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Blackout en Turquie: Twitter, facebook, Youtube bloqués

Les autorités turques ont ordonné, lundi 6 avril, le blocage de Twitter, Facebook et Youtube pour y empêcher la diffusion des photos de Mehmet Selim Kiraz, le procureur tué le 31 mars, à l’issue d’une prise d’otage au tribunal d’Istanbul.

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Un message de l’Autorité administrative des télécommunications (TIB), posté sur Youtube, indique que cette interdiction, la première de grande ampleur depuis le blocage décrété il y a un an pour empêcher la diffusion d’accusations de corruption, visant le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir, a été ordonnée par « mesure administrative ».
Selon le site du quotidien Hürriyet, cette mesure a été prise à la suite d’une décision de justice ordonnant le blocage de 166 sites – dont Facebook, Twitter et Youtube – ayant diffusé la photo du magistrat avec un pistolet sur la tempe. La photo a été diffusée juste après le début de la prise d’otage par le Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a revendiqué l’opération. Le DHKP-C est considéré comme un groupe terroriste en Turquie.
Source Le Monde – AFP | 06.04.2015

 

En complément:

Il faut qu’on discute de notre usage de Facebook

Communiqué du 13 février 2015

13 – 02 – 2013 <=> 13 – 02 – 2015

En ce deuxième anniversaire de la page, on va vous offrir un rapide historique retraçant son existence avant de nous lancer dans l’après, à savoir un réajustement important de son orientation.

Plus de 720 quotidiennes, près de 5000 publications, 28000 EnragéEs, des dizaines de millions de vues, près de 140.000 visiteurs uniques en 2015 sur http://www.lesenrages.antifa-net.fr/

100% indépendant, 100% galériens
100% anticapitaliste, 100% antifasciste

Nous sommes bénévoles, indépendants de toute organisation, de toute entité privée ou publique, de toute église, de toute sphère associative.

Nous ne sommes pas des prêtres, nous n’avons pas de vérité révélée à offrir.

Nous ne sommes mandatéEs par personne ce qui nous oblige à ne donner aucune consigne.

Depuis le début, nous avons toujours voulu être le plus transparent possible en ce qui concerne la justification de notre présence sur facebook.

L’avis partagé par beaucoup, c’est celui-ci:

Il faut qu’on discute de notre usage de facebook

L’ouverture de la page est donc à la base un cas de conscience.

Face à la stratégie des droites radicales et obscurantistes qui est celle d’un ensevelissement global de la toile tout en bénéficiant d’une promotion quasi-quotidienne sur les médias patronaux, fallait-il rester les bras croisés et ne rien faire?

Le fait de voir surgir transversalement dans le réel les « idées », les références, l’esthétique, les schémas de pensée, le vocabulaire, le nom des icônes, les mythes de la conspiration et du néofascisme a achevé de nous convaincre que nous allions agir bien tardivement.

Texte rédigé quelques jours avant le lancement de la page « Les Enragés » le 13-02-2013

« Le but premier de la page des Enragés est de faire reculer le fascisme.
Il se trouve que les extrêmes droites ont gagné la bataille des moteurs de recherche, elles ont gagné la bataille des hébergeurs de contenu vidéo. Elles sont animées par des gens peu nombreux, parfois rémunérés, parfois par le biais d’emplois fictifs mais influentes car très organisées, de plus en plus sur les réseaux sociaux qui leur permettent de toucher des publics jeunes et technophiles, grimées derrière des formats attractifs.

L’idée est de reprendre le format de ces pages (d’où le choix de puiser dans la Révolution française et de se référer aux mouvement les Enragés qui fut un mouvement plutôt réactionnaire) en parasitant leur parasitage et en re-politisant le contenu avec un retour assumé de la lutte des classes, (…)

La page doit être capable d’offrir les clés pour débusquer le confusionnisme fasciste où qu’il puisse se trouver en ne laissant pas la lutte contre le fascisme et l’antisémitisme aux sociaux démocrates dont la disqualification emmène, par rejet de classe, certains publics à se jeter dans le camp du conspirationnisme et de l’extrême droite.

En outre, le but est de littéralement décomplexer la lutte anticapitaliste, d’emmener par la répétition l’inéluctabilité de sa disparition, d’offrir des argumentaires efficaces, une production chiffrée alternative démontant le récit bourgeois et déconstruisant les mythologies martelées.

Enfin et surtout, diffuser au plus large une prise de conscience de l’actuelle fin de grand cycle capitaliste et de sa crise systémique, l’urgence de la constitution d’une organisation horizontale structurée et puissante à même de densifier politiquement les mobilisations de masse dans le réel.

Repositionner internet sur ce qu’il est vraiment: un outil très puissant et non un échappatoire ou une simple diversion. (…)

La page des Enragés doit pouvoir, grâce à son format, se retrouver partagée sur des réseaux tenus par l’extrême droite et ainsi permettre de sortir des publics, souvent jeunes, tombés dans les griffes des fascistes et des droites radicales en général et qui sont pour l’instant, perdus pour la Révolution. »

 

Voilà pourquoi vous êtes en train de nous lire depuis cette page, c’est parce qu’il y a  deux ans, « trois bonnes poires » se sont organisées pour tenter de sortir le plus de gens possible de cette sphère poisseuse,  tout simplement parce que ça nous tord(ait) le bide de constater dans le réel cette vague qui a tout submergé.

Autour des trois admins historiques sont venus se greffer d’autres EnragéEs, qui est un collectif qui évolue en fonction du temps et de l’énergie que nous laissent nos exploitations, nos oppressions et nos luttes quotidiennes.

C’est pourquoi il est quasi-impossible pour nous de vous fournir quotidiennement des dossiers anticapitalistes et antifascistes tels que vous pouvez les apprécier, en tout cas tant on voit que vous les partagez  avec enthousiasme autour de vous.

Nous ne sommes pas des professionnels.

Nous sommes des galériens, des bagnards du capitalisme, des précairEs, des ouvrierEs, des employéEs, des salariEs, des (auto)exploitéEs.

Nous sommes touTEs autodidactes.

Certains dossiers que vous avez mis 8 minutes à lire, on a passé un an et demi à les faire.

En revanche, en échappant totalement aux nécessités du marché, il nous est non seulement possible d’être loyaux envers notre propre classe, rigoureux et honnêtes mais nous affirmons que ce n’est que de cette façon qu’il est possible de l’être.

 

Dès le début de la création de la page, il a été décidé de créer un espace totalement épargné par la vague conspirationniste.

Au tout début, nous avons choisi une modération « conciliante » telle qu’elle peut être mise en place par n’importe quel modérateur sur n’importe quel forum. Au fur et à mesure de son évolution, il s’est rapidement avéré que ce n’était pas envisageable à cause de l’audience de la page. Nous avons même été obligés d’alterner des modérations différentes.

A l’époque, l’algorithme facebook, cette formule mathématique qui distribue et choisit à la place des utilisateurs, ce qui doit s’afficher ou pas sur leur fil d’actualités, était beaucoup plus favorable aux pages avec 0€ de budget et donc également à notre page anticapitaliste. Il ne faut pas oublier, pour ne citer que les français, que trois sur quatre considèrent que le capitalisme est un mauvais système et les 2/3 ne veulent pas du FN au pouvoir, si en tout cas on accorde quelque crédit aux sondages patronaux.

Il était possible de dépasser les 4 millions de vues sur une seule publication avec seulement quelques milliers d’abonnéEs.

Nos publications anticapitalistes crépitaient en temps réel à la première seconde de leur diffusion, facebook n’avait pas encore totalement tué le temps réel et surtout le principe premier de la toile, son horizontalité.

On savait que l’on ne pouvait pas encore s’attaquer frontalement à l’extrême droite car on n’avait pas assez d’abonnéEs.

On ne pouvait pas le faire avec un site, la politique de facebook de l’époque était celle de mettre en avant les photos tout comme telle était la stratégie de ces pages, c’est donc par ce biais que l’on a essayé de diffuser de l’idée dans un océan de médiocrité.

On a malgré cela tenté une publication sur l’UPR (ce micro parti de droite nationaliste en lien avec l’extrême droite) et immédiatement, on a ramassé une invasion groupée de(s?) 250 à 300 militants et sympathisants dont les premières pressions et menaces, dont une sérieuse.

En signalant la page en masse, ils sont parvenus à faire supprimer par facebook la publication.

L’objectif pour nous a donc été de faire grossir la page sans se renier et sans racolage, le plus rapidement possible car on a pu constater que l’algorithme facebook devenait de moins en moins généreux à mesure que le nombre d’abonnéEs augmentait.

Mais c’est le jour où l’on a fait une publication sur la page d’extrême droite et conspirationniste « Ce Que Cachent Vos Médias » qui relayait également la page d’extrême droite confusionniste Mr Mondialisation, que nous avons essuyé une attaque groupée de militants, de pressions, de menaces dont plusieurs de mort, dans des proportions telles que nous avons dû organiser à partir de ce jour-là des rotations de modération en 24/24.

Bien évidemment, ils ont réussi une fois encore à nous faire sauter la publication.

La plupart des EnragéEs ont été bannis de facebook à l’exception d’unE EnragéE, dont certainEs pendant trois semaines et grâce à qui la page a pu continuer à peu près normalement.

Dans les commentaires de notre page, en mp, ailleurs sur facebook, cela a été un déchaînement.

A partir de ce jour-là, on a commencé à recevoir des menaces de ce type par dizaines:

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On possédait donc tout un travail de veille antifasciste que les fascistes, ces types qui se battent depuis 10 ans pour la  » liberté d’expression « , nous interdisaient eux-mêmes de diffuser auprès de leurs victimes.

Bien évidemment, quand, récemment, on a publié notre dossier sur Mr Mondialisation, nous avons eu droit à une nouvelle attaque groupée. Mais désormais, ils ne peuvent plus nous faire censurer nos publications, la page est devenue trop importante.

Comment procède l’extrême droite pour rameuter ses éléments fascisés?

Sur cette capture d’écran, on constate que le site d’extrême droite et conspirationniste « Les Moutons enragés » rameute en défense de ce pauvre Mr Mondialisation.

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Les journées « d’affluence » sur des publications ciblées, on pouvait recevoir des attaques groupées de 300 militants d’extrême droite par jour alors que sur d’autres publications comme pour celle d’Akhenaton et qui a, rien que sur sa première semaine, dépassé les 4 millions de vues, nous n’avons quasiment pas eu à modérer quoique ce soit, le comportement de chacun a été quasi exemplaire.

C’est une publication que les confusionnistes ont tenté de piller, comme beaucoup d’autres.

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En revanche, pour chaque publication sur Dieudonné, sur Etienne Chouard, sur Alain Soral, sur n’importe quel agent de l’extrême droite, c’est à chaque fois un déchaînement de pressions et de menaces.

Certains des idéologues d’extrême droite comme Alain Soral, Vincent Lapierre et d’autres, ont tenté eux-mêmes de venir faire leur propagande, ils ont été immédiatement bannis de la page.

Plus globalement, on ne peut révéler ici l’éventail des méthodes de l’extrême droite, mais sachez juste qu’elles ne possèdent pas de limite dans la perfidie.

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat!

Voilà pourquoi depuis le début de la page, on a été obligé de mettre en place une modération serrée.

Si on ne l’avait pas fait, jamais nous serions arrivés à placer une « grosse » page au milieu de l’océan de pages confusionnistes et obscurantistes.

L’un des aspects qui plaît bien depuis le début, c’est que l’on a tenté de recréer un espace politique débarrassé de tout ça et que les fascistes ont absolument tout fait pour nous faire échouer.

Sur le lot, il est bien évident que l’on a pu bannir d’authentiques anticapitalistes.

Mais dans l’immense majorité des cas, on a tapé juste.

Au bout de ces deux ans, nous constatons à la fois une installation active de la pensée conspirationniste et obscurantiste ainsi qu’une défaite idéologique majeure.

Devant le constat qui est le nôtre, résultat de la gentrification des luttes, du discours et du milieu révolutionnaire, un discours estimant que la gentrification se combat dans les quartiers intermédiaires entre militants issus des classes moyennes et dont le propos reste inaccessible, nous avons décidé de poursuivre dans la voie sur laquelle on est le plus critiqués par le petit milieu militant: celle de la vulgarisation.

Nous avons décidé de ne plus faire grossir la page facebook « Les Enragés » et de ne l’alimenter, le plus souvent en tout cas, que par le biais d’articles produits uniquement ici-même.

sur notre site

http://www.lesenrages.antifa-net.fr/

et sur la plateforme antifa-net.fr

http://www.antifa-net.fr/

Nous n’allons plus utiliser facebook que pour propulser nos articles.

C’est un risque. Si nos abonnéEs ne jouent pas le jeu, alors facebook fera plonger encore d’avantage notre page car toute page non alimentée quotidiennement est compliquée à raviver sur ce réseau dit « social ».

A un point tel que la totalité du réseau militant tourne actuellement en circuit fermé et quasi étanche, produit à la fois de sa gentrification et… de l’algorithme ségrégationniste de facebook.

Nous n’animerons plus cette page, nous n’assurerons plus de modération en 24/24. Nous allons être obligés de parfois couper l’émission de la page, en tout cas certaines journées, certaines semaines.

Nous allons enfin réorienter notre site sur ce que nous estimons essentiel et urgent.

Nous vous réservons de bonnes surprises. De très bonnes surprises.

Allez, ne soyez pas tristes, quand on viendra sur la page, ce sera pour se détendre ou pour continuer à servir de banque idéologique.

Camarades, amiEs, l’antifascisme n’est pas un club privé!

Nous allons tenter de peser pour trouver le moyen d’ouvrir nos manifestations antifascistes au plus large.

Nous devons nous organiser dans le réel.

Tout se joue dans le réel.

La tenaille des droites libérales et des droites radicales est hégémonique sur le net car les droites dominantes sont hégémoniques dans le réel.

Quand le réel se retournera, la toile suivra.

Le réel ne se modifiera pas tout seul, il réclame de l’organisation.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

 

 

Il faut qu’on discute de notre usage de Facebook

En octobre 2012, le collectif allemand Nadir a publié un communiqué traitant des implications de l’utilisation de Facebook, et plus largement de tout réseau social ou service internet (mails) centralisé.

L’année 2013, en particulier grâce aux révélations de lanceurs d’alerte comme Edward Snowden, a confirmé le danger intrinsèque de ces services, et plus largement d’internet dans un cadre irraisonné.

Traduction de leur texte, jamais diffusé en français à notre connaissance.

Depuis plusieurs années, nous fournissons des serveurs et une infrastructure de communication pour  » la gauche  » [1]. Nous avons fait de notre mieux pour garder les serveurs sûrs, et avons résisté, par divers moyens, aux requêtes d’accès aux données des utilisateurs par les autorités.

En bref : nous tentons d’offrir une forme libératrice de communication à l’intérieur de l’internet capitaliste.

Disneyland

 

Nous n’avions pas réalisé qu’après le stress des actions de rue ou les longues discussions collectives, beaucoup d’activistes semblent avoir ce désir de papoter à loisir sur Facebook, de tout et avec tout le monde.

Nous n’avions pas réalisé que, même pour la gauche, Facebook est la plus douce des tentations. Que la gauche, aux côtés des autres, apprécie de suivre le subtil flux d’exploitation, là où il ne semble faire aucun mal, et, pour une fois, sans avoir à résister.

Beaucoup de personnes ont mauvaise conscience. Bien que cela pourrait leur permettre d’anticiper les conséquences fatales de Facebook, cela ne semble pas se traduire en actes.

Est-ce seulement de l’ignorance ?

Juste pour donner un aperçu du problème. En utilisant Facebook, non seulement les activistes rendent leur propres communications, leur opinions, leurs « likes », etc. transparents et disponibles à l’analyse automatisée. Mais ils exposent de plus -et nous considérons cela beaucoup plus important- des structures et personnes qui ont elles-mêmes peu ou aucun rapport à avoir avec Facebook.

Les capacités de Facebook à rechercher dans la toile des relations, similitudes, etc. sont difficiles à saisir pour les profanes. Les bavardages sur Facebook reproduisent des structures politiques, ainsi rendues disponibles aux autorités, et à des entreprises. Celles-ci peuvent être recherchés, triées, agrégées, non seulement pour obtenir des informations précises sur des relations sociales, des personnes clé, etc. mais également pour faire des déductions et anticipations à partir de motifs récurrents.

À l’instar que les téléphones portables, Facebook est la plus subtile, économe, et efficace des technologie de surveillance actuellement disponible.

Les utilisateurs de Facebook comme informateurs inconscients ?

Nous avons toujours pensé que la gauche veut autre chose : poursuivre les luttes en ligne, et utiliser internet au service des luttes politiques. C’est le but, en ce qui nous concerne – encore aujourd’hui. C’est pourquoi nous voyons les utilisateurs de Facebook comme un danger réel pour nos luttes. En particulier les activistes qui publient des informations importantes sur Facebook (souvent sans savoir ce qu’ils font) qui est de plus en plus utilisé par les forces de l’ordre. Nous pourrions presque aller jusqu’à accuser ces activistes de collaboration. Mais nous n’en sommes pas encore là. Nous avons encore espoir que chacun réalise que Facebook est un ennemi politique, et que ceux qui l’utilisent le rendent de plus en plus puissant. Les activistes utilisant Facebook nourrissent ce dispositif, et en conséquence, révèlent nos structures – sans aucune nécessité, sans aucun mandat de justice, sans aucune pression.

481650_10151654369797930_1757292393_nNotre point de vue

Nous sommes conscients que l’on parle « de haut ». Pour nous, qui travaillons depuis des – parfois en gagnant notre vie – avec le net et les ordinateurs, l’administration de systèmes, la programmation, la cryptographie, ou autre, Facebook apparaît comme un ennemi naturel.

Et comme nous nous considérons également comme faisant partie de la gauche, cela s’ajoute à l’analyse politique des fondements économiques de Facebook, où les « utilisateurs » sont transformés en produits, qui sont vendus, et deviennent consommateurs, en conséquence. Le jargon pour ceci est « la création de besoin ». Nous réalisons que tout le monde n’utilise pas internet avec autant d’enthousiasme que nous pouvons le faire. Mais pour des activistes, autoriser ce cheval de Troie nommé Facebook à faire partie de leur vie quotidienne est un signe d’ignorance d’un niveau critique.

971713_638279259516314_538930724_nCeci est un appel : fermez vos comptes Facebook ! Vous mettez les autres en danger ! Prenez acte contre ce monstre de données !

1124_10151518792123160_6876129_nEt de même : quittez Yahoo mail et autres ! À bas Google ! Contre la rétention des données ! Pour la neutralité du net ! Liberté pour Bradley Manning ! Longue vie à la décentralisation !

Luttez contre le capitalisme ! Aussi – et spécifiquement – sur internet ! Contre l’exploitation et l’oppression ! Aussi – et spécifiquement – sur internet !

Mettez vos camarades sur les nerfs. Appuyez sur le fait qu’en nourrissant Facebook, ils ont choisi le mauvais coté !

 

Source   rebellyon.info

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[1] Note de traduction : « la gauche », notion relative par définition, résulte d’une volonté de traduire le texte original au plus proche, et fait bien évidemment référence ici à une sensibilité politique

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La révolte des smartphones

 

La naissance de l’énième vague de contestation remonte à il y a peu (fin octobre). Cette fois, celle qui a été touchée par la rage de la société civile a été la Hongrie, dirigée par le conservateur Orban, dont le gouvernement a été le protagoniste de politiques réactionnaires et xénophobe dans son propre pays. Ce qui a exaspéré des dizaines de milliers de personnes a été le choix des autorités d’augmenter les prix de la navigation sur internet.

Ce sur quoi nous voulons réfléchir principalement, ce ne sont pas les raisons de cette contestation, mais une des pratiques utilisées par les manifestants. Sur les photos représentant la foule dans les rues de Budapest, on pouvait remarquer l’émergence d’une nouvelle forme de contestation : allumer simultanément de milliers de smartphones et téléphones portables comme acte symbolique contre la mesure du gouvernement.

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Voilà donc l’énième évolution de la contestation 2.0 !
Mais il y a un aspect vraiment intéressant dans tout cela : ces manifestations prennent la forme d’une « lutte » pour demander plus d’aliénation plutôt que pour viser une libération de la domination technologique, qui révèle ici une fois de plus son visage totalisant, annihilant tout désir humain qui n’entend pas se soumettre à la dictature du virtuel.

969183_10200208809243944_1950352863_nLes opposants à cette nouvelle mesure du gouvernement hongrois sont visiblement parmi ces sujets prêts à livrer bataille seulement pour justifier et renforcer tout le mécanisme de domination techno-industrielle – producteur de misère, de dévastation, de domestication du vivant – et non pas pour le critiquer et l’attaquer.

facebook-fakebook4Désormais, beaucoup de mobilisations de masse sont caractérisées par l’intention de la part de leurs participants de les créer et/ou de les diffuser par les moyens mis à disposition par le progrès technologique.

10006507_10203791634622039_6950298117161892533_nLe rôle des médias traditionnels contribue à tout cela, ceux-ci ayant par exemple vendu les « printemps arabes » comme des révolutions « des réseaux sociaux », gonflant le rôle de ceux-ci dans la diffusion et la propagation des révoltes, les présentant comme créées et favorisées par l’interaction de milliers de personnes sur des places virtuelles.

12389_158009274365653_871765605_nÀ la grande foule des activistes hi-tech se sont aujourd’hui ajoutés les manifestants hongrois, qui protestent armés de leurs prothèses technologiques. La navigation sur internet endosse donc les caractéristiques d’un besoin primaire, tout comme la présence d’une personne parmi les inscrits sur Facebook ou Twitter, facteur incontournable et indispensable pour sa propre existence.

1535753_1010109385697658_112053135_nC’est le triomphe d’une nouvelle forme d’activisme : spectaculaire et superficiel, toujours prêt à immortaliser avec son téléphone ou sa caméra des moments d’affrontement dans la rue, à saisir le moment où la pierre est lancée contre le flic et à filmer l’énième abus des keufs ; par contre maintenant elle est en première ligne pour contester une mesure qui limite l’accès à internet, montrant au puissant de service sa « dangerosité » par l’exhibition de son dernier bibelot hi-tech.

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Il n’y a rien d’attrayant dans cette mise en scène. Au contraire, elle est l’énième preuve du fait que la contestation prend de plus en plus souvent des caractéristiques clownesques et caricaturales, tronquée de sa charge spontanée et potentiellement destructrice, canalisée dans des formes tapageuses et éphémères.

1896772_228286974042482_1871451896_n Le lien entre la guerre contre l’existant et les dispositifs technologiques ne produit des effets positifs que pour le pouvoir, sûrement pas pour ceux qui se révoltent. Quelles sont les origines des caméras de vidéosurveillance, industries, bio et nanotechnologies, ordinateurs, portables, GPS et tant d’autres diableries ? Quels intérêts servent-elles, quelles dynamiques sont-elles par leur nature destinées à reproduire et avec quels effets ?

informatique-merde-hebdogicielNous sommes de ceux qui n’échangeraient pas la moindre émotion et spontanéité contre plus de technologie, qui n’implique en réalité qu’aliénation et contrôle. Il n’y a pas une bonne et une mauvaise technologie, mais des instruments nés dans un cadre et des circonstances déterminés et qui répondent à une mentalité militariste, exploiteuse, anthropocentrique.

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C’est donc aux ennemis de la technologie (et de ses fidèles adeptes) de démasquer sa vraie nature et d’en finir avec cet ordre nécrophile.

Quelques ennemis du techno-monde

tract distribué à Padoue, 1/12/2014

Padoue (Italie) : La révolte des smartphones – non-fides – base de données anarchistes

[Traduit de l’italien par nos soins de Finimondo.]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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