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Si vous voulez arracher des libertés, on arrachera la liberté

Certains auront pu noter que le FN est en pleine déconfiture.
Fuite massive des encartés, parti croulant sous les affaires, implosions et scissions internes à n’en plus finir, aventurisme de certains anciens lieutenants, déception irréparable chez de nombreux sympathisants, le PME Le Pen va frôler une fois de plus la banqueroute, mais ce serait sous-estimer la capacité de cette petite entreprise à faire appel à des mannes providentielles à chaque fois que le besoin s’en fait ressentir.

Les 10,6 millions de votes fascistes ne sauraient faire oublier la pente néo-franquiste globale, avec une droite extrêmedroitisée, avec un grand écart libéral macroniste amplifiant encore le niveau de répression en vue d’une dévastation patronale et antisociale d’une vigueur et d’une amplitude historique.

Comment ne pas non plus évoquer la capitalisation électorale de la gauche radicale sur un nationalisme de gauche faisant caisson de résonance, un mimétisme symétrique renforçant le nationalisme général, en sachant que dans l’optique attendue d’une très classique politique libérale néo-keynésienne, le positionnement travailliste, néo-droitier, anti-européen, populiste et poutinien de la France Insoumise aura finalement privé une partie de la social démocratie progressiste de la faire élire, sur une séquence politique où il existait un bloc réformiste informel possédant une majorité relative pour “prendre le pouvoir” comme ils disent.

Désormais, ceux qui espèrent après les urnes espèrent après une hypothétique “union de la gauche”, avec un PS déshabillé et qui pourrait reprendre du poil de la bête à l’occasion des élections dites intermédiaires, un macronisme derrière lequel, à la manière de Sarkozy, rien ne repousse, on ne voit pas comment, dans la situation politique actuelle, une hypothétique “union de la gauche” pourrait se mettre en route.

Nous sommes prisonniers de démocraties bourgeoises en crise profonde. Cette situation va produire une cohorte de décompositions et de recompositions politiques. Toutes ces gesticulations politiciennes se produisent à une période où les possédants ont décidé qu’il n’y aurait plus aucun espace supplémentaire à gagner. Il a été décidé de revenir sur une grande part des conquis sociaux arrachés à la période précédente.

Avec le niveau de surveillance et de contrôle global auquel nous sommes arrivés, avec le niveau de répression syndicale confinant à l’acharnement systématique, avec le niveau de cruauté de la Justice, punitive, impitoyable, antisociale et ne laissant aucune chance, totalement à rebours des idéaux de justice qui ont pu être mobilisés au sortir de la guerre, avec des libertés de la presse au niveau de certains régimes dictatoriaux, avec des politiques administratives réactionnaires, xénophobes, avec la naturalisation des camps de rétention, des procédures de rejet quasi-systématique, des quartiers, des territoires livrés à eux-mêmes, abandonnés, le régime n’a jamais été aussi proche de celui du non-retour.

Il ne reste désormais qu’un espace démocratique minime, infime, nous séparant de la dictature ouverte de la bourgeoisie sur nos existences.

Nous n’avons pas besoin de révolutionnaires satanistes. Nous n’avons pas besoin de gens qui pensent que plus ça ira mal, mieux ça ira pour nous.

La bourgeoisie sait que la classe ouvrière n’est pas assez organisée et unie, il n’y a pas de danger immédiat et n’a donc pas besoin d’un parti fasciste au pouvoir. Le démocratisme va tenter d’aller chercher du plus loin qu’il le peut, l’assentiment d’une petite masse sous-dirigeante conciliante prête à donner le change et à masquer par de sempiternelles diversions, la réalité indiscutable d’un démocratisme se brunisant à vitesse accélérée.

La seule situation de Calais, la seule existence de ces camps successifs fait s’effondrer en une fois la totalité des lois bourgeoises en vigueur. Nul ne peut sérieusement placarder quelque droit humain sur les dorures républicaines, c’est proprement ridicule, cela n’a aucun sens. Et tout le reste valdingue avec.

Nous avons besoin de l’unité non pas pour faire l’unité. Nous avons besoin d’aller chercher l’unité pour viser le changement concret de la vie concrète. Il est interdit d’interdire de repenser radicalement la société puisque objectivement, il n’y a plus grand chose qui fonctionne.

Si vous voulez demander des sous, demandons beaucoup de sous. Si vous voulez arracher des libertés, on arrachera la liberté.

Les Enragé-e-s

Quand le PS déterre les RG, cela donne le SCRT

Le gouvernement PS recrée les Renseignements Généraux pour mieux suivre les conflits sociaux!

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Serait-ce parce que les conflits sociaux ont disparu des télés?

Le PS se comporte exactement comme l’attend la classe possédante, en menant une politique patronale féroce que la droite aurait eu bien plus de peine à faire accepter.

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Supprimés en 2008 et fusionnés avec la DCRI sous la droite, les célèbres « RG » chargés de renseigner le gouvernement sur l’état de l’opinion et les mouvements sociaux, viennent d’être discrètement recréés sous le nom de Service Central de Renseignement Territorial.

Ce dernier doit aussi lutter contre l’économie souterraine.

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Les « grandes oreilles » sont de retour.

 

Les grandes oreilles, c’était le nom donné aux Renseignements généraux, les fameux « RG », ce service de police créé en 1908 et chargé de renseigner le gouvernement sur l’état de l’opinion et « surveiller » hommes politiques, journalistes, responsables économiques et sociaux, même si au cours du temps, leurs champs d’action ont évolué. 

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Au détour du tout récent rapport de la Délégation parlementaire au renseignement, co-présidée par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, on apprend qu’un Service central de renseignement territorial (SCRT) vient de voir le jour.

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Comme Jean-Pierre Raffarin, le SCRT ne s’emmêlera jamais les fils des micros.

 

Implanté dans chaque département, il est composé de 1.900 fonctionnaires de police (contre 3.900 pour les ex-RG) et de quelques dizaines de gendarmes.

Mais les effectifs devraient augmenter en 2015. A ceux-ci s’ajoutent 700 policiers de la préfecture de police de Paris également chargés du renseignement.

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Cette information s’ajoute au décret d’application du très contesté article 20 de la loi de programmation militaire (LPM). Ce texte prévoit un accès très vaste des services de l’État aux télécommunications (téléphone, SMS, Internet, etc.) des Français, et à toutes les informations qui transitent par les réseaux nationaux.

Pendant ce temps, la répression sauvage se déchaîne.

 

 

 

 

Il y a dans la société capitaliste un fétichisme verbal

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Sans contredit, les classes possédantes ont des méthodes presque parfaites pour abêtir les classes exploitées et maintenir leur pensée en captivité. L’une des plus usuelles consiste à leur imposer des formules redondantes, absolument dépourvues de contenu positif et d’autant plus facile à employer dans tous les sens.

Le mensonge le plus cynique de notre époque (et le plus abêtissant) c’est sans contredit celui de la démocratie bourgeoise fondée sur la liberté, alors que le mot liberté ne signifie rien, — rien, — tant qu’on ne sait pas à quelle classe il s’applique.

Et toutes les autres idées si souvent invoquées par cette vieille prostituée, qu’est la presse bourgeoise, n’ont guère plus de sens. La civilisation n’est que celle de la bourgeoisie au pouvoir. L’universalité des citoyens évoque l’ensemble des usuriers et des banquiers, des rentiers et des spéculateurs, des curés et des catins, des galonnés et des ministres. Mais, — c’est ça l’important ! — ces mots sont sonores et l’on sait s’en servir à merveille. L’union des forbans capitalistes, baptisée « Société des Nations », s’impose au respect des esclaves. La liberté de l’exploitation dite liberté tout court permet de duper sans fin les exploités.

Il y a dans la société capitaliste un fétichisme verbal. Les mots dominent les hommes incapables d’en apercevoir le contenu réel. Ce qui fait que les choses les plus évidentes ne sont pas encore intelligibles pour bien des gens.

Nikolaï Boukharine

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par hérédité, les habitudes qu’il a acquises. Ayant vécu enchaîné depuis sa naissance et étant l’héritier d’une longue série d’esclaves, l’homme a cru, quand il a commencé à penser, que l’esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme étant chose impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre du patron le travail, c’est-à-dire le pain, et à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c’est le patron qui lui permet de manger et il demande naïvement comment il pourrait vivre si les maîtres n’existaient pas.

Errico Malatesta