Archives par mot-clé : Gabriel Rabhi

La Relève et La Peste, start up de la confusion

Le 5 novembre 2014, le site d’extrême droite Le Cercle des Volontaires annonçait la sortie prochaine d’une revue au titre mystérieux : La Relève et La Peste [1]. D’emblée confusionniste, ce projet affiche le soutien de noms prestigieux comme ceux du philosophe français Edgar Morin et du sociologue suisse Jean Ziegler.

Sorti début 2015, La Relève et La Peste est un projet porté par un étudiant issu de l’école de commerce ISC-Paris, Jérémie Carroy.

A en croire le site de l’école, il « a été sélectionné parmi les 40 meilleurs projets européens du site de crowfunding  « Kisskissbankbank » », qui réunit les dons permettant de le financer

Le « crowdfunding » et non «crowfunding » comme écrit sur le site de l’école, de l’anglais « crowd » qui signifie « foule » et « funding » pour « recherche de fonds », qu’on pourrait traduire par « financement participatif », consiste à faire appel aux dons, aux prêts ou à l’investissement financier des Internautes pour financer un projet, souvent de nature culturelle.

Comme toute page confusionniste, celle-ci va avoir tendance à s’abreuver à la masse sous-culturelle déjà existante. La conséquence ici sera pour le moins fâcheuse puisque Huxley n’a jamais écrit cette phrase. Il s’agit en réalité d’une prosopopée rédigée il y a une quinzaine d’années par un professeur de théologie.

 Dans le cas de La Relève et La Peste, le système choisi est celui du don avec contrepartie : plus le don est élevé, plus la revue offre de récompenses en nature (bracelet-marque page, invitation à la soirée de lancement, etc.). D’aspect professionnel, cette revue prévoit d’accorder une grande place au graphisme et, puisqu’il faut bien attirer le chaland, affiche l’ambitieux projet de développer un « nouveau concept » : le « livre-journal ». Il s’agit en fait bien d’une revue, soit une parution régulière (tous les six mois dans ce cas) au format livre, rien de vraiment original en somme.

Mais ce qui a attiré d’emblée notre attention n’est pas le concept en lui-même, mais bien le contenu éditorial que cette revue risque de proposer, ainsi que la nature de ses relais promotionnels sur le web. Soutenue, si on en croit son initiateur, par des personnalités classées dans le camp progressiste comme Edgar Morin ou Jean Ziegler

Curieusement, leurs noms n’apparaissent pourtant pas parmi les auteurs mentionnés au sommaire, et nous ignorons le degré réel de leur implication dans la fondation de cette revue.

La Relève et La Peste affiche en effet parmi ses contributeurs plusieurs noms associés au camp conservateur et réactionnaire.

Gabriel Rabhi, publiait le 6 février 2015 un article tiré du site négationniste SansconcessionTV.org – Pour une histoire débarrassée des nombreux mensonges (PHDNM), animé par le négationniste Vincent Reynouard.

On y trouve ainsi le « fils du grand Pierre Rabhi » (sic), Gabriel Rabhi, connu pour faire de la propagande soralienne et dieudonniste. Une ” réinformation ” mettant en scène le site les crises.fr, de Berruyer qu’on ne présente plus, une vidéo de Vernochet, un nationaliste baignant dans le complotisme délirant, voix de l’Iran, de Poutine, gravitant dans la dieudosphère et chez les complotistes, proposée par media-presse-info, un site nationaliste réactionnaire organe de propagande de Civitas et enfin Le Cercle Aristote, structure d’obédience néo-droitière.

Martin Peltier, figurant en bonne place sur le site Egalité&Réconciliation, a collaboré au Figaro Magazine, à National-Hebdo, à Minute et à Rivarol…

 Jean-Loup Izambert, journaliste ayant collaboré à plusieurs médias marqués tant à droite (Les Echos, VSD) qu’à gauche (L’Humanité) ainsi qu’à la revue d’extrême droite pro-Milosevic Balkans Infos (B.I.) ; le philosophe Jean-François Mattei (décédé il y a peu), qui a conseillé dans les années 1990 François Bayrou quand il était ministre de l’Education et qui était proche de certains milieux nostalgiques de l’Algérie française (le Cercle algérianiste).

On note également la présence de Christian Chavagneux, éditorialiste à la revue Alternatives économiques, qui elle est marquée à gauche et d’un commissaire divisionnaire et criminologue, Jean-François Gayraud.

Enfin, apparaissent les noms de deux universitaires, d’une réalisatrice de documentaires et d’un dessinateur dont rien ne nous permet de présumer de l’orientation politique . Cristel Cournil et Benoît Mayer travaillent sur les questions migratoires et environnementales et notamment sur la question des réfugiés climatiques, tandis qu’Aurine Crémieu a réalisé des documentaires pour diverses chaînes de télévision, notamment sur des questions liées à la condition des femmes dans le monde.

Le dessinateur Bastien Nups dit NUPZ quant à lui, ne semble pas avoir pour habitude d’aborder explicitement dans son travail de thématiques politiques.

Etienne Chouard aime forcément ce personnage de droite radicale appartenant à un mouvement sectaro-religieux.

  Du côté des soutiens au projet qui se manifestent, on peut noter que malgré le parrainage affiché de figures tutélaires comme Edgar Morin ou Jean Ziegler, le moins que l’ont puisse dire est que les médias dominants pas plus que des publications académiques ne se relaient pas au portillon pour en faire la publicité.

 En revanche, La Relève et La Peste jouit du soutien du Cercle des Volontaires à qui Jérémie Carroy et Gabriel Rabhi ont accordé des interviews promotionnelles, de la webtélé conspirationniste Mr Mondialisation, du site web confusionniste Inform’Action, du portail d’extrême droite nos-medias.fr ou encore d’un site culturel également diffuseur de contenus complotistes, DiazePaM.fr.

 La ligne éditoriale de la revue est sans surprise de « traiter des sujets jamais abordés dans nos médias », un argument marketing désormais systématiquement ressassé par ce type de presse, et dont on se demande bien comment il pourrait être mis en pratique par un support qui accueille des contributeurs issus pour certains de la presse dominante ou du moins d’organes de presse reconnus, quand il ne se place pas sous le patronage d’universitaires de haut rang dont la pensée n’a rien de vraiment marginal, puisqu’elle est largement relayée au sein des plus hautes sphères intellectuelles et politiques, y compris internationales (Les fiches Wikipedia d’Edgar Morin et de Jean Ziegler donnent une bonne idée de leurs parcours).

 Mais plus inquiétante encore est l’idéologie qui semble transparaître au visionnage du clip promotionnel, et qui ne laisse aucun doute quant à la ligne politique réelle que le projet entend mettre en avant. En effet, discrètement, par petites touches, ce « trailer », bien que promettant « une symphonie d’humanisme », inscrit La Relève et La Peste dans la lignée d’une idéologie impérialiste héritée de la période coloniale qu’on s’étonne de voir soutenue par des personnalités progressistes.

Le clip promotionnel de la revue, qui s’y présente comme « l’orchestre bienveillant » (sic) ne laisse aucun doute quant au public visé et à ses présupposés idéologiques. Introduit par des images de conflits, de famine et de pollutions a priori tournées exclusivement dans des pays non Occidentaux et dans lesquelles apparaissent des personnes pauvres (car il ne saurait y avoir de pauvreté, de conflits ni de pollution en Occident dans cette vision du monde), souvent noires, il enchaîne par une série de plans tournés dans de proprets appartements bourgeois occidentaux où n’apparaissent que des Blancs, hommes et femmes, seuls ou en couple (hétérosexuels bien sûr), avec ou sans enfants regardant par la fenêtre ce qu’on suppose être les malheurs du monde, de cet autre monde complètement étrange et étranger fait de guerres et de pauvreté qu’une voix off décrit et qu’on a pu entrevoir en début de clip.

Promotion active d’Etienne Chouard, l’ami de la fachosphère, et son tirage au sort.

 Dans un troisième temps, ces bourgeois occidentaux descendent se promener dans la rue pendant que la voix off (assurée par Benoit Allemane, la voix française de Morgan Freeman si on en croit la présentation du clip sur YouTube) les décrit comme les acteurs du changement : « la relève est en marche, et nous vous promettons de ne laisser personne derrière nous », annonce-t-elle.

Cynisme absolu ou sensibilité à la condition ouvrière, la confusion permanente cultivée ici permet sans doute de répondre “les deux”.

 

 Personne, sauf qu’a priori, la « relève » ne se composera ni de pauvres, ni de non-“blancs”. « Nous remplacerons les armes par notre seule pensée, notre plume sera notre seul espoir », ajoute avec grandiloquence la voix off. En effet, on peut supposer que « les armes » sont sans doute l’apanage des populations pauvres montrées complaisamment en début de clip, tandis que « la plume » est celui des peuples dits « civilisés » dont les dignes représentants apparaissent ensuite pour se pencher avec une bienveillance toute condescendante sur le malheur de ces gens qui ne sauraient se révolter sans l’aide de ceux qui, bien que contribuant à la domination qu’ils subissent, disposent de la clairvoyance nécessaire, au contraire de ces pauvres hères.

Ici le cryptofrasciste Etienne Chouard se sent comme un poisson dans l’eau dans cet environnement fiévreux de confusionnisme.

 Alors que d’autres internautes semblent avoir une analyse voisine de la nôtre sur le contenu de ce clip et s’interrogent sur le compte facebook de la revue, l’équipe de La Relève et La Peste semble assumer cette ligne ethnocentrée qui ne veut pas « remettre en question la place des blancs ou des noirs » (sic) (ni celle des femmes d’ailleurs, dont la forte présence dans le clip semble déranger d’autres internautes) : « Le propos de cette video est de mettre en avant une prise de conscience occidentale sur ce qui se passe dans le monde, expliquait l’équipe de la revue en réponse à ces remarques le 14 octobre dernier. L’occident est dans une bulle si l’on regarde tout ce qui se passe autour de nous. Cela ne remet pas en question le fait que beaucoup de choses vont mal en France. […] Ce teaser ne fait qu’énumérer des problèmes globaux qui sont bien réels, sans remettre en question la place des blancs ou des noirs … […] En ce qui concerne la place de la femme dans cette vidéo, n’y voyez en aucun cas un sous-texte féministe. Si le rôle des femmes de ce teaser vous dérange, c’est un autre débat. Nous pouvons en débattre par message privé si vous le souhaitez! »

Ce site semble collectionner les citations apocryphes puisque Oscar Wilde n’a jamais écrit cette phrase.

Quel avenir aura cette étrange revue ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais ce qui est sûr, c’est que si elle paraît et continue sur cette ligne, elle contribuera à son niveau au brouillage des cartes et qu’elle participe d’ores et déjà à cet inquiétant phénomène de multiplication des médias confusionnistes, notamment dans ce qu’ils ont de plus professionnel et donc potentiellement de plus crédible aux yeux du public.

 

Les Enragé-e-s & Confusionnisme.info

 

[1] cercledesvolontaires.fr/2014/12/05/releve-peste-nouveau-journal-alternatif-soutenir/

Au secours! Les anthroposophes sont là

L’Anthroposophie avait figuré comme secte dans le rapport 2000 de la MILS (Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes en France) et dans le rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes. Bien que l’Anthroposophie ait été répertoriée comme une secte par les députés, ce classement a ensuite été annulé. La justice française y a vu la première grande bavure dans la lutte antisecte et a condamné le Président de la Commission d’enquête parlementaire. La MILS continue pourtant à prôner une grande vigilance contre ses multiples réalisations. Comme la Scientologie, l’Anthroposophie est surveillée mais cette dernière n’a pas été inquiétée.

Écolos, alternos et anti-OMC se financent à la NEF, une société coopérative de prêts liée au théoricien raciste Rudolf Steiner
1024px-Dornach_-_Goetheanum_-_Grosser_Saal1
L’intérieur du Goetheanum, le Vatican de l’anthroposophie.

 

Un article paru dans Le Vrai Papier Journal, n°1, juillet 2000

Pierre l’a mauvaise, les tripes retournées par une solide trouille : il est l’un des 17000 membres d’ATTAC, (1) association qui suscite beaucoup d’espoirs depuis sa création, en 1998. Et voici qu’elle risque d’être infiltrée, phagocytée…

Pierre raconte : « juin 1999, notre collectif local a organisé une rencontre sur le thème de l’économie solidaire. Nous avions invité un organisme de prêts alternatif, la NEF » Cette Nouvelle Économie Fraternelle représente une chance pour le monde alternatif, celle de voir enfin un jour une « banque verte », dont le fonctionnement financier serait en rupture avec les modes bancaires classiques.

Fondée en 1968, la NEF était à l’origine une simple association. Vingt ans plus tard, ayant obtenu le visa de la Commission des opérations de Bourse, elle lançait un appel public à l’épargne. Objectif : la création d’une Société financière coopérative nécessitant un capital minimum de 7,5 millions de francs. 8,2 millions furent engrangés grâce à sept cents souscripteurs.

Depuis, forte de son nouveau statut, la NEF propose des prêts à ceux qui se les voient habituellement refuser : pension de famille pratiquant la restauration macrobiotique dans les Landes, retraités menacés de saisie immobilière, chômeurs désireux de créer leur entreprise… Les taux n’excèdent pas ceux en vigueur dans le circuit traditionnel. En revanche, les épargnants ont leur mot à dire sur l’utilisation de leur épargne.

Hébergée pour l’instant par le Crédit Coopératif, la NEF espère bientôt voler de ses propres ailes. Un événement : il s’agirait là de la première création de banque en France depuis 1948. Autant dire que celle-là, de par sa spécificité, deviendrait incontournable pour les milieux alternatifs. Pierre : « Nous avons vite constaté que la NEF se référait à la doctrine ésotérique d’un certain Steiner. ATTAC étant une association laïque, nous avons voulu en savoir plus… »

Et là, en fouillant un peu, on découvre que Rudolf Steiner (1861-1925) a créé en 1913 à Berlin un mouvement de pensée baptisé Société anthroposophique.

rudolf_steiner

Premiers aperçus de sa doctrine : « Je me suis rendu récemment à Bâle, il y avait un roman nègre qui s’inscrit dans la ligne d’une infiltration progressive de la civilisation africaine dans la civilisation européenne contemporaine. (…) S’il sort encore un certain nombre de romans nègres et que nous en donnons à lire aux femmes enceintes, [cela] donnera naissance à un bon nombre d’enfants tout gris, mulâtres. » Ou encore : « Les antécédents d’un singe ressemblent aussi peu à ceux d’un poisson que les antécédents de l’esprit de Goethe à ceux d’un sauvage (2). » Le style est abominable, une bouillie informe. Mais Steiner a de hautes vues, il appelle carrément de ses vœux un nouveau système social en Europe.

« Quand nous avons découvert qui était Steiner, reprend Pierre, nous avons réagi par une mise en garde sur la liste de diffusion électronique d’ATTAC. À notre grande surprise, de nombreux membres ont pris fait et cause pour ce type qu’ils qualifiaient d’“extraordinaire ” . Ces prosélytes avaient pour la plupart été en contact avec la NEF. Nous avons alors craint que cette société soit un cheval de Troie et, qu’en fait, ce soit l’anthroposophie qui fasse son nid dans les milieux alternatifs. »

Marie, présidente départementale de l’association, confirme qu’elle a immédiatement alerté la direction d’ATTAC, mais que celle-ci « a botté en touche ». Il s’agirait d’un problème purement local et sans grande importance. ATTAC serait trop diversifiée pour être infiltrée par qui que ce soit…

Des races supérieures et des races inférieures

Or, le problème n’est pas isolé. Philippe est un bénévole du réseau Biocoop, premier distributeur français de produits biologiques avec deux cents magasins, un millier de salariés et un milliard de francs de chiffre d’affaires, soit 12 % du marché. Localement, il assure la présidence du conseil de surveillance d’une coopérative. Lui aussi est inquiet. « Suite à un partenariat signé en 1998, Biocoop assure la promotion du compte épargne nature de la NEF. C’est un placement proposé aux particuliers et destiné à financer des “ projets écologiques ”. En 1999, par échange de bons procédés, la NEF a accordé un total de 3,485 millions de francs à Biocoop. Quand j’ai tiqué à cause des fumeuses théories de Steiner, un représentant de la NEF m’a affirmé que les critiques qui circulent sont le fruit d’un complot communisto-maçonnique. »

4454

On chercherait à diaboliser l’anthroposophie ? Pas sûr. En fait de complot, ce sont des questions très simples que posent ces militants. Dans sa volonté de créer en France la « banque du développement durable et des solidarités », la NEF peut aujourd’hui compter sur la collaboration d’une large part du mouvement alternatif. Des associations comme Bâtir Humain, Éthique et Investissement ou le réseau de commerce équitable Artisans du Soleil lui ont déjà apporté leur soutien. Quelques poids lourds écolos également. Sur une brochure de la NEF figurent les logos de France Nature Environnement (FNE) et du World Wild life Fund (WWF).

Comme celle de Ron Hubbard pour les scientologues, la pensée de Steiner irrigue tout le mouvement anthroposophique actuel.

Mais qui était-il ? Un enfant pas comme les autres, né dans l’Empire austro-hongrois, affirmant jouir du don de clairvoyance. Un étudiant viennois fasciné par Goethe. Un prédicateur berlinois tourmenté par ses visions.

steiner_photo

De fait, l’omniscience de Steiner rappelle celle des « fous littéraires ». La transcription de ses 6000 conférences et quarante ouvrages couvrirait près d’un million de pages. Rien n’est épargné : religion, éducation, médecine, agriculture, politique, économie…

 

Et quand Steiner estime dans le livre L’âme des peuples que « ce n’est pas pour le plaisir des Européens que la population indienne a péri, mais parce que la population indienne devait acquérir les forces nécessaires pour l’amener à périr », la chose est pour lui parfaitement logique. C’est la théorie de l’« involution-évolution » des races. Selon elle, l’humanité évolue selon des cycles au cours desquels se succèdent sept races dont les quatre premières, inférieures, doivent disparaître pour assurer la rédemption des trois suivantes. À cette cosmogénèse, Steiner ajoute les forces du mal, qui auraient volontairement fait dérailler le système en faisant cohabiter les races

300px-Steiner_raciste
Croquis réalisé par le cerveau raciste de Steiner, séparant d’un côté les “races” qui “involuent” et de l’autre, celles qui “évoluent”.

En 1936, à Nuremberg, on retrouve l’Association des médecins anthroposophiques au sein du Groupe d’étude du Reich pour une nouvelle médecine allemande. Avant de tomber en disgrâce, certains principes anthroposophiques avaient donc séduit les nazis. Plus récemment, en 1995, le gouvernement hollandais a dû inciter les écoles Waldorf à la prudence. Appliquant une méthode pédagogique créée par Steiner, certains enseignants apprenaient aux enfants que la race noire est au stade de l’enfance, la jaune à celui de l’adolescence, seule la race blanche pouvant être considérée comme adulte.

Aux États-Unis, le groupe PLANS (Pour des écoles légales et non sectaires) a dénoncé les mêmes dérapages. En Allemagne, c’est l’AKDH, le mouvement des enfants de l’Holocauste, qui s’inquiète. En France, un rapport parlementaire – plutôt décrié – de 1999 sur Les sectes et l’argent épinglait l’anthroposophie.

Écolos et alternatifs sont sous le charme

Comment les promoteurs d’une économie fraternelle et solidaire peuvent-ils se réclamer d’une doctrine aussi nauséabonde ? Jacky Blanc, directeur général de la NEF, nous déclare d’emblée que sa société ne tient pas pour parole d’évangile l’enseignement de Steiner, qu’elle n’est en rien liée à l’anthroposophie. Ignore-t-il que la charte même de la NEF se réfère à Steiner ? Faut-il rappeler que la Société d’anthroposophie, sociétaire de la NEF à hauteur de 180 400 francs, évoque clairement celle-ci au rang de ses « réalisations sociales » ? Jacky Blanc concède que la NEF s’est bâtie grâce à des personnes en lien direct ou indirect avec Steiner. D’ailleurs, les hypothèses du philosophe lui semblent de « bonnes hypothèses ». « Pour moi, Steiner n’a jamais eu d’attitude raciste. II a essayé de comprendre l’évolution du monde et comment celle-ci a fait qu’il y a eu une différenciation en races. On ne peut pas dire qu’on est tous identiques. On peut dire qu’on est tous égaux. Avoir osé dire qu’on n’est pas tous identiques, c’est peut-être ça qu’aujourd’hui on reproche à Steiner. »

Le 12 décembre 1999, Alain Lipietz, député européen (Verts), a signé dans Le Monde un communiqué de soutien à la NEF : « Je travaille avec des gens de la NEF, je n’ai jamais rien trouvé de raciste ni de sectaire chez aucun d’eux. Ce rattachement de la NEF à la pensée de Steiner me semble donc douteux et en tout cas indémontré. L’ont-ils seulement lu ? »

Guy Hascoët, le nouveau secrétaire d’État à l’Économie solidaire, se trouble quand on expose devant lui le contenu raciste de la pensée de Steiner. « J’avoue ne pas avoir étudié le dossier comme vous… ça pose problème… S’il y a un prosélytisme raciste, il existe une loi pour le condamner. Si votre reportage met en lumière les choses, on verra bien quelles seront les réactions. »

Seule Marie-Christine Blandin, ex-présidente du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, est d’emblée réservée : « Défendons l’économie solidaire comme un secteur éthique à part entière. Chez nous, cinq ans d’effort ont abouti à la création de la Caisse Solidaire, spécialisée dans les prêts aux chômeurs et aux Très petites entreprises. » Quelle différence avec la NEF ? Pour Christian Tytgat, directeur de la caisse en question, le problème touche à la laïcité : « Une banque confessionnelle me semble inconcevable ».

Bien que la NEF soit une coopérative, les anthroposophes occupent 100 % des postes de direction, alors qu’ils ne représentent qu’un quart des sociétaires… « Aujourd’hui en Angleterre, une banque anthroposophe finance la création du premier collège technique vert ». Cette collusion n’est pas unique en Europe. Le 12 septembre 1987, à Liestal, l’assemblée des délégués du Parti écologiste suisse a adopté un texte concernant la politique culturelle et l’éducation inspiré des théories de Steiner.

C’est justement en Suisse que l’anthroposophie trouve ses bases. Nous y avons découvert comment la NEF s’inscrit concrètement dans cette curieuse philosophie qui ne laisse rien au hasard.

goetheanum

Dornach, petit village de Suisse alémanique, à une dizaine de kilomètres au sud de Bâle. Là, se dresse le Goetheanum. Entre bunker et cathédrale, le gigantesque édifice en béton armé abrite le siège de la Société anthroposophique universelle (SAU). Autour, douze bâtiments annexes aux formes baroques. La commune est ravie. Le Goetheanum, qui a placé quatre de ses représentants au conseil municipal, attire des milliers de « pèlerins ». Deux cents francs la visite, suivez le guide dans un labyrinthe mégalomaniaque. « Steiner, cet homme extraordinaire » par-ci, « Steiner, ce génie » par-là…

1024px-Goetheanum_Dornach2

Le Goetheanum est une « pompe à phynances »

Plus difficile d’en savoir plus sur la nébuleuse planétaire qui s’articule autour du Goetheanum et se décline en quarante-cinq représentations nationales. Celles-ci assurent la promotion d’une série de sous structures en apparence hétéroclites : les écoles Waldorf (650 dans le monde, dont une dizaine en France accueillant 2500 élèves environ), la Communauté des Chrétiens, diverses maisons d’édition, une kyrielle d’associations à caractère médical, pharmaceutique ou agricole. Toutes, à leur façon, appliquent les enseignements de Steiner.

À en croire le guide, ce complexe organigramme est totalement indépendant du Goetheanum. En réalité, des sommes considérables « remontent » vers la maison mère de Dornach. Chaque représentation nationale lui reverse un tiers de ses cotisations. Pour la France, cela peut représenter jusqu’à 500 000 francs par an. Peu de chose en comparaison des droits d’auteur sur les 354 ouvrages de Steiner diffusés à travers le monde et gérés par la Rudolf Steiner Verlag du Goetheanum.

Cette dernière est par ailleurs l’actionnaire majoritaire du groupe Weleda, qui commercialise les fameux « remèdes anthroposophiques » (dont Iscador, un extrait de gui censé combattre le cancer). En 1997, Weleda, avec 1100 salariés dans dix-huit pays, affichait un chiffre d’affaires de 700 millions de francs. Weleda finance notamment les « travaux scientifiques » de la Section médicale du Goetheanum. Dans le même registre, les produits de « l’agriculture anthroposophique bio-dynamique » (des engrais chargés en « force astrale ») sont gérés par l’association internationale Demeter, administrée par des anthroposophes.

Le jeu des cotisations, des copyrights ou de l’actionnariat contribue donc à alimenter les caisses de la maison mère. Sans oublier les dons.

La NEF, dans ce circuit, apparaît comme une pompe à finances, à l’instar des autres établissements ouverts en Belgique, aux Pays-Bas, ou en Angleterre. Pour engranger l’épargne de tous, il faut prêter à tous. Ainsi seulement, « l’argent qui relie les hommes » peut, à terme, profiter au Goetheanum.

Récemment, la revue L’Esprit du temps normalement réservée aux seuls adeptes, exprimait ses craintes que la NEF ne finisse par perdre son âme steinerienne. Une inquiétude aussitôt démentie par un « droit de réponse » signé Société anthroposophique universelleJean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit, responsables du conseil de surveillance de la NEF : « La charte de la NEF qui fait explicitement référence à l’œuvre de Rudolf Steiner (…) témoigne que l’élargissement et la diversification de son sociétariat n’ont pas eu pour conséquence une trahison de ses fondements (…). Dans les milieux de l’économie sociale, de l’économie alternative et solidaire, de l’agriculture durable, du logement social qui n’avaient quasiment aucun contact avec la pensée et l’œuvre de Steiner la NEF a apporté au cours des années un témoignage qui a ouvert un horizon nouveau à bien des personnes. Mais en même temps, chaque fois qu’une institution steinerienne s’est adressée à la NEF pour avoir un appui, elle a trouvé une équipe dévouée à sa cause. » Voilà qui est explicite.

hameau_des_buis_colibri_pierre_rabhi
Vitrine de l’anthroposophie, le “Hameau des Buis” de Pierre et Sophie Rabhi. En bas à droite de la photo, un cercle Steiner sur ce même hameau privatisé.

 

La NEF est plus proche de Davos que de Seattle

Tout aussi transparente est la doctrine économique de Steiner. Le parlementarisme n’y a pas sa place. Ni le syndicalisme, jugé improductif : « Qui donc travaillerait si [les] hommes devaient passer leur temps en débats sur le travail ? » Son programme rappelle beaucoup plus les conciliabules de Davos que les discours du Larzac : « Il faut soustraire toute activité économique à la tutelle de l’État (…). Dans une organisation économique à l’échelle mondiale le libre-échange offrira la meilleure garantie pour l’établissement des prix justes dans les diverses régions de la Terre. »

La NEF ne se cache pas de participer à cette vision : « C’est évidemment à cette partie de l’œuvre de Steiner que se réfère la NEF » déclare-t-elle dans un communiqué. Avec un capital approchant les 40 millions de francs, elle postule donc pour le statut de banque. La question, confirme Matignon, est actuellement en cours d’examen à la Direction du Trésor.

La « troisième gauche » continuera-t-elle à se rapprocher d’une philosophie aux antipodes de ses aspirations. Militants alternatifs et écolos ont-ils compris les enjeux ?

 

Renaud Marhic

1. Association pour une taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens.
2. Conférence de 1922 sur le thème Santé et maladie.

 

Psychologiquement, y est encouragé un surdimensionnement de l’ego dont l’effet ultérieur peut être une grande souffrance intérieure, ainsi que le décrit très bien un ancien élève américain, Roger Rawlings, sur son site WaldorfWatch. Il se produit aussi un compartimentage du psychisme : la pensée et les sentiments ne communiquent plus entre eux.

COMMENT SE FAIT-IL QU’ON TROUVE DES ANTHROPOSOPHES A LA FOIS DANS DES MOUVEMENTS ALTERNATIFS PROGRESSISTES COMME ATTAC OU LA CONFEDERATION PAYSANNE ET QUE CERTAINS SOIENT PROCHES DE PARTIS REACTIONNAIRES?

Les anthroposophes sont partisans d’une “tripartition sociale” qui se réclame de la trilogie : Liberté Egalité, Fraternité. Mais en réalité, l’Anthroposophie nie le principe fondamentale de la Révolution Française qui est le respect de l’Homme en tant que Sujet. En économie, c’est la Fraternité qui est la règle. Mais cela signifie pour Steiner tout autre chose qu’une perspective socialiste ou communiste ! Pour lui la fraternité veut dire : pas d’intervention de l’Etat, l’économie se régule d’elle-même.

La loi fondamentale de l’économie selon Steiner, c’est qu’une société est d’autant plus riche que les individus ne gardent pas les richesses pour eux-mêmes et reversent leur surplus dans le pot commun. Ce à quoi on les oblige en fait par des pressions psychologiques.

Il n’y a bien souvent pas de conventions collectives dans les écoles Steiner. Le syndicalisme, pour Steiner est une maladie sociale, tout comme l’athéisme est une maladie de l’âme. Chez les anthroposophes, il y a une indifférence à la politique, aux élections. La seule chose qui compte pour eux est de savoir ce qui va favoriser leurs institutions ou non. La vie de la société dans son ensemble ne les intéresse nullement.

 

actu-sectarisme.blogspot.fr

 

11039011_1432161847083888_4220166124609308285_n

La spécificité sectaire de l’Anthroposophie

Quelle est donc cette spécificité qui me fait craindre de voir l’Anthroposophie passer finalement entre les mailles du filet de la vigilance sectaire ? Qu’est-ce qui permettrait à cette dernière une telle démarcation factice ?

Ceux qui observent l’Anthroposophie et ses émanations, comme les écoles Steiner-Waldorf, la NEF, ou la Biodynamie n’y perçoivent nullement, dans un premier temps, de discours ouvertement délirant sur les extraterrestres, l’étoile Sirius, les Esprits de Lumière ou les voyages astraux. On n’y détectera pas non plus d’emprise permettant des détournements d’argents importants, ni des personnes ruinées pour avoir tout donné, ou encore des adeptes devenant des esclaves sexuelles d’un gourou dans le cadre d’orgies collectives. Nous ne sommes pas non plus en présence de groupes construisant des lieux de vie isolés barricadés par des murailles gardées d’hommes armés. Nul suicide collectif d’anthroposophes n’a fait ni ne fera la une des journaux.

Au contraire, l’Anthroposophie et ses émanations présentent toutes les apparences d’une respectabilité parfaite :

– Les écoles Steiner-Waldorf sont parfois sous contrat avec l’Education Nationale, et les spécialistes de certains Rectorat prennent ouvertement la parole publiquement pour vanter le bien-fondé de cette pédagogie, quand ce n’est pas un ancien Ministre de l’Education Nationale ;

– Les médecins anthroposophes ont fait des études classiques de médecine et sont souvent conventionnés ;

– On parle de la NEF sur France-Info tous les trois mois environ, au point de la qualifier de « première banque éthique de France » (le qualificatif « citoyenne » ayant déjà été pris par la Banque Postale et ne faisant pas autant recette) ;

Rudolf Steiner est présenté comme un « penseur », un « philosophe » ou un « théoricien », jamais comme un occultiste délirant ;

– L’agriculture biodynamique s’est à ce point collée à l’agriculture biologique qu’elle s’est rendue indiscernable de cette dernière, tandis que l’Association d’Agriculture Biodynamique parvient à se faire héberger dans les locaux de la Chambre d’Agriculture. Les magasins Naturalia font en septembre 2014 leur « mois biodynamique » et Télérama consacre en même temps tout un dossier pour faire la promotion de cette agriculture ;

– Les produits de la firme WELEDA sont vendus dans presque toutes les pharmacies ;

-Etc.

Toute ces caractéristiques semblent donc éloigner radicalement l’Anthroposophie et ses émanations de ce qu’on se représente habituellement comme un phénomène sectaire. Ainsi, les représentations communes que l’on se fait habituellement des sectes, jusque dans le cadre des associations qui luttent contre leurs méfaits, permettent à l’Anthroposophie d’occuper une place à part, préservée. Même dans la bouche de certains responsables, il m’est arrivé d’entendre la phrase : « Ce n’est pas vraiment une secte. »

1507983_10205317052025474_8404573654198486025_n
En photo, la princesse Constance de Polignac et son protégé/conseiller personnel Pierre Rabhi (du mouvement écolo de droite “Colibri”) sur son domaine de Kerbastic, château du XVIIe siècle transformé en hôtel de luxe s’étendant sur un parc de 170 hectares dont 2 hectares “bio” accueillant des séminaires destinés aux chefs d’entreprise.



Mais est-ce effectivement le cas ? Faut-il nécessairement réduire le phénomène sectaire à des représentations comme celles que nous avons évoquées ? N’y-a-t-il pas, en réalité, une paresse intellectuelle profonde à tenter de cerner par le biais de représentations un phénomène aussi subtil que celui des sectes, ou des dérives sectaires, là où ce serait plutôt le concept de ces dernières qui devrait guider leur appréhension ?

Penser par représentations est facile et les journalistes s’y prêtent volontiers. Avoir dans l’esprit des images comme celles de partouzes sectaires, d’embrigadement militaire, de familles ruinées, de gourou en toge et de Mandarom bariolé a certes rendu mentalement présents dans les esprits de la population française les risques de certaines dérives correspondant effectivement à ce décorum ubuesque. Mais qu’en sera-t-il pour les mouvements sectaires qui savent ne pas verser dans ce type d’extravagances, mais n’en sont pas nécessairement moins dangereux sur le long terme et sur un autre plan ?!

En effet, l’Anthroposophie ne dresse pas de murailles apparentes autour de ses constructions architecturales. Mais la coupure qu’elle opère progressivement, dans l’esprit du disciple de Steiner (et même de ceux qui ne font que fréquenter les institutions issues de l’Anthroposophie) entre le « monde extérieur » et le « milieu anthroposophique » est-il moins bien gardé qu’une place forte dotée de mitrailleuses ?

Certes, il sera impossible d’observer des grandes partouzes collectives ni de débordements pédophiles dans les locaux de la Société Anthroposophique, ou dans une école Steiner-Waldorf. Mais, dans le premier cas, la forme de séduction que les dirigeants exercent sur leurs auditeurs n’y prend-t-elle pas des formes psychiquement fortement sexualisées ? Et, dans le deuxième cas, la promiscuité douteuse entre professeurs et élèves ne s’apparente-t-elle pas à des relations « incestuelles », faute d’être systématiquement incestueuses ?

Effectivement, nul adhérent de la NEF ne se retrouvera sur la paille en six mois après avoir donné tout ses biens pour une institution issue de l’Anthroposophie. Mais ne finit-il pas par appartenir peu à peu à un circuit économique à part, à une sorte de serpent qui grossit en se mordant la queue, où tout l’argent disponible part en direction des mêmes causes et des mêmes entreprises, qui s’alimentent mutuellement ?

La spécificité sectaire de l’anthroposophie

 

Pour les membres de la Société Anthroposophique, l’exigence d’exclusivité à l’Anthroposophie est d’ordre implicite. Au niveau de leur discours, les anthroposophes vous disent souvent qu’il n’y a pas d’autre obligation pour vous que d’être un honnête homme, qu’il n’y a aucun interdits, etc. Le mot liberté est sur toute les langues anthroposophiques ! Il n’y aurait même aucun problème à être membres de la Société Anthroposophique tout en appartenant à une autre religion. Et l’on cite quelque cas d’anthroposophes bouddhistes (comme Ha Vin Tho) ou musulmans (comme Ali Gerbhi) que l’on exhibe triomphalement lors de certains congrès pour bien montrer à quel point on a l’esprit ouvert. Les anthroposophes revendiquent ainsi pour l’Anthroposophie une sorte de rang supérieur aux simples religions, de spiritualité universelle capable de les comprendre et les embrasser toutes. Dans les faits, les choses se passent autrement : par de nombreuses allusions, par des remarques, par des attitudes, par certains écrits, on vous fait comprendre qu’il n’est très bon pour vous d’aller voir ailleurs :

– Vous pratiquez le yoga ? Savez-vous que Steiner a dit que c’est dangereux pour votre corps éthérique et même pour votre corps physique ? Mieux vaut se diriger vers l’eurythmie.

– Vous avez une activité sportive ? Savez-vous que c’est contre-indiqué à celui qui aspire à la clairvoyance ? Pas la gymnastique Bothmer cependant.

– Vous vous intéressez à un autre courant spiritualiste ? Attention car ça ressemble à une secte ! (Le comble !)

– Vous êtes resté attaché à votre religion d’origine ? Avez-vous lu ce que Steiner a dit des insuffisances de ce culte dans tel cycle de conférence ? Mais si tenez absolument à conserver une pratique religieuse, il me semble que le culte de la Communauté des Chrétiens, fondée par des disciples de Rudolf Steiner, propose une approche des sacrements qui réponds mieux aux exigences de l’homme moderne.

– Vous buvez de temps en temps de l’alcool ? Bien sûr vous êtes libre, mais savez-vous que Steiner a dit dans tel cycle de conférence que cette boisson appartient aux états de conscience passés de l’humanité ?

– Vous mangez de la viande ? Si vous êtes incapable de vous en passer nous comprenons, mais cela va constituer pour vous un handicap pour avoir des perceptions spirituelles.

– Vous dansez le Rock ? Pourquoi pas, mais d’après Steiner il s’agit d’une danse basée sur des rythmes africains qui dénaturent les corps éthériques des occidentaux.

– Vous avez du plaisir à lire des livres comme la saga des Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux ? C’est parfaitement votre droit, mais ne savez-vous pas quelles forces maléfiques se cachent derrière l’écriture de tels ouvrages, que tel auteur a d’ailleurs très bien dénoncé dans le numéro d’une revue anthroposophique que je peux vous prêter. En revanche, je vous recommande Momo ou L’Histoire sans fin de Michaël Ende (qui est un auteur anthroposophe).

– Vous vous intéressez à la politique ? Moi je n’ai pas confiance en tout ces gens-là. En revanche, je trouve que Pierre Rabhi et son association « Colibri » propose une alternative pertinente conforme aux exigences du monde actuel. D’ailleurs, si ça vous intéresse, il vient faire prochainement une conférence à l’école Rudolf Steiner de Verrières-le-Buisson et c’est un fermier qui a pratiqué la méthode biodynamique ! Il est proche de nos milieux vous savez.

– Votre médecin-traitant vous a prescrit des médicaments homéopathiques sans spécifier qu’ils doivent être de la firme Weleda ? C’est embêtant pour vous car les médicaments homéopathiques ordinaires possèdent moins de forces de guérison. Il n’ont pas été « dynamisés » vous comprenez. Je vous recommande un très bon médecin anthroposophe qui exerce dans tel quartier. Quand la législation française est trop liberticide, il vous indiquera comment faire venir vous-mêmes certains médicaments directement de Suisse. Si vous êtes en dépression, il est possible qu’il vous prescrive de manger de la salade spécifiquement broyée avec une machine allemande dont le prix est de 500 Euros. Si vous n’avez pas les moyens de vous l’acheter, je pourrais vous prêter la mienne.

– Vos enfants regardent la télévision ? Je vous recommande un numéro de l’excellente revue de médecine anthroposophique qui dénonce les effets dévastateur de la télévision sur le psychisme des enfants.

– Vous allez de temps en temps au cinéma ? Je crois que Rudolf Steiner explique que cela rend nos yeux éthériques semblables à ceux des grenouilles et que c’est très mauvais pour notre karma car, lors de la rétrospective post-mortem, les moments où vous avez regardé des films constituent des sortes de trous dans la mémoire de notre existence révolue… Il faut que je retrouve le passage et je vous en ferait une photocopie !

– Etc. Rien n’est interdit, mais tout est présenté comme contre-indiqué. Vous êtes libres, mais vous vivez dans la culpabilité ou dans la crainte si vous ne suivez pas les recommandations du Maître. Ce procédé est très habile : des interdits clairement affichés engendrent des oppositions, tandis que des conseils et des mises en garde sont mieux assimilés. La Société Anthroposophique réalise donc bien les trois conditions définies par le sociologue Émile Durkheim pour être qualifiée de religion :

– l’existence d’un ensemble de croyances constituant un système solidaire ;

– l’existence de rituels ;

– l’existence d’une communauté.

Qui sont les anthroposophes? Les différents cercles du milieu anthroposophique 

 

11857775_1472635533036519_1968669070_n

Les trois modes d’adhésion à l’anthroposophie

Il y a selon moi trois aspects caractérisant l’adhésion à l’Anthroposophie :

– l’adhésion intellectuelle ;

– l’adhésion sociale ;

– l’adhésion comportementale.

*

a ) L’adhésion intellectuelle

Elle comporte plusieurs aspects :

– l’adoption de certaines idées ésotériques générales ;

– l’adhésion à certaines idées ésotériques spécifiques à Rudolf Steiner ;

– l’adhésion à certaines tournures d’esprit ;

– l’adoption d’un vocabulaire spécifique de l’Anthroposophie.

*

b) L’adhésion sociale

Elle peut comporter plusieurs aspects :

– fréquenter une des institutions issues de l’Anthroposophie : école Steiner-Waldorf, crèche d’inspiration Steiner-Waldorf, groupe d’éveil et de jeux pour les tout-petits, N.E.F., M.A.B.D., Communauté des Chrétiens, groupes d’étude de la Société Anthroposophique, centre de formation anthroposophique comme l’Institut Rudolf Steiner, ou Didascali (pédagogie), centre de formation à la peinture Hauschka, etc. ;

– suivre les conférences de la Société Anthroposophique ;

– suivre les conférenciers indépendants professant la doctrine de Rudolf Steiner ou se référant notamment à lui ;

– suivre un atelier artistique d’inspiration anthroposophique : « Eurythmie », mime, théâtre, peinture, modelage, musique, etc ;

– avoir recours aux services d’un praticien de la santé et du domaine médico-social lié à l’Anthroposophie : thérapeute, conseiller diététique, orthophoniste, infirmier, babby-sitter, nounou, etc.

*

c) L’adhésion comportementale

Elle peut comporter plusieurs aspects :

– l’adoption de pratiques méditatives spécifiques aux anthroposophes ;

– l’adoption d’habitudes alimentaires spécifiques aux anthroposophes (végétarisme ou tendance au végétarisme, consommation de produits bio Demeter) ;

– l’adoption de pratiques éducatives spécifiques aux anthroposophes;

– l’adoption de comportements hygiéniques spécifiques aux anthroposophes (consommation de produits homéopathiques de la firme Weleda, etc.) ;

– l’adoption de pratiques cultuelles spécifiques aux anthroposophes : recours aux sacrements de la Communauté des Chrétiens, recours à l’Eurythmie et à certains de ses gestes comme modes d’interventions cultuelles, recours à certains textes de Steiner comme supports de cérémonies religieuses, etc.  ;

– l’adoption de comportements vestimentaires spécifiques à l’Anthroposophie (un certain style de vêtements, de couleurs, etc) ;

– l’adoption de critères esthétiques ou de pratiques décoratives spécifiques aux anthroposophes, parfois issus d’indications données par Rudof Steiner lui-même (couleurs des murs, coupe de cheveux, etc) ;

– l’adoption de comportements sexuels spécifiques aux anthroposophes (indiqués notamment dans le livre d’Athys Floride, Ed. Novalis), ou donnés en exemple dans certains cercles fermés de l’Anthroposophie ;

– le financement, par le biais de dons ou de legs, d’institutions liées à l’Anthroposophie.

*

On peut reconnaître un anthroposophe au fait qu’il adopte un ou plusieurs de ces aspects intellectuels, sociaux ou comportementaux. Plus ceux-ci sont nombreux, plus la personne est anthroposophe.

pierrerabhi

 

A lire en complément :

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 

Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute! 

C’est quoi le fascisme? 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

Ce soir, le café coopératif La Veilleuse (Paris 20e) reçoit l’équipe du site Reporterre.net, fondé par Hervé Kempf, journaliste au Monde. L’occasion de revenir sur le contenu de ce site consacré à l’écologie mais qui baigne dans le confusionnisme le plus total.

Reporterre, site qui se veut une référence en matière d’écologie, est représentatif d’une tendance hélas grandissante du mouvement écologiste qui, par manque sans doute de culture politique, tend à ouvrir ses portes à quiconque se dit – même vaguement – ami de la nature, sinon décroissant. « Reporterre veut être le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice », clame la courte présentation du site. Au nom du « débat », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », la porte est donc ouverte à tous les vents : sociaux-démocrates de droite, de gauche, du centre, consuméristes, complotistes, mystiques en tous genres, groupuscules d’extrême droite.

La « une » du jour est représentative de cette ligne éditoriale fourre-tout :

On y retrouve entre autres la porte-parole de l’écologie de droite Corinne Lepage, un communiqué des conspirationnistes de ReOpen911, aux côtés d’articles piqués chez Attac ou chez CQFD, des thématiques « développement durable » promues par les autorités et l’industrie « verte » (les « produits bio-sourcés »), des promoteurs de la non-violence version gandhiste (l’association Gandhi international) un poème d’une militante d’Attac, Béatrice Turpin, qui prétend jouer les radicales, un reportage sur le chantier de la gare de Stuttgart en Allemagne, un article anti-gaz de schiste fouillé… Bref : de tout et de n’importe quoi, et une abondance de copiés-collés sans lesquels le site, essentiellement alimenté par la rubrique « une minute, une question » (des quidams connus ou inconnus « développant » une thématique en une minute chrono), ne serait qu’un bréviaire de « fast-thinking » militant.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif du contenu du site. Contentons-nous de pointer les contenus les plus problématiques, et notamment la promotion que ce site a apporté ou apporte à des groupes conspirationnistes, rouges-bruns ou d’extrême droite.

On retrouve ainsi sur Reporterre :

– Le micro-parti fascisant La Dissidence et son leader Vincent Vauclin
Etienne Chouard, à deux reprises (dont une des toutes premières interviews du site)
ReOpen911
Michel Collon et ses amis
– Le site rouge-brun Le Grand Soir, encore très récemment
– Le complotiste Thierry Meyssan, qu’on ne présente plus
– Une large collection d’indinaiseries
– Des leçons de morale de François Ruffin, tenancier de Fakir et qui promeut dans son journal la revue rouge-brune Bastille-République-Nations ou dans le dernier film de Pierre Carles les thèses de Jacques Cheminade ou de Nicolas Dupont-Aignan
– Des « analyses » complotistes sur le virus H1N1, la pire étant sans doute celle fournie par le climato-sceptique (sur un site écolo, bravo…) américain Frederick William Engdahl, collaborateur de Russia Today mais aussi de la revue d’extrême droite italienne Eurasia, analyse que Reporterre a été copier sur le site Oulala.net de René Balme et sur Mondialisation.ca de Michel Chossudowsky
– Une promotion du numéro d’octobre 2012 de la revue pourtant d’ordinaire plus regardante Silence !, dans lequel on trouve une interview du compagnon de route des négationnistes Jean Bricmont, qui se voit donc par ricochet promu sur Reporterre
– etc.

En ouvrant ainsi ses colonnes à des tels écrits, le site Reporterre participe de la confusion des genres et, même indirectement, à la récupération par les mouvements les moins recommandables des thématiques écologistes – conspirationnistes, extrême droite et rouges-bruns (anti-)productivistes étant en ce moment au taquet sur ces questions.

Plus généralement, que Reporterre puisse être perçu comme un site de référence en matière d’écologie ne manque pas de nous étonner, tant son contenu – même quand il ne fait pas la promotion des sus-cités – est globalement indigent et se situe dans la ligne de la pensée écologiste dominante, à savoir une ligne sociale-démocrate et développement durable qui n’a absolument rien de radicale.

Ceux qui font la promotion d’un tel site et acceptent de servir de faire-valoir à ses « journalistes » se rendent complices par là même de l’inquiétante dépolitisation qui mine de manière grandissante le mouvement écologiste et finit par rendre inaudible toute forme d’écologisme radical.

 

Action Anti-Conspis Paris-Banlieue.

 

Commentaires associés:

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:46

Et aujourd’hui, Reporterre reprend en “une” un article de Challenges, une revue appartenant au Nouvel Obs et à destination des cadres et des patrons.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:50

Et puis cette obsession, développée tout au long du site et des ouvrages de Kempf, pour “l’oligarchie” et “les banques“… Comme si le capitalisme se résumait à ça ! C’est vraiment une analyse au ras des pâquerettes !

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 26 janvier 2013 11:31

Décidément, ils sont tous de sortie : ce soir, c’est le Shakirail qui reçoit Vincent Liegey (PPLD, ReOpen911) pour la sortie d’un bouquin sur la décroissance préfacé par Paul Ariès (l’ami de René Balme avec qui il co-édite Le Sarkophage). Comme tous les autres, ce RDV est annoncé par Démosphère, qui adore aussi ReOpen911 (alors même qu’il est impossible d’y faire passer le moindre RDV concernant l’Iran ou la Syrie).

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:49

Reporterre était comme par hasard hier à la (R)évolution des Colibris, qui a vu “débattre” Chouard et Rabhi. A noter qu’on retrouve aussi datée d’aujourd’hui sur Reporterre une interview de l’écolo-conspi fou Pierre-Emmanuel Neurohr, qui parle de “génocide” à tout propos (les voitures, les avions, le réchauffement climatique), discours qui en accolant l’adjectif “génocidaire” à tout et n’importe quoi contribue à relativiser gravement la notion de génocide. Il a fondé un micro-parti dont il semble être le seul membre, le Parti de la Résistance, et a déjà fait de la tôle pour des actions complètement branquignoles et solitaire contre les aéroports.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:54

Comble de l’hypocrisie : dans son article à la gloire des Colibris, Reporterre s’abstient de mentionner la présence de Chouard.

chouardrabhi

Source Indymedia.paris.org – jeudi 24 janvier 2013

 

Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !

Le site Reporterre, animé par le journaliste Hervé Kempf et pointé du doigt le 24 janvier 2013 par le site Indymedia Paris pour son « écolo-confusionnisme », a finalement décidé de retirer les articles les plus douteux de son site : on n’y trouve ainsi plus aucune référence au groupuscule néo-fasciste La Dissidence, à Thierry Meyssan ou au climato-sceptique américain Frederick William Engdahl.

Cependant, du ménage reste à faire : on trouve ainsi toujours des références à Etienne Chouard1, Michel Collon2, Legrandsoir.info3, Mondialisation.ca4 ou ReOpen9115, des articles à connotation complotiste sur le groupe Bilderberg6 ainsi que la promotion d’une interview de Jean Bricmont par la revue Silence! datant d’octobre 20127, un lien vers une vidéo de l’Agence Info Libre sur la manifestation anti-aéroport à Nantes en février dernier8 ou un appel à suivre une conférence de l’Opus Dei publié dans une brève du 19 avril 20149 (ainsi qu’un dossier sur la spiritualité10 – chrétienne en particulier – et des articles sur les prises de position du Vatican sur l’écologie11).

Globalement, la ligne de Reporterre reste fourre-tout : on y trouve toujours des personnalités de droite comme Corinne Lepage, des productivistes de gauche aux discours souvent difficilement compatibles avec l’écologie comme Jean-Luc Mélenchon ou François Ruffin du journal Fakir, des représentants de l’écologie mainstream (cadres d’Europe-Ecologie-les Verts, Greenpeace, Pierre Rabhi ou dans une moindre mesure Kokopelli12… ) aux côtés de de mouvements plus marginaux (décroissancistes) ou radicaux (zadistes). Le 13 novembre 2013, le site écologiste a par exemple relayé une pétition d’élus de tous bords (de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan en passant par des représentants d’EELV, du PS et même Jacques Myard de l’UMP, qui est aussi membre de la Droite populaire et animateur de Radio Courtoisie) contre le prolongement des concessions autoroutières13.

Enfin, tout récemment, Reporterre a publié une chronique du président de Nouvelle Donne Pierre Larrouturou appelant à une répression accrue des « Black blocks » et autres « casseurs » sur les manifestations contre le barrage de Sivens ou contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le texte a été expurgé par suite d’un « débat interne », nous apprend le site libertaire tourangeau La Rotative, l’équipe qui entoure Hervé Kempf ayant admis « l’avoir publié trop rapidement et sans trop d’attention ». Il est d’ailleurs étonnant qu’un site se voulant pluraliste favorise ainsi les représentants de certains partis, puisque Larrouturou (mais aussi Noël Mamère) dispose sur Reporterre d’une chronique mensuelle.


Mise à jour, 9 décembre 2014, 16h30 : Assumant une ligne confusionniste, Reporterre a offert une tribune à Tugdual Derville, militant anti-Mariage pour Tous.

 

 Source: Confusionnisme.info – Observatoire du confusionnisme politique.

 

En complément:

 

Quelques-uns des – très – nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite:

chouard2

 

=> Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

 Gabriel Rabhi, fils de Pierre, commence peu à peu à se faire une place au sein de la complosphère, et affiche sans honte ses sympathies pour l’extrême droite. Beaucoup plus discret, son frère David partage les mêmes idées sur Facebook. Sans aller aussi loin, leur père est connu pour développer une pensée réactionnaire et mystique, sous couvert d’humanisme, qui rencontre un grand succès dans les milieux écologistes. Le confusionnisme, une tradition chez les Rabhi ?

 

=> Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Si, à l’occasion de ses nombreux passages télé et interviews dans la presse commerciale Pierre Rabhi s’astreint le plus souvent à ne communiquer que sur des thématiques en apparence consensuelles, atteindre sa pensée profonde nécessite de s’écarter un peu des sentiers battus.

C’est la retranscription écrite de l’extrait d’une interview accordée en octobre 2013 et diffusée le 21 août 2014 sur la radio chrétienne RCF Berry [1] que nous vous invitons à découvrir ici.

 

=> Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

 

=> Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

En faisant appel à des thématiques en apparence consensuelles comme le consommer local, « bio » ou « éthique », que seule une petite minorité est en capacité de s’offrir, la page « Mr Mondialisation » prétend se positionner en alternative au discours dominant tout en piochant abondamment dans la rubrique écologie de l’ensemble de la presse patronale.

Dénoncer le greenwashing – cette manip de publicitaire destinée à repeindre l’économie de marché en vert – tout en le pratiquant soi-même, voilà une petite incohérence qui méritait d’être fouillée plus avant

 

=> Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Rares sont les médias à avoir été capables d’aller au fond de l’affaire, à savoir celle d’un vigneron pratiquant non pas une agriculture biologique mais la biodynamie, cette agriculture occultiste directement issue des méthodes Steiner.
Rudolf Steiner, pape de l’anthroposophie, mouvement sectaire s’abreuvant aux pires obscurantismes