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Heureusement, les chasseurs de Pokémon attrapent aussi les réactionnaires

   Est-il possible de parler de ce dont tout le monde parle sans en parler comme tout le monde?

 

  C’est en tout cas un exercice auquel on pourrait se livrer si l’on entendait se jeter sciemment dans le piège d’une campagne de publicité planétaire à laquelle il aura été difficile d’échapper.
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    Ainsi, au but d’en déjouer l’embuscade, il sera sans doute salutaire de prendre le parti de s’en extraire… d’entrée de jeu.
   Ce n’est donc pas de ” réalité augmentée ” que nous vous parlerons dans ce billet mais de concurrence de réalités et plus précisément, de concurrence de Valeur au sein d’une société de marché.

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  Dans cette optique, nous tenterons de comprendre pourquoi ce jeu a-t-il pu soulever une telle vague de critiques enflammées de la part de réactionnaires qui, par ailleurs philosophiquement chahutés par la période, voient débarquer de nulle part une nouvelle économie ludique installant massivement dans le réel et en l’espace d’une journée à peine, sa propre société autonome, et ça, passez-nous l’expression, c’est un peu fort de café!

C’est un peu fort de café. »

 Un monde cohérent semblant se substituer à celui auquel ils essayent péniblement de croire, cette fois, croyez-le si vous le voulez et pardon de nous exprimer de la sorte mais voyez-vous, la coupe est pleine!

La coupe est pleine. »

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Pour un réactionnaire, cela en est trop. Ajouté aux modifications rapides qu’a connues le capitalisme et qu’il ne veut toujours pas se résoudre à admettre vraiment, voir arriver ce jeu dans le réel le plonge, on va le voir, dans un doute profond. Entendez-bien cela.

Ce jeu lui prouve de façon indiscutable, notez bien qu’admettre publiquement ce fait lui est quasiment inconcevable, que la stupidité vindicative qu’il entrevoit dans cette chasse aux Pokémon fait apparaître grossièrement en une seule journée celle qu’il ne peut se résoudre à voir dans le système de valeurs qui le tient à l’état de zombie après toutes les années qu’il y a investies en pure perte. Et ça, franchement, c’est le signe qu’il y’a une couille dans le potage.

« Le signe qu’il y a une couille dans le potage. »

Car lui, ce qui le tient en vie, c’est la souffrance, c’est le Travail, c’est faire son salut dans le temps, c’est la chasse au pognon et pas aux Pokémon, nom de Dieu!

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Ce compte monté au niveau 24 s’échange à la valeur d’un SMIC au sein du capitalisme, faites vos jeux, rien ne va plus.

Car lui, il n’y croit pas aux Pokémon. Il croit à une chose qui était pour lui la seule chose possible qu’il puisse exister parce qu’elle était la seule à exister dans le réel. Comprenez-le. L’âme religieuse familiale qu’il a eu a affronter et que la période le convoque à affronter de nouveau, lui interdit formellement de réinventer tout réel. Lui, quand on lui parle d’une autre société possible, il n’y croit pas, en tout cas pas avant qu’il puisse la voir vraiment. Et puis il n’a pas envie que son travail soit accaparé par des jaloux et des aigris.

« Il n’a pas envie que son travail soit accaparé par des jaloux et des aigris. »

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Zardoz de John Boorman,1974, au gigantesque masque élevé au rang de divinité qui se révèle être, sans blague, une grossière supercherie.

 Avec ces chasseurs de Pokémon, qui occupent l’espace sur la base d’une autre organisation sociale capitaliste, tout aussi inégalitaire même si cela n’est pas ouvertement et immédiatement signalé aux joueurs, profondément injuste dès sa première journée d’existence car fondée sur une course à la Valeur produisant sa propre hiérarchie autonome, ce réactionnaire obtient la démonstration dans le réel non pas de l’existence des Pokémon mais que cette société de millions de chasseurs de Pokemon existe, elle, elle existe vraiment! Du jour au lendemain! Dans son jardin! Mais enfin, les gens ne respectent plus rien!

« Les gens ne respectent plus rien. »

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” Mais foutez-moi la paix à la fin! “

 Ce réel concurrent lui démontre que la société à laquelle il croit n’est ni plus vraie ni plus fausse que celle à laquelle croient ces chasseurs de bestioles numériques. Et ça, imaginez-bien, c’est assez déstabilisant.

 Car voyez-vous, le fait que près de 200 millions de personnes aient pu se mettre du jour au lendemain à marcher pour capturer des Pokémon au lieu de travailler pour capturer de l’argent, pour lui, avant même d’y avoir réfléchi deux minutes, c’est insupportable.

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Chasser du pognon ou chasser des pokemon, voilà le seul choix d’organisation proposé par des sociétés fonctionnant sur un système économique dont le moteur est la production de valeur par l’exploitation. Au secours.

 Insupportable car ces jeunes, ils feraient mieux de chercher du travail au lieu de chercher des pokemon qu’il se dit! Ils se lèvent même la nuit et même pas pour travailler! Ils osent se lever pour autre chose que du travail, c’est une honte!

« Ils se lèvent même la nuit et même pas pour travailler, c’est une honte. »

 Du travail, il y en a, il suffit de chercher, dégobille-t-il . Les gens ne veulent plus travailler! Ils veulent chasser des pokemon qu’il se dit cet abruti!

« Du travail, il y en a, il suffit de chercher! »

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N‘oubliez pas, son âme religieuse renverse tout. Pour lui c’est le patron qui crée l’emploi. Pour lui, c’est grâce aux riches, aux possédants et non à cause d’eux que l’on ne peut que survivre. Pour lui c’est la Faute des chômeurs s’il y a du chômage. Oui, des coups de pelles.

Et comme il évolue au sein d’une croyance qui disculpe en permanence les vrais bénéficiaires, le réactionnaire désigne systématiquement des Fautifs parmi les plus faibles, parmi les opprimés, parmi les premières victimes du système économique, parmi ceux qui sont déjà victimes des oppressions et de l’Etat.

Pour lui, la vie, c’est le travail. La société un ensemble cohérent inégalitaire au sein duquel chacun ” doit trouver sa place “. Il possède une vision religieuse du monde que cette concurrence malmène.

En effet, comment un tel concurrent direct peut-il se permettre de se moquer aussi effrontément sous forme ludique du système économique auquel il croit dur comme fer?

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Pour lui, ce jeu représente le mal. Il représente la Bête, le diable, et pas uniquement parce que c’est de la technologie.

Le réactionnaire, on le sait, peste contre les jeux vidéo par principe. Parce que c’est de la technologie. Parce que la technique se substituerait, selon lui, à Dieu et ça, c’est mal, c’est très mal.

Et bien ce jeu, il anime des millions de gens dans le réel, et ils y croient aussi, à leurs pokemon, tout comme lui à son pognon. Car pour ce réactionnaire, le pognon est neutre (il n’a pas d’odeur), pour lui, le marché existe à l’état ” naturel ” et n’est pas une construction sociale. Pour lui l’argent n’est pas le résultat de millions d’oppressions croisées. Pour lui, le PIB n’est pas une abomination en soi. Pour son principe.

Car ce jeu singe de manière si grotesque le système de Valeur après lequel il court, que cela l’achève. Depuis des années, ce réactionnaire est malmené philosophiquement par l’évolution violente des rapports de production capitalistes et l’ampleur de la crise systémique.

Ce réactionnaire a eu beaucoup de mal à accepter que le capitalisme redéploie les centres productifs selon ses propres intérêts immédiats et non selon la gestion catholique sociale qui avait cours au sein du patronat au 19e siècle ou à l’immédiate après-guerre. Les cœurs productifs ont été éclatés, la croissance du capitalisme s’est redéployée sur du superflu destiné à deux classes bien précises ou plutôt à une classe et à une demi-classe, rapports de production particuliers qui n’auront duré qu’un temps en sein de cette phase capitaliste.

Il faut être clair et le dire: La société “de services”, qui concerne 75% des emplois, ne fonctionne pas sur un mode selon lequel tout un chacun se retrouverait tour à tour serviteur et servi. Non, une majorité de la population sert une minorité. Toujours la même! Une grande partie des services le sont au service d’un bloc social composé de la bourgeoisie, de la petite bourgeoisie et du haut des couches moyennisées. Un tiers de la population possède la quasi totalité des patrimoines (10% de la population possède 60% de la Valeur patrimoniale, 50% en possède 5%) mais aussi le privilège d’être servi.

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L‘immense majorité du travail devient ainsi parfaitement inutile. Le réactionnaire, qui est bien plus concret qu’un cadre de centre gauche parisien d’Europe Ecologie, comprend très bien cela.

Il accepte cela car le service au riche permet selon lui d’aller chercher la richesse où elle est. Son âme religieuse renverse tout, n’oubliez pas. Pour lui, c’est le patron qui crée l’emploi. Pourtant, un patron qui crée un emploi crée avant tout un esclave salarié. C’est même l’esclave salarié qui, par le vol légal de son travail, permet l’existence du patron.

C’est en réalité le salarié qui crée le patron mais ça, le réactionnaire ne le comprend pas, même si issu de famille paysanne, commerçante ou artisane, il est devenu lui-même salarié. Il n’a pas encore percuté qu’il avait changé de classe.

Le réactionnaire a donc dû accepter le fait qu’une part du travail soit inutile. Mais comme pour lui le Travail fait monde, il est incapable de comprendre à quel point le Capital le vole, lui, aussi, tout au long de son existence, sur la totalité de l’organisation de son existence.

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Repenser l’appropriation du temps et de l’espace, la socialisation, en remettant en question radicalement l’exploitation salariale, la Valeur, la gestion de l’énergie et la division du travail, une question qui ne viendra à l’idée d’aucun des protagonistes des “dîners en blanc” .

Et il s’en moque voyez-vous. Car son éducation religieuse l’a construit pour lui influer une haine profonde de la liberté. La liberté le panique. Le fait d’avoir à se retrouver face à soi-même et à ses démons le terrifie. Le Travail est la voûte, c’est lui qui permet de tout faire accepter.

En revanche, jamais ce réactionnaire ne s’inquiétera du fait que des milliers de privilégiés puissent se réunir impunément en plein Paris, sans exprimer la moindre culpabilité, poussant l’outrage jusqu’à s’affubler du blanc de la royauté. Ceux-là, il ne veut pas les envoyer travailler la nuit. Cela ne le gêne pas qu’ils privatisent l’espace public là où la plupart des travailleurs en lutte n’auraient pas droit de le faire. Un ordre vertical naturel injuste et immuable.

Pour lui,  la question du travail, du chômage est juste une question de bonne volonté et de chance, de providence, de naissance, en aucun cas une condition du salariat, ni un instrument de pression économique contre les plus nombreux, surtout en temps de crise.

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Cela se passe en plein Paris comme dans d’autres villes dans le monde, avec toutes les autorisations officielles en main, le gotha se réunit pour un dîner privatif rassemblant des milliers de nantis dont l’accès chaque année tenu secret se fait uniquement par cooptation. Nul ne dira si le nombre de pokemon en banque entrent en ligne de compte.

Pour ce réactionnaire, renverser la vision du réel ne demande pas d’engager un effort considérable. La ouate du néant, le bonheur infini de l’autruche la tête plantée dans le sable, avouez-le, cela possède un certain confort. En tout cas pendant un temps.

Le réactionnaire ne comprend pas et ne veut pas comprendre l’économie de marché. Il ne comprend pas le chômage de masse. Il ne comprend pas la crise systémique. Il ne comprend pas comment le capitalisme parvient à gâcher de telles forces productives de la même façon qu’il gâche la planète.

Il ne comprend pas l’extraordinaire et indicible injustice, la montagne de captation de travail, de ressources et d’énergie, de destructions nécessaires y compris humaines, pour produire le “niveau de vie” auquel il s’accroche et qui n’est en réalité que le niveau de production au sein d’un régime salarial à un instant T du développement du capitalisme. Système économique barbare sur lequel se pencheront probablement d’ici quelques siècles des historiens en se demandant comment cela a été possible, comment “les gens” ont-ils pu accepter ça, comment ont-ils pu passer autant de temps à accepter un jeu de valorisation aussi simpliste et grossier?

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Les pixels, c’était mieux avant.

  En espérant que nous galériens prenions nous-mêmes les choses en main pour faire dévier tout le monde de cette pente morbide.

Quoiqu’il en soit, en cette bonne vieille année 2016, prenons bien la mesure de ce fait historique:

Une hérésie tente d’entreprendre l’organisation religieuse du royaume en se suppléant à la valeur Travail. Croyez-le si vous le voulez mais tout fout le camp!

« Tout fout le camp. »

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Le Moyen Âge, c’était mieux avant.

« Et la bagnole aussi, c’était mieux avant. »

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Ah ben forcément, elle va beaucoup moins bien marcher qu’avant.

 Nous avons donc un système capitaliste ne supportant pas la concurrence qui finit par produire un système ludique concurrent autonome au sein même de l’espace temps sur lequel s’exerce son appétit.

D’un côté nous avons un système qui fonctionne sur la production de Valeur par l’organisation marchande globale de toute minute d’existence et dont le Capital ne peut se reproduire sans vol légal de travail. Ainsi, temps productif ou temps non productif (le travail et les loisirs ne sont que les deux faces de la même pièce capitaliste) sont régis par la même logique reproductive du capitalisme, l’Humain est totalement dépossédé de son vivant, du premier au dernier jour de son existence.

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Pratiques de consommation névrosées et fétichisme de la marchandise. Le collectionneur possède ici deux exemplaires de la même figurine, cette figurine comme toutes les autres, étant un produit direct des nécessités de réalisation de Valeur. L’exemplaire neuf est immaculé. Il obtient une sur-valeur d’échange par son blister intact, seule la main d’un travailleur a touché cette figurine. Pour le collectionneur en revanche, aucune main ne l’a touchée, pas même celle de celui ou celle qui l’a produite. Sa virginité se valorise par une absence d’intégration au processus de  consommation, par un déni des conditions concrètes et matérielles qui ont produit cette figurine et par la double possession du même objet, l’une de nature souillée et impure, l’autre intacte et sacralisée.

 La forme ludique clonée déploie elle aussi son système de recherche de Valeur (les Pokémon rares) sur une grande part de l’espace matériel et se nourrit de la Valeur extorquée au système parasité.

 A la différence du premier système, le second permet au joueur de directement valoriser l’investissement temps engagé et ce de manière automatique, fonction de domestication que n’est plus forcément en capacité d’être assurée directement par le salariat.

La socialisation qu’il produit transperce l’organisation sociale existante et ainsi, ravive une promesse de socialisation que le capitalisme n’est plus forcément en capacité d’offrir.

Sa capacité à se jouer de la frontière, de la limite de propriété, du mur, du privatif, en fait un système qui invite à une mobilité géographique et propose une désirabilité d’exploration de l’espace que le capitalisme n’est pas capable d’offrir.

Ce système ludique concurrent sortant de nulle part se place, dès la première journée, en capacité de créer une désirabilité que n’est plus en capacité d’offrir le capitalisme auprès de ceux qui ont à le subir.

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En s’appropriant la quasi-totalité de l’espace monde, ce jeu installe une mécanique de création de Valeur venant faire concurrence à une autre course à la Valeur dédiée à une logique identique. Il démontre de façon absolument indiscutable la construction sociale et spatiale autonome que produit une mécanique dominée par une création de Valeur totalement désaccordée des nécessités de la production et des projections matérielles des rapports de production.

Ce jeu brise de fait l’implacable facticité de la construction sociale dédiée que s’emmène toute société basée sur la production de valeur. Il démontre comment une organisation sociale basée sur la valeur est rapidement capable de couper une société de ses propres nécessités. Ce jeu démontre que la Valeur ne va pas dans le sens de l’humanité mais qu’elle ira quoiqu’il advienne dans le sens de la Valeur.

Le chasseur de pokemon rare pénètre dans la villa d’un retraité abonné à  la chaîne américaine d’extrême droite Fox News. Il y a concurrence immédiate de course à la Valeur. D’un côté un Pokémon rare, de l’autre la Valeur de la villa.

D’un côté un système ludique naïf parasitant un système oppressif et esclavagiste, de l’autre un système oppressif et esclavagiste. Ils tombent nez à nez. Le chasseur de pokemon dégaine sa pokeball, le propriétaire, lui, son fusil.

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Deux valorisations de l’espace. Deux concurrences de Valeur.

Deux vies humaines embrigadées chacune dans une croyance concurrente qui fonctionne sur une organisation sociale différente de l’espace et du temps.

Le chasseur de Pokémon, qui est soit dit en passant, un abruti de première, va-t-il parvenir à capturer le votant de Donald Trump, qui lui est complètement con?

Ne rêvez pas, le chasseur de pokemon s’effondre blessé au sol…

Mais en réalité, c’est le propriétaire qui fait tomber le capitalisme à terre par le sommet de ridicule que la scène produit.

Les joueurs de Pokémon ne respectent pas la propriété ni le couvre-feu! Ils marchent au lieu de travailler. Ils se rencontrent en dehors du cadre où s’exerce le pouvoir du patriarche (la famille, le patrimoine), celui où s’exerce celui du patron (l’entreprise, la direction) et celui où s’exerce celui de la patrie (l’institution, les procédures civiques).

Mettez-vous à la place une seconde de ce réactionnaire, les joueurs de pokemon permettent non seulement de révéler au grand jour qu’ils jouent à un jeu largement aussi idiot que celui qui le tient à l’état de zombie mais en plus ce jeu se permet de jouer à Dieu! Il se substitue à l’ordre ” naturel “! C’est obscène, voyez-vous!

« C’est obscène, voyez-vous. »

Ce réactionnaire n’a pas compris qu’il est lui-même autrement plus stupide qu’un chasseur de pokemon, Dieu merci!

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

Le mouvement anarchiste raflé en Espagne: 28 camarades arrêtéEs

Espagne : Une seconde rafle dénommée ” Piñata “, trois mois après celle cyniquement dénommée ” Pandora ” fait 28 arrestations
La répression d'Etat frappe pour la deuxième fois en trois mois le mouvement anarchiste, un acharnement policier qui a immédiatement entraîné des manifestations spontanées de soutien dans plusieurs villes.

Des exactions perpétrées par la police espagnole dans les villes de Madrid, Barcelone, Grenade et Palencia.

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“On n’a pas peur”
Dans le cadre de ce coup de filet, des perquisitions ont été réalisées dans 17 domiciles.

Ce 30 mars, la police espagnole a recommencé en perquisitionnant de nombreux lieux du mouvement libertaire espagnol, dont 6 squats. Comme lors de la première perquisition, c’est un squat important qui était la cible principale, le Centre Occupé Autogéré de La Chimère. 28 personnes ont été arrêtées : 14 pour ” Appartenance à organisation criminelle a visée terrorise ” et 14 pour rébellion. Parmi les 14 arrêtés via la loi antiterroriste : 9 l’ont été à Madrid, 3 à Barcelone et 2 à Palencia. Ils sont accusés d’appartenir aux ” Groupes Anarchistes Coordonnés ” et d’avoir fait des attaques incendiaires et des sabotages.

Les personnes qui avaient été arrêtées lors de la première rafle de l’Opération Pandora ont depuis été libérées, devant payer une caution de 3.000€ par personne.

Il y a trois mois, la police espagnole avait procédé à de nombreuses perquisitions, visant spécifiquement le mouvement anarchiste sans vraiment spécifier les actions reprochées.

Comme la dernière fois : de nombreuses manifestations et rassemblements sont organisés pour protester contre cette nouvelle attaque contre le mouvement anarchiste. Des milliers de personnes y participent actuellement.

 

Retour sur décembre 2014

Le mardi 16 décembre 2014, sous l’accusation d’association terroriste, le royaume d’Espagne arrêtait, dans le cadre du dénommé « cas pandora » , quatorze personnes et en incarcérait sept en préventive dans l’attente d’un jugement. Le même jour, à Madrid et à Barcelone, la police nationale dispersait violemment, et en procédant à quatre nouvelles détentions, des manifestations spontanées de plus de 800 personnes.

L’Espagne, l’un des quatre pays européens accusés de tortures et racisme policiers par Amnesty International se révèle par sa violente répression étatique en se protégeant par une loi antiterroriste ambiguë et récemment réformée ( dix jours d’isolement pour le détenu, au risque de possibles tortures, violations et autres mauvais traitements ) qui définit comme infraction à caractère terroriste des actions « dont la fin est de bouleverser l’ordre constitutionnel ou d’altérer gravement la paix publique. »

Sous cette accusation, en Espagne, les gens sont susceptibles d’être détenus et même emprisonnés – en vue d’un jugement qui n’arrive jamais – affublés de présupposés idéologiques qui ne répondent en réalité qu’aux profils établis par un pouvoir judiciaire au service des intérêts du parti politique dirigeant du moment.

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Il semble que pour l’Espagne le nouveau « danger » se situe dans la possession de matériels de destruction massive tels des « fusées de détresse », des « balles de golf »,des « canifs », ainsi que d’ « écrits qui incitent à l’effusion de sang » ( qui n’ont pas été rendus publics et dont les contenus n’ont pas été précisés ) qui d’après les pouvoirs en place « incitent à la subversion de l’ordre établi. » ( définition littéralement reproduite des déclarations officielles après les détentions.)

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Parmi les accusations figurent plus de vingt explosions dont personne n’a jamais été informé et dont les médias ne se sont pas fait l’écho, à l’exception de l’explosion de la Basilique du Pilar de Saragosse, pour laquelle on a inculpé deux personnes d’origine Chilienne qui sont actuellement détenues sans jugement et auxquelles jusqu’à aujourd’hui on n’a pas attribué de complice, bien que depuis peu on essaye de les associer à ces autres détenus.

Il est clair que nous nous trouvons devant un nouveau montage semblable à ceux déjà vécus dans les années 70 et 80 pour lesquels l’appareil policier attribuait aux organisations libertaires les attentats commis par l’E.T.A. récemment disparue, y compris après leur revendication par cette dernière de manière officielle.

La différence avec ces nouvelles et absurdes accusations réside dans le fait qu’il y manque toujours des attentats, des victimes, des explosifs, des faits réels qui pourraient soutenir cette présumée vague d’explosions.

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Il est évident qu’un système qui devient progressivement corrompu et décadent a besoin d’expurger chaque fois plus ses maux. Un système administratif et financier qui vole ses « citoyens » a besoin de diriger l’opinion publique vers les soit-disant conspirations. Celles-ci sont les ultimes conséquences d’un état qui, héritier de la dictature, n’a jamais atteint la séparation basique des pouvoirs judiciaire, législatif, et exécutif, où la justice obéit au gouvernement ainsi qu’aux lois promulguées par ce dernier. Pour cela, nous dénonçons toute collaboration avec un pays qui travaille à l’exploitation du peuple par le caciquisme dans la plus honteuse caricature européenne de la démocratie.

STOP aux détentions arbitraires et aux disparitions des travailleurs, où qu’ils résident !

c-g-a.org

secoursrouge.org

 

 

Le message subliminal nationaliste des Enfoirés

En 1985-1986, les Restos du Cœur ont distribué 8,5 millions de repas.
En 1987-1988, les Restos du Cœur ont distribué 22 000 000 repas.
En 1991-1992, les Restos du Cœur ont distribué 29 000 000 repas.
En 1994-1995, les Restos du Cœur ont distribué 50 000 000 repas.
En 1996-1997, les Restos du Cœur ont distribué 61 000 000 repas.
En 2005-2006, les Restos du Cœur ont distribué 70 000 000 repas.
En 2006-2007, les Restos du Cœur ont distribué 81 700 000 repas.
En 2007-2008, les Restos du Cœur ont distribué 91 000 000 repas.
En 2008-2009, les Restos du Cœur ont distribué 100 000 000 repas.
En 2009-2010, les Restos du Cœur ont distribué 103 000 000 repas.
En 2010-2011, les Restos du Cœur ont distribué 107 000 000 repas.
En 2011-2012, les Restos du Cœur ont distribué 115 000 000 repas.
En 2012-2013, les Restos du Cœur ont distribué 130 000 000 repas.

Comme quoi, les capitalistes ont raison, plus on abaisse les cotisations patronales, plus les gens vont au restaurant…

 

Tout a été dit ou presque sur ce clip apoplectique qui fera date dans l’Histoire de la propagande patronale.

Charité ou solidarité?

Avec la charité, la main qui donne est toujours plus haute que celle qui reçoit.

La charité n’émancipe pas, elle enchaîne.

Elle est aussi la porte ouverte à tous les prosélytismes.

 

Les jeunes :
Des portes closes et des nuages sombres
C’est notre héritage, notre horizon
Le futur et le passé nous encombrent
Avez-vous compris la question ?
Les vieux :
Vous avez tout, l’amour et la lumière
On s’est battus, on n’a rien volé
Nous n’avons que nos dégoûts, nos colères[…]Toute la vie, c’est une chance inouïe
Toute la vie, c’est des mots, ça veut rien dire
Toute la vie, tu sais le temps n’a pas de prix
[…]
Toute la vie, c’est à ton tour et vas-y
Les jeunes :
Vous aviez tout, paix, liberté, plein emploi
Nous c’est chômage, violence, sida
Les vieux :
Tout ce qu’on a il a fallu le gagner [Amel Bent et Zaz, le poing levé, ndlr]
A vous de jouer mais faudrait vous bouger
Les jeunes :
Vous avez raté, dépensé, pollué
Les vieux :
Je rêve ou tu es en train de fumer ?
Les jeunes devraient “se bouger”

Le clip interclassiste des Enfoirés du Caritatif censé être un bulldozer de propagande catho sociale poisseuse se retourne par le dépit, le dégoût ou les barres de rire qu’il provoque, en authentique propagande libertaire, une petite merveille, comme dirait le chiraquien Patrick Sébastien “C’est génial!”

Dans cette fable d’une mièvrerie jeuniste à toute épreuve, il y a collectivisation forcée de la question et individualisation de la réponse, toute l’incohérence crasse de cette classe pas classe du tout. C’est une classe qui plane et qui prétend tendre la main à une classe sur laquelle elle dégueule au quotidien.

Le clip est à la fois d’une violence rare et proche du burlesque.

Il est annonciateur de la fin d’un monde, le leur.

A mesure que l’on va s’enfoncer dans la crise systémique, les louvoiements grotesques des larbins étoilés des classes possédantes vont délivrer une vérité qu’il ne sera plus possible de masquer.

C’est en cela qu’elle est éclatante et c’est en cela qu’il faut saluer ces enfoirés-là.

L’Enfoiré est un zombie, il est ce funambule qui libère des colombes de la paix en se bouchant le nez au dessus des immondices qu’il engendre.

Ils évoluent comme englués dans leur médiocrité et entretiennent, paradoxalement, eu égard à ce qu’ils laissent entrevoir de leur âme, un sentiment de supériorité qui les rend immédiatement détestables.
Cette classe infatuée d’elle-même s’expose pour ce qu’elle est, un aboutissement historique dans la négation du tragique et la réduction de l’autre au clone de soi.
Elle est l’incarnation de la fin de l’histoire, c’est-à-dire de son effacement au profit de l’actualité la plus immédiate avec ce que cela comporte de sordide, d’amnésie et de malhonnêteté intellectuelle. Le tout présenté sous les auspices de l’innocence et de l’irresponsabilité. La dissolution du social dans une célébration d’un individualisme empreint de conformisme et de faux-semblant est, pourrait-on dire, le signe le plus flagrant de sa victoire, une victoire sans partage. Laquelle accomplit la domination idéologique d’un néant bavard et futile tourné uniquement vers lui-même.

Allumez n’importe quelle télé, vous verrez un petit bourgeois.

Mais au sein de cette pièce rare, se cache un message encore plus dégueulasse, qui sonne comme un casus belli de classe, un message à l’ignominie propagandiste chirurgicale dont il semble vain, au regard de la grande minutie du montage, d’en trouver le côté fortuit

Lisez plutôt.

Vous avez sali les idéologies“.

Ce à quoi les “vieux” leur répondent:

Mais vous avez”, “Mais vous avez”, “Mais vous avez

On s’attend ici à rencontrer le refrain “Toute la vie”, qui n’arrive pas immédiatement.

Non, regardez bien à 2 minutes et 1 seconde, regardez le mot qui apparaît de façon subliminale juste après “vous avez”.

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Des papiers…

La “jeunesse” n’aurait donc pas à s’en faire car elle a des papiers français, ce qui relève, rajouté à tout le reste, d’une propagande patronale absolument innommable!

Les Enfoirés ne se contentent pas de planer, ils font du shit!

 

Les Enragé-e-s

 

 

Quelques réflexions en complément:

Comment une boite de prod professionnelle maîtrisant à la perfection le récit de son image, et ce au dixième de seconde près, a-t-elle pu laisser sortir ainsi le montage final?

Deux hypothèses:

Soit nous nageons là au milieu de l’amateurisme et de l’inconscience les plus parfaits, soit il s’agit d’une propagande nationaliste refourguée en douce.

Passer pour des amateurs absolus ou pour des maccarthystes, le choix ne va pas être simple.

L’emploi du mot « subliminal » est volontaire car même s’il est admis qu’une image subliminale n’est normalement pas perceptible sur une vitesse normale de défilement, l’effet flouté ajouté n’aurait pas permis au cerveau « d’imprimer » l’image à son issu. C’est en ce sens-là que l’on peut parler de « message subliminal », en considérant, sur la base de l’une des deux hypothèses émises plus haut, qu’il puisse s’agir précisément d’un procédé permettant de contourner le cadre juridique de son interdiction.
Un montage vidéo n’est rien de plus qu’une succession de choix d’associations. De formats, de flux, vidéos ou sonores mais quoiqu’il en soit, absolument rien n’est le fruit du hasard dans un montage.

Quand le récit en vient à se distordre par des associations malheureuses, la formation du monteurE permet précisément d’en corriger les erreurs afin d’en maîtriser parfaitement la réception.
L’architecture du clip en elle-même est construite sur un dialogue croisé et en canon entremêlant très finement questionnements et réponses de personnages dont l’éventail de la représentation s’articule sur un rapport filial et paternaliste.

Cette séquence a dû être visionnée des dizaines de fois, peut-être des centaines, à l’occasion de sa conception!

La nature du floutage obéit également à un choix, le fait de flouter plus fortement le mot “papiers” que le mot “heures” une ligne en dessous est un choix du montage. Cela ne s’est pas flouté tout seul et de cette manière. Tout est choix dans un montage.
A partir du moment où il y a triple répétition du “mais vous avez”, le récepteur se trouve placé dans une position d’attente vers un ailleurs, qui est le refrain.

Sur cette séquence-là, le récit s’interrompt provisoirement et passe le relais à une lecture concomitante des mots sonnés sur des supports décalés relevant de l’affect, ce qui amplifie le questionnement et l’attente d’un ailleurs, d’un espoir, que l’on pourrait rapprocher, cette fois sur une séquence très raccourcie, d’un enchantement spirituel et extatique.

C’est précisément à ce moment-là que ce trou noir rationnel délivre ce message transgressif et viciant par anticipation de façon quasi imperceptible, la niaiserie cantique du refrain.
C’est précisément cette information parasite, à un instant du clip où il ne doit pas y en avoir, qui est soit la marque du plus grand des amateurismes, tranchant radicalement avec le reste du clip, cisaillé comme un joyaux (de pacotille), soit celle d’une vile propagande réactionnaire s’arrimant à un procédé malhonnête, fruit d’une petite jouissance transgressive.

 

Afin de permettre aux Enfoirés de redescendre vers la réalité de leurs semblables, voici quelques chiffres oubliant volontairement 99% de la population mondiale [rien que ça], puisque visiblement, seule la fRance [de la “réussite” bien sûr] semble les intéresser:

 

Selon un sondage IPSOS de janvier 2013, 66% des moins de 35 ans n’avaient mis aucun argent de côté durant les 6 mois précédents.

La moitié des voyages en avion sont réalisés par 2% de la population.

Le « départ des français aux sports d’hiver » répété sur les médias dominants ne concerne chaque année que… 7,4% des français.

4 millions de personnes en France disent ne pas avoir plus de trois conversations par an…
Seuls 6 % des personnes disposant d’un revenu inférieur à 1 000 € par mois ont recours aux réseaux dits « sociaux ».

67% des salarié-e-s n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité

80% s’ennuient au travail

2 000 000 salarié-e-s se disent maltraité-e-s au travail

500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises

Un à deux travailleurs sont tué-e-s chaque jour lors d’un accident du travail

2000-2014 :127 personnes tuées par la police française

 

 

Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Si, à l’occasion de ses nombreux passages télé et interviews dans la presse commerciale Pierre Rabhi s’astreint le plus souvent à ne communiquer que sur des thématiques en apparence consensuelles, atteindre sa pensée profonde nécessite de s’écarter un peu des sentiers battus.

C’est la retranscription écrite de l’extrait d’une interview accordée en octobre 2013 et diffusée le 21 août 2014 sur la radio chrétienne RCF Berry [1] que nous vous invitons à découvrir ici.

 

Journaliste : Je voudrais que vous me parliez de l’importance de la famille selon vous, et dans la vie qui a été la vôtre.

Pierre Rhabi : Et bien disons la famille, c’est une communauté naturelle, que la vie a établie, de cette façon. Et bien disons qu’il y a le père la mère, les enfants, tout cela représente une communauté, on pourrait dire viscérale, biologique, on ne pourrait pas la récuser.

J : Mais vous savez que cette notion actuellement est récusée, et l’on parle de famille homosexuelle, de famille mono parentale, de famille sous différentes formes.

Pierre Rhabi : Oui, toutes ces nouvelles idées… Il n’en reste pas moins vrai que ce qui n’est pas récusable et que ce qui a été depuis l’origine de l’humanité c’est que l’homme, la femme procréent et ont des enfants et constituent un groupe sociale biologique. Et ça personne ne peut le récuser. Alors on a beau avoir toutes sortes de discours, de théories, de thèses et d’antithèses cela n’enlève rien à cette réalité là.

J: Vous déclarez dans votre livre « le semeur d’espoir » que vous venez de publier chez Actes Sud : « loin de toutes hypocrisie ou complaisance, et avec tout le respect dû aux personnes, je considère comme dangereuses pour l’avenir de l’humanité, la validation de la famille « homosexuelle », alors que par définition cette relation est inféconde ». Vous n’allez pas vous faire que des amis dans les milieux aujourd’hui homosexuels, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas du tout d’accord avec votre analyse.

Pierre Rhabi : Et bien vous savez ma grand-mère disait : « Tourne toi comme tu voudras, tu auras toujours le dos derrière ». Donc, comment aujourd’hui, faire l’unanimité sur le tout ? Moi je garde un respect absolu à l’égard des personnes, je ne suis pas du tout dans le jugement des personnes. Des personnes adultes veulent vivre ensemble, je n’ai rien contre. Simplement à partir d’un certain moment il y a la question de l’enfant. L’enfant intervient en quelque sorte. C’est à dire qu’il risque d’être mis devant un fait accompli d’avoir deux papas et deux mamans et de n’être pas dans ce qu’on appelle la norme. Et quand on dit la norme c’est la norme, on peut pas tourner autour du pot, il ne peut pas y avoir de procréation sans un homme et une femme.

J : Mais qu’est ce que vous appelez la norme ?

Pierre Rhabi : Et bien la norme c’est celle qu’a établie la vie elle-même !

J : La nature vous voulez dire.

Pierre Rhabi : La nature elle-même. C’est que pour qu’il y ait procréation, il faut mâle et femelle. L’abeille a besoin de… la reine a besoin d’un mâle, une chèvre a besoin d’un bouc, la vache a besoin d’un taureau. Donc ça c’est une loi invariable à laquelle même les homosexuels doivent leur propre existence.

J : Mais aujourd’hui il y a des méthodes scientifiques qui font évoluer les choses. Et je pense notamment à tout ce qui est la procréation médicalement assistée.

Pierre Rhabi : Non ce qui me gène dans tout ça c’est que l’enfant (alors, je vais dire des choses stupides) alors ce qui serait intéressant, ce qui me paraîtrait juste c’est que l’enfant, ce qui est impossible, préexisterait et donnerait son avis sur le sort qu’on lui réserve. Or, c’est pas le cas, on va le mettre devant un fait accompli qu’il faudra qu’il assume, bon an mal an. Et c’est là où je suis plus d’accord parce que cette troisième entité est une entité sur laquelle on agit sans qu’elle puisse donner son consentement. Et c’est là où je ne suis pas d’accord. C’est à dire que c’est une atteinte à la liberté de l’individu.
Alors peut-être qu’il y a des individus qui vont très bien le vivre et puis peut-être qu’il y a des individus qui vont en être mortifiés, de savoir déjà, dès la cour de récréation : « j’ai deux papas, j’ai deux mamans », alors que les autres ont un papa et une maman. Donc c’est là où je suis gêné par rapport à comment décider du sort d’autrui sans qu’il puisse avoir la possibilité, le libre arbitre de décider si le sort qu’on lui réserve est un sort qu’il admet.

 

 

 

Des propos réactionnaires et homophobes qui ne manqueront pas d’en choquer plus d’unE.

 

Les Enragé-e-s

 

 

[1]  Pierre Rabhi, paysan, écrivain et agro-écologiste – RCF Radio – jeudi 21 août 2014 – podcast disponible ici

 

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A lire en complément:

  José Bové contre la PMA  : Moyen Âge quand tu nous tiens !

 

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“Comble de l’hypocrisie : dans son article à la gloire des Colibris, Reporterre s’abstient de mentionner la présence d’Etienne Chouard. ”

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Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme.

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

C’est quoi le fascisme? 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

Au secours! Les anthroposophes sont là. 

 

 

 

Étranges étrangers de Jacques Prévert

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

 

Jacques Prévert

Gandhi, ou l’art de désarmer les masses

La véritable histoire de Gandhi

 

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A propos des castes: « Je considère fondamentales, naturelles et essentielles les quatre grandes divisions (…). Les innombrables subdivisions peuvent être gênantes, mais je suis tout à fait opposé à ce qu’on essaye de détruire les divisions fondamentales. Je suis porté à croire que la loi de l’hérédité est une loi éternelle et que toute tentative pour la transformer doit forcément conduire au désordre absolu. Je ne considère pas qu’il soit indispensable à l’esprit démocratique de boire ensemble, de partager un repas et de s’unir par le mariage »

 

À Peshawar, qui resta pendant dix jours aux mains de la population, les soldats refusèrent de tirer sur les manifestants. Ces troupes hindoues fraternisèrent avec une foule en majorité musulmane. Il fallut l’intervention de l’aviation britannique pour faire revenir le calme.
Alors que celle-ci réprimait la population, ce n’était pas sa violence que Gandhi condamnait, mais le refus des soldats indiens de tirer !

« Un soldat qui désobéit à un ordre de faire feu enfreint son serment et se rend coupable de désobéissance criminelle. Je ne puis demander à des fonctionnaires et à des soldats de désobéir, car lorsque je serai au pouvoir, j’utiliserai, selon toute probabilité, ces mêmes fonctionnaires et ces mêmes soldats. Si je leur enseignais la désobéissance, je craindrais qu’ils n’agissent de même lorsque je serai au pouvoir. »

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Issu d’une famille commerçante, Gandhi fit ses premières armes de militant nationaliste en Afrique du Sud où, jeune avocat, il était employé par une firme commerçante indienne.

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« un résistant civil ne cherche jamais à mettre le gouvernement dans l’embarras »

 

Tout en proclamant sa loyauté à la Grande-Bretagne, il y organisa la lutte contre les laissez-passer imposés aux commerçants indiens par les Britanniques. Il se déclarait déjà en faveur de mouvements pacifistes, une non-violence qui ne l’empêcha pas de se ranger activement aux côtés de l’armée britannique lors de la guerre des Boers, puis contre la révolte des Zoulous.
Différents ouvrages de propagande, parmi lesquels le film d’Attenborough qui remporta l’Oscar du meilleur film en 1982, présentent Gandhi comme un champion de la non-violence. Dans une société aussi violente que la société indienne, où les rapports sociaux eux-mêmes étaient violents au quotidien, la doctrine non-violente de Gandhi avait une fonction politique : celle de laisser les masses désarmées face à la violence de leurs oppresseurs.

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Gandhi est également présenté comme étant du côté des pauvres, pour l’égalité.

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Il soutenait pourtant la division de la société en castes, qui lui paraissait même fondamentale. Il écrivait en 1920 : « Je considère fondamentales, naturelles et essentielles les quatre grandes divisions (…). Les innombrables subdivisions peuvent être gênantes, mais je suis tout à fait opposé à ce qu’on essaye de détruire les divisions fondamentales.
Je suis porté à croire que la loi de l’hérédité est une loi éternelle et que toute tentative pour la transformer doit forcément conduire au désordre absolu. Je ne considère pas qu’il soit indispensable à l’esprit démocratique de boire ensemble, de partager un repas et de s’unir par le mariage » [2].


Gandhi ne revendiquait même pas l’égalité juridique entre les hommes, ce qui serait à la portée de n’importe quel démocrate bourgeois.

Non, lui exhortait simplement les pauvres à la patience et à l’acceptation de leur sort jusqu’à leur future réincarnation.

Il se déclarait pourtant affligé par la pauvreté qui sévissait en Inde. Mais son remède, c’était le retour au tissage à la main !

Non sans démagogie, il préférait désigner le progrès comme l’ennemi des pauvres, plutôt que les possédants britanniques et indiens qui en accaparaient les fruits.

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Le chantre du métier à tisser manuel était aussi un obscurantiste religieux dont la bêtise s’illustrait dans ses écrits.

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On peut lire sous sa plume que « les hôpitaux sont des institutions pour la propagation du péché. Aller consulter le médecin et guérir soulage le corps, mais affaiblit l’esprit. » [3]

Au nom de ses principes il laissa sa femme mourir, faute d’injections de pénicilline, car il considérait l’intraveineuse comme « une agression violente contre le corps ».

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De retour en Inde, Gandhi sut se faire apprécier des masses.

S’appuyant sur la religion et ses symboles, il imposait le respect par son mode de vie simple, ses déplacements dans les wagons de troisième classe, qui semblaient contraster avec le mode de vie des autres dirigeants du parti du Congrès.

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Ayant abandonné le costume occidental pour un simple morceau d’étoffe tissé par ses soins, il n’avait pas l’allure habituelle des bourgeois du parti du Congrès, habillés à l’occidentale et qui ne perdaient pas une occasion d’étaler leur richesse.

MRS. CLINTON ADVISERS

Cette image de pauvreté que Gandhi voulait offrir aux masses pauvres n’était, justement, qu’une image.

L’écrivain-journaliste Tibor Mende a rapporté dans son ouvrage « L’Inde devant l’orage » :

« Le fait que Gandhi habitait fréquemment une demeure luxueuse où il était l’hôte d’un des plus grands industriels de l’Inde (Birla), ne troublait pas l’image que des millions d’Indiens se faisaient de leur leader ; pas plus d’ailleurs que les dépenses extraordinaires engagées pour garder et transformer les wagons de troisième classe dans lesquels il faisait des voyages spectaculaires, ou pour reconstruire des quartiers entiers de taudis lorsqu’il séjournait parmi les intouchables ».

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Le même Birla déboursait les 50 000 roupies annuelles qui faisaient vivre l’ashram, la petite communauté autour de Gandhi. Pour l’industriel Birla, cet investissement en la personne de Gandhi se révéla particulièrement fructueux par la suite.


Le talent – si l’on peut dire – de Gandhi résidait dans sa capacité extraordinaire à tromper les masses.

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Mohandas Karamchand Gandhi à Londres

 

La population pauvre, qui crevait de misère, au point d’être au bord de l’explosion, pouvait s’identifier à cet homme décharné et y compris à sa doctrine non-violente, ce qui n’aurait pas pu être le cas avec un notable.

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À peine arrivé en Inde, et malgré ses professions de foi non-violentes, Gandhi soutint la Grande-Bretagne durant la première guerre mondiale et se lança même dans une campagne de recrutement de soldats indiens.


Le prêche de la non-violence destiné aux seuls pauvres


En 1919, alors que les grèves et les manifestations des masses se radicalisaient, Gandhi proposa sa première grande campagne d’action non-violente, pour protester contre les lois Rowlatt, qui prolongeaient les pouvoirs répressifs du temps de guerre et permettaient au gouvernement d’emprisonner sans jugement.

Il décréta une journée de « hartal » en avril. À l’origine, le mot signifiait “ grève générale ”. Gandhi lui donna le sens de journée de jeûne et de prière, durant laquelle la population devait suspendre toute activité.
Les masses répondirent à l’appel, bien au-delà de ce que Gandhi avait prévu : une vague de manifestations de masse et de grèves, parfois ponctuées d’émeutes, embrasa différentes régions du pays dès le mois de mars. Durant cette période d’agitation, hindous et musulmans manifestèrent côte à côte et fraternisèrent dans la lutte, au point qu’un rapport officiel du gouvernement soulignait cette « fraternisation sans précédent ».
Alors que la répression se faisait de plus en plus violente, Gandhi redoublait d’efforts pour prêcher la non-violence aux masses indiennes. À Amritsar, dans la région du Pendjab où le mouvement de masse était très actif, l’armée tira à la mitrailleuse sur la foule rassemblée dans un lieu clos, sans aucune possibilité de s’échapper. Il y eut entre 400 et 500 morts et plus de 1200 blessés.
Un peu partout, des groupes courageux de résistance à la répression furent mis en place par les manifestants, peu enclins à se laisser massacrer sans réagir. Gandhi multiplia les appels au calme, regrettant que le mouvement « sorte du cadre de la non-violence ». Il décida du coup de suspendre la résistance passive quelques jours seulement après le hartal, déclarant qu’il avait commis « une bévue énorme comme l’Himalaya qui avait permis à des personnes mal disposées et non à de véritables résistants passifs de perpétrer des désordres. » [4]
Et pour que les choses soient bien claires, il ajouta dans une lettre à la presse qu’un « résistant civil ne cherche jamais à mettre le gouvernement dans l’embarras ».

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Fin 1919, Gandhi mit tout son poids dans la balance pour que le parti du Congrès accepte les mini-réformes consenties par le gouvernement et que tout le monde « se mette tranquillement au travail pour en assurer le succès ». Mais si Gandhi parvenait à s’imposer au parti du Congrès, le mouvement n’obéissait pas à ses injonctions malgré sa popularité, et il continua à se développer.
Les six premiers mois de 1920 furent même le point culminant du mouvement de grève, entraînant un million et demi de travailleurs à travers tout le pays. Le mouvement ouvrier ne faiblissait pas, malgré l’absence d’une direction politique autonome.
Quant au parti du Congrès, il constatait par la voix résignée de son président : « Il ne sert à rien de se dissimuler que nous traversons une période révolutionnaire ». Faute de parvenir à l’arrêter, la bourgeoisie indienne tenta à nouveau de se porter à la tête des masses et Gandhi élabora un nouveau programme de « non-collaboration dans la non-violence » qui fut adopté par le parti du Congrès en septembre 1920.
La non-violence prônée par les dirigeants ne reflétait pas une quelconque préoccupation humanitaire d’éviter les effusions de sang : elle exprimait la peur des propriétaires terriens et de la bourgeoisie indienne de voir les masses s’armer et menacer de renverser non seulement le pouvoir colonial, mais aussi le leur.
Les actions mises en avant étaient le boycott des élections aux nouvelles assemblées consultatives, le boycott des établissements scolaires et des tribunaux. Autant de mesures qui concernaient en fait la bourgeoisie grande et petite. Quant aux masses, le programme les encourageait « au retour au filage à la main » et au boycott des vêtements britanniques. C’était une façon de tenter de détourner les travailleurs du terrain de la lutte des classes en les appelant à des processions autour de grands bûchers où l’on brûlait symboliquement les vêtements britanniques.
Mais si la campagne de non-collaboration séduisit les masses, celles-ci ne s’arrêtèrent pas là : en 1921, l’agitation continuait sous forme de grèves et elle avait carrément pris l’aspect d’une rébellion ouverte dans le Pendjab et dans la région côtière de Malabar. Le mouvement culmina lors de la visite du prince de Galles, qui provoqua le mouvement de hartal – journée morte – le plus spectaculaire que l’Inde ait jamais connu. Les journées de grève décrétées à Bombay pour l’occasion se transformèrent en émeutes contre la répression féroce.


Une fois de plus, Gandhi se désolidarisa des masses et déclara que le « mouvement pour l’indépendance lui faisait horreur ».

Trotsky avait commenté ainsi cette attitude : « Malheur au peuple indien s’il fait confiance à ces paroles ronflantes. Gandhi s’est déjà hâté de proclamer son refus de créer des difficultés à la Grande-Bretagne pendant la crise actuelle (…). La répugnance morale de Gandhi devant la violence reflète la peur de la bourgeoisie indienne devant ses propres masses ».

Une fois de plus, malgré Gandhi et malgré la répression et les milliers d’arrestations, le mouvement continua.


La puissance du mouvement de masse


Gandhi était pratiquement le seul dirigeant à ne pas être en prison lorsque le parti du Congrès se réunit à la fin de l’année 1921.

Il mit toute son énergie à arrêter le mouvement et annonça une campagne de « désobéissance civile de masse » limitée à un seul district de 87 000 habitants, au prétexte qu’ainsi, les conditions de non-violence seraient respectées !

Et quand la nouvelle arriva que dans un petit village de la zone choisie, les paysans attaqués par la police avaient riposté en faisant brûler le commissariat, avec les policiers dedans, Gandhi s’empressa de mettre un terme à ce simulacre de campagne, tout en dénonçant « la conduite inhumaine de la populace ». Il s’infligea alors cinq jours de grève de la faim pour « expier l’immense bévue qu’il avait faite en appelant les masses à la désobéissance civile alors qu’elles n’étaient pas prêtes ».

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Réprimé par l’administration coloniale, désorienté par les trahisons successives du parti du Congrès, le mouvement reflua. Dans la résolution rédigée début 1922, le parti du Congrès insistait sur la nécessité de respecter les « droits légitimes des propriétaires terriens » à percevoir le loyer des terres et la nécessité de payer les impôts et les taxes « légitimement dus ». Il n’était pas question de violence ou de non-violence, mais de respecter les intérêts de classe des possédants.
La période de 1918-1922 sonna comme une alarme pour les possédants indiens et leurs homologues britanniques. La révolution était là. La question se posait objectivement de savoir qui allait la diriger, de la bourgeoisie ou du prolétariat.
La possibilité de voir la classe ouvrière prendre la direction de la lutte révolutionnaire contre la domination britannique en Inde, et donc de lui donner un autre caractère, n’était pas exclue et cela apparaissait clairement aux yeux des possédants indiens. Sous la contrainte du mouvement de masses, le parti du Congrès adoptait des revendications et un ton un peu plus radicaux, pour mieux reculer respectueusement dès que le mouvement refluait, après qu’il ait tout fait pour le désarmer.
Et ce qui rend Gandhi si populaire dans les récits, les films et les livres d’histoire du monde entier, c’est justement le rôle qu’il a joué auprès des masses.

Dans un pays pauvre où la révolte grondait, la bourgeoisie a trouvé en lui un homme capable de dévoyer l’énergie des masses.


Après le coup d’arrêt imposé au mouvement par Gandhi et le parti du Congrès, l’autorité britannique revint sur les quelques concessions qu’elle avait accordées auparavant à la bourgeoisie indienne, notamment sur le terrain économique. En même temps, elle mit sur pied la commission Simon, chargée d’élaborer la future constitution de l’Inde, mais uniquement composée de Britanniques.
C’est parce que les intouchables se convertissaient par millions à la religion musulmane, tentant ainsi d’échapper à la condition de sous-hommes qui leur était faite dans la société hindoue, que Gandhi lança à cette époque un mouvement de défense de la dignité des intouchables. Il proposait de les désigner d’un terme moins infamant, « harijans », qui signifie « enfants de Dieu » et d’abandonner un certain nombre d’ostracismes, qui leur interdisaient par exemple l’accès aux temples. Cette soudaine préoccupation charitable était également une tentative de s’opposer au mouvement des dalits, créé par un dirigeant intouchable, Ambdekar, qui commençait à remporter des succès (dalit signifie « opprimé » et c’était le nom par lequel ils se désignaient à la place du terme « intouchable »).


Le mouvement de masse avait réalisé l’unité des populations de religions différentes dans la rue. À la faveur de son recul, les organisations qui jouaient la carte du fondamentalisme religieux tentèrent de développer leur influence. La Ligue musulmane se sépara du parti du Congrès, prônant l’organisation séparée de la minorité musulmane d’Inde. À l’opposé, à partir des courants intégristes hindous, un parti nationaliste fut créé en 1925. Le RSS (Rashtryia Swayamsevak Sangh — Ligue nationale des volontaires) se réclamait de « l’hindouité ». Créé après la vague révolutionnaire, il se distinguait également par son anti-communisme et une hostilité virulente contre la classe ouvrière. Il joua à l’occasion le rôle de troupes de choc contre les ouvriers, et ses dirigeants s’inspirèrent d’ailleurs des Chemises noires de Mussolini pour structurer leur organisation en unités paramilitaires.
Ces deux organisations jouaient ouvertement sur le terrain de la division religieuse, sous l’oeil bienveillant de l’autorité britannique. Mais Gandhi, si souvent encensé pour avoir prôné l’unité entre hindous et musulmans, justifiait aussi les préjugés les plus imbéciles de la religion hindoue, qui interdisaient les mariages intercommunautaires, et même le simple fait de manger ensemble les mêmes aliments !


Une nouvelle montée révolutionnaire


La classe ouvrière sur le devant de la scène
Le mouvement ouvrier connut une nouvelle accélération dans un contexte marqué par la révolution dans la Chine voisine. La révolution chinoise de 1927 jeta en effet le prolétariat dans la lutte contre l’oppression coloniale, mais aussi contre la bourgeoisie chinoise.
Mais contrairement à ce qui se passait en Chine, le Parti communiste indien ne jouait pas de rôle important. Formé dans l’immigration en 1920, il avait commencé à s’implanter dans la classe ouvrière indienne au milieu des années vingt, mais ne joua jamais un rôle de direction dans la nouvelle montée révolutionnaire.
Les grandes grèves qui reprirent à Bombay en 1928 avaient à la fois des revendications politiques, contre la commission Simon, mais aussi des motifs économiques, contre les exploiteurs, anglais comme indiens. Les bataillons les plus avancés de la classe ouvrière, et notamment les ouvriers du textile de Bombay, occupaient à nouveau le devant de la scène en 1928.
Cette nouvelle poussée du mouvement ouvrier se traduisait dans le parti du Congrès par des débats entre les modérés et l’aile gauche, qui prônait « l’indépendance totale » comme objectif du parti. Pour finir, l’aile gauche se contenta de la revendication des modérés d’un « gouvernement responsable au sein de l’empire britannique ».


En mars 1929, la plupart des dirigeants syndicaux et politiques furent arrêtés, sous prétexte de complot contre la couronne. Le procès traîna pendant quatre ans, durant lesquels les dirigeants furent laissés en prison, ce qui permit de les tenir à l’écart de la lutte.
La fin de l’année 1929 approchait, sans que le gouvernement colonial montre la moindre attention aux sollicitations modérées du parti du Congrès. En même temps, la classe ouvrière était sur le pied de guerre, impatiente d’en découdre.


Dans ce contexte, alors que le parti du Congrès osait finalement se prononcer pour l’indépendance, Gandhi s’y opposa. Il mit en avant un programme de réformes en onze points, qui excluait toujours l’indépendance, et proposa une nouvelle campagne… contre le monopole du sel exercé par le gouvernement britannique. Cela avait l’avantage d’être une revendication populaire tout en excluant la grève et la lutte de classe, puisqu’il s’agissait d’effectuer une marche symbolique vers la mer…

Gandhi se mit donc en marche avec quelques dizaines de ses partisans triés sur le volet et une batterie de caméras et de journalistes, pendant que les masses étaient invitées à patienter.

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C’était un grand show médiatique pour l’époque, qui se conclut le 6 avril 1930, quand Gandhi fit symboliquement bouillir une poignée de sel devant la mer.


Les masses une nouvelle fois trahies par Gandhi


Ni Gandhi ni les autorités britanniques, qui avaient sereinement laissé la marche du sel s’accomplir, n’avaient prévu le formidable mouvement de masse qui se déclencha dans la foulée. Loin de se borner à « fabriquer leur sel dans le respect de la non-violence », les masses se saisirent de leurs armes habituelles. Grèves dans les usines et le chemin de fer, manifestations de rue et piquets de grève dans les villes. Dans les villages, les premiers mouvements de refus d’acquitter les loyers aux propriétaires terriens se généralisèrent.
À Peshawar, qui resta pendant dix jours aux mains de la population, les soldats refusèrent de tirer sur les manifestants. Ces troupes hindoues fraternisèrent avec une foule en majorité musulmane. Il fallut l’intervention de l’aviation britannique pour faire revenir le calme.

Alors que celle-ci réprimait la population, ce n’était pas sa violence que Gandhi condamnait, mais le refus des soldats indiens de tirer !

« Un soldat qui désobéit à un ordre de faire feu enfreint son serment et se rend coupable de désobéissance criminelle. Je ne puis demander à des fonctionnaires et à des soldats de désobéir, car lorsque je serai au pouvoir, j’utiliserai, selon toute probabilité, ces mêmes fonctionnaires et ces mêmes soldats. Si je leur enseignais la désobéissance, je craindrais qu’ils n’agissent de même lorsque je serai au pouvoir. » [5]


La loi martiale fut proclamée le 12 mai 1930, alors que le mouvement de grève connaissait un nouvel essor suite à l’arrestation de Gandhi. La répression s’abattit et en l’espace de dix mois, entre avril 1930 et février 1931, 90 000 hommes, femmes et enfants furent condamnés.

Depuis sa prison, Gandhi continuait à déplorer que la situation s’envenime et se déclarait tout à fait prêt à collaborer avec les autorités. Ce qui fut fait en janvier 1931, où Gandhi et l’exécutif du parti du Congrès furent relâchés.

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Gandhi, accompagné de repésentants indiens, à la Table Ronde. Londres (Angleterre), Palais Saint James, 1931.

 

Gandhi participa ensuite aux négociations de la Table Ronde à Londres, négociations que le parti du Congrès avait pourtant fait serment de boycotter quelques mois plus tôt, car aucune discussion sur l’autonomie de l’Inde n’y était prévue. Pour contraindre l’ensemble du parti du Congrès à accepter, Gandhi avait ressorti la menace d’une grève de la faim « jusqu’à la mort ».
À Londres, Gandhi signa un accord avec les autorités britanniques, qui n’accordait absolument rien, même pas la fin du monopole du sel. Toute l’énergie des masses, toute leur mobilisation étaient une nouvelle fois trahies par les dirigeants du parti du Congrès et l’aile gauche du parti, après avoir émis quelques protestations, finit, comme à son habitude, par se ranger derrière les modérés.
Quant au pouvoir colonial, il en profita pour frapper un grand coup, arrêtant plus de 80 000 personnes entre 1932 et 1934.


La Seconde Guerre mondiale et la situation révolutionnaire d’après-guerre


Lors de la Seconde Guerre mondiale, les organisations nationalistes tentèrent sans succès de marchander leur soutien à l’effort de guerre britannique contre quelques assurances et garanties applicables à la fin de la guerre. Quant à Gandhi, il avait déclaré qu’il ne soutenait pas cette guerre, mais qu’il ne ferait rien pour profiter de la situation. Il mit cependant en avant un mot d’ordre plus radical, exigeant que les Britanniques quittent l’Inde.


De fait, Gandhi avait durci son langage, coincé qu’il était entre la poussée des masses et l’intransigeance des autorités britanniques, qui refusèrent toute concession, rompirent les pourparlers, interdirent le parti du Congrès et arrêtèrent 60 000 personnes.


La Seconde Guerre mondiale fut marquée par un appauvrissement massif : en 1943, la famine qui éclata au Bengale, aggravée par l’incurie de l’administration anglaise, fit entre trois et quatre millions de morts. Soit dit en passant, le camp des démocraties donnait là un exemple de son degré de barbarie…

Au sortir de la guerre, la marche vers l’indépendance s’accéléra. L’impérialisme avait pour cette fois échappé à la révolution en Europe. Mais de la Chine à l’Indonésie, en passant par l’Inde et la péninsule indochinoise ou la Malaisie, des millions d’hommes et de femmes se soulevèrent, rendant inévitable l’explosion contre la domination coloniale ou semi-coloniale.
En Inde, l’agitation reprit de plus belle dès la fin de l’année 1945, avec des vagues de manifestations et de grèves politiques qui partirent encore une fois des grandes villes comme Calcutta et Bombay. Dans la foule des manifestants qui défilaient presque quotidiennement, les drapeaux rouges côtoyaient ceux du parti du Congrès et de la Ligue musulmane, les travailleurs se retrouvant une fois de plus ensemble dans la lutte, indépendamment de leur religion.

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Gandhi, 1945

 

En février 1946, les marins de la flotte de Bombay, le plus grand port militaire, se soulevèrent. Tout comme le reste de l’armée d’Inde, la marine était dirigée par des officiers britanniques, mais composée d’Indiens. Le drapeau rouge flottait sur les bâtiments militaires, dont les marins avaient expulsé les officiers. Appuyés par les grévistes de Bombay, qui venaient ravitailler les bateaux, les marins insurgés élirent un Comité central de grève de la marine. Le mouvement gagna d’autres secteurs de l’armée et d’autres bases de la marine, ébranlant dans ses fondations mêmes l’appareil d’État.
Le Comité central de grève contacta les dirigeants du parti du Congrès et ceux de la Ligue musulmane, qui lui refusèrent d’une seule voix toute aide ou appui pratique.
Les marins insurgés pouvaient par contre compter sur l’aide active des travailleurs. Lorsque l’armée britannique lança un ultimatum aux marins, menaçant de « détruire toute la flotte si nécessaire », les travailleurs répondirent par une gigantesque grève. Quant aux soldats indiens, ils refusèrent de tirer sur les manifestants. Les autorités coloniales firent venir la troupe britannique et des renforts navals considérables pour mener trois jours d’une répression féroce, tirant sans discrimination sur la foule. Entre le 21 et le 23 février 1946, il y eut officiellement 250 morts.


Le manque d’une direction révolutionnaire


Au bout du compte, sous la pression du parti du Congrès et de la Ligue musulmane et de leur promesse de tout faire pour éviter les représailles, le comité de grève des marins décida de se rendre, et fut immédiatement emprisonné.
Pendant ces journées révolutionnaires, les masses avaient montré leur désir d’unité, passant par-dessus les différences de confession religieuse.
Dans l’autre camp, les dirigeants de la Ligue musulmane rejoignirent ceux du parti du Congrès pour condamner la violence : non pas celle des troupes britanniques contre le peuple désarmé, mais celle de ce que Gandhi appela « l’alliance impie » des hindous et des musulmans qui défiait le dogme de la non-violence.

La bourgeoisie indienne avait par contre un instrument efficace pour stopper les masses, en la personne de Gandhi et dans le parti du Congrès.

Trotsky avait commenté ainsi cette attitude : « Malheur au peuple indien s’il fait confiance à ces paroles ronflantes. Gandhi s’est déjà hâté de proclamer son refus de créer des difficultés à la Grande-Bretagne pendant la crise actuelle (…). La répugnance morale de Gandhi devant la violence reflète la peur de la bourgeoisie indienne devant ses propres masses ».


Tout changer pour que rien ne change.


En août 1947, l’indépendance de l’Inde fut proclamée. Aux mâts des édifices officiels, les trois couleurs du drapeau indien remplaçaient l’Union Jack britannique. Mais derrière cette rupture formelle, il y avait la continuité entre l’impérialisme britannique et la bourgeoisie indienne à laquelle il remettait le pouvoir.


Au cours des années de situation révolutionnaire que l’Inde avait connues, l’impérialisme britannique avait trouvé des solutions politiques, et surtout les avait éprouvées. La bourgeoisie indienne et ses représentants du parti du Congrès avaient fait leurs preuves dans les faits : ils s’étaient montrés capables de mener les luttes des masses dans des impasses et d’éviter la révolution. Toute cette période avait permis au gouvernement britannique de préparer une transition de l’Inde coloniale à l’Inde indépendante qui préservait l’ordre impérialiste, tout en laissant les représentants de la grande bourgeoisie indienne et des grands propriétaires fonciers à la tête du pays.


Le principal artisan des changements qu’il fallait faire pour que tout continue comme avant, Gandhi, ne survécut que quelques mois après l’indépendance. Il fut assassiné le 30 janvier 1948 par un fondamentaliste hindou.


LO- Cercle Léon Trotsky

L’appétit de l’argent et l’indifférence aux choses de la grandeur avaient opéré en même temps

L’appétit de l’argent et l’indifférence aux choses de la grandeur avaient opéré en même temps pour donner à la France une presse qui, à de rares exceptions près, n’avait d’autres buts que de grandir la puissance de quelques-uns et d’autre effet que d’avilir la moralité de tous. Il n’a donc pas été difficile à cette presse de devenir ce qu’elle a été de 1940 à 1944, c’est-à-dire la honte du pays.

 
Albert Camus – Combat, 31 août 1944

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Les Enragé-e-s

Le mythe de la création d’entreprise

Le chef de l’État a annoncé au printemps 2013 plusieurs mesures pour favoriser l’esprit d’entreprise dès le collège.

Francois Hollande stands in rainUn programme sur l’entrepreneuriat sera lancé «de la sixième à la terminale»…

Que va-t-il rester à la droite?

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Demain, tous entrepreneurs?

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Quelques chiffres.

France : 93% des actifs sont des salarié-e-s

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Et oui… Le salariat, c’est pas la joie le lundi matin. Ni le dimanche soir d’ailleurs. En fait, le salariat, c’est pas la joie du lundi matin au dimanche soir.

 

L’immense majorité des actifs est salariée.

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-67% des salarié-e-s n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité -80% s’ennuient au travail -2 000 000 salarié-e-s se disent maltraité-e-s au travail -500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises -Un à deux travailleurs sont tué-e-s chaque jour lors d’un accident du travail

 

Pourtant, une mythologie puissante est installée sur tous les canaux culturels et médiatiques possédés par le patronat, celle qui consisterait à pouvoir échapper à l’enfer du salariat en “créant sa boite“.

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Ils sont des centaines de milliers chaque année à être intimement persuadés qu’ils sont plus malins que les autres, sans se douter un instant que le maigre espace que leur laissera les gros finira par être englouti par les mêmes.

En effet, plus d’une création d’entreprise sur deux a mis la clé sous la porte au bout de 5 ans.

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C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. Dépersonnalisé au travail, il demeurera dépersonnalisé chez lui. Christophe Dejours – Travail usure mentale

 

Pour certain-e-s, cela représente l’ultime espoir de pouvoir subvenir à ses besoins car en temps de crise, l’économie capitaliste sur-exploite celles et ceux qui ont un emploi et exclut un nombre toujours plus considérable de personnes, à commencer par les femmes qui en sont les premières victimes.

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Bien que les femmes soient de plus en plus présentes dans la sphère publique, la place qu’elles y tiennent est justifiée idéologiquement par la place prépondérante qu’elles occupent dans la sphère privée : elles peuvent être à temps partiel car elles doivent s’occuper du ménage et des enfants ; elles peuvent gagner moins car elles n’ont pas la charge d’entretenir une famille ; elles exercent des métiers liés à l’enfance, au social accordés à leurs qualités “ naturelles ” de patience et d’accompagnement. Cette division sexuelle du travail permet à la société de faire des économies sur les crèches collectives, les cantines, la prise en charge des personnes âgées. En 2000, les femmes continuent d’assumer 80 % du noyau dur du travail domestique (vaisselle, cuisine, linge, soins matériels aux enfants, courses). Le capitalisme a donc besoin de l’oppression des femmes et la renforce. Il organise la division du travail réservant aux femmes ses premières attaques avant de s’en prendre à l’ensemble des salariés et sans que cela n’entraîne aucune réaction : les secteurs les plus précarisés de tout point de vue sont les plus féminisés. L’oppression des femmes n’est pas seulement un “ reste archaïque ” des millénaires passés. Elle a été récupérée par le système capitaliste même si cela a produit et produit toujours de nouvelles contradictions en son sein : en période d’expansion économique, le capitalisme a besoin de réguler le marché du travail en sollicitant une main d’œuvre féminine bon marché et inversement en période de récession.

 

Ces fameuses “boites”, la plupart se refermeront en laissant pour seule liberté à leurs propriétaires illusionnés le soin d’en apposer eux-même le couvercle.

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Si le riche te tapote l’épaule, c’est que ta servilité lui garantit la pleine jouissance de ce qu’il a volé, à toi, à moi, à tous les pauvres du monde. Les riches souhaitent ardemment que tous les déshérités aient l’âme d’un mendiant. Ricardo Flores Magon

 

La plupart y perdra toutes ses économies, qui ne seront bien évidemment pas perdues pour tout le monde…

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“J’hallucine tous ces assistés qui se croivent chez les Bisounours. Moi je vais me bouger le cul et monter ma boite.”

 

Certains hurleront après “les charges” [les cotisations sociales] sans réaliser que les normes fiscales et comptables des entreprises sont faites sur mesure pour la classe possédante, sans s’avouer aussi qu’ils se feront déplumer à leur tour par la bourgeoisie.

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Ils veulent ignorer que le capitalisme consiste à voler légalement les fruits du travail et les gains de productivité afin de renouveler sans fin l’appareil de production sans comprendre qu’ils feront eux-mêmes les frais de cette expansion et de ce vol de travail, d’une façon directe ou indirecte puisque l’économie capitaliste prospère sur la quasi totalité des champs de l’existence.

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Tout est privatisé au sein d’une économie capitaliste, la minuscule liberté consistant à “créer sa boite” n’est une liberté qui ne peut fonctionner que dans la mesure où elle n’est exercée que par une minorité de la population.

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Vous êtes saisis d’horreur parce que nous voulons abolir la propriété privée. Mais, dans votre société, la propriété privée est abolie pour les neuf dixièmes de ses membres. C’est précisément parce qu’elle n’existe pas pour ces neuf dixièmes qu’elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propriété qui ne peut se constituer qu’à la condition de priver l’immense majorité de la société de toute propriété. En un mot, vous nous accusez de vouloir abolir votre propriété à vous. En vérité, c’est bien là notre intention. Karl Marx

 

C’est le principe de toute création de richesse: Toute richesse est du travail volé.

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Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours Elle plonge le lecteur dans les arcanes d’un véritable « système » né dans l’après-guerre et qui, malgré ses mutations, marque encore aujourd’hui la machine patronale. Du recyclage des anciens cadres de Vichy dans la reconstruction jusqu’aux caisses noires des syndicats patronaux, en passant par le financement secret des partis politiques ou les graves dérives du paritarisme, on découvre le rôle central de personnages aussi puissants que discrets, de Georges Albertini, éminence grise du patronat liée à l’extrême droite dans les années 1950, ou les « conseillers du prince » qui ont influencé les choix économiques des présidents successifs de la Ve République. On découvre aussi les efficaces lobbyistes d’un patronat capable de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens. Et qui a su s’appuyer sur des intellectuels et des grands médias pour convertir les élites politiques aux « mérites » de la finance dérégulée. Cette somme brosse le vrai portrait de nombreux patrons, révèle les bonnes affaires des uns dans la « Françafric », les juteuses opérations des autres dans l’immobilier ou l’industrie. On découvre comment se sont vraiment faites la plupart des grandes fortunes françaises, celles d’hier et d’aujourd’hui : subventions extorquées à l’État, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions plus qu’obscures, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, coups fourrés, etc. La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet, sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

 

Les normes comptables sont calquées sur les besoins du Capital, ceux du renouvellement constant de sa prédation. Elles sont suffisamment souples pour pouvoir être arrangées de mille manières et suffisamment bien pensées pour offrir un avantage décisif à une classe bien identifiée.

Celui qui ne possède pas le Capital ne peut lutter à armes égales.

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“Je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai commencé dans mon garage, je suis partie de rien, voyez-vous,  je me suis faite à la force de mon travail. Elle est bonne ou on la refait?”

 

Personne ne leur dit qu’en temps de crise systémique, le Capital procède à une accélération éperdue de sa concentration.

Les gros mangent les moyens qui mangent les petits et le Capital devient si gros qu’il finit par dévorer l’économie sur laquelle il se goinfre.

Le discours d’entreprise prétend s’adresser à tous mais en réalité, il ne s’adresse qu’à une minorité de la population.

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Une sur trois démarre avec moins de 4000€.

Ce sont celles qui démarrent avec plus de 80.000€, et notamment celles avec plus de 200.000€ qui seules sont capables le plus souvent, de se pérenniser.

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Dans les agences de Pôle Emploi, on incite les demandeurs d’emploi à liquider leur solde d’allocations chômage au but de se constituer un pécule de départ.

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Pécule qui sera le plus souvent entièrement englouti par une petite amicale de sourires carnassiers, un mauvais sort que l’on se gardera bien d’ébruiter au candidat à l’évasion du salariat.

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“L’assureur, le banquier, le type de la CCI, l’agent immobilier, le notaire, l’expert comptable, l’artisan, le rentier sont formels, la plage est à 800 mètres les gars.”

 

Sur les 3,6 millions d’entreprises, 2,4 millions n’ont pas de salarié.

Et sur ces 2,4 millions de “patrons” qui s’auto-exploitent, il y a 900.000 autoentrepreneurs déclarés dont la moitié ne dégage aucun chiffre d’affaire.

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“Sur BFMTV ce matin, ils ont dit que la plage, c’est tout droit, alors moi je vais tout droit, c’est pas dans leur intérêt de mentir à leur public, réfléchissez un peu bon sang!”

 

90% de l’autre moitié réalise un chiffre d’affaire inférieur à très inférieur au SMIC

En 2011, sur 500.000 créations d’entreprises, 270.000 sont des autoentrepreneurs, c’est-à-dire le plus souvent des “entreprises” qui vivotent ou implosent rapidement en vol.

Revenons à nos patrons.

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– Près d’un million d’entreprises de 1 à 9 salarié-e-s

170.000 de 10 à 49 salarié-e-s

50.000 patrons possèdent une entreprise de plus de 49 salarié-e-s

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Même si on les entend beaucoup, même si on les voit beaucoup, même s’ils passent leurs journées à tenter de nous convaincre des vertus de l’idéologie d’entreprise, ces chiffres montrent que les patrons sont infiniment minoritaires, ils ne pèsent en réalité que 3% de la population active.

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Un de moins ! Un patron boulanger de Tarbes se chamaillait ces jours derniers avec un de ses ouvriers nommé Lacaze, un zigue de vingt ans. Emmerdé par son singe, l’ouvrier lui a sauté à la gueule et lui a tellement serré le ki-ki que le patron en est mort. Ça prouve, nom de Dieu, qu’il n a pas besoin de chercher midi à quatorze heures — la bonne volonté suffit. Emile Pouget, Le Père Peinard

 

Telle est la pente naturelle du capitalisme liée à sa logique concentrationnaire: jamais le nombre de salarié-e-s n’a été aussi important.

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Faut-il répéter les arguments irrésistibles du socialisme, des arguments qu’aucun économiste bourgeois n’est jamais parvenu à détruire ? — Qu’est-ce que la propriété, qu’est-ce que le capital, sous leur forme actuelle ? C’est, pour le capitaliste et pour le propriétaire, le pouvoir et le droit, garanti et protégé par l’État, de vivre sans travailler, et, comme ni la propriété ni le capital ne produisent absolument rien, lorsqu’ils ne sont pas fécondés par le travail, c’est le pouvoir et le droit de vivre par le travail d’autrui, d’exploiter le travail de ceux qui, n’ayant ni propriété ni capitaux, sont forcés de vendre leur force productive aux heureux détenteurs de l’une ou des autres. Michel Bakounine

 

Les 22.000.000 salarié-e-s, l’immense masse des travailleurs sans qui le patronat n’est rien, sans qui rien ne se fait, rien ne se crée, doivent connaître la réalité de la création d’entreprise: l’échec quasi assuré pour les plus nombreux, principalement les petits.

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La création d’entreprise est un vrai business en soi, elle entretient les rentes de professions et autres notables et institutions ciblés, par ce que l’on peut nommer un mirage.

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Si l’on se place du point de vue d’un capitaliste, la création d’entreprise est un vrai marché.

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Le mythe de la création d’entreprise lessive des salarié-e-s qui tentent d’échapper à l’esclavage salarial grâce à un authentique miroir aux alouettes.

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Même lorsqu’un homme sans fortune obtient du crédit en tant qu’industriel ou commerçant, c’est qu’on a confiance qu’il va se conduire en capitaliste, s’approprier à l’aide du capital prêté du travail non payé. On lui accorde du crédit en tant que capitaliste en puissance. Et même le fait, qui suscite tant d’admiration de la part des apologistes de l’économie politique, qu’un homme sans fortune, mais énergique, sérieux, capable et versé dans les affaires, puisse de cette façon se transformer en capitaliste […] ce fait, même s’il fait entrer sans cesse en lice contre eux toute une série de nouveaux chevaliers d’industrie, dont les capitalistes individuels déjà en place se passeraient bien, renforce cependant la domination du capital, en élargissant sa base et en lui permettant de recruter toujours de nouvelles forces dans le soubassement social sur lequel il repose. Tout comme pour l’Église catholique au Moyen Âge, le fait de recruter sa hiérarchie sans considération de condition sociale, de naissance, de fortune, parmi les meilleurs cerveaux du peuple, était un des principaux moyens de renforcer la domination du clergé et d’assurer le maintien des laïcs sous le boisseau. Plus une classe dominante est capable d’accueillir dans ses rangs les hommes les plus importants de la classe dominée, plus son oppression est solide et dangereuse. Karl Marx
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Il n’y a que collectivement que l’on puisse abattre le salariat et en finir avec cet odieux esclavage.
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Les Enragé-e-s