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Non, le 1er mai n’est pas la « Fête du Travail »

Le samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date fixée par les syndicats amé­ricains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d’organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heu­res, aura des conséquences inattendues pour la classe ouvrière internationale.

La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à tra­vers les USA. Le mouvement se pour­suit les jours suivants; le 3 mai, à Chicago, un meeting se tient près des usines Mc Cormick.

Des affrontements ont lieu avec les  » jaunes  » [les syndicats patronaux] et la police tire sur la foule, provoquant la mort de plusieurs ou­vriers.

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Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C’est à ce moment là qu’une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en ti­rant. Le bilan se solde par une dou­zaine de morts, dont 7 policiers.

Cela déclenche l’hystérie de la presse bour­geoise et la proclamation de la loi martiale.

La police arrête 7 anarchis­tes, dont deux seulement étaient pré­sents au moment de l’explosion.

7_meneurs_anarchistes_HaymarketMais qu’importe leur innocence; un procès, commencé le 21 juin 1886, en condamne 7 à mort; malgré l’agitation internationale, ils seront pendus le 11 novembre, sauf Lingg qui se suicidera la veille, dans sa cellule et Neebe qui écope de 15 ans de prison.

Trois ans plus tard, en 1889, le congrès de l’Internationale Socialiste réuni à Paris décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde

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Ce n’est que le 24 avril 1941, sous le régime de Vichy dirigé par le Maréchal Pétain que le 1er mai devient officiellement « la fête du travail et de la concorde sociale » et devient jour chômé..

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Affiche de propagande pétainiste.

Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy et à briser toute autonomie du mouvement ouvrier, notamment avec l’interdiction de la libre syndication. Son initiative revient à René Belin, pacifiste et anticommuniste, ancien dirigeant de l’aile socialiste de la CGT .

urlRené Belin démissionne du bureau confédéral le 9 mai 1940 et accepte, le 14 juillet, le ministère de la Production industrielle et du Travail de la part dans le gouvernement vichyste.

Vont le suivre les dirigeants de « Syndicats » qui représentait près d’un tiers des délégués au congrès confédéral de Nantes en 1938.

Leur verbe anticapitaliste va servir d’alibi à une position collaborationniste, leur anticommunisme les mènera à la trahison.

 

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Les syndicats, agissent utilement en tant que centres de résistances aux empiétements du capital. Ils manquent en partie leur but dès qu’ils font un emploi peu judicieux de leur puissance. Ils manquent entièrement leur but dès qu’ils se bornent à une guerre d’escarmouches contre les effets du régime existant, au lieu de travailler en même temps à sa transformation et de se servir de leur force organisée comme d’un levier pour l’émancipation définitive de la classe travailleuse, c’est-à-dire pour l’abolition définitive du salariat.

Karl Marx

 

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A lire en complément:

Juin 36 – Le front populaire au secours du capitalisme français

C’est quoi le fascisme?

L’Internationale d’Eugène Pottier

Eugène Varlin: Aux origines du mouvement ouvrier et du syndicalisme

La Révolution qui vous incombe

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Non le 1e mai n’est pas la  » Fête du Travail « , c’est la fête des travailleurEs!

 

 

 

 

« Ascenseur social », « méritocratie » et autres billevesées du marché

Question aux Enragé-e-s

–  Pour le concept voisin d' »ascenseur social », je me demande quelle est l’origine, les sournois inventeurs. Une idée?

– Pour ce qui est de la « méritocratie« , c’est un concept qui vient des USA, qui date, nous semble-t-il, des années 60, c’est-à-dire à partir du moment où la contre-révolution néolibérale commence à monter en puissance, à savoir quand la Réaction commence à reprendre du poil de la bête consécutivement à la victoire des idéologies étatistes de l’immédiate après-guerre, qui permettront aux industriels et aux bourgeoisies de sauver leurs rentes.

Quant à l’ascenseur social, il faudra sans doute chercher à la fois du côté du bonapartisme et de l’avènement du capitalisme dans sa phase impérialiste, notamment avec l’école « républicaine » de Jules Ferry.

Même si la méthode n’est pas nouvelle, c’est ce qu’on appelait l’oblation au Moyen Âge. Lorsqu’un système se referme, il met en avant des membres de la classe la plus basse, qui doivent tout à l’institution.

Exemple, le Pape Gerbert d’Aurillac, paysan illettré devenu Souverain pontife lorsque l’Église est devenue princière.
On pourrait multiplier les exemples: les janissaires en Turquie, ou les fils d’ouvriers Finkielkraut et Glucksmann.

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Le bonapartisme se fonde sur une  » République  » autoritaire, militaire, les fils de poissonniers devenaient maréchaux d’Empire à 20 ans.
Plus près de nous, ce serait par exemple la nomination de Rachida Dati, servant à faire prendre corps à l’illusion  » d’ascenseur social  » auprès des  » jeunes des quartiers « .

On peut penser également à Pierre Bérégovoy, ouvrier chargé de porter l’estocade aux ouvriers en mettant en place les pires politiques patronales.

François Hollande dépose une gerbe sur la tombe de Pierre Bérégovoy, à Nevers, le 1er mai 2012
François Hollande dépose une gerbe sur la tombe de Pierre Bérégovoy, à Nevers, le 1er mai 2012

C’est aussi cette « discrimination positive« , qui est tout sauf de l’égalité mais de la simple équité, elle aussi chère à la droite, à savoir l’intention de remettre un peu d’égalité au sein d’un système effrontément inégalitaire.

Ce sont ces oblats qui sont le produit de rapports sociaux déterminés par le capitalisme, et qui matérialisent la peur des héritiers mis en danger dans leurs privilèges.

Ce sont ces rares rejetons de la plèbe intégrant Sciences Po ou l’ENA, qui deviennent pour beaucoup des éléments dotés d’un potentiel important de consolidation des rentes sociales en place.

C’est enfin le produit de l’évolution d’Etats qui mutent en Etats impérialistes à partir de la fin du XIXe siècle, une structure fondatrice qui est toujours intacte dans sa forme actuelle et qui a pour nécessité de débaucher les plus brillants des prolétaires pour en faire une sous classe dominante, ce que l’on nomme la « classe moyenne« .
Classe moyenne, dont les médias patronaux nous parlent beaucoup et qui pourtant n’a rien à voir avec le  » français moyen « .

Il s’agit en réalité de la petite bourgeoisie, classe très minoritaire installée au sommet du prolétariat et dont le positionnement louvoie en permanence entre un discours favorable aux masses et la défense inébranlable de la bourgeoisie, classe constituée après laquelle elle court.

Allumez n’importe quelle télé, vous verrez un petit bourgeois.

Nous sommes là dans le cœur de votants réformiste (FdG, EELV, PS, PRG, etc,…) animé par une petite bourgeoisie sur-diplômée, une petite aristocratie universitaire qui entend  » réformer  » le capitalisme sans s’attaquer frontalement à la classe possédante et à qui elle doit tout.

A ne pas confondre avec la petite bourgeoisie réactionnaire qui elle, à l’inverse, est principalement animée par le petit patronat, les gros exploitants agricoles, les petits notables et autres rentiers, cœur de votants idéologique du MoDem au FN en passant par l’UMP, de la bourgeoisie dans son ensemble, de la classe possédante.

Les plus nombreux, quant à eux, se faisant balader électoralement entre ces choix qui n’en sont pas et au sein d’une démocratie fantoche.

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Les Enragé-e-s

 

 

Même lorsqu’un homme sans fortune obtient du crédit en tant qu’industriel ou commerçant, c’est qu’on a confiance qu’il va se conduire en capitaliste, s’approprier à l’aide du capital prêté du travail non payé. On lui accorde du crédit en tant que capitaliste en puissance. Et même le fait, qui suscite tant d’admiration de la part des apologistes de l’économie politique, qu’un homme sans fortune, mais énergique, sérieux, capable et versé dans les affaires, puisse de cette façon se transformer en capitaliste […] ce fait, même s’il fait entrer sans cesse en lice contre eux toute une série de nouveaux chevaliers d’industrie, dont les capitalistes individuels déjà en place se passeraient bien, renforce cependant la domination du capital, en élargissant sa base et en lui permettant de recruter toujours de nouvelles forces dans le soubassement social sur lequel il repose. Tout comme pour l’Église catholique au Moyen Âge, le fait de recruter sa hiérarchie sans considération de condition sociale, de naissance, de fortune, parmi les meilleurs cerveaux du peuple, était un des principaux moyens de renforcer la domination du clergé et d’assurer le maintien des laïcs sous le boisseau. Plus une classe dominante est capable d’accueillir dans ses rangs les hommes les plus importants de la classe dominée, plus son oppression est solide et dangereuse.

Karl Marx

 

Qu’est-ce que le sous-prolétariat?

Au sein d’un mode d’organisation capitaliste de la production, ceux qui ne produisent rien ont tout et ceux qui produisent tout n’ont rien.

En France, 10% de la population possèdent 60% des patrimoines pendant que 90% doivent se « partager » les 40% qui restent.

La bourgeoisie possède les rentes, les usines, les entreprises, les patrimoines, les richesses.

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Le prolétariat lui, n’a d’autre choix, au sein d’un système capitaliste, que celui de se salarier ou de s’auto-exploiter.

93% des actifs sont des salariés.

En « haut » et en « bas » du prolétariat, on distingue deux sous-classes.

En haut, la petite bourgeoisie, minoritaire, sous-classe dominante installée au sommet du prolétariat, classe bâtarde, louvoyante, opportuniste, couarde, qui oscille entre un discours favorable aux masses et la défense inébranlable de la bourgeoisie en tant que classe constituée, classe après laquelle elle court.

Allumez n’importe quelle télé, vous verrez des petits bourgeois.

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Et en bas, le sous-prolétariat, ou lumpen prolétariat, dont le texte qui suit offre une bonne définition actualisée:

C’est une main d’œuvre de remplacement utilisée par le patronat, sans conscience civique, sociale et politique.
Il sert de « garde chiourme », d’indicateur de police ou patronal, de « mouchard » et plus particulièrement lors de mouvements sociaux.
Le lumpen prolétariat n’a pas d’attaches et peut vivre de rapines, de la prostitution des femmes, d’expédients et d’une économie souterraine et quand sa position ou les conditions dans lesquelles il évolue le permettent, de sa domination sur des malheureux.

Il exploite les autres, à l’image de la société dans laquelle il vit. Une vraie cours des miracles.

Homme de peu de scrupules, utilisable pour de basses besognes, par le patronat, la police, la mafia, toujours disponible au service des pouvoirs en place, contre le milieu dont il est issu, le prolétariat.
Détrousseur de pauvres et briseur de grèves. Le lumpen prolétariat vote à droite, pour ses maîtres ou pour le plus offrant.

Pour Marx, le Lumpen prolétariat est l’allié objectif de la bourgeoisie. C’est un de ses instruments.

Qu’est ce qui a changé ?

Entre temps il est allé à l’école. Il a appris, pas plus que le reste du prolétariat mais il a d’autres stratagèmes et l’intelligence de la survie dans la jungle sociale et au dépend des autres.

Le patronat en fabrique du lumpen prolétariat, par le conditionnement en donnant à ce dernier le sentiment de force, d’indépendance, du « moi je » supérieur qui n’a nullement besoin des autres et de l’action collective.
L’image du héros de la propagande américaine, celui qui se fait seul face à la couardise collective et qui rafle la belle, la grosse cylindrée et la fortune au mépris des lois et des risques.
C’est toujours la même fable du héros solitaire et taciturne.

En fait c’est un être faible, sans conscience civique et sociale.

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Toutes les dictatures ont utilisé ce milieu. Pour mieux se débarrasser de prisonniers politiques, on les enfermait avec des prisonniers de droit commun, qui se chargeaient de la basse besogne.
Rien n’a changé, sauf que le lumpen prolétariat peu porter le costume neuf ou des « godasses » à prix fort et selon la mode du moment. L’économie parallèle est aujourd’hui souterraine et il ne court pas forcément les chemins à pied, modernité oblige.
Il ne porte pas de signe distinctif et peut même travailler derrière un bureau.

Il n’est même pas un traître à sa classe puisqu’il n’a aucune conscience d’appartenance à une classe, surtout à celle dont il est issu mais il s’identifie à la classe dominante au travers de ceux qui dirigent.

C’est vrai à l’usine, au bureau, dans les quartiers ; et bien sûr, il vote toujours à droite mais prétend ne pas faire de politique.

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Il défend la France, lui, et l’ordre établi et contre la chienlit, il milite à droite. Ce n’est pas un corps, ni une classe à part.

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Il est disparate et s’opposent les uns aux autres dans le désordre de l’ordre en place. Il peut brûler des voitures qui ne valent pas un sou mais qui sont la seule fortune du voisin, ou vociférer contre en réclamant la peine de mort.
Il peut imposer son ordre sur tout le quartier et un code de conduite aux filles et exiger plus d’ordre en face : «que fait la police » « et la justice ».
Sévir et châtier, les fonctionnaires fainéants, privilégiés et nantis , les salauds de grévistes…etc … Il est une catégorie de citoyens opposés à la notion de citoyenneté pour les autres.

Le lumpen prolétariat est pluriel ayant en commun, la non reconnaissance des droits des autres. Il y a également celui des villes et celui des champs et si les pistoleros des latinfundios ont disparu, leur mission est toujours la même. Raciste, xénophobe et d’autres particularités qu’il partage avec la petite bourgeoisie, pour le plus grand bien du système en place.
Cerise sur le gâteau, comme sous l’ancien régime, les gens de qualité savent tout sans rien apprendre. C’est bien connu le lumpen prolétariat n’a pas besoin d’apprendre, il sait tout par nature. Une catégorie en expansion et la bourgeoisie le sait, elle y travaille.

 

 Source

Le mythe de la création d’entreprise

Le chef de l’État a annoncé au printemps 2013 plusieurs mesures pour favoriser l’esprit d’entreprise dès le collège.

Francois Hollande stands in rainUn programme sur l’entrepreneuriat sera lancé «de la sixième à la terminale»…

Que va-t-il rester à la droite?

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Demain, tous entrepreneurs?

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Quelques chiffres.

France : 93% des actifs sont des salarié-e-s

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Et oui… Le salariat, c’est pas la joie le lundi matin. Ni le dimanche soir d’ailleurs. En fait, le salariat, c’est pas la joie du lundi matin au dimanche soir.

 

L’immense majorité des actifs est salariée.

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-67% des salarié-e-s n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité -80% s’ennuient au travail -2 000 000 salarié-e-s se disent maltraité-e-s au travail -500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises -Un à deux travailleurs sont tué-e-s chaque jour lors d’un accident du travail

 

Pourtant, une mythologie puissante est installée sur tous les canaux culturels et médiatiques possédés par le patronat, celle qui consisterait à pouvoir échapper à l’enfer du salariat en « créant sa boite« .

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Ils sont des centaines de milliers chaque année à être intimement persuadés qu’ils sont plus malins que les autres, sans se douter un instant que le maigre espace que leur laissera les gros finira par être englouti par les mêmes.

En effet, plus d’une création d’entreprise sur deux a mis la clé sous la porte au bout de 5 ans.

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C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. Dépersonnalisé au travail, il demeurera dépersonnalisé chez lui. Christophe Dejours – Travail usure mentale

 

Pour certain-e-s, cela représente l’ultime espoir de pouvoir subvenir à ses besoins car en temps de crise, l’économie capitaliste sur-exploite celles et ceux qui ont un emploi et exclut un nombre toujours plus considérable de personnes, à commencer par les femmes qui en sont les premières victimes.

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Bien que les femmes soient de plus en plus présentes dans la sphère publique, la place qu’elles y tiennent est justifiée idéologiquement par la place prépondérante qu’elles occupent dans la sphère privée : elles peuvent être à temps partiel car elles doivent s’occuper du ménage et des enfants ; elles peuvent gagner moins car elles n’ont pas la charge d’entretenir une famille ; elles exercent des métiers liés à l’enfance, au social accordés à leurs qualités “ naturelles ” de patience et d’accompagnement. Cette division sexuelle du travail permet à la société de faire des économies sur les crèches collectives, les cantines, la prise en charge des personnes âgées. En 2000, les femmes continuent d’assumer 80 % du noyau dur du travail domestique (vaisselle, cuisine, linge, soins matériels aux enfants, courses). Le capitalisme a donc besoin de l’oppression des femmes et la renforce. Il organise la division du travail réservant aux femmes ses premières attaques avant de s’en prendre à l’ensemble des salariés et sans que cela n’entraîne aucune réaction : les secteurs les plus précarisés de tout point de vue sont les plus féminisés. L’oppression des femmes n’est pas seulement un “ reste archaïque ” des millénaires passés. Elle a été récupérée par le système capitaliste même si cela a produit et produit toujours de nouvelles contradictions en son sein : en période d’expansion économique, le capitalisme a besoin de réguler le marché du travail en sollicitant une main d’œuvre féminine bon marché et inversement en période de récession.

 

Ces fameuses « boites », la plupart se refermeront en laissant pour seule liberté à leurs propriétaires illusionnés le soin d’en apposer eux-même le couvercle.

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Si le riche te tapote l’épaule, c’est que ta servilité lui garantit la pleine jouissance de ce qu’il a volé, à toi, à moi, à tous les pauvres du monde. Les riches souhaitent ardemment que tous les déshérités aient l’âme d’un mendiant. Ricardo Flores Magon

 

La plupart y perdra toutes ses économies, qui ne seront bien évidemment pas perdues pour tout le monde…

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« J’hallucine tous ces assistés qui se croivent chez les Bisounours. Moi je vais me bouger le cul et monter ma boite. »

 

Certains hurleront après « les charges » [les cotisations sociales] sans réaliser que les normes fiscales et comptables des entreprises sont faites sur mesure pour la classe possédante, sans s’avouer aussi qu’ils se feront déplumer à leur tour par la bourgeoisie.

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Ils veulent ignorer que le capitalisme consiste à voler légalement les fruits du travail et les gains de productivité afin de renouveler sans fin l’appareil de production sans comprendre qu’ils feront eux-mêmes les frais de cette expansion et de ce vol de travail, d’une façon directe ou indirecte puisque l’économie capitaliste prospère sur la quasi totalité des champs de l’existence.

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Tout est privatisé au sein d’une économie capitaliste, la minuscule liberté consistant à « créer sa boite » n’est une liberté qui ne peut fonctionner que dans la mesure où elle n’est exercée que par une minorité de la population.

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Vous êtes saisis d’horreur parce que nous voulons abolir la propriété privée. Mais, dans votre société, la propriété privée est abolie pour les neuf dixièmes de ses membres. C’est précisément parce qu’elle n’existe pas pour ces neuf dixièmes qu’elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propriété qui ne peut se constituer qu’à la condition de priver l’immense majorité de la société de toute propriété. En un mot, vous nous accusez de vouloir abolir votre propriété à vous. En vérité, c’est bien là notre intention. Karl Marx

 

C’est le principe de toute création de richesse: Toute richesse est du travail volé.

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Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours Elle plonge le lecteur dans les arcanes d’un véritable « système » né dans l’après-guerre et qui, malgré ses mutations, marque encore aujourd’hui la machine patronale. Du recyclage des anciens cadres de Vichy dans la reconstruction jusqu’aux caisses noires des syndicats patronaux, en passant par le financement secret des partis politiques ou les graves dérives du paritarisme, on découvre le rôle central de personnages aussi puissants que discrets, de Georges Albertini, éminence grise du patronat liée à l’extrême droite dans les années 1950, ou les « conseillers du prince » qui ont influencé les choix économiques des présidents successifs de la Ve République. On découvre aussi les efficaces lobbyistes d’un patronat capable de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens. Et qui a su s’appuyer sur des intellectuels et des grands médias pour convertir les élites politiques aux « mérites » de la finance dérégulée. Cette somme brosse le vrai portrait de nombreux patrons, révèle les bonnes affaires des uns dans la « Françafric », les juteuses opérations des autres dans l’immobilier ou l’industrie. On découvre comment se sont vraiment faites la plupart des grandes fortunes françaises, celles d’hier et d’aujourd’hui : subventions extorquées à l’État, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions plus qu’obscures, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, coups fourrés, etc. La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet, sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

 

Les normes comptables sont calquées sur les besoins du Capital, ceux du renouvellement constant de sa prédation. Elles sont suffisamment souples pour pouvoir être arrangées de mille manières et suffisamment bien pensées pour offrir un avantage décisif à une classe bien identifiée.

Celui qui ne possède pas le Capital ne peut lutter à armes égales.

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« Je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai commencé dans mon garage, je suis partie de rien, voyez-vous,  je me suis faite à la force de mon travail. Elle est bonne ou on la refait? »

 

Personne ne leur dit qu’en temps de crise systémique, le Capital procède à une accélération éperdue de sa concentration.

Les gros mangent les moyens qui mangent les petits et le Capital devient si gros qu’il finit par dévorer l’économie sur laquelle il se goinfre.

Le discours d’entreprise prétend s’adresser à tous mais en réalité, il ne s’adresse qu’à une minorité de la population.

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Une sur trois démarre avec moins de 4000€.

Ce sont celles qui démarrent avec plus de 80.000€, et notamment celles avec plus de 200.000€ qui seules sont capables le plus souvent, de se pérenniser.

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Dans les agences de Pôle Emploi, on incite les demandeurs d’emploi à liquider leur solde d’allocations chômage au but de se constituer un pécule de départ.

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Pécule qui sera le plus souvent entièrement englouti par une petite amicale de sourires carnassiers, un mauvais sort que l’on se gardera bien d’ébruiter au candidat à l’évasion du salariat.

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« L’assureur, le banquier, le type de la CCI, l’agent immobilier, le notaire, l’expert comptable, l’artisan, le rentier sont formels, la plage est à 800 mètres les gars. »

 

Sur les 3,6 millions d’entreprises, 2,4 millions n’ont pas de salarié.

Et sur ces 2,4 millions de « patrons » qui s’auto-exploitent, il y a 900.000 autoentrepreneurs déclarés dont la moitié ne dégage aucun chiffre d’affaire.

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« Sur BFMTV ce matin, ils ont dit que la plage, c’est tout droit, alors moi je vais tout droit, c’est pas dans leur intérêt de mentir à leur public, réfléchissez un peu bon sang! »

 

90% de l’autre moitié réalise un chiffre d’affaire inférieur à très inférieur au SMIC

En 2011, sur 500.000 créations d’entreprises, 270.000 sont des autoentrepreneurs, c’est-à-dire le plus souvent des « entreprises » qui vivotent ou implosent rapidement en vol.

Revenons à nos patrons.

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– Près d’un million d’entreprises de 1 à 9 salarié-e-s

170.000 de 10 à 49 salarié-e-s

50.000 patrons possèdent une entreprise de plus de 49 salarié-e-s

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Même si on les entend beaucoup, même si on les voit beaucoup, même s’ils passent leurs journées à tenter de nous convaincre des vertus de l’idéologie d’entreprise, ces chiffres montrent que les patrons sont infiniment minoritaires, ils ne pèsent en réalité que 3% de la population active.

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Un de moins ! Un patron boulanger de Tarbes se chamaillait ces jours derniers avec un de ses ouvriers nommé Lacaze, un zigue de vingt ans. Emmerdé par son singe, l’ouvrier lui a sauté à la gueule et lui a tellement serré le ki-ki que le patron en est mort. Ça prouve, nom de Dieu, qu’il n a pas besoin de chercher midi à quatorze heures — la bonne volonté suffit. Emile Pouget, Le Père Peinard

 

Telle est la pente naturelle du capitalisme liée à sa logique concentrationnaire: jamais le nombre de salarié-e-s n’a été aussi important.

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Faut-il répéter les arguments irrésistibles du socialisme, des arguments qu’aucun économiste bourgeois n’est jamais parvenu à détruire ? — Qu’est-ce que la propriété, qu’est-ce que le capital, sous leur forme actuelle ? C’est, pour le capitaliste et pour le propriétaire, le pouvoir et le droit, garanti et protégé par l’État, de vivre sans travailler, et, comme ni la propriété ni le capital ne produisent absolument rien, lorsqu’ils ne sont pas fécondés par le travail, c’est le pouvoir et le droit de vivre par le travail d’autrui, d’exploiter le travail de ceux qui, n’ayant ni propriété ni capitaux, sont forcés de vendre leur force productive aux heureux détenteurs de l’une ou des autres. Michel Bakounine

 

Les 22.000.000 salarié-e-s, l’immense masse des travailleurs sans qui le patronat n’est rien, sans qui rien ne se fait, rien ne se crée, doivent connaître la réalité de la création d’entreprise: l’échec quasi assuré pour les plus nombreux, principalement les petits.

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La création d’entreprise est un vrai business en soi, elle entretient les rentes de professions et autres notables et institutions ciblés, par ce que l’on peut nommer un mirage.

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Si l’on se place du point de vue d’un capitaliste, la création d’entreprise est un vrai marché.

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Le mythe de la création d’entreprise lessive des salarié-e-s qui tentent d’échapper à l’esclavage salarial grâce à un authentique miroir aux alouettes.

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Même lorsqu’un homme sans fortune obtient du crédit en tant qu’industriel ou commerçant, c’est qu’on a confiance qu’il va se conduire en capitaliste, s’approprier à l’aide du capital prêté du travail non payé. On lui accorde du crédit en tant que capitaliste en puissance. Et même le fait, qui suscite tant d’admiration de la part des apologistes de l’économie politique, qu’un homme sans fortune, mais énergique, sérieux, capable et versé dans les affaires, puisse de cette façon se transformer en capitaliste […] ce fait, même s’il fait entrer sans cesse en lice contre eux toute une série de nouveaux chevaliers d’industrie, dont les capitalistes individuels déjà en place se passeraient bien, renforce cependant la domination du capital, en élargissant sa base et en lui permettant de recruter toujours de nouvelles forces dans le soubassement social sur lequel il repose. Tout comme pour l’Église catholique au Moyen Âge, le fait de recruter sa hiérarchie sans considération de condition sociale, de naissance, de fortune, parmi les meilleurs cerveaux du peuple, était un des principaux moyens de renforcer la domination du clergé et d’assurer le maintien des laïcs sous le boisseau. Plus une classe dominante est capable d’accueillir dans ses rangs les hommes les plus importants de la classe dominée, plus son oppression est solide et dangereuse. Karl Marx
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Il n’y a que collectivement que l’on puisse abattre le salariat et en finir avec cet odieux esclavage.
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Les Enragé-e-s

Qu’est-ce-que tu veux faire quand tu seras grand?

Quand on demande à un enfant ce qu’il veut faire quand il sera grand et qu’on l’oriente pour qu’il réponde par un métier, on le conditionne à l’aliénation capitaliste qui réduit l’être humain au poste de travail qu’il occupera.

Dans la société capitaliste, l’individu humain disparaît sous l’uniforme du poste occupé dans la division du travail, le jeune enfant est réduit à l’uniforme qu’on le conditionne à convoiter. C’est un « jeune futur pompier » ou « une jeune future infirmière ».
Oui, cette préparation à l’aliénation est également sexiste.

Dans la société socialiste, au contraire, l’enfant découvre la vie, sans se soucier de prendre place dans la division du travail, il se prépare à devenir un être humain émancipé des craintes matérielles pour son existence, il révèle son plein potentiel d’humanité.

Les Enragé-e-s

« Du moment où le travail commence à être réparti, chacun entre dans un cercle d’activités déterminé et exclusif, qui lui est imposé et donc il ne peut s’évader ; il est chasseur, pêcheur, berger ou « critique », et il doit le rester sous peine de perdre les moyens qui lui permettent de vivre. Dans la société communiste, c’est le contraire : personne n’est enfermé dans un cercle exclusif d’activités et chacun peut se former dans n’importe quelle branche de son choix ; c’est la société qui règle la production générale et qui me permet ainsi de faire aujourd’hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l’après-midi, de m’occuper d’élevage le soir et de m’adonner à la critique après le repas, selon que j’en ai envie, sans jamais devenir chasseur, pêcheur, berger ou critique. »

Karl Marx

Marx répond aux capitalistes mystiques qui croient à la niaiserie du « changement par la consommation ».

Une consommation sans objet n’est pas une consommation; à cet égard donc la production crée, produit la consommation. Mais ce n’est pas seulement l’objet que la production procure à la consommation. Elle lui donne aussi son aspect déterminé, son caractère, son fini. Tout comme la consommation donnait la dernière touche au produit en tant que produit, la production le donne à la consommation. D’abord l’objet n’est pas un objet en général, mais un objet déterminé, qui doit être consommé d’une façon déterminée, à laquelle la production elle-même doit servir d’intermédiaire. La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mangée avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n’est pas seulement l’objet de la consommation, mais aussi le mode de consommation qui est donc produit par la production, et ceci non seulement d’une manière objective, mais aussi subjective. La production crée donc le consommateur.

Karl Marx