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Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

Sea Shepherd, des camarades de luttes ?

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Le groupe écologiste Sea Shepherd jouit d’une sympathie certaine dans les milieux gauchisants (comme en témoigne par exemple leur invitation au festival Unies Sont Nos Cultures à tenir une table de presse au côté de la CNT, d’AL, la FA, des collectifs antifascistes rennais et quimperlois… ).

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Une promiscuité qui pique un peu les yeux, même si selon nos informations, son annonce ne s’est pas réalisée cette année, contrairement à l’année 2014 où Sea Shepherd étaient bien présents.

Ce qui séduit une partie de l’extrême gauche chez Sea Shepherd, c’est leur radicalité de façade, un mode opératoire punchy rompant avec l’image habituelle de l’écologie institutionnelle ainsi qu’une mythification de la clandestinité valant à Watson, qui a un mandat d’interpol au cul et est recherché par les polices de plusieurs pays, une certaine auréole de gloire.

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Paul Watson, dit « capitaine Watson », fondateur et dirigeant de Sea Shepherd.

 

Sea Shepherd, est ainsi connu pour ses actions d’abordage et d’éperonnage de baleiniers et thoniers. Ce n’est pas la première fois que nous attirons l’attention sur cette superficialité politique qui amène trop de camarades à juger de la pertinence à partir de la forme au détriment du fond. Or si la forme d’une action politique peut la condamner définitivement (par exemple une modalité d’action oppressive, raciste, sexiste, homophobe… ne peut être positive quels que soient son but et les revendications qu’elle promeut), elle ne peut suffire à en faire une action positive ou à définir ses auteurs comme de notre camp. C’est cette superficialité politique qui fait par exemple que de nombreux gauchistes diffusent régulièrement sur le net des images d’émeutes, de militants s’affrontant aux flics comme si cela en faisait systématiquement quelque chose de réjouissant, sans même vérifier s’il s’agit de fachos avérés voire de nazis.

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En l’occurrence, Sea Shepherd a tout ce qu’il faut pour séduire qui ne veut pas y regarder de très près ; un discours écologiste et des actions pêchues à souhait.

Des amis dérangeants.

À la mi-juin 2015 un article du site d’information réunionnais zinfos974 dénonçait la présence en masse des néonazis dans les supporters facebook de Sea Shepherd. Nous ne partageons nullement les thèses de cet article sur différents points.

C’est d’ailleurs un point récurrent concernant nos sources sur cette organisation. Face à la cécité d’une majorité d’écologistes anticapitalistes sur Sea Shepherd, bon nombre d’informations compromettantes ne sont relayées sur le net que par des groupes dont nous ne partageons pas les idées, soit des groupes anti-écolos, soit le plus souvent des pacifistes bêlants outrés par les actions coups de poing de Sea Shepherd. C’est ce qui explique l’utilisation répétée de donotlink dans tout cet article dans les différents liens qui vous seront donnés. Nous ne reprenons pour autant que des infos confirmées et vérifiables, souvent assumées par Sea Shepherd même.

Et par ailleurs l’affirmation de l’auteur anonyme comme quoi la majorité des militants les plus actifs de l’organisation sont des nazis est largement exagérée. Cependant, on trouve en effet dans ses soutiens un certain nombre de fascistes en tout genre et notamment de néonazis paganistes et, pour ce qui est de la France, de membres de la mouvance Colibri.

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De gauche à droite : Lamya Essemlali (porte parole de Sea Shepherd France), Pierre Rabhi, Paul Watson et Yana Rusinovich, sa femme et également militante de Sea Shepherd.

 

Le gourou Paul Watson

Si ces soutiens ont de quoi alerter, on nous rétorquera aisément qu’une organisation n’est pas comptable des gens qui la soutiennent, que Sea Shepherd peut se vanter de millions de soutiens et que parmi ceux-ci, on en trouve de toute obédience, y compris comme nous l’avons vu, d’extrême gauche.

Intéressons-nous donc plus particulièrement aux idées et aux amitiés entretenues volontairement par Sea Shepherd et ciblons donc pour commencer son chef et fondateur Paul Watson.

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Paul Watson financé par un des créateurs des Simpson … harponné dans South Park

 

Rien de ce qui concerne Watson ne peut être considéré comme anecdotique, tant la personnalité de celui-ci est importante au sein de cette organisation qui voue un véritable culte à son « Capitaine Watson ».

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Cela mérite d’ailleurs de s’y attarder un petit peu. Avant de fonder la Sea Shepherd Conservation Society (SSCS) en 1977, Watson était membre de Greenpeace qu’il a quitté après un vote où l’ensemble de ses camarades partageant son navire ont voté son débarquement dans une belle unanimité. Parmi les raisons de cette éviction, on trouve comme il le dira par la suite les désaccords de Watson avec la ligne non-violente de Greenpeace, mais aussi la personnalité propre à Watson. Bob Hunter, un de ses compagnons d’alors, dit de lui :

 » Il semblait possédé par une volonté trop débordante, un désir trop soutenu de se mettre à l’avant ou au centre de tout, écartant tout le monde sur son passage… Il allait constamment faire le tour d’autres antennes en agissant comme un mutin. Il a créée de la division partout où il s’est rendu… Nous avons tous ressenti que nous allions être piégés dans une toile que personne ne voulait voir se développer, et une fois que ce fut le cas, il n’y avait rien d’autre à faire que d’abattre le couperet, même si cela signifiait que c’était sur le cou d’un de nos frères.  »

Par ailleurs, Watson, le pseudo fugitif semi-clandestin, ne peut passer quelque part sans poser au maximum, si possible au bras de sa femme Yana Rusinovich, une grande blonde mince entrant plutôt dans les canons de beauté de la société capitalo-patriarcale.

L’utilisation sexiste de l’image des femmes dans la communication de Sea Shepherd se remarque par ailleurs régulièrement.

10/23/2010 - Captain Paul Watson, Mermaid - Animal Planet & Sea Shepherd Conservation Society "Operation No Compromise" Commencement Celebration - Arrivals - Private Hollywood Hills Estate - Los Angeles, CA, USA - Keywords: Sea Shepherd, Captain Paul Watson, mermaid, short white hair, facial hair, beard, mustache Orientation: Landscape Face Count: 1 - False - Photo Credit: Charles Edwards / PR Photos - Contact (1-866-551-7827) - Landscape Face Count: 1
La beauté est une norme sociale, un concept clé du patriarcat. A travers la recherche de beauté se cachent l’apparence, la soumission, l’aliénation, la contrainte et l’argent […] Les femmes sont soumises à une pression constante qui leur demande d’adapter leur corps à des canons de beauté. La séduction par la beauté est l’un des pivots de la construction de l’identité féminine. C’est un diktat en cela qu’il se présente comme absolu, qu’il est arbitraire (conforme aux codes en vigueur) et entraîne les femmes dans la voie de la soumission et de l’aliénation par la valorisation dont il gratifie les femmes belles. C’est de plus un marché juteux, une connexion entre patriarcat et capitalisme […] C’est une aliénation qui altère la confiance en soi car elle nie et refuse l’imperfection […] elle divise les femmes, les met en concurrence pour la séduction des hommes. VANINA, « Le Mythe de la beauté »

Ainsi sur la proue de leur trimaran le « brigitte bardot » cette dernière est peinte en maillot de bain fort décolleté dans un style très sexualisé.

De même, les publications de Sea Shepherd ou de ses membres vantent régulièrement la beauté et la douceur de Yana Rusinovich ou Lamya Essemlali. En février dernier, Watson n’a d’ailleurs pas hésité à faire de son mariage un événement de communication glamour et people.

Quand il ne pose pas avec sa femme, Watson s’affiche avec des célébrités ou avec des représentants locaux de SSCS, se trouvant alors auréolés de la gloire d’avoir côtoyé leur mentor.

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Pamela Anderson en combinaison Sea Shepherd, véritable élément de la communication de l’organisation.

Dans tous les cas, les photos sont abondamment diffusées sur les sites de l’organisation, les blogs personnels et les réseaux sociaux. En France, l’organisation est totalement personnifiée par son omniprésente porte-parole Lamya Essemlali qui ne risque cependant pas de faire de l’ombre à son mentor qu’elle qualifie dans plusieurs interviews de héros et dont elle ne manque jamais une occasion de rappeler quelle chanceuse elle est de le fréquenter.

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  • Brigitte Bardot

    En France les antifascistes critiquant Paul Watson, le font le plus souvent pour ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation.
    Paul Watson et Brigitte Bardot, c’est une histoire qui commence à dater.

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    Paul Watson et Brigitte Bardot

    A dater de 1977, justement l’année du départ de Watson de Greenpeace, l’année où, préparant la fondation de sa propre organisation, Watson en recherche de médiatisation emmène BB sur la banquise canadienne pour dénoncer les massacres de bébés phoques dont elle parlera par la suite des trémolos dans la voix. Depuis lors, leur proximité tant affective que militante ne s’est jamais démentie. SSCS et la fondation Bardot ont ainsi mené nombre de campagnes communes comme la campagne Féroë en 2010 ou grind stop 2014. Surtout, la fondation Brigitte Bardot a en grande partie financé l’acquisition en 2011 d’un trimaran high tech, ancien détenteur du record de vitesse du tour du monde, qui sera rebaptisé en son nom.

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    Ce lien entre Watson et Bardot, antérieur aux engagements racistes et pro-FN de Bardot y a très bien survécu. Ceci peut s’expliquer par l’apolitisme revendiqué de Watson qui s’explique de cette amitié p 67 de son livre d’entretien avec Lamya Essemlali Entretien avec un pirate paru en 2012 en expliquant qu’il se fout de l’obédience politique des gens tant qu’ils sont « écologiquement correct ».

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    Lamya Essemlali rejoint Sea Shepherd en 2005. Elle devient présidente de Sea Shepherd France en juin 2008.

    Mais cela s’explique surtout par les positions politiques de Watson, qui ne sauraient se résumer à ses seuls liens avec Bardot.

  •  David Foreman
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    Dave Foreman, le compagnon idéologique raciste de Paul Watson.
    Pour comprendre le fond de la pensée politique de Paul Watson, il est indispensable de se pencher sur son mentor et sa principale source d’inspiration : David Foreman, co-fondateur de l’organisation écologiste Earth First ! (la terre d’abord).
    Comme première approche du personnage, on lira avec profit cette interview qu’il a donné au Sun en 2005 précédée d’une présentation flatteuse. On y retrouve un David Foreman revendiquant son appartenance au parti républicain et qui, bien que dénonçant une rupture entre ce parti et l’écologie, revendique « un lien historique entre réel conservatisme et écologie » (jeu de mot entre le conservatisme au sens de réactionnaire qui se dit conservatism et l’écologie qui se dit conservation dans la langue de Bush). Affirmant mettre une grande partie de son énergie dans le fait de recréer des liens entre les conservateurs du parti républicain et l’écologie, liens brisés depuis Reagan. L’écologie de Foreman est une ode patriotique à l’Amérique sauvage du far-west. Le journaliste explique qu’ « initialement Earth First n’avait rien à voir avec l’organisation contre-culturelle qu’elle est finalement devenue. Ouvertement patriotique et basée sur la mythologie des cowboys (…) ». Cette vision est totalement corroborée par Foreman qui explique avoir quitté Earth First ! En 1989 car l’organisation aurait été négativement influencée par des membres marxistes et anarchistes.
    Dave Foreman est un conservateur au sens premier du terme : pour lui, c’était toujours mieux avant. C’était mieux du temps du far-west, c’était mieux avant la révolution industrielle, c’était mieux avant la naissance de l’agriculture, c’était mieux avant le développement de l’humanité.
    Selon lui, la destruction de l’écosystème ne vient pas tant de choix politiques de société, surtout pas de la recherche effrénée de profits inhérente au système capitaliste et aux rapports de production l’ayant précédé, non, le problème vient des progrès scientifiques et technologiques (et non de leur utilisation) et de l’existence même de l’humanité, et en particulier de sa croissance numérique continue. Ainsi, Foreman considère que son principal combat aura été de lutter contre la surpopulation exponentielle de la terre. Le site climat et capitalisme dans son étude de l’ouvrage de Foreman Man Swarm and the Killing of Wildlife publié en 2011, démontre que le combat théorique de Foreman contre la surpopulation se mue dans la pratique en un combat contre l’immigration. Notant que dans les faits Foreman ne propose rien de concret comme mode de lutte contre la surpopulation (nous verrons cependant dans un plus long développement sur le néo-malthusianisme que Foreman et ses amis dont Sea Shepherd ont une piste, purement réactionnaire, dans cette lutte contre la surpopulation), ils montrent, citations à l’appui que chaque fois que Foreman parle de mesures à prendre contre la surpopulation, il s’agit de lutte contre la surpopulation aux états-unis et que cette lutte se résume dans les faits à la lutte contre l’immigration, notamment la lutte contre l’immigration pauvre.
    Bien que se défendant d’appartenir à « l’extrême-droite nativiste et anti-immigrée » Foreman appuie son argumentation sur différents groupes racistes ayant fait de la lutte contre l’immigration leur crédo : Center for Immigration Studies, Progressives for Information Reform, Californians for Population Stabilization, and NumbersUSA ! C’est en s’appuyant sur ce genre de sources que Foreman en arrive à dire :

     

     » Ce que nous faisons en vérité est d’être un bassin de débordement pour les irresponsables se sur-reproduisant en Amérique centrale et au Mexique (et pour les Philippines et l’Afrique etc …). Tant que nous leur offrons ce bassin de débordement, il est moins nécessaire de baisser les taux de natalité dans ces pays …  »

    Ainsi, en une phrase, il arrive à la fois à expliquer que si il y a surpopulation (et donc selon lui destruction de l’écosystème) aux USA, c’est à cause des immigrants irresponsables qui se reproduisent trop, et à expliquer que si il n’y a pas de contrôle des naissances dans les pays pauvres c’est à cause du fait que les USA ne fassent pas assez la chasse à l’immigré. Si on ose dire à Foreman que ses thèses sont racistes, il fait comme tout bon facho et s’en prend « aux gangs majoritairement de gauche du super-politiquement correct ». Et si on est écolo et qu’on critique ses thèses sur l’immigration, Foreman nous accuse tout simplement de s’en foutre dans le fond de la protection de la nature :

     » Si vous ne croyez pas au plafonnement de l’immigration aux États-Unis, alors vous êtes pour les États-Unis passant de 307 millions d’habitants à plus de 700 millions en 2100. Si la population américaine croît à plus de 700 millions d’habitants en seulement 90 années, nous n’aurons plus d’espoir de préserver les espaces naturels et les paysages sauvages.  »

    Et comme de bien entendu, jamais Foreman ne se propose de lutter contre ce qui pousse des millions de personnes à quitter leur pays, leurs terres, leurs familles (comme le capitalisme, l’impérialisme, le néo-colonialisme ou le dérèglement climatique), non sa solution de redneck républicain est toujours la même : plus de répression et de lutte contre l’immigration.

  •  Le disciple
    Le terme de disciple ne semble pas exagéré tant la filiation idéologique entre Watson et Foreman est prégnante. Les deux hommes ne sont pas de simples amis ou compagnons de luttes. Ils ont les mêmes références intellectuelles, en premier lieu Coyotes and Town Dogs de Susan Zakin mais surtout The Monkeywrench Gang de Edward Abbey.
    En 1993, la première édition de Earth Force de Paul Watson est préfacée par son ami Dave Foreman.
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    Earthforce! Le livre de Paul Watson préfacé par son ami Dave Foreman
    Dans les années 1980 (c’est à dire quand Earth First ! était encore l’organisation patriotique et conservatrice dirigée par Dave Foreman), Watson définit la SSCS comme la marine (au sens militaire du corps de marine d’une armée puisque Watson se considère comme un soldat en guerre) de Earth First !.
    Les deux hommes ont milité ensemble au sein du Sierra Club. Fondé en 1892, le Sierra Club est une des plus anciennes et importantes organisations écologistes américaines. Apolitique, le Sierra Club penche depuis la fin des années 1990 vers un vague progressisme, ayant soutenu Obama à la présidentielle, ils ont adopté une position neutre sur les questions d’immigration. Mais dans les années 1970 et 1980, elle était dominée par les partisans de la lutte contre l’immigration, partisans parmi lesquels Watson et Foreman étaient très actifs ! Foreman et Watson ont ensemble participé aux travaux racistes de l’ultra réactionnaire sénateur Jack Metcalf (pourtant dénoncé par Foreman comme la principale influence anti-écolo à la solde du lobby industriel de Reagan). Les deux hommes ont également collaboré au livre Life on the Brink : Environmentalists confront overpopulation, recueil raciste dirigé par Philip Cafaro et Eileen Crist de textes sur la lutte contre l’immigration et la surpopulation.
    Watson y développe sa thèse malthusienne et sa « solution humaine » de n’autoriser la reproduction « qu’aux personnes pouvant prouver leur capacité à subvenir financièrement et pédagogiquement aux besoins de leur progéniture. »
    Pour se définir lui-même, Watson reprend d’ailleurs le jeu de mot de Foreman « conservative conservationnist ». Watson partage donc les positions de Foreman contre l’immigration. Dans cette interview par exemple, Watson explique qu’il faut limiter l’immigration pour stabiliser la population US parce que :
     » chaque année près de 3 millions de personnes s’ajoutent à la population des États-Unis et la plupart viennent de l’immigration. En fait, tout ce que nous préconisons est que le nombre d’immigrants doit être réduit à des niveaux faibles pour obtenir une stabilisation de la population. Par le seul taux de natalité aux Etats-Unis, vous n’aurez pas une telle augmentation. L’immigration est la seule responsable. « 

     

    Dans cette même interview, il confirme d’ailleurs que l’immigration est pour lui une question suffisamment importante, pour être une des deux qui l’ont amené à démissionner du conseil d’administration du Sierra Club quand celui-ci a abandonné la position anti-immigration pour une position neutre.
    Watson a également entretenu des liens avec Willis Carto – suprémaciste blanc, antisémite et négationniste proche du KKK et des milieux skinheads néonazis – et s’est fait publié dans sa revue The Spotlight.

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    The spotlight, le magazine fasciste de son ami Willis Carto dans lequel Paul Watson s’est fait publier, faisant ici la promotion d’une manifestation négationniste.

    Nous pourrions disserter des pages sur le positionnement ultra-réac de Watson dans la lignée de celui de Foreman. Mais par, expérience, quand on donne tous ces arguments à des écolos français sensés être antifascistes, ils se contentent sans chercher à nier de dire que ça, c’est Watson, mais que les militants locaux n’ont pas pour autant les mêmes positions réactionnaires. Répondons donc rapidement à ce non-argument.

  • Et en France ? Nous l’avons vu, le principal reproche fait par les antifascistes à SSCS, sont ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation.
  • img17810 Or, s’il y a une section nationale de SSCS dans laquelle personne ne peut ignorer ces liens (d’ailleurs pas du tout dissimulés et au contraire vantés à longueur du net) et où personne ne peut ignorer le soutien de Bardot au FN et ses positions contre les immigrés, les arabes et les musulmans, c’est bien Sea Shepherd France. Les militants de Sea Shepherd France sont donc a minima des gens acceptant de collaborer régulièrement avec la fascisante Bardot, ce qui devrait suffire à les décrédibiliser totalement. Mais ce n’est pas tout.
    Au-delà des nombreux soutiens fascisants individuels, il y a au moins une branche de l’extrême-droite française avec laquelle Sea Shepherd France entretient des liens organisationnels : Pierre Rabhi et ses colibris.
  • rabhiroiRabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Vous verrez que sur les événements Facebook de Sea Shepherd France, de très nombreux participants revendiquent leur appartenance aux Colibris.

  • En juin 2015, Lamya Essemlali, porte-parole de Sea Shepherd France, donnait une interview au magazine Kaizen dont la devise « construire un autre monde pas à pas » comme le manifeste ne sont pas sans rappeler la prose mystico-sectaire de Rabhi et ses amis.
    11039011_1432161847083888_4220166124609308285_nUn Pierre Rabhi d’ailleurs omniprésent dans ce magazine. On ne sera donc nullement surpris de retrouver les Colibris en tête des partenaires du magazine. Dans les autres partenaires, on trouve la NEF (société coopérative de financement solidaire), banque anthroposophique fondée par des membres de la Section Sociale de l’Ecole de Science de l’Esprit. Bien que le mot, trop sulfureux, n’apparaisse jamais dans le magasine, Kaizen magazine est clairement un relais médiatique de l’anthroposophie.
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    Steiner, le père de l’anthroposophie, justifie ici sur ce croquis l’existence de « races » décadentes et destinées à disparaître pour servir les « races » élues. Et qui trouve-t-on comme par hasard parmi les « races » élues? Les blancs bien évidemment, qui semblent avoir un très bon karma pour Steiner à l’inverse des autres composantes de l’espèce humaine pour qui la disparition en masse, à commencer par celle des indiens, fut une forme d’épuration de « branches décadentes » de l’humanité.
  •  La promotion de l’anthroposophie est faite plus subtilement (façon de parler) via la promotion de personnes liées à l’anthroposophie comme Marleen Kaptein ou de personnes niant appartenir à l’anthroposophie mais y étant très liées comme Rabhi. Le même mois on trouve dans la presse une interview croisée de Paul Watson et Pierre Rabhi.
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    Cet entretien croisé a vraisemblablement été réalisé à l’occasion de la conférence organisée par le mouvement Colibri à Paris le 12 juin sur le thème « une histoire de violence, un rendez-vous à l’intérieur », dans le cadre de leur grande campagne « une (R)évolution intérieure ».
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Etienne Chouard, tête de pont de toute l’extrême droite, invité à la conférence nationale de lancement de Colibri en janvier 2013.

 

Le vrai visage d’Etienne Chouard

  • Pour 10€, rien n’est gratuit avec ces gens là, on pouvait ainsi entendre à la même tribune Paul Watson (traduit en direct par Lamya Essemlali), Pierre Rhabi, Nancy Huston et Thomas d’Ansembourg qui se présente comme « auteur, conférencier international, formateur à la connaissance de soi et en communication NonViolente », tout un programme, la liste de ses conférences et des colloques auxquels il participe, entre coaching en développement personnel, comportementalisme et mystique zen, achève de cerner le personnage.

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Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

  • La conférence en question étant modérée par Cyril Dion, membre fondateur et porte-parole du mouvement colibri et … directeur de la rédaction de Kaizen Magazine !
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Etienne Chouard que l’on retrouve également sur le magazine anthroposophe Kaizen.
  • Les liens entre Sea Shepherd et le mouvement Colibri ne datent cependant pas de juin 2015.
    Trois mois plutôt, Watson donnait une conférence à La Rochelle dans le cadre des Journées Environnement organisées par Lea Nature.
  • A cette occasion, Watson a invité le Pdg de Lea Nature, Charles Kloboukoff sur son navire.

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    Charles Kloboukoff, pdg anthroposophe avec Paul Watson sur son bateau.
  • Celui-ci, outre le fait d’être à la tête d’un groupe de près de 1000 salariés au Chiffre d’Affaire annuel se comptant en centaines de millions d’euros est un très proche du mouvement colibri et donc de l’anthroposophie. Il est l’un 7 membres fondateurs de la fondation Pierre Rabhi, a co-écrit un livre avec Rabhi
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Cercle Steiner et autres enchantements circulaires au « Hameau des Buis » du clan Rabhi, en Ardèche.
  • On pourrait également noter que Paul Watson est édité par les éditions Actes Sud, maison d’édition publiant du Pierre Rabhi ainsi que d’autres ouvrages anthroposophes.

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  • Un problème de fond

    Le fond du problème de Sea Shepherd n’est ni ses amitiés pourries ni les phrases chocs de son dirigeant qui ne sont que les symptômes et les conséquences du réel problème de fond, un problème éminemment politique : le néo-malthusianisme de cette organisation.

    La thèse de Malthus était que la population humaine croissant plus vite que les ressources naturelles, sauver l’humanité passait par en limiter la croissance et préconisait donc que les pauvres devaient cesser de se reproduire (mais contrairement à Watson de manière volontaire, par la chasteté).

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    Ici le graphique expiant la grande masse du ridicule de la théorie de Malthus et de ses nombreux comparses, théorie vaseuse qui, si elle avait été validée par le réel, aurait conduit il y a déjà bien longtemps à la disparition de l’espèce humaine par manque de nourriture.

    Les thèses de Malthus ont été contredites par nombre de scientifiques et d’économistes, mais nous ne nous lancerons pas ici dans la controverse scientifique. Car l’important est que depuis, le malthusianisme a été prolongé et radicalisé par de nombreuses personnes et notamment nombre d’écologistes réactionnaires (on trouvera ici quelques citations saisissantes de personnalités engagée dans la conservation de la nature, dont ce cher Watson). Malthus avait identifié deux types d’obstacles possibles à la surpopulation exponentielle : les preventive checks (actions humaines visant à limiter la natalité de manière préventive) et les positive checks (éléments « naturels » faisant baisser la population brutalement comme les épidémies et les famines). Le courant néo-malthusien auquel appartient Sea Shepherd se propose d’influer sur les deux. D’une part en prônant un contrôle des naissances accru, y compris à l’aide de la science : avortements et contraceptions (voir stérilisation pour certains) forcés (voir l’itw de Watson citée supra). D’autre part en laissant les famines et épidémies tuer massivement. C’est ce qui a par exemple poussé David Foreman à répondre en 1987 à Bill Deval de la revue australienne Simply Living que « Le pire que l’on puisse faire en Éthiopie serait d’aider les indigents. Le mieux serait de laisser la nature trouver son propre équilibre, de laisser les gens là-bas mourir de faim », pour plusieurs années plus tard revenir partiellement sur cette déclaration à l’occasion d’un débat avec Murray Bookchin.

    Paul Watson, moins direct peut-être, ne dit cependant pas autre chose quand il conclut son interview à Reporterre par

    « Il faudrait des décisions politiques pour limiter la natalité mais cela n’arrivera pas. Encore une fois, c’est la nature qui réglera le problème.  »

    Il y a chez les écolos réactionnaires néo-malthusiens des illuminés complets qui prônent (somme toute assez logiquement) l’abandon des médicaments et de la médecine développée, de l’agriculture, de toute aide sociale et globalement de toutes les technologies et organisations sociétales permettant de faire baisser la mortalité dans nos sociétés. Mais Sea Shepherd n’en est pas, ils sont sûrement moins illuminés mais plus dégueulasses encore. Car leur néo-malthusianisme est purement de classe. Il ne doit pas s’appliquer aux riches des pays riches qu’ils enjoignent juste à plus de sobriété énergétique, à mettre un terme à la surconsommation et à l’élevage et la chasse intensifs, des préconisations somme tout très raisonnables et peu contraignantes par rapport à la contraception forcée, la famine et la maladie proposées aux pauvres et aux pays pauvres.

    Non seulement, Sea Shepherd ne s’attaque pas frontalement au capitalisme , mais au contraire, leur stratégie pour sauver la planète est basée sur un renforcement des inégalités du capitalisme. Rappelons que s’il y a des pauvres et des pays pauvres, c’est évidemment du fait de leur domination et de leur exploitation par des riches et des pays riches. Et bien Sea Shepherd et leurs amis néo-malthusiens proposent tout simplement de renforcer cette exploitation en laissant crever les pauvres, en les empêchant de se reproduire (sans jamais aborder l’idée que le taux élevé de natalité peut être lié à un taux élevé de mortalité, donc justement à leur niveau de pauvreté et d’exploitation). Et pour que ces pauvres, leur misère et leur natalité ne viennent pas gâcher la vie et l’écosystème des riches, on combine ce beau projet de société avec une lutte acharnée contre l’immigration : les pauvres doivent crever, mais chez eux !

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    Une bien étrange façon de procéder au recrutement puisque ce dernier se révèle… payant!

     

    Après ça, Sea Shepherd peut se targuer d’un pacte de non-discrimination pour affirmer qu’ils ne sont pas racistes. Après ça, ils ont beau jeu de se fendre de temps en temps d’une tirade contre les grandes sociétés avides de profits et les lobbys industriels et de l’élevage, tirade toujours très oiseuses et sans conséquences puisque comme Watson le dit très bien pour résumer leur impuissance sur ce registre : les riches ne veulent pas devenir pauvres ! (cf lien précédent)
    Cette vision des choses n’est pas seulement réactionnaire, elle est tout bonnement fondamentalement fascisante.

  • le mysticisme de la terre

La vision politique de Sea Shepherd est très empreinte de mysticisme.

D’ailleurs, Watson ne s’est jamais caché de ce mysticisme qui l’a poussé à s’intéresser aux amérindiens non pas en tant que peuple opprimé mais pour leur rapport à la mère nature. Il affirme même que son combat en faveur des baleines prend racine dans l’interprétation d’un de ses rêves par un chef indien à Wounded Knee (même si il est évident que le mégalo et mythomane Watson a postérieurement totalement exagéré ses engagements auprès de l’AIM que ce soit à Wounded Knee ou par la suite en soutient à Léonard Pelletier voir le texte déjà cité de Jim Craven , l’important ici est bien ce qu’il prétend et non ce qui fut). On retrouve chez nombre de membres éminents de SSCS les expressions de terre-mère (y compris la branche française) ou de mère nature et l’analyse de la situation écologique chez Sea Shepherd tient bien souvent plus de la croyance mystique que de l’analyse scientifique.Si Sea Shepherd est généralement en froid avec les grandes religions monothéistes (accusées notamment d’être natalistes étant opposées à l’avortement et la contraception et prônant la charité), leur écolo-mysticisme les a rapprochés des instances bouddhistes (probablement plus à des fins de promotion et de médiatisation que par conviction), ainsi, quand Watson se targue du soutien et des cadeaux reçus du Dalaï-Lama, Lamya Essemlali pose avec Matthieu Ricard, son principal représentant en France.

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De gauche à droite : Yana Rusinovich militante de SSCS et épouse de Paul Watson, Paul Watson, Matthieu Ricard principal représentant du bouddhisme en France et Lamya Essemlali.

Une écologie réactionnaire, un projet de société fascisant et un logiciel totalement mystique ne peut que rapprocher Sea Shepherd de milieux fort peu recommandables.

 » L’attirance pour une femme vient surtout de la pensée que son corps est pur, mais il n’y a rien de pur dans le corps d’une femme. De même qu’un vase décoré rempli d’ordures peut plaire aux idiots, de même l’ignorant, l’insensé et le mondain désirent les femmes ; la cité abjecte du corps, avec ses trous excrétant les éléments, est appelée par les stupides un objet de plaisir.  »

Dalaï-lama, dans son ouvrage « Comme la lumière avec la flamme »

Des propos ébouriffants de bêtise crasse et de misogynie, où les femmes sont chosifiées, comme dans toute religion.

 

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Paul Watson serrant la main du Dalaï-Lama.

Les liens entre Sea Shepherd et les colibris de Rabhi et leurs amis anthroposophes (notons au passage que l’anthroposophie utilise aussi les notions de terre-mère et de mère nature), ou le soutien affiché à Sea Shepherd par un nombre certain de paganistes nazis (appréciant en plus, le rejet des grandes religions monothéistes) ne peut ainsi plus apparaître comme un simple hasard mais comme nous le disions plus haut, ces amitiés douteuses ne sont pas la cause de l’infréquentabilité de Sea Shepherd, mais une simple conséquence de leur ligne politique totalement réactionnaire.

  • Le site écolo-confusionniste Mr Mondialisation ne s’y trompe d’ailleurs pas en relayant abondamment l’organisation. mr-mondialisation_sea_shepherd
  • Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

     

    SSCS, drôles « d’antisystèmes »

    Nous l’avons dit, non seulement Sea Shepherd refuse d’intégrer une vision de classe dans leur combat et de lier la destruction de l’écosystème au capitalisme mais ils pratiquent de fait la lutte des classes du côté de la bourgeoisie et donc des principaux destructeurs de cet écosystème. Pour autant, nombre de gauchistes ont encore une vision fantasmatique de Sea Shepherd comme  » antisystèmes « , formule très connotée politiquement en raison de ses origines fascistes.
    Un système qu’ils combattent tellement que celui-ci le lui rend bien ; remise du prix Jules Vernes par Richard Dean Anderson en 2012, qualifié de héro par son ami Hulot, il n’est pas dit que Watson connaîtra un jour plus grande consécration que quand le Time Magazine l’a sacré héros de l’écologie en 2000.
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    Lamya Essemlali, Paul Watson, Yana Rusinovich et Nicolas Hulot

    Le plus intéressant est de regarder ce que Sea Shepherd disent d’eux-même, loin de prétendre combattre le système, ils disent vouloir en faire respecter le Droit, puisant leur légitimité dans une charte des nations unies.

    Dans leur présentation, Sea Shepherd dit vouloir « faire respecter les règles internationales concernant la conservation de la nature » et ajoute « Sea Shepherd coopère avec toutes les instances juridiques internationales. Pour faire respecter les droits, nous agissons en conformité avec les pratiques légales communément admises. Sea Shepherd adhère aux principes de non-violence lors de ses actions visant à protéger les océans. ».

    C’est en pleine cohérence avec cette logique cogestionnaire que Sea Shepherd France a participé à la Conférence Environnementale organisée par le gouvernement français en septembre 2012 au sein du rassemblement pour la planète, soutenu par 4 anciens ministres et une sénatrice, qu’ils ont pleuré de ne pas avoir été invité en 2013 et que Watson affirme qu’il restera en France pour la version 2015 (COP 21) dont il espère que l’Europe prendra le rôle de meneur et la France le leadership, alors même que toutes les organisations écologistes conséquentes, sans forcément être anticapitalistes, se préparent à manifester contre cette même mascarade de COP 21, sachant ne rien devoir attendre de nos dirigeants (on retrouve par ailleurs souvent cette tendance chez SSCS, comme à la fondation Brigitte Bardot à opposer les bons pays (l’Europe, à l’exception de la Norvège et du Danemark, et notamment la France) aux méchants pays (Chine, Australie, Japon, Canada, USA…), une tendance qui peut les rapprocher du campisme qu’on retrouve et dans la gauche dite radicale française (autour du Front de Gauche) et chez les fachos type Colibris.) Sea Shepherd prétend n’avoir un budget annuel que de 21 millions d’euros, ce qui paraît bien peu pour une organisation possédant une flotte de 8 navires amiraux (dont la plupart sont du haut de gamme high tech, deux d’entre-eux ont battu des records de vitesse du tour du monde) qui naviguent quasiment en permanence, « beaucoup d’autres petits bateaux et scooters des mers » , des hélicoptères, des drones, deux sièges permanents, qui est présent dans des dizaines de pays…
    Mais quelque soit le chiffre exact, même 21 millions ça fait une grosse somme quand on dit ne recevoir ses fonds que de dons de particuliers et d’entreprises et d’un autre côté une bien faible somme qui explique le fait que Sea Shepherd n’a quasiment pas de frais de communication contrairement aux autres organisations comparables (une grosse part de leur communication se fait d’ailleurs avec brio gratuitement sur le web). La conséquence de cette double contrainte budgétaire (un budget à la fois gros et trop petit), c’est que Sea Shepherd est en permanence en recherche de riches financiers et de médiatisation. Deux quêtes les amenant à frayer autant que faire se peut avec le gratin mondial.
    Ils ne manquent donc jamais une occasion de se vanter de leurs nombreux soutiens très anti-système comme Pierce Brosnan, Martin Sheen, Richard Dean Anderson, Sean Penn, Christian Bale, Pharrel Williams, Mick Jagger, Pamela Anderson, Aidan Quinn, William Shatner, Edward Norton, Orlando Bloom, Uma Thurman
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    Paul Watson ici avec Shannen Doherty
    En France, c’est un peu plus difficile et ils doivent le plus souvent se contenter de vieilles gloires un peu has-been comme Brigitte Bardot, Nicolas Hulot, Jacques Perrin ou Pierre Richard, tant pis ils n’hésitent pas à faire avec.
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    Pierre Richard, Lamya Essemlali, Yana Rusinovich et Paul Watson
    Ça c’est surtout pour la médiatisation, mais la flotte de Sea Shepherd est également en grande partie financée par de riches donateurs.
    Ainsi, c’est le don de 5 millions de dollars de la vedette TV américaine Bob Barker qui a permis de financer l’achat de l’ancien baleinier portant son nom ainsi que d’un hélicoptère. Un don à six zéros de Sam Simon (multi-millionnaire co-créateur des Simpson) a également permis d’acheter un navire de 56 mètres de long portant maintenant son nom. De même l’Ady Gil, petite merveille futuriste capable d’aller à 50 nœuds (coulée en 2010 par un navire japonais) tenait son nom de la société Ady Gil, un magnat de l’éclairage hollywoodien qui a donné 1 million de dollars à Sea Shepherd, sans oublier le financement reçu de la fondation Brigitte Bardot
    Pour ses campagnes, Sea Shepherd s’associe à des multinationales comme G-Star et Bionic Yarn ou la très philantropique firme Adidas…

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    C’est évidemment leur droit d’être des légalistes non-violents souhaitant collaborer avec les instances internationales, proches du star-système et des milieux d’affaires, misant sur les individus plus que sur le collectif mais il serait bon que les gauchistes de pacotille respectent ce droit en arrêtant de vouloir en faire des partisans de l’action directe, anti-système, etc…

    Ce dernier chapitre ne fait pas de Sea Shepherd des fachos, mais renforce par contre l’analyse d’une organisation se dotant de moyens bien peu en adéquation avec leur but de préservation de l’écosystème.
    Le capitalisme est inséparable de la surproduction, il est inséparable des logiques de rentabilité immédiate dans un but de plus-value flash, il est inséparable de la logique de compétition contraire à toute planification écologique. Bref le capitalisme est inséparable de la destruction de l’écosystème et la préservation de l’écosystème est inséparable de la destruction du capitalisme. Alors évidemment, tout étant une question de choix tactique, on peut être d’accord avec cette dernière affirmation et quand même choisir de militer dans un « cadre large » dans une organisation ne se posant pas clairement comme anticapitaliste. Mais à condition encore que celle-ci ne soit pas un pur produit du capitalisme dont elle reprend toute la logique, y compris dans ce qu’il a de plus abject.
    Surtout, rien au delà des divergences idéologiques au sein de notre camp, ne peut justifier de militer avec des fachos au sein d’une organisation fondamentalement fascisante.

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Conclusion Il reste un argument que ne manqueront pas de nous opposer ceux qui tiennent malgré tout à travailler avec des groupes locaux. On nous dira que certes, Sea Shepherd est dirigée par des néo-malthusiens racistes et réactionnaires, que certes Sea Shepherd est cul et chemise avec l’élite du système et s’associe avec les pires racailles fascisantes. Certes, mais. Certes mais il y aurait au sein de Sea Shepherd des militants ni racistes, ni réactionnaires, ni néo-malthusiens, des militants vraiment écolos et sincères qui travailleraient avec Bardot et Rabhi a l’insu de leur plein gré…

Pourquoi pas, beati pauperes spiritu. Mais quand bien même, à quel moment cela justifierait-il de soutenir ou travailler avec leur organisation ? Cette idée n’est pas sans rappeler l’argument souvent apporté d’une base de sympathisants du FN où il y aurait des gens ni racistes, ni homophobes, ni sexistes, ni libéraux… des espèces de brebis égarées tombées dans le piège démagogique du discours sur les petites gens. Et bien dans ce cas là, personne n’ose quand même encore proposer de soutenir ou de s’allier avec les sections locales du FN ? Il n’existe alors que deux solutions, ne s’excluant pas forcément : faire preuve de pédagogie pour leur expliquer que leur organisation est une merde puante raciste ou rentrer dans le tas et comme disait Nizan « Tuez-les tous, le prolétariat reconnaîtra les siens » !
Par cet article, nous appliquons à Sea Shepherd la première solution, mais nous savons marcher sur nos deux jambes.

 

Failfaf & Les Enragé-e-s

 

 

A lire en complément :

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

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Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

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C’est quoi le fascisme? 

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L’impasse du citoyennisme

L’impasse citoyenniste

 

Les thèses rassemblées ici n’ont pas la prétention de dire le dernier mot sur le sujet dont elles traitent. Elles sont plutôt un ensemble de pistes dont certaines pourront être suivies, approfondies, et d’autres peut-être simplement abandonnées. Si nous parvenons à donner quelques points de repères (historiques, entre autres) à une critique qui se cherche encore, nous aurons pleinement atteint notre but. Nous pensons également que ni ce texte ni aucun autre ne pourra, par la seule force de la théorie, abattre le citoyennisme. La véritable critique du citoyennisme ne se fera pas sur le papier, mais sera l’oeuvre d’un mouvement social qui devra forcément contenir cette critique, ce qui ne sera pas, loin s’en faut, son seul mérite. A travers le citoyennisme, et parce que le citoyennisme y est contenu, c’est l’ordre social présent tout entier qui sera remis en cause. Le moment nous semble bien choisi pour commencer cette critique. Si le citoyennisme a pu, à ses débuts, entretenir un certaine confusion autour de ce qu’il était réellement, il est aujourd’hui contraint par son succès même à s’avancer de plus en plus à découvert. A plus ou moins court terme, il devra montrer son vrai visage. Ce texte vise à anticiper sur ce démasquage, pour qu’au moins certains ne soient pas alors pris de court, et sachent peut-être réagir de manière appropriée.

I. Définition préalable.

Nous ne donnerons ici qu’une définition préalable du citoyennisme, c’est à dire ne portant que sur ce qu’il est le plus évidemment. L’objet de ce texte sera de commencer à le définir de façon plus précise.
Par citoyennisme, nous entendons d’abord une idéologie dont les traits principaux sont

1°) la croyance en la démocratie comme pouvant s’opposer au capitalisme

2°) le projet d’un renforcement de l’Etat (des Etats) pour mettre en place cette politique

3°) les citoyens comme base active de cette politique.

 Le but avoué du citoyennisme est d’humaniser le capitalisme, de le rendre plus juste, de lui donner, en quelque sorte, un supplément d’âme. 

La lutte des classes est ici remplacée par la participation politique des citoyens, qui doivent non seulement élire des représentants, mais agir constamment pour faire pression sur eux afin qu’ils appliquent ce pour quoi ils sont élus.

Les citoyens ne doivent naturellement en aucun cas se substituer aux pouvoirs publics. Ils peuvent de temps en temps pratiquer ce qu’Ignacio Ramonet a appelé la “désobéissance civique” (et non plus “civile”, qui rappelle trop fâcheusement la “guerre civile”), pour contraindre les pouvoirs publics à changer de politique.
Le statut juridique de “citoyen”, compris simplement comme ressortissant d’un Etat, prend ici un contenu positif, voire même offensif. Pris comme adjectif, “citoyen” décrit en général tout ce qui est bon et généreux, soucieux et conscient de ses responsabilités, et plus généralement, comme on disait autrefois, “social”. C’est à ce titre qu’on peut parler “d’entreprise citoyenne”, de “ débat citoyen”, de “cinéma citoyen”, etc.
Cette idéologie se manifeste à travers une nébuleuse d’associations, de syndicats, d’organes de presse et de partis politiques. Pour la France on a des associations comme ATTAC, les amis du Monde Diplomatique, AC!, Droit au Logement, l’APOC (objecteurs de conscience), la Ligue des Droits de l’Homme, le réseau Sortir du nucléaire, etc. Il est à noter que la plupart du temps les personnes qui militent au sein de ce mouvement font partie de plusieurs associations à la fois. Côté syndicats on a la CGT, SUD, la Confédération Paysanne, l’UNEF, etc. Les partis politiques sont représentés par les partis trotskistes, et les Verts. Les partis politiques ont toutefois un statut à part dans le citoyennisme, mais nous y reviendrons. A l’extrême gauche du citoyennisme, on peut inclure la Fédération Anarchiste, la CNT et certains anarchistes antifascistes, qui se mettent le plus souvent à la remorque des mouvements citoyennistes pour y rajouter leur grain de sel libertaire, mais se trouvent de fait sur le même terrain.
A l’échelle mondiale on a des mouvements comme Greenpeace, etc., et tout ce qui s’est retrouvé à Seattle en fait de syndicats, associations, lobbies, tiers-mondistes, etc.

La liste complète serait fastidieuse à donner. L’important est que tous ces groupements se retrouvent idéologiquement sur le même terrain, avec des variantes locales.

Le citoyennisme est désormais un mouvement mondial, qui repose sur une idéologie commune. De Seattle à Belgrade, de l’Equateur au Chiapas, on assiste à sa montée en force, et il s’agit donc maintenant, pour lui comme pour nous, de savoir au juste quel chemin il prendra, et jusqu’où il pourra aller.

II. Prémisses et fondements.

Les racines du citoyennisme sont à chercher dans la dissolution du vieux mouvement ouvrier.

[…]
Les années 70, puis les années 80, avec la crise et la mise en place de la mondialisation sous sa forme moderne, marquent le déclin et la disparition de ce projet historique. Cette mondialisation se caractérise par l’automation croissante, donc par le chômage de masse, et les délocalisations dans les pays les plus pauvres, qui jettent hors de l’usine le vieux prolétariat industriel des pays les plus développés. On observe ici une tendance des entreprises à se “débarrasser” au moins formellement d’une bonne partie leur secteur productif pour le reléguer dans la sous-traitance, pour idéalement ne plus s’occuper que de marketing et de spéculation. C’est ce que les citoyennistes nomment la “financiarisation du capital”. Une entreprise comme Coca-Cola ne possède aujourd’hui directement quasiment plus aucune unité de production mais se contente de “gérer la marque”, de faire fructifier son capital boursier, et “réinvestir” en rachetant des concurrents plus petits auxquels elle fait également subir une délocalisation forcenée, etc. On a un double mouvement de concentration du capital et d’émiettement de la production. Une voiture peut se composer de pare-chocs fabriqués au Mexique, de composants électroniques taïwanais, le tout étant assemblé en Allemagne, tandis que les bénéfices transitent par Wall-Street.
Les Etats quant à eux accompagnent cette mondialisation en se défaisant du secteur public hérité de l’économie de guerre (dénationalisations), en “flexibilisant” et en réduisant autant qu’il est possible le coût du travail.

Cela donne en France la loi sur les 35 heures que réclamait a cor et à cri le très citoyenniste (dans ses manifestations officielles du moins) mouvement des chômeurs de 1998, et le PARE.

L’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 et le mouvement des étudiants et des cheminots en 1986 sont des repères qui nous permettent de situer les progrès de cette dissolution et le remplacement progressif du vieux mouvement ouvrier par le citoyennisme, dans le cadre de la mondialisation.
Le mouvement de 1968, en France comme dans le monde, a bien été le “dernier assaut contre la société de classes”. […]
Même si on l’entend encore dans des manifestations, le slogan “tout est à nous, rien n’est à eux” est l’exact contraire de la réalité, et l’a toujours été Bien entendu, il fait aujourd’hui allusion à une illusoire “répartition des richesses” (et de quelles “richesses” peut-on aujourd’hui parler ?), mais il provient en droite ligne du vieux mouvement ouvrier, qui entendait gérer par lui-même le monde capitaliste. On voit à travers ce slogan à la fois une résurgence, une continuité et un détournement des idéaux du vieux mouvement ouvrier (naturellement dans ce qu’il avait de moins révolutionnaire) par le citoyennisme. C’est ce qu’on appelle l’art d’accommoder les restes. Nous y reviendrons plus loin. La disparition de la conscience de classe et de son projet historique, rendus caducs par l’éclatement et la parcellarisation du travail, par la disparition progressive de la grande usine “communautaire”, et également par la précarisation du travail (tout ceci résultant non d’un complot visant à museler le prolétariat mais du processus d’accumulation du capital qui l’a mené jusqu’à la mondialisation actuelle), ont laissé le prolétariat aphone.
Privée de perspectives, la lutte des classes ne pouvait que s’enfermer dans des luttes défensives, parfois d’ailleurs très violentes comme en Angleterre. Mais cette énergie était surtout l’énergie du désespoir. On peut aussi noter que cette perte de perspectives positives s’est souvent manifestée, chez les individus qui avaient connu les années 60-70, par un désespoir personnel très réel, parfois poussé jusqu’à ses dernières conséquences, suicide ou terrorisme.
Le citoyennisme vient s’inscrire dans ce cadre. Le deuil de la révolution ayant été fait, plus aucune force ne se sentant en mesure d’entreprendre à nouveau de transformer radicalement le monde, il fallait bien, l’exploitation suivant son cours, que s’exprime une contestation.

Ce fut le citoyennisme.
Son acte officiel de naissance peut être situé en décembre 1995. Ce mouvement, sur la base très réelle de l’opposition à la privatisation du secteur public et donc de l’aggravation des conditions de travail et de la perte de sens de ce travail lui-même, ne pouvait dans la situation présente se manifester que comme défense du service public, et non comme remise en question de la logique capitaliste en général, telle qu’elle se manifeste dans le service public.

Cette défense du service public implique logiquement que l’on considère que le service public soit ou plutôt doive être en dehors de la logique capitaliste. C’est un mauvais procès que l’on a fait à ce mouvement lorsqu’on lui a reproché d’être un mouvement de privilégiés, ou simplement d’égoïstes corporatistes. Mais on peut constater que même les actions les plus radicales et les plus généreuses de ce mouvement en portaient la limite. Alimenter gratuitement en électricité des foyers est une chose, réfléchir sur la production et l’emploi de l’énergie en est une autre.

On peut voir à travers ces actions que l’Etat est ici conçu comme une communauté parasitée par le capital, lequel viendrait s’intercaler entre les citoyens-usagers et l’Etat. Le citoyennisme ne dit pas autre chose.

On peut constater que le citoyennisme ne récupère pas un mouvement qui serait plus radical. Ce mouvement est simplement absent, pour l’heure.

Le citoyennisme se développe comme l’idéologie nécessairement produite par une société ne concevant plus de perspectives de dépassement.
L’autre constatation que l’on peut faire, c’est que le mouvement de 1995, acte de naissance du citoyennisme, fut un échec, même dans ses objectifs limités. La privatisation du secteur public continue de plus belle, et il peut même se situer en avant-garde de l’idéologie du privé, comme entreprise participative, implication dans la gestion, etc. On y dégraisse également, et on y crée des emplois précaires, les “emplois-jeunes”. On y supprime des postes et surcharge de travail les postes restants. Le secteur public est également en première ligne pour l’application de la loi sur les trente-cinq heures, et donc la flexibilisation. Une fois de plus, s’il en était besoin, on peut voir que la logique de l ’Etat et celle du capital ne s’opposent en rien, et c’est là une des limites internes du citoyennisme.

III. Le rapport à l’Etat, le “réformisme” et le keynésianisme.

Le rapport du citoyennisme à l’Etat est à la fois un rapport d’opposition et de soutien, disons de soutien critique. Il peut s’y opposer, mais ne peut se passer de la légitimation qu’il lui offre.

Les mouvements citoyennistes doivent très rapidement se poser en interlocuteurs, et pour cela ils doivent parfois entreprendre des actions “radicales”, c’est à dire illégales ou spectaculaires. Il s’agit là à la fois de se poser en victime, de prendre l’Etat en défaut (c’est à dire opposer l’Etat idéal à l’Etat réel), et d’arriver plus vite à la table de négociations. L’arrivée des CRS est le signe qu’on a été entendu. Naturellement, tout ceci doit se passer sous l’oeil des caméras. La répression est l’acte de naissance des mouvements citoyennistes, elle n’est plus comme autrefois le moment de l’affrontement où l’on mesure le rapport de force, mais celui d’une légitimation symbolique.

D’où, par exemple, le malentendu entre René Riesel et les quelques autres de la Confédération Paysanne qui voulaient créer ce rapport de force, et José Bové (et manifestement la plus grande partie de la Confédération), qui par une action spectaculaire entendait poser son mouvement comme interlocuteur de l’Etat, ce en quoi il a d’ailleurs partiellement réussi.

L’Etat lui même entérine bien volontiers ces pratiques, et n’importe qui aujourd’hui peut faire une petite manifestation, par exemple bloquer le périphérique, et être ensuite reçu officiellement pour exposer ses griefs. Les citoyennistes s’indignent d’ailleurs de cet état de fait qu’ils ont contribué à créer, trouvant qu’on ne peut tout de même pas déranger l’Etat pour rien.

Les interlocuteurs privilégiés voient d’un mauvais oeil les parasites, les pique-assiettes de la démocratie.
Des pratiques citoyennistes sont également promues directement par l’Etat, comme le montrent les “conférences citoyennes” ou les “concertations citoyennes” par lesquelles l’Etat entend “donner la parole aux citoyens”. Il est intéressant de constater à quel point les citoyennistes se contentent facilement de n’importe quel ersatz de dialogue, et veulent bien admettre tout ce qu’on voudra, pourvu qu’on les ait écoutés, et que des experts aient “répondu à leurs inquiétudes”.

L’Etat joue ici le rôle de médiateur entre la “société civile” et les instances économiques, comme les citoyennistes seront ensuite médiateurs du programme de l’Etat (qui n’est que l’accompagnement de la dynamique du capital), révisé de façon critique, vers la “société civile”. On l’a vu avec la loi sur les 35 heures. Ils jouent ici le rôle qui était classiquement dévolu aux syndicats dans le monde du travail, pour tout ce qu’on appelle “les problèmes de société”.

L’ampleur de la mystification montre aussi l’ampleur du champ de la contestation possible, qui s’est étendu à tous les aspects de la société.

Dans leur rapport à l’Etat, les citoyennistes commencent aussi, en tout cas en France, à être malades de leur victoire. De plus en plus, le mouvement se scinde, et se recompose, entre ceux qui ont tendance à faire confiance au pouvoir (à la gauche) et ceux, plus radicaux, qui entendent continuer le combat. Mais le problème essentiel n’en reste pas moins posé. La gauche étant au pouvoir, pour qui d’autre pourront-ils voter ? Faut-il plus de Verts au gouvernement, ou faut-il au contraire que les Verts se retirent du pouvoir pour mieux jouer leur rôle d’opposants ? Mais à quoi peut servir un parti politique, si ce n’est à entrer dans l’arène démocratique ?
Le citoyennisme est constitutivement incapable de se concentrer en un parti, en tout cas dans les sociétés qui sont déjà démocratiques. Il faut une dictature ou une démocratie autoritaire pour que les aspirations de la petite et moyenne bourgeoisie entrent en résonance avec une contestation plus vaste, et puissent se concentrer en un parti démocratique d’opposition radicale. On l’a vu a Belgrade ou au Venezuela avec le national-populiste Chavez. Mais partout où la démocratie est déjà là, des partis correspondant tant bien que mal aux aspirations de cette petite et moyenne bourgeoisie existent déjà, et c’est justement ce système de partis dont une large part des citoyennistes se méfient. Dans les pays les plus avancés, le citoyennisme se concentre essentiellement autour d’un désir de démocratie plus directe, “participative”, une démocratie de “citoyens”. Ils ne se proposent naturellement aucun moyen d’y parvenir, et ce désir de démocratie directe finit comme toujours devant une urne, ou dans l’abstention impuissante.

Le citoyennisme est l’expression des préoccupations d’une certaine classe moyenne cultivée et d’une petite bourgeoisie qui a vu ses privilèges et son influence politique fondre comme neige au soleil, en même temps que disparaissait la vieille classe ouvrière.

(…)

Les classes moyennes en déshérence se reconstituent à travers le citoyennisme une identité de classe perdue.

Un salon “bio” peut ainsi se déclarer “vitrine des modes de vie et de pensée citoyenne”... 

Que ceux qui ne mangent pas “bio” se le disent : ils ne sont pas “citoyens”. Un jeune citoyenniste peut alors synthétiser de façon fulgurante ses doutes sur le prolétariat : “ Que veux-tu attendre d’eux ? Ils font leurs courses chez Auchan.

Les citoyennistes ne peuvent en tout cas, sur les bases qu’ils occupent actuellement, récupérer un éventuel mouvement social plus radical, duquel il sont viscéralement coupés.

Ils ne pourront à ce moment-là qu’offrir à l’Etat qu’ils défendent une caution morale à la répression. Les pseudo-solutions qu’ils avancent, face à une crise réelle, apparaîtront alors comme ce qu’elles sont, à savoir un moyen de maintenir l’ordre des choses existant.

On ne peut se contenter d’opposer abstraitement et à perte de vue l’Etat au capital, la “vraie” démocratie à la démocratie telle qu’elle est, “l’économie solidaire” au libéralisme, lorsque des masses de gens commencent à chercher des réponses à leur situation concrète.

 Un mouvement né d’une crise majeure, c’est à dire de la remise en question des conditions d’existence mêmes ne saurait se satisfaire durablement de telles amusettes. 

Ils pourront tout de même, puisqu’ils sont là, occuper un moment la révolte, qui pourra aussi se manifester par un nationalisme exacerbé, qu’ils auront auparavant contribué à entretenir et développer (on en voit actuellement les prémisses à travers l’anti-américanisme développé par Bové et bien d’autres).

Mais la critique du capital mondialisé n’a pas face à elle l’alternative d’un retour au capital national, défendu par l’Etat. Si cette alternative très hautement improbable est mise en jeu, on aura plutôt la guerre.
Nous voyons là que rien ne nous garantit que le prochain mouvement social soit révolutionnaire.

Il contribuera en tout cas à démasquer définitivement le citoyennisme, et laissera peut-être le champ libre à une remise en jeu du très vieux projet d’une transformation du monde, au delà de l’Etat et du capital.

(…)

Au lieu de percevoir la disparition du vieux mouvement ouvrier comme nouvelle condition d’un mouvement révolutionnaire à venir, et surtout comme chance de ce mouvement, ils l’ont perçue comme catastrophe. Et ce fut bien une catastrophe pour l’ancien mouvement ouvrier, son arrêt de mort. La plus grande partie de la génération post soixante-huitarde s’est ainsi engloutie dans le vide laissé par cette défaite.

(…)

Le capital n’est pas une force neutre qui, si on “l’orientait” convenablement, pourrait aussi bien faire le bonheur de l’humanité qu’il fait sa perte.

Il ne peut pas “dépolluer aussi bien qu’il pollue”, comme l’a prétendu un citoyenniste écologiste, puisque c’est son mouvement même qui l’amène inéluctablement à polluer et à détruire, c’est à dire que le mouvement d’accumulation et de production pour l’accumulation passe par-dessus toute idée de “besoin”, et donc également du besoin vital qu’est pour l’humanité la préservation de son environnement.

Le capital ne suit que ses propres fins, il ne peut être un projet humain. Il n’y a pas une “autre mondialisation”. Il n’a pas face à lui les besoins de l’humanité, mais la nécessité de l’accumulation.

S’il se met à recycler, par exemple, la branche ainsi créée fera tout pour avoir toujours de quoi recycler. Le recyclage, qui n’est qu’une autre façon de produire de la matière première, crée toujours plus de déchets “recyclables”. En outre, il pollue bien autant que n’importe quelle autre activité industrielle.
Nous devons ici, pour éviter toute confusion, nous porter en faux contre cette idée quelque peu paranoïaque que véhiculent certains “radicaux”, selon laquelle le capital polluerait pour créer un marché de la dépollution, ou en tout cas que chaque dégât provoqué par le capitalisme engendrerait des marchés pour la réparation de ces dégâts, suivant le schéma du “pompier incendiaire”

Il y a des dégâts, et ils sont nombreux, que personne ne veut réparer, simplement parce que leur réparation ne constitue pas un marché. 



Les citoyennistes apportent une réponse dérisoire en tentant de reconstituer le lien qui unissait autrefois la “classe ouvrière” par celui qui unirait les “citoyens”, c’est à dire l’Etat.

Cette recherche de la reconstitution du lien à travers l’Etat se manifeste dans le nationalisme latent des citoyennistes.

Le capital abstrait et sans visage est remplacé par des figures nationales, par la moustache de José Bové, ou la réhabilitation de l’hymne tsariste en Russie (il ne s’agit plus là de citoyennisme, bien sûr, mais de la manifestation d’un nationalisme bien plus général, et également sans issue). Mais l’Etat ne peut offrir que des symboles, des ersatz de lien, parce qu’il est lui même pour ainsi dire saturé de capital, et qu’il ne peut agiter ces symboles que dans le sens qui lui est dicté par la logique capitaliste à laquelle il appartient.

(…)

Le travail lui-même, qui est toujours la principale force d’intégration du capital, est de plus en plus perçu comme une contrainte extérieure et il n’est plus que marginalement ce qui décrit l’identité d’individus toujours plus nivelés dans la masse.

Et cela n’a rien d’étonnant, à l’heure de la disparition des métiers, remplacés par des fonctions ne réclamant aucune compétence particulière. 

Le “monde du travail” est aussi devenu celui de l’incompétence.

Cette dynamique de déqualification peut-être perçue par certains comme une décadence (et la dynamique de l’intégration par le capital crée bien ses propres “barbares” de l’intérieur), mais elle est également une démoralisation du travail, où celui-ci apparaît réellement à chacun comme vide de sens, pur arbitraire, contrainte extérieure, exploitation. La morale du travail, autrefois partagée également par la bourgeoisie et le prolétariat, est en train de se dissoudre dans le mouvement de l’intégration capitaliste.

(…)


Jamais dans l’histoire de l’humanité les individus n’ont été contraints à se penser de façon aussi globale, en tant qu’humanité, à l’échelle mondiale. Ceci est à la fois une souffrance et la condition même de la libération.

 

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Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

Ce soir, le café coopératif La Veilleuse (Paris 20e) reçoit l’équipe du site Reporterre.net, fondé par Hervé Kempf, journaliste au Monde. L’occasion de revenir sur le contenu de ce site consacré à l’écologie mais qui baigne dans le confusionnisme le plus total.

Reporterre, site qui se veut une référence en matière d’écologie, est représentatif d’une tendance hélas grandissante du mouvement écologiste qui, par manque sans doute de culture politique, tend à ouvrir ses portes à quiconque se dit – même vaguement – ami de la nature, sinon décroissant. « Reporterre veut être le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice », clame la courte présentation du site. Au nom du « débat », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », la porte est donc ouverte à tous les vents : sociaux-démocrates de droite, de gauche, du centre, consuméristes, complotistes, mystiques en tous genres, groupuscules d’extrême droite.

La « une » du jour est représentative de cette ligne éditoriale fourre-tout :

On y retrouve entre autres la porte-parole de l’écologie de droite Corinne Lepage, un communiqué des conspirationnistes de ReOpen911, aux côtés d’articles piqués chez Attac ou chez CQFD, des thématiques « développement durable » promues par les autorités et l’industrie « verte » (les « produits bio-sourcés »), des promoteurs de la non-violence version gandhiste (l’association Gandhi international) un poème d’une militante d’Attac, Béatrice Turpin, qui prétend jouer les radicales, un reportage sur le chantier de la gare de Stuttgart en Allemagne, un article anti-gaz de schiste fouillé… Bref : de tout et de n’importe quoi, et une abondance de copiés-collés sans lesquels le site, essentiellement alimenté par la rubrique « une minute, une question » (des quidams connus ou inconnus « développant » une thématique en une minute chrono), ne serait qu’un bréviaire de « fast-thinking » militant.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif du contenu du site. Contentons-nous de pointer les contenus les plus problématiques, et notamment la promotion que ce site a apporté ou apporte à des groupes conspirationnistes, rouges-bruns ou d’extrême droite.

On retrouve ainsi sur Reporterre :

– Le micro-parti fascisant La Dissidence et son leader Vincent Vauclin
Etienne Chouard, à deux reprises (dont une des toutes premières interviews du site)
ReOpen911
Michel Collon et ses amis
– Le site rouge-brun Le Grand Soir, encore très récemment
– Le complotiste Thierry Meyssan, qu’on ne présente plus
– Une large collection d’indinaiseries
– Des leçons de morale productiviste de François Ruffin, tenancier de Fakir et qui promeut dans son journal la revue rouge-brune Bastille-République-Nations ou dans le dernier film de Pierre Carles les thèses de Jacques Cheminade ou de Nicolas Dupont-Aignan
– Des « analyses » complotistes sur le virus H1N1, la pire étant sans doute celle fournie par le climato-sceptique (sur un site écolo, bravo…) américain Frederick William Engdahl, collaborateur de Russia Today mais aussi de la revue d’extrême droite italienne Eurasia, analyse que Reporterre a été copier sur le site Oulala.net de René Balme et sur Mondialisation.ca de Michel Chossudowsky
– Une promotion du numéro d’octobre 2012 de la revue pourtant d’ordinaire plus regardante Silence !, dans lequel on trouve une interview du compagnon de route des négationnistes Jean Bricmont, qui se voit donc par ricochet promu sur Reporterre
– etc.

En ouvrant ainsi ses colonnes à des tels écrits, le site Reporterre participe de la confusion des genres et, même indirectement, à la récupération par les mouvements les moins recommandables des thématiques écologistes – conspirationnistes, extrême droite et rouges-bruns productivistes étant en ce moment au taquet sur ces questions.

Plus généralement, que Reporterre puisse être perçu comme un site de référence en matière d’écologie ne manque pas de nous étonner, tant son contenu – même quand il ne fait pas la promotion des sus-cités – est globalement indigent et se situe dans la ligne de la pensée écologiste dominante, à savoir une ligne sociale-démocrate et développement durable qui n’a absolument rien de radicale.

Ceux qui font la promotion d’un tel site et acceptent de servir de faire-valoir à ses « journalistes » se rendent complices par là même de l’inquiétante dépolitisation qui mine de manière grandissante le mouvement écologiste et finit par rendre inaudible toute forme d’écologisme radical.

 

Action Anti-Conspis Paris-Banlieue.

 

Commentaires associés:

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:46

Et aujourd’hui, Reporterre reprend en « une » un article de Challenges, une revue appartenant au Nouvel Obs et à destination des cadres et des patrons.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:50

Et puis cette obsession, développée tout au long du site et des ouvrages de Kempf, pour « l’oligarchie » et « les banques« … Comme si le capitalisme se résumait à ça ! C’est vraiment une analyse au ras des pâquerettes !

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 26 janvier 2013 11:31

Décidément, ils sont tous de sortie : ce soir, c’est le Shakirail qui reçoit Vincent Liegey (PPLD, ReOpen911) pour la sortie d’un bouquin sur la décroissance préfacé par Paul Ariès (l’ami de René Balme avec qui il co-édite Le Sarkophage). Comme tous les autres, ce RDV est annoncé par Démosphère, qui adore aussi ReOpen911 (alors même qu’il est impossible d’y faire passer le moindre RDV concernant l’Iran ou la Syrie).

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:49

Reporterre était comme par hasard hier à la (R)évolution des Colibris, qui a vu « débattre » Chouard et Rabhi. A noter qu’on retrouve aussi datée d’aujourd’hui sur Reporterre une interview de l’écolo-conspi fou Pierre-Emmanuel Neurohr, qui parle de « génocide » à tout propos (les voitures, les avions, le réchauffement climatique), discours qui en accolant l’adjectif « génocidaire » à tout et n’importe quoi contribue à relativiser gravement la notion de génocide. Il a fondé un micro-parti dont il semble être le seul membre, le Parti de la Résistance, et a déjà fait de la tôle pour des actions complètement branquignoles et solitaire contre les aéroports.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:54

Comble de l’hypocrisie : dans son article à la gloire des Colibris, Reporterre s’abstient de mentionner la présence de Chouard.

chouardrabhi

Source Indymedia.paris.org – jeudi 24 janvier 2013

 

Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !

Le site Reporterre, animé par le journaliste Hervé Kempf et pointé du doigt le 24 janvier 2013 par le site Indymedia Paris pour son « écolo-confusionnisme », a finalement décidé de retirer les articles les plus douteux de son site : on n’y trouve ainsi plus aucune référence au groupuscule néo-fasciste La Dissidence, à Thierry Meyssan ou au climato-sceptique américain Frederick William Engdahl.

Cependant, du ménage reste à faire : on trouve ainsi toujours des références à Etienne Chouard1, Michel Collon2, Legrandsoir.info3, Mondialisation.ca4 ou ReOpen9115, des articles à connotation complotiste sur le groupe Bilderberg6 ainsi que la promotion d’une interview de Jean Bricmont par la revue Silence! datant d’octobre 20127, un lien vers une vidéo de l’Agence Info Libre sur la manifestation anti-aéroport à Nantes en février dernier8 ou un appel à suivre une conférence de l’Opus Dei publié dans une brève du 19 avril 20149 (ainsi qu’un dossier sur la spiritualité10 – chrétienne en particulier – et des articles sur les prises de position du Vatican sur l’écologie11).

Globalement, la ligne de Reporterre reste fourre-tout : on y trouve toujours des personnalités de droite comme Corinne Lepage, des productivistes de gauche aux discours souvent difficilement compatibles avec l’écologie comme Jean-Luc Mélenchon ou François Ruffin du journal Fakir, des représentants de l’écologie mainstream (cadres d’Europe-Ecologie-les Verts, Greenpeace, Pierre Rabhi ou dans une moindre mesure Kokopelli12… ) aux côtés de de mouvements plus marginaux (décroissancistes) ou radicaux (zadistes). Le 13 novembre 2013, le site écologiste a par exemple relayé une pétition d’élus de tous bords (de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan en passant par des représentants d’EELV, du PS et même Jacques Myard de l’UMP, qui est aussi membre de la Droite populaire et animateur de Radio Courtoisie) contre le prolongement des concessions autoroutières13.

Enfin, tout récemment, Reporterre a publié une chronique du président de Nouvelle Donne Pierre Larrouturou appelant à une répression accrue des « Black blocks » et autres « casseurs » sur les manifestations contre le barrage de Sivens ou contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le texte a été expurgé par suite d’un « débat interne », nous apprend le site libertaire tourangeau La Rotative, l’équipe qui entoure Hervé Kempf ayant admis « l’avoir publié trop rapidement et sans trop d’attention ». Il est d’ailleurs étonnant qu’un site se voulant pluraliste favorise ainsi les représentants de certains partis, puisque Larrouturou (mais aussi Noël Mamère) dispose sur Reporterre d’une chronique mensuelle.


Mise à jour, 9 décembre 2014, 16h30 : Assumant une ligne confusionniste, Reporterre a offert une tribune à Tugdual Derville, militant anti-Mariage pour Tous.

 

 Source: Confusionnisme.info – Observatoire du confusionnisme politique.

 

En complément:

 

Quelques-uns des – très – nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite:

chouard2

 

=> Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

 Gabriel Rabhi, fils de Pierre, commence peu à peu à se faire une place au sein de la complosphère, et affiche sans honte ses sympathies pour l’extrême droite. Beaucoup plus discret, son frère David partage les mêmes idées sur Facebook. Sans aller aussi loin, leur père est connu pour développer une pensée réactionnaire et mystique, sous couvert d’humanisme, qui rencontre un grand succès dans les milieux écologistes. Le confusionnisme, une tradition chez les Rabhi ?

 

=> Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Si, à l’occasion de ses nombreux passages télé et interviews dans la presse commerciale Pierre Rabhi s’astreint le plus souvent à ne communiquer que sur des thématiques en apparence consensuelles, atteindre sa pensée profonde nécessite de s’écarter un peu des sentiers battus.

C’est la retranscription écrite de l’extrait d’une interview accordée en octobre 2013 et diffusée le 21 août 2014 sur la radio chrétienne RCF Berry [1] que nous vous invitons à découvrir ici.

 

=> Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

 

=> Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

En faisant appel à des thématiques en apparence consensuelles comme le consommer local, « bio » ou « éthique », que seule une petite minorité est en capacité de s’offrir, la page « Mr Mondialisation » prétend se positionner en alternative au discours dominant tout en piochant abondamment dans la rubrique écologie de l’ensemble de la presse patronale.

Dénoncer le greenwashing – cette manip de publicitaire destinée à repeindre l’économie de marché en vert – tout en le pratiquant soi-même, voilà une petite incohérence qui méritait d’être fouillée plus avant

 

=> Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Rares sont les médias à avoir été capables d’aller au fond de l’affaire, à savoir celle d’un vigneron pratiquant non pas une agriculture biologique mais la biodynamie, cette agriculture occultiste directement issue des méthodes Steiner.
Rudolf Steiner, pape de l’anthroposophie, mouvement sectaire s’abreuvant aux pires obscurantismes