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C’est quoi le fascisme?

Au travers de ce recueil non exhaustif de textes et de travail de lutte antifasciste, nous espérons vous dévoiler ici des analyses précises et accessibles pour tenter de comprendre ce qu’est le fascisme et intégrer la multiplicité idéologique des extrêmes droites. 

Nous avons voulu cet article le plus utile possible afin que toutE un chacunE puisse venir y puiser des argumentaires et des publications ciblés, que vous découvrirez en cliquant sur les liens en rouge.

Le fascisme propose à ses troupes un « anticapitalisme » petit-bourgeois bien différent de l’anticapitalisme socialiste.

Une « mystique » ne suffit pas, ne nourrit pas. Les individus composant les troupes fascistes ne sont pas tous également fanatisés. Et même les plus fanatisés n’en oublient pas pour autant leurs intérêts matériels. Le souci de ces intérêts continue à les aiguillonner. Pour les conquérir, puis les tenir en haleine, le fascisme doit aussi leur présenter une solution pratique aux mots dont ils souffrent.

Bien qu’au service et à la solde du capitalisme, il doit – et c’est ce qui le différencie profondément des partis bourgeois traditionnels – afficher un anticapitalisme démagogique.
Mais cet anticapitalisme, si l'on y regarde de plus près, est très différent de l'anticapitalisme socialiste. Il est essentiellement petit-bourgeois.
Le fascisme fait ainsi d’une pierre deux coups: d’une part, il flatte les classes moyennes en se faisant l’interprète fidèle de leurs aspirations rétrogrades; d’autre part, il jette en pâture aux masses ouvrières – et tout particulièrement à ces catégories de travailleurs qui manquent de conscience de classe – un anticapitalisme utopique et inoffensif et il les détourne ainsi du véritable socialisme.

 

Daniel Guérin

 

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Le fasciste Alain Bonnet de Soral, ex-Front National, fils de notaire et mondain-potiche de plateau de télé déclassé, n’hésite pas à se revendiquer “national-socialiste”.

 

La secte d’Alain Soral, internet et l’argent

 

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Marine Le Pen valsant aux côtés de nostalgiques autrichiens d’Hitler et du IIIe Reich.

Chronologie historique du Front National

Le régime fasciste voit son tour arriver lorsque les moyens "normaux", militaires et policiers de la dictature bourgeoise, avec leur couverture parlementaire, ne suffisent pas pour maintenir la société en équilibre.
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Marine Le Pen (1) en compagnie de Alain Soral (2) et David Rachline (3), sur la droite on distingue aussi Marc George (4) et Steeve Briois (5)

Quand Marine Le Pen copinait avec Alain Soral et Marc George

A travers les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la petite bourgeoisie enragée, les bandes des lumpen-prolétaires déclassés et démoralisés, tous ces innombrables êtres humains que le capital financier a lui-même plongés dans la rage et le désespoir. La bourgeoisie exige du fascisme un travail achevé : puisqu’elle a admis les méthodes de la guerre civile, elle veut avoir le calme pour de longues années. Et les agents du fascisme utilisant la petite bourgeoisie comme bélier et détruisant tous les obstacles sur leur chemin, mèneront leur travail à bonne fin. La victoire du fascisme aboutit à ce que le capital financier saisit directement dans ses tenailles d’acier tous les organes et institutions de domination, de direction et d’éducation : l’appareil d’Etat avec l’armée, les municipalités, les universités, les écoles, la presse, les organisations syndicales, les coopératives. La fascisation de l’Etat n’implique pas seulement la “mussolinisation” des formes et des méthodes de gouvernement – dans ce domaine les changements jouent en fin de compte un rôle secondaire – mais avant tout et surtout, l’écrasement des organisations ouvrières : il faut réduire le prolétariat à un état d’apathie complète et créer un réseau d’institutions pénétrant profondément dans les masses, pour faire obstacle à toute cristallisation indépendante du prolétariat. C’est précisément en cela que réside l’essence du régime fasciste.

Léon Trotsky

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Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen

Les amitiés frontistes de Roland Dumas

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Marine Le Pen aux côtés de l’ancien Waffen SS, Franz Schönhuber

 

La bourgeoisie peut compter sur le fascisme pour dénouer l’imbroglio de tensions que créent dans nos vies les effets des multiples contradictions générées par l’actuelle crise du capitalisme à l’échelle mondiale, où la tentation d’une reprise en main énergique par l’État est forte et où la mystique de l’homme providentiel fonctionne à plein.

Oui, la tentation du fascisme (un régime fort interclassiste et unitariste, collaborationniste, qui préserve l'essentiel tout en changeant le superflu) est très forte en Europe. A certains endroits, elle est sans doute réalisable, et même déjà en voie de réalisation.

Plus les contradictions internes à la bourgeoisie vont s’aiguiser, plus les effets de ces contradictions vont se faire ressentir dans nos conditions de vie, de travail, d’existence… Et plus cette tentation sera forte dans le prolétariat.
Ce que l’on s’astreint à désigner par ” la gauche ” ou ” vraie gauche ” ou ” gauche radicale ” souffre toujours des mêmes maux que ceux dont elle souffrait dans les années 30: l’économisme, notamment dans l’analyse du stade impérialiste du capitalisme, l’absence de ligne de classe et l’abandon progressif de l’internationalisme prolétarien.

 Le fascisme n'arrive pas comme un éclair dans un ciel serein. 

C’est un régime politique, une forme d’exception de l’État bourgeois, qui est l’aboutissement d’un processus, et ce sont toujours les gouvernements bourgeois ” démocratiques ” qui commencent par prendre des mesures réactionnaires afin de tenter notamment de résoudre les contradictions que crée la crise (de croissance) du Capital.

C’est un phénomène réversible jusqu’au moment où il devient irréversible.

Et quand le fascisme est au pouvoir, dans un premier temps il est ambigu, complexe, protéiforme, il est encore marqué par sa naissance anticapitaliste romantique.

Dans sa phase de stabilisation, quand une hégémonie s’est dessinée, le fascisme se détache de cette ambiguïté des débuts et acquiert son caractère de classe réel. D’une certaine manière, le processus de fascisation correspond à une crise idéologique aiguë de la petite bourgeoisie et de ses formations politiques traditionnelles, jumelée à une période d’intenses contradictions au sein du bloc capitaliste.

Le fascisme est toujours une solution de l’État bourgeois pour tenter de se sauver soi-même.

 

Les Enragé-e-s

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On ne discute pas avec le fascisme, on le combat. Cette phrase, assez absolue de prime abord, n’est pas une simple formule et ne part pas de nulle part. Elle part de l’expérience de presque un siècle de lutte contre le fascisme. Parce que le fascisme, c’est un corpus d’idées mais surtout un mécanisme, un mouvement qui ne fait pas de cadeau et n’est pas particulièrement respectueux de règles. Il n’y a rien de bon à prendre chez les fascistes et rien à leur donner (si ce n’est des baffes). Historiquement, tous ceux qui ont cherché la discussion et la conciliation avec les fascistes ont soit fini fascistes soit été liquidés par leurs nouveaux compagnons de route. On ne débat pas avec l’extrême-droite pour des raisons politiques et pratiques.

 

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat.

 Les confusionnistes qui favorisent la montée du fascisme en Europe
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Alain Soral, François Asselineau, Etienne Chouard.

Alain Soral ou Petite sociologie des bas-de-plafond qui jouent la réconciliation.

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François Asselineau, à la tête du micro-parti d’extrême droite nationaliste UPR, est un ancien proche de Charles Pasqua, Jean Tibéri (le maire fraudeur parisien), Nicolas Sarkozy ainsi que de Philippe de Villiers.

François Asselineau

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Le vrai visage d’Etienne Chouard

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Quelques-uns des nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite. [cliquer sur la photo pour zoomer]
En dépit du fait que le fascisme fait démagogiquement des promesses de réabsorption du chômage et de reprise des affaires, il sait parfaitement bien que la machine économique ne va pas de nouveau se mettre en marche.

Il ne cherche pas sérieusement, soit à ramener à la vie le consommateur disparu, ni à stimuler l’investissement arrêté par la longue interruption de l’entrée de l’épargne privée dans la production. D’autres sont libres de croire aux utopies s’ils le souhaitent, mais le fascisme, lui, sait ce qu’il veut et ce qu’il peut en faire. Il essaie simplement d’enrayer, par des moyens artificiels, la chute des bénéfices du capitalisme privé, qui est devenu parasitaire. Malgré sa démagogie verbeuse, il n’a pas beaucoup de projets ni de modèles ; il vit à la petite semaine et n’aspire à rien d’autre qu’à maintenir en vie – par le biais de réductions de salaires, par des commandes et des subventions d’Etat, par la saisie de petites économies, et par l’autarcie – une poignée de monopoles et de grands propriétaires terriens. Et afin de prolonger le règne de ces derniers (mais en limitant leur liberté et sans assurance de retrouver leurs revenus d’avant la dépression), il n’hésite pas à accélérer la ruine de toutes les autres couches de la population – les salariés, les consommateurs, les épargnants, les salariés agricoles, les artisans, les petits industriels et même les consommateurs des biens.

Daniel Guérin, “Fascisme et grand capital”, 1936

 

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Le fascisme n’est pas réductible à une ” simple ” dictature militaire, ni à un nationalisme ou à un bonapartisme et correspond donc bien à une modification beaucoup plus profonde du régime démocratique bourgeois, caractérisée par son profond caractère de classe et ses  ” processions ” populaires, qui le portent au pouvoir.

Et c’est aussi parce que la gauche souffre de ces mêmes maux qu’elle est une partie du problème dans la constitution du fascisme. Mais voilà, si elle est affligée de ces terribles faiblesses, c’est bien parce que le ver est déjà dans le fruit et que les organisations de la classe ouvrière sont déjà ” asphyxiées ” en leur sein même par ces dérives idéologiques. Parce qu’elles mêmes sont traversées par la lutte de classe.
Et souvent même, en réalité, le processus de fascisation commence sournoisement au sein même des organisations (dites) de la classe ouvrière. Soit parce qu’elles sont bureaucratisées à l’extrême, soit parce qu’elles ont subi une érosion idéologique qui en fait des moulins ouverts à tous les vents, y compris les plus mauvais.

 

Les Enragé-e-s

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Tout l’art du fascisme consiste à se dire anticapitaliste sans s’attaquer sérieusement au capitalisme.

Il s’emploie tout d’abord à transmuer l’anticapitalisme des masses en nationalisme. De tout temps, on l’a vu, l’hostilité des classes moyennes à l’égard du grand capitalisme va de pair avec un attachement tenace à l’idée de nation. En Italie et en Allemagne, tout particulièrement, les masses sont prédisposées à croire que l’ennemi est moins leur propre capitalisme que le capitalisme étranger. Aussi le fascisme n’a-t-il pas de peine à préserver ses bailleurs de fonds de la colère populaire: il détourne l’anticapitalisme des masses vers la « ploutocratie internationale ».

Serait-il possible de transmuer l'anticapitalisme des masses en quelque chose d'autre? Le juif sera pour le fascisme – là où les circonstances s'y prêteront – un second bouc-émissaire.

Si le fascisme excite surtout les masses populaires contre la « ploutocratie internationale » et contre les juifs, il lui est impossible – sous peine de se démasquer – d’éviter de s’en prendre à des organisations de la bourgeoisie nationale. Mais ses déclamations contre celle-ci, si on les regarde de plus près, n’ont rien de socialiste. Les classes moyennes détestent la bourgeoisie d’une tout autre façon que la classe ouvrière. Elles ne souhaitent pas sa disparition en tant que classe. Bien au contraire, elles voudraient à leur tour devenir bourgeoises. Le fascisme, lorsqu’il s’affirme antibourgeois, lorsqu’il dénonce la « dégénérescence » de la bourgeoisie, n’entend nullement s’attaquer à l’ordre social existant. Il veut, au contraire, rajeunir cet ordre par un apport de sang frais, de sang plébéien. Il flatte ainsi les classes moyennes tout en détournant les masses de la lutte des classes, du socialisme prolétarien.

 

Daniel Guérin

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Frédéric Chatillon (FN), Dieudonné et le négationniste Faurisson.

 

Ces couches sociales de la petite et moyenne bourgeoisie, auxquelles il faut ajouter l’aristocratie ouvrière qui, constituée sur la base d’une situation privilégiée par rapport à la masse prolétarienne, partage la même mentalité et la même attitude réactionnaire que la petite-bourgeoisie, sont vouées à osciller perpétuellement entre la grande bourgeoisie et le prolétariat, dans la mesure où leurs intérêts apparaissent à tel ou tel moment plus menacés par l’une ou par l’autre. Historiquement elles sont les partisans les plus enthousiastes de la démocratie – ce cadre politique et social qui, selon l’idéologie bourgeoise, permettrait à chaque individu, à chaque entreprise, d’agir librement, confiant aux lois du marché son sort et à l’Etat – soi-disant au dessus des classes – la défense des libertés individuelles et de la propriété privée.

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Virginie Tellenne, connue sous le nom de Frigide Barjot, fille d’un ami personnel de Jean-Marie Le Pen, épouse de Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, frère de Karl Zéro, qui suvit Bruno Mégret dans sa tentative de création d’un mouvement dissident du Front National, est une fervente admiratrice de Benoît XVI, qu ‘elle a soutenu dans ses combats les plus réactionnaires.

 

Ces couches sociales sont nombreuses; elles forment effectivement une masse considérable – paysanne dans les pays capitalistes moins développés, urbaine dans les autres – et rêvent de constituer la majorité, tout en adorant l’idée de la conscience individuelle qui, selon eux, détermine le bien ou le mal, la paix ou la guerre, le bien-être ou la misère.

Elles ont absorbé toutes les illusions bourgeoises sur la liberté, l’égalité, la fraternité, en y ajoutant une bonne dose de superstitions et de fatalisme: elles croient volontiers à l’existence, après la vie physique, d’un au-delà où toutes les injustices terrestres sont réparées et tous les sacrifices récompensés.

 

Ce n’est pas un hasard si la petite-bourgeoisie, historiquement ballottée entre les classes opposées et dont les membres vivent concrètement dans la concurrence de tous contre tous, représente un terrain fertile pour tous les préjugés et toutes les superstitions: tout ce qui arrive ou peut arriver est le résultat de la volonté d’un être supérieur – un destin inflexible, un dieu, un chef génial, une madone démocratique.

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L’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet dans le 5e arrondissement de Paris est le bastion du catholicisme traditionaliste.

 Le scandale de l’école privée et de l’école fasciste hors contrat

Au cours de la longue période qui a vu l’émergence et la victoire de la classe bourgeoise face à l’aristocratie et au clergé, des couches aristocratiques dégénérées – au sens économique et social – ont représenté une réaction particulièrement tenace à la nouvelle société et au nouveau mode de production anti-féodal. Similairement, pendant toute la période historique où le prolétariat tend à s’affirmer comme la classe porteuse de l’émancipation et du progrès pour toute l’humanité, les couches petites-bourgeoises représentent une réaction spécifique (et la masse réactionnaire mobilisable) contre le mouvement prolétarien.

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Michel Chevalet, journaliste scientifique passé par le journal La Croix, Sciences et Avenir, RMC, tf1 et NT1 en train de vérifier le principe d’Archimède avec Jean-Marie Le Pen

L’invariance de l’opportunisme est l’expression politique des diverses couches qui composent la petite bourgeoisie et consiste en ce rôle social et politique conservateur, contre-révolutionnaire. Pour jouer ce rôle, pour tenter de «peser» dans la société, la petite bourgeoisie ne peut se baser que sur ses propres conditions matérielles, liées à la petite production, à la petite propriété dont elle défend les intérêts et les limites et d’où découlent les positions politiques immédiatistes, autonomistes, réactionnaires et racistes qui la caractérisent.

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Alain Bonnet de Soral ici déguisé en gendarme dégradé de canapé.

Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

La petite-bourgeoisie a d’autre part son identité historique au sein de la société capitaliste, qui découle de son rôle contre-révolutionnaire spécifique. Le marxisme enseigne que la petite-bourgeoisie ne peut avoir une potentialité de classe historique, indépendante des autres classes – alors que prolétariat et bourgeoisie, les classes aux deux pôles de la société contemporaine, ont cette potentialité car elles sont porteuses chacune d’un mode de production particulier: le communisme et le capitalisme.

 Les couches sociales qui composent ce qu’on appelle la petite-bourgeoisie, sont en réalité des demi-classes, non porteuses d’un mode de production spécifique, non porteuses d’une révolution et d’une société spécifique.

Elles sont irréductiblement attachées et dépendantes de la société bourgeoise basée sur le profit, sur l’extorsion de la plus-value.

Marine_Le_Pen_PMELa proximité de beaucoup des couches petites bourgeoises avec le prolétariat leur permet de transmettre à celui-ci leurs positions, leurs illusions, leurs superstitions, leurs craintes et leurs ambitions. Cette oeuvre d’intoxication du prolétariat s’est révélée très précieuse et même parfois cruciale, pour la conservation sociale et la défense des intérêts bourgeois. Il serait impossible à la grande bourgeoisie de réaliser directement cette intoxication, de la diffuser avec autant de force au sein des masses prolétariennes: le fossé de classe est trop évident. Il n’en est pas de même avec la petite-bourgeoisie qu’en période de prospérité certains prolétaires peuvent espérer rejoindre: l’antagonisme de classe est beaucoup moins clair et il est souvent pris pour une différence individuelle et non sociale.

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Jean-Marie Le Pen et Alain Soral

 Les différentes branches de l’extrême droite

 

Les néo-fascistes

Les nationalistes

Les identitaires

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Le fasciste Serge Ayoub, fondateur de IIIe voie et des JNR, filmé par Egalité&Réconciliation, la pompe à fric d’Alain Soral.

Boneheads, survivalisme et convergences antisémites

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Serge Ayoub que l’on retrouve régulièrement sur des chaînes de télévision patronales comme ici sur BFMTV.
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Dieudonné et Serge Ayoub

 Ayoub, le retour, vers une troisième voie… de garage

La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, d’une crise structurelle, qui, comme dans les années 1929-1933, peut coïncider avec une crise économique classique de surproduction, mais qui dépasse largement une telle oscillation de la conjoncture. Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « naturelle » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

Ernest Mandel
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Dieudonné, Thierry Meyssan et Michel Collon

 

– Dieudonné est passé du côté de la mort

– Thierry Meyssan ou comment un obscur petit bourgeois est devenu une star internationale au service des pires régimes autoritaires

– Michel Collon, un militant de la confusion

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Etienne Chouard sur la webtv d’extrême droite ” Le Cercle des Volontaires ” et le site conspirationniste ” 4e singe”

 

Un ex-lieutenant de Chouard balance tout

 

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Etienne Chouard rencontre Yvan Blot (RPR, GRECE, Club de l’Horloge, FN…) en le présentant comme un spécialiste des semi-démocraties… recommandant chaudement la visite de son site Internet et sur sa page facebook, l’achat de son livre.

 

Rencontre avec Yvan Blot (ex FN) 

 

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Le néofasciste Vincent Lapierre sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Tête pensante discrète d’Egalité et réconcilitation (E&R), l’universitaire Vincent Lapierre, spécialiste du Venezuela et chaviste convaincu

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Eric Fiorile, gourou fantomatique du mouvement sectaire de la démosophie.

Démosophie et mouvement du 14 juillet 2015 : le business d’une secte

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Jean Bricmont sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Jean Bricmont invité par Egalité&Réconciliation

L’opportunisme est le mode de manifestation sur tous les plans, y compris philosophiques, religieux et comportementaux, des couches sociales qui ont démontré historiquement leur impuissance, tant par rapport à la classe dominant que par rapport au prolétariat.

Des couches sociales qui sont en permanence terrorisées par la menace de perdre leurs privilèges et de tomber dans le prolétariat, voire dans le lumpen-prolétariat et qui sont effrayées par la perspective, qui est pourtant leur grande ambition, de rejoindre les rangs de la grande bourgeoisie; des couches sociales qui aspirent à arrêter l’histoire, c’est-à-dire à rendre éternelle la situation qui permet leur survie sans problèmes, sans risques, sans secousses violentes, guerres et affrontements sociaux dont elles ne peuvent que redouter les conséquences; où à faire revenir en arrière le char de l’histoire dès qu’apparaît le mouvement révolutionnaire prolétarien dans lequel elles voient, avec raison, la menace de la disparition totale et définitive de leurs avantages particuliers.

 

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La famille Le Pen pose devant le château familial de Saint-Cloud.

 

Dans les conditions du capitalisme industriel monopoliste contemporain, une aussi forte centralisation du pouvoir d’État, qui implique de plus la destruction de la plus grande partie des con- quêtes du mouvement ouvrier contemporain est pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital.

Une dictature militaire ou un État purement policier – ne dispose pas de moyens suffisants pour atomiser, décourager et démoraliser, durant une longue période, une classe sociale consciente, riche de plusieurs millions d’individus, et pour prévenir ainsi toute poussée de la lutte des classes la plus élémentaire, poussée que le seul jeu des lois du marché déclenche périodiquement.

Pour cela, il faut un mouvement de masse qui mobilise un grand nombre d’individus.

Seul un tel mouvement peut décimer et démoraliser la frange la plus consciente du prolétariat par une terreur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, et, après la prise du pouvoir, laisser le prolétariat non seulement atomisé à la suite de la destruction totale de ses organisations de masse, mais aussi découragé et résigné.

Ce mouvement de masse peut, par ses propres méthodes adaptées aux exigences de la psychologie des masses, arriver non seulement à ce qu’un appareil gigantesque de gardiens d’immeubles, de policiers, de cellules du parti dans les entreprises  et de simples mouchards, soumette les salariés conscients politiquement à une surveillance permanente, mais aussi à ce que la partie la moins consciente des ouvriers et, surtout, des employés soit influencée idéologiquement et partiellement réintégrée dans une collaboration de classes effective.

 

Ernest Mandel

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Jean-Marie Le Pen décoré par le général Massu.

Torturés par Le Pen ” par Hamid Bousselham (24 février 1957)

HamidBousselhamJournalTorturesParLePen-03d31Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des semaines. Le suspect était d’abord accueilli par les paras, Le Pen en tête, à coups de pied et de poing jusqu’à l’abrutissement complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action quelconque : s’il protestait de son innocence, on lui administrait alors le supplice des électrodes.

Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la victime, lui liait pieds et poings, l’aspergeait d’eau et lui bandait les yeux. C’est alors qu’il lui administrait plusieurs décharges électriques.

Si le “patient” arrivait à supporter le choc et persistait dans ses dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour varier ses “réjouissances”, Le Pen plaçait sur les oreilles de “l’inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu’à ce que la chair fût complètement brûlée.

Puis l’on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore à ce stade leur innocence, le supplice de l’eau, qu’on leur faisait ingurgiter de force avec un tuyau… Parfois le corps du “suspect” était tailladé de coups de couteau.

Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances par jour. Dans l’intervalle des interrogations, les “inculpés” étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60 m à 1,70 m environ.

En 1957, Le Pen député à Paris… tortionnaire à Alger

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Le fascisme contre la concentration industrielle

Le fascisme, pourtant, ne peut éviter, sous peine de se démasquer, de mettre en cause le capitalisme industriel lui-même. Mais ici encore son anticapitalisme reste bien en deçà du socialisme prolétarien.
Les classes moyennes, contrairement à la classe ouvrière, ne se soucient pas de détruire le moteur essentiel du capitalisme: l’exploitation de la force de travail, le vol de la plus-value. A travers tout le 19e siècle, et jusqu’à aujourd’hui, les idéologues petits bourgeois se bornent à déclamer contre la concurrence, contre la concentration industrielle, à demander aux pouvoirs publics de rendre moins nocifs les grands monopoles (cartels et trusts).
En reprenant à son compte ces aspirations rétrogrades, le fascisme flatte les classes moyennes et, en même temps, il détourne les masses ouvrières du socialisme prolétarien.

Daniel Guérin

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Kevin Reche et Marine Le Pen

 Saluts nazis pendant le discours de Kevin Reche

Le fascisme n’est pas une forme politique univoque avec des traits communs à 100% à toutes ses composantes.

Chez les fascistes, il y a des gens pour qui la question de la nationalité ou de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance ethnique…par exemple, est secondaire. Mais elle est en fait tellement secondaire que des attaques et des répressions fondées sur ces critères ne les émeut pas, ne les soulève pas d’horreur ni d’effroi. Donc ils laissent complaisamment faire les mouvements ou groupuscules pour lesquels en revanche, la question de la nationalité est un enjeu politique. Certains sont ” contre le capitalisme financier ” (sic) d’autres sont au contraire nostalgiques d’une forme d’aristocratie qu’ils retrouvent dans le grand capital… Certains courants sont très attachés à la religion, d’autres sont farouchement athéistes ou laics… Mais finalement le dénominateur commun, c’est que dans le vortex fascistoïde des débuts, on essaie de ne pas trop se marcher sur les pieds. On fait des compromis pour l’union, voire, pour l’unité. On se modère un peu, on ferme les yeux sur certains “désaccords”… On se retrouve presque immanquablement contre les communistes, les anarchistes et les émigrants. On le voit bien dans le fascisme italien, tous les courants n’étaient pas d’accord sur tout et Mussolini a du imposer son hégémonie dans ce maelstrom. Les amis d’hier sont devenus les ennemis du lendemain… Nier ce stade de formation du fascisme, protéiforme en termes idéologiques, c’est s’exposer à ne rien y comprendre. Ne pas comprendre comment il va prendre de l’ampleur. S’étendre.
il faut choisir: soit on se bat pour l’hégémonie dans le mouvement mais pour ça faut déjà savoir où on habite, soit on ” accompagne ” et là on se retrouve à accompagner quoi?
Alors évidemment la fausse bonne idée, c’est de se dire ” alors on se met du cote de l’État et des socialistes” du côté de ” l’ordre républicain “.

Et bien non. On s’organise, on se regroupe. On fait bloc. Sans tomber dans ces travers, remèdes presque aussi pires que le mal. Parce qu’il va falloir se battre sur les deux fronts, dans la contradiction, pour la dénouer, sans sombrer dans un ni-ni stérile. Il va falloir avoir cette force de lutter contre tous les visages du même ennemi en même temps pour imposer dans les consciences une autre solution, un autre horizon.

Tout ceci ne fait que commencer.

 

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Marine Le Pen et Alain Bonnet de Soral ici en pleine lutte ” anti-système “.

 

« Ce soir ou jamais » une émission prétendument « transgressive » plébiscitée par l’extrême droite pour son « courage »

 

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40ème anniversaire du Front national. On y aperçoit au centre, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen entourée de membres de groupes radicaux d’extrême droite comme le leader du GUD Edouard Klein (accroupi sur la droite) ou encore une figure du mouvement bonehead Baptiste Coquelle (au centre de l’image et portant un casque SS sur l’image en médaillon)

 

Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique.
Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire.

 

Le rôle de Marine Le Pen aujourd’hui est d’adapter davantage le profil du parti aux exigences du contexte actuel. Quitte à bousculer les vieilles antiennes du FN – sans néanmoins les abandonner – pour mettre l’accent sur des thèmes davantage dans l’air du temps : se référer à l’héritage gaulliste plus qu’à la collaboration, stigmatiser le musulman davantage que le juif, exalter une laïcité conquérante ou afficher une tolérance envers la loi Veil en passant quelque peu sous silence les revendications catholiques intégristes, transformer l’ultra-libéralisme des années 80 en protectionnisme défenseur des salariés nationaux et des services publics, etc.

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Jean-Marie Le Pen et Ronald Reagan à l’époque où la PME Le Pen était néolibérale.
 Un tel mouvement de masse ne peut surgir qu’au sein de la troisième classe de la société, la petite bourgeoisie, qui, dans la société capitaliste, existe à côté du prolétariat et de la bourgeoisie. Quand la petite bourgeoisie est touchée si durement par la crise structurelle du capitalisme, qu’elle sombre dans le désespoir (inflation, faillite des petits entrepreneurs, chômage massif des diplômés, des techniciens et des employés supérieurs, etc.), c’est alors qu’au moins dans une partie de cette classe, surgit un mouvement typiquement petit bourgeois, mélange de réminiscences idéologiques et de ressentiment psychologique, qui allie à un nationalisme extrême et à une démagogie anticapitaliste, violente en paroles du moins, une profonde hostilité à l’égard du mouvement ouvrier organisé.

Ernest Mandel

Ces nouvelles références peuvent même devenir une base doctrinale plus adéquate pour les nouveaux militants.

 

Mais ce ravalement de façade ne supprime pas le fascisme, ça le dissimule.

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Michel Poniatowski (UDF) et ses idées xénophobes, ministre de l’Intérieur de Giscard, a été toujours favorable à un rapprochement ouvert de la droite avec l’extrême droite.
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Le parti des “petits et des sans-grade” Ets Père et fille.

 

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Brigitte Bardot et Jean-Marie Le Pen

La Fondation Bardot ouvertement d’extrême droite

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Brigitte Bardot et Paul Watson, le réactionnaire aventuriste de la SS (Sea Shepherd).

 

Fascisme et protection animale

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Nathalie Krier, le CRAC, Serge Ayoub et Esteban Morillo, le meurtrier de Clément Méric.

 

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Paul Watson, l’énergumène nationaliste et anti-immigrationniste

 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

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Le fascisme est bien plus qu’une idéologie raciste. Son but fondamental est de détruire les organisations de la classe ouvrière, la démocratie, et d’installer une dictature. Comme je l’ai évoqué, Hitler usa habilement des canaux démocratiques et de la liberté d’expression qui lui fut accordée pour parvenir au pouvoir. Or, loin de s’attaquer seulement aux juifs et au mouvement ouvrier, les nazis interdirent tous les partis politiques et journaux qui refusèrent de se soumettre. Les camps de concentration furent remplis d’ardents défenseurs de la liberté d’expression.

Refuser la liberté d’expression aux fascistes, c’est refuser de laisser le moindre espace à ceux qui veulent liquider la liberté d’expression et les droits démocratiques conquis au cours des siècles.

Néanmoins, nous ne pouvons nous appuyer sur les institutions pour y parvenir.

 

Nantes 1er novembre: l’extrême droite complice de la police

 

L’Etat est incapable de contrer la stratégie légaliste des fascistes, en premier lieu parce que la classe dirigeante qui le contrôle, l’utilise pour combattre les classes populaires qui lui inspirent une peur bien plus grande.

Aussi, plus le mouvement ouvrier d’un côté et le mouvement fasciste de l’autre gagnent en audience, plus la tentation est grande pour la classe dirigeante de laisser un espace au second pour affaiblir le premier. Seul un mouvement de masse construit par en bas avec les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière comme fer de lance est capable de faire reculer le fascisme.

Le fascisme est un mouvement dynamique qui doit être compris dans son processus de développement.

Si le FN met aujourd’hui davantage l’accent sur son activité électorale que sur l’activisme contre les immigrés et le mouvement ouvrier, c’est que cela constitue la tactique la mieux adaptée pour acquérir une audience dans une situation où la capacité de la classe dominante à diriger la société commence seulement à vaciller.

 Il nous faut donc identifier l’endroit où réside dans la situation présente la possibilité de construction d’un parti fasciste de masse. 

Dire que le FN n’est pas un parti fasciste en ne considérant que son étape actuelle de développement, c’est croire que la situation politique et sociale ne peut que rester stable.

Or, la crise du capitalisme n’est plus seulement une possibilité évoquée par une poignée d’irréductibles révolutionnaires.

Elle commence à façonner la réalité de façon de plus en plus palpable, accentuant l’instabilité sociale et politique tout comme les confrontations de masse. 

Si le fascisme du 21e siècle ne revêtira évidemment pas les habits du passé, la vieille alternative entre socialisme ou barbarie n’en n’est pas moins remise à l’ordre du jour.

quefaire.lautre.net

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Egalité&Réconciliation avec Etienne Chouard

 

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Jean-Marie Le Pen et Piero San Giogio, le survivaliste d’Egalité&Réconciliation.
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Alain Soral et Piero San Giogio
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Piero San Giogio et Etienne Chouard

 Paranoïa et fantasmes apocalyptiques de l’extrême droite

Le fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société. Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes où vivent encore aujourd’hui, à côté du XX° siècle, le X° et le XII° siècles.
Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations. Le pape à Rome prêche à la radio sur le miracle de la transmutation de l’eau en vin. Les étoiles de cinéma se font dire la bonne aventure. Les aviateurs qui dirigent de merveilleuses mécaniques, créées par le génie de l’homme, portent des amulettes sous leur combinaison.
Quelles réserves inépuisables d’obscurantisme, d’ignorance et de barbarie !
Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau.
Tout ce qu’un développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de l’organisme national, sous la forme d’excréments de la culture, est maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non digérée. Telle est la physiologie du national-socialisme.

 

Léon Trotsky

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Corinne Gouget sur la webtv d’extrême droite Agence Info Libre

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

 

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Etienne Chouard en compagnie de la contre-révolutionnaire catholique d’extrême droite Marion Sigaut

 

Pour éviter de retrouver dans les TL de nos camarades de gauche des contenus en provenance de sites douteux, conspirationnistes, confusionnistes ou puants (sexistes, homophobes / LGBT-phobes, nationalistes / patriotes / chauvins etc.), pour couper court aux sempiternels « mais je ne savais pas », il apparaît utile de publier cette liste non exhaustive des sites, blogs, médias, comptes facebook et twitter animés par des conspirationnistes, des faux-nez d’extrême droite ou bien de sympathisants de tendances moisies en tous genres.
Cette liste a été le fruit de plusieurs mois de recherche par des militants dévoués. Elle se veut être un outil pour préserver nos luttes de ces dérives.
C’est une version largement mise à jour qui est proposée ici.

Liste non exhaustive des sites conspirationnistes et confusionnistes [ VERSION 2015 ]

 Tout d’abord, le grand capital ne songe pas encore à pousser le fascisme à la conquête du pouvoir.

Il ne se sert des bandes fascistes à sa solde qu’en tant que milice anti-ouvrière. Au lendemain de la guerre 1914-1918, le patronat a dû, pour éviter une véritable révolution sociale, faire à la classe ouvrière des concessions importantes. Décidé à reprendre un jour ces concessions, il a l’idée, résolument novatrice, de confier à des bandes armées et militarisées, spécialisées dans la lutte anti-ouvrière, le soin de harceler le prolétariat organisé et d’affaiblir sa résistance. Les grands propriétaires fonciers se joignent à eux.

La trahison de la social-démocratie d’une part, le manque d’éducation et la trahison révolutionnaire des masses d’autre part, abrègent l’expérience ; et, rapidement, la république des « conseils » doit céder le pas à une république bourgeoise démocratique. Mais au sein de cette république, les ouvriers et les paysans conquièrent des avantages politiques et économiques importants : extension du suffrage universel aux deux sexes, journée de huit heures, généralisation des contrats collectifs, assurance-chômage, « conseils d’entreprise » élus, etc. (…)

Pendant quelques jours, les magnats de l’industrie lourde ont senti passer le frisson de l’expropriation.
Mais ils se ressaisissent vite et la peur éprouvée ne fait que décupler leur volonté de revanche. Les concessions qu’ils ont dû faire à la classe ouvrière, pour éviter une véritable révolution sociale, ils sont bien décidés à les reprendre un jour.

Daniel Guérin

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Maxime et propagande pétainiste

 

Elle n’aime pas ça, la terre, la liberté

 

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Affiche de propagande vichyste, 1942

Savez-vous d’où vient l’expression ” Egalité des chances “?

L’écologie, un thème de gauche ?

A l’heure où l’extrême droite fasciste opère un retour inquiétant et passe à l’offensive dans tous les milieux et sur tous les fronts, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considération répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claires en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existé.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

Les premières théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd, qui prône l’amour de la nature combiné au nationalisme, puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retour à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie

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Promotion d’Etienne Chouard assurée par le site Reporterre.

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

 

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Etienne Chouard et Pierre Rabhi à la conférence nationale de lancement de Colibri.
Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!
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La page d’extrême droite confusionnisme Mr Mondialisation et Pierre Rabhi.

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

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Le mouvement de droite radicale Colibris produit du contenu avec Etienne Chouard

 Virus, colibris, grenouilles… Les petits animaux perdus de ” l’engagement citoyenniste “

 

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Conférence d’Etienne Chouard à l’invitation de Colibri.

 

Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

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Pour en finir avec la supercherie Rabhi

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Gabriel Rabhi relaie un site national-socialiste et négationniste animé par Vincent Reynouard.
Gabriel Rabhi publie de la propagande négationniste
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Le négationniste Vincent Reynouard invité par la webtv d’extrême droite MetaTv.
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Etienne Chouard que l’on retrouvé également sur Kaizen, le magazine anthroposophe proche de Colibri et de Pierre Rabhi.

 

On mesure l’expansion du conspirationnisme quand des personnalités prennent le risque de faire état publiquement de leur proximité avec ces thèses. C’est le cas de l’humoriste Bigard, de l’actrice Marion Cotillard, du cinéaste Mathieu Kassovitz, des rappeurs Rockin’Squat et Keny Arkana… ainsi que de Jean-Marie Le Pen et même de l’ex-ministre Christine Boutin.

 

Dossier conspirationnisme : Que répondre à un ami en train de basculer ?

Depuis  le XVIIIe siècle, les théories du complot ont envahi l’imaginaire de la droite réactionnaire et, plus généralement, des « penseurs » contre-révolutionnaires.

Elles apparaissent d’ailleurs en même temps que ces derniers. Contemporaines également de l’avènement de la société capitaliste et de la révolution française, elles sont l’une des formes  par lesquelles certains vont affirmer leur refus de ces deux phénomènes. Elles leur sont donc intimement liées. Elles trouveront ensuite un  terrain d’expression dans la théorisation de l’antisémitisme moderne à la fin du XIXe siècle et feront le lit du fascisme au XXe..

Théories-du-complot-Illuminatissatan-baphomet-franc-maçonsLe conspirationnisme voit le jour après la Révolution Française dans les  milieux religieux et/ou contre révolutionnaires. L’exemple le plus illustre de ces théories étant celui de l’abbé Augustin Barruel et de  ses « Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme » qui accuse les « Illuminés de Bavière »  (les fameux Illuminatis) d’être à l’origine de la Révolution Française.

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 Un complot vieux comme le capitalisme

1425748_272351399598106_274363304_nAyez confiance en vos semblables

 

Nombreux sont ceux qui font aujourd’hui cette amère expérience après avoir écrit un article qui pointe objectivement l’appartenance de tel ou tel mouvement conspirationniste à la sphère fasciste, qui recense toutes les preuves montrant que tel militant fréquente des néo-nazis ou des membres du Front National. La démonstration n’a jamais l’effet attendu : l’ex-camarade devenu conspirationniste n’est pas horrifié par ces révélations, il ne subit aucun choc particulier, il ne se remet en cause sur rien. Au contraire, c’est généralement à ce moment-là qu’il rompt définitivement les liens avec son ancien camp et décide que l’ennemi est désormais l’antifasciste. C’est à ce moment qu’il assume totalement d’être ce qu’il est devenu depuis longtemps, un militant du fascisme.

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Laurent Louis, le député belge antisémite d’extrême droite aux côtés d’Etienne Chouard.

Les sectes politiques et leurs gourous: Soral, Asselineau et Chouard

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Laurent Louis et Dieudonné.

Quand Laurent Louis et Dieudonné bidonnent leurs compteurs de vues Youtube

Si l’on associe souvent fascisme et crise capitaliste, peut-être reste-t-on trop dans l’économisme, dans le constat des difficultés quotidiennes de la majorité de la population, qui les amène à choisir le camp fasciste.

Mais il faut comprendre qu'un licenciement n'est pas juste la perte d'un salaire, que l'impossibilité de construire une carrière, d'acheter une maison à crédit ou autre, n'est pas seulement une frustration matérielle, qu'elle entraîne une crise du sens de la vie, tout simplement.

De même au sein du mouvement ouvrier organisé et de la gauche progressiste qui regroupe aussi des membres de la couche moyenne, la crise se matérialise par une offensive bourgeoise qui ne détruit pas seulement les droits sociaux acquis lors de périodes antérieures du combat de classe. La bourgeoisie s’attaque frontalement au mouvement, qui pour une grande part avait pris l’habitude d’une certaine reconnaissance sociale de sa part, notamment dans ses couches supérieures.

Le militant syndicaliste, habitué à être écouté à défaut d’être entendu n’est plus rien, le militant droit de l’hommiste ou réformiste , qui était considéré comme « représentant » d’une partie de la société est raillé et décrédibilisé comme ringard , décalé et inutile face aux « nouveaux enjeux de société ».

La crise capitaliste est aussi ce moment où la bourgeoisie décide qu’accorder aux prolétaires l’illusion d’être des individus maîtres de leur destin est quelque chose qui coûte trop cher. Ce moment où chacun est ramené à la réalité brutale des rapports sociaux qui permettent la perpétuation du système, ou l’égalité entre les humains est au mieux une fiction fragile.

La conscience de classe qui en découle est d’abord une conscience négative, par conséquent, elle n’amène pas automatiquement la naissance d’une démarche de révolte positive.

Il n’y pas de fierté prolétaire en soi, et lorsque la bourgeoisie nous ramène brutalement à la réalité de la condition d’exploité, le premier réflexe est certes la haine de l’exploiteur, mais aussi la haine de soi, mais aussi l’envie d’appartenir à la classe qui a un statut social enviable.

La joie du combat avec les autres exploités, le sentiment merveilleux d’estime de soi et des autres qui naît dans la lutte ou l’on apprend la solidarité, ou la construction collective fait éclore de nouvelles structures sociales fondées sur des valeurs positives est quelque chose qui doit être éprouvé pour devenir réel à nos yeux.

Mais cela nécessite un premier pas, celui de l’entrée en lutte et des conditions extérieures, la proximité d’une lutte.

Entrer en lutte, c'est toujours mettre en jeu le peu qu'on a à perdre, une stabilité de plus en plus illusoire et temporaire de la vie quotidienne.

Pour toutes ces raisons, une partie des prolétaires ne franchit pas le pas, et reste bloquée au stade de la haine, haine du système perçu comme injuste, mais aussi haine de soi, et sentiment d’avoir raté sa vie.

Une autre partie se retrouve dans les structures du mouvement social, de la gauche ou de l’extrême gauche constituée : mais celle-ci, dans la période de crise du capitalisme actuel se retrouve dans un état de faiblesse extrême.

Ce modèle n’existe plus, mais la gauche fait comme si et subit donc défaite sur défaite. L’ambiance dans ces structures est donc tout aussi déprimante que celle de la société en général.

Face à l’impuissance, la théorie conspirationniste offre le fantasme de la puissance : quelles que soient ses variantes, elle offre l’apparence de la révolte réussie, sans pour autant nécessiter une remise en cause de soi.

Toutes les théories du complot offrent sur un plateau, à la fois un ennemi surpuissant et vague qui permettra de justifier tous les échecs, et dans le même temps des « représentants » de l’ennemi facilement attaquables parce qu’ils appartiennent à des minorités déjà dominées dans le système capitaliste.

http://luftmenschen.over-blog.com/

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On vous donne la soluce, en fait c’était tout bête, les illuminati étaient planqués dans les coquillettes.

 La théorie du complot (complotisme ou conspirationnisme) est une grille de lecture de l’histoire qui a pour fondement la croyance qu’un petit groupe d’individus dirige en secret le monde par le biais de diverses manipulations (magique, scientifique, économique, médiatique).

La théorie du complot se sert de tous les éléments possibles (réels et imaginaires) distants dans le temps et l’espace pour donner une cohérence à son récit. On peut la considérer comme une volonté d’expliquer la Providence ou le destin avec des moyens scientifiques. Un plan mystérieux est dévoilé par un discours rationaliste.

 Le fait de vouloir prouver une conviction en reprenant des arguments scientifiques rend les théories du complot attractives pour certains croyants, cela explique la prégnance des thèmes religieux et ésotériques dans les œuvres conspirationnistes.

Le complotiste qui se présente comme défenseur des opprimés a cependant une démarche très proche de l’élite maléfique qu’il dénonce et prétend combattre. (…) Tout d’abord, il en partage les secrets. Comment y-a-t-il eu accès ? Mystère. En tous cas, cela fait de lui une sorte d’élu clairvoyant qui vit parmi des gens aveugles. (…) Le complotiste dénonce une exploitation du monde et de l’humanité par une organisation secrète, mais il ne donne aucune méthode pour lutter contre le complot. (…) Le fait de croire que la conspiration est le moteur de l’histoire retire toute responsabilité au peuple. Pour un complotiste, ce sont les êtres d’exceptions (dont il fait partie) qui écrivent et lisent l’histoire. Cet angle de vue lui fait considérer le peuple comme une éternelle marionnette.

A qui profite la Théorie du Complot ?

Il est clair qu’elle ne sert en rien les dominés. La théorie du complot n’est pas un cadre d’analyse ou une pensée qui permet aux opprimés de construire un mouvement de résistance ou de mener une lutte d’émancipation.

Si une personne veut savoir qui se cache derrière le complot, elle se perd dans une quête de connaissances qui va l’emmener loin de ses préoccupations concrètes. La théorie du complot agit de ce point de vue comme un leurre.

La théorie du complot renforce le pouvoir en place.

 

Le pouvoir des comploteurs qui dirigent banques, médias, Etats, multinationales sans limites si on se fie aux « théoriciens du complot ». Toute révolte organisée est vouée à l’échec. Si une Révolution se produit, c’est selon la volonté des comploteurs. Une vision complotiste de l’Histoire ne donne aucune perspective. Puisque le complot l’emporte toujours, pourquoi se battre ?

La structure globale de l’exploitation n’est pas remise en cause (salariat, Etat, rente). Ce qui pose problème pour le conspirationniste, c’est qu’à la tête de tout cela on trouve une minorité de parasites qui perverti l’ensemble de la société. Par exemple : « la banque » serait une chose nécessaire, le problème c’est le « bankster ».

Dans le complotisme le problème n’est pas la structure injuste d’un système économique et social mais le fait qu’un groupe occulte est au poste de contrôle remettant en cause un ordre « juste/naturel/divin ».

A défaut de critiquer la société, la théorie du complot va désigner une minorité (réelle ou inventée) et lui attribuer la responsabilité de tous les maux.

De ce fait, les « théories du complots » peuvent être perméables à des idées xénophobes affirmant qu’il est possible d’identifier l’appartenance à un groupe de domination occulte grâce à des traits morphologiques ou culturels.

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Affiche de propagande antisémite.

 

L’antisémitisme est souvent appréhendé comme une simple variante du racisme. Or l’un et l’autre diffèrent de façon importante, même si tous deux ont en commun, en tant que formes de discours essentialistes, de comprendre les phénomènes socio-historiques comme innés – biologiques ou culturels. Alors que la plupart des formes de racisme attribuent une puissance sexuelle ou physique, concrète, à l’Autre qui est vu comme inférieur, l’antisémitisme ne traite pas le Juif comme inférieur mais comme dangereux, comme porteur du Mal. Il attribue une grande puissance aux Juifs, mais cette puissance n’est ni concrète, ni physique. Au contraire elle est abstraite, universelle, insaisissable et mondiale. Les Juifs, dans ce cadre, constituent une conspiration internationale, immensément puissante. L’antisémitisme moderne n’est pas une simple forme de préjugé à l’encontre d’un groupe minoritaire ; il se distingue par son caractère populiste, antihégémonique et antimondialiste. Il fournit un cadre pour expliquer un monde extrêmement complexe et historiquement dynamique, et revendique pour lui-même un pouvoir explicatif global. L’antisémitisme moderne est donc une vision du monde qui, s’appuyant sur les formes antérieures de l’antisémitisme, vise à expliquer le monde moderne capitaliste. Comme je l’ai dit ailleurs, cette vision du monde reconnaît faussement la domination globale, temporellement dynamique, abstraite du capital – qui soumet les hommes à la contrainte de forces historiques abstraites qu’ils ne peuvent pas saisir directement – en tant que domination de la « juiverie internationale ». Il réifie, en termes concrétistes, la domination abstraite du capital, à laquelle il oppose la particularité concrète comme ce qui est authentiquement humain.
L’antisémitisme ne traite donc pas les Juifs en tant que membres d’un groupe racialement inférieur qui doit être maintenu à sa place (par la violence, s’il le faut), mais comme constituant une puissance mauvaise, destructrice. Dans cette vision du monde manichéenne, la lutte contre les Juifs est une lutte pour l’émancipation humaine. Libérer le monde implique de le libérer des Juifs. L’extermination (qu’on ne doit pas confondre avec l’assassinat de masse) est la conséquence logique de cette Weltanschauung.
Parce que l’antisémitisme peut sembler antihégémonique et, partant, émancipateur, il peut aussi brouiller les différences entre les critiques réactionnaires et les critiques progressistes du capitalisme. Il constitue donc un danger pour la gauche. L’antisémitisme fusionne le profondément réactionnaire avec l’apparemment émancipateur en un amalgame explosif.

Moishe Postone – La Critique du Fétiche Capital –

 

La thèse du complot sert directement les intérêts des dominants en confortant la légitimité de leur domination dans l’inconscient collectif et en permettant aussi une répression pour préserver le pouvoir en place. Les théories du complot ne sont pas forcément des thèses d’extrême droite mais elles sont très facilement des passerelles empruntées par ce courant politique pour élargir son champ d’action. Et cela, parce que d’une part elles peuvent correspondre à une stratégie de propagande consciente et efficace, mais surtout parce qu’elles sont le reflet d’une vision globale du monde qui repose sur les schémas de pensée des droites radicales.

 

Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes!

 

Comprendre la néo-gauche réactionnaire

Impostures à gauche
Communisme autoritaire

 

La Révolution qui vous incombe

 

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 19 juillet 36, révolution sociale et victoire sur le fascisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Internationale d’Eugène Pottier -1871-

903759_189231644576749_1581408354_oCouplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État comprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

 

En complément:

1871 – Ce jour où l’on scia la colonne Vendôme

Eugène Varlin : Aux origines du mouvement ouvrier et du syndicalisme

 “Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines.”

Eugène Varlin

 

Eugène Varlin naît le 5 octobre 1839 à Claye-Souilly en Seine-et-Marne, à 37 km de Paris, sur la route de Meaux.

Bien que vivant pauvrement, les parents Varlin envoient leurs enfants à l’école, payante à cette époque.

Eugène Varlin

Eugène quitte l’école à treize ans, en 1852, pour faire son apprentissage de relieur à Paris, d’abord chez un confrère de son oncle, Hippolyte Duru, puis chez son oncle lui-même.

De 1855 à 1859, il parfait son apprentissage dans plusieurs ateliers. Il est ensuite embauché comme contremaître. En 1860-61, il complète son instruction générale en suivant les cours de l’association philotechnique. En 1862, il s’installe dans ses meubles, 33, rue Dauphine, dans le VIe arrondissement où il restera jusqu’en 1870. Il commence à apprendre le latin en 1864.

En 1857, Eugène Varlin participe à la fondation de la Société civile des relieurs, société de secours mutuels regroupant ouvriers et patrons. Il y fait son apprentissage de militant ouvrier.

En 1862, a lieu l’exposition universelle de Londres. Eugène Varlin ne fait pas partie de la délégation française mais il contribue à la rédaction du rapport publié à la suite de ce voyage.

Le 25 mai 1864 est votée la loi qui autorise les grèves en l’assortissant de sévères restrictions. Les ouvriers relieurs s’engouffrent dans la brèche et cessent le travail en août. Les patrons cèdent sur une partie des revendications. Varlin s’est beaucoup investi dans ce mouvement. Pour le remercier, les ouvriers relieurs lui offrent une montre en argent. Les conflits rendent impossible la cohabitation des ouvriers et des patrons dans la Société civile des relieurs. Eugène Varlin en est exclu en 1866.

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– Le militant ouvrier

Il est alors à l’initiative de la Société civile d’épargne et de crédit mutuel des ouvriers relieurs de Paris dont il est élu président. Dans le conseil d’administration de quinze membres, figure l’ouvrière relieuse Nathalie Le Mel.

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Nathalie Le Mel, une communarde bretonne, révolutionnaire et féministe Cette grande dame n’a pas écrit l’histoire de la Commune. Elle l’a faite ! Pas d’écriture de ses mémoires, pas de lettres, rien. Que sa signature parmi d’autres au bas des affiches de la Commune qui proclament : « Nous voulons le travail pour en garder le profit, plus d’exploiteurs plus de maîtres ».

 

Parallèlement, Varlin est à l’initiative, avec la Fédération des relieurs, de la Caisse fédérative de prévoyance des cinq centimes dite Caisse du sou dans laquelle les ouvriers versent cinq centimes par semaine pour constituer un fonds dans le but de venir en aide aux grévistes.

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La classe ouvrière est déjà en mouvement : ici, la grève de La Villette au début de 1870

En 1864, a été créée à Londres l’Association internationale des travailleurs (AIT) plus connue sous le nom de 1re Internationale à laquelle Eugène Varlin adhère en 1865 quand est fondé le bureau parisien qui a son siège, 44, rue des Gravilliers dans le IIIe arrondissement.

Gravilliers_rue_des_44_Siege_de_l_AIT_01_mini-4Plus tard, le bureau sera transféré rue de la Corderie dans le même arrondissement. Les secrétaires correspondants sont des proudhoniens. Varlin fait partie de la commission de vingt membres chargés de l’administrer. Il collabore aux journaux de l’Internationale, la Tribune ouvrière puis la Presse ouvrière. En septembre, il assiste à Londres à la conférence de l’Internationale.

L’AIT se fixe comme première tâche d’unir et d’organiser les masses populaires de tous les pays. Son deuxième objectif consiste à informer les différentes organisations nationales du prolétariat sur tout mouvement de grève, afin de coordonner la lutte et la solidarité de classe contre l’exploitation du capitalisme mondial. Son but principal, à travers les luttes syndicales et politiques, est la conquête du pouvoir économique et politique de la classe ouvrière.

Seulement quatre nations sont représentées au congrès de 1866 : Angleterre, France, Allemagne et Suisse. Elles sont neuf en 1869 : États-Unis, Autriche, Belgique, Espagne et Italie ont rejoint les quatre premières. Des sections sont créées de surcroît en Hongrie, en Hollande, à Alger et jusqu’en Amérique du Sud. L’Internationale comptera en 1870 plus de 100 000 membres en Grande-Bretagne, près de 500 000 en France et quelques 5 millions dans le monde entier.

– Pour l’amélioration des conditions de travail des femmes et l’instruction pour tous.

En septembre 1866, Varlin est délégué au premier congrès de l’Internationale à Genève.

rougerie1Il y fait deux propositions qui sont refusées par la majorité proudhonienne de la délégation française.

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Bakounine défendant le courant anti-autoritaire.

 

La première concerne l’amélioration des conditions de travail des femmes en opposition à la notion de femme au foyer.

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En second lieu, il demande l’enseignement par la société (et non par la famille), sous la direction des parents, et obligatoire pour tous les enfants.

Après ce congrès, Varlin devient l’un des trois secrétaires correspondants. Coopérateur, il fonde, en 1867, la coopérative de consommation La Ménagère et l’année suivante le restaurant coopératif La Marmite, rue Larrey, dans le VIe arrondissement dont trois succursales fonctionneront en 1870.

En présence de toutes ces grèves les militants socialistes ne demeuraient pas inactifs. De plus en plus leur rôle se précisait : ils devaient, selon l’idée même que la classe ouvrière se faisait de l’Internationale, secourir les travailleurs en lutte ; et ils devaient d’autre part les organiser, les entraîner dans la grande lutte qui se développait : « Vous nous direz, écrivait encore Varlin à Aubry (8 janvier 1869), si les efforts faits par vous près des cotonniers des autres maisons (pour les décider à la grève) nous permettent d’arriver à un résultat favorable. Dites-leur bien qu’ils doivent se soutenir entre eux d’abord, afin de mériter l’appui de leurs frères des autres pays dans le cas où la lutte se généraliserait. Dites-leur surtout qu’ils doivent se grouper, s’organiser, se solidariser, entrer dans la ligne internationale des travailleurs pour s’assurer le concours de tous et pouvoir parer à toutes les mauvaises éventualités. »

De 1868 à 1870, les grèves se multiplièrent. En 1868, c’étaient les ébénistes, les tailleurs, les peintres, les mécaniciens qui s’étaient organisés. L’Internationale soutient les grèves et apporte une aide financière aux grévistes en utilisant la Caisse du sou.

Le pouvoir réagit en lançant des poursuites judiciaires contre les quinze membres de la commission parisienne de l’Internationale.

Ceux-ci démissionnent et quinze nouveaux membres sont élus. Parmi eux, on trouve Varlin qui reste secrétaire correspondant avec deux nouveaux venus, Benoît Malon et Emile Landrin.

– Organisateur des travailleurs et initiateur du syndicalisme.

Varlin et ses compagnons sortent de prison en octobre 1868. Il leur faut reconstruire l’Internationale en France, qui a été déstructurée par les deux premier procès. Ils s’y emploient avec vigueur et succès en s’appuyant, en 1869, sur les importants mouvements de grèves en France et à l’étranger qui amènent à impulser la solidarité. La caisse du sou est mise à contribution. Varlin pense que l’organisation des forces révolutionnaires du travail est la question préalable à toute réforme et que la grève est une école de lutte. 1869 est aussi l’année du 4e congrès de l’Internationale à Bâle.

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Varlin y représente les ouvriers relieurs de Paris où il incarne le mouvement ouvrier parisien. Il rend compte des travaux du congrès dans un article du Commerce, organe des Chambres syndicales ouvrières : les sociétés corporatives, résistance, solidarité syndicat, méritent surtout nos encouragements et sympathies, car ce sont elles qui forment les éléments naturels de l’édifice social de l’avenir.

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– Varlin  l’Internationale

 

Des sections sont fondées à Marseille, Lyon, Le Creusot, Rouen et dans des dizaines d’autres villes.

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Dès le 21 mars, les 1 500 mineurs du bassin du Creusot se mettent en grève pour protester contre une baisse de leurs salaires. Ils avaient soutenu, sans y participer le mouvement des ouvriers de janvier. Ce manque de coordination est une faiblesse dont Schneider tire parti. Dès le 23, il reçoit le concours de trois régiments. Les grévistes se rendent en cortège dans la localité voisine de Montchanin où ils font cesser le travail. Les soldats les poursuivent dans les bois et procèdent à quatorze arrestations. Le 24, un comité de grève est formé qui formule les revendications, Il est décapité par des arrestations et aussitôt reconstitué.
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Benoît Malon, envoyé par l’Internationale, prend la direction du mouvement. Schneider repousse avec dédain toutes les revendications. Ce refus brutal renforce la combativité des grévistes. Ils sont soutenus par l’action énergique des femmes qui incitent les quelques non-grévistes à cesser le travail. Les gendarmes en arrêtent une ; ses compagnes la délivrent. Elles récidivent le lendemain. Pour protester contre l’arrestation de trois d’entre elles, elles déposent leurs jeunes enfants devant les gendarmes en criant : « arrêtez nous et nourrissez-les ». Puis elles se massent devant le train qui emmenait les prisonnières à Autun pour y être jugées ; elles obtiennent leur libération. Les grévistes tiennent grâce aux souscriptions qui arrivent de sections de l’Internationale de toute la France. La pression patronale et gouvernementale s’accentue.

En 1870, les mineurs et ouvriers du Creusot ne sont pas seuls à se mettre en grève. À Lyon, les ovalistes, employées dans les filatures, ont obtenu des salaires plus élevés et des journées de travail plus courtes. Aux élections de 1869, l’opposition républicaine a enregistré des progrès. Napoléon III riposte en organisant un plébiscite en mai 1870.

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Napoléon III recevant les souverains à l’exposition universelle de 1867. Le régime autoritaire de Napoléon III, confisque les libertés individuelles et gouverne par la terreur. Gardien de l’ordre, le régime est le moteur de l’économie capitaliste.

 

Au Creusot, les républicains s’unissent dans un Comité antiplébiscitaire animé par Dumay et Assi.

Le préfet fait arrêter Assi et Schneider licencie Dumay.

Mais le stratagème imaginé par Napoléon III ne trompe pas les habitants du Creusot. Dumay est candidat et recueille 77 % des suffrages,  3 400 à répondre non, contre 1 500 qui votent oui.

Sur l’ensemble de la Saône-et-Loire, la liste bourgeoise conservatrice emmenée par Thiers l’emporte. Le parti réactionnaire suscite des troubles et le gouvernement envoie des troupes au Creusot.

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Jean-Baptiste Dumay, syndicaliste, tourneur aux usines Schneider. Le 26, sur la place de la mairie, le face-à-face entre gardes nationaux et soldats de ligne tourne à la fraternisation aux cris de « Vive la République ». Le colonel retire ses troupes. Jean-Baptiste Dumay proclame alors, depuis une fenêtre du premier étage de la mairie sur laquelle est hissé le drapeau rouge : « Je ne suis plus le représentant du Gouvernement de Versailles, je suis le représentant de la Commune du Creusot »

Le 19 mars, Dumay fait une conférence aux ouvriers d’une fabrique de limes à Arnay-le-Duc : c’est là qu’il apprend le soulèvement, la veille, de la population parisienne contre le gouvernement Thiers. Le lendemain, le Comité républicain-socialiste du Creusot décide pour le 26 mars une revue de la Garde nationale et une manifestation en faveur du mouvement parisien.

Eugène Varlin se rend dans les principales villes et centre industriels de France pour y implanter l’Internationale, notamment à Lyon, au Creusot et à Lille.

 

Le pouvoir impérial engage un troisième procès contre l’Internationale. Fin avril, Varlin, menacé d’arrestation, doit se réfugier en Belgique.

Varlin jouit alors d’une énorme popularité auprès des ouvriers. Il est condamné à un an de prison le 8 juillet. Il rentre en France après la proclamation de la République le 4 septembre.

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Sous la pression populaire, la République est proclamée. L’Empire est anéanti par la défaite de Sedan : la bourgeoisie choisit la république pour éviter momentanément la révolution sociale

L’Internationale a été désorganisée par la guerre franco-prussienne.

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La défaite de Sedan clôture une boucherie héroïque qui décimera près de 180.000 vies et en abîmera plus de 220.000 autres.
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Rencontre entre Bismarck et Napoléon III

 

Chronologie des évènements avant la Commune de Paris

  • 2 septembre 1870 : défaite de Sedan et reddition de l’empereur Napoléon III aux Prussiens.
  • 4 septembre 1870 : proclamation de la IIIe République sur la place de l’Hôtel de Ville, à Paris.
  • 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871 : siège de la capitale et  des parisiens.
  • 28 janvier 1871 : armistice entre le gouvernement provisoire et le IIe Reich allemand.
  • 8 février 1871 : élection de l’Assemblée nationale, installée à Bordeaux, qui doit voter le traité de paix. Celle-ci est composée de nombreux royalistes et d’une majorité prête à accepter les conditions du chancelier Bismarck. Les républicains radicaux et les socialistes parisiens qui trouvent les conditions humiliantes y sont opposés.
  • 26 février 1871 : signature des préliminaires de paix qui prévoient l’occupation de l’Ouest de Paris par les Prussiens.
  • 1er mars 1871 : défilé des Prussiens dans Paris.
  • 8 mars 1871 : l’Assemblée nationale supprime la solde des gardes nationaux ainsi que le moratoire sur les loyers et les dettes.

Ces derniers événements exaspèrent les Parisiens. La Garde nationale s’organise en une Fédération des bataillons avec pour mot d’ordre l’instauration de la République. Elle reçoit le soutien du Comité central des vingt arrondissements de Paris. L’Assemblée nationale, qui craint une rébellion, s’installe à Versailles.

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Benoît Malon fondera et animera La Revue socialiste de 1885 à sa mort en 1893. Membre de l’Internationale et de la Commune, son absence d’ambition partisane et son goût de la synthèse lui permettent de faire de sa revue un véritable laboratoire d’idées, un lieu d’échanges ouvert à tous, avec une dimension européenne.

Avec Benoit Malon, Varlin essaye d’en renouer les fils et de préciser la position de l’organisation face à la situation nouvelle : Par tous les moyens possibles, nous concourrons à la défense nationale qui est la chose capitale du moment.

dittmar2-308sCe soir, les délégués de 200 bataillons de la Garde Nationale étaient réunis en assemblée générale au casino du Vauxhall. Ils ont approuvé les statuts définitifs de la fédération républicaine de la Garde Nationale , présentés le 3 mars devant plus de 1000 délégués. Eugène Varlin, ouvrier relieur et membre de l’Association Internationale des travailleurs, propose d’élire le Comité Central.

Depuis la proclamation de la République, l’épouvantable guerre actuelle a pris une autre signification ; elle est maintenant le duel à mort entre le monarchisme féodal et la démocratie républicaine… Notre révolution à nous n’est pas encore faite et nous la ferons lorsque, débarrassés de l’invasion, nous jetterons révolutionnairement, les fondements de la sociétaire égalitaire que nous voulons.

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Londres, manifestation en soutien à la Commune de Paris, 1871

Eugène Varlin fait partie du Comité central provisoire des vingt arrondissements qui regroupe les comités de vigilance et a son siège à la Corderie. Il s’est engagé dans le 193e bataillon de la Garde nationale dont il a été élu commandant.

Le 15 mars 1871, il devient membre du Comité central.

Le 18 mars 1871, premier jour de la Commune, Eugène Varlin occupe, avec son bataillon, l’état-major de la Garde nationale, place Vendôme.

PARIS - LA COMMUNE DE 1871
Le 12 avril, la Commune vote la proposition suivante : « La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brutale et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie ». L’exécution de ce décret n’eut lieu que le 16 mai suivant.

 

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Barricade de la chaussée de Ménilmontant tenue par les fédérés de la garde nationale le 18 mars 1871

 – Élu de la Commune

 

Dans l’aube qui se levait on entendait le tocsin; nous montions au pas de charge, sachant qu’au sommet il y avait une armée rangée en bataille. Nous pensions mourir pour la liberté. On était comme soulevés de terre. Nous morts, Paris se fût levé. Les foules à certaines heures sont l’avant-garde de l’océan humain…La butte était enveloppée d’une lumière blanche, une aube splendide de délivrance. La troupe fraternise avec le peuple, l’insurrection gagne Paris quartier par quartier, surprenant à la fois le gouvernement et le Comité central…

Louise Michel

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L’armée se mutine et passe du côté de la révolution en fraternisant avec les gardes nationaux.

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Le coup d’état pressenti par la Garde Nationale n’a pas tardé à se réaliser ! Thiers, ignorant l’avis des maires d’arrondissement, a tenté cette nuit de voler les canons des parisiens. Sans succès ! Paris tout entier s’est levé pour les défendre. Les canons ont été conservés, partout le peuple, les gardes nationaux et les soldats fraternisent. Désormais le Comité Central est seul maître de la ville.

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Thiers n’avait pas prévu la défection des troupes. Pris de panique, il s’enfuit de Paris et ordonna à l’armée et aux administrations d’évacuer complètement la ville et les forts environnants.

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En avril 1834, Thiers s’illustre en réprimant, au prix de 600 morts et 10.000 arrestations la seconde révolte des canuts, les travailleurs lyonnais de la soie. Chef du gouvernement en 1836, il est écarté au profit de Guizot en 1840. Devenu républicain, il soutient la révolution de 1848, puis fait campagne pour la droite contre les socialistes, et soutient Louis-Napoleon Bonaparte et le Parti de l’Ordre.

Thiers voulait sauver de l’armée ce qu’il pouvait l’être en l’éloignant de la « contagion » révolutionnaire. Les restes de ses forces – certaines ouvertement insubordonnées, chantant et scandant des slogans révolutionnaires – se retirèrent dans le désordre vers Versailles.

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La tâche des instituteurs est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. Louise Michel

Thiers se déchaînait contre les instituteurs, ces « anti-curés ».

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« Qu’on ferme les écoles normales, glapit Thiers, que le curé de la paroisse se charge de l’instruction primaire. Aussi bien il apprendra toujours au peuple qu’il a plus besoin de moralité que de savoir », et Thiers nous avoue ses préférences : « J’aime mieux l’instituteur sonneur de cloches que l’instituteur mathématicien ».

Avec l’effondrement du vieil appareil d’État, la Garde Nationale prit tous les points stratégiques de la cité sans rencontrer de résistance significative. Le Comité Central n’avait joué aucun rôle dans ces évènements. Et pourtant, le soir du 18 mars, il découvrit que, malgré lui, il était devenu le gouvernement de facto d’un nouveau régime révolutionnaire basé sur le pouvoir armé de la Garde Nationale.

« Le 18 mars 1871, » écrit Talès dans son livre La Commune de 1871, « n’a pas d’équivalent dans notre histoire révolutionnaire. C’est une étrange journée où l’on voit une foule, en général passive, provoquer l’écroulement, local sans doute mais total, des institutions bourgeoises. »

Ck3aYACoFu3qi0eq9YWzQZ8FiBwLa Commune de Paris
La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au Suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres était naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois.
Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration.
Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique devait être assurée pour un salaire d’ouvrier. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes. Les services publics cessèrent d’être la propriété privée des créatures du gouvernement central. Non seulement l’administration municipale, mais toute l’initiative jusqu’alors exercée par l’État fut remise aux mains de la Commune.
Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l’expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l’instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Église et de l’État. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l’avaient chargée.
Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de cette feinte indépendance qui n’avait servi qu’à masquer leur vile soumission à tous les gouvernements successifs auxquels, tour à tour, ils avaient prêté serment de fidélité, pour le violer ensuite. Comme le reste des fonctionnaires publics, magistrats et juges devaient être élus, responsables et révocables.
Karl Marx

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La Commune est la première tentative faite par la révolution prolétarienne pour briser la machine d’État bourgeoise; elle est la forme politique « enfin trouvée » par quoi l’on peut et l’on doit remplacer ce qui a été brisé. Karl Marx

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Eugène Varlin est élu membre de la Commune dans le VIe arrondissement le 26 mars 1871. Il est successivement membre des commissions des Finances, des Subsistances et à l’Intendance.

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8q-8966ePendant la semaine sanglante, il se bat sur les barricades dans les VIe,Ve et XIe arrondissements.

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barricade du canal St Martin – Bientôt les Batignolles sont sous le contrôle de l’armée. Benoît Malon, qui dirige les opérations militaires dans l’arrondissement, manque d’être cerné dans la mairie du XVIIème, où il est retranché avec une centaine de fédérés. Rejoints par une trentaine de femmes, dont Louise Michel et Elizabeth Dmitrieff qui ont dû évacuer la place Blanche, les derniers défenseurs des Batignolles se replient sur la butte Montmartre. À Montmartre, la situation est critique. Les renforts et les munitions promises ne s’y trouvent pas, quelques centaines d’hommes à peine tiennent la position. Pire, les artilleurs ont fui. Du haut de la butte, les fédérés se retrouvent incapables de pilonner leur adversaire qui approche. Le maréchal Mac-Mahon envoie à l’assaut ses meilleurs soldats.

24 mai 1871 – Incendie de l’Hotel De Ville

Affiche de propagande versaillaise:

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Contrairement à ce qu’affirme la propagande réactionnaire, les premiers incendies particulièrement spectaculaires de la « semaine sanglante » furent provoqués par les bombardements versaillais sur le Champ-de-Mars et sur le ministère des Finances.

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25 mai 1871 – Les Versaillais, aidés de la cinquième colonne, ces parisiens contre révolutionnaires, ont pris la Rive Gauche. Les massacres des fédérés sont systématiques. À 19h heures, la place du Château d’Eau est déchirée par les bombardements et les incendies. Delescluze refuse de survivre à une nouvelle défaite. Résolu, il s’avance vers la barricade. Vermorel, qui le suit, est grièvement blessé. Le délégué à la guerre lui serre la main, et se dirige au pied de la barricade. Les gardes qui l’accompagnent sont contraints de reculer par les rafales de mitraille des versaillais. Delescluze gravit les pavés et se hisse au sommêt de l’ouvrage, le poing tendu vers l’ennemi. Puis il tombe mort. Quelques gardes nationaux qui veulent le relever tombent à leur tour.

Eugène Varlin remplace Delescluze, comme délégué civil à la guerre.

Les exécutions n’épargnent personne, hommes, femmes, enfants et vieillards. Les journaux de Versailles ont inventé pour justifier ces crimes le mythe des pétroleuses. Les femmes sont accusées de remplir de pétrole les caves des maisons, pour livrer Paris aux flammes et à la destruction. Sous ce prétexte mensonger, on exécute de nombreuses femmes, interpellées au hasard dans la rue.

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26 mai 1871 – La Bastille et la Villette tombent. Les exécutions sommaires des communards pris par les Versaillais sont maintenant “organisées”. Le peuple insurgé entrevoit le sort que les Versaillais lui réservent : “Citoyens du XXème, si nous succombons, vous savez quel sort nous est réservé… Aux armes ! Prêtez votre concours au XIXème, aidez-le à repousser l’ennemi. En avant donc… Vive la République ! ” Par réaction à la boucherie qui fait rage, les derniers otages aux mains de la Commune sont exécutés, malgré les récriminations de Varlin.

27 mai 1871 – Les canons des Buttes Chaumont n’ont plus de munitions.

Les derniers membres de la Commune qui se battent encore, Trinquet, Ferré, Varlin, Ranvier et Jourde, assistent impuissants au désastre. A la mairie du XXème, les blessés affluent et il n’y a ni médecin, ni matelas, ni couvertures. Le sifflement des obus rythme les dernières heures de la ville insurgée.

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28 mai 1871 – Rue Ramponeau s’élève la dernière barricade de la Commune. Un seul fédéré la défend. Trois fois, par un tir ajusté, il casse la hampe du drapeau tricolore des versaillais, qui occupent la barricade de la rue de Paris. Grâce à son courage, le dernier défenseur de l’insurrection parisienne parvient à s’échapper.

 

Le 28 mai, vers midi, il combat, avec Jean-Baptiste Clément et Ferré sur la barricade de la rue de la Fontaine-au-Roi, l’une des dernières de la Commune.

Dans l’après-midi, épuisé, il se repose sur un banc, rue Lafayette, près de la place Cadet.

Varlin, hélas, ne devait pas échapper. Le dimanche 28, place Cadet, il fut reconnu par un prêtre qui courut chercher un officier. Le lieutenant Sicre saisit Varlin, lui lia les mains derrière le dos et l’achemina vers les Buttes où se tenait le général de Laveaucoupet. Par les rues escarpées de Montmartre, ce Varlin qui avait risqué sa vie pour sauver les otages de la rue Haxo, fut traîné une grande heure. Sous la grêle des coups, sa jeune tête méditative qui n’avait eu que des pensées fraternelles, devint un hachis de chairs, l’œil pendant hors de l’orbite. Quand il arriva rue des Rosiers, à l’état-major, il ne marchait plus ; on le portait. On l’assit pour le fusiller. Les soldats crevèrent son cadavre à coups de crosse. Sicre vola sa montre et s’en fit une parure .
Le Mont des Martyrs
n’en a pas de plus glorieux. Qu’il soit, lui aussi, enseveli dans le grand cœur de la classe ouvrière. Toute la vie de Varlin est un exemple. Il s’était fait tout seul par l’acharnement de la volonté, donnant, le soir, à l’étude les maigres heures que laisse l’atelier, apprenant, non pour se pousser aux honneurs comme les Corbon, les Tolain, mais pour instruire et affranchir le peuple. Il fut le nerf des associations ouvrières de la fin de l’Empire. Infatigable, modeste, parlant très peu, toujours au moment juste et, alors éclairant d’un mot la discussion confuse, il avait conservé le sens révolutionnaire qui s’émousse souvent chez les ouvriers instruits. Un des premiers au 18 Mars, au labeur pendant toute la Commune, il fut aux barricades jusqu’au bout. Ce mort-là est tout aux ouvriers.

 

Prosper-Olivier Lissargaray
Histoire de la Commune de 1871 (1876)

 

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Soldats versaillais – Paris tout entier appartient à la réaction. La grande ville est quadrillée par l’armée de l’ordre, qui empêche quiconque d’entrer ou de sortir. Les obus, la mitraille, les incendies ont ravagé les rues et les boulevards. Les places sont jonchées de cadavres. Devant les casernes, on empile les corps par dizaines. Partout les exécutions continuent. À la prison de la Roquette près du Père-Lachaise, on fusille toute la journée. Les soldats, ivres des massacres, campent dans les rues.

 

LA COMMUNE DE PARIS

Eugène Varlin fait face avec courage au peloton d’exécution. Il meurt en criant :

 Vive la République ! Vive la Commune !

 

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La ” semaine sanglante “, c’est le massacre systématique des travailleurs et révolutionnaires parisiens. Il ne s’agit pas seulement de battre Paris insurgé. Il faut faire un exemple. Mais il faut surtout que la révolution reste synonyme de bain de sang … alors qu’elle signifie en réalité une liberté extraordinaire !

 

 

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Eugène Varlin est l’un des personnages les plus emblématiques de la Commune.

Il a laissé l’image d’un militant sincère, irréprochable, fidèle jusqu’à sa mort héroïque, à ses idéaux de justice sociale, d’internationalisme [1] et de liberté.

Pour en savoir plus sur la vie d’ Eugène Varlin

[1] L’enthousiasme de l’auteur de ces lignes est à tempérer fortement à la lecture de cette déclaration de Varlin: « … qu’il ne s’agissait pas de révolution internationaliste, que le mouvement du 18 mars n’avait d’autre but que la revendication des franchises municipales de Paris…et qu’une fois le Conseil municipal élu le Comité central résignerait ses pouvoirs et tout serai fini ».

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Un soir de 1867, Jean-Baptiste Clément allait trouver Antoine Renard. Originaire de Lille, cet ancien ténor de l’Opéra s’était reconverti dans le music-hall. Il le pria de mettre en musique son poème Le Temps des Cerises, ce qu’il fit quelque temps plus tard. Cette chanson devint ensuite l’hymne de tous les communards et des ouvriers. Ce n’est qu’après son retour d’exil que Jean-Baptiste Clément ajouta en 1882 la dédicace : ” A la vaillante citoyenne Louise, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871 “. Ce jour là, avec Eugène Varlin et Charles Ferré, tous deux plus tard condamnés à mort et fusillés, Clément se trouvait sur la dernière des barricades ; Louise Michel était de la partie.

 

 Sources:

commune1871.org

raspouteam.org

commune-rougerie.fr

parisrevolutionnaire.com

Un de nos articles à découvrir:

1871: Ce jour où l’on scia la colonne Vendôme

 

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Pont Eugène Varlin

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Ils furent nombreux, 30.000, 40.000 peut-être, ceux qui moururent autour de Paris, pour la cause qu’ils aimaient.

Ils furent nombreux aussi ceux qui, dans l’intérieur de la ville, tombèrent sous la décharge des mitrailleuses en criant : « Vive la Commune ! ». On sait par les débats de l’assemblée versaillaise que ce peuple égorgé sauva, par son attitude, la forme républicaine du gouvernement français.
Toutefois la présente République, bonne à tout faire pour le service du tsar et du kaiser, est tellement éloignée de toute pratique des libertés, qu’il serait puéril d’éprouver de la reconnaissance envers la Commune pour ce vain mot qu’elle nous a conservé.
Elle a fait autre chose.
Elle a dressé pour l’avenir, non par ses gouvernants, mais par ses défenseurs, un idéal bien supérieur à celui de toutes les révolutions qui l’avaient précédée ; elle engage d’avance ceux qui veulent la continuer, en France et dans le monde entier à lutter pour une société nouvelle dans laquelle il n’y aura ni maîtres par la naissance, le titre ou l’argent, ni asservis par l’origine, la caste ou le salaire. Partout le mot « Commune » a été compris dans le sens le plus large comme se rapportant à une humanité nouvelle, formée des compagnons libres, égaux, ignorant l’existence des frontières anciennes et s’entraidant en paix d’un bout du monde à l’autre.

Elisée Reclus

 

 

Le drapeau européen? Un emblème religieux chrétien anti-laïque

En 1955, date de l’adoption du drapeau, le Conseil de l’Europe possède 14 pays membres.

31 ans plus tard, ce drapeau allait devenir celui des Communautés européennes puis celui de l’Union Européenne.


(…) J’ai eu subitement l’idée d’y mettre les douze étoiles de la Médaille Miraculeuse de la rue du Bac, sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. Et mon projet fut adopté à l’unanimité, le 8 décembre 1955, fête de l’Immaculée Conception.” (…)

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Médaille Miraculeuse de la rue du Bac

 

En 1950, c’était M. Paul M.G Lévy qui était le premier Directeur au Service de Presse du Conseil de l’Europe. C’est donc lui qui fut chargé de faire aboutir le projet de Drapeau. Cet homme très cultivé ne savait pas dessiner. Mais il connaissait M. Arsène Heitz, fonctionnaire au même conseil, qui lui possédait quelque talent artistique. Tous deux étaient de bons catholiques.

Il se garda bien de révéler la source de son inspiration, et les membres du conseil ne virent là que le ciel bleu sans nuage, et la symbolique rassembleuse du chiffre 12

Les douze étoiles ne correspondaient pas, à ce moment–là, au nombre des nations.

Le Parlement Européen était “conçu pour” 12 nations, mais le Drapeau de l’Europe est le drapeau du “Conseil de l’Europe[1], et ce Conseil n’a jamais comporté 12 nations [2] : il en a comporté successivement 6,9, puis 15,… et actuellement 47.

 

[1] Ce qui démontre que les 12 étoiles ont une origine religieuse et uniquement religieuse.

[2] Conseil de l’Europe, organisation internationale antérieure à l’Union européenne, à ne pas confondre avec le conseil européen de l’Union Européenne.

 

Source

Pierre de Coubertin, élitiste, misogyne, colonialiste et raciste

Pierre de Coubertin (Paris 1863-Genève 1937)

torch-bearer-at-the-berlin-olympic-games-1936Cet éducateur français nous est systématiquement présenté par les média et la presse servile, comme un grand bienfaiteur de l’humanité, champion de l’universalisme, de l’amitié et de la fraternité entre les peuples, les “races” et les sexes. Qu’en est-il exactement ? Le moyen le plus simple pour le découvrir de manière objective et de le faire à travers ses propres écrits et paroles.

Le fasciste du sport, ses pensées, son œuvre

 

« Nous devons à Pierre de Coubertin, revendique aujourd’hui le CIO, toute l’organisation des Jeux olympiques, qui ont bénéficié de son esprit méthodique, précis et de sa large compréhension des aspirations et des besoins de la jeunesse. »

Mais même pour son époque, le baron Pierre de Coubertin, aristocrate français né en 1863, grand admirateur des civilisations grecques qui se mit en tête, après un passage en Angleterre de restaurer l’antique tradition des jeux olympiques, était un sacré réactionnaire arrimé à un racisme revendiqué.

La philosophie qui présidait aux Jeux modernes était sans ambiguïté :

« La première caractéristique de l’olympisme est d’être une religion, disait-il. En ciselant son corps par l’exercice, l’athlète antique honorait les dieux. L’athlète moderne fait de même : il exalte sa race, sa patrie et son drapeau. »

Il affirmait ainsi sa vision de la hiérarchie entre les peuples de la planète :

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« Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts. » Pierre de Coubertin

 

Les premiers Jeux furent marqués par un racisme éhonté.

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« Je suis un colonial fanatique », écrivait sans mentir le baron Coubertin.

 

Il était raciste, persuadé de la supériorité des Blancs sur les Noirs :

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« À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ».

 

Coubertin était résolument hostile à la participation des femmes aux JO, qu’il appelait « les olympiades femelles, inintéressantes, inesthétiques et incorrectes », sauf à un titre : « Aux Jeux olympiques, leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs. »

 

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Lors de ces olympiades de 1908, 2008 athlètes représentant 22 délégations et parmi lesquels on comptait 37 femmes, participèrent à 110 épreuves.

 

Contrairement à l’opinion officielle entretenue, le sport version capitaliste ne représente pas une simple “continuité” des jeux antiques.

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Voici le véritable cadre idéologique de la renaissance des jeux Olympiques modernes : Les femmes interdites d’accès, les Nègres, Indiens et autres métèques tolérés dans le rôle de faire valoir.

On retiendra d’ailleurs que pour la troisième olympiade de 1904 à St Louis (USA), les compétitions furent organisées séparément, ceci en fonction de la ” race ”  des compétiteurs.

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1904 – St Louis (USA)

Les organisateurs américains considéraient en effet les Pygmées, Turcs, Syriens et autres Sioux comme des trublions exotiques, indignes d’être comparés à la fine fleur de l’athlétisme WASP (suprématie anglo-saxonne blanche).  Quant à Coubertin, malgré le succès grandissant  des J.O modernes, il ne cessa de tempêter contre le laxisme ethnique des jeux et surtout l’éventuelle participation des femmes aux Olympiades. Il y voyait un affront majeur à la grandeur et à la pureté originelle de cette compétition.

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En 1912, aux Jeux olympiques de Stockholm, le baron Pierre de Coubertin introduit des disciplines artistiques. Il remporte d’ailleurs l’or en littérature.

 

Néanmoins, la pression grandissante des mouvements féministes au cours des années 20 eut raison des règlements désuets et machistes du comité international olympique, si bien qu’en 1928, aux jeux d’Amsterdam, et contre l’avis de Coubertin bien sûr, les femmes, au nombre de 290, firent leur entrée triomphale aux épreuves d’athlétisme.

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Démonstration de saut en hauteur féminin, 1908

 

L’olympisme des Grecs anciens ne se basait absolument pas sur l’idée du record ou l’obsession de la performance et du chronomètre. Si la confrontation entre adversaires existait, elle entrait dans un cérémonial religieux et des mythes qui n’ont plus rien à voir avec l’univers matériel et mental des jeux contemporains.

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«En un siècle de laïcité, une religion était à notre disposition. Le drapeau national, symbole du moderne patriotisme montant au mât de la victoire pour récompenser l’athlète vainqueur, voilà qui continuerait le culte près du foyer allumé.» Pierre de Coubertin

 

Même si l’aspect militaire, la guerre entre cités, la volonté de se “doper” et la dimension mercantile étaient déjà présents. Les jeux Olympiques, comme ceux de Paris en 1900 ou de Londres en 1908, sont déjà de véritables foires commerciales.

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L’appel à la collaboration de classes est un trait marquant du nationalisme et du fascisme: «Que la jeunesse bourgeoise et la jeunesse prolétarienne s’abreuvent à la même source de joie musculaire, voilà l’essentiel, qu’elles s’y rencontrent ce n’est maintenant que l’accessoire. De cette source découlera, pour l’un comme pour l’autre, la bonne humeur sociale, seul état d’âme qui puisse autoriser à l’avenir l’espoir de collaboration efficace.» Pierre de Coubertin

 

Mais surtout, ces jeux s’inscrivent dans un contexte de montée des tensions guerrières et participent à alimenter le nationalisme ambiant. L’institution des jeux Olympiques créée en 1896, comme pseudo-tradition de la Grèce ancienne libérant les esclaves et devant correspondre à l’idéal démocratique affiché par Pierre de Coubertin et son célèbre adage, “ l’essentiel est de participer ”, n’est qu’une imposture!

Ces jeux modernes réactivés pour propager l’hystérie chauvine, le militarisme, se situent dans le cadre de l’aliénation capitaliste tout repose sur l’élitisme et les rapports de domination liés à la production de marchandises.

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JO de Berlin, 1936

 

Avant de mourir en 1937, il trouva un ultime motif de satisfaction : les JO de Berlin en 1936.

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«La glorification du régime nazi, a été le choc émotionnel qui a permis le développement qu’ils ont connu.» Pierre de Coubertin aux côtés d’Adolf Hitler

 

Alors que bien des gens réclamaient leur boycott, Coubertin soutint de bon cœur le régime hitlérien qu’il admirait :

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«La théorie de l’égalité des droits pour toutes les races humaines, conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s’abaisser, à l’esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a raison à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée.» Pierre de Coubertin

 

olympic-stadium-berlin-1936« La onzième olympiade s’accomplit sur un plan magnifique. J’ai l’impression que toute l’Allemagne, depuis son chef jusqu’au plus humble de ses écoliers, souhaite ardemment que la célébration de 1936 soit une des plus belles. Dès aujourd’hui, je veux remercier le gouvernement allemand pour la préparation de la onzième olympiade. »

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Hitler lui renvoya l’ascenseur en proposant Coubertin pour le prix Nobel, ce que l’Académie Nobel, pourtant très conservatrice, refusa.

Les idéaux olympiques selon Coubertin étaient en fait les mêmes que ceux du nazisme : sélection et glorification des plus forts, élimination des faibles.

C’est ainsi que Josef Goebbels fit de son mieux afin tirer parti du renouveau de l’olympisme pour glorifier le Troisième Reich et le nazisme.

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Le baron Pierre de Coubertin lui même était affolé par l’idée d’un “ sport socialiste ”. Dès lors, pour renforcer la soumission à l’ordre établi, le sport devenait un des outils majeurs à disposition.

Source

Gandhi, ou l’art de désarmer les masses

La véritable histoire de Gandhi

 

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A propos des castes: « Je considère fondamentales, naturelles et essentielles les quatre grandes divisions (…). Les innombrables subdivisions peuvent être gênantes, mais je suis tout à fait opposé à ce qu’on essaye de détruire les divisions fondamentales. Je suis porté à croire que la loi de l’hérédité est une loi éternelle et que toute tentative pour la transformer doit forcément conduire au désordre absolu. Je ne considère pas qu’il soit indispensable à l’esprit démocratique de boire ensemble, de partager un repas et de s’unir par le mariage »

 

À Peshawar, qui resta pendant dix jours aux mains de la population, les soldats refusèrent de tirer sur les manifestants. Ces troupes hindoues fraternisèrent avec une foule en majorité musulmane. Il fallut l’intervention de l’aviation britannique pour faire revenir le calme.
Alors que celle-ci réprimait la population, ce n’était pas sa violence que Gandhi condamnait, mais le refus des soldats indiens de tirer !

« Un soldat qui désobéit à un ordre de faire feu enfreint son serment et se rend coupable de désobéissance criminelle. Je ne puis demander à des fonctionnaires et à des soldats de désobéir, car lorsque je serai au pouvoir, j’utiliserai, selon toute probabilité, ces mêmes fonctionnaires et ces mêmes soldats. Si je leur enseignais la désobéissance, je craindrais qu’ils n’agissent de même lorsque je serai au pouvoir. »

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Issu d’une famille commerçante, Gandhi fit ses premières armes de militant nationaliste en Afrique du Sud où, jeune avocat, il était employé par une firme commerçante indienne.

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« un résistant civil ne cherche jamais à mettre le gouvernement dans l’embarras »

 

Tout en proclamant sa loyauté à la Grande-Bretagne, il y organisa la lutte contre les laissez-passer imposés aux commerçants indiens par les Britanniques. Il se déclarait déjà en faveur de mouvements pacifistes, une non-violence qui ne l’empêcha pas de se ranger activement aux côtés de l’armée britannique lors de la guerre des Boers, puis contre la révolte des Zoulous.
Différents ouvrages de propagande, parmi lesquels le film d’Attenborough qui remporta l’Oscar du meilleur film en 1982, présentent Gandhi comme un champion de la non-violence. Dans une société aussi violente que la société indienne, où les rapports sociaux eux-mêmes étaient violents au quotidien, la doctrine non-violente de Gandhi avait une fonction politique : celle de laisser les masses désarmées face à la violence de leurs oppresseurs.

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Gandhi est également présenté comme étant du côté des pauvres, pour l’égalité.

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Il soutenait pourtant la division de la société en castes, qui lui paraissait même fondamentale. Il écrivait en 1920 : « Je considère fondamentales, naturelles et essentielles les quatre grandes divisions (…). Les innombrables subdivisions peuvent être gênantes, mais je suis tout à fait opposé à ce qu’on essaye de détruire les divisions fondamentales.
Je suis porté à croire que la loi de l’hérédité est une loi éternelle et que toute tentative pour la transformer doit forcément conduire au désordre absolu. Je ne considère pas qu’il soit indispensable à l’esprit démocratique de boire ensemble, de partager un repas et de s’unir par le mariage » [2].


Gandhi ne revendiquait même pas l’égalité juridique entre les hommes, ce qui serait à la portée de n’importe quel démocrate bourgeois.

Non, lui exhortait simplement les pauvres à la patience et à l’acceptation de leur sort jusqu’à leur future réincarnation.

Il se déclarait pourtant affligé par la pauvreté qui sévissait en Inde. Mais son remède, c’était le retour au tissage à la main !

Non sans démagogie, il préférait désigner le progrès comme l’ennemi des pauvres, plutôt que les possédants britanniques et indiens qui en accaparaient les fruits.

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Le chantre du métier à tisser manuel était aussi un obscurantiste religieux dont la bêtise s’illustrait dans ses écrits.

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On peut lire sous sa plume que « les hôpitaux sont des institutions pour la propagation du péché. Aller consulter le médecin et guérir soulage le corps, mais affaiblit l’esprit. » [3]

Au nom de ses principes il laissa sa femme mourir, faute d’injections de pénicilline, car il considérait l’intraveineuse comme « une agression violente contre le corps ».

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De retour en Inde, Gandhi sut se faire apprécier des masses.

S’appuyant sur la religion et ses symboles, il imposait le respect par son mode de vie simple, ses déplacements dans les wagons de troisième classe, qui semblaient contraster avec le mode de vie des autres dirigeants du parti du Congrès.

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Ayant abandonné le costume occidental pour un simple morceau d’étoffe tissé par ses soins, il n’avait pas l’allure habituelle des bourgeois du parti du Congrès, habillés à l’occidentale et qui ne perdaient pas une occasion d’étaler leur richesse.

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Cette image de pauvreté que Gandhi voulait offrir aux masses pauvres n’était, justement, qu’une image.

L’écrivain-journaliste Tibor Mende a rapporté dans son ouvrage « L’Inde devant l’orage » :

« Le fait que Gandhi habitait fréquemment une demeure luxueuse où il était l’hôte d’un des plus grands industriels de l’Inde (Birla), ne troublait pas l’image que des millions d’Indiens se faisaient de leur leader ; pas plus d’ailleurs que les dépenses extraordinaires engagées pour garder et transformer les wagons de troisième classe dans lesquels il faisait des voyages spectaculaires, ou pour reconstruire des quartiers entiers de taudis lorsqu’il séjournait parmi les intouchables ».

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Le même Birla déboursait les 50 000 roupies annuelles qui faisaient vivre l’ashram, la petite communauté autour de Gandhi. Pour l’industriel Birla, cet investissement en la personne de Gandhi se révéla particulièrement fructueux par la suite.


Le talent – si l’on peut dire – de Gandhi résidait dans sa capacité extraordinaire à tromper les masses.

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Mohandas Karamchand Gandhi à Londres

 

La population pauvre, qui crevait de misère, au point d’être au bord de l’explosion, pouvait s’identifier à cet homme décharné et y compris à sa doctrine non-violente, ce qui n’aurait pas pu être le cas avec un notable.

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À peine arrivé en Inde, et malgré ses professions de foi non-violentes, Gandhi soutint la Grande-Bretagne durant la première guerre mondiale et se lança même dans une campagne de recrutement de soldats indiens.


Le prêche de la non-violence destiné aux seuls pauvres


En 1919, alors que les grèves et les manifestations des masses se radicalisaient, Gandhi proposa sa première grande campagne d’action non-violente, pour protester contre les lois Rowlatt, qui prolongeaient les pouvoirs répressifs du temps de guerre et permettaient au gouvernement d’emprisonner sans jugement.

Il décréta une journée de « hartal » en avril. À l’origine, le mot signifiait “ grève générale ”. Gandhi lui donna le sens de journée de jeûne et de prière, durant laquelle la population devait suspendre toute activité.
Les masses répondirent à l’appel, bien au-delà de ce que Gandhi avait prévu : une vague de manifestations de masse et de grèves, parfois ponctuées d’émeutes, embrasa différentes régions du pays dès le mois de mars. Durant cette période d’agitation, hindous et musulmans manifestèrent côte à côte et fraternisèrent dans la lutte, au point qu’un rapport officiel du gouvernement soulignait cette « fraternisation sans précédent ».
Alors que la répression se faisait de plus en plus violente, Gandhi redoublait d’efforts pour prêcher la non-violence aux masses indiennes. À Amritsar, dans la région du Pendjab où le mouvement de masse était très actif, l’armée tira à la mitrailleuse sur la foule rassemblée dans un lieu clos, sans aucune possibilité de s’échapper. Il y eut entre 400 et 500 morts et plus de 1200 blessés.
Un peu partout, des groupes courageux de résistance à la répression furent mis en place par les manifestants, peu enclins à se laisser massacrer sans réagir. Gandhi multiplia les appels au calme, regrettant que le mouvement « sorte du cadre de la non-violence ». Il décida du coup de suspendre la résistance passive quelques jours seulement après le hartal, déclarant qu’il avait commis « une bévue énorme comme l’Himalaya qui avait permis à des personnes mal disposées et non à de véritables résistants passifs de perpétrer des désordres. » [4]
Et pour que les choses soient bien claires, il ajouta dans une lettre à la presse qu’un « résistant civil ne cherche jamais à mettre le gouvernement dans l’embarras ».

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Fin 1919, Gandhi mit tout son poids dans la balance pour que le parti du Congrès accepte les mini-réformes consenties par le gouvernement et que tout le monde « se mette tranquillement au travail pour en assurer le succès ». Mais si Gandhi parvenait à s’imposer au parti du Congrès, le mouvement n’obéissait pas à ses injonctions malgré sa popularité, et il continua à se développer.
Les six premiers mois de 1920 furent même le point culminant du mouvement de grève, entraînant un million et demi de travailleurs à travers tout le pays. Le mouvement ouvrier ne faiblissait pas, malgré l’absence d’une direction politique autonome.
Quant au parti du Congrès, il constatait par la voix résignée de son président : « Il ne sert à rien de se dissimuler que nous traversons une période révolutionnaire ». Faute de parvenir à l’arrêter, la bourgeoisie indienne tenta à nouveau de se porter à la tête des masses et Gandhi élabora un nouveau programme de « non-collaboration dans la non-violence » qui fut adopté par le parti du Congrès en septembre 1920.
La non-violence prônée par les dirigeants ne reflétait pas une quelconque préoccupation humanitaire d’éviter les effusions de sang : elle exprimait la peur des propriétaires terriens et de la bourgeoisie indienne de voir les masses s’armer et menacer de renverser non seulement le pouvoir colonial, mais aussi le leur.
Les actions mises en avant étaient le boycott des élections aux nouvelles assemblées consultatives, le boycott des établissements scolaires et des tribunaux. Autant de mesures qui concernaient en fait la bourgeoisie grande et petite. Quant aux masses, le programme les encourageait « au retour au filage à la main » et au boycott des vêtements britanniques. C’était une façon de tenter de détourner les travailleurs du terrain de la lutte des classes en les appelant à des processions autour de grands bûchers où l’on brûlait symboliquement les vêtements britanniques.
Mais si la campagne de non-collaboration séduisit les masses, celles-ci ne s’arrêtèrent pas là : en 1921, l’agitation continuait sous forme de grèves et elle avait carrément pris l’aspect d’une rébellion ouverte dans le Pendjab et dans la région côtière de Malabar. Le mouvement culmina lors de la visite du prince de Galles, qui provoqua le mouvement de hartal – journée morte – le plus spectaculaire que l’Inde ait jamais connu. Les journées de grève décrétées à Bombay pour l’occasion se transformèrent en émeutes contre la répression féroce.


Une fois de plus, Gandhi se désolidarisa des masses et déclara que le « mouvement pour l’indépendance lui faisait horreur ».

Trotsky avait commenté ainsi cette attitude : « Malheur au peuple indien s’il fait confiance à ces paroles ronflantes. Gandhi s’est déjà hâté de proclamer son refus de créer des difficultés à la Grande-Bretagne pendant la crise actuelle (…). La répugnance morale de Gandhi devant la violence reflète la peur de la bourgeoisie indienne devant ses propres masses ».

Une fois de plus, malgré Gandhi et malgré la répression et les milliers d’arrestations, le mouvement continua.


La puissance du mouvement de masse


Gandhi était pratiquement le seul dirigeant à ne pas être en prison lorsque le parti du Congrès se réunit à la fin de l’année 1921.

Il mit toute son énergie à arrêter le mouvement et annonça une campagne de « désobéissance civile de masse » limitée à un seul district de 87 000 habitants, au prétexte qu’ainsi, les conditions de non-violence seraient respectées !

Et quand la nouvelle arriva que dans un petit village de la zone choisie, les paysans attaqués par la police avaient riposté en faisant brûler le commissariat, avec les policiers dedans, Gandhi s’empressa de mettre un terme à ce simulacre de campagne, tout en dénonçant « la conduite inhumaine de la populace ». Il s’infligea alors cinq jours de grève de la faim pour « expier l’immense bévue qu’il avait faite en appelant les masses à la désobéissance civile alors qu’elles n’étaient pas prêtes ».

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Réprimé par l’administration coloniale, désorienté par les trahisons successives du parti du Congrès, le mouvement reflua. Dans la résolution rédigée début 1922, le parti du Congrès insistait sur la nécessité de respecter les « droits légitimes des propriétaires terriens » à percevoir le loyer des terres et la nécessité de payer les impôts et les taxes « légitimement dus ». Il n’était pas question de violence ou de non-violence, mais de respecter les intérêts de classe des possédants.
La période de 1918-1922 sonna comme une alarme pour les possédants indiens et leurs homologues britanniques. La révolution était là. La question se posait objectivement de savoir qui allait la diriger, de la bourgeoisie ou du prolétariat.
La possibilité de voir la classe ouvrière prendre la direction de la lutte révolutionnaire contre la domination britannique en Inde, et donc de lui donner un autre caractère, n’était pas exclue et cela apparaissait clairement aux yeux des possédants indiens. Sous la contrainte du mouvement de masses, le parti du Congrès adoptait des revendications et un ton un peu plus radicaux, pour mieux reculer respectueusement dès que le mouvement refluait, après qu’il ait tout fait pour le désarmer.
Et ce qui rend Gandhi si populaire dans les récits, les films et les livres d’histoire du monde entier, c’est justement le rôle qu’il a joué auprès des masses.

Dans un pays pauvre où la révolte grondait, la bourgeoisie a trouvé en lui un homme capable de dévoyer l’énergie des masses.


Après le coup d’arrêt imposé au mouvement par Gandhi et le parti du Congrès, l’autorité britannique revint sur les quelques concessions qu’elle avait accordées auparavant à la bourgeoisie indienne, notamment sur le terrain économique. En même temps, elle mit sur pied la commission Simon, chargée d’élaborer la future constitution de l’Inde, mais uniquement composée de Britanniques.
C’est parce que les intouchables se convertissaient par millions à la religion musulmane, tentant ainsi d’échapper à la condition de sous-hommes qui leur était faite dans la société hindoue, que Gandhi lança à cette époque un mouvement de défense de la dignité des intouchables. Il proposait de les désigner d’un terme moins infamant, « harijans », qui signifie « enfants de Dieu » et d’abandonner un certain nombre d’ostracismes, qui leur interdisaient par exemple l’accès aux temples. Cette soudaine préoccupation charitable était également une tentative de s’opposer au mouvement des dalits, créé par un dirigeant intouchable, Ambdekar, qui commençait à remporter des succès (dalit signifie « opprimé » et c’était le nom par lequel ils se désignaient à la place du terme « intouchable »).


Le mouvement de masse avait réalisé l’unité des populations de religions différentes dans la rue. À la faveur de son recul, les organisations qui jouaient la carte du fondamentalisme religieux tentèrent de développer leur influence. La Ligue musulmane se sépara du parti du Congrès, prônant l’organisation séparée de la minorité musulmane d’Inde. À l’opposé, à partir des courants intégristes hindous, un parti nationaliste fut créé en 1925. Le RSS (Rashtryia Swayamsevak Sangh — Ligue nationale des volontaires) se réclamait de « l’hindouité ». Créé après la vague révolutionnaire, il se distinguait également par son anti-communisme et une hostilité virulente contre la classe ouvrière. Il joua à l’occasion le rôle de troupes de choc contre les ouvriers, et ses dirigeants s’inspirèrent d’ailleurs des Chemises noires de Mussolini pour structurer leur organisation en unités paramilitaires.
Ces deux organisations jouaient ouvertement sur le terrain de la division religieuse, sous l’oeil bienveillant de l’autorité britannique. Mais Gandhi, si souvent encensé pour avoir prôné l’unité entre hindous et musulmans, justifiait aussi les préjugés les plus imbéciles de la religion hindoue, qui interdisaient les mariages intercommunautaires, et même le simple fait de manger ensemble les mêmes aliments !


Une nouvelle montée révolutionnaire


La classe ouvrière sur le devant de la scène
Le mouvement ouvrier connut une nouvelle accélération dans un contexte marqué par la révolution dans la Chine voisine. La révolution chinoise de 1927 jeta en effet le prolétariat dans la lutte contre l’oppression coloniale, mais aussi contre la bourgeoisie chinoise.
Mais contrairement à ce qui se passait en Chine, le Parti communiste indien ne jouait pas de rôle important. Formé dans l’immigration en 1920, il avait commencé à s’implanter dans la classe ouvrière indienne au milieu des années vingt, mais ne joua jamais un rôle de direction dans la nouvelle montée révolutionnaire.
Les grandes grèves qui reprirent à Bombay en 1928 avaient à la fois des revendications politiques, contre la commission Simon, mais aussi des motifs économiques, contre les exploiteurs, anglais comme indiens. Les bataillons les plus avancés de la classe ouvrière, et notamment les ouvriers du textile de Bombay, occupaient à nouveau le devant de la scène en 1928.
Cette nouvelle poussée du mouvement ouvrier se traduisait dans le parti du Congrès par des débats entre les modérés et l’aile gauche, qui prônait « l’indépendance totale » comme objectif du parti. Pour finir, l’aile gauche se contenta de la revendication des modérés d’un « gouvernement responsable au sein de l’empire britannique ».


En mars 1929, la plupart des dirigeants syndicaux et politiques furent arrêtés, sous prétexte de complot contre la couronne. Le procès traîna pendant quatre ans, durant lesquels les dirigeants furent laissés en prison, ce qui permit de les tenir à l’écart de la lutte.
La fin de l’année 1929 approchait, sans que le gouvernement colonial montre la moindre attention aux sollicitations modérées du parti du Congrès. En même temps, la classe ouvrière était sur le pied de guerre, impatiente d’en découdre.


Dans ce contexte, alors que le parti du Congrès osait finalement se prononcer pour l’indépendance, Gandhi s’y opposa. Il mit en avant un programme de réformes en onze points, qui excluait toujours l’indépendance, et proposa une nouvelle campagne… contre le monopole du sel exercé par le gouvernement britannique. Cela avait l’avantage d’être une revendication populaire tout en excluant la grève et la lutte de classe, puisqu’il s’agissait d’effectuer une marche symbolique vers la mer…

Gandhi se mit donc en marche avec quelques dizaines de ses partisans triés sur le volet et une batterie de caméras et de journalistes, pendant que les masses étaient invitées à patienter.

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C’était un grand show médiatique pour l’époque, qui se conclut le 6 avril 1930, quand Gandhi fit symboliquement bouillir une poignée de sel devant la mer.


Les masses une nouvelle fois trahies par Gandhi


Ni Gandhi ni les autorités britanniques, qui avaient sereinement laissé la marche du sel s’accomplir, n’avaient prévu le formidable mouvement de masse qui se déclencha dans la foulée. Loin de se borner à « fabriquer leur sel dans le respect de la non-violence », les masses se saisirent de leurs armes habituelles. Grèves dans les usines et le chemin de fer, manifestations de rue et piquets de grève dans les villes. Dans les villages, les premiers mouvements de refus d’acquitter les loyers aux propriétaires terriens se généralisèrent.
À Peshawar, qui resta pendant dix jours aux mains de la population, les soldats refusèrent de tirer sur les manifestants. Ces troupes hindoues fraternisèrent avec une foule en majorité musulmane. Il fallut l’intervention de l’aviation britannique pour faire revenir le calme.

Alors que celle-ci réprimait la population, ce n’était pas sa violence que Gandhi condamnait, mais le refus des soldats indiens de tirer !

« Un soldat qui désobéit à un ordre de faire feu enfreint son serment et se rend coupable de désobéissance criminelle. Je ne puis demander à des fonctionnaires et à des soldats de désobéir, car lorsque je serai au pouvoir, j’utiliserai, selon toute probabilité, ces mêmes fonctionnaires et ces mêmes soldats. Si je leur enseignais la désobéissance, je craindrais qu’ils n’agissent de même lorsque je serai au pouvoir. » [5]


La loi martiale fut proclamée le 12 mai 1930, alors que le mouvement de grève connaissait un nouvel essor suite à l’arrestation de Gandhi. La répression s’abattit et en l’espace de dix mois, entre avril 1930 et février 1931, 90 000 hommes, femmes et enfants furent condamnés.

Depuis sa prison, Gandhi continuait à déplorer que la situation s’envenime et se déclarait tout à fait prêt à collaborer avec les autorités. Ce qui fut fait en janvier 1931, où Gandhi et l’exécutif du parti du Congrès furent relâchés.

LONDRES - GANDHI ACCOMPAGNE DE RESISTANTS INDIENS
Gandhi, accompagné de repésentants indiens, à la Table Ronde. Londres (Angleterre), Palais Saint James, 1931.

 

Gandhi participa ensuite aux négociations de la Table Ronde à Londres, négociations que le parti du Congrès avait pourtant fait serment de boycotter quelques mois plus tôt, car aucune discussion sur l’autonomie de l’Inde n’y était prévue. Pour contraindre l’ensemble du parti du Congrès à accepter, Gandhi avait ressorti la menace d’une grève de la faim « jusqu’à la mort ».
À Londres, Gandhi signa un accord avec les autorités britanniques, qui n’accordait absolument rien, même pas la fin du monopole du sel. Toute l’énergie des masses, toute leur mobilisation étaient une nouvelle fois trahies par les dirigeants du parti du Congrès et l’aile gauche du parti, après avoir émis quelques protestations, finit, comme à son habitude, par se ranger derrière les modérés.
Quant au pouvoir colonial, il en profita pour frapper un grand coup, arrêtant plus de 80 000 personnes entre 1932 et 1934.


La Seconde Guerre mondiale et la situation révolutionnaire d’après-guerre


Lors de la Seconde Guerre mondiale, les organisations nationalistes tentèrent sans succès de marchander leur soutien à l’effort de guerre britannique contre quelques assurances et garanties applicables à la fin de la guerre. Quant à Gandhi, il avait déclaré qu’il ne soutenait pas cette guerre, mais qu’il ne ferait rien pour profiter de la situation. Il mit cependant en avant un mot d’ordre plus radical, exigeant que les Britanniques quittent l’Inde.


De fait, Gandhi avait durci son langage, coincé qu’il était entre la poussée des masses et l’intransigeance des autorités britanniques, qui refusèrent toute concession, rompirent les pourparlers, interdirent le parti du Congrès et arrêtèrent 60 000 personnes.


La Seconde Guerre mondiale fut marquée par un appauvrissement massif : en 1943, la famine qui éclata au Bengale, aggravée par l’incurie de l’administration anglaise, fit entre trois et quatre millions de morts. Soit dit en passant, le camp des démocraties donnait là un exemple de son degré de barbarie…

Au sortir de la guerre, la marche vers l’indépendance s’accéléra. L’impérialisme avait pour cette fois échappé à la révolution en Europe. Mais de la Chine à l’Indonésie, en passant par l’Inde et la péninsule indochinoise ou la Malaisie, des millions d’hommes et de femmes se soulevèrent, rendant inévitable l’explosion contre la domination coloniale ou semi-coloniale.
En Inde, l’agitation reprit de plus belle dès la fin de l’année 1945, avec des vagues de manifestations et de grèves politiques qui partirent encore une fois des grandes villes comme Calcutta et Bombay. Dans la foule des manifestants qui défilaient presque quotidiennement, les drapeaux rouges côtoyaient ceux du parti du Congrès et de la Ligue musulmane, les travailleurs se retrouvant une fois de plus ensemble dans la lutte, indépendamment de leur religion.

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Gandhi, 1945

 

En février 1946, les marins de la flotte de Bombay, le plus grand port militaire, se soulevèrent. Tout comme le reste de l’armée d’Inde, la marine était dirigée par des officiers britanniques, mais composée d’Indiens. Le drapeau rouge flottait sur les bâtiments militaires, dont les marins avaient expulsé les officiers. Appuyés par les grévistes de Bombay, qui venaient ravitailler les bateaux, les marins insurgés élirent un Comité central de grève de la marine. Le mouvement gagna d’autres secteurs de l’armée et d’autres bases de la marine, ébranlant dans ses fondations mêmes l’appareil d’État.
Le Comité central de grève contacta les dirigeants du parti du Congrès et ceux de la Ligue musulmane, qui lui refusèrent d’une seule voix toute aide ou appui pratique.
Les marins insurgés pouvaient par contre compter sur l’aide active des travailleurs. Lorsque l’armée britannique lança un ultimatum aux marins, menaçant de « détruire toute la flotte si nécessaire », les travailleurs répondirent par une gigantesque grève. Quant aux soldats indiens, ils refusèrent de tirer sur les manifestants. Les autorités coloniales firent venir la troupe britannique et des renforts navals considérables pour mener trois jours d’une répression féroce, tirant sans discrimination sur la foule. Entre le 21 et le 23 février 1946, il y eut officiellement 250 morts.


Le manque d’une direction révolutionnaire


Au bout du compte, sous la pression du parti du Congrès et de la Ligue musulmane et de leur promesse de tout faire pour éviter les représailles, le comité de grève des marins décida de se rendre, et fut immédiatement emprisonné.
Pendant ces journées révolutionnaires, les masses avaient montré leur désir d’unité, passant par-dessus les différences de confession religieuse.
Dans l’autre camp, les dirigeants de la Ligue musulmane rejoignirent ceux du parti du Congrès pour condamner la violence : non pas celle des troupes britanniques contre le peuple désarmé, mais celle de ce que Gandhi appela « l’alliance impie » des hindous et des musulmans qui défiait le dogme de la non-violence.

La bourgeoisie indienne avait par contre un instrument efficace pour stopper les masses, en la personne de Gandhi et dans le parti du Congrès.

Trotsky avait commenté ainsi cette attitude : « Malheur au peuple indien s’il fait confiance à ces paroles ronflantes. Gandhi s’est déjà hâté de proclamer son refus de créer des difficultés à la Grande-Bretagne pendant la crise actuelle (…). La répugnance morale de Gandhi devant la violence reflète la peur de la bourgeoisie indienne devant ses propres masses ».


Tout changer pour que rien ne change.


En août 1947, l’indépendance de l’Inde fut proclamée. Aux mâts des édifices officiels, les trois couleurs du drapeau indien remplaçaient l’Union Jack britannique. Mais derrière cette rupture formelle, il y avait la continuité entre l’impérialisme britannique et la bourgeoisie indienne à laquelle il remettait le pouvoir.


Au cours des années de situation révolutionnaire que l’Inde avait connues, l’impérialisme britannique avait trouvé des solutions politiques, et surtout les avait éprouvées. La bourgeoisie indienne et ses représentants du parti du Congrès avaient fait leurs preuves dans les faits : ils s’étaient montrés capables de mener les luttes des masses dans des impasses et d’éviter la révolution. Toute cette période avait permis au gouvernement britannique de préparer une transition de l’Inde coloniale à l’Inde indépendante qui préservait l’ordre impérialiste, tout en laissant les représentants de la grande bourgeoisie indienne et des grands propriétaires fonciers à la tête du pays.


Le principal artisan des changements qu’il fallait faire pour que tout continue comme avant, Gandhi, ne survécut que quelques mois après l’indépendance. Il fut assassiné le 30 janvier 1948 par un fondamentaliste hindou.


LO- Cercle Léon Trotsky

Nous n’avons pas peur des ruines

Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi. C’est nous qui avons construit les palais et les villes d’Espagne, d’Amérique et de partout. Nous, les travailleurs, nous pouvons bâtir des villes pour les remplacer. Et nous les construirons bien mieux ; aussi nous n’avons pas peur des ruines. Nous allons recevoir le monde en héritage. La bourgeoisie peut bien faire sauter et démolir son monde à elle avant de quitter la scène de l’Histoire.
Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs.

Buenaventura Durruti

 

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