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La CAF contre les femmes

Social et féminisme : Savez vous ce qu’est un contrôle domiciliaire CAF et connaissez vous le concept de « vie maritale »?

 

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Pour les allocataires CAF et pour les personnes intéressées par le sujet de près ou de loin, reportez vous à la fin de l’article, il offre de nombreux liens truffés de conseils concrets pour vous préparer, vous défendre et résister.

 

Aujourd’hui, je viens vous parler Caisses des Allocations Familiales, droits sociaux et féminisme. J’ai pu constater, en discutant sur le net ou dans la vie, qu’énormément de gens ne connaissaient pas ces choses là, tout simplement car elles n’y avaient jamais eu recours. (et c’est tant mieux, théoriquement cela veut normalement dire qu’elles n’en ont pas eu besoin… en pratique c’est plus compliqué hélas…)
Ainsi, pour être la plus claire possible, voici un petit rappel de ce qu’est la CAF et des prestations qu’elle distribue.

Qu’est ce que la CAF et de quoi s’occupe t-elle? (liste non exhaustive)

La CAF, c’est la Caisse des Allocations Familiales. C’est elle qui distribue (entres autres) :

_ Le RSA
_ La MDPH
_ L’ APL ou ALS (Aide personnalisée au logement ou Allocation de logement sociale)
_ Les allocations familiales

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Je vais m’arrêter un instant sur le RSA et les APL, qui sont objet de toutes sortes de mythes:

Donc, pour une personne seule, le RSA s’élève à 499 euros. MAIS attention, si cette personne seule loue un logement et qu’elle touche donc une APL ou une ALS, ou bien encore, si elle est hébergée à titre gratuit, le montant de son RSA tombe à 439 euros. (donc en gros, la plupart des RSAstes touche 439 euros de RSA/mois.)
Il n’y a pas de montant moyen de l’APL ou de l’ALS pour une personne seule. En province, cela peut tout aussi bien varier de 20 à 200 euros, tout dépend du logement, de la situation de la personne, etc.
Mais bref, en général, l’APL/ALS d’une personne seule en province tourne autour de 150 euros. Soit 439+150 euros pour survivre, égal à un total de 589 euros.

Passons à présent aux couples sans enfants. Alors là, d’un seul coup, on se sait pas trop pourquoi, mais le RSA diminue d’un tiers. Un couple au RSA touche 749 euros, qu’il verra descendre à 629 euros si il loue un logement et use donc de son droit à l’APL ou à l’ALS, ou bien si il est hébergé. (Donc là encore, l’immense majorité de couples touche 629 et non 749 euros.)
Là encore, pas de montant moyen pour l’APL/l’ALS, mais disons qu’en général, un couple qui loue un petit logement en province touche 220 euros d’APL/ALS par mois.
Ce qui nous fait un total de 849 euros pour survivre à deux. (version optimiste)

Pour connaître les montants RSA des personnes seules ou couples avec enfants, reportez vous sur cette page, vous allez voir, c’est vraiment pas mirifique… montant RSA

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Le contrôle domiciliaire CAF, qu’est ce que c’est?

Comme vous le savez peut être, l’ennemi public numéro 1 de la France, c’est le fraudeur de prestations sociales.
Pour lutter contre cette hérésie, la CAF a mis en place des contrôles de plusieurs types, dont le contrôle domiciliaire. Ces contrôles divers connaissent une croissance exponentielle assez incroyable depuis plusieurs années. A se demander si la CAF n’use pas plus d’énergie à faire la chasse aux éventuel(le)s irrégulier(e)s plutôt qu’à gérer les affaires sociales et familiales de la France…
Mais revenons en au contrôle domiciliaire : En gros, cela consiste à vous envoyer un(e) contrôleu(r)se chez vous, qui va venir vérifier que vous vivez bien seul(e) et que vous ne vous trouvez pas en situation de « vie maritale ». Ou bien de venir contrôler que vous vivez bien là où vous le déclarez. Ou encore, que vous êtes bien un parent isolé(e) qui n’a pas un nouveau ou une nouvelle petit(e) ami(e) qui traîne souvent dans le coin. Bref, vous envoyer un(e) contrlôleu(r)se qui va venir vérifier que vous êtes bien autant dans la misère et l’exclusion que vous ne le déclarez, et que vous n’avez pas de la famille ou des amis susceptibles d’être un peu trop solidaires avec vous.

Le gros souci, c’est que pour effectuer ces contrôles, la CAF ne cesse de violer la loi, et c’est le règne de l’arbitraire.

La « vie maritale », un concept arbitraire et illégal:

Car en effet, en France, il n’existe pas légalement de statut de « vie maritale ». Soit vous êtes pacsé(e), soit vous êtes marié(e), soit vous êtes célibataire, point final.
Mais pour la CAF, il suffit qu’un homme et une femme partage le même toit pour être considérés comme vivant en « vie maritale », et donc considérés comme étant des fraudeurs (puisque touchant chacun un RSA personne seule et non un RSA couple réduit de plus d’un tiers…)

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Quelques exemples ubuesques :
_ Le premier, c’est bien sûr la colocation. Pour la CAF, un homme et une femme* en colocation peuvent se retrouver en un rien de temps comme considérés en « vie maritale », et donc considérés comme des fraudeurs.
_ Vous êtes une femme et vous vivez chez votre oncle* qui vous héberge gentiment parce que vous êtes dans la merde en ce moment. Paf, contrôle domiciliaire, vie maritale, fraudeurs.(ceci n’est PAS une histoire inventée)
_ Vous êtes une femme (seule ou avec des enfants), et depuis quelques temps maintenant, vous voyez un homme*. Cet homme dort souvent chez vous, mais vous ne savez pas où vous allez, quel sera votre avenir. Vous n’avez jamais pensé une seconde qu’une relation informelle de ce type pouvait regarder la CAF. Pourtant un jour, contrôle domiciliaire, et PAF, fraudeurs.
_ Vous êtes une femme, ou un homme, et un jour, vous avez dépanné(e) un(e) pote en galère du sexe opposé(e)* en le ou la laissant crécher chez vous et en le ou la laissant utiliser votre adresse postale pour -par exemple- sa boîte d’intérim (car il faut absolument fournir une adresse pour pouvoir travailler, et il faut très généralement travailler pour avoir une adresse : gné), et ce pendant quelques mois. Quand un jour, PAF, contrôle domiciliaire de la CAF, vie maritale, fraudeurs.

* Notez que la CAF, clairement homophobe, ne fait généralement ce genre de conclusions qu’avec des duos femme/homme, mais ceci est en train de doucement changer…

Mais être considéré fraudeu(r)se à la CAF, ça implique quoi exactement?

Et bien si la CAF estime que vous êtes un fraudeur ou une fraudeuse, cela implique purement et simplement que d’une part, elle vous radie (parfois pour plusieurs années), et donc vous coupe de vos droits sociaux, et que d’une autre, elle vous réclame un trop perçu. 
Les parents (isolés ou non) se retrouvent donc également privés d’aides à la cantine ou aux sorties scolaires, car bien souvent, ces aides sont conditionnées à la présentation d’une attestation de prestations CAF.
vous n’avez plus de droits à l’aide alimentaire.
bref, plus le droit à rien.
Alors qu’à la base, vous étiez au RSA, donc déjà dans la merde.
Il est possible de contester la décision de la CAF et de déposer un recours, mais ces recours prennent des mois et des mois, quand ce ne sont pas des années, mois et mois ou années durant lesquel(le)s le revenu dont vous dépendiez pour survivre vous est coupé. (Et encore faut il pouvoir faire le recours, parce qu’évidemment c’est pas gratuit…)

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Les CAFards de Montreuil, à aller lire absolument même si vous n’êtes pas du coin!

Du pain béni pour les employeurs précaires et l’économie parallèle…

Evidemment, ces situations de privations de droits sociaux sont du pain béni pour les employeurs précaires et maltraitants, (Quelle meilleure main d’oeuvre que celle qui n’a le droit à rien, est complètement vulnérable et paniquée, et surtout coincée sans aucun autre choix, hum?) mais pas seulement. Car trouver un employeur précaire et maltraitant, c’est même pas garantit de nos jours.
Non, c’est aussi une voie directe vers l’économie parallèle, telle que la prostitution, la petite délinquance, le petit recel, le deal de drogues, et pourquoi pas une petite plongée dans la toxicomanie pour mettre en place une stratégie de survie face à ce cauchemar qui n’était pas déjà un doux rêve à la base. Un cauchemar qui peut vite finir par la case prison…
Je vois d’ici les maraude de la Croix Rouge (et autres) venir vous expliquer, alors que vous êtes à la rue en train de crever de froid et de trouille, que vous avez des droits sociaux et que tout va s’arranger, et vous de répondre que c’est mort, car à chaque redemande, on vous répond « d’après notre contrôle du tant, vous êtes en vie maritale avec monsieur/madame x et avez fraudé », et qu’en plus, vous avez une dette de 15 000 euros de « trop perçu » à leur payer…

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Centre d’appels Orange, plus de 20 suicides en deux ans. Des centres d’appels comme tant d’autres, sur le podium des emplois précaires…

Des contrôles ciblés

La CAF le dit elle même, ses contrôles sont ciblés.
Pour commencer, la CAF a bien sûr accès à toute votre vie : déclaration d’impôts (vous avez prêté votre adresse à un(e) pote à une époque alors que vous étiez allocataire? Attention, ça craint), banque, bailleur…
Cet accès lui permet de croiser diverses données (fiches d’impôts, pôle emploi, CPAM…) qui peuvent vous faire plonger si vous avez eu un jour l’outrecuidance de faire preuve de solidarité, car la CAF recoupe ces infos régulièrement.
Et elle n’hésite pas non plus à enquêter, par exemple en téléphonant à votre banquier pour savoir si vous avez reçu des virements de votre famille dans les derniers mois, ou en appelant votre bailleur pour lui demander si vous vivez à deux alors que vous êtes déclaré(e) seul(e) sur votre bail. Sans parler des études de voisinage durant lesquelles des agent(e)s posent des questions sur votre vie privée à vos voisins d’en face et vos voisins de pallier…

Par ailleurs, il est assez facile d’imaginer quelles genres de « cibles » la CAF préfère, même si lorsqu’elle s’exprime sur le sujet, elle détourne habilement la question : femmes seules, mères isolées, et évidemment, porteurs et porteuses de noms à consonance pas bien de chez nous. On peut aussi imaginer (et constater sur le terrain en rencontrant directement les allocataires surtout) qu’elle aime particulièrement contrôler les bénéficiaires du RSA de longue durée. En fait, toutes les personnes les plus vulnérables, précaires, et surtout, impressionnables et ayant un très fort sentiment d’illégitimité. 

Foutre la trouille pour tuer la solidarité 

Avec son système bien rodé de chasse aux allocataires qui, rappelons le, ne touchent même pas le seuil de pauvreté  (de 814 à 977 euros selon la définition pour une personne seule), la CAF instaure la peur pour encourager le chacun pour soi et décourager la solidarité.
Car c’est souvent par là que tout commence : par solidarité, vous avez hébergé un pote, vous lui avez prêté votre adresse alors qu’il ou elle était sans domicile fixe pour qu’il ou elle puisse prendre un boulot, vous avez demandé secours à un(e) ami(e) pour qu’elle fasse cette même chose pour vous, vous avez prêté votre nom pour l’assurance d’un(e) ami(e) ou d’un parent, etc.
La CAF traque aussi les petites aides financières que peuvent vous donner familles et ami(e)s en épluchant vos comptes et en faisant des calculs arbitraires.
La solidarité est alors tuée dans l’oeuf, tous flippé(e)s que nous sommes de finir radié(e)s, rayé(e)s, encore plus exclu(e)s. La solidarité devient un risque, mettant le libéralisme en pleine jouissance, et les plus précaires, pauvres et miséreux dans la peur et la solitude.
Toute tentative d’organisation auto-gérée est découragée, avec cette impression diffuse que c’est quelque chose de mauvais, d’illégal et d’interdit.

Surtout, ne cédez pas! Si vous avez la chance d’avoir un collectif de précaires près de chez vous, essayez d’y participer d’une façon ou d’une autre, ne restez pas isolé(e)! Notre meilleure défense, c’est l’organisation et la solidarité. Même si vous n’avez encore jamais rencontré de problèmes avec ces diverses institutions, sachez que la machine s’enraye très vite et que cela peut vous tomber sur le coin du nez très facilement. 

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Comme une odeur de patriarcat

Comme je le disais plus haut, la CAF cible ses contrôles, en grande partie sur les femmes seules et les mères isolées.
Ce que la CAF recherche, ce sont par exemple des femmes qui toucheraient leur RSA tout en ayant un(e) ou des compagn(es)ons. Ou bien des mères isolées qui doucement, recommencent à s’attacher à quelqu’un(e) d’autre.
Ce que la CAF recherche, ce sont surtout des femmes qui refusent d’être dépendantes d’un homme tant qu’elles n’en auront pas fait le voeux officiellement et légalement par le biais du Pacs ou du mariage. 
Car qu’est ce qui justifie et oblige une solidarité financière entre un couple tant que celui ci n’est pas marié ou pacsé?
Et bien rien. Absolument rien.

La France se gausse de mettre les droits des femmes au premier rang de ses préoccupations, et pourtant son système d’aide sociale basé sur l’arbitraire et l’ubuesque (on peut vous déclarer fraudeur ou fraudeuse à la CAF pour vie maritale supposée alors que vous restez « célibataire » sur votre feuille d’impôts) est construit de telle sorte que toutes femmes partageant la vie d’un homme de façon plus ou moins épisodique et sans forme de solidarité financière engagée se trouve en situation de se faire sauter son revenu de survie et d’indépendance (aussi relative puisse t-elle être).
Alors vous allez me dire, « les hommes aussi, blablabla ». Oui, les hommes aussi. Sauf qu’ils sont beaucoup moins ciblés par les contrôles CAF, beaucoup moins concernés par les boulots précaires (en France, les femmes représentent 80% des salarié(e)s à temps partiels, 61% des salarié(e)s peu qualifié(e)s, 78% des employé(e)s non qualifié(e)s, et sur les 3,7% de travailleurs/euses pauvres, 70% sont des femmes.)  
Mais oui, c’est vrai, ce système demande aux hommes d’assumer leur rôle de « chef de famille » ayant compagne et enfants à sa charge financière. Cela engendre irrémédiablement une situation de dépendance dans les couples hétéros, et cette situation est soutenue et même organisée systémiquement. 
Mais le patriarcat, c’est plus chez nous qu’on vous dit, c’est loin là bas où les gens sont des sauvages.

Dans un pays où les femmes occupent les statuts les plus précaires, où 9 femmes sont violées par heures (soit 205 par jours), où une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex compagnon tous les 2,5 jours, comment un système social digne de ce nom peut couper aux femmes toute forme d’indépendance, et ce alors qu’elle n’a prit aucun engagement de solidarité avec un(e) partenaire? (engagement de solidarité qu’à titre personnel, je trouve contestable quoiqu’il advienne, mais bref)
Leur laisser la possibilité d’avoir le CHOIX de rester avec un compagnon ou non, leur laisser la possibilité de partir très rapidement en cas de violences physiques, psychiques et/ou sexuelles, leur laisser tout simplement une forme d’indépendance, voila ce que devrait assurer un système social digne de ce nom!

Arbitraire et confusion : deux piliers sur lesquels reposent notre système social 

Mais en fait, comment fait on pour se mettre en situation de régularité avec la CAF?
Doit on la prévenir dès qu’un homme (ou une femme) entre dans notre vie, et pareillement dès qu’il ou elle en sort? Même pour une histoire qui dure quelques semaines ou quelques mois?
Doit on la prévenir qu’on a plusieurs amant(e)s?
Doit on la prévenir de notre orientation sexuelle?
Doit on préciser si on baise ou non?

Et si l’on comprend largement l’acharnement de la CAF à trouver des « vies maritales » partout (ben oui, ça fait un RSA réduit de plus d’un tiers, et surtout, des allocataires radié(e)s pour des années!), on imagine toutes les difficultés de la Terre que cela réclame de démontrer à la CAF que l’on est plus en couple. (En fait pour ça, on avait inventé des statuts tels que le PACS ou le mariage, mais comme la CAF s’assoit dessus…)

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Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Si, à l’occasion de ses nombreux passages télé et interviews dans la presse commerciale Pierre Rabhi s’astreint le plus souvent à ne communiquer que sur des thématiques en apparence consensuelles, atteindre sa pensée profonde nécessite de s’écarter un peu des sentiers battus.

C’est la retranscription écrite de l’extrait d’une interview accordée en octobre 2013 et diffusée le 21 août 2014 sur la radio chrétienne RCF Berry [1] que nous vous invitons à découvrir ici.

 

Journaliste : Je voudrais que vous me parliez de l’importance de la famille selon vous, et dans la vie qui a été la vôtre.

Pierre Rhabi : Et bien disons la famille, c’est une communauté naturelle, que la vie a établie, de cette façon. Et bien disons qu’il y a le père la mère, les enfants, tout cela représente une communauté, on pourrait dire viscérale, biologique, on ne pourrait pas la récuser.

J : Mais vous savez que cette notion actuellement est récusée, et l’on parle de famille homosexuelle, de famille mono parentale, de famille sous différentes formes.

Pierre Rhabi : Oui, toutes ces nouvelles idées… Il n’en reste pas moins vrai que ce qui n’est pas récusable et que ce qui a été depuis l’origine de l’humanité c’est que l’homme, la femme procréent et ont des enfants et constituent un groupe sociale biologique. Et ça personne ne peut le récuser. Alors on a beau avoir toutes sortes de discours, de théories, de thèses et d’antithèses cela n’enlève rien à cette réalité là.

J: Vous déclarez dans votre livre « le semeur d’espoir » que vous venez de publier chez Actes Sud : « loin de toutes hypocrisie ou complaisance, et avec tout le respect dû aux personnes, je considère comme dangereuses pour l’avenir de l’humanité, la validation de la famille « homosexuelle », alors que par définition cette relation est inféconde ». Vous n’allez pas vous faire que des amis dans les milieux aujourd’hui homosexuels, il y a beaucoup de gens qui ne sont pas du tout d’accord avec votre analyse.

Pierre Rhabi : Et bien vous savez ma grand-mère disait : « Tourne toi comme tu voudras, tu auras toujours le dos derrière ». Donc, comment aujourd’hui, faire l’unanimité sur le tout ? Moi je garde un respect absolu à l’égard des personnes, je ne suis pas du tout dans le jugement des personnes. Des personnes adultes veulent vivre ensemble, je n’ai rien contre. Simplement à partir d’un certain moment il y a la question de l’enfant. L’enfant intervient en quelque sorte. C’est à dire qu’il risque d’être mis devant un fait accompli d’avoir deux papas et deux mamans et de n’être pas dans ce qu’on appelle la norme. Et quand on dit la norme c’est la norme, on peut pas tourner autour du pot, il ne peut pas y avoir de procréation sans un homme et une femme.

J : Mais qu’est ce que vous appelez la norme ?

Pierre Rhabi : Et bien la norme c’est celle qu’a établie la vie elle-même !

J : La nature vous voulez dire.

Pierre Rhabi : La nature elle-même. C’est que pour qu’il y ait procréation, il faut mâle et femelle. L’abeille a besoin de… la reine a besoin d’un mâle, une chèvre a besoin d’un bouc, la vache a besoin d’un taureau. Donc ça c’est une loi invariable à laquelle même les homosexuels doivent leur propre existence.

J : Mais aujourd’hui il y a des méthodes scientifiques qui font évoluer les choses. Et je pense notamment à tout ce qui est la procréation médicalement assistée.

Pierre Rhabi : Non ce qui me gène dans tout ça c’est que l’enfant (alors, je vais dire des choses stupides) alors ce qui serait intéressant, ce qui me paraîtrait juste c’est que l’enfant, ce qui est impossible, préexisterait et donnerait son avis sur le sort qu’on lui réserve. Or, c’est pas le cas, on va le mettre devant un fait accompli qu’il faudra qu’il assume, bon an mal an. Et c’est là où je suis plus d’accord parce que cette troisième entité est une entité sur laquelle on agit sans qu’elle puisse donner son consentement. Et c’est là où je ne suis pas d’accord. C’est à dire que c’est une atteinte à la liberté de l’individu.
Alors peut-être qu’il y a des individus qui vont très bien le vivre et puis peut-être qu’il y a des individus qui vont en être mortifiés, de savoir déjà, dès la cour de récréation : « j’ai deux papas, j’ai deux mamans », alors que les autres ont un papa et une maman. Donc c’est là où je suis gêné par rapport à comment décider du sort d’autrui sans qu’il puisse avoir la possibilité, le libre arbitre de décider si le sort qu’on lui réserve est un sort qu’il admet.

 

 

 

Des propos réactionnaires et homophobes qui ne manqueront pas d’en choquer plus d’unE.

 

Les Enragé-e-s

 

 

[1]  Pierre Rabhi, paysan, écrivain et agro-écologiste – RCF Radio – jeudi 21 août 2014 – podcast disponible ici

 

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A lire en complément:

  José Bové contre la PMA  : Moyen Âge quand tu nous tiens !

 

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« Comble de l’hypocrisie : dans son article à la gloire des Colibris, Reporterre s’abstient de mentionner la présence d’Etienne Chouard.  »

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Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme.

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

C’est quoi le fascisme? 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

Au secours! Les anthroposophes sont là. 

 

 

 

L’oppression spécifique des femmes

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1. L’oppression spécifique des femmes

 

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En tant que révolutionnaires, nous voulons mettre fin à toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Nous mettons sur le même plan ces deux luttes dont l’objectif est l’émancipation de tout rapport de domination.

IMG_0735_Copier_Le capitalisme, c’est l’exploitation d’une classe par une autre, d’une majorité de la population par une minorité de privilégiés qui tirent profit de cette exploitation.


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L’impérialisme, c’est la domination des peuples par des moyens économiques, culturels et militaires au profit des bourgeoisies des grandes puissances.

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L’oppression des femmes est plus transversale et plus insidieuse : plus transversale car elle traverse les frontières géographiques et les barrières de classe, mais surtout parce qu’elle s’exprime dans la sphère publique, productive, et dans la sphère privée, “ reproductive ”.

 

Elle est plus insidieuse parce qu’après les conquêtes féministes qu’ont été par exemple le droit de vote ou la maîtrise de la fécondité (contraception-avortement), on voudrait nous faire croire que les femmes ne sont plus opprimées et que le combat féministe est un combat d’arrière-garde.

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« La révolte des fils contre les pères ne menace pas l’ordre patriarcal, il permet d’ailleurs son remplacement en le rajeunissant ; il n’en est pas de même de la révolte des filles contre les pères, qui est vécu comme sacrilège, impensable, menaçant l’ordre politique et social.« 

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La lutte des femmes pour leur libération est profondément subversive car, en se situant à la fois dans la sphère publique et dans la sphère privée, elle remet en cause tous les rapports humains.

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Pour organiser la lutte contre cette domination, il faut comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les différents types d’oppression : la domination masculine ne se réduit pas à une somme de discriminations. C’est un système cohérent qui façonne tous les domaines de la vie collective.

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Car comme tout rapport de domination, l’oppression spécifique des femmes repose sur trois piliers :

Une domination idéologique, culturelle ;

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Une domination sociale, économique et politique ;

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Un rapport de forces qui, pour maintenir cette domination, va jusqu’à la violence physique.

 

La justification idéologique

La justification idéologique de la domination masculine se base sur des différences biologiques entre hommes et femmes. Si nous ne contestons pas ces différences, il faut cependant affirmer que les différences qui existent entre les individus ne sont pas moins grandes que celles observées entre les deux sexes : tout est affaire de critère de différenciation (ici seul celui de la reproduction est pris en compte). Mais surtout, ces “ qualités naturelles ” préattribuées à chaque sexe aboutissent à une hiérarchisation entre le groupe des hommes et celui des femmes. Ces différences sont utilisées par les hommes comme un moyen d’asseoir leur domination et de justifier une place de subalterne dans la division du travail.

Ce processus de naturalisation d’un rapport inégalitaire se traduit par la construction de valeurs prétendues “typiquement féminines ”, comme l’instinct maternel, la douceur, la retenue qui servent à cantonner les femmes dans le rôle qu’on attend qu’elles jouent.

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On en arrive à la notion de “ genre ”. Contrairement au sexe, qui se réfère à des différences biologiques entre mâles et femelles, le genre relève d’une construction sociale à travers l’éducation et les attentes de l’organisation sociale.“ On ne naît pas femme, on le devient ”, disait en 1949 Simone de Beauvoir. Les rapports hommes-femmes ne sont pas fondés sur la complémentarité des sexes mais sur une hiérarchie entre les deux qu’il s’agit d’analyser.

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Les normes qui construisent les genres sont intériorisées par les dominées elles-mêmes et c’est comme cela qu’elles “ choisissent ” des sports prétendument féminins (la danse ou la gym) ou des métiers (enseignement, santé, social) qui reproduisent le rôle maternant qu’elles jouent dans la sphère privée.

 

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Une division sociale et sexuelle du travail, hiérarchisée et inégalitaire

Si elle est renforcée par cette idéologie, la domination des femmes dans la sphère productive publique découle de la place des femmes dans la sphère reproductive privée.

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Il y a une division sociale et sexuelle du travail, hiérarchisée et inégalitaire, caractérisée par un partage entre la sphère dite publique (travail productif) et la sphère dite privée (travail domestique, de reproduction de la force de travail).

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La valeur du travail n’est pas déterminée par le travail lui-même mais par la sphère dans laquelle il est produit, et le travail dans la sphère privée est systématiquement dévalorisé et surtout gratuit. Bien que les femmes soient de plus en plus présentes dans la sphère publique, la place qu’elles y tiennent est justifiée idéologiquement par la place prépondérante qu’elles occupent dans la sphère privée : elles peuvent être à temps partiel car elles doivent s’occuper du ménage et des enfants ; elles peuvent gagner moins car elles n’ont pas la charge d’entretenir une famille ; elles exercent des métiers liés à l’enfance, au social accordés à leurs qualités “ naturelles ” de patience et d’accompagnement.

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Cette division sexuelle du travail permet à la société de faire des économies sur les crèches collectives, les cantines, la prise en charge des personnes âgées. En 2000, les femmes continuent d’assumer 80 % du noyau dur du travail domestique (vaisselle, cuisine, linge, soins matériels aux enfants, courses).

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Le capitalisme a donc besoin de l’oppression des femmes et la renforce. Il organise la division du travail réservant aux femmes ses premières attaques avant de s’en prendre à l’ensemble des salariés et sans que cela n’entraîne aucune réaction : les secteurs les plus précarisés de tout point de vue sont les plus féminisés.

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L’oppression des femmes n’est pas seulement un “ reste archaïque ” des millénaires passés. Elle a été récupérée par le système capitaliste même si cela a produit et produit toujours de nouvelles contradictions en son sein : en période d’expansion économique, le capitalisme a besoin de réguler le marché du travail en sollicitant une main d’œuvre féminine bon marché et inversement en période de récession.

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Mais si toutes les femmes sont opprimées, toutes ne sont pas exploitées, et nous n’ignorons pas les différenciations sociales entre les femmes.

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Une femme de la bourgeoisie peut exploiter ses domestiques tout en étant opprimée par son mari et la société patriarcale en général.

Jean-François Kahn, qui, à l’occasion du viol présumé de l’affaire du Sofitel ici interviewé sur France Culture, tente de définir à sa manière les actes dont Dominique Strauss-Kahn fut accusé:

« Qu’il y ait eu une imprudence on ne peut pas le… (gloussement), j’sais pas comment dire, un troussage… » Relancé par la journaliste, l’écrivain persiste même s’il reste confus: « Que y ait un troussage, euh, de domestique, enfin, j’veux dire, c’qui est pas bien, mais, voilà, c’est une impression. »

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C’est pour cette raison que la lutte contre le capitalisme et la lutte contre le patriarcat sont indissociables, et que nous ne concevons pas de socialisme sans émancipation des femmes, et pas de libération des femmes sans révolution sociale.

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Le succès ou l’échec d’une révolution peut toujours se mesurer au degré selon lequel le statut de la femme s’en est trouvé rapidement modifié dans une direction progressive. Angela Davis

 

La violence

 

Toutes ces inégalités et leur justification idéologique constituent un système, le patriarcat.

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La tâche des instituteurs est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. Louise Michel

 

Le troisième pilier sur lequel repose le patriarcat est la violence qui lui permet de maintenir le rapport de domination. La violence faite aux femmes en est la partie la plus visible et la plus terrible. Elle est là pour rappeler aux femmes qu’elles sont dominées.

Certains États légitiment la violence (Afghanistan, Egypte, etc.). Sinon, c’est au quotidien, dans la rue comme à la maison, que les femmes sont perpétuellement menacées dans leur intégrité physique et morale.

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Le slut-shaming est un terme qui nous vient des États-Unis, mais cette pratique est encore peu dénoncée en France. Il est pourtant omniprésent, tant sur les réseaux « sociaux » que dans les conversations. Le slut-shaming ou « humiliation des salopes », consiste à rabaisser ou culpabiliser une femme à cause de son comportement sexuel réel ou supposé (pratiques, nombre de partenaires, vêtements « provocants »…). Concrètement, c’est dire qu’une telle est « une vraie salope » parce qu’elle multiplie les conquêtes. C’est aussi les multiples injonctions faites aux jeunes filles de s’habiller de façon « respectable ». Comme ce post sur Tumblr qui a eu un certain succès l’an passé http://weknowmemes.com/wp-content/uploads/2012/06/dear-girls.jpg – privé (« les filles, savez vous que vos seins vont à l’intérieur de votre haut? ») C’est entendre dire en soirée que la tenue que porte cette fille est « un appel au viol ». Il y a aussi ces groupes Facebook valorisant les « filles qui se respectent » en dénonçant les autres. On a eu récemment des pages qui mêlaient slut-shaming et racisme en s’en prenant aux « beurettes » qui seraient « dévergondées » et publiaient des photos volées de femmes maghrébines avec des commentaires graveleux. Autre exemple, les « blagues » visant à humilier une femme en faisant des suppositions sur sa « liberté sexuelle » du type « elle doit aimer ça, la cochonne » , humour entretenant l’idée que la sexualité des femmes pourrait être un critère d’humiliation. Comme tout harcèlement le slut-shaming blesse les personnes qui en sont victimes. Il peut même faire des morts, comme cette jeune américaine de treize ans qui s’est suicidée après des mois de harcèlement. Des filles avaient écrit « slut » sur son casier, et elle avait reçu des menaces de viol. Le rapport avec « Your boobs go inside your shirt » ? Une culture qui considère que les filles sexuellement actives devraient avoir honte et que cette activité supposée ou réelle justifierait un harcèlement quotidien, une condamnation publique. Le slut-shaming participe également à la culture du viol en disculpant les violeurs: pour ses adeptes si une femme porte certains vêtements ou adopte certains comportements, cela signifie qu’elle est forcément consentante. En réponse à ce phénomène du slut-shaming des féministes organisent de par le monde des « slut-walk » (marche des salopes) qui dénoncent ces idées rétrogrades.

 

La violence physique ou morale faite aux femmes (viol, prostitution, femmes battues, harcèlement, humiliations, etc.) est le dernier recours et outil qu’ont les hommes pour affirmer leur supériorité sur les femmes et surtout pour perpétrer et maintenir l’oppression des femmes. Il existe une véritable tolérance sociale vis-à-vis de cette violence.

monica-lee-011

eye-of-the-drain-sinkMais même pour celles qui ne subissent pas directement cette violence physique, aucune d’entre nous n’échappe à la violence symbolique que constituent : la marchandisation du corps des femmes, la pornographie, les publicités, les insultes sexistes ou la dévalorisation systématique de nos compétences et nos activités.

 

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Face à une société de plus en plus violente, un certain discours tend à présenter la famille comme une valeur refuge, un lien protecteur à qui on demande de combler les lacunes de l’Etat et de la société (exemple : culpabilisation des parents, particulièrement des familles monoparentales à la tête desquelles on trouve une écrasante majorité de femmes, suppression des allocations aux familles des élèves qui sèchent les cours, etc.).

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A la mémoire de toutes les femmes mortes pendant des avortements clandestins et non sécurisés.

Le-pape-Francois-dans-l-avion-pour-RioOr, non seulement la famille reste le lieu de multiples violences (70 % des viols sont commis au sein de la sphère familiale et dans son entourage directe ; plusieurs millions de femmes et d’enfants y sont battus chaque année) mais reste, comme l’était l’Eglise, un lieu privilégié d’inculcation des normes et d’un certain ordre moral fondé sur le couple hétérosexuel et marié auquel la société donne des droits en tant que tel (allocations, héritages, logement, impôts, etc.).

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Nous devons nous battre pour que chaque individu ait des droits indépendamment de sa situation matrimoniale ou familiale afin de garantir une véritable égalité entre ses membres et une réelle autonomie à chacun notamment aux femmes (exemple : la loi sur le regroupement familial pour les immigrés exclue les deuxièmes et troisièmes épouses des droits, en particulier du droit au séjour).

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Cependant, aujourd’hui, l’institution familiale est ébranlée par de nouvelles formes qui, de fait, se développent : les familles monoparentales ou recomposées, la reconnaissance institutionnelle des couples homosexuels (Pacs), etc. Il nous faut nous engouffrer dans cette brèche pour remettre en cause les rôles traditionnels que la famille institue.

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La révolution prolétarienne n’a nul besoin de la terreur pour réaliser ses objectifs. Elle hait et abhorre l’assassinat. Elle n’a pas besoin de recourir à ces moyens de lutte parce qu’elle ne combat pas des individus, mais des institutions, parce qu’elle n’entre pas dans l’arène avec des illusions naïves qui, déçues, entraîneraient une vengeance sanglante. Ce n’est pas la tentative désespérée d’une minorité pour modeler par la force le monde selon son idéal, c’est l’action de la grande masse des millions d’hommes qui composent le peuple, appelés à remplir leur mission historique et à faire de la nécessité historique une réalité. Mais la révolution prolétarienne sonne en même temps le glas de toute servitude et de toute oppression ; voilà pourquoi se dressent contre elle dans une lutte à mort, comme un seul homme, tous les capitalistes, les Junkers, les petits-bourgeois, les officiers, bref tous les profiteurs ou les parasites de l’exploitation et de la domination de classe. Rosa Luxemburg

 

Par exemple en défendant l’adoption par les homosexuels qui permet de s’extraire de la conception biologisante des fonctions paternelle et maternelle, ce qui n’est pas incompatible (et serait même souhaitable) avec le fait que les enfants entretiennent des relations avec leurs parents biologiques. Il faut reconnaître et même encourager la diversité des modes de parentalités et d’éducation de façon à aller dans le sens de l’autonomie des individus (des enfants et des femmes en particulier).

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Sentir dans sa propre douleur la douleur de tous ceux qui souffrent et puiser mon courage dans la nécessité de vivre pour me battre pour eux Frida Kahlo

2. Construire le mouvement autonome des femmes.

Les militantes féministes des années 1970 se sont battues pour faire reconnaître l’existence d’une oppression spécifique des femmes.

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Il s’agissait alors de faire admettre que cette oppression était plurimillénaire, qu’elle avait précédé l’apparition de la propriété privée dans les sociétés occidentales, qu’elle ne pouvait pas être réduite à la “ surexploitation ” des femmes par le capitalisme ; que le foyer n’était pas ce havre de paix tant vanté et que la moitié de l’humanité la subissait.

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Elles étaient féministes, non pas parce qu’elles détestaient les hommes, ou qu’elles pensaient que des sentiments sincères entre hommes et femmes étaient impossibles. Mais parce qu’elles étaient lucides sur un système social qui, malgré certaines évolutions, établit un rapport de forces au profit des hommes et leur accordent de nombreux privilèges collectifs et individuels. Cette suprématie masculine, ébranlée par les luttes féministes, se répercute jusque dans les actes de la vie quotidienne, dans la vie intime des couples hétérosexuels et des individus des deux sexes, quelle que soit leur orientation sexuelle. Être féministe, c’est considérer qu’il est souhaitable et souhaité de transformer en profondeur les relations entre les hommes et les femmes.

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Beaucoup d’hommes, lorsqu’ils en viennent à s’intéresser aux féminisme veulent aider dans les combats pré-existants. Ainsi on le voit militer pour que la rue soit à tous et toutes, militer pour l’égalité salariale ou je ne sais quoi. Mais ces combats là sont déjà pris en charge par les femmes qui n’ont donc nul besoin qu’on leur tienne à la main. En revanche, nous avons besoin qu’on détruise déconstruise la virilité. Les femmes ne sont pas discriminées toutes seules, elles le sont car les hommes ont des avantages. (…)

Lire la suite  ici )> Les hommes qui voudraient s’intéresser au féminisme

Or, pendant très longtemps, le discours dominant du mouvement ouvrier a été de considérer la lutte des classes comme la lutte “ principale ” ; la lutte contre l’oppression des femmes était considérée comme secondaire : l’émancipation des femmes serait réglée dans le cadre de la lutte des classes.

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Ce type de discours reproduit les rapports de hiérarchisation à l’intérieur même du mouvement des opprimé-e-s (femmes, Noirs, homo…) ; il hiérarchise la lutte contre les oppressions au nom de la lutte principale qui, elle, serait en soi porteuse d’un projet universel.

10264837_10201656839158910_567273505_nOr, un tel projet ne peut résulter que de la mise en commun systématique et patiente des énergies et de la réflexion issue des différents mouvements sociaux, dans un projet d’ensemble des rapports sociaux.

185190_324354807663408_697229590_nCela implique un soutien actif à toutes les formes d’autoorganisation des femmes, dans l’ensemble du mouvement social ainsi qu’une lutte résolue contre la division sociale et sexuelle des tâches et pour la mixité des activités à tous les niveaux de la société.

182428_10200271745888942_1389550509_nLa nécessaire construction d’un mouvement autonome des femmes

Par mouvement des femmes, nous entendons toutes les femmes qui s’organisent à un niveau ou à un autre contre l’oppression spécifique que leur impose la société: groupe femme, groupe de quartier, d’entreprise, commissions syndicales. Par ailleurs, certains groupes ou mouvements pour le droit des femmes sont mixtes. Le mouvement des femmes s’est caractérisé par sa diversité, son impact sur toutes les couches de la société, et par le fait qu’il n’est rattaché à aucune organisation politique en particulier, même si divers courants se manifestent en son sein.

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Par indépendant ou autonome, nous voulons dire que le mouvement est organisé et dirigé par des femmes ; qu’il considère la lutte pour le droit des femmes comme une priorité absolue et qu’il refuse de subordonner cette lutte à d’autres intérêts ; qu’il n’est subordonné aux décisions ou à l’orientation d’aucune tendance politique ni d’aucun groupe social; qu’il est décidé à mener jusqu’au bout la lutte par tous les moyens et avec toutes les forces qui se révéleront nécessaires. Indépendant ou autonome ne signifie pas pour nous indépendant de la lutte des classes ou des exigences des salarie-é-s. Au contraire, étant donné les liens entre capitalisme et oppression des femmes, seule une convergence entre les objectifs féministes et la lutte pour une transformation radicale de la société permettra le rassemblement des forces nécessaires pour atteindre les buts des femmes.

Cela dit, les formes de notre intervention peuvent varier selon le contexte. Parmi les facteurs à prendre en considération, il faut compter l’étendue de nos propres forces ; la taille, la nature et le niveau politique des courants de libération des femmes ; l’état du mouvement ouvrier. Le choix entre l’organisation de groupes de libération des femmes, l’intervention dans les organisations existantes du mouvement de libération des femmes, la construction de cartels larges sur des thèmes spécifiques, l’intervention dans les commissions syndicales ou dans tout autre organisation de masse ; la combinaison de plusieurs de ces interventions ou une intervention sous des formes complètement différentes, sont des questions tactiques. Et ce sont ces questions qui sont à l’ordre du jour.

Le secrétariat femme de la LCR

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La révolution sera la floraison de l’humanité comme l’amour est la floraison du cœur. Louise Michel

 

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Le mythe de la création d’entreprise

Le chef de l’État a annoncé au printemps 2013 plusieurs mesures pour favoriser l’esprit d’entreprise dès le collège.

Francois Hollande stands in rainUn programme sur l’entrepreneuriat sera lancé «de la sixième à la terminale»…

Que va-t-il rester à la droite?

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Demain, tous entrepreneurs?

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Quelques chiffres.

France : 93% des actifs sont des salarié-e-s

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Et oui… Le salariat, c’est pas la joie le lundi matin. Ni le dimanche soir d’ailleurs. En fait, le salariat, c’est pas la joie du lundi matin au dimanche soir.

 

L’immense majorité des actifs est salariée.

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-67% des salarié-e-s n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité -80% s’ennuient au travail -2 000 000 salarié-e-s se disent maltraité-e-s au travail -500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises -Un à deux travailleurs sont tué-e-s chaque jour lors d’un accident du travail

 

Pourtant, une mythologie puissante est installée sur tous les canaux culturels et médiatiques possédés par le patronat, celle qui consisterait à pouvoir échapper à l’enfer du salariat en « créant sa boite« .

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Ils sont des centaines de milliers chaque année à être intimement persuadés qu’ils sont plus malins que les autres, sans se douter un instant que le maigre espace que leur laissera les gros finira par être englouti par les mêmes.

En effet, plus d’une création d’entreprise sur deux a mis la clé sous la porte au bout de 5 ans.

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C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. Dépersonnalisé au travail, il demeurera dépersonnalisé chez lui. Christophe Dejours – Travail usure mentale

 

Pour certain-e-s, cela représente l’ultime espoir de pouvoir subvenir à ses besoins car en temps de crise, l’économie capitaliste sur-exploite celles et ceux qui ont un emploi et exclut un nombre toujours plus considérable de personnes, à commencer par les femmes qui en sont les premières victimes.

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Bien que les femmes soient de plus en plus présentes dans la sphère publique, la place qu’elles y tiennent est justifiée idéologiquement par la place prépondérante qu’elles occupent dans la sphère privée : elles peuvent être à temps partiel car elles doivent s’occuper du ménage et des enfants ; elles peuvent gagner moins car elles n’ont pas la charge d’entretenir une famille ; elles exercent des métiers liés à l’enfance, au social accordés à leurs qualités “ naturelles ” de patience et d’accompagnement. Cette division sexuelle du travail permet à la société de faire des économies sur les crèches collectives, les cantines, la prise en charge des personnes âgées. En 2000, les femmes continuent d’assumer 80 % du noyau dur du travail domestique (vaisselle, cuisine, linge, soins matériels aux enfants, courses). Le capitalisme a donc besoin de l’oppression des femmes et la renforce. Il organise la division du travail réservant aux femmes ses premières attaques avant de s’en prendre à l’ensemble des salariés et sans que cela n’entraîne aucune réaction : les secteurs les plus précarisés de tout point de vue sont les plus féminisés. L’oppression des femmes n’est pas seulement un “ reste archaïque ” des millénaires passés. Elle a été récupérée par le système capitaliste même si cela a produit et produit toujours de nouvelles contradictions en son sein : en période d’expansion économique, le capitalisme a besoin de réguler le marché du travail en sollicitant une main d’œuvre féminine bon marché et inversement en période de récession.

 

Ces fameuses « boites », la plupart se refermeront en laissant pour seule liberté à leurs propriétaires illusionnés le soin d’en apposer eux-même le couvercle.

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Si le riche te tapote l’épaule, c’est que ta servilité lui garantit la pleine jouissance de ce qu’il a volé, à toi, à moi, à tous les pauvres du monde. Les riches souhaitent ardemment que tous les déshérités aient l’âme d’un mendiant. Ricardo Flores Magon

 

La plupart y perdra toutes ses économies, qui ne seront bien évidemment pas perdues pour tout le monde…

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« J’hallucine tous ces assistés qui se croivent chez les Bisounours. Moi je vais me bouger le cul et monter ma boite. »

 

Certains hurleront après « les charges » [les cotisations sociales] sans réaliser que les normes fiscales et comptables des entreprises sont faites sur mesure pour la classe possédante, sans s’avouer aussi qu’ils se feront déplumer à leur tour par la bourgeoisie.

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Ils veulent ignorer que le capitalisme consiste à voler légalement les fruits du travail et les gains de productivité afin de renouveler sans fin l’appareil de production sans comprendre qu’ils feront eux-mêmes les frais de cette expansion et de ce vol de travail, d’une façon directe ou indirecte puisque l’économie capitaliste prospère sur la quasi totalité des champs de l’existence.

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Tout est privatisé au sein d’une économie capitaliste, la minuscule liberté consistant à « créer sa boite » n’est une liberté qui ne peut fonctionner que dans la mesure où elle n’est exercée que par une minorité de la population.

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Vous êtes saisis d’horreur parce que nous voulons abolir la propriété privée. Mais, dans votre société, la propriété privée est abolie pour les neuf dixièmes de ses membres. C’est précisément parce qu’elle n’existe pas pour ces neuf dixièmes qu’elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propriété qui ne peut se constituer qu’à la condition de priver l’immense majorité de la société de toute propriété. En un mot, vous nous accusez de vouloir abolir votre propriété à vous. En vérité, c’est bien là notre intention. Karl Marx

 

C’est le principe de toute création de richesse: Toute richesse est du travail volé.

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Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours Elle plonge le lecteur dans les arcanes d’un véritable « système » né dans l’après-guerre et qui, malgré ses mutations, marque encore aujourd’hui la machine patronale. Du recyclage des anciens cadres de Vichy dans la reconstruction jusqu’aux caisses noires des syndicats patronaux, en passant par le financement secret des partis politiques ou les graves dérives du paritarisme, on découvre le rôle central de personnages aussi puissants que discrets, de Georges Albertini, éminence grise du patronat liée à l’extrême droite dans les années 1950, ou les « conseillers du prince » qui ont influencé les choix économiques des présidents successifs de la Ve République. On découvre aussi les efficaces lobbyistes d’un patronat capable de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens. Et qui a su s’appuyer sur des intellectuels et des grands médias pour convertir les élites politiques aux « mérites » de la finance dérégulée. Cette somme brosse le vrai portrait de nombreux patrons, révèle les bonnes affaires des uns dans la « Françafric », les juteuses opérations des autres dans l’immobilier ou l’industrie. On découvre comment se sont vraiment faites la plupart des grandes fortunes françaises, celles d’hier et d’aujourd’hui : subventions extorquées à l’État, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions plus qu’obscures, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, coups fourrés, etc. La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet, sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

 

Les normes comptables sont calquées sur les besoins du Capital, ceux du renouvellement constant de sa prédation. Elles sont suffisamment souples pour pouvoir être arrangées de mille manières et suffisamment bien pensées pour offrir un avantage décisif à une classe bien identifiée.

Celui qui ne possède pas le Capital ne peut lutter à armes égales.

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« Je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai commencé dans mon garage, je suis partie de rien, voyez-vous,  je me suis faite à la force de mon travail. Elle est bonne ou on la refait? »

 

Personne ne leur dit qu’en temps de crise systémique, le Capital procède à une accélération éperdue de sa concentration.

Les gros mangent les moyens qui mangent les petits et le Capital devient si gros qu’il finit par dévorer l’économie sur laquelle il se goinfre.

Le discours d’entreprise prétend s’adresser à tous mais en réalité, il ne s’adresse qu’à une minorité de la population.

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Une sur trois démarre avec moins de 4000€.

Ce sont celles qui démarrent avec plus de 80.000€, et notamment celles avec plus de 200.000€ qui seules sont capables le plus souvent, de se pérenniser.

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Dans les agences de Pôle Emploi, on incite les demandeurs d’emploi à liquider leur solde d’allocations chômage au but de se constituer un pécule de départ.

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Pécule qui sera le plus souvent entièrement englouti par une petite amicale de sourires carnassiers, un mauvais sort que l’on se gardera bien d’ébruiter au candidat à l’évasion du salariat.

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« L’assureur, le banquier, le type de la CCI, l’agent immobilier, le notaire, l’expert comptable, l’artisan, le rentier sont formels, la plage est à 800 mètres les gars. »

 

Sur les 3,6 millions d’entreprises, 2,4 millions n’ont pas de salarié.

Et sur ces 2,4 millions de « patrons » qui s’auto-exploitent, il y a 900.000 autoentrepreneurs déclarés dont la moitié ne dégage aucun chiffre d’affaire.

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« Sur BFMTV ce matin, ils ont dit que la plage, c’est tout droit, alors moi je vais tout droit, c’est pas dans leur intérêt de mentir à leur public, réfléchissez un peu bon sang! »

 

90% de l’autre moitié réalise un chiffre d’affaire inférieur à très inférieur au SMIC

En 2011, sur 500.000 créations d’entreprises, 270.000 sont des autoentrepreneurs, c’est-à-dire le plus souvent des « entreprises » qui vivotent ou implosent rapidement en vol.

Revenons à nos patrons.

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– Près d’un million d’entreprises de 1 à 9 salarié-e-s

170.000 de 10 à 49 salarié-e-s

50.000 patrons possèdent une entreprise de plus de 49 salarié-e-s

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Même si on les entend beaucoup, même si on les voit beaucoup, même s’ils passent leurs journées à tenter de nous convaincre des vertus de l’idéologie d’entreprise, ces chiffres montrent que les patrons sont infiniment minoritaires, ils ne pèsent en réalité que 3% de la population active.

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Un de moins ! Un patron boulanger de Tarbes se chamaillait ces jours derniers avec un de ses ouvriers nommé Lacaze, un zigue de vingt ans. Emmerdé par son singe, l’ouvrier lui a sauté à la gueule et lui a tellement serré le ki-ki que le patron en est mort. Ça prouve, nom de Dieu, qu’il n a pas besoin de chercher midi à quatorze heures — la bonne volonté suffit. Emile Pouget, Le Père Peinard

 

Telle est la pente naturelle du capitalisme liée à sa logique concentrationnaire: jamais le nombre de salarié-e-s n’a été aussi important.

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Faut-il répéter les arguments irrésistibles du socialisme, des arguments qu’aucun économiste bourgeois n’est jamais parvenu à détruire ? — Qu’est-ce que la propriété, qu’est-ce que le capital, sous leur forme actuelle ? C’est, pour le capitaliste et pour le propriétaire, le pouvoir et le droit, garanti et protégé par l’État, de vivre sans travailler, et, comme ni la propriété ni le capital ne produisent absolument rien, lorsqu’ils ne sont pas fécondés par le travail, c’est le pouvoir et le droit de vivre par le travail d’autrui, d’exploiter le travail de ceux qui, n’ayant ni propriété ni capitaux, sont forcés de vendre leur force productive aux heureux détenteurs de l’une ou des autres. Michel Bakounine

 

Les 22.000.000 salarié-e-s, l’immense masse des travailleurs sans qui le patronat n’est rien, sans qui rien ne se fait, rien ne se crée, doivent connaître la réalité de la création d’entreprise: l’échec quasi assuré pour les plus nombreux, principalement les petits.

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La création d’entreprise est un vrai business en soi, elle entretient les rentes de professions et autres notables et institutions ciblés, par ce que l’on peut nommer un mirage.

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Si l’on se place du point de vue d’un capitaliste, la création d’entreprise est un vrai marché.

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Le mythe de la création d’entreprise lessive des salarié-e-s qui tentent d’échapper à l’esclavage salarial grâce à un authentique miroir aux alouettes.

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Même lorsqu’un homme sans fortune obtient du crédit en tant qu’industriel ou commerçant, c’est qu’on a confiance qu’il va se conduire en capitaliste, s’approprier à l’aide du capital prêté du travail non payé. On lui accorde du crédit en tant que capitaliste en puissance. Et même le fait, qui suscite tant d’admiration de la part des apologistes de l’économie politique, qu’un homme sans fortune, mais énergique, sérieux, capable et versé dans les affaires, puisse de cette façon se transformer en capitaliste […] ce fait, même s’il fait entrer sans cesse en lice contre eux toute une série de nouveaux chevaliers d’industrie, dont les capitalistes individuels déjà en place se passeraient bien, renforce cependant la domination du capital, en élargissant sa base et en lui permettant de recruter toujours de nouvelles forces dans le soubassement social sur lequel il repose. Tout comme pour l’Église catholique au Moyen Âge, le fait de recruter sa hiérarchie sans considération de condition sociale, de naissance, de fortune, parmi les meilleurs cerveaux du peuple, était un des principaux moyens de renforcer la domination du clergé et d’assurer le maintien des laïcs sous le boisseau. Plus une classe dominante est capable d’accueillir dans ses rangs les hommes les plus importants de la classe dominée, plus son oppression est solide et dangereuse. Karl Marx
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Il n’y a que collectivement que l’on puisse abattre le salariat et en finir avec cet odieux esclavage.
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Les Enragé-e-s