve chimérique de retour aux errements du passé, d’autres savent qu’une telle évolution est irrévocable. Ils sont prêts à s’y adapter et à y adapter leurs usines. » Juin 36 est l’amorce de la société d’économie mixte en France.

L’intervention de l’État : les accords Matignon

L’intervention est demandée par le patronat [14], qui ne parvient pas, malgré l’appui des syndicats, à résorber le mouvement des occupations. Si l’État intervient, c’est parce que, pour la première fois depuis 1919, l’équilibre social en France n’est plus en faveur du patronat. En accord avec ce dernier, Blum fait croire qu’il est à l’origine des accords Matignon. Ce mensonge du gouvernement du Front populaire a pour le patronat l’avantage de renforcer le prestige de l’État à un moment où le patronat a cruellement besoin de son aide, mais aussi de cacher aux grévistes la faiblesse réelle d’un patronat qui ne veut pas leur montrer qu’il est prêt à négocier [15]. Le gouvernement espère, par les accords Matignon, en échange d’acquis sociaux (contrat collectif, congés payés, semaine de 40 heures, augmentation des salaires, etc.), mettre fin en quelques jours aux occupations. Si le patronat est prêt à tout accepter pour récupérer ses unités de production (dès lors que l’essentiel, l’exploitation privée capitaliste, n’est pas remise en cause), les syndicats, en revanche, sont modérés car l’objet de la négociation est moins de monnayer au prix fort des avantages sociaux que de faire cesser à tout prix le mouvement des occupations. C’est à l’initiative du patronat, et non des syndicats, que le principe des délégués ouvriers dans les entreprises est retenu dans les négociations. Les accords Matignon consacrent ainsi le syndicalisme dans sa fonction sociale de gestion des rapports sociaux avec le patronat et l’État. Mais cette consécration ne fait que valider le rôle répressif, utile et efficace que les syndicats ont dû exercer pour mettre fin aux occupations. En ce sens, si juin 36 est une grande victoire, c’est celle du syndicalisme et une défaite du mouvement gréviste. Pour survivre, le capitalisme français a dû se modifier. La reconnaissance du syndicat comme partenaire légitime par le patronat ouvre « une ère nouvelle » (Jouhaux), mais plus encore l’apparition de l’État comme troisième partenaire. Jouhaux dira d’ailleurs : « Cela démontre péremptoirement qu’il n’est pas nécessaire de réaliser l’État totalitaire et autoritaire pour l’élévation de la classe ouvrière à son rôle de collaboratrice dans l’économie nationale, mais le fonctionnement régulier et l’élévation de la démocratie le permettent. »

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Le patronat découvre l’utilité du syndicat en période de crise sociale

La contrepartie des acquis cédés par le gouvernement et le patronat aux grévistes lors de l’accord Matignon du 7 juin, c’est l’évacuation des entreprises. Les syndicats s’engagent à favoriser la reprise, mais insistent sur la responsabilité du patronat dans la crise sociale : « C’est vraiment maintenant que vous allez peut-être regretter d’avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils n’y sont plus pour exercer sur leurs camarades l’autorité qui serait nécessaire pour exécuter nos ordres. » Et Richemont, représentant du patronat, de reconnaître : « C’est vrai, nous avons eu tort. » Le patronat approuve la CGT lorsqu’elle explique que si les militants syndicalistes n’avaient pas été réprimés pendant quinze ans dans les entreprises, il n’y aurait pas eu de mouvement des occupations en France. Pour le syndicat, c’est dans la perspective d’une gestion rationnelle du capitalisme que les militants syndicaux sont utiles dans les usines, pour prévenir les situations de crise et aussi, quand elles éclatent, pour aider à les dénouer. A l’issue de la convention collective de la métallurgie, le représentant du patronat, le baron Pétiet « [souhaite] vivement que le contact reste maintenu entre les deux délégations (patronat-CGT) par des réunions périodiques ». Le patronat entend garder le contact avec un syndicat qui a fait ses preuves pour l’aider à résister aux exigences des grévistes. Certains chefs d’entreprises font pression sur les salariés non syndiqués pour qu’ils adhèrent à la CGT, le meilleur garant pour eux de ne pas avoir un débordement incontrôlé dans leur entreprise. Mais cette soudaine lucidité du patronat à l’égard des syndicats ne s’impose en juin 36 que par l’urgence de la crise sociale ; elle sera très tôt oubliée dès que la crise sera terminée. Dès septembre 1936, le patronat du textile écrit une lettre à Blum expliquant la nouvelle règle du jeu : « Les industriels du textiles de Lille ne veulent plus que leurs usines soient occupées. Ils ne veulent plus de séquestrations, de laisser-passer accordés aux patrons par les délégués d’usine, de menaces adressées au personnel qui ne partage pas la manière de voir de la CGT. Ils ne veulent plus voir de patrons bloqués chez eux ou assaillis dans leurs usines, ils ne veulent plus voir leurs bureaux et magasins occupés, ils ne veulent plus être « autorisés » à entrer dans leurs établissements pour payer leurs ouvriers, ils ne veulent plus de piquets de grève installés jour et nuit au domicile de leurs directeurs, ils ne veulent plus que leur personnel puisse être traduit en jugement par un conseil d’usine. » Le patronat ne veut plus être humilié. En novembre 1938, une répression classique et revancharde sera décidée par le gouvernement de droite qui aura succédé à Blum : selon le témoignage d’un des leaders de la CGT de l’époque, 9 % de la population active du secteur industriel et commercial sera licencié le 1er décembre 1938 à la suite de ces dernières grèves.

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Les nationalisations contre les occupations

Chez les grévistes, il y a l’idée que les nationalisations des entreprises par l’État sont une garantie pour eux. La menace d’appeler à la nationalisation est souvent brandie par eux dans les entreprises occupées. Après l’échec des accords Matignon du 7 juin, le mouvement de grève reprend dans la métallurgie parce que les grévistes dénoncent des accords qu’ils estiment en deçà de ce qu’ils ont exprimé dans leurs cahiers de revendications (la CGT au contraire appelle dès le 9 juin à la reprise du travail, et parle de victoire). Le 10 juin, les grévistes posent un ultimatum au patronat : dans 48 heures, celui-ci devra avoir satisfait leurs demandes, faute de quoi ils demanderont la nationalisation des usines de guerre et celles travaillant pour l’État, leur fonctionnement étant assuré par le personnel technique et ouvrier, sous le contrôle des ministères intéressés. A Rouen, les travailleurs du pétrole déclarent vouloir poursuivre la grève jusqu’à la nationalisation. La nationalisation étant au préalable une dépossession du patron privé, il y a à la fois chez les grévistes la croyance que la révolution peut être faite par en haut (par l’État) et une première phase de l’autogestion (la phase suivante serait de ne pas attendre la nationalisation par l’État mais d’autogérer directement l’entreprise). Mais les réquisitions par l’État sont déjà envisagées par la CGT comme des moyens de briser le mouvement de contestation sociale. Jouhaux rappelle le 16 juin devant le comité confédéral de la CGT que le gouvernement avait, à sa demande, envisagé des procédures de réquisition : « Nous avons fait admettre le principe de la réquisition dans les branches indispensables à la consommation, à la seule condition que les organisations ouvrières se mettraient au service des entreprises réquisitionnées. Le gouvernement n’a pas eu à faire usage de cette arme, mais il fait savoir qu’elle existe. » Belin, membre du bureau de la CGT, commentant ces propos, explique ce que réquisition veut dire : « Supposons que, par la suite des conflits, le ravitaillement de la capitale en essence, en lait et en farine se trouve compromis. Le rôle du gouvernement serait d’assurer par tous les moyens la distribution de ces produits. A cet effet, il devrait réquisitionner les établissements où ouvriers et employés en grève reprendraient le travail sous les ordres du gouvernement. Et si le conflit durait ? L’État resterait, pendant toute sa durée, le gérant des industries et des commerces réquisitionnés. Dans ce cas, la grève serait caractérisée non plus par la cessation du travail, mais par sa reprise sous la gestion de l’État, donc par une dépossession provisoire des employeurs. Ceux-ci rentreraient en possession de leurs entreprises sitôt le conflit terminé. Observez qu’on n’a pas envisagé de faire fonctionner les usines, il s’agit uniquement d’une mesure d’exception pour empêcher que la population ne subisse de graves incommodités. » (Lefranc, p. 141). Une autre forme de neutralisation a été inaugurée par le gouvernement Blum : l’arbitrage. Il consiste en un gel du conflit social dans l’entreprise, la protègeant de fait des grévistes, lesquels ont tout à perdre d’une neutralisation de leur offensive, tandis qu’elle sert les intérêts du patronat en validant, par son application, la légalité capitaliste. « C’est ainsi, explique Blum, que les grèves du Nord et celles de la Sambre ont pu être réglées à l’amiable. La neutralisation était une sorte de mise sous scellés pendant laquelle tous les droits, de part et d’autre, étaient respectés. Nous avons fait voter ensuite par les Chambres un texte qui interdisait la grève et le lock-out tant que les tentatives de conciliation prévues par la loi suivraient leur cours. » [16]

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ABC de répression socialiste

Le patronat s’oppose à l’usage de la force par le gouvernement, bien que les occupations sauvages de ses unités de production le prennent à la gorge : « Nous risquons un conflit sanglant [argumente un délégué du patronat], c’est du sang qui rejaillira sur nous et cela nous interdira peut-être de reprendre la direction de nos usines. » [17] Moyen offensif, les occupations sont aussi un moyen défensif : elles interdisent au patronat de recruter, en cette période de crise et de chômage, des jaunes. L’objectif prioritaire est de libérer les usines occupées. Le gouvernement Blum fera son possible pour ne pas user de la force policière contre les grévistes. Le 7 juillet, le ministre de l’Intérieur a résumé sa politique devant les sénateurs : « Salengro a dit au Sénat qu’il ferait cesser l’occupation des usines par tous les moyens appropriés. Ce qui dans son idée signifie une intervention des militants du mouvement syndical, puis celle des pouvoirs publics. Si cela ne suffisait pas, on ferait confirmer cette intervention par les militants et par les pouvoirs publics. Si le résultat n’était toujours pas obtenu, une intervention commune serait effectuée, et ce n’est que si toutes ces tentatives de persuasion échouaient que le gouvernement emploierait d’autres mesures. C’est-à-dire qu’on enverrait des gendarmes […] » [18] Pour le gouvernement de Front populaire, la répression des occupations passe donc par plusieurs phases : d’abord user des syndicats comme force dissuasive et policière à l’intérieur des entreprises, ensuite faire intervenir l’État comme arbitre, puis, comme dernier moyen, utiliser les forces armées. Si le recours à la force syndicale est un palliatif censé éviter au gouvernement de recourir à la force armée, à partir du 11 juin et de l’appel de Thorez à la reprise du travail, le processus de répression est lancé : le gouvernement mobilise les forces armées. Des troupes de gardes mobiles sont concentrées par le gouvernement autour des centres ouvriers, dans la région parisienne, dans les centres agricoles et dans le nord de la France.

Le Front populaire baisse le masque.

Barthélémy Schwartz

Publié dans le numéro 2 de la revue Oiseau-tempête, automne 1997.

 

[1] Editions Babel/Actes Sud, 1997.

[2] Parti Communiste.

[3] Confédération Générale du Travail.

[4] Principales sources : Juin 36, de Danos et Gibelin (La Découverte, 1986) ; Juin 36, de Lefranc (Julliard, 1966) ; La France en mouvement, sous la direction de Jean Bouvier : recueil d’articles de divers auteurs, consacrés à juin 36, parus dans Le mouvement social, (Champ Vallon, 1986).

[5] « Rappelez-vous, les 4 et 5 juin 36, il y avait un million de grévistes. Rappelez-vous que le mouvement gagnait d’heure en heure et de proche en proche dans la France entière. Des témoins oculaires vous l’ont dit. M. Sarraut l’a dit, M. Frossard l’a dit. La panique, la terreur étaient générales. Je n’étais pas sans rapport moi-même avec les représentants du grand patronat et je me souviens de ce qu’on me disait, ou me faisait dire par des amis communs : « Alors, quoi, c’est la révolution ? Qu’est-ce qu’on va nous prendre ? Qu’est-ce qu’on va nous laisser ? » » (Blum au procès de Riom, 1942 ; Pottecher, Le procès de la défaite, Fayard, 1989, p.129).

[6] Voir les témoignages rapportés par Lefranc (op. cit., pp. 204-205).

[7] « Les grèves du Front populaire aux usines Renault », Badie, La France en mouvement.

[8] Les passages en italique dans les citations sont soulignés par Barthélémy Schwartz.

[9] Section française de l’Internationale ouvrière, qui deviendra le Parti Socialiste en 1969 [note de Zanzara athée].

[10] Il faudra d’ailleurs attendre la fin du mouvement des occupations, fin juin, pour que le gouvernement publie un décret sur la dissolution des ligues d’extrême-droite.

[11] Raisonnables, pour qui ?

[12] Blum est contacté par le patronat trois jours après son arrivée au pouvoir, que la Bourse accueille avec satisfaction, « car on pense généralement que le nouveau gouvernement mettra fin rapidement au mouvement de grève » (Le Temps, 4 juin 36). Lors du procès de Riom, Blum déclarera : « A ce moment [lorsque éclatent les premières grèves de 1936], dans la bourgeoisie, et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m’attendait, on m’espérait comme un sauveur. Les circonstances étaient si angoissantes, on était si près de quelque chose qui ressemblait à la guerre civile qu’on n’espérait plus que dans une sorte d’intervention providentielle : je veux dire l’arrivée au pouvoir d’un homme auquel on attribuait sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant de dissuasion pour qu’il lui fît entendre raison et qu’il la décidât à ne pas user, à ne pas abuser de sa force. » (Guérin, p. 192).

[13] Richemont déplorera ainsi « le manque de résistance notoire d’une grande partie du patronat ».

[14] Blum au procès de Riom, Le procès de la défaite, (p. 143).

[15] Sarraut devant le Sénat, 7 juillet 1936.

[16] Communiqué du ministère de l’Intérieur, juillet 1936.

[17] Guérin sera, cependant, le seul des pivertistes à voter contre la participation au gouvernement Blum (p. 188).

[18] Tchakhotine, auteur du Viol des foules par la propagande politique (1939), est introduit dans la GR par Pivert.

 

En complément:

Néanmoins, l’aggravation de l’exploitation, provoquée par la crise et le développement de l’économie de guerre des années 1930, ne laisse pas la classe ouvrière sans réaction. En effet, au printemps 1936, une vague de grèves massives et spontanées explose en France. Pour la bourgeoisie, c’est un caillou au fond de sa botte qui gêne sa marche à la guerre. Il faut le pulvériser et c’est au Front Populaire que la classe dominante fera appel pour accomplir cette tâche.

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Le mythe des nationalisations

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Il existe une grande différence entre une lutte solidaire de salarié-e-s dont l’objet est la défense de leurs acquis et de la conception même du service public face à l’appétit sans limite du capitalisme, et la nationalisation en tant que projet politique monomaniaque des néostaliniens (Pierre Laurent) et autres sociaux démocrates (Montebourg, Mélenchon) destiné à « humaniser » le capitalisme en masquant une seule logique patriotarde et de collaboration de classes avec le patronat.
Une nationalisation n’a jamais emmené où que ce soit le socialisme, des pouvoirs de droite ont pu y avoir recours pour sauver le capitalisme. De par leur côté temporaire, elles signent le plus souvent des opportunités juteuses pour la bourgeoisie.

Les nationalisations de 1981 par le PS ont été payées rubis sur l’ongle à la classe possédante, et après que les assainissements et les restructurations aient été effectuées par l’Etat, nombre de ces entités furent bradées à la bourgeoisie avec le retour de la droite aux affaires 10 ans plus tard, DSK se chargeant de vendre les derniers meubles qui restaient pour trouver du cash rapidement en gouvernant aux côtés de Jospin, Mélenchon, Buffet.

Le projet de la nationalisation est caractéristique d’une petite bourgeoisie décontenancée par la crise systémique du capitalisme et qui entend « remettre de l’ordre » dans le désordre capitaliste afin de sauver le capitalisme.

C’est ce que nous vous proposons de découvrir avec les deux textes qui suivent.

Les Enragé-e-s

Convaincre le patronat de la « rentabilité » de l’entreprise ?

C’est ainsi que, dans les entreprises menacées de fermeture, les organisations syndicales tentent de convaincre que leur entreprise est rentable et s’efforcent de proposer un « plan de relance » destiné à allécher un éventuel repreneur, voire finissent par caresser l’idée d’une SCOP.

Mais, dans la société actuelle, les travailleurs ne sont pas juges de la rentabilité d’une entreprise ; ce sont les capitalistes qui décident des seuils de rentabilité, n’en déplaise à Pierre Laurent : tout ce qu’il propose, c’est une version moins « agressive » du capitalisme, le mythe du « bon capitalisme » investissant dans l’industrie cher aux économistes d’ATTAC et à tous ceux qui dénoncent les « dérives » du capitalisme et non le capitalisme lui-même !

Mais quand les travailleurs laissent les dirigeants de gauche et les chefs syndicalistes leur concocter des plans « crédibles », c’est avant tout la garantie de leur emploi qu’ils espèrent avec la nationalisation. Pourtant, les travailleurs lorrains – si ce ne sont ceux d’aujourd’hui, ce sont leurs parents – sont bien placés pour le savoir : les nationalisations de 1981 avaient été suivies de licenciements massifs (plus de 50 000 licenciements entre 1981 et 1986)…

(…)

Le capitalisme n’est pas « amendable ». La nostalgie des temps où le capitalisme « investissait dans la production » n’est pas de mise. Ce ne sont pas les dirigeants du Front de gauche ou les économistes d’ATTAC qui décident de l’évolution du capitalisme. Une autre société est à construire, débarrassée des capitalistes et où se préoccuper de ce qu’on produit et de la façon dont on le produit aura un sens car les intérêts généraux de toute la société prévaudront face au règne du « calcul égoïste ».

 

http://www.convergencesrevolutionnaires.org/spip.php?article2625

Le Mythe des nationalisations

Sous l’influence du stalinisme, de la social-démocratie et d’autres courants du nationalisme de gauche, la question du socialisme s’est trop souvent limitée à une question de nationalisations. La forme juridique de la propriété (privée ou d’Etat) a ainsi remplacée dans une bonne partie de la gauche radicale et même l’extrême-gauche la question de la classe dirigeante.

C’est ainsi que la majorité des courants se réclamant du trotskisme ont ajouté le qualificatif « d’ouvrier » (« dégénéré » ou « déformé » selon les tendances) pour caractériser des régimes où jamais la classe ouvrière n’a pris ou même approché le pouvoir. Or, la première question lors de toute révolution est celle du pouvoir. Si, pour les révolutions de palais il s’agit de savoir quelle clique prend le pouvoir, dans une révolution sociale, la question qui est posée est celle de la classe qui a le pouvoir. La première étape dans la destruction du système capitaliste et de la construction du socialisme, c’est la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Sans prise de pouvoir par la classe ouvrière, toutes les expropriations, nationalisations, expériences autogestionnaires et autres « mesures socialistes » ne sauraient être, au mieux, que des adaptations au système capitaliste, qui, non seulement ne brisent en rien l’exploitation, mais ne garantissent même pas une amélioration des conditions de vie des travailleurs. Aujourd’hui comme hier, des régimes violemment anti-ouvriers disposent parfois de larges secteurs nationalisés ou sous contrôle étatique.

Pour les marxistes, la question du pouvoir ouvrier n’est pas une question théorique abstraite. Selon la formule de Marx et Engels, le communisme c’est le mouvement réel qui abolit l’ordre des choses existants. Pour décrire ce que serait le pouvoir ouvrier, la dictature du prolétariat, Marx s’est basé sur l’exemple de la Commune de Paris.
Dans La Guerre Civile en France, Marx décrit le fonctionnement de la Commune et en quoi il s’agit d’une forme d’Etat qui n’est déjà plus un Etat :

« La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres était naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois1. Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration. Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique devait être assurée pour un salaire d’ouvrier. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes. Les services publics cessèrent d’être la propriété privée des créatures du gouvernement central. Non seulement l’administration municipale, mais toute l’initiative jusqu’alors exercée par l’État fut remise aux mains de la Commune.

Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l’expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l’instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Église et de l’État. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l’avaient chargée.

Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de cette feinte indépendance qui n’avait servi qu’à masquer leur vile soumission à tous les gouvernements successifs auxquels, tour à tour, ils avaient prêté serment de fidélité, pour le violer ensuite. Comme le reste des fonctionnaires publics, magistrats et juges devaient être élus, responsables et révocables. »

(…)

Avec quatre éléments très importants :

-« En effet, le pouvoir ouvrier n’est pas quelque chose qui pourrait se décréter par en haut, après un coup d’Etat, une intervention militaire, la prise du pouvoir par une guérilla ou une victoire électorale. Cela peut paraître très basique, mais autant le répéter, pour que puisse se constituer un pouvoir ouvrier, il faut, au préalable, l’activité révolutionnaire et l’organisation dans la lutte des travailleurs. »

-« En prenant le pouvoir, la classe ouvrière hérite en effet aussi de tous les problèmes laissés par l’ancienne domination bourgeoise. Sans même parler de la résistance acharnée qu’exerce à chaque fois la bourgeoisie lorsque la classe ouvrière se lève, on peut prendre l’exemple du logement. Dans une ville comme Paris, il est assez simple de loger les sans-abris en réquisitionnant les logements vides. Par contre, au Caire ou dans d’autres grandes villes où on trouve des millions d’êtres humains qui survivent dans des bidonvilles, il faudra certainement un peu plus de temps, et une politique de construction, pour offrir à chaque être humain un logement décent. De plus, les premiers pas dans le socialisme se feront aussi avec des restes des anciennes mentalités de la société bourgeoise. La prise du pouvoir par la classe ouvrière n’est pas « le matin du grand soir » où brusquement tous les problèmes et toutes les absurdités de la société capitaliste sont abolis, mais le début d’une période où l’humanité, libérée de la tyrannie de la domination bourgeoise, peut commencer à résoudre ces problèmes et ces questions. »

-« De la même façon, malgré le machisme affiché qui existait dans le mouvement ouvrier français (en particulier chez les proudhoniens), la Commune de Paris de 1871 a reconnu à des femmes un rôle dirigeant. On peut citer Louise Michel, mais aussi Élisabeth Dmitrieff ou Nathalie Lemel. L’égalité des salaires est mise en place pour les institutrices et le principe devait s’appliquer ensuite aux autres travailleuses. La Commune reconnaît aussi l’union libre et elle verse une pension aux veuves de fédérés mariées ou non, ainsi qu’à leurs enfants légitimes ou naturels. La révolution d’octobre 1917 sera aussi marquée par des avancées immenses pour les droits des femmes, à une époque où, en France, elles étaient encore privée du droit de vote et où l’adultère était criminalisée pour les épouses. »

-« Bien sur, il ne s’agit pas de faire du spontanéisme, tout comme une assemblée générale peut être manipulée par des bureaucrates syndicaux, il existe un grand nombre d’exemples où des contre-révolutionnaires (comme les sociaux-démocrates en Allemagne) ont pu participé aux conseils pour leur retirer toute radicalité révolutionnaire. »

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http://www.communisme-ouvrier.info/?Revolution-socialisme-et-pouvoir