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Le message subliminal nationaliste des Enfoirés

En 1985-1986, les Restos du Cœur ont distribué 8,5 millions de repas.
En 1987-1988, les Restos du Cœur ont distribué 22 000 000 repas.
En 1991-1992, les Restos du Cœur ont distribué 29 000 000 repas.
En 1994-1995, les Restos du Cœur ont distribué 50 000 000 repas.
En 1996-1997, les Restos du Cœur ont distribué 61 000 000 repas.
En 2005-2006, les Restos du Cœur ont distribué 70 000 000 repas.
En 2006-2007, les Restos du Cœur ont distribué 81 700 000 repas.
En 2007-2008, les Restos du Cœur ont distribué 91 000 000 repas.
En 2008-2009, les Restos du Cœur ont distribué 100 000 000 repas.
En 2009-2010, les Restos du Cœur ont distribué 103 000 000 repas.
En 2010-2011, les Restos du Cœur ont distribué 107 000 000 repas.
En 2011-2012, les Restos du Cœur ont distribué 115 000 000 repas.
En 2012-2013, les Restos du Cœur ont distribué 130 000 000 repas.

Comme quoi, les capitalistes ont raison, plus on abaisse les cotisations patronales, plus les gens vont au restaurant…

 

Tout a été dit ou presque sur ce clip apoplectique qui fera date dans l’Histoire de la propagande patronale.

Charité ou solidarité?

Avec la charité, la main qui donne est toujours plus haute que celle qui reçoit.

La charité n’émancipe pas, elle enchaîne.

Elle est aussi la porte ouverte à tous les prosélytismes.

 

Les jeunes :
Des portes closes et des nuages sombres
C’est notre héritage, notre horizon
Le futur et le passé nous encombrent
Avez-vous compris la question ?
Les vieux :
Vous avez tout, l’amour et la lumière
On s’est battus, on n’a rien volé
Nous n’avons que nos dégoûts, nos colères[…]Toute la vie, c’est une chance inouïe
Toute la vie, c’est des mots, ça veut rien dire
Toute la vie, tu sais le temps n’a pas de prix
[…]
Toute la vie, c’est à ton tour et vas-y
Les jeunes :
Vous aviez tout, paix, liberté, plein emploi
Nous c’est chômage, violence, sida
Les vieux :
Tout ce qu’on a il a fallu le gagner [Amel Bent et Zaz, le poing levé, ndlr]
A vous de jouer mais faudrait vous bouger
Les jeunes :
Vous avez raté, dépensé, pollué
Les vieux :
Je rêve ou tu es en train de fumer ?
Les jeunes devraient “se bouger”

Le clip interclassiste des Enfoirés du Caritatif censé être un bulldozer de propagande catho sociale poisseuse se retourne par le dépit, le dégoût ou les barres de rire qu’il provoque, en authentique propagande libertaire, une petite merveille, comme dirait le chiraquien Patrick Sébastien “C’est génial!”

Dans cette fable d’une mièvrerie jeuniste à toute épreuve, il y a collectivisation forcée de la question et individualisation de la réponse, toute l’incohérence crasse de cette classe pas classe du tout. C’est une classe qui plane et qui prétend tendre la main à une classe sur laquelle elle dégueule au quotidien.

Le clip est à la fois d’une violence rare et proche du burlesque.

Il est annonciateur de la fin d’un monde, le leur.

A mesure que l’on va s’enfoncer dans la crise systémique, les louvoiements grotesques des larbins étoilés des classes possédantes vont délivrer une vérité qu’il ne sera plus possible de masquer.

C’est en cela qu’elle est éclatante et c’est en cela qu’il faut saluer ces enfoirés-là.

L’Enfoiré est un zombie, il est ce funambule qui libère des colombes de la paix en se bouchant le nez au dessus des immondices qu’il engendre.

Ils évoluent comme englués dans leur médiocrité et entretiennent, paradoxalement, eu égard à ce qu’ils laissent entrevoir de leur âme, un sentiment de supériorité qui les rend immédiatement détestables.
Cette classe infatuée d’elle-même s’expose pour ce qu’elle est, un aboutissement historique dans la négation du tragique et la réduction de l’autre au clone de soi.
Elle est l’incarnation de la fin de l’histoire, c’est-à-dire de son effacement au profit de l’actualité la plus immédiate avec ce que cela comporte de sordide, d’amnésie et de malhonnêteté intellectuelle. Le tout présenté sous les auspices de l’innocence et de l’irresponsabilité. La dissolution du social dans une célébration d’un individualisme empreint de conformisme et de faux-semblant est, pourrait-on dire, le signe le plus flagrant de sa victoire, une victoire sans partage. Laquelle accomplit la domination idéologique d’un néant bavard et futile tourné uniquement vers lui-même.

Allumez n’importe quelle télé, vous verrez un petit bourgeois.

Mais au sein de cette pièce rare, se cache un message encore plus dégueulasse, qui sonne comme un casus belli de classe, un message à l’ignominie propagandiste chirurgicale dont il semble vain, au regard de la grande minutie du montage, d’en trouver le côté fortuit

Lisez plutôt.

Vous avez sali les idéologies“.

Ce à quoi les “vieux” leur répondent:

Mais vous avez”, “Mais vous avez”, “Mais vous avez

On s’attend ici à rencontrer le refrain “Toute la vie”, qui n’arrive pas immédiatement.

Non, regardez bien à 2 minutes et 1 seconde, regardez le mot qui apparaît de façon subliminale juste après “vous avez”.

enfoiressanspapiers

 

Des papiers…

La “jeunesse” n’aurait donc pas à s’en faire car elle a des papiers français, ce qui relève, rajouté à tout le reste, d’une propagande patronale absolument innommable!

Les Enfoirés ne se contentent pas de planer, ils font du shit!

 

Les Enragé-e-s

 

 

Quelques réflexions en complément:

Comment une boite de prod professionnelle maîtrisant à la perfection le récit de son image, et ce au dixième de seconde près, a-t-elle pu laisser sortir ainsi le montage final?

Deux hypothèses:

Soit nous nageons là au milieu de l’amateurisme et de l’inconscience les plus parfaits, soit il s’agit d’une propagande nationaliste refourguée en douce.

Passer pour des amateurs absolus ou pour des maccarthystes, le choix ne va pas être simple.

L’emploi du mot « subliminal » est volontaire car même s’il est admis qu’une image subliminale n’est normalement pas perceptible sur une vitesse normale de défilement, l’effet flouté ajouté n’aurait pas permis au cerveau « d’imprimer » l’image à son issu. C’est en ce sens-là que l’on peut parler de « message subliminal », en considérant, sur la base de l’une des deux hypothèses émises plus haut, qu’il puisse s’agir précisément d’un procédé permettant de contourner le cadre juridique de son interdiction.
Un montage vidéo n’est rien de plus qu’une succession de choix d’associations. De formats, de flux, vidéos ou sonores mais quoiqu’il en soit, absolument rien n’est le fruit du hasard dans un montage.

Quand le récit en vient à se distordre par des associations malheureuses, la formation du monteurE permet précisément d’en corriger les erreurs afin d’en maîtriser parfaitement la réception.
L’architecture du clip en elle-même est construite sur un dialogue croisé et en canon entremêlant très finement questionnements et réponses de personnages dont l’éventail de la représentation s’articule sur un rapport filial et paternaliste.

Cette séquence a dû être visionnée des dizaines de fois, peut-être des centaines, à l’occasion de sa conception!

La nature du floutage obéit également à un choix, le fait de flouter plus fortement le mot “papiers” que le mot “heures” une ligne en dessous est un choix du montage. Cela ne s’est pas flouté tout seul et de cette manière. Tout est choix dans un montage.
A partir du moment où il y a triple répétition du “mais vous avez”, le récepteur se trouve placé dans une position d’attente vers un ailleurs, qui est le refrain.

Sur cette séquence-là, le récit s’interrompt provisoirement et passe le relais à une lecture concomitante des mots sonnés sur des supports décalés relevant de l’affect, ce qui amplifie le questionnement et l’attente d’un ailleurs, d’un espoir, que l’on pourrait rapprocher, cette fois sur une séquence très raccourcie, d’un enchantement spirituel et extatique.

C’est précisément à ce moment-là que ce trou noir rationnel délivre ce message transgressif et viciant par anticipation de façon quasi imperceptible, la niaiserie cantique du refrain.
C’est précisément cette information parasite, à un instant du clip où il ne doit pas y en avoir, qui est soit la marque du plus grand des amateurismes, tranchant radicalement avec le reste du clip, cisaillé comme un joyaux (de pacotille), soit celle d’une vile propagande réactionnaire s’arrimant à un procédé malhonnête, fruit d’une petite jouissance transgressive.

 

Afin de permettre aux Enfoirés de redescendre vers la réalité de leurs semblables, voici quelques chiffres oubliant volontairement 99% de la population mondiale [rien que ça], puisque visiblement, seule la fRance [de la “réussite” bien sûr] semble les intéresser:

 

Selon un sondage IPSOS de janvier 2013, 66% des moins de 35 ans n’avaient mis aucun argent de côté durant les 6 mois précédents.

La moitié des voyages en avion sont réalisés par 2% de la population.

Le « départ des français aux sports d’hiver » répété sur les médias dominants ne concerne chaque année que… 7,4% des français.

4 millions de personnes en France disent ne pas avoir plus de trois conversations par an…
Seuls 6 % des personnes disposant d’un revenu inférieur à 1 000 € par mois ont recours aux réseaux dits « sociaux ».

67% des salarié-e-s n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité

80% s’ennuient au travail

2 000 000 salarié-e-s se disent maltraité-e-s au travail

500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises

Un à deux travailleurs sont tué-e-s chaque jour lors d’un accident du travail

2000-2014 :127 personnes tuées par la police française