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C’est quoi la classe moyenne? La petite bourgeoisie.

La petite bourgeoisie comme classe sociale

Les petits bourgeois ne produisent aucune plus-value, mais ils parasitent la plus-value produite par les ouvriers qu’ils ont intérêt à maintenir en servage salarié, le gagne-pain du bobo en dépend.

 

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Les capitalistes les emploient à des tâches spécialisées afin d’entretenir la force de travail salarié, l’encadrer, la diriger ( politiquement notamment ), la réprimer et la pressurer afin qu’elle assure l’afflux maximum de plus-value vers les différents secteurs d’activité et vers les entreprises pour que le petit-bourgeois obtienne sa pitance en récompense de sa dépendance larmoyante.

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La petite bourgeoisie assume de multiples services tertiaires, internes aussi bien qu’externes aux entreprises, ce que les ouvriers d’Amérique appellent le « Red Tape », c’est-à-dire des coûts extra-production qui font enfler les soumissions et décourage les clients capitalistes des pays émergents.

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En effet, le sort de l’ouvrier est intimement lié au sort du petit-bourgeois salarié.

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Au milieu des années 70, un ouvrier ou un employé pouvait « espérer » rattraper le niveau de vie d’un cadre en 30 ans.

Contre 150 ans de nos jours.

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La Noce – La Noce chez les petits-bourgeois de Bertolt Brecht – se déroule dans un monde d’apparence soumis aux conventions. Espace réduit qui décrit assez bien la petite-bourgeoisie lors de l’établissement des prémices de leur domination. Dans ce monde intemporel – aucune date, aucune allusion à l’extérieur, aucune référence à un ailleurs identifiable -, dans ce monde où toutes formes de repères historiques et politiques, culturels, géographiques sont gommées, des personnages représentatifs de cette classe sont aux prises avec leur propre vacuité. Ils évoluent comme englués dans leur médiocrité et entretiennent, paradoxalement, eu égard à ce qu’ils laissent entrevoir de leur âme, un sentiment de supériorité qui les rend immédiatement détestables.

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« La gauche n’a pas à condamner le capitalisme ; elle a pour rôle de rappeler aux dirigeants d’Air France, de PSA ou de Sanofi, que ce sont eux qui sont en train de le démolir. Que ce sont eux qui en sont les fossoyeurs ; et qu’elle ne les laissera pas faire. » Karine Berger, 17 Juillet 2012

 

Cette classe infatuée d’elle-même s’expose pour ce qu’elle est, un aboutissement historique dans la négation du tragique et la réduction de l’autre au clone de soi.

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Elle est l’incarnation de la fin de l’histoire, c’est-à-dire de son effacement au profit de l’actualité la plus immédiate avec ce que cela comporte de sordide, d’amnésie et de malhonnêteté intellectuelle. Le tout présenté sous les auspices de l’innocence et de l’irresponsabilité. La dissolution du social dans une célébration d’un individualisme empreint de conformisme et de faux-semblant est, pourrait-on dire, le signe le plus flagrant de sa victoire, une victoire sans partage. Laquelle accomplit la domination idéologique d’un néant bavard et futile tourné uniquement vers lui-même.

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Il n’existe sans doute nulle autre profession capable de parler d’elle-même pendant des heures sans manifester l’entame de quelque essoufflement. Elle appartient à une classe qui se passionne avant tout pour ce qu’elle est, la prolongation narcissique de son propre individualisme. « J’ai commencé C à vous à 8.000 euros net par mois, j’en suis à 12.000, confiait Alessandra Sublet en 2013. Des chaînes m’ont parfois proposé trois fois plus. L’argent n’est pas un moteur ». Une proximité avec son public qui se ressent quand elle offre à déguster son repas de traiteur à des gueux flattés de pouvoir ainsi relever leur plat de pâtes en faisant partie des privilégiés admis pour assister à la Cène.

 

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Cette mise en abîme semble donner à ses thuriféraires une source d’inspiration où ils puisent leur autosatisfaction qui, par bien des côtés, ressemble à une célébration de l’anéantissement de la parole dans sa propre caricature. Cette classe, moyenne en tout, hisse en effet le « déparlé » au stade le plus parfait de la fausse conscience et glorifie le lieu commun en lieu et place de toute pensée inspirée.

Elle est le siècle, son idéal et sa réalisation.

Jean Luc Debry

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Étant donné que, dans la quasi-totalité des pays à travers le monde, la classe ouvrière piétine, s’use et s’échine dans des luttes de résistance sur le front économique et ne parvient pas à développer une conscience de classe « pour soi », visant la conquête politique exclusive de tout le pouvoir d’État, alors la marée des petits bourgeois paupérisés frétille afin de s’emparer de la direction de ces luttes pour les diriger vers des revendications réformistes en faveur d’un changement électoral gouvernemental.

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Septembre 2013. Résidences secondaires : Cécile Duflot, l’agent immobilier préféré de la bourgeoisie! Et elle peut lui dire merci : le propriétaire d’une résidence secondaire sur la Côte d’Azur, détenue depuis vingt-deux ans et vendue 2 millions d’euros avec une plus-value de 1,2 million d’euros, verra son impôt passer de 311.400 euros à 123.874 euros. Dans cet exemple, un cadeau s’élevant à 187526€ mais « rassurez-vous », cela fonctionne aussi très bien pour les villas à 8.000.000€ Résidence secondaire : 3 millions d’habitations aux volets fermés près de 11 mois par an, possédées par seulement 9% des français, 20% des parisiens.

 

D’autres voies et moyens sont préconisés tels la signature de milliers de pétitions de protestation, expressions pusillanimes de leurs rancœur juvénile ; la tenue de protestations pour des réformes juridiques en faveur des démunis (les Indignés campant sagement devant les bourses de ce monde en perdition) ; l’adoption de lois comme cette loi québécoise interdisant la pauvreté [sic] ; une autre loi présentant en débat des « valeurs » authentiquement bourgeoises et xénophobes ; une loi pour taxer les transactions financières (ATTAC et taxe Tobin avec l’appui de la grande bourgeoisie) ; une loi pour interdire la spéculation boursière frauduleuse ou l’évasion fiscale illicite vers les paradis fiscaux créés et protégés par l’État policier ; ainsi que moult autres gabegies du même acabit. Sans compter l’appétence de la petite-bourgeoise pour les commissions d’enquêtes publiques afin de réintroduire l’éthique dans l’administration gouvernementale et la politique nationale, provinciale, régionale et municipale, déviant ainsi l’aporie des classes antagonistes vers le marais de la social-démocratie réformiste et vers la déchéance électoraliste.

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Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente, conduisant au même but, mais un but différent, à savoir, au lieu de l’instauration d’une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l’ancienne société […] non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l’exploitation. Rosa Luxemburg

La petite bourgeoisie est individualiste et narcissique

Dans la vision de Marx, la petite bourgeoisie avait peu de possibilité pour transformer la société car elle ne pouvait guère s’organiser, la concurrence du marché positionnant ses membres « les uns contre les autres ». La petite bourgeoisie est le chien de garde social de la grande bourgeoisie, elle est un segment de classe intermédiaire engageant son existence comme entremetteur entre la grande bourgeoisie et la classe ouvrière ou encore offrant ses services à l’une et à l’autre de ces classes sociales antagonistes.

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« Les opinions politiques sont des préjugés comme les autres. Je m’en suis débarrassé, on se sent plus léger. » Frédéric Taddeï

« Ce soir ou jamais » une émission prétendument « transgressive » plébiscitée par l’extrême droite pour son « courage »

De par sa position de classe la petite bourgeoisie, isolée, individualiste, égocentrique et pédante est très vulnérable aux aléas de l’économie et aux transformations sociales qu’elle appelle de ses vœux et craint tout à la fois. C’est la raison pour laquelle nous qualifions ce segment de classe d’hésitant, de pleutre, de chancelant, d’indiscipliné, d’anarchisant et de fortement attiré par la politique terroriste alors que sa résilience révolutionnaire est plus qu’incertaine. Le compromis, la conciliation, la collaboration de classe sont ses penchants naturels, instinctifs, ce qui explique que ses héros ont pour nom Gandhi, Mère Teresa et Nelson Mandela.

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Mais il est cependant des timorés qui croient honnêtement à l’évolution des idées et qui néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, veulent éviter toute révolution. Ils l’évoquent et la conjurent en même temps: ils critiquent la société présente et rêvent de la société future avec une vague espérance qu’elle apparaîtra soudain, par une sorte de miracle, sans que le craquement de la rupture se produise entre le monde passé et le monde futur. Êtres incomplets, ils n’ont que le désir, sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir. Appartenant aux deux mondes à la fois, ils sont fatalement condamnés à les trahir l’un et l’autre. Elisée Reclus

 » Vous pourrez plus vous plaindre du PS car vous aurez choisi  » lance Arnaud Montebourg au syndicaliste Xavier Mathieu juste avant les « primaires » en 2011.

Son mode de vie narcissique et dépendant pousse instinctivement le petit bourgeois vers la grande bourgeoisie qu’il sert docilement.

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Il ne s’agit pas d’un photomontage issu d’un site satirique mais bel et bien d’une capture d’écran issue du site officiel du PS, ici dans un exercice de style assez audacieux mêlant cynisme à un scoutisme de bon aloi repoussant toujours plus loin les limites du grotesque.

 

Mais que survienne une crise économique comme il en arrive régulièrement en mode de production impérialiste et le train de vie de la petite bourgeoise est menacé, elle est chassée de son loft hypothéqué, elle doit troquer ses vêtements griffés et sa grosse cylindrée empruntée. La petite bourgeoisie s’enrage alors, maudit l’ouvrier qui refuse de travailler davantage pour gagner moins, afin de permettre aux capitalistes de maintenir ses profits, soi-disant soutenir l’emploi, et prétendre doper l’économie et les marchés de biens et de service sur lesquels parasite la petite bourgeoisie démunie.

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Un besoin de vie nouvelle se fait sentir. Le code de moralité établi, celui qui gouverne la plupart des hommes dans leur vie quotidienne ne paraît plus suffisant. On s’aperçoit que telle chose, considérée auparavant comme équitable, n’est qu’une criante injustice : la moralité d’hier est reconnue aujourd’hui comme étant d’une immoralité révoltante. Le conflit entre les idées nouvelles et les vieilles traditions éclate dans toutes les classes de la société, dans tous les milieux, jusque dans le sein de la famille. Le fils entre en lutte avec son père : il trouve révoltant ce que son père trouvait tout naturel durant toute sa vie ; la fille se révolte contre les principes que sa mère lui transmettait comme le fruit d’une longue expérience. La conscience populaire s’insurge chaque jour contre les scandales qui se produisent au sein de la classe des privilégiés et des oisifs, contre les crimes qui se commettent au nom du droit du plus fort, ou pour maintenir les privilèges. Ceux qui veulent le triomphe de la justice; ceux qui veulent mettre en pratique les idées nouvelles, sont bien forcés de reconnaître que la réalisation de leurs idées généreuses, humanitaires, régénératrices, ne peut avoir lieu dans la société, telle qu’elle est constituée : ils comprennent la nécessité d’une tourmente révolutionnaire qui balaie toute cette moisissure, vivifie de son souffle les coeurs engourdis et apporte à l’humanité le dévouement, l’abnégation, l’héroïsme, sans lesquels une société s’avilit, se dégrade, se décompose. La machine gouvernementale, chargée de maintenir l’ordre existant, fonctionne encore. Mais, à chaque tour de ses rouages détraqués, elle se butte et s’arrête. Son fonctionnement devient de plus en plus difficile, et le mécontentement excité par ses défauts, va toujours croissant. Chaque jour fait surgir de nouvelles exigences. — « Réformez ceci, réformez cela ! » crie-t-on de tous côtés. — « Guerre, finance, impôts, tribunaux, police, tout est à remanier, à réorganiser, à établir sur de nouvelles bases. » disent les réformateurs. Et cependant, tous comprennent qu’il est impossible de refaire, de remanier quoi que ce soit, puisque tout se tient ; tout serait à refaire à la fois ; et comment refaire, lorsque la société est divisée en deux camps ouvertement hostiles ? Satisfaire les mécontents, serait en créer de nouveaux. Incapables de se lancer dans la voie des réformes, puisque ce serait s’engager dans la Révolution ; en même temps, trop impuissants pour se jeter avec franchise dans la réaction, les gouvernements s’appliquent aux demi-mesures, qui peuvent ne satisfaire personne et ne font que susciter de nouveaux mécontentements. Les médiocrités qui se chargent à ces époques transitoires de mener la barque gouvernementale, ne songent plus d’ailleurs qu’à une seule chose : s’enrichir, en prévision de la débâcle prochaine. Attaqués de tous côtés, ils se défendent maladroitement, ils louvoient, ils font sottise sur sottise, et ils réussissent bientôt à trancher la dernière corde de salut ; ils noient le prestige gouvernemental dans le ridicule de leur incapacité. A ces époques, la Révolution s’impose. Elle devient une nécessité sociale ; la situation est une situation révolutionnaire. Pierre Kropotkine

 

La différence entre ces deux classes (ouvriers et petits bourgeois paupérisés) tient à ceci que l’ouvrier sait, ou devrait savoir, que seule la destruction totale et l’éradication complète du système d’économie politique capitaliste peut sauver la planète et l’espèce humaine, alors que le petit-bourgeois, indécrottable fumiste et éternel utopiste entêté est convaincu que quelques bonnes réformes au mode de production impérialiste décadent, qui n’affecteraient nullement son statut social, suffiront à le remettre sur pied pour une nouvelle farandole des pieds nickelés.

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Une carrière confortable à l’ONU, un soutien indéfectible à la « deuxième gauche » de Rocard, cette gauche de compromission avec le patronat puis un soutien à Cohn Bendit et enfin à Hollande, des soutiens largement incompréhensibles pour celles et ceux qui ont lu, entendu et compris son petit manifeste à succès « Indignez-vous » (4 millions d’exemplaires) dans la mesure où les hommes politiques sus-cités portent et animent une politique en fort décalage avec les idées développées dans son ouvrage.

 

Le petit-bourgeois a un ego démesuré et sa scolarité ( souvent universitaire ) ainsi que sa position sociale autoritaire, en tant que courroie de transmission et transmetteur d’ordre pour ses patrons, lui confère une grande suffisance narcissique. Le petit-bourgeois sait tout, n’obéit qu’à celui qui le stipendie et, assis dans son salon devant sa télévision entre deux bourbons, en parole et sur papier, il transforme la société. En réalité, il ne sacrifiera jamais sa vie pour autrui, et loin de lui le fusil de la révolution socialiste. Nelson Mandela, le pacifiste, comparse de Frederik de Klerk, et penseur de la Nation Arc-en-ciel de collaboration de classes entre les négriers Afrikaners et les noirs surexploités et assassinés dans les mines et les townships de pauvreté est son héros ex-voto. De par son activité dans le procès social de production et de reproduction du capital, des marchandises, des biens et des services à commercialiser, la petite bourgeoisie est en contact fréquent avec la classe ouvrière et avec la classe capitaliste qu’elle admire de tout son être, qu’elle vénère et qu’elle envie. Une âme de petit prédateur capitaliste sommeille dans le cœur flétrit et mesquin de tout larbin petit-bourgeois malandrin.

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Les deux classes (ouvriers et bobos) s’épient et se méprisent mutuellement. Pour le moment la petite bourgeoisie servante de la grande bourgeoisie a le haut du pavé dans la lutte de résistance sociale et c’est elle qui mène le bal.

clapclapL’histoire a montré que dans les périodes de grave crise économiques et sociales la bourgeoisie n’avait aucun scrupule à abattre son jeu et à instaurer sa dictature de classe ouverte, la petite bourgeoisie a au contraire besoin de la démocratie comme de l’air pour respirer. C’est dans l’ambiance démocratique que la petite bourgeoisie peut le mieux exercer toutes ses capacités de médiateur et d’entremetteur, au point de remplir tous les espaces politiques, sociaux et économiques permis par le développement capitaliste. Ce n’est pas par hasard que dans les pays capitalistes les plus développés la petite bourgeoisie prolifère dans les secteur du commerce, des «services», de l’administration, de la bureaucratie, de la culture, de l’information, de la religion ou du sport, plutôt que dans les secteurs traditionnels de l’artisanat, de la petite production et de l’agriculture. On rencontre davantage dans ces derniers secteurs des éléments venus du prolétariat avec l’espoir d’échapper à leur condition en «se mettant à son compte».

La petite bourgeoisie cherche à utiliser la force de résistance de la classe ouvrière et de ses alliés afin de la monnayer aux grands bourgeois contre de meilleures conditions d’esclavage salarié pour elle et les siens.

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La classe ouvrière doit impérativement modifier ce rapport de force et reprendre son autonomie organisationnelle et militante. C’est la classe ouvrière qui doit diriger le combat de résistance féroce (pas du tout pacifiste) et non pas se mettre sous le parapluie de la petite bourgeoisie aigrie, chancelante, irrésolue, pacifiste et conciliatrice.

Depuis l’approfondissement de la crise systémique de l’impérialisme moderne l’État réduit les charges fiscales imposées aux entreprises accroissant d’autant les impôts et les taxes reposant directement sur les épaules de tous les salariés, les ouvriers tout autant que les employés des entreprises privées, publiques et parapubliques, ce qui comprend évidemment les petits-bourgeois (la pseudo classe moyenne qui n’a jamais existé) qui ont tout à coup le sentiment de ne plus être importants pour leurs maîtres capitalistes qui les soumets petit à petit à l’indigence…

Source

 

Le mythe des nationalisations

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Il existe une grande différence entre une lutte solidaire de salarié-e-s dont l’objet est la défense de leurs acquis et de la conception même du service public face à l’appétit sans limite du capitalisme, et la nationalisation en tant que projet politique monomaniaque des néostaliniens (Pierre Laurent) et autres sociaux démocrates (Montebourg, Mélenchon) destiné à « humaniser » le capitalisme en masquant une seule logique patriotarde et de collaboration de classes avec le patronat.
Une nationalisation n’a jamais emmené où que ce soit le socialisme, des pouvoirs de droite ont pu y avoir recours pour sauver le capitalisme. De par leur côté temporaire, elles signent le plus souvent des opportunités juteuses pour la bourgeoisie.

Les nationalisations de 1981 par le PS ont été payées rubis sur l’ongle à la classe possédante, et après que les assainissements et les restructurations aient été effectuées par l’Etat, nombre de ces entités furent bradées à la bourgeoisie avec le retour de la droite aux affaires 10 ans plus tard, DSK se chargeant de vendre les derniers meubles qui restaient pour trouver du cash rapidement en gouvernant aux côtés de Jospin, Mélenchon, Buffet.

Le projet de la nationalisation est caractéristique d’une petite bourgeoisie décontenancée par la crise systémique du capitalisme et qui entend « remettre de l’ordre » dans le désordre capitaliste afin de sauver le capitalisme.

C’est ce que nous vous proposons de découvrir avec les deux textes qui suivent.

Les Enragé-e-s

Convaincre le patronat de la « rentabilité » de l’entreprise ?

C’est ainsi que, dans les entreprises menacées de fermeture, les organisations syndicales tentent de convaincre que leur entreprise est rentable et s’efforcent de proposer un « plan de relance » destiné à allécher un éventuel repreneur, voire finissent par caresser l’idée d’une SCOP.

Mais, dans la société actuelle, les travailleurs ne sont pas juges de la rentabilité d’une entreprise ; ce sont les capitalistes qui décident des seuils de rentabilité, n’en déplaise à Pierre Laurent : tout ce qu’il propose, c’est une version moins « agressive » du capitalisme, le mythe du « bon capitalisme » investissant dans l’industrie cher aux économistes d’ATTAC et à tous ceux qui dénoncent les « dérives » du capitalisme et non le capitalisme lui-même !

Mais quand les travailleurs laissent les dirigeants de gauche et les chefs syndicalistes leur concocter des plans « crédibles », c’est avant tout la garantie de leur emploi qu’ils espèrent avec la nationalisation. Pourtant, les travailleurs lorrains – si ce ne sont ceux d’aujourd’hui, ce sont leurs parents – sont bien placés pour le savoir : les nationalisations de 1981 avaient été suivies de licenciements massifs (plus de 50 000 licenciements entre 1981 et 1986)…

(…)

Le capitalisme n’est pas « amendable ». La nostalgie des temps où le capitalisme « investissait dans la production » n’est pas de mise. Ce ne sont pas les dirigeants du Front de gauche ou les économistes d’ATTAC qui décident de l’évolution du capitalisme. Une autre société est à construire, débarrassée des capitalistes et où se préoccuper de ce qu’on produit et de la façon dont on le produit aura un sens car les intérêts généraux de toute la société prévaudront face au règne du « calcul égoïste ».

 

http://www.convergencesrevolutionnaires.org/spip.php?article2625

Le Mythe des nationalisations

Sous l’influence du stalinisme, de la social-démocratie et d’autres courants du nationalisme de gauche, la question du socialisme s’est trop souvent limitée à une question de nationalisations. La forme juridique de la propriété (privée ou d’Etat) a ainsi remplacée dans une bonne partie de la gauche radicale et même l’extrême-gauche la question de la classe dirigeante.

C’est ainsi que la majorité des courants se réclamant du trotskisme ont ajouté le qualificatif « d’ouvrier » (« dégénéré » ou « déformé » selon les tendances) pour caractériser des régimes où jamais la classe ouvrière n’a pris ou même approché le pouvoir. Or, la première question lors de toute révolution est celle du pouvoir. Si, pour les révolutions de palais il s’agit de savoir quelle clique prend le pouvoir, dans une révolution sociale, la question qui est posée est celle de la classe qui a le pouvoir. La première étape dans la destruction du système capitaliste et de la construction du socialisme, c’est la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Sans prise de pouvoir par la classe ouvrière, toutes les expropriations, nationalisations, expériences autogestionnaires et autres « mesures socialistes » ne sauraient être, au mieux, que des adaptations au système capitaliste, qui, non seulement ne brisent en rien l’exploitation, mais ne garantissent même pas une amélioration des conditions de vie des travailleurs. Aujourd’hui comme hier, des régimes violemment anti-ouvriers disposent parfois de larges secteurs nationalisés ou sous contrôle étatique.

Pour les marxistes, la question du pouvoir ouvrier n’est pas une question théorique abstraite. Selon la formule de Marx et Engels, le communisme c’est le mouvement réel qui abolit l’ordre des choses existants. Pour décrire ce que serait le pouvoir ouvrier, la dictature du prolétariat, Marx s’est basé sur l’exemple de la Commune de Paris.
Dans La Guerre Civile en France, Marx décrit le fonctionnement de la Commune et en quoi il s’agit d’une forme d’Etat qui n’est déjà plus un Etat :

« La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres était naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois1. Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration. Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique devait être assurée pour un salaire d’ouvrier. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes. Les services publics cessèrent d’être la propriété privée des créatures du gouvernement central. Non seulement l’administration municipale, mais toute l’initiative jusqu’alors exercée par l’État fut remise aux mains de la Commune.

Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l’expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l’instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Église et de l’État. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l’avaient chargée.

Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de cette feinte indépendance qui n’avait servi qu’à masquer leur vile soumission à tous les gouvernements successifs auxquels, tour à tour, ils avaient prêté serment de fidélité, pour le violer ensuite. Comme le reste des fonctionnaires publics, magistrats et juges devaient être élus, responsables et révocables. »

(…)

Avec quatre éléments très importants :

-« En effet, le pouvoir ouvrier n’est pas quelque chose qui pourrait se décréter par en haut, après un coup d’Etat, une intervention militaire, la prise du pouvoir par une guérilla ou une victoire électorale. Cela peut paraître très basique, mais autant le répéter, pour que puisse se constituer un pouvoir ouvrier, il faut, au préalable, l’activité révolutionnaire et l’organisation dans la lutte des travailleurs. »

-« En prenant le pouvoir, la classe ouvrière hérite en effet aussi de tous les problèmes laissés par l’ancienne domination bourgeoise. Sans même parler de la résistance acharnée qu’exerce à chaque fois la bourgeoisie lorsque la classe ouvrière se lève, on peut prendre l’exemple du logement. Dans une ville comme Paris, il est assez simple de loger les sans-abris en réquisitionnant les logements vides. Par contre, au Caire ou dans d’autres grandes villes où on trouve des millions d’êtres humains qui survivent dans des bidonvilles, il faudra certainement un peu plus de temps, et une politique de construction, pour offrir à chaque être humain un logement décent. De plus, les premiers pas dans le socialisme se feront aussi avec des restes des anciennes mentalités de la société bourgeoise. La prise du pouvoir par la classe ouvrière n’est pas « le matin du grand soir » où brusquement tous les problèmes et toutes les absurdités de la société capitaliste sont abolis, mais le début d’une période où l’humanité, libérée de la tyrannie de la domination bourgeoise, peut commencer à résoudre ces problèmes et ces questions. »

-« De la même façon, malgré le machisme affiché qui existait dans le mouvement ouvrier français (en particulier chez les proudhoniens), la Commune de Paris de 1871 a reconnu à des femmes un rôle dirigeant. On peut citer Louise Michel, mais aussi Élisabeth Dmitrieff ou Nathalie Lemel. L’égalité des salaires est mise en place pour les institutrices et le principe devait s’appliquer ensuite aux autres travailleuses. La Commune reconnaît aussi l’union libre et elle verse une pension aux veuves de fédérés mariées ou non, ainsi qu’à leurs enfants légitimes ou naturels. La révolution d’octobre 1917 sera aussi marquée par des avancées immenses pour les droits des femmes, à une époque où, en France, elles étaient encore privée du droit de vote et où l’adultère était criminalisée pour les épouses. »

-« Bien sur, il ne s’agit pas de faire du spontanéisme, tout comme une assemblée générale peut être manipulée par des bureaucrates syndicaux, il existe un grand nombre d’exemples où des contre-révolutionnaires (comme les sociaux-démocrates en Allemagne) ont pu participé aux conseils pour leur retirer toute radicalité révolutionnaire. »

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http://www.communisme-ouvrier.info/?Revolution-socialisme-et-pouvoir