Archives par mot-clé : extrême droite

Dénoncer scandales et corruption, est-ce faire le lit du fascisme?

Lutte des classes ou ressentiment ? Il faut choisir !

La dénonciation des scandales relève davantage du ressentiment que de l’esprit de classe, et, chaque fois que cela se produit, le risque du fascisme n’est pas loin.

La publication récente d’un article relatant les affaires liées à un ancien ministre m’a un peu inquiété, d’autant plus que ce type de dénonciation est devenu habituel dans les milieux de gauche et d’extrême gauche. Peut-être cela vaut-il donc la peine d’examiner en détail les implications de cette attitude.
Présenter la relation entre l’Etat et les milieux d’affaires comme relevant de la « promiscuité » c’est considérer comme une anomalie un phénomène qui est précisément l’une des composantes structurelles du capitalisme. C’est présenter comme une exception ce qui est en réalité une règle, et donc croire implicitement qu’un autre capitalisme, qui ne serait pas pervers, pourrait exister et où l’État serait protégé contre l’influence des entreprises. Les articles de ce genre augmentent la confusion plutôt que de clarifier la situation.
Depuis les premières décennies du XIXe siècle, lorsque les critiques du capitalisme commencèrent à défendre le point de vue de la classe ouvrière, l’un des thèmes sur lequel ils insistèrent le plus était la connexion entre les milieux politiques et les milieux économiques – et même davantage : l’interconnexion entre les deux. Ensuite, et malgré tout ce qui les séparait, aussi bien les courants marxistes que les courants anarchistes, chacun à sa manière, insistèrent sur l’intimité de cette relation. A une époque où les grandes masses pauvres étaient privées du droit de vote et, a fortiori, de toute possibilité d’accéder à des postes politiques, même les défenseurs de l’Etat bourgeois devaient admettre que les gouvernants et les hommes d’affaires empruntaient des chemins très proches. Les partisans du système capitaliste prétendaient donc que le pouvoir politique maintenait une certaine impartialité face aux différents groupes d’intérêts, afin qu’un seul groupe n’en fût pas l’unique bénéficiaire ; la rotation des postes assurée par les partis politiques était censée garantir que les différents groupes d’intérêts se relayent au pouvoir afin que tout le monde profite de l’intervention économique permise par les gouvernements.
Plus tard, au XXe siècle, lorsque la technocratie et les grands gestionnaires se mirent à dominer les gouvernements et surtout les coulisses de la politique, commença à se répandre l’idée non pas que les gouvernements étaient à l’abri des pressions économiques, mais exactement la notion inverse : c’est-à-dire qu’ils seraient capables de résister aux pressions politiques. Si la bourgeoisie légitimait ses profits à travers des titres de propriété, les technocrates et, plus généralement, les gestionnaires légitiment leur pouvoir en invoquant le mythe de leur compétence technique. Depuis, les gouvernements veulent être traités dans la même optique gestionnaire qu’on utilise pour analyser l’économie. Selon ce principe, un bon gouvernement doit être géré comme une bonne entreprise, et le mot «politique» a progressivement acquis le sens péjoratif qu’il conserve encore aujourd’hui.
Un certain nombre de gens n’ont guère apprécié ce changement, notamment les petits patrons, les propriétaires de petites usines et d’ateliers, les propriétaires d’épiceries de quartier, les agriculteurs suffisamment aisés pour embaucher quelques salariés et produire pour le marché mais qui ne possèdent ni assez de terres ni la capacité suffisante pour appliquer à l’agriculture les méthodes les plus modernes et les plus productives.
Ce sont ces couches sociales qui ont commencé à dénoncer le favoritisme économique que pratiquaient les gouvernants, non pas parce qu’ils s’opposaient, par principe, aux relations entre la politique et l’économie, mais parce qu’ils voulaient bénéficier, eux, de cette relation. Pendant les années 1920 et 1930, en Europe, dans certains pays d’Asie et dans les deux Amériques, ce mécontentement des petits patrons fut l’une des principales composantes du fascisme. Il constitua pas le seul facteur, puisqu’il y en eut d’autres aussi importants, mais le fascisme ne s’imposa jamais sans avoir recours à cet élément. Voilà pourquoi, depuis lors, lorsque monte l’amertume des petits patrons, le fascisme n’est jamais très loin.
En termes sociologiques, les petits patrons n’attaquaient pas et n’attaquent toujours pas les gouvernements dans une perspective de lutte des classes, mais du point de vue de la mobilité des élites. Leur objectif est de maintenir la structure économique existante, dans la mesure où ils ont la possibilité de connaître une ascension sociale à l’intérieur de ce cadre et d’intégrer les rangs de l’élite dirigeante. Cependant, la situation s’est aggravée au cours des dernières décennies.
L’un des aspects les plus frappants du capitalisme contemporain est le fait que la concentration du capital, qui s’est accélérée sur le plan économique, où elle a atteint des niveaux sans précédent, se manifeste de façon opposée sur le plan juridique, ce qui a conduit à la fragmentation des anciennes grandes entreprises constituées à l’ère du fordisme. Nous vivons à une époque où la généralisation des relations de sous-traitance et d’externalisation a enchaîné aux grandes entreprises une myriade de petits patrons.
D’un côté, dans la mesure où ils dépendent entièrement du marché des produits et des services fourni par les grandes entreprises qui leur concèdent du travail, les petits employeurs doivent leur obéir et suivre leurs diktats. Mais d’un autre côté, l’aggravation de cette subordination stimule leurs rancœurs. C’est dans ces milieux sociaux que prolifèrent les accusations au sujet des avantages que les grands capitalistes et les gestionnaires occupant une position élevée obtiennent des gouvernements. Leur indignation ne provient pas du fait que le capitalisme existe, mais du fait qu’ils ne peuvent pas en profiter, du moins autant qu’ils le souhaiteraient.
Il ne faut pas négliger la capacité de mobilisation de ces petits patrons auprès de la classe ouvrière. Beaucoup d’entre eux sont unis par des liens familiaux à la fois aux anciens milieux ouvriers et aux nouveaux prolétaires issus de l’enseignement supérieur mais qui ne trouvent pas d’autres emplois que des jobs précaires. Certains de ces petits patrons sont d’anciens ouvriers qui ont réussi à réunir un petit pécule et à devenir de petits entrepreneurs, tout en conservant des liens familiaux et sociaux avec leur milieu d’origine.
A une époque où, face à la concentration transnationale du grand capital, les travailleurs sont fragmentés, leurs vieilles relations de solidarité ont été en partie dissoutes et leur sentiment d’appartenance de classe s’est atténué ou a disparu, il est plus facile qu’ils considèrent les petits patrons comme des leaders ou des modèles. Sur le plan idéologique et psychologique, il s’agit de remplacer l’esprit de classe par le ressentiment, c’est-à-dire de remplacer le désir d’abattre le capitalisme par l’aspiration à jouir d’une ascension sociale en son sein. Le fascisme, dans la face qu’il présente aux masses, joua exactement ce rôle.
C’est pourquoi le type de dénonciations exposées dans l’article sur les affaires de corruption illustre bien l’attitude des petits patrons qui se sentent systématiquement lésés par les grands capitalistes dans la distribution de la plus-value, autrement dit dans le partage des bénéfices.

Les rémunérations élevées, qu’ils s’agisse d’argent ou de prébendes, dont bénéficient les grands gestionnaires concernent uniquement la répartition de la plus-value entre les capitalistes, et non l’extorsion de la plus-value elle-même. Il s’agit de la répartition des fruits de l’exploitation, des bénéfices, pas du processus d’exploitation lui-même. Par conséquent, ce sujet ne devrait intéresser que les capitalistes, pas les anticapitalistes.
Je ne vois pas l’intérêt d’imaginer trois boucs émissaires au lieu de deux, ou quatre au lieu de trois. Se poser ce genre de problème, c’est croire que, derrière les accidents du capitalisme, nous devrions chercher des coupables individuels, parce que le problème relèverait d’une question de personnes et non du système économique.
Pour ce qui concerne les subventions accordées par les gouvernements aux banques, j’ai déjà expliqué ma position dans « Perspectives du capitalisme dans la crise économique actuelle ». Je me contenterai ici d’exprimer mon étonnement devant le fait que la gauche continue à prêcher une politique identique à celle appliquée par la droite conservatrice américaine à la suite de la crise de 1929. Cette politique conduisit à des faillites bancaires en chaîne et à la détérioration catastrophique de la situation économique jusqu’à ce que le New Deal et la deuxième guerre mondiale réussissent à renverser la situation. Une fois de plus, c’est le ressentiment qui prévaut ici, ou même la simple jalousie, l’idée que toutes ces subventions seraient plus utiles dans ma poche que dans les actifs des banques. A la différence que je n’assume pas le rôle joué par les institutions financières dans l’ensemble du système économique.
Je suis désolé de le dire, car je ne souhaite pas froisser les gens qui écrivent ce genre d’articles ni ceux qui aiment les lire, mais je me dois de rappeler que ce type de textes fut la spécialité de la presse d’extrême droite entre les deux guerres mondiales. Et même avant cela, à partir des dernières années du XIXe siècle, le journal de l’Action française, le parti monarchiste d’extrême droite qui joua un rôle dans la genèse de tout le fascisme français, considérait ces accusations comme sa prérogative, inaugurant ainsi un modèle que beaucoup ont suivi et même essayé de surpasser. En France, c’est en dénonçant la promiscuité entre les gouvernements et les milieux d’affaires que les fascistes se réorganisèrent après la Seconde Guerre mondiale. Le même thème sert aujourd’hui à l’extrême droite russe pour faire l’apologie du fascisme et de Staline.
À l’heure actuelle, cependant, il me semble que c’est en Grande-Bretagne que sévit le plus clairement le modèle d’une grande presse de masse qui soit à la fois d’extrême droite et se consacre à faire connaître les scandales qui éclatent parmi les riches. Cette presse de masse britannique est une composante essentielle de la vie politique de ce pays, plus importante sur le plan idéologique que ne le sont le gouvernement et les partis.
Ce type de presse de masse prolifère dans tous les pays : elle est politiquement située à droite ou à l’extrême droite et toujours prête à annoncer qu’un politicien a été surpris la main dans le coffre-fort d’une banque ou qu’un patron s’est fait prendre la main dans le tiroir d’un ministre.
Il suffit d’observer les kiosques à journaux et de voir qui sont les plus lus. En lien étroit avec cette presse à scandales qui promeut le ressentiment, on trouve des magazines qui jouxtent inévitablement les sucreries à côté des caisses des supermarchés. Ces publication servent à montrer au peuple des exemples positifs, que les gens sont tous censés vouloir imiter, les stars, les hommes d’affaires qui se sont mariés pour la énième fois avec une femme encore plus siliconée que la précédente, les individus chics et célèbres, les habitants des îles artificielles, etc. Si certaines publications sont les porte-parole du ressentiment, d’autres sont les porte-parole de l’envie. Ensemble, ils forment un duo indispensable pour contenir les rancœurs sociales dans les limites de l’ordre. Dans la mesure où l’insatisfaction ne conduit pas au renversement des institutions, mais à la volonté de s’y accrocher pour parvenir à leur tête, tout se passe comme prévu. Là où les choses commencent à se gâter, c’est lorsque les jeunes mettent le feu aux voitures au lieu d’acheter des magazines sur les voitures de luxe.
Qu’un billet comme celui évoqué plus haut suscite ma réflexion et soit diffusé dans les milieux de gauche et d’extrême gauche révèle le niveau pitoyable qu’a atteint aujourd’hui ce qui fut autrefois l’anticapitalisme.
Au Portugal, la situation est encore plus grave, pour des raisons propres à l’histoire de ce pays. Au cours de la période de l’antifascisme, le Parti communiste portugais défendit une politique favorable à « l’unité des Portugais honnêtes contre la poignée de monopolistes au service des capitaux étrangers », et continue aujourd’hui à défendre le même programme, puisqu’il n’a jamais renoncé à son ambition historique de mettre la classe ouvrière à la disposition des secteurs capitalistes – qu’il s’agisse des propriétaires d’entreprises ou de la classe des gestionnaires – qui occupent une place marginale dans la répartition des bénéfices.
Il est naturel que dans cet environnement prolifère la confusion entre esprit de classe et ressentiment. Mais chaque fois que le ressentiment prolifère parmi les travailleurs, le risque du fascisme n’est pas loin.

 

João Bernardo, mars 2009

 

 

1. Le titre original exact en portugais est «Entre lutte des classes et ressentiment» (NdT).

2.  Un article du site Passa Palavra sur les agissements de Miguel Cadilhe lors de la crise du Banco Português de Negocios (BPN)

 

3. L’auteur, dès le chapeau de son billet d’humeur, dénonce en effet, « la promiscuité entre les postes politiques et l’administration des banques ». Miguel Cadilhe fut ministre des Finances avant de devenir l’un des administrateurs du Banco Português de Negocios (BPN). Il bénéficia d’un salaire annuel d’un million d’euros, en plus d’une rente à vie exempte d’impôts et de deux voitures qu’il exigea de recevoir dès son arrivée à la tête du BPN. Lorsqu’il fut ministre des Finances il augmenta les limites de l’assiette fiscale sujette à exonération – ce qui lui fut très profitable en raison de l’importance de son patrimoine et de ses revenus personnels. Tels sont les principaux faits dénoncés dans le petit article qui suscita la réaction de João Bernardo. Toute ressemblance avec des personnes et des situations existantes ou ayant existé (par exemple les affaires Cahuzac, Fillon, etc., et l’utilisation politique qui en est faite par les citoyennistes de gauche et d’extrême gauche en France) est évidemment fortuite… (NdT).

4. Rappelons que, pour João Bernardo, la classe des gestionnaires est l’une des deux classes dominantes du capitalisme, l’autre étant la bourgeoisie traditionnelle (NdT).

5. « Perspectivas do capitalismo na actual crise económica »  (2009).

Texte traduit par Y.C. pour mondialisme.org.

« Je vais chercher mon gun, c’est la guerre ce soir »

 

image63

Tandis que le jour le procureur de Boulogne/Mer s’érige en expert militaire commentant ce qu’il voit comme une bataille (« Une impression de guérilla urbaine. »), la nuit les militants de groupes d’extrême-droite comme les Calaisiens en Colère ou Calais libre, appuyés maintenant par des groupes venant d’ailleurs en France, se regroupent à côté du bidonville d’État.

2189819484

 

Ils filment, injurient, menacent, en présence des policiers.

1604268699_B976173577Z.1_20150729140958_000_GBT4UMQJF.1-0

« Je vais chercher mon gun! »

Ces paroles étaient audibles sur une vidéo postée par « les Calaisiens en colère » sur leur page facebook, dans la nuit du 17 au 18 décembre.

« C’est la guerre ce soir ! » … « J’ai un flash ball chef, je peux l’utiliser? »

Sur une deuxième vidéo, on voit une file d’exilés avançant tranquillement sous les cris et invectives des « Calaisiens en colère ». L’un des calaisiens sort soudain une arme, tire, et les exilés se sauvent.

Ces deux vidéos ont rapidement été raccourcies pour cacher ces provocations et volontés de nuire.

cec-1

Seuls quelques commentaires sur la page facebook ont laissé des traces :« On voit quelque chose en moins, ils l’ont retiré de la vidéo car c’était quelque chose de pas commun, pour éviter les poursuites envers la personne, évitez de dire quoi que ce soit sur ce qu’il manque. »cec2

cec5

 

 

cec4

 

 

 

                                         ” Faut cramer leur jungle “

cec6

 

Bientôt un nouveau drame s’ajoutant au drame à Calais?

 

Des militants ont eu le temps de sauvegarder les vidéos retirées, nous vous les proposons ici en intégralité.

Vidéo prouvant la présence d’une arme mettant en danger de mort les migrants, les militants No Border, les miliciens eux-mêmes ainsi que les policiers chargés d’exercer la répression.

Une action juridique se met en place. La dangerosité de ce groupe qui se déclare apolitique doit être comprise par tous ceux qui se laissent prendre à leurs mensonges, particulièrement par les personnes qui les suivent sur facebook.

Cela fait plusieurs semaines que des membres du groupe « les Calaisiens en colère », suivie par ceux de la page facebook « Calais libre« , se rendent le soir route de Graveline, près du bidonville d’Etat où survivent entre 4000 et 6000 réfugié-es, avec l’intention déclarée de protéger les riverains, alors que c’est une vraie milice qui sévit. Une milice comme l’avait réclamée le leader néonazi Yvan Benedetti lors d’une manifestation controversée et sous enquête judiciaire le 7 septembre 2014 à Calais . voir ici l’article de Libération.

des-migrants-attendent-pres-de-l-autoroute-a6-a-calais-esperant-entrer-dans-le-tunnel-sous-la-manche-le-23-juin-2015_5433899

Plus d’un an après il n’y a toujours pas de nouvelles de l’investigation du procureur Valensi du tribunal de Boulogne-sur-Mer.

.Avec toutes les forces de l’ordre qui gravitent autour du bidonville, comment est-il possible qu’un groupe qui diffuse une haine engendrant des appels aux meurtres puisse rester là chaque soir à provoquer les exilés, bénévoles et militants qui passent ?

MAS_Calais_fachos
Militants du groupuscule néofasciste MAS

Leurs appels à renforts attirent maintenant des identitaires venus de loin pour en découdre à Calais. Annoncée sur leur page, la présence samedi 19 décembre de militants d’extrême droite de Dieppe, et dimanche 20 décembre d’une vingtaine de lillois. Et le 13 décembre, c’étaient des militants du groupuscule néofasciste MAS qui s’affichaient près des « Calaisiens en colère »

La préfecture a décidé début novembre d’entraver la solidarité avec un arrêté interdisant le stationnement ou le déchargement de véhicules chemin des dunes.

La maire de Calais déclare qu’« il faut sortir les parasites de la lande », en parlant de militants pour les droits humains.

Mais aucun commentaire sur ceux qui chaque jour propagent la peur, et encouragent la violence.

 

enfant_irakien_calais
Enfant irakien, Calais, France, 2015

 

 

 

Passeurs d’hospitalités ~ des exilés à Calais

 

Cause Animale Nord, racistes et méchants

C’est une vidéo d’une grande cruauté.

Un document au sein duquel vous allez découvrir des militants de l’association Cause Animale Nord se livrer à un enlèvement innommable, celui d’un chiot, compagnon d’une personne sans domicile fixe.

Les images se passent de commentaire.

 

La ligne politique de Cause Animale Nord n’est en revanche pas une découverte.

Son président, Antony Blanchard, s’était déjà illustré en janvier 2013 avec une lettre ouverte explicitement raciste que nous reproduisons ici:

2015-09-23_231352Lettre ouverte haineuse et délirante que son auteur avait fini par supprimer de la page.

Cause_Animale_Nord_raciste
La marque de fabrique de l’extrême droite, colporter des mensonges grossiers et fiévreux destinés à diffuser le poison nationaliste et raciste.

 

Association basée à Lille et à la ligne clairement problématique à plus d’un titre.

Nous vous invitons à parcourir cet article des Panthères Enragées qui, dès 2013, alertait sur la teneur raciste de cette association.  En voici un extrait:

Samedi 5 octobre 2013 avait lieu à Paris la Marche contre l’Exploitation des Animaux et de leurs Peaux, anciennement marche contre la fourrure. Financée par la FBB et soutenue par nombre d’associations problématiques tel que Cause Animale Nord (propos racistes et anti-Rroms), Animaux en Péril ou ALF-le film (proches Brigitte Bardot et Nathalie Krier) .

ginolin4

A l’issue de cette manifestation un village associatif place de la République regroupait plusieurs stands : ALF-le film, Animaux en Péril, Un monde Vegan, L214, 269 Life, Sea Shepherd, Société Vegane, etc … Une centaine de personnes circulaient encore entre les stands.

11665736_418565785020997_2197202248496003691_n
La militante néonazi Arduinna (Luna Stenfors), le président d’animaux en péril et Jérôme Lescure du CRAC.

Un groupe d’antifa a soudain aperçu Nathalie Krier se baladant tranquillement dans le village associatif sans que cela ne pose de problème à quiconque. Rappelons que Nathalie Krier, membre de la Fondation Brigitte Bardot et de feu 3ème Voie (groupe fasciste crée par Serge Ayoub dont elle est proche) avait défilé l’année dernière aux côtés de Section Défense Animale, groupe de protection animale crée par 3ème Voie avec Katya Veloso et Esteban Murillo, le meurtrier de Clément Méric.

nath_animaliste_Krier_3e_voie_ayoub_fasciste
Nathalie Krier, ou Nath animaliste et le groupuscule fasciste 3eme Voie, dissous depuis. A côté d’elle, Serge Ayoub et au dessus, Esteban Murillo, le meurtrier de Clément Méric.

 

Interrogé par le journal patronal metronews, Antony Blanchard – l’homme à la casquette blanche – se justifie :

En marge d’une manifestation pour le droit des animaux qui se tenait à Paris, samedi 19 septembre, une dame est venue nous voir (la femme blonde sur la vidéo, ndlr). Elle nous a dit qu’un Rom mendiant avait un chiot drogué avec lui. J’ai constaté de moi-même que le chien n’était pas dans son état normal.

Antony Blanchard ne s’arrête pas là et poursuit la justification du vol du chiot par des propos abjects et une nouvelle fois racistes  : ” C’est un fait que les Roms droguent leurs animaux et les vendent sur le trottoir. Certains mangent des chats.

La marque de fabrique de l’extrême droite, un empilage  minable de présupposés xénophobes et de mensonges éhontés.

12036811_174968492838130_100358804927345328_n
La fasciste Nathalie Krier en compagnie du président de Cause Animale Nord, Antony Blanchard.

 

Une version des faits qui n’est pas celle que nous avons pu consigner par le biais des deux témoignages suivants:

1443047637-commentaire-emeline

Quatre jours à peine après le rapt du chiot, celui-ci était proposé par Cause Animale Nord au prix de 195€

sdf.Cause_Animale_Nord

La xénophobie de Cause Animale Nord est bien présente sur sa page facebook, on peut y rencontrer notamment ce type de montage, repris depuis 269 life, organisation réactionnaire, opposée à certaines formes de respect des communautés (homosexuelles, trans…) et dans certains cas, contre le droit à l’avortement, citant ici la bible et ravivant les guerres de religion, c’est bien évidemment l’Islam qui est directement visé ici.

269life_bible_cause_animale_nord

On retrouve en outre sur la page de Cause Animale Nord toute la crème des réactionnaires, à commencer par la Fondation Brigitte Bardot, dont les liens avec le FN ne sont plus à démontrer, Paul Watson et Sea Shepherd, MagiCjack alias Maxime Ginolin ainsi que Mr Mondialisation, pour n’en citer que quelques-uns.

ginolin_cause_animale_nord
Maxime Ginolin, sous-chanteur conspirationniste et réactionnaire proche de l’extrême droite.

 

Suite à la diffusion de la vidéo qui soulève à l’heure actuelle une vague de protestations sur la toile, une pétition en ligne a été ouverte, nous en reproduisons ici un extrait:

 

Nulle part il n’est stipulé qu’ils sont en droit d’enlever sans préavis un animal, or c’est ce qu’ils ont fait en s’attaquant violemment à un SDF pour lui prendre son animal (un chiot), le 19 septembre dans le quartier de Châtelet à Paris.

Pour justifier cet acte d’une extrême violence, ils allèguent que ce SDF est un Rom, que l’animal était drogué dans le cadre d’un trafic, qu’il n’était ni vacciné ni identifié et encore moins nourri.

En date du 23 septembre, cet animal est proposé à l’adoption, au tarif de 195€, étrange pour un animal prétendument drogué, qui n’a toujours pas été vu par un vétérinaire.

Plusieurs personnes demandent des preuves (résultats prouvant que l’animal était drogué), des explications, ils reçoivent pour seule réponse des invectives.

Nous exigeons que cet animal soit rendu à son propriétaire avec dédommagements, si il est établi que l’association a outrepassé ces droits, ce que semble largement prouver cette vidéo jointe à la présente.

 

Al’heure où l’on écrit ces lignes, le dernier communiqué de Cause Animale Nord tentait d’intimider par voie judiciaire, toute opposition ou manifestation de colère consécutive à cet acte odieux.

2015-09-24_065225

Les Enragé-e-s

 

 

 

Au secours! Les anthroposophes sont là

L’Anthroposophie avait figuré comme secte dans le rapport 2000 de la MILS (Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes en France) et dans le rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes. Bien que l’Anthroposophie ait été répertoriée comme une secte par les députés, ce classement a ensuite été annulé. La justice française y a vu la première grande bavure dans la lutte antisecte et a condamné le Président de la Commission d’enquête parlementaire. La MILS continue pourtant à prôner une grande vigilance contre ses multiples réalisations. Comme la Scientologie, l’Anthroposophie est surveillée mais cette dernière n’a pas été inquiétée.

Écolos, alternos et anti-OMC se financent à la NEF, une société coopérative de prêts liée au théoricien raciste Rudolf Steiner
1024px-Dornach_-_Goetheanum_-_Grosser_Saal1
L’intérieur du Goetheanum, le Vatican de l’anthroposophie.

 

Un article paru dans Le Vrai Papier Journal, n°1, juillet 2000

Pierre l’a mauvaise, les tripes retournées par une solide trouille : il est l’un des 17000 membres d’ATTAC, (1) association qui suscite beaucoup d’espoirs depuis sa création, en 1998. Et voici qu’elle risque d’être infiltrée, phagocytée…

Pierre raconte : « juin 1999, notre collectif local a organisé une rencontre sur le thème de l’économie solidaire. Nous avions invité un organisme de prêts alternatif, la NEF » Cette Nouvelle Économie Fraternelle représente une chance pour le monde alternatif, celle de voir enfin un jour une « banque verte », dont le fonctionnement financier serait en rupture avec les modes bancaires classiques.

Fondée en 1968, la NEF était à l’origine une simple association. Vingt ans plus tard, ayant obtenu le visa de la Commission des opérations de Bourse, elle lançait un appel public à l’épargne. Objectif : la création d’une Société financière coopérative nécessitant un capital minimum de 7,5 millions de francs. 8,2 millions furent engrangés grâce à sept cents souscripteurs.

Depuis, forte de son nouveau statut, la NEF propose des prêts à ceux qui se les voient habituellement refuser : pension de famille pratiquant la restauration macrobiotique dans les Landes, retraités menacés de saisie immobilière, chômeurs désireux de créer leur entreprise… Les taux n’excèdent pas ceux en vigueur dans le circuit traditionnel. En revanche, les épargnants ont leur mot à dire sur l’utilisation de leur épargne.

Hébergée pour l’instant par le Crédit Coopératif, la NEF espère bientôt voler de ses propres ailes. Un événement : il s’agirait là de la première création de banque en France depuis 1948. Autant dire que celle-là, de par sa spécificité, deviendrait incontournable pour les milieux alternatifs. Pierre : « Nous avons vite constaté que la NEF se référait à la doctrine ésotérique d’un certain Steiner. ATTAC étant une association laïque, nous avons voulu en savoir plus… »

Et là, en fouillant un peu, on découvre que Rudolf Steiner (1861-1925) a créé en 1913 à Berlin un mouvement de pensée baptisé Société anthroposophique.

rudolf_steiner

Premiers aperçus de sa doctrine : « Je me suis rendu récemment à Bâle, il y avait un roman nègre qui s’inscrit dans la ligne d’une infiltration progressive de la civilisation africaine dans la civilisation européenne contemporaine. (…) S’il sort encore un certain nombre de romans nègres et que nous en donnons à lire aux femmes enceintes, [cela] donnera naissance à un bon nombre d’enfants tout gris, mulâtres. » Ou encore : « Les antécédents d’un singe ressemblent aussi peu à ceux d’un poisson que les antécédents de l’esprit de Goethe à ceux d’un sauvage (2). » Le style est abominable, une bouillie informe. Mais Steiner a de hautes vues, il appelle carrément de ses vœux un nouveau système social en Europe.

« Quand nous avons découvert qui était Steiner, reprend Pierre, nous avons réagi par une mise en garde sur la liste de diffusion électronique d’ATTAC. À notre grande surprise, de nombreux membres ont pris fait et cause pour ce type qu’ils qualifiaient d’“extraordinaire ” . Ces prosélytes avaient pour la plupart été en contact avec la NEF. Nous avons alors craint que cette société soit un cheval de Troie et, qu’en fait, ce soit l’anthroposophie qui fasse son nid dans les milieux alternatifs. »

Marie, présidente départementale de l’association, confirme qu’elle a immédiatement alerté la direction d’ATTAC, mais que celle-ci « a botté en touche ». Il s’agirait d’un problème purement local et sans grande importance. ATTAC serait trop diversifiée pour être infiltrée par qui que ce soit…

Des races supérieures et des races inférieures

Or, le problème n’est pas isolé. Philippe est un bénévole du réseau Biocoop, premier distributeur français de produits biologiques avec deux cents magasins, un millier de salariés et un milliard de francs de chiffre d’affaires, soit 12 % du marché. Localement, il assure la présidence du conseil de surveillance d’une coopérative. Lui aussi est inquiet. « Suite à un partenariat signé en 1998, Biocoop assure la promotion du compte épargne nature de la NEF. C’est un placement proposé aux particuliers et destiné à financer des “ projets écologiques ”. En 1999, par échange de bons procédés, la NEF a accordé un total de 3,485 millions de francs à Biocoop. Quand j’ai tiqué à cause des fumeuses théories de Steiner, un représentant de la NEF m’a affirmé que les critiques qui circulent sont le fruit d’un complot communisto-maçonnique. »

4454

On chercherait à diaboliser l’anthroposophie ? Pas sûr. En fait de complot, ce sont des questions très simples que posent ces militants. Dans sa volonté de créer en France la « banque du développement durable et des solidarités », la NEF peut aujourd’hui compter sur la collaboration d’une large part du mouvement alternatif. Des associations comme Bâtir Humain, Éthique et Investissement ou le réseau de commerce équitable Artisans du Soleil lui ont déjà apporté leur soutien. Quelques poids lourds écolos également. Sur une brochure de la NEF figurent les logos de France Nature Environnement (FNE) et du World Wild life Fund (WWF).

Comme celle de Ron Hubbard pour les scientologues, la pensée de Steiner irrigue tout le mouvement anthroposophique actuel.

Mais qui était-il ? Un enfant pas comme les autres, né dans l’Empire austro-hongrois, affirmant jouir du don de clairvoyance. Un étudiant viennois fasciné par Goethe. Un prédicateur berlinois tourmenté par ses visions.

steiner_photo

De fait, l’omniscience de Steiner rappelle celle des « fous littéraires ». La transcription de ses 6000 conférences et quarante ouvrages couvrirait près d’un million de pages. Rien n’est épargné : religion, éducation, médecine, agriculture, politique, économie…

 

Et quand Steiner estime dans le livre L’âme des peuples que « ce n’est pas pour le plaisir des Européens que la population indienne a péri, mais parce que la population indienne devait acquérir les forces nécessaires pour l’amener à périr », la chose est pour lui parfaitement logique. C’est la théorie de l’« involution-évolution » des races. Selon elle, l’humanité évolue selon des cycles au cours desquels se succèdent sept races dont les quatre premières, inférieures, doivent disparaître pour assurer la rédemption des trois suivantes. À cette cosmogénèse, Steiner ajoute les forces du mal, qui auraient volontairement fait dérailler le système en faisant cohabiter les races

300px-Steiner_raciste
Croquis réalisé par le cerveau raciste de Steiner, séparant d’un côté les “races” qui “involuent” et de l’autre, celles qui “évoluent”.

En 1936, à Nuremberg, on retrouve l’Association des médecins anthroposophiques au sein du Groupe d’étude du Reich pour une nouvelle médecine allemande. Avant de tomber en disgrâce, certains principes anthroposophiques avaient donc séduit les nazis. Plus récemment, en 1995, le gouvernement hollandais a dû inciter les écoles Waldorf à la prudence. Appliquant une méthode pédagogique créée par Steiner, certains enseignants apprenaient aux enfants que la race noire est au stade de l’enfance, la jaune à celui de l’adolescence, seule la race blanche pouvant être considérée comme adulte.

Aux États-Unis, le groupe PLANS (Pour des écoles légales et non sectaires) a dénoncé les mêmes dérapages. En Allemagne, c’est l’AKDH, le mouvement des enfants de l’Holocauste, qui s’inquiète. En France, un rapport parlementaire – plutôt décrié – de 1999 sur Les sectes et l’argent épinglait l’anthroposophie.

Écolos et alternatifs sont sous le charme

Comment les promoteurs d’une économie fraternelle et solidaire peuvent-ils se réclamer d’une doctrine aussi nauséabonde ? Jacky Blanc, directeur général de la NEF, nous déclare d’emblée que sa société ne tient pas pour parole d’évangile l’enseignement de Steiner, qu’elle n’est en rien liée à l’anthroposophie. Ignore-t-il que la charte même de la NEF se réfère à Steiner ? Faut-il rappeler que la Société d’anthroposophie, sociétaire de la NEF à hauteur de 180 400 francs, évoque clairement celle-ci au rang de ses « réalisations sociales » ? Jacky Blanc concède que la NEF s’est bâtie grâce à des personnes en lien direct ou indirect avec Steiner. D’ailleurs, les hypothèses du philosophe lui semblent de « bonnes hypothèses ». « Pour moi, Steiner n’a jamais eu d’attitude raciste. II a essayé de comprendre l’évolution du monde et comment celle-ci a fait qu’il y a eu une différenciation en races. On ne peut pas dire qu’on est tous identiques. On peut dire qu’on est tous égaux. Avoir osé dire qu’on n’est pas tous identiques, c’est peut-être ça qu’aujourd’hui on reproche à Steiner. »

Le 12 décembre 1999, Alain Lipietz, député européen (Verts), a signé dans Le Monde un communiqué de soutien à la NEF : « Je travaille avec des gens de la NEF, je n’ai jamais rien trouvé de raciste ni de sectaire chez aucun d’eux. Ce rattachement de la NEF à la pensée de Steiner me semble donc douteux et en tout cas indémontré. L’ont-ils seulement lu ? »

Guy Hascoët, le nouveau secrétaire d’État à l’Économie solidaire, se trouble quand on expose devant lui le contenu raciste de la pensée de Steiner. « J’avoue ne pas avoir étudié le dossier comme vous… ça pose problème… S’il y a un prosélytisme raciste, il existe une loi pour le condamner. Si votre reportage met en lumière les choses, on verra bien quelles seront les réactions. »

Seule Marie-Christine Blandin, ex-présidente du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, est d’emblée réservée : « Défendons l’économie solidaire comme un secteur éthique à part entière. Chez nous, cinq ans d’effort ont abouti à la création de la Caisse Solidaire, spécialisée dans les prêts aux chômeurs et aux Très petites entreprises. » Quelle différence avec la NEF ? Pour Christian Tytgat, directeur de la caisse en question, le problème touche à la laïcité : « Une banque confessionnelle me semble inconcevable ».

Bien que la NEF soit une coopérative, les anthroposophes occupent 100 % des postes de direction, alors qu’ils ne représentent qu’un quart des sociétaires… « Aujourd’hui en Angleterre, une banque anthroposophe finance la création du premier collège technique vert ». Cette collusion n’est pas unique en Europe. Le 12 septembre 1987, à Liestal, l’assemblée des délégués du Parti écologiste suisse a adopté un texte concernant la politique culturelle et l’éducation inspiré des théories de Steiner.

C’est justement en Suisse que l’anthroposophie trouve ses bases. Nous y avons découvert comment la NEF s’inscrit concrètement dans cette curieuse philosophie qui ne laisse rien au hasard.

goetheanum

Dornach, petit village de Suisse alémanique, à une dizaine de kilomètres au sud de Bâle. Là, se dresse le Goetheanum. Entre bunker et cathédrale, le gigantesque édifice en béton armé abrite le siège de la Société anthroposophique universelle (SAU). Autour, douze bâtiments annexes aux formes baroques. La commune est ravie. Le Goetheanum, qui a placé quatre de ses représentants au conseil municipal, attire des milliers de « pèlerins ». Deux cents francs la visite, suivez le guide dans un labyrinthe mégalomaniaque. « Steiner, cet homme extraordinaire » par-ci, « Steiner, ce génie » par-là…

1024px-Goetheanum_Dornach2

Le Goetheanum est une « pompe à phynances »

Plus difficile d’en savoir plus sur la nébuleuse planétaire qui s’articule autour du Goetheanum et se décline en quarante-cinq représentations nationales. Celles-ci assurent la promotion d’une série de sous structures en apparence hétéroclites : les écoles Waldorf (650 dans le monde, dont une dizaine en France accueillant 2500 élèves environ), la Communauté des Chrétiens, diverses maisons d’édition, une kyrielle d’associations à caractère médical, pharmaceutique ou agricole. Toutes, à leur façon, appliquent les enseignements de Steiner.

À en croire le guide, ce complexe organigramme est totalement indépendant du Goetheanum. En réalité, des sommes considérables « remontent » vers la maison mère de Dornach. Chaque représentation nationale lui reverse un tiers de ses cotisations. Pour la France, cela peut représenter jusqu’à 500 000 francs par an. Peu de chose en comparaison des droits d’auteur sur les 354 ouvrages de Steiner diffusés à travers le monde et gérés par la Rudolf Steiner Verlag du Goetheanum.

Cette dernière est par ailleurs l’actionnaire majoritaire du groupe Weleda, qui commercialise les fameux « remèdes anthroposophiques » (dont Iscador, un extrait de gui censé combattre le cancer). En 1997, Weleda, avec 1100 salariés dans dix-huit pays, affichait un chiffre d’affaires de 700 millions de francs. Weleda finance notamment les « travaux scientifiques » de la Section médicale du Goetheanum. Dans le même registre, les produits de « l’agriculture anthroposophique bio-dynamique » (des engrais chargés en « force astrale ») sont gérés par l’association internationale Demeter, administrée par des anthroposophes.

Le jeu des cotisations, des copyrights ou de l’actionnariat contribue donc à alimenter les caisses de la maison mère. Sans oublier les dons.

La NEF, dans ce circuit, apparaît comme une pompe à finances, à l’instar des autres établissements ouverts en Belgique, aux Pays-Bas, ou en Angleterre. Pour engranger l’épargne de tous, il faut prêter à tous. Ainsi seulement, « l’argent qui relie les hommes » peut, à terme, profiter au Goetheanum.

Récemment, la revue L’Esprit du temps normalement réservée aux seuls adeptes, exprimait ses craintes que la NEF ne finisse par perdre son âme steinerienne. Une inquiétude aussitôt démentie par un « droit de réponse » signé Société anthroposophique universelleJean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit, responsables du conseil de surveillance de la NEF : « La charte de la NEF qui fait explicitement référence à l’œuvre de Rudolf Steiner (…) témoigne que l’élargissement et la diversification de son sociétariat n’ont pas eu pour conséquence une trahison de ses fondements (…). Dans les milieux de l’économie sociale, de l’économie alternative et solidaire, de l’agriculture durable, du logement social qui n’avaient quasiment aucun contact avec la pensée et l’œuvre de Steiner la NEF a apporté au cours des années un témoignage qui a ouvert un horizon nouveau à bien des personnes. Mais en même temps, chaque fois qu’une institution steinerienne s’est adressée à la NEF pour avoir un appui, elle a trouvé une équipe dévouée à sa cause. » Voilà qui est explicite.

hameau_des_buis_colibri_pierre_rabhi
Vitrine de l’anthroposophie, le “Hameau des Buis” de Pierre et Sophie Rabhi. En bas à droite de la photo, un cercle Steiner sur ce même hameau privatisé.

 

La NEF est plus proche de Davos que de Seattle

Tout aussi transparente est la doctrine économique de Steiner. Le parlementarisme n’y a pas sa place. Ni le syndicalisme, jugé improductif : « Qui donc travaillerait si [les] hommes devaient passer leur temps en débats sur le travail ? » Son programme rappelle beaucoup plus les conciliabules de Davos que les discours du Larzac : « Il faut soustraire toute activité économique à la tutelle de l’État (…). Dans une organisation économique à l’échelle mondiale le libre-échange offrira la meilleure garantie pour l’établissement des prix justes dans les diverses régions de la Terre. »

La NEF ne se cache pas de participer à cette vision : « C’est évidemment à cette partie de l’œuvre de Steiner que se réfère la NEF » déclare-t-elle dans un communiqué. Avec un capital approchant les 40 millions de francs, elle postule donc pour le statut de banque. La question, confirme Matignon, est actuellement en cours d’examen à la Direction du Trésor.

La « troisième gauche » continuera-t-elle à se rapprocher d’une philosophie aux antipodes de ses aspirations. Militants alternatifs et écolos ont-ils compris les enjeux ?

 

Renaud Marhic

1. Association pour une taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens.
2. Conférence de 1922 sur le thème Santé et maladie.

 

Psychologiquement, y est encouragé un surdimensionnement de l’ego dont l’effet ultérieur peut être une grande souffrance intérieure, ainsi que le décrit très bien un ancien élève américain, Roger Rawlings, sur son site WaldorfWatch. Il se produit aussi un compartimentage du psychisme : la pensée et les sentiments ne communiquent plus entre eux.

COMMENT SE FAIT-IL QU’ON TROUVE DES ANTHROPOSOPHES A LA FOIS DANS DES MOUVEMENTS ALTERNATIFS PROGRESSISTES COMME ATTAC OU LA CONFEDERATION PAYSANNE ET QUE CERTAINS SOIENT PROCHES DE PARTIS REACTIONNAIRES?

Les anthroposophes sont partisans d’une “tripartition sociale” qui se réclame de la trilogie : Liberté Egalité, Fraternité. Mais en réalité, l’Anthroposophie nie le principe fondamentale de la Révolution Française qui est le respect de l’Homme en tant que Sujet. En économie, c’est la Fraternité qui est la règle. Mais cela signifie pour Steiner tout autre chose qu’une perspective socialiste ou communiste ! Pour lui la fraternité veut dire : pas d’intervention de l’Etat, l’économie se régule d’elle-même.

La loi fondamentale de l’économie selon Steiner, c’est qu’une société est d’autant plus riche que les individus ne gardent pas les richesses pour eux-mêmes et reversent leur surplus dans le pot commun. Ce à quoi on les oblige en fait par des pressions psychologiques.

Il n’y a bien souvent pas de conventions collectives dans les écoles Steiner. Le syndicalisme, pour Steiner est une maladie sociale, tout comme l’athéisme est une maladie de l’âme. Chez les anthroposophes, il y a une indifférence à la politique, aux élections. La seule chose qui compte pour eux est de savoir ce qui va favoriser leurs institutions ou non. La vie de la société dans son ensemble ne les intéresse nullement.

 

actu-sectarisme.blogspot.fr

 

11039011_1432161847083888_4220166124609308285_n

La spécificité sectaire de l’Anthroposophie

Quelle est donc cette spécificité qui me fait craindre de voir l’Anthroposophie passer finalement entre les mailles du filet de la vigilance sectaire ? Qu’est-ce qui permettrait à cette dernière une telle démarcation factice ?

Ceux qui observent l’Anthroposophie et ses émanations, comme les écoles Steiner-Waldorf, la NEF, ou la Biodynamie n’y perçoivent nullement, dans un premier temps, de discours ouvertement délirant sur les extraterrestres, l’étoile Sirius, les Esprits de Lumière ou les voyages astraux. On n’y détectera pas non plus d’emprise permettant des détournements d’argents importants, ni des personnes ruinées pour avoir tout donné, ou encore des adeptes devenant des esclaves sexuelles d’un gourou dans le cadre d’orgies collectives. Nous ne sommes pas non plus en présence de groupes construisant des lieux de vie isolés barricadés par des murailles gardées d’hommes armés. Nul suicide collectif d’anthroposophes n’a fait ni ne fera la une des journaux.

Au contraire, l’Anthroposophie et ses émanations présentent toutes les apparences d’une respectabilité parfaite :

– Les écoles Steiner-Waldorf sont parfois sous contrat avec l’Education Nationale, et les spécialistes de certains Rectorat prennent ouvertement la parole publiquement pour vanter le bien-fondé de cette pédagogie, quand ce n’est pas un ancien Ministre de l’Education Nationale ;

– Les médecins anthroposophes ont fait des études classiques de médecine et sont souvent conventionnés ;

– On parle de la NEF sur France-Info tous les trois mois environ, au point de la qualifier de « première banque éthique de France » (le qualificatif « citoyenne » ayant déjà été pris par la Banque Postale et ne faisant pas autant recette) ;

Rudolf Steiner est présenté comme un « penseur », un « philosophe » ou un « théoricien », jamais comme un occultiste délirant ;

– L’agriculture biodynamique s’est à ce point collée à l’agriculture biologique qu’elle s’est rendue indiscernable de cette dernière, tandis que l’Association d’Agriculture Biodynamique parvient à se faire héberger dans les locaux de la Chambre d’Agriculture. Les magasins Naturalia font en septembre 2014 leur « mois biodynamique » et Télérama consacre en même temps tout un dossier pour faire la promotion de cette agriculture ;

– Les produits de la firme WELEDA sont vendus dans presque toutes les pharmacies ;

-Etc.

Toute ces caractéristiques semblent donc éloigner radicalement l’Anthroposophie et ses émanations de ce qu’on se représente habituellement comme un phénomène sectaire. Ainsi, les représentations communes que l’on se fait habituellement des sectes, jusque dans le cadre des associations qui luttent contre leurs méfaits, permettent à l’Anthroposophie d’occuper une place à part, préservée. Même dans la bouche de certains responsables, il m’est arrivé d’entendre la phrase : « Ce n’est pas vraiment une secte. »

1507983_10205317052025474_8404573654198486025_n
En photo, la princesse Constance de Polignac et son protégé/conseiller personnel Pierre Rabhi (du mouvement écolo de droite “Colibri”) sur son domaine de Kerbastic, château du XVIIe siècle transformé en hôtel de luxe s’étendant sur un parc de 170 hectares dont 2 hectares “bio” accueillant des séminaires destinés aux chefs d’entreprise.



Mais est-ce effectivement le cas ? Faut-il nécessairement réduire le phénomène sectaire à des représentations comme celles que nous avons évoquées ? N’y-a-t-il pas, en réalité, une paresse intellectuelle profonde à tenter de cerner par le biais de représentations un phénomène aussi subtil que celui des sectes, ou des dérives sectaires, là où ce serait plutôt le concept de ces dernières qui devrait guider leur appréhension ?

Penser par représentations est facile et les journalistes s’y prêtent volontiers. Avoir dans l’esprit des images comme celles de partouzes sectaires, d’embrigadement militaire, de familles ruinées, de gourou en toge et de Mandarom bariolé a certes rendu mentalement présents dans les esprits de la population française les risques de certaines dérives correspondant effectivement à ce décorum ubuesque. Mais qu’en sera-t-il pour les mouvements sectaires qui savent ne pas verser dans ce type d’extravagances, mais n’en sont pas nécessairement moins dangereux sur le long terme et sur un autre plan ?!

En effet, l’Anthroposophie ne dresse pas de murailles apparentes autour de ses constructions architecturales. Mais la coupure qu’elle opère progressivement, dans l’esprit du disciple de Steiner (et même de ceux qui ne font que fréquenter les institutions issues de l’Anthroposophie) entre le « monde extérieur » et le « milieu anthroposophique » est-il moins bien gardé qu’une place forte dotée de mitrailleuses ?

Certes, il sera impossible d’observer des grandes partouzes collectives ni de débordements pédophiles dans les locaux de la Société Anthroposophique, ou dans une école Steiner-Waldorf. Mais, dans le premier cas, la forme de séduction que les dirigeants exercent sur leurs auditeurs n’y prend-t-elle pas des formes psychiquement fortement sexualisées ? Et, dans le deuxième cas, la promiscuité douteuse entre professeurs et élèves ne s’apparente-t-elle pas à des relations « incestuelles », faute d’être systématiquement incestueuses ?

Effectivement, nul adhérent de la NEF ne se retrouvera sur la paille en six mois après avoir donné tout ses biens pour une institution issue de l’Anthroposophie. Mais ne finit-il pas par appartenir peu à peu à un circuit économique à part, à une sorte de serpent qui grossit en se mordant la queue, où tout l’argent disponible part en direction des mêmes causes et des mêmes entreprises, qui s’alimentent mutuellement ?

La spécificité sectaire de l’anthroposophie

 

Pour les membres de la Société Anthroposophique, l’exigence d’exclusivité à l’Anthroposophie est d’ordre implicite. Au niveau de leur discours, les anthroposophes vous disent souvent qu’il n’y a pas d’autre obligation pour vous que d’être un honnête homme, qu’il n’y a aucun interdits, etc. Le mot liberté est sur toute les langues anthroposophiques ! Il n’y aurait même aucun problème à être membres de la Société Anthroposophique tout en appartenant à une autre religion. Et l’on cite quelque cas d’anthroposophes bouddhistes (comme Ha Vin Tho) ou musulmans (comme Ali Gerbhi) que l’on exhibe triomphalement lors de certains congrès pour bien montrer à quel point on a l’esprit ouvert. Les anthroposophes revendiquent ainsi pour l’Anthroposophie une sorte de rang supérieur aux simples religions, de spiritualité universelle capable de les comprendre et les embrasser toutes. Dans les faits, les choses se passent autrement : par de nombreuses allusions, par des remarques, par des attitudes, par certains écrits, on vous fait comprendre qu’il n’est très bon pour vous d’aller voir ailleurs :

– Vous pratiquez le yoga ? Savez-vous que Steiner a dit que c’est dangereux pour votre corps éthérique et même pour votre corps physique ? Mieux vaut se diriger vers l’eurythmie.

– Vous avez une activité sportive ? Savez-vous que c’est contre-indiqué à celui qui aspire à la clairvoyance ? Pas la gymnastique Bothmer cependant.

– Vous vous intéressez à un autre courant spiritualiste ? Attention car ça ressemble à une secte ! (Le comble !)

– Vous êtes resté attaché à votre religion d’origine ? Avez-vous lu ce que Steiner a dit des insuffisances de ce culte dans tel cycle de conférence ? Mais si tenez absolument à conserver une pratique religieuse, il me semble que le culte de la Communauté des Chrétiens, fondée par des disciples de Rudolf Steiner, propose une approche des sacrements qui réponds mieux aux exigences de l’homme moderne.

– Vous buvez de temps en temps de l’alcool ? Bien sûr vous êtes libre, mais savez-vous que Steiner a dit dans tel cycle de conférence que cette boisson appartient aux états de conscience passés de l’humanité ?

– Vous mangez de la viande ? Si vous êtes incapable de vous en passer nous comprenons, mais cela va constituer pour vous un handicap pour avoir des perceptions spirituelles.

– Vous dansez le Rock ? Pourquoi pas, mais d’après Steiner il s’agit d’une danse basée sur des rythmes africains qui dénaturent les corps éthériques des occidentaux.

– Vous avez du plaisir à lire des livres comme la saga des Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux ? C’est parfaitement votre droit, mais ne savez-vous pas quelles forces maléfiques se cachent derrière l’écriture de tels ouvrages, que tel auteur a d’ailleurs très bien dénoncé dans le numéro d’une revue anthroposophique que je peux vous prêter. En revanche, je vous recommande Momo ou L’Histoire sans fin de Michaël Ende (qui est un auteur anthroposophe).

– Vous vous intéressez à la politique ? Moi je n’ai pas confiance en tout ces gens-là. En revanche, je trouve que Pierre Rabhi et son association « Colibri » propose une alternative pertinente conforme aux exigences du monde actuel. D’ailleurs, si ça vous intéresse, il vient faire prochainement une conférence à l’école Rudolf Steiner de Verrières-le-Buisson et c’est un fermier qui a pratiqué la méthode biodynamique ! Il est proche de nos milieux vous savez.

– Votre médecin-traitant vous a prescrit des médicaments homéopathiques sans spécifier qu’ils doivent être de la firme Weleda ? C’est embêtant pour vous car les médicaments homéopathiques ordinaires possèdent moins de forces de guérison. Il n’ont pas été « dynamisés » vous comprenez. Je vous recommande un très bon médecin anthroposophe qui exerce dans tel quartier. Quand la législation française est trop liberticide, il vous indiquera comment faire venir vous-mêmes certains médicaments directement de Suisse. Si vous êtes en dépression, il est possible qu’il vous prescrive de manger de la salade spécifiquement broyée avec une machine allemande dont le prix est de 500 Euros. Si vous n’avez pas les moyens de vous l’acheter, je pourrais vous prêter la mienne.

– Vos enfants regardent la télévision ? Je vous recommande un numéro de l’excellente revue de médecine anthroposophique qui dénonce les effets dévastateur de la télévision sur le psychisme des enfants.

– Vous allez de temps en temps au cinéma ? Je crois que Rudolf Steiner explique que cela rend nos yeux éthériques semblables à ceux des grenouilles et que c’est très mauvais pour notre karma car, lors de la rétrospective post-mortem, les moments où vous avez regardé des films constituent des sortes de trous dans la mémoire de notre existence révolue… Il faut que je retrouve le passage et je vous en ferait une photocopie !

– Etc. Rien n’est interdit, mais tout est présenté comme contre-indiqué. Vous êtes libres, mais vous vivez dans la culpabilité ou dans la crainte si vous ne suivez pas les recommandations du Maître. Ce procédé est très habile : des interdits clairement affichés engendrent des oppositions, tandis que des conseils et des mises en garde sont mieux assimilés. La Société Anthroposophique réalise donc bien les trois conditions définies par le sociologue Émile Durkheim pour être qualifiée de religion :

– l’existence d’un ensemble de croyances constituant un système solidaire ;

– l’existence de rituels ;

– l’existence d’une communauté.

Qui sont les anthroposophes? Les différents cercles du milieu anthroposophique 

 

11857775_1472635533036519_1968669070_n

Les trois modes d’adhésion à l’anthroposophie

Il y a selon moi trois aspects caractérisant l’adhésion à l’Anthroposophie :

– l’adhésion intellectuelle ;

– l’adhésion sociale ;

– l’adhésion comportementale.

*

a ) L’adhésion intellectuelle

Elle comporte plusieurs aspects :

– l’adoption de certaines idées ésotériques générales ;

– l’adhésion à certaines idées ésotériques spécifiques à Rudolf Steiner ;

– l’adhésion à certaines tournures d’esprit ;

– l’adoption d’un vocabulaire spécifique de l’Anthroposophie.

*

b) L’adhésion sociale

Elle peut comporter plusieurs aspects :

– fréquenter une des institutions issues de l’Anthroposophie : école Steiner-Waldorf, crèche d’inspiration Steiner-Waldorf, groupe d’éveil et de jeux pour les tout-petits, N.E.F., M.A.B.D., Communauté des Chrétiens, groupes d’étude de la Société Anthroposophique, centre de formation anthroposophique comme l’Institut Rudolf Steiner, ou Didascali (pédagogie), centre de formation à la peinture Hauschka, etc. ;

– suivre les conférences de la Société Anthroposophique ;

– suivre les conférenciers indépendants professant la doctrine de Rudolf Steiner ou se référant notamment à lui ;

– suivre un atelier artistique d’inspiration anthroposophique : « Eurythmie », mime, théâtre, peinture, modelage, musique, etc ;

– avoir recours aux services d’un praticien de la santé et du domaine médico-social lié à l’Anthroposophie : thérapeute, conseiller diététique, orthophoniste, infirmier, babby-sitter, nounou, etc.

*

c) L’adhésion comportementale

Elle peut comporter plusieurs aspects :

– l’adoption de pratiques méditatives spécifiques aux anthroposophes ;

– l’adoption d’habitudes alimentaires spécifiques aux anthroposophes (végétarisme ou tendance au végétarisme, consommation de produits bio Demeter) ;

– l’adoption de pratiques éducatives spécifiques aux anthroposophes;

– l’adoption de comportements hygiéniques spécifiques aux anthroposophes (consommation de produits homéopathiques de la firme Weleda, etc.) ;

– l’adoption de pratiques cultuelles spécifiques aux anthroposophes : recours aux sacrements de la Communauté des Chrétiens, recours à l’Eurythmie et à certains de ses gestes comme modes d’interventions cultuelles, recours à certains textes de Steiner comme supports de cérémonies religieuses, etc.  ;

– l’adoption de comportements vestimentaires spécifiques à l’Anthroposophie (un certain style de vêtements, de couleurs, etc) ;

– l’adoption de critères esthétiques ou de pratiques décoratives spécifiques aux anthroposophes, parfois issus d’indications données par Rudof Steiner lui-même (couleurs des murs, coupe de cheveux, etc) ;

– l’adoption de comportements sexuels spécifiques aux anthroposophes (indiqués notamment dans le livre d’Athys Floride, Ed. Novalis), ou donnés en exemple dans certains cercles fermés de l’Anthroposophie ;

– le financement, par le biais de dons ou de legs, d’institutions liées à l’Anthroposophie.

*

On peut reconnaître un anthroposophe au fait qu’il adopte un ou plusieurs de ces aspects intellectuels, sociaux ou comportementaux. Plus ceux-ci sont nombreux, plus la personne est anthroposophe.

pierrerabhi

 

A lire en complément :

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 

Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute! 

C’est quoi le fascisme? 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

Sea Shepherd, des camarades de luttes ?

PaulWatsonNov7-621x330

 

Le groupe écologiste Sea Shepherd jouit d’une sympathie certaine dans les milieux gauchisants (comme en témoigne par exemple leur invitation au festival Unies Sont Nos Cultures à tenir une table de presse au côté de la CNT, d’AL, la FA, des collectifs antifascistes rennais et quimperlois… ).

unies_sont_nos_cultures_sea_shepherd
Une promiscuité qui pique un peu les yeux, même si selon nos informations, son annonce ne s’est pas réalisée cette année, contrairement à l’année 2014 où Sea Shepherd étaient bien présents.

Ce qui séduit une partie de l’extrême gauche chez Sea Shepherd, c’est leur radicalité de façade, un mode opératoire punchy rompant avec l’image habituelle de l’écologie institutionnelle ainsi qu’une mythification de la clandestinité valant à Watson, qui a un mandat d’interpol au cul et est recherché par les polices de plusieurs pays, une certaine auréole de gloire.

438898-4bb3bf44-3307-11e4-8a4b-7e97d9b4891e
Paul Watson, dit « capitaine Watson », fondateur et dirigeant de Sea Shepherd.

 

Sea Shepherd, est ainsi connu pour ses actions d’abordage et d’éperonnage de baleiniers et thoniers. Ce n’est pas la première fois que nous attirons l’attention sur cette superficialité politique qui amène trop de camarades à juger de la pertinence à partir de la forme au détriment du fond. Or si la forme d’une action politique peut la condamner définitivement (par exemple une modalité d’action oppressive, raciste, sexiste, homophobe… ne peut être positive quels que soient son but et les revendications qu’elle promeut), elle ne peut suffire à en faire une action positive ou à définir ses auteurs comme de notre camp. C’est cette superficialité politique qui fait par exemple que de nombreux gauchistes diffusent régulièrement sur le net des images d’émeutes, de militants s’affrontant aux flics comme si cela en faisait systématiquement quelque chose de réjouissant, sans même vérifier s’il s’agit de fachos avérés voire de nazis.

paul-watson (1)

En l’occurrence, Sea Shepherd a tout ce qu’il faut pour séduire qui ne veut pas y regarder de très près ; un discours écologiste et des actions pêchues à souhait.

Des amis dérangeants.

À la mi-juin 2015 un article du site d’information réunionnais zinfos974 dénonçait la présence en masse des néonazis dans les supporters facebook de Sea Shepherd. Nous ne partageons nullement les thèses de cet article sur différents points.

C’est d’ailleurs un point récurrent concernant nos sources sur cette organisation. Face à la cécité d’une majorité d’écologistes anticapitalistes sur Sea Shepherd, bon nombre d’informations compromettantes ne sont relayées sur le net que par des groupes dont nous ne partageons pas les idées, soit des groupes anti-écolos, soit le plus souvent des pacifistes bêlants outrés par les actions coups de poing de Sea Shepherd. C’est ce qui explique l’utilisation répétée de donotlink dans tout cet article dans les différents liens qui vous seront donnés. Nous ne reprenons pour autant que des infos confirmées et vérifiables, souvent assumées par Sea Shepherd même.

Et par ailleurs l’affirmation de l’auteur anonyme comme quoi la majorité des militants les plus actifs de l’organisation sont des nazis est largement exagérée. Cependant, on trouve en effet dans ses soutiens un certain nombre de fascistes en tout genre et notamment de néonazis paganistes et, pour ce qui est de la France, de membres de la mouvance Colibri.

paul_watson_pierre_rabhi_sea_shepherd_colibri
De gauche à droite : Lamya Essemlali (porte parole de Sea Shepherd France), Pierre Rabhi, Paul Watson et Yana Rusinovich, sa femme et également militante de Sea Shepherd.

 

Le gourou Paul Watson

Si ces soutiens ont de quoi alerter, on nous rétorquera aisément qu’une organisation n’est pas comptable des gens qui la soutiennent, que Sea Shepherd peut se vanter de millions de soutiens et que parmi ceux-ci, on en trouve de toute obédience, y compris comme nous l’avons vu, d’extrême gauche.

Intéressons-nous donc plus particulièrement aux idées et aux amitiés entretenues volontairement par Sea Shepherd et ciblons donc pour commencer son chef et fondateur Paul Watson.

whalewhores5
Paul Watson financé par un des créateurs des Simpson … harponné dans South Park

 

Rien de ce qui concerne Watson ne peut être considéré comme anecdotique, tant la personnalité de celui-ci est importante au sein de cette organisation qui voue un véritable culte à son « Capitaine Watson ».

Paul_watson_réactionnaire

Cela mérite d’ailleurs de s’y attarder un petit peu. Avant de fonder la Sea Shepherd Conservation Society (SSCS) en 1977, Watson était membre de Greenpeace qu’il a quitté après un vote où l’ensemble de ses camarades partageant son navire ont voté son débarquement dans une belle unanimité. Parmi les raisons de cette éviction, on trouve comme il le dira par la suite les désaccords de Watson avec la ligne non-violente de Greenpeace, mais aussi la personnalité propre à Watson. Bob Hunter, un de ses compagnons d’alors, dit de lui :

Il semblait possédé par une volonté trop débordante, un désir trop soutenu de se mettre à l’avant ou au centre de tout, écartant tout le monde sur son passage… Il allait constamment faire le tour d’autres antennes en agissant comme un mutin. Il a créée de la division partout où il s’est rendu… Nous avons tous ressenti que nous allions être piégés dans une toile que personne ne voulait voir se développer, et une fois que ce fut le cas, il n’y avait rien d’autre à faire que d’abattre le couperet, même si cela signifiait que c’était sur le cou d’un de nos frères.

Par ailleurs, Watson, le pseudo fugitif semi-clandestin, ne peut passer quelque part sans poser au maximum, si possible au bras de sa femme Yana Rusinovich, une grande blonde mince entrant plutôt dans les canons de beauté de la société capitalo-patriarcale.

L’utilisation sexiste de l’image des femmes dans la communication de Sea Shepherd se remarque par ailleurs régulièrement.

10/23/2010 - Captain Paul Watson, Mermaid - Animal Planet & Sea Shepherd Conservation Society "Operation No Compromise" Commencement Celebration - Arrivals - Private Hollywood Hills Estate - Los Angeles, CA, USA - Keywords: Sea Shepherd, Captain Paul Watson, mermaid, short white hair, facial hair, beard, mustache Orientation: Landscape Face Count: 1 - False - Photo Credit: Charles Edwards / PR Photos - Contact (1-866-551-7827) - Landscape Face Count: 1
La beauté est une norme sociale, un concept clé du patriarcat. A travers la recherche de beauté se cachent l’apparence, la soumission, l’aliénation, la contrainte et l’argent […] Les femmes sont soumises à une pression constante qui leur demande d’adapter leur corps à des canons de beauté. La séduction par la beauté est l’un des pivots de la construction de l’identité féminine. C’est un diktat en cela qu’il se présente comme absolu, qu’il est arbitraire (conforme aux codes en vigueur) et entraîne les femmes dans la voie de la soumission et de l’aliénation par la valorisation dont il gratifie les femmes belles. C’est de plus un marché juteux, une connexion entre patriarcat et capitalisme […] C’est une aliénation qui altère la confiance en soi car elle nie et refuse l’imperfection […] elle divise les femmes, les met en concurrence pour la séduction des hommes. VANINA, “Le Mythe de la beauté”

Ainsi sur la proue de leur trimaran le « brigitte bardot » cette dernière est peinte en maillot de bain fort décolleté dans un style très sexualisé.

De même, les publications de Sea Shepherd ou de ses membres vantent régulièrement la beauté et la douceur de Yana Rusinovich ou Lamya Essemlali. En février dernier, Watson n’a d’ailleurs pas hésité à faire de son mariage un événement de communication glamour et people.

Quand il ne pose pas avec sa femme, Watson s’affiche avec des célébrités ou avec des représentants locaux de SSCS, se trouvant alors auréolés de la gloire d’avoir côtoyé leur mentor.

pamela_anderson_sea_shepherd
Pamela Anderson en combinaison Sea Shepherd, véritable élément de la communication de l’organisation.

Dans tous les cas, les photos sont abondamment diffusées sur les sites de l’organisation, les blogs personnels et les réseaux sociaux. En France, l’organisation est totalement personnifiée par son omniprésente porte-parole Lamya Essemlali qui ne risque cependant pas de faire de l’ombre à son mentor qu’elle qualifie dans plusieurs interviews de héros et dont elle ne manque jamais une occasion de rappeler quelle chanceuse elle est de le fréquenter.

fan_gi10

  • Brigitte Bardot

    En France les antifascistes critiquant Paul Watson, le font le plus souvent pour ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation.
    Paul Watson et Brigitte Bardot, c’est une histoire qui commence à dater.

    La-France-et-B.B-au-secours-de-Paul-Watson
    Paul Watson et Brigitte Bardot

    A dater de 1977, justement l’année du départ de Watson de Greenpeace, l’année où, préparant la fondation de sa propre organisation, Watson en recherche de médiatisation emmène BB sur la banquise canadienne pour dénoncer les massacres de bébés phoques dont elle parlera par la suite des trémolos dans la voix. Depuis lors, leur proximité tant affective que militante ne s’est jamais démentie. SSCS et la fondation Bardot ont ainsi mené nombre de campagnes communes comme la campagne Féroë en 2010 ou grind stop 2014. Surtout, la fondation Brigitte Bardot a en grande partie financé l’acquisition en 2011 d’un trimaran high tech, ancien détenteur du record de vitesse du tour du monde, qui sera rebaptisé en son nom.

    paul_watson_brigitte_bardot_trimaran

     

    Ce lien entre Watson et Bardot, antérieur aux engagements racistes et pro-FN de Bardot y a très bien survécu. Ceci peut s’expliquer par l’apolitisme revendiqué de Watson qui s’explique de cette amitié p 67 de son livre d’entretien avec Lamya Essemlali Entretien avec un pirate paru en 2012 en expliquant qu’il se fout de l’obédience politique des gens tant qu’ils sont « écologiquement correct ».

    Image-4
    Lamya Essemlali rejoint Sea Shepherd en 2005. Elle devient présidente de Sea Shepherd France en juin 2008.

    Mais cela s’explique surtout par les positions politiques de Watson, qui ne sauraient se résumer à ses seuls liens avec Bardot.

  •  David Foreman
    dave_foreman_paul_watson
    Dave Foreman, le compagnon idéologique raciste de Paul Watson.
    Pour comprendre le fond de la pensée politique de Paul Watson, il est indispensable de se pencher sur son mentor et sa principale source d’inspiration : David Foreman, co-fondateur de l’organisation écologiste Earth First ! (la terre d’abord).
    Comme première approche du personnage, on lira avec profit cette interview qu’il a donné au Sun en 2005 précédée d’une présentation flatteuse. On y retrouve un David Foreman revendiquant son appartenance au parti républicain et qui, bien que dénonçant une rupture entre ce parti et l’écologie, revendique « un lien historique entre réel conservatisme et écologie » (jeu de mot entre le conservatisme au sens de réactionnaire qui se dit conservatism et l’écologie qui se dit conservation dans la langue de Bush). Affirmant mettre une grande partie de son énergie dans le fait de recréer des liens entre les conservateurs du parti républicain et l’écologie, liens brisés depuis Reagan. L’écologie de Foreman est une ode patriotique à l’Amérique sauvage du far-west. Le journaliste explique qu’ « initialement Earth First n’avait rien à voir avec l’organisation contre-culturelle qu’elle est finalement devenue. Ouvertement patriotique et basée sur la mythologie des cowboys (…) ». Cette vision est totalement corroborée par Foreman qui explique avoir quitté Earth First ! En 1989 car l’organisation aurait été négativement influencée par des membres marxistes et anarchistes.
    Dave Foreman est un conservateur au sens premier du terme : pour lui, c’était toujours mieux avant. C’était mieux du temps du far-west, c’était mieux avant la révolution industrielle, c’était mieux avant la naissance de l’agriculture, c’était mieux avant le développement de l’humanité.
    Selon lui, la destruction de l’écosystème ne vient pas tant de choix politiques de société, surtout pas de la recherche effrénée de profits inhérente au système capitaliste et aux rapports de production l’ayant précédé, non, le problème vient des progrès scientifiques et technologiques (et non de leur utilisation) et de l’existence même de l’humanité, et en particulier de sa croissance numérique continue. Ainsi, Foreman considère que son principal combat aura été de lutter contre la surpopulation exponentielle de la terre. Le site climat et capitalisme dans son étude de l’ouvrage de Foreman Man Swarm and the Killing of Wildlife publié en 2011, démontre que le combat théorique de Foreman contre la surpopulation se mue dans la pratique en un combat contre l’immigration. Notant que dans les faits Foreman ne propose rien de concret comme mode de lutte contre la surpopulation (nous verrons cependant dans un plus long développement sur le néo-malthusianisme que Foreman et ses amis dont Sea Shepherd ont une piste, purement réactionnaire, dans cette lutte contre la surpopulation), ils montrent, citations à l’appui que chaque fois que Foreman parle de mesures à prendre contre la surpopulation, il s’agit de lutte contre la surpopulation aux états-unis et que cette lutte se résume dans les faits à la lutte contre l’immigration, notamment la lutte contre l’immigration pauvre.
    Bien que se défendant d’appartenir à « l’extrême-droite nativiste et anti-immigrée » Foreman appuie son argumentation sur différents groupes racistes ayant fait de la lutte contre l’immigration leur crédo : Center for Immigration Studies, Progressives for Information Reform, Californians for Population Stabilization, and NumbersUSA ! C’est en s’appuyant sur ce genre de sources que Foreman en arrive à dire :

     

    Ce que nous faisons en vérité est d’être un bassin de débordement pour les irresponsables se sur-reproduisant en Amérique centrale et au Mexique (et pour les Philippines et l’Afrique etc …). Tant que nous leur offrons ce bassin de débordement, il est moins nécessaire de baisser les taux de natalité dans ces pays …

    Ainsi, en une phrase, il arrive à la fois à expliquer que si il y a surpopulation (et donc selon lui destruction de l’écosystème) aux USA, c’est à cause des immigrants irresponsables qui se reproduisent trop, et à expliquer que si il n’y a pas de contrôle des naissances dans les pays pauvres c’est à cause du fait que les USA ne fassent pas assez la chasse à l’immigré. Si on ose dire à Foreman que ses thèses sont racistes, il fait comme tout bon facho et s’en prend « aux gangs majoritairement de gauche du super-politiquement correct ». Et si on est écolo et qu’on critique ses thèses sur l’immigration, Foreman nous accuse tout simplement de s’en foutre dans le fond de la protection de la nature :

    Si vous ne croyez pas au plafonnement de l’immigration aux États-Unis, alors vous êtes pour les États-Unis passant de 307 millions d’habitants à plus de 700 millions en 2100. Si la population américaine croît à plus de 700 millions d’habitants en seulement 90 années, nous n’aurons plus d’espoir de préserver les espaces naturels et les paysages sauvages.

    Et comme de bien entendu, jamais Foreman ne se propose de lutter contre ce qui pousse des millions de personnes à quitter leur pays, leurs terres, leurs familles (comme le capitalisme, l’impérialisme, le néo-colonialisme ou le dérèglement climatique), non sa solution de redneck républicain est toujours la même : plus de répression et de lutte contre l’immigration.

  •  Le disciple
    Le terme de disciple ne semble pas exagéré tant la filiation idéologique entre Watson et Foreman est prégnante. Les deux hommes ne sont pas de simples amis ou compagnons de luttes. Ils ont les mêmes références intellectuelles, en premier lieu Coyotes and Town Dogs de Susan Zakin mais surtout The Monkeywrench Gang de Edward Abbey.
    En 1993, la première édition de Earth Force de Paul Watson est préfacée par son ami Dave Foreman.
    51DJjMduDCL._SX345_BO1,204,203,200_
    Earthforce! Le livre de Paul Watson préfacé par son ami Dave Foreman
    Dans les années 1980 (c’est à dire quand Earth First ! était encore l’organisation patriotique et conservatrice dirigée par Dave Foreman), Watson définit la SSCS comme la marine (au sens militaire du corps de marine d’une armée puisque Watson se considère comme un soldat en guerre) de Earth First !.
    Les deux hommes ont milité ensemble au sein du Sierra Club. Fondé en 1892, le Sierra Club est une des plus anciennes et importantes organisations écologistes américaines. Apolitique, le Sierra Club penche depuis la fin des années 1990 vers un vague progressisme, ayant soutenu Obama à la présidentielle, ils ont adopté une position neutre sur les questions d’immigration. Mais dans les années 1970 et 1980, elle était dominée par les partisans de la lutte contre l’immigration, partisans parmi lesquels Watson et Foreman étaient très actifs ! Foreman et Watson ont ensemble participé aux travaux racistes de l’ultra réactionnaire sénateur Jack Metcalf (pourtant dénoncé par Foreman comme la principale influence anti-écolo à la solde du lobby industriel de Reagan). Les deux hommes ont également collaboré au livre Life on the Brink : Environmentalists confront overpopulation, recueil raciste dirigé par Philip Cafaro et Eileen Crist de textes sur la lutte contre l’immigration et la surpopulation.
    Watson y développe sa thèse malthusienne et sa « solution humaine » de n’autoriser la reproduction « qu’aux personnes pouvant prouver leur capacité à subvenir financièrement et pédagogiquement aux besoins de leur progéniture. »
    Pour se définir lui-même, Watson reprend d’ailleurs le jeu de mot de Foreman « conservative conservationnist ». Watson partage donc les positions de Foreman contre l’immigration. Dans cette interview par exemple, Watson explique qu’il faut limiter l’immigration pour stabiliser la population US parce que :
    chaque année près de 3 millions de personnes s’ajoutent à la population des États-Unis et la plupart viennent de l’immigration. En fait, tout ce que nous préconisons est que le nombre d’immigrants doit être réduit à des niveaux faibles pour obtenir une stabilisation de la population. Par le seul taux de natalité aux Etats-Unis, vous n’aurez pas une telle augmentation. L’immigration est la seule responsable.

     

    Dans cette même interview, il confirme d’ailleurs que l’immigration est pour lui une question suffisamment importante, pour être une des deux qui l’ont amené à démissionner du conseil d’administration du Sierra Club quand celui-ci a abandonné la position anti-immigration pour une position neutre.
    Watson a également entretenu des liens avec Willis Carto – suprémaciste blanc, antisémite et négationniste proche du KKK et des milieux skinheads néonazis – et s’est fait publié dans sa revue The Spotlight.

    sspotl10
    The spotlight, le magazine fasciste de son ami Willis Carto dans lequel Paul Watson s’est fait publier, faisant ici la promotion d’une manifestation négationniste.

    Nous pourrions disserter des pages sur le positionnement ultra-réac de Watson dans la lignée de celui de Foreman. Mais par, expérience, quand on donne tous ces arguments à des écolos français sensés être antifascistes, ils se contentent sans chercher à nier de dire que ça, c’est Watson, mais que les militants locaux n’ont pas pour autant les mêmes positions réactionnaires. Répondons donc rapidement à ce non-argument.

  • Et en France ? Nous l’avons vu, le principal reproche fait par les antifascistes à SSCS, sont ses liens avec Brigitte Bardot et sa fondation.
  • img17810 Or, s’il y a une section nationale de SSCS dans laquelle personne ne peut ignorer ces liens (d’ailleurs pas du tout dissimulés et au contraire vantés à longueur du net) et où personne ne peut ignorer le soutien de Bardot au FN et ses positions contre les immigrés, les arabes et les musulmans, c’est bien Sea Shepherd France. Les militants de Sea Shepherd France sont donc a minima des gens acceptant de collaborer régulièrement avec la fascisante Bardot, ce qui devrait suffire à les décrédibiliser totalement. Mais ce n’est pas tout.
    Au-delà des nombreux soutiens fascisants individuels, il y a au moins une branche de l’extrême-droite française avec laquelle Sea Shepherd France entretient des liens organisationnels : Pierre Rabhi et ses colibris.
  • rabhiroiRabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Vous verrez que sur les événements Facebook de Sea Shepherd France, de très nombreux participants revendiquent leur appartenance aux Colibris.

  • En juin 2015, Lamya Essemlali, porte-parole de Sea Shepherd France, donnait une interview au magazine Kaizen dont la devise « construire un autre monde pas à pas » comme le manifeste ne sont pas sans rappeler la prose mystico-sectaire de Rabhi et ses amis.
    11039011_1432161847083888_4220166124609308285_nUn Pierre Rabhi d’ailleurs omniprésent dans ce magazine. On ne sera donc nullement surpris de retrouver les Colibris en tête des partenaires du magazine. Dans les autres partenaires, on trouve la NEF (société coopérative de financement solidaire), banque anthroposophique fondée par des membres de la Section Sociale de l’Ecole de Science de l’Esprit. Bien que le mot, trop sulfureux, n’apparaisse jamais dans le magasine, Kaizen magazine est clairement un relais médiatique de l’anthroposophie.
  • 300px-Steiner_raciste
    Steiner, le père de l’anthroposophie, justifie ici sur ce croquis l’existence de “races” décadentes et destinées à disparaître pour servir les “races” élues. Et qui trouve-t-on comme par hasard parmi les “races” élues? Les blancs bien évidemment, qui semblent avoir un très bon karma pour Steiner à l’inverse des autres composantes de l’espèce humaine pour qui la disparition en masse, à commencer par celle des indiens, fut une forme d’épuration de “branches décadentes” de l’humanité.
  •  La promotion de l’anthroposophie est faite plus subtilement (façon de parler) via la promotion de personnes liées à l’anthroposophie comme Marleen Kaptein ou de personnes niant appartenir à l’anthroposophie mais y étant très liées comme Rabhi. Le même mois on trouve dans la presse une interview croisée de Paul Watson et Pierre Rabhi.
  • Pierre_Rabhi_Watson
    Cet entretien croisé a vraisemblablement été réalisé à l’occasion de la conférence organisée par le mouvement Colibri à Paris le 12 juin sur le thème « une histoire de violence, un rendez-vous à l’intérieur », dans le cadre de leur grande campagne “une (R)évolution intérieure”.
chouardrabhi
Etienne Chouard, tête de pont de toute l’extrême droite, invité à la conférence nationale de lancement de Colibri en janvier 2013.

 

Le vrai visage d’Etienne Chouard

  • Pour 10€, rien n’est gratuit avec ces gens là, on pouvait ainsi entendre à la même tribune Paul Watson (traduit en direct par Lamya Essemlali), Pierre Rhabi, Nancy Huston et Thomas d’Ansembourg qui se présente comme « auteur, conférencier international, formateur à la connaissance de soi et en communication NonViolente », tout un programme, la liste de ses conférences et des colloques auxquels il participe, entre coaching en développement personnel, comportementalisme et mystique zen, achève de cerner le personnage.

Pierre_rabhi_colibri_sea_shepherd_cosmique

 

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

  • La conférence en question étant modérée par Cyril Dion, membre fondateur et porte-parole du mouvement colibri et … directeur de la rédaction de Kaizen Magazine !
Une_de_Kaizen_mars_2014_colibri_Etienne_Chouard_Pierre_Rabhi
Etienne Chouard que l’on retrouve également sur le magazine anthroposophe Kaizen.
  • Les liens entre Sea Shepherd et le mouvement Colibri ne datent cependant pas de juin 2015.
    Trois mois plutôt, Watson donnait une conférence à La Rochelle dans le cadre des Journées Environnement organisées par Lea Nature.
  • A cette occasion, Watson a invité le Pdg de Lea Nature, Charles Kloboukoff sur son navire.

    Paul_watson_charles_klobloukloff_Lea_nature_Sea_shepherd
    Charles Kloboukoff, pdg anthroposophe avec Paul Watson sur son bateau.
  • Celui-ci, outre le fait d’être à la tête d’un groupe de près de 1000 salariés au Chiffre d’Affaire annuel se comptant en centaines de millions d’euros est un très proche du mouvement colibri et donc de l’anthroposophie. Il est l’un 7 membres fondateurs de la fondation Pierre Rabhi, a co-écrit un livre avec Rabhi
hameau_des_buis_colibri_pierre_rabhi
Cercle Steiner et autres enchantements circulaires au “Hameau des Buis” du clan Rabhi, en Ardèche.
  • On pourrait également noter que Paul Watson est édité par les éditions Actes Sud, maison d’édition publiant du Pierre Rabhi ainsi que d’autres ouvrages anthroposophes.

actes_sud_école_steiner

  • Un problème de fond

    Le fond du problème de Sea Shepherd n’est ni ses amitiés pourries ni les phrases chocs de son dirigeant qui ne sont que les symptômes et les conséquences du réel problème de fond, un problème éminemment politique : le néo-malthusianisme de cette organisation.

    La thèse de Malthus était que la population humaine croissant plus vite que les ressources naturelles, sauver l’humanité passait par en limiter la croissance et préconisait donc que les pauvres devaient cesser de se reproduire (mais contrairement à Watson de manière volontaire, par la chasteté).

    bêtise_théorie_malthus
    Ici le graphique expiant la grande masse du ridicule de la théorie de Malthus et de ses nombreux comparses, théorie vaseuse qui, si elle avait été validée par le réel, aurait conduit il y a déjà bien longtemps à la disparition de l’espèce humaine par manque de nourriture.

    Les thèses de Malthus ont été contredites par nombre de scientifiques et d’économistes, mais nous ne nous lancerons pas ici dans la controverse scientifique. Car l’important est que depuis, le malthusianisme a été prolongé et radicalisé par de nombreuses personnes et notamment nombre d’écologistes réactionnaires (on trouvera ici quelques citations saisissantes de personnalités engagée dans la conservation de la nature, dont ce cher Watson). Malthus avait identifié deux types d’obstacles possibles à la surpopulation exponentielle : les preventive checks (actions humaines visant à limiter la natalité de manière préventive) et les positive checks (éléments « naturels » faisant baisser la population brutalement comme les épidémies et les famines). Le courant néo-malthusien auquel appartient Sea Shepherd se propose d’influer sur les deux. D’une part en prônant un contrôle des naissances accru, y compris à l’aide de la science : avortements et contraceptions (voir stérilisation pour certains) forcés (voir l’itw de Watson citée supra). D’autre part en laissant les famines et épidémies tuer massivement. C’est ce qui a par exemple poussé David Foreman à répondre en 1987 à Bill Deval de la revue australienne Simply Living que « Le pire que l’on puisse faire en Éthiopie serait d’aider les indigents. Le mieux serait de laisser la nature trouver son propre équilibre, de laisser les gens là-bas mourir de faim », pour plusieurs années plus tard revenir partiellement sur cette déclaration à l’occasion d’un débat avec Murray Bookchin.

    Paul Watson, moins direct peut-être, ne dit cependant pas autre chose quand il conclut son interview à Reporterre par

    « Il faudrait des décisions politiques pour limiter la natalité mais cela n’arrivera pas. Encore une fois, c’est la nature qui réglera le problème.  »

    Il y a chez les écolos réactionnaires néo-malthusiens des illuminés complets qui prônent (somme toute assez logiquement) l’abandon des médicaments et de la médecine développée, de l’agriculture, de toute aide sociale et globalement de toutes les technologies et organisations sociétales permettant de faire baisser la mortalité dans nos sociétés. Mais Sea Shepherd n’en est pas, ils sont sûrement moins illuminés mais plus dégueulasses encore. Car leur néo-malthusianisme est purement de classe. Il ne doit pas s’appliquer aux riches des pays riches qu’ils enjoignent juste à plus de sobriété énergétique, à mettre un terme à la surconsommation et à l’élevage et la chasse intensifs, des préconisations somme tout très raisonnables et peu contraignantes par rapport à la contraception forcée, la famine et la maladie proposées aux pauvres et aux pays pauvres.

    Non seulement, Sea Shepherd ne s’attaque pas frontalement au capitalisme , mais au contraire, leur stratégie pour sauver la planète est basée sur un renforcement des inégalités du capitalisme. Rappelons que s’il y a des pauvres et des pays pauvres, c’est évidemment du fait de leur domination et de leur exploitation par des riches et des pays riches. Et bien Sea Shepherd et leurs amis néo-malthusiens proposent tout simplement de renforcer cette exploitation en laissant crever les pauvres, en les empêchant de se reproduire (sans jamais aborder l’idée que le taux élevé de natalité peut être lié à un taux élevé de mortalité, donc justement à leur niveau de pauvreté et d’exploitation). Et pour que ces pauvres, leur misère et leur natalité ne viennent pas gâcher la vie et l’écosystème des riches, on combine ce beau projet de société avec une lutte acharnée contre l’immigration : les pauvres doivent crever, mais chez eux !

    arnaque_frais_de_dossier_sea_shepherd
    Une bien étrange façon de procéder au recrutement puisque ce dernier se révèle… payant!

     

    Après ça, Sea Shepherd peut se targuer d’un pacte de non-discrimination pour affirmer qu’ils ne sont pas racistes. Après ça, ils ont beau jeu de se fendre de temps en temps d’une tirade contre les grandes sociétés avides de profits et les lobbys industriels et de l’élevage, tirade toujours très oiseuses et sans conséquences puisque comme Watson le dit très bien pour résumer leur impuissance sur ce registre : les riches ne veulent pas devenir pauvres ! (cf lien précédent)
    Cette vision des choses n’est pas seulement réactionnaire, elle est tout bonnement fondamentalement fascisante.

  • le mysticisme de la terre

La vision politique de Sea Shepherd est très empreinte de mysticisme.

D’ailleurs, Watson ne s’est jamais caché de ce mysticisme qui l’a poussé à s’intéresser aux amérindiens non pas en tant que peuple opprimé mais pour leur rapport à la mère nature. Il affirme même que son combat en faveur des baleines prend racine dans l’interprétation d’un de ses rêves par un chef indien à Wounded Knee (même si il est évident que le mégalo et mythomane Watson a postérieurement totalement exagéré ses engagements auprès de l’AIM que ce soit à Wounded Knee ou par la suite en soutient à Léonard Pelletier voir le texte déjà cité de Jim Craven , l’important ici est bien ce qu’il prétend et non ce qui fut). On retrouve chez nombre de membres éminents de SSCS les expressions de terre-mère (y compris la branche française) ou de mère nature et l’analyse de la situation écologique chez Sea Shepherd tient bien souvent plus de la croyance mystique que de l’analyse scientifique.Si Sea Shepherd est généralement en froid avec les grandes religions monothéistes (accusées notamment d’être natalistes étant opposées à l’avortement et la contraception et prônant la charité), leur écolo-mysticisme les a rapprochés des instances bouddhistes (probablement plus à des fins de promotion et de médiatisation que par conviction), ainsi, quand Watson se targue du soutien et des cadeaux reçus du Dalaï-Lama, Lamya Essemlali pose avec Matthieu Ricard, son principal représentant en France.

matthieu_ricard_paul_watson
De gauche à droite : Yana Rusinovich militante de SSCS et épouse de Paul Watson, Paul Watson, Matthieu Ricard principal représentant du bouddhisme en France et Lamya Essemlali.

Une écologie réactionnaire, un projet de société fascisant et un logiciel totalement mystique ne peut que rapprocher Sea Shepherd de milieux fort peu recommandables.

L’attirance pour une femme vient surtout de la pensée que son corps est pur, mais il n’y a rien de pur dans le corps d’une femme. De même qu’un vase décoré rempli d’ordures peut plaire aux idiots, de même l’ignorant, l’insensé et le mondain désirent les femmes ; la cité abjecte du corps, avec ses trous excrétant les éléments, est appelée par les stupides un objet de plaisir.

Dalaï-lama, dans son ouvrage “Comme la lumière avec la flamme”

Des propos ébouriffants de bêtise crasse et de misogynie, où les femmes sont chosifiées, comme dans toute religion.

 

dalai_lama_paul_watson
Paul Watson serrant la main du Dalaï-Lama.

Les liens entre Sea Shepherd et les colibris de Rabhi et leurs amis anthroposophes (notons au passage que l’anthroposophie utilise aussi les notions de terre-mère et de mère nature), ou le soutien affiché à Sea Shepherd par un nombre certain de paganistes nazis (appréciant en plus, le rejet des grandes religions monothéistes) ne peut ainsi plus apparaître comme un simple hasard mais comme nous le disions plus haut, ces amitiés douteuses ne sont pas la cause de l’infréquentabilité de Sea Shepherd, mais une simple conséquence de leur ligne politique totalement réactionnaire.

  • Le site écolo-confusionniste Mr Mondialisation ne s’y trompe d’ailleurs pas en relayant abondamment l’organisation. mr-mondialisation_sea_shepherd
  • Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

     

    SSCS, drôles “d’antisystèmes”

    Nous l’avons dit, non seulement Sea Shepherd refuse d’intégrer une vision de classe dans leur combat et de lier la destruction de l’écosystème au capitalisme mais ils pratiquent de fait la lutte des classes du côté de la bourgeoisie et donc des principaux destructeurs de cet écosystème. Pour autant, nombre de gauchistes ont encore une vision fantasmatique de Sea Shepherd comme ” antisystèmes “, formule très connotée politiquement en raison de ses origines fascistes.
    Un système qu’ils combattent tellement que celui-ci le lui rend bien ; remise du prix Jules Vernes par Richard Dean Anderson en 2012, qualifié de héro par son ami Hulot, il n’est pas dit que Watson connaîtra un jour plus grande consécration que quand le Time Magazine l’a sacré héros de l’écologie en 2000.
    nicolat_hulot_paul_watson
    Lamya Essemlali, Paul Watson, Yana Rusinovich et Nicolas Hulot

    Le plus intéressant est de regarder ce que Sea Shepherd disent d’eux-même, loin de prétendre combattre le système, ils disent vouloir en faire respecter le Droit, puisant leur légitimité dans une charte des nations unies.

    Dans leur présentation, Sea Shepherd dit vouloir « faire respecter les règles internationales concernant la conservation de la nature » et ajoute « Sea Shepherd coopère avec toutes les instances juridiques internationales. Pour faire respecter les droits, nous agissons en conformité avec les pratiques légales communément admises. Sea Shepherd adhère aux principes de non-violence lors de ses actions visant à protéger les océans. ».

    C’est en pleine cohérence avec cette logique cogestionnaire que Sea Shepherd France a participé à la Conférence Environnementale organisée par le gouvernement français en septembre 2012 au sein du rassemblement pour la planète, soutenu par 4 anciens ministres et une sénatrice, qu’ils ont pleuré de ne pas avoir été invité en 2013 et que Watson affirme qu’il restera en France pour la version 2015 (COP 21) dont il espère que l’Europe prendra le rôle de meneur et la France le leadership, alors même que toutes les organisations écologistes conséquentes, sans forcément être anticapitalistes, se préparent à manifester contre cette même mascarade de COP 21, sachant ne rien devoir attendre de nos dirigeants (on retrouve par ailleurs souvent cette tendance chez SSCS, comme à la fondation Brigitte Bardot à opposer les bons pays (l’Europe, à l’exception de la Norvège et du Danemark, et notamment la France) aux méchants pays (Chine, Australie, Japon, Canada, USA…), une tendance qui peut les rapprocher du campisme qu’on retrouve et dans la gauche dite radicale française (autour du Front de Gauche) et chez les fachos type Colibris.) Sea Shepherd prétend n’avoir un budget annuel que de 21 millions d’euros, ce qui paraît bien peu pour une organisation possédant une flotte de 8 navires amiraux (dont la plupart sont du haut de gamme high tech, deux d’entre-eux ont battu des records de vitesse du tour du monde) qui naviguent quasiment en permanence, « beaucoup d’autres petits bateaux et scooters des mers » , des hélicoptères, des drones, deux sièges permanents, qui est présent dans des dizaines de pays…
    Mais quelque soit le chiffre exact, même 21 millions ça fait une grosse somme quand on dit ne recevoir ses fonds que de dons de particuliers et d’entreprises et d’un autre côté une bien faible somme qui explique le fait que Sea Shepherd n’a quasiment pas de frais de communication contrairement aux autres organisations comparables (une grosse part de leur communication se fait d’ailleurs avec brio gratuitement sur le web). La conséquence de cette double contrainte budgétaire (un budget à la fois gros et trop petit), c’est que Sea Shepherd est en permanence en recherche de riches financiers et de médiatisation. Deux quêtes les amenant à frayer autant que faire se peut avec le gratin mondial.
    Ils ne manquent donc jamais une occasion de se vanter de leurs nombreux soutiens très anti-système comme Pierce Brosnan, Martin Sheen, Richard Dean Anderson, Sean Penn, Christian Bale, Pharrel Williams, Mick Jagger, Pamela Anderson, Aidan Quinn, William Shatner, Edward Norton, Orlando Bloom, Uma Thurman
    shanon_doherty_paul_watson
    Paul Watson ici avec Shannen Doherty
    En France, c’est un peu plus difficile et ils doivent le plus souvent se contenter de vieilles gloires un peu has-been comme Brigitte Bardot, Nicolas Hulot, Jacques Perrin ou Pierre Richard, tant pis ils n’hésitent pas à faire avec.
    Pierre_richard_paul_watson
    Pierre Richard, Lamya Essemlali, Yana Rusinovich et Paul Watson
    Ça c’est surtout pour la médiatisation, mais la flotte de Sea Shepherd est également en grande partie financée par de riches donateurs.
    Ainsi, c’est le don de 5 millions de dollars de la vedette TV américaine Bob Barker qui a permis de financer l’achat de l’ancien baleinier portant son nom ainsi que d’un hélicoptère. Un don à six zéros de Sam Simon (multi-millionnaire co-créateur des Simpson) a également permis d’acheter un navire de 56 mètres de long portant maintenant son nom. De même l’Ady Gil, petite merveille futuriste capable d’aller à 50 nœuds (coulée en 2010 par un navire japonais) tenait son nom de la société Ady Gil, un magnat de l’éclairage hollywoodien qui a donné 1 million de dollars à Sea Shepherd, sans oublier le financement reçu de la fondation Brigitte Bardot
    Pour ses campagnes, Sea Shepherd s’associe à des multinationales comme G-Star et Bionic Yarn ou la très philantropique firme Adidas…

    pharel10

    C’est évidemment leur droit d’être des légalistes non-violents souhaitant collaborer avec les instances internationales, proches du star-système et des milieux d’affaires, misant sur les individus plus que sur le collectif mais il serait bon que les gauchistes de pacotille respectent ce droit en arrêtant de vouloir en faire des partisans de l’action directe, anti-système, etc…

    Ce dernier chapitre ne fait pas de Sea Shepherd des fachos, mais renforce par contre l’analyse d’une organisation se dotant de moyens bien peu en adéquation avec leur but de préservation de l’écosystème.
    Le capitalisme est inséparable de la surproduction, il est inséparable des logiques de rentabilité immédiate dans un but de plus-value flash, il est inséparable de la logique de compétition contraire à toute planification écologique. Bref le capitalisme est inséparable de la destruction de l’écosystème et la préservation de l’écosystème est inséparable de la destruction du capitalisme. Alors évidemment, tout étant une question de choix tactique, on peut être d’accord avec cette dernière affirmation et quand même choisir de militer dans un « cadre large » dans une organisation ne se posant pas clairement comme anticapitaliste. Mais à condition encore que celle-ci ne soit pas un pur produit du capitalisme dont elle reprend toute la logique, y compris dans ce qu’il a de plus abject.
    Surtout, rien au delà des divergences idéologiques au sein de notre camp, ne peut justifier de militer avec des fachos au sein d’une organisation fondamentalement fascisante.

paul-watson-40-

Conclusion Il reste un argument que ne manqueront pas de nous opposer ceux qui tiennent malgré tout à travailler avec des groupes locaux. On nous dira que certes, Sea Shepherd est dirigée par des néo-malthusiens racistes et réactionnaires, que certes Sea Shepherd est cul et chemise avec l’élite du système et s’associe avec les pires racailles fascisantes. Certes, mais. Certes mais il y aurait au sein de Sea Shepherd des militants ni racistes, ni réactionnaires, ni néo-malthusiens, des militants vraiment écolos et sincères qui travailleraient avec Bardot et Rabhi a l’insu de leur plein gré…

Pourquoi pas, beati pauperes spiritu. Mais quand bien même, à quel moment cela justifierait-il de soutenir ou travailler avec leur organisation ? Cette idée n’est pas sans rappeler l’argument souvent apporté d’une base de sympathisants du FN où il y aurait des gens ni racistes, ni homophobes, ni sexistes, ni libéraux… des espèces de brebis égarées tombées dans le piège démagogique du discours sur les petites gens. Et bien dans ce cas là, personne n’ose quand même encore proposer de soutenir ou de s’allier avec les sections locales du FN ? Il n’existe alors que deux solutions, ne s’excluant pas forcément : faire preuve de pédagogie pour leur expliquer que leur organisation est une merde puante raciste ou rentrer dans le tas et comme disait Nizan « Tuez-les tous, le prolétariat reconnaîtra les siens » !
Par cet article, nous appliquons à Sea Shepherd la première solution, mais nous savons marcher sur nos deux jambes.

 

Failfaf & Les Enragé-e-s

 

 

A lire en complément :

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 

Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute! 

C’est quoi le fascisme? 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

Les sites conspirationnistes? Des pièges à cons!

Difficile d’y échapper sur internet, des milliers de sites et documents conspirationnistes encombrent les résultats des moteurs de recherche et nos écrans, une vraie pollution.

Les thèmes de prédilection? Difficile de les évoquer tous mais on retrouvera des thèmes récurrents et pour certains d’entre-eux, obsessionnels:

11 septembre, Nouvel Ordre Mondial [1], Illuminati, Bilderberg, Trilatérale, complot judéo-maçonnique, spiritualisme, développement personnel, ufologie, voyance, écologie mystique, (R)évolution de potager, anthroposophie, chemtrails, charlatanisme, satanisme, New Age, biodynamie, survivalisme, mouvements sectaires, etc,…

Le point commun de tous ces thèmes en apparence très différents, c’est l’obscurantisme.

Tous ces sites sont reliés, comme des milliers de petites églises, directement ou de façon plus insidieuse, à une idéologie de droite radicale et d’extrême droite.

La formule ” Nouvel Ordre Mondial ” est une façon de faire passer pour nouvelle une mécanique qui est constitutive du capitalisme.

Le capitalisme d’aujourd’hui n’est pas radicalement différent de celui qui animait le début du siècle dernier, bien au contraire.

Les grandes crises qu’il produit, constituées par l’emballement de l’accumulation du Capital, n’ont rien de “nouveau”.
Ces grandes crises sont parfaitement comprises et expliquées depuis longtemps.
Une telle grande crise s’est produite juste avant la première guerre mondiale. Destruction et barbarie qui n’ont résorbé qu’un temps les contradictions produites par le capitalisme. Cette même crise qui s’est reconstituée à l’entre-deux guerres et qui a produit une nouvelle abomination, la seconde guerre mondiale.

Le “Nouvel Ordre Mondial” n’existe pas, le capitalisme, oui.

La sphère conspirationniste ne se contente pas d’imposer des mythes, elle impose également des mots, et ces mots sont porteurs d’une idéologie, celle de la droite radicale et obscurantiste.

L’obscurantisme, qu’il soit religieux ou pas, a toujours été un instrument de domination.

L’obscurantisme est une attitude de négation du savoir.
L’obscurantisme refuse de reconnaître pour vraies des choses démontrées.

C’est bien la contre-révolution catholique qui lance la première cette réécriture mystifiée du réel en tentant d’attribuer au processus complexe de la Révolution française le résultat d’une action présupposée souterraine de ” forces occultes “, de groupes culturels et philosophiques existant ou ayant existé – comme la franc-maçonnerie ou les illuminés de Bavière  – et d’une magie résultant de la toute puissance d’une secte! Délire plutôt cocasse de la part d’une Église et plus particulièrement d’un abbé, en l’occurrence Augustin Barruel.

Il faut se souvenir que le courant des Lumières a permis de remettre en question radicalement l’influence du divin sur le pouvoir et sur notre rapport au savoir.
Cette pensée est née au sein de courants philosophiques, dans des cercles de réflexion, dont la franc-maçonnerie a fait partie, avec d’autres.

Le Clergé n’a jamais accepté sa défaite morale à l’occasion de la Révolution française.

Voilà pourquoi l’extrême droite, descendante directe de la contre-révolution catholique, focalise tant sur la franc-maçonnerie.

Voilà pourquoi toutes les extrêmes droites conspirationnistes de la planète n’ont fait que ressortir de façon quasi identique dans sa forme comme dans son fond, la théorie loufoque sur les “Illuminati “.

La première théorie du complot “moderne” provient de sphères religieuses réfutant l’apport du courant des Lumières et qui ont toujours voulu abattre la République.

Cette réécriture religieuse du réel a besoin d’imposer des mythologies qui vont recourir à de multiples subterfuges irrationnels masqués par une approche en apparence scientifique.

Le but est bien évidemment de clouer sur place, de priver de toute compréhension du monde, de toute émancipation, gage de la perpétuation de l’ordre économique, à l’époque les rentes de l’aristocratie et du Clergé.

A partir du moment où la contre-révolution catholique parvient à imposer l’idée que tout est déjà écrit et décidé par un petit groupe secret tirant les ficelles dans l’ombre et dont les traits culturels seraient identiques, tout est mis en place pour fracturer la population afin qu’une partie d’entre elle ne se soumette et finisse par se ranger dans le camp des dominants.

Grâce aux croyances, grâce aux obscurantismes, qu’ils soient religieux ou pas, on coupe chez la population toute velléité révolutionnaire, on la conduit à accepter son triste sort, on la conduit à se battre contre des moulins à vent ou encore aux côtés de ses maîtres.

A partir du moment où le mot ” Illuminati ” s’impose, il est possible de lui substituer tout bouc-émissaire, qu’il se nomme franc-maçon sous la Révolution, qu’il se nomme juif sous les tsars et sous Hitler, qu’il se nomme musulman, “élites corrompues”, chômeur, pauvre, Rom, étranger, fonctionnaire européen, cette IDÉOLOGIE DE REJET sert avant tout les dominants en offrant des leurres, des coupables idéaux qui sont autant de diversions et d’appels à la résignation.

En lieu et place d’offrir une analyse de compréhension des conditions matérielles d’existence du monde, la sphère conspirationniste prétend nous instruire en nous plongeant la tête dans le sable.

Pour ces sphères conspirationnistes, ce n’est pas le capitalisme en soi qui pose problème, c’est le fait qu’il serait ” dirigé ” selon elles, par des gens ” corrompus.

Il serait ainsi possible de ” moraliser ” un système d’organisation de la production confiscatoire et par essence inégalitaire.

Moraliser un système amoral?

On retrouve là une vision ultra conservatrice et verticale de la société, une vision qui n’est pas seulement l’apanage des extrêmes droites, mais que l’on retrouve de Bayrou à Sarkozy, qui eux aussi entendent “moraliser” le capitalisme.

Droites et extrêmes droites sont les descendantes lointaines pour les premières, directes pour les secondes, de la contre-révolution catholique.

Une force politique qui alla s’assoir à la droite du roi au but de lui conserver son droit de veto, de conserver en place les privilèges.

Toutes les droites sont les descendantes directes ou lointaines de la contre-révolution catholique.

C’est ainsi que la droite, jusqu’à la mise en place du suffrage universel masculin à la suite du vol de la Révolution de 1848, est toujours monarchiste.
Elle le sera quasiment jusqu’à la fin du 19e et sera contrainte par l’Histoire d’embrasser un républicanisme d’apparat.

Voilà pourquoi tant de passerelles existent entre toutes les droites, qui se battent toutes pour les intérêts des classes possédantes.

Et la ” gauche ” de gouvernement? Elle prétend se battre aux côtés des galériens mais en réalité, tout ce qu’on a obtenu, on ne l’a toujours dû qu’à nous-mêmes. La ” gauche ” participe à maintenir l’illusion démocratique. Une illusion au service d’un État qui lui-même est au service d’une bourgeoisie et du capitalisme.

La bourgeoisie possède en effet un État, des lois, des normes comptables et fiscales faites sur mesure pour elle ainsi que de nombreux leviers dans la production culturelle, intellectuelle et de procédures civiques pour assurer à la fois la perpétuation de sa position sociale et une réécriture du réel favorable à son idéologie.

Elle possède les radios, les télés, presque tous les journaux, les instituts de sondages, la publicité dans le but d’imposer une idéologie favorable à ses intérêts.

Et ces millions de pages, mystiques, de droite radicale, conspirationnistes et fascistes, prétendant dénoncer des médias appartenant aux droites libérales patronales, entendent avant tout nous faire rester dans la même famille politique ; la droite, dans le même système économique, le capitalisme.

Ces droites radicales répondant à leurs cousines des droites libérales sont en réalité bien décidées à tout faire pour nous soyons incapables de comprendre le monde, comprendre ce système barbare qu’est le capitalisme et nous priver de notre capacité à nous émanciper collectivement.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

[1] La formule ” Nouvel Ordre Mondial ” provient de la théorie conspirationniste de l’auteur d’extrême droite Eustace Mullins, théoricien antisémite, révisionniste et négationniste.

 

A lire en complément:

Fascisme et conspirationnisme

 

C’est quoi le fascisme?

Au travers de ce recueil non exhaustif de textes et de travail de lutte antifasciste, nous espérons vous dévoiler ici des analyses précises et accessibles pour tenter de comprendre ce qu’est le fascisme et intégrer la multiplicité idéologique des extrêmes droites. 

Nous avons voulu cet article le plus utile possible afin que toutE un chacunE puisse venir y puiser des argumentaires et des publications ciblés, que vous découvrirez en cliquant sur les liens en rouge.

Le fascisme propose à ses troupes un « anticapitalisme » petit-bourgeois bien différent de l’anticapitalisme socialiste.

Une « mystique » ne suffit pas, ne nourrit pas. Les individus composant les troupes fascistes ne sont pas tous également fanatisés. Et même les plus fanatisés n’en oublient pas pour autant leurs intérêts matériels. Le souci de ces intérêts continue à les aiguillonner. Pour les conquérir, puis les tenir en haleine, le fascisme doit aussi leur présenter une solution pratique aux mots dont ils souffrent.

Bien qu’au service et à la solde du capitalisme, il doit – et c’est ce qui le différencie profondément des partis bourgeois traditionnels – afficher un anticapitalisme démagogique.
Mais cet anticapitalisme, si l'on y regarde de plus près, est très différent de l'anticapitalisme socialiste. Il est essentiellement petit-bourgeois.
Le fascisme fait ainsi d’une pierre deux coups: d’une part, il flatte les classes moyennes en se faisant l’interprète fidèle de leurs aspirations rétrogrades; d’autre part, il jette en pâture aux masses ouvrières – et tout particulièrement à ces catégories de travailleurs qui manquent de conscience de classe – un anticapitalisme utopique et inoffensif et il les détourne ainsi du véritable socialisme.

 

Daniel Guérin

 

soral_crs
Le fasciste Alain Bonnet de Soral, ex-Front National, fils de notaire et mondain-potiche de plateau de télé déclassé, n’hésite pas à se revendiquer “national-socialiste”.

 

La secte d’Alain Soral, internet et l’argent

 

892201
Marine Le Pen valsant aux côtés de nostalgiques autrichiens d’Hitler et du IIIe Reich.

Chronologie historique du Front National

Le régime fasciste voit son tour arriver lorsque les moyens "normaux", militaires et policiers de la dictature bourgeoise, avec leur couverture parlementaire, ne suffisent pas pour maintenir la société en équilibre.
Soral_Marine_Le_Pen
Marine Le Pen (1) en compagnie de Alain Soral (2) et David Rachline (3), sur la droite on distingue aussi Marc George (4) et Steeve Briois (5)

Quand Marine Le Pen copinait avec Alain Soral et Marc George

A travers les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la petite bourgeoisie enragée, les bandes des lumpen-prolétaires déclassés et démoralisés, tous ces innombrables êtres humains que le capital financier a lui-même plongés dans la rage et le désespoir. La bourgeoisie exige du fascisme un travail achevé : puisqu’elle a admis les méthodes de la guerre civile, elle veut avoir le calme pour de longues années. Et les agents du fascisme utilisant la petite bourgeoisie comme bélier et détruisant tous les obstacles sur leur chemin, mèneront leur travail à bonne fin. La victoire du fascisme aboutit à ce que le capital financier saisit directement dans ses tenailles d’acier tous les organes et institutions de domination, de direction et d’éducation : l’appareil d’Etat avec l’armée, les municipalités, les universités, les écoles, la presse, les organisations syndicales, les coopératives. La fascisation de l’Etat n’implique pas seulement la “mussolinisation” des formes et des méthodes de gouvernement – dans ce domaine les changements jouent en fin de compte un rôle secondaire – mais avant tout et surtout, l’écrasement des organisations ouvrières : il faut réduire le prolétariat à un état d’apathie complète et créer un réseau d’institutions pénétrant profondément dans les masses, pour faire obstacle à toute cristallisation indépendante du prolétariat. C’est précisément en cela que réside l’essence du régime fasciste.

Léon Trotsky

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen

Les amitiés frontistes de Roland Dumas

h-20-2430703-1299779108
Marine Le Pen aux côtés de l’ancien Waffen SS, Franz Schönhuber

 

La bourgeoisie peut compter sur le fascisme pour dénouer l’imbroglio de tensions que créent dans nos vies les effets des multiples contradictions générées par l’actuelle crise du capitalisme à l’échelle mondiale, où la tentation d’une reprise en main énergique par l’État est forte et où la mystique de l’homme providentiel fonctionne à plein.

Oui, la tentation du fascisme (un régime fort interclassiste et unitariste, collaborationniste, qui préserve l'essentiel tout en changeant le superflu) est très forte en Europe. A certains endroits, elle est sans doute réalisable, et même déjà en voie de réalisation.

Plus les contradictions internes à la bourgeoisie vont s’aiguiser, plus les effets de ces contradictions vont se faire ressentir dans nos conditions de vie, de travail, d’existence… Et plus cette tentation sera forte dans le prolétariat.
Ce que l’on s’astreint à désigner par ” la gauche ” ou ” vraie gauche ” ou ” gauche radicale ” souffre toujours des mêmes maux que ceux dont elle souffrait dans les années 30: l’économisme, notamment dans l’analyse du stade impérialiste du capitalisme, l’absence de ligne de classe et l’abandon progressif de l’internationalisme prolétarien.

 Le fascisme n'arrive pas comme un éclair dans un ciel serein. 

C’est un régime politique, une forme d’exception de l’État bourgeois, qui est l’aboutissement d’un processus, et ce sont toujours les gouvernements bourgeois ” démocratiques ” qui commencent par prendre des mesures réactionnaires afin de tenter notamment de résoudre les contradictions que crée la crise (de croissance) du Capital.

C’est un phénomène réversible jusqu’au moment où il devient irréversible.

Et quand le fascisme est au pouvoir, dans un premier temps il est ambigu, complexe, protéiforme, il est encore marqué par sa naissance anticapitaliste romantique.

Dans sa phase de stabilisation, quand une hégémonie s’est dessinée, le fascisme se détache de cette ambiguïté des débuts et acquiert son caractère de classe réel. D’une certaine manière, le processus de fascisation correspond à une crise idéologique aiguë de la petite bourgeoisie et de ses formations politiques traditionnelles, jumelée à une période d’intenses contradictions au sein du bloc capitaliste.

Le fascisme est toujours une solution de l’État bourgeois pour tenter de se sauver soi-même.

 

Les Enragé-e-s

426707_170906313075949_973997690_n
On ne discute pas avec le fascisme, on le combat. Cette phrase, assez absolue de prime abord, n’est pas une simple formule et ne part pas de nulle part. Elle part de l’expérience de presque un siècle de lutte contre le fascisme. Parce que le fascisme, c’est un corpus d’idées mais surtout un mécanisme, un mouvement qui ne fait pas de cadeau et n’est pas particulièrement respectueux de règles. Il n’y a rien de bon à prendre chez les fascistes et rien à leur donner (si ce n’est des baffes). Historiquement, tous ceux qui ont cherché la discussion et la conciliation avec les fascistes ont soit fini fascistes soit été liquidés par leurs nouveaux compagnons de route. On ne débat pas avec l’extrême-droite pour des raisons politiques et pratiques.

 

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat.

 Les confusionnistes qui favorisent la montée du fascisme en Europe
vignette-sectes-politiques
Alain Soral, François Asselineau, Etienne Chouard.

Alain Soral ou Petite sociologie des bas-de-plafond qui jouent la réconciliation.

asselineau_pasqua_tiberi
François Asselineau, à la tête du micro-parti d’extrême droite nationaliste UPR, est un ancien proche de Charles Pasqua, Jean Tibéri (le maire fraudeur parisien), Nicolas Sarkozy ainsi que de Philippe de Villiers.

François Asselineau

Etienne_Chouard_Alain_Soral

Le vrai visage d’Etienne Chouard

chouard2
Quelques-uns des nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite. [cliquer sur la photo pour zoomer]
En dépit du fait que le fascisme fait démagogiquement des promesses de réabsorption du chômage et de reprise des affaires, il sait parfaitement bien que la machine économique ne va pas de nouveau se mettre en marche.

Il ne cherche pas sérieusement, soit à ramener à la vie le consommateur disparu, ni à stimuler l’investissement arrêté par la longue interruption de l’entrée de l’épargne privée dans la production. D’autres sont libres de croire aux utopies s’ils le souhaitent, mais le fascisme, lui, sait ce qu’il veut et ce qu’il peut en faire. Il essaie simplement d’enrayer, par des moyens artificiels, la chute des bénéfices du capitalisme privé, qui est devenu parasitaire. Malgré sa démagogie verbeuse, il n’a pas beaucoup de projets ni de modèles ; il vit à la petite semaine et n’aspire à rien d’autre qu’à maintenir en vie – par le biais de réductions de salaires, par des commandes et des subventions d’Etat, par la saisie de petites économies, et par l’autarcie – une poignée de monopoles et de grands propriétaires terriens. Et afin de prolonger le règne de ces derniers (mais en limitant leur liberté et sans assurance de retrouver leurs revenus d’avant la dépression), il n’hésite pas à accélérer la ruine de toutes les autres couches de la population – les salariés, les consommateurs, les épargnants, les salariés agricoles, les artisans, les petits industriels et même les consommateurs des biens.

Daniel Guérin, “Fascisme et grand capital”, 1936

 

225698_160228594143721_1013042142_n

Le fascisme n’est pas réductible à une ” simple ” dictature militaire, ni à un nationalisme ou à un bonapartisme et correspond donc bien à une modification beaucoup plus profonde du régime démocratique bourgeois, caractérisée par son profond caractère de classe et ses  ” processions ” populaires, qui le portent au pouvoir.

Et c’est aussi parce que la gauche souffre de ces mêmes maux qu’elle est une partie du problème dans la constitution du fascisme. Mais voilà, si elle est affligée de ces terribles faiblesses, c’est bien parce que le ver est déjà dans le fruit et que les organisations de la classe ouvrière sont déjà ” asphyxiées ” en leur sein même par ces dérives idéologiques. Parce qu’elles mêmes sont traversées par la lutte de classe.
Et souvent même, en réalité, le processus de fascisation commence sournoisement au sein même des organisations (dites) de la classe ouvrière. Soit parce qu’elles sont bureaucratisées à l’extrême, soit parce qu’elles ont subi une érosion idéologique qui en fait des moulins ouverts à tous les vents, y compris les plus mauvais.

 

Les Enragé-e-s

1457644_226616247504955_271192940_n

Tout l’art du fascisme consiste à se dire anticapitaliste sans s’attaquer sérieusement au capitalisme.

Il s’emploie tout d’abord à transmuer l’anticapitalisme des masses en nationalisme. De tout temps, on l’a vu, l’hostilité des classes moyennes à l’égard du grand capitalisme va de pair avec un attachement tenace à l’idée de nation. En Italie et en Allemagne, tout particulièrement, les masses sont prédisposées à croire que l’ennemi est moins leur propre capitalisme que le capitalisme étranger. Aussi le fascisme n’a-t-il pas de peine à préserver ses bailleurs de fonds de la colère populaire: il détourne l’anticapitalisme des masses vers la « ploutocratie internationale ».

Serait-il possible de transmuer l'anticapitalisme des masses en quelque chose d'autre? Le juif sera pour le fascisme – là où les circonstances s'y prêteront – un second bouc-émissaire.

Si le fascisme excite surtout les masses populaires contre la « ploutocratie internationale » et contre les juifs, il lui est impossible – sous peine de se démasquer – d’éviter de s’en prendre à des organisations de la bourgeoisie nationale. Mais ses déclamations contre celle-ci, si on les regarde de plus près, n’ont rien de socialiste. Les classes moyennes détestent la bourgeoisie d’une tout autre façon que la classe ouvrière. Elles ne souhaitent pas sa disparition en tant que classe. Bien au contraire, elles voudraient à leur tour devenir bourgeoises. Le fascisme, lorsqu’il s’affirme antibourgeois, lorsqu’il dénonce la « dégénérescence » de la bourgeoisie, n’entend nullement s’attaquer à l’ordre social existant. Il veut, au contraire, rajeunir cet ordre par un apport de sang frais, de sang plébéien. Il flatte ainsi les classes moyennes tout en détournant les masses de la lutte des classes, du socialisme prolétarien.

 

Daniel Guérin

chatillon-dieudonne-et-faurisson
Frédéric Chatillon (FN), Dieudonné et le négationniste Faurisson.

 

Ces couches sociales de la petite et moyenne bourgeoisie, auxquelles il faut ajouter l’aristocratie ouvrière qui, constituée sur la base d’une situation privilégiée par rapport à la masse prolétarienne, partage la même mentalité et la même attitude réactionnaire que la petite-bourgeoisie, sont vouées à osciller perpétuellement entre la grande bourgeoisie et le prolétariat, dans la mesure où leurs intérêts apparaissent à tel ou tel moment plus menacés par l’une ou par l’autre. Historiquement elles sont les partisans les plus enthousiastes de la démocratie – ce cadre politique et social qui, selon l’idéologie bourgeoise, permettrait à chaque individu, à chaque entreprise, d’agir librement, confiant aux lois du marché son sort et à l’Etat – soi-disant au dessus des classes – la défense des libertés individuelles et de la propriété privée.

frigide_barjot_basile_de_koch
Virginie Tellenne, connue sous le nom de Frigide Barjot, fille d’un ami personnel de Jean-Marie Le Pen, épouse de Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, frère de Karl Zéro, qui suvit Bruno Mégret dans sa tentative de création d’un mouvement dissident du Front National, est une fervente admiratrice de Benoît XVI, qu ‘elle a soutenu dans ses combats les plus réactionnaires.

 

Ces couches sociales sont nombreuses; elles forment effectivement une masse considérable – paysanne dans les pays capitalistes moins développés, urbaine dans les autres – et rêvent de constituer la majorité, tout en adorant l’idée de la conscience individuelle qui, selon eux, détermine le bien ou le mal, la paix ou la guerre, le bien-être ou la misère.

Elles ont absorbé toutes les illusions bourgeoises sur la liberté, l’égalité, la fraternité, en y ajoutant une bonne dose de superstitions et de fatalisme: elles croient volontiers à l’existence, après la vie physique, d’un au-delà où toutes les injustices terrestres sont réparées et tous les sacrifices récompensés.

 

Ce n’est pas un hasard si la petite-bourgeoisie, historiquement ballottée entre les classes opposées et dont les membres vivent concrètement dans la concurrence de tous contre tous, représente un terrain fertile pour tous les préjugés et toutes les superstitions: tout ce qui arrive ou peut arriver est le résultat de la volonté d’un être supérieur – un destin inflexible, un dieu, un chef génial, une madone démocratique.

isly_06
L’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet dans le 5e arrondissement de Paris est le bastion du catholicisme traditionaliste.

 Le scandale de l’école privée et de l’école fasciste hors contrat

Au cours de la longue période qui a vu l’émergence et la victoire de la classe bourgeoise face à l’aristocratie et au clergé, des couches aristocratiques dégénérées – au sens économique et social – ont représenté une réaction particulièrement tenace à la nouvelle société et au nouveau mode de production anti-féodal. Similairement, pendant toute la période historique où le prolétariat tend à s’affirmer comme la classe porteuse de l’émancipation et du progrès pour toute l’humanité, les couches petites-bourgeoises représentent une réaction spécifique (et la masse réactionnaire mobilisable) contre le mouvement prolétarien.

img20410
Michel Chevalet, journaliste scientifique passé par le journal La Croix, Sciences et Avenir, RMC, tf1 et NT1 en train de vérifier le principe d’Archimède avec Jean-Marie Le Pen

L’invariance de l’opportunisme est l’expression politique des diverses couches qui composent la petite bourgeoisie et consiste en ce rôle social et politique conservateur, contre-révolutionnaire. Pour jouer ce rôle, pour tenter de «peser» dans la société, la petite bourgeoisie ne peut se baser que sur ses propres conditions matérielles, liées à la petite production, à la petite propriété dont elle défend les intérêts et les limites et d’où découlent les positions politiques immédiatistes, autonomistes, réactionnaires et racistes qui la caractérisent.

0arton15354-12c8c
Alain Bonnet de Soral ici déguisé en gendarme dégradé de canapé.

Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

La petite-bourgeoisie a d’autre part son identité historique au sein de la société capitaliste, qui découle de son rôle contre-révolutionnaire spécifique. Le marxisme enseigne que la petite-bourgeoisie ne peut avoir une potentialité de classe historique, indépendante des autres classes – alors que prolétariat et bourgeoisie, les classes aux deux pôles de la société contemporaine, ont cette potentialité car elles sont porteuses chacune d’un mode de production particulier: le communisme et le capitalisme.

 Les couches sociales qui composent ce qu’on appelle la petite-bourgeoisie, sont en réalité des demi-classes, non porteuses d’un mode de production spécifique, non porteuses d’une révolution et d’une société spécifique.

Elles sont irréductiblement attachées et dépendantes de la société bourgeoise basée sur le profit, sur l’extorsion de la plus-value.

Marine_Le_Pen_PMELa proximité de beaucoup des couches petites bourgeoises avec le prolétariat leur permet de transmettre à celui-ci leurs positions, leurs illusions, leurs superstitions, leurs craintes et leurs ambitions. Cette oeuvre d’intoxication du prolétariat s’est révélée très précieuse et même parfois cruciale, pour la conservation sociale et la défense des intérêts bourgeois. Il serait impossible à la grande bourgeoisie de réaliser directement cette intoxication, de la diffuser avec autant de force au sein des masses prolétariennes: le fossé de classe est trop évident. Il n’en est pas de même avec la petite-bourgeoisie qu’en période de prospérité certains prolétaires peuvent espérer rejoindre: l’antagonisme de classe est beaucoup moins clair et il est souvent pris pour une différence individuelle et non sociale.

jean_marie_le_pen_alain_soral
Jean-Marie Le Pen et Alain Soral

 Les différentes branches de l’extrême droite

 

Les néo-fascistes

Les nationalistes

Les identitaires

Capture-du-2014-10-25-185347
Le fasciste Serge Ayoub, fondateur de IIIe voie et des JNR, filmé par Egalité&Réconciliation, la pompe à fric d’Alain Soral.

Boneheads, survivalisme et convergences antisémites

serge_ayoub.bfmtv
Serge Ayoub que l’on retrouve régulièrement sur des chaînes de télévision patronales comme ici sur BFMTV.
Dieudonné_Serge_Ayoub
Dieudonné et Serge Ayoub

 Ayoub, le retour, vers une troisième voie… de garage

La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, d’une crise structurelle, qui, comme dans les années 1929-1933, peut coïncider avec une crise économique classique de surproduction, mais qui dépasse largement une telle oscillation de la conjoncture. Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « naturelle » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

Ernest Mandel
dieudonné-meyssan-collon
Dieudonné, Thierry Meyssan et Michel Collon

 

– Dieudonné est passé du côté de la mort

– Thierry Meyssan ou comment un obscur petit bourgeois est devenu une star internationale au service des pires régimes autoritaires

– Michel Collon, un militant de la confusion

revolution-monétaire
Etienne Chouard sur la webtv d’extrême droite ” Le Cercle des Volontaires ” et le site conspirationniste ” 4e singe”

 

Un ex-lieutenant de Chouard balance tout

 

Etienne_Chouard_Yvan_Blot
Etienne Chouard rencontre Yvan Blot (RPR, GRECE, Club de l’Horloge, FN…) en le présentant comme un spécialiste des semi-démocraties… recommandant chaudement la visite de son site Internet et sur sa page facebook, l’achat de son livre.

 

Rencontre avec Yvan Blot (ex FN) 

 

1280x720-Y1s
Le néofasciste Vincent Lapierre sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Tête pensante discrète d’Egalité et réconcilitation (E&R), l’universitaire Vincent Lapierre, spécialiste du Venezuela et chaviste convaincu

maxresdefault
Eric Fiorile, gourou fantomatique du mouvement sectaire de la démosophie.

Démosophie et mouvement du 14 juillet 2015 : le business d’une secte

Jean_Bricmont
Jean Bricmont sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Jean Bricmont invité par Egalité&Réconciliation

L’opportunisme est le mode de manifestation sur tous les plans, y compris philosophiques, religieux et comportementaux, des couches sociales qui ont démontré historiquement leur impuissance, tant par rapport à la classe dominant que par rapport au prolétariat.

Des couches sociales qui sont en permanence terrorisées par la menace de perdre leurs privilèges et de tomber dans le prolétariat, voire dans le lumpen-prolétariat et qui sont effrayées par la perspective, qui est pourtant leur grande ambition, de rejoindre les rangs de la grande bourgeoisie; des couches sociales qui aspirent à arrêter l’histoire, c’est-à-dire à rendre éternelle la situation qui permet leur survie sans problèmes, sans risques, sans secousses violentes, guerres et affrontements sociaux dont elles ne peuvent que redouter les conséquences; où à faire revenir en arrière le char de l’histoire dès qu’apparaît le mouvement révolutionnaire prolétarien dans lequel elles voient, avec raison, la menace de la disparition totale et définitive de leurs avantages particuliers.

 

famille-pen-788337-jpg_525597
La famille Le Pen pose devant le château familial de Saint-Cloud.

 

Dans les conditions du capitalisme industriel monopoliste contemporain, une aussi forte centralisation du pouvoir d’État, qui implique de plus la destruction de la plus grande partie des con- quêtes du mouvement ouvrier contemporain est pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital.

Une dictature militaire ou un État purement policier – ne dispose pas de moyens suffisants pour atomiser, décourager et démoraliser, durant une longue période, une classe sociale consciente, riche de plusieurs millions d’individus, et pour prévenir ainsi toute poussée de la lutte des classes la plus élémentaire, poussée que le seul jeu des lois du marché déclenche périodiquement.

Pour cela, il faut un mouvement de masse qui mobilise un grand nombre d’individus.

Seul un tel mouvement peut décimer et démoraliser la frange la plus consciente du prolétariat par une terreur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, et, après la prise du pouvoir, laisser le prolétariat non seulement atomisé à la suite de la destruction totale de ses organisations de masse, mais aussi découragé et résigné.

Ce mouvement de masse peut, par ses propres méthodes adaptées aux exigences de la psychologie des masses, arriver non seulement à ce qu’un appareil gigantesque de gardiens d’immeubles, de policiers, de cellules du parti dans les entreprises  et de simples mouchards, soumette les salariés conscients politiquement à une surveillance permanente, mais aussi à ce que la partie la moins consciente des ouvriers et, surtout, des employés soit influencée idéologiquement et partiellement réintégrée dans une collaboration de classes effective.

 

Ernest Mandel

le-pen-7gw6x
Jean-Marie Le Pen décoré par le général Massu.

Torturés par Le Pen ” par Hamid Bousselham (24 février 1957)

HamidBousselhamJournalTorturesParLePen-03d31Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des semaines. Le suspect était d’abord accueilli par les paras, Le Pen en tête, à coups de pied et de poing jusqu’à l’abrutissement complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action quelconque : s’il protestait de son innocence, on lui administrait alors le supplice des électrodes.

Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la victime, lui liait pieds et poings, l’aspergeait d’eau et lui bandait les yeux. C’est alors qu’il lui administrait plusieurs décharges électriques.

Si le “patient” arrivait à supporter le choc et persistait dans ses dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour varier ses “réjouissances”, Le Pen plaçait sur les oreilles de “l’inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu’à ce que la chair fût complètement brûlée.

Puis l’on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore à ce stade leur innocence, le supplice de l’eau, qu’on leur faisait ingurgiter de force avec un tuyau… Parfois le corps du “suspect” était tailladé de coups de couteau.

Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances par jour. Dans l’intervalle des interrogations, les “inculpés” étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60 m à 1,70 m environ.

En 1957, Le Pen député à Paris… tortionnaire à Alger

5421341568152

Le fascisme contre la concentration industrielle

Le fascisme, pourtant, ne peut éviter, sous peine de se démasquer, de mettre en cause le capitalisme industriel lui-même. Mais ici encore son anticapitalisme reste bien en deçà du socialisme prolétarien.
Les classes moyennes, contrairement à la classe ouvrière, ne se soucient pas de détruire le moteur essentiel du capitalisme: l’exploitation de la force de travail, le vol de la plus-value. A travers tout le 19e siècle, et jusqu’à aujourd’hui, les idéologues petits bourgeois se bornent à déclamer contre la concurrence, contre la concentration industrielle, à demander aux pouvoirs publics de rendre moins nocifs les grands monopoles (cartels et trusts).
En reprenant à son compte ces aspirations rétrogrades, le fascisme flatte les classes moyennes et, en même temps, il détourne les masses ouvrières du socialisme prolétarien.

Daniel Guérin

13412_974540925904555_1105701241509262009_n
Kevin Reche et Marine Le Pen

 Saluts nazis pendant le discours de Kevin Reche

Le fascisme n’est pas une forme politique univoque avec des traits communs à 100% à toutes ses composantes.

Chez les fascistes, il y a des gens pour qui la question de la nationalité ou de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance ethnique…par exemple, est secondaire. Mais elle est en fait tellement secondaire que des attaques et des répressions fondées sur ces critères ne les émeut pas, ne les soulève pas d’horreur ni d’effroi. Donc ils laissent complaisamment faire les mouvements ou groupuscules pour lesquels en revanche, la question de la nationalité est un enjeu politique. Certains sont ” contre le capitalisme financier ” (sic) d’autres sont au contraire nostalgiques d’une forme d’aristocratie qu’ils retrouvent dans le grand capital… Certains courants sont très attachés à la religion, d’autres sont farouchement athéistes ou laics… Mais finalement le dénominateur commun, c’est que dans le vortex fascistoïde des débuts, on essaie de ne pas trop se marcher sur les pieds. On fait des compromis pour l’union, voire, pour l’unité. On se modère un peu, on ferme les yeux sur certains “désaccords”… On se retrouve presque immanquablement contre les communistes, les anarchistes et les émigrants. On le voit bien dans le fascisme italien, tous les courants n’étaient pas d’accord sur tout et Mussolini a du imposer son hégémonie dans ce maelstrom. Les amis d’hier sont devenus les ennemis du lendemain… Nier ce stade de formation du fascisme, protéiforme en termes idéologiques, c’est s’exposer à ne rien y comprendre. Ne pas comprendre comment il va prendre de l’ampleur. S’étendre.
il faut choisir: soit on se bat pour l’hégémonie dans le mouvement mais pour ça faut déjà savoir où on habite, soit on ” accompagne ” et là on se retrouve à accompagner quoi?
Alors évidemment la fausse bonne idée, c’est de se dire ” alors on se met du cote de l’État et des socialistes” du côté de ” l’ordre républicain “.

Et bien non. On s’organise, on se regroupe. On fait bloc. Sans tomber dans ces travers, remèdes presque aussi pires que le mal. Parce qu’il va falloir se battre sur les deux fronts, dans la contradiction, pour la dénouer, sans sombrer dans un ni-ni stérile. Il va falloir avoir cette force de lutter contre tous les visages du même ennemi en même temps pour imposer dans les consciences une autre solution, un autre horizon.

Tout ceci ne fait que commencer.

 

Les Enragé-e-s

url88
Marine Le Pen et Alain Bonnet de Soral ici en pleine lutte ” anti-système “.

 

« Ce soir ou jamais » une émission prétendument « transgressive » plébiscitée par l’extrême droite pour son « courage »

 

phoda879bc2-a27c-11e2-b279-5b8cebaf6336-805x453
40ème anniversaire du Front national. On y aperçoit au centre, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen entourée de membres de groupes radicaux d’extrême droite comme le leader du GUD Edouard Klein (accroupi sur la droite) ou encore une figure du mouvement bonehead Baptiste Coquelle (au centre de l’image et portant un casque SS sur l’image en médaillon)

 

Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique.
Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire.

 

Le rôle de Marine Le Pen aujourd’hui est d’adapter davantage le profil du parti aux exigences du contexte actuel. Quitte à bousculer les vieilles antiennes du FN – sans néanmoins les abandonner – pour mettre l’accent sur des thèmes davantage dans l’air du temps : se référer à l’héritage gaulliste plus qu’à la collaboration, stigmatiser le musulman davantage que le juif, exalter une laïcité conquérante ou afficher une tolérance envers la loi Veil en passant quelque peu sous silence les revendications catholiques intégristes, transformer l’ultra-libéralisme des années 80 en protectionnisme défenseur des salariés nationaux et des services publics, etc.

lepen-reagan
Jean-Marie Le Pen et Ronald Reagan à l’époque où la PME Le Pen était néolibérale.
 Un tel mouvement de masse ne peut surgir qu’au sein de la troisième classe de la société, la petite bourgeoisie, qui, dans la société capitaliste, existe à côté du prolétariat et de la bourgeoisie. Quand la petite bourgeoisie est touchée si durement par la crise structurelle du capitalisme, qu’elle sombre dans le désespoir (inflation, faillite des petits entrepreneurs, chômage massif des diplômés, des techniciens et des employés supérieurs, etc.), c’est alors qu’au moins dans une partie de cette classe, surgit un mouvement typiquement petit bourgeois, mélange de réminiscences idéologiques et de ressentiment psychologique, qui allie à un nationalisme extrême et à une démagogie anticapitaliste, violente en paroles du moins, une profonde hostilité à l’égard du mouvement ouvrier organisé.

Ernest Mandel

Ces nouvelles références peuvent même devenir une base doctrinale plus adéquate pour les nouveaux militants.

 

Mais ce ravalement de façade ne supprime pas le fascisme, ça le dissimule.

img21010
Michel Poniatowski (UDF) et ses idées xénophobes, ministre de l’Intérieur de Giscard, a été toujours favorable à un rapprochement ouvert de la droite avec l’extrême droite.
5901367597392
Le parti des “petits et des sans-grade” Ets Père et fille.

 

img17810
Brigitte Bardot et Jean-Marie Le Pen

La Fondation Bardot ouvertement d’extrême droite

ob_187eee_brigitte-bardot-et-paul-watson-a-la-g
Brigitte Bardot et Paul Watson, le réactionnaire aventuriste de la SS (Sea Shepherd).

 

Fascisme et protection animale

agducr10
Nathalie Krier, le CRAC, Serge Ayoub et Esteban Morillo, le meurtrier de Clément Méric.

 

paul-watson-captain-fouder-sea_shepherd
Paul Watson, l’énergumène nationaliste et anti-immigrationniste

 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

Marine-Le-Pen_pics_809

Le fascisme est bien plus qu’une idéologie raciste. Son but fondamental est de détruire les organisations de la classe ouvrière, la démocratie, et d’installer une dictature. Comme je l’ai évoqué, Hitler usa habilement des canaux démocratiques et de la liberté d’expression qui lui fut accordée pour parvenir au pouvoir. Or, loin de s’attaquer seulement aux juifs et au mouvement ouvrier, les nazis interdirent tous les partis politiques et journaux qui refusèrent de se soumettre. Les camps de concentration furent remplis d’ardents défenseurs de la liberté d’expression.

Refuser la liberté d’expression aux fascistes, c’est refuser de laisser le moindre espace à ceux qui veulent liquider la liberté d’expression et les droits démocratiques conquis au cours des siècles.

Néanmoins, nous ne pouvons nous appuyer sur les institutions pour y parvenir.

 

Nantes 1er novembre: l’extrême droite complice de la police

 

L’Etat est incapable de contrer la stratégie légaliste des fascistes, en premier lieu parce que la classe dirigeante qui le contrôle, l’utilise pour combattre les classes populaires qui lui inspirent une peur bien plus grande.

Aussi, plus le mouvement ouvrier d’un côté et le mouvement fasciste de l’autre gagnent en audience, plus la tentation est grande pour la classe dirigeante de laisser un espace au second pour affaiblir le premier. Seul un mouvement de masse construit par en bas avec les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière comme fer de lance est capable de faire reculer le fascisme.

Le fascisme est un mouvement dynamique qui doit être compris dans son processus de développement.

Si le FN met aujourd’hui davantage l’accent sur son activité électorale que sur l’activisme contre les immigrés et le mouvement ouvrier, c’est que cela constitue la tactique la mieux adaptée pour acquérir une audience dans une situation où la capacité de la classe dominante à diriger la société commence seulement à vaciller.

 Il nous faut donc identifier l’endroit où réside dans la situation présente la possibilité de construction d’un parti fasciste de masse. 

Dire que le FN n’est pas un parti fasciste en ne considérant que son étape actuelle de développement, c’est croire que la situation politique et sociale ne peut que rester stable.

Or, la crise du capitalisme n’est plus seulement une possibilité évoquée par une poignée d’irréductibles révolutionnaires.

Elle commence à façonner la réalité de façon de plus en plus palpable, accentuant l’instabilité sociale et politique tout comme les confrontations de masse. 

Si le fascisme du 21e siècle ne revêtira évidemment pas les habits du passé, la vieille alternative entre socialisme ou barbarie n’en n’est pas moins remise à l’ordre du jour.

quefaire.lautre.net

Chouard_ER
Egalité&Réconciliation avec Etienne Chouard

 

Piero_San_Giogio_jean_marie_Le_Pen
Jean-Marie Le Pen et Piero San Giogio, le survivaliste d’Egalité&Réconciliation.
Piero_San_Giogio_Alain_Soral
Alain Soral et Piero San Giogio
Piero_San_Giogio_Etienne_Chouard
Piero San Giogio et Etienne Chouard

 Paranoïa et fantasmes apocalyptiques de l’extrême droite

Le fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société. Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes où vivent encore aujourd’hui, à côté du XX° siècle, le X° et le XII° siècles.
Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations. Le pape à Rome prêche à la radio sur le miracle de la transmutation de l’eau en vin. Les étoiles de cinéma se font dire la bonne aventure. Les aviateurs qui dirigent de merveilleuses mécaniques, créées par le génie de l’homme, portent des amulettes sous leur combinaison.
Quelles réserves inépuisables d’obscurantisme, d’ignorance et de barbarie !
Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau.
Tout ce qu’un développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de l’organisme national, sous la forme d’excréments de la culture, est maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non digérée. Telle est la physiologie du national-socialisme.

 

Léon Trotsky

gougetinfolibre1
Corinne Gouget sur la webtv d’extrême droite Agence Info Libre

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

 

chouard.sigaut
Etienne Chouard en compagnie de la contre-révolutionnaire catholique d’extrême droite Marion Sigaut

 

Pour éviter de retrouver dans les TL de nos camarades de gauche des contenus en provenance de sites douteux, conspirationnistes, confusionnistes ou puants (sexistes, homophobes / LGBT-phobes, nationalistes / patriotes / chauvins etc.), pour couper court aux sempiternels « mais je ne savais pas », il apparaît utile de publier cette liste non exhaustive des sites, blogs, médias, comptes facebook et twitter animés par des conspirationnistes, des faux-nez d’extrême droite ou bien de sympathisants de tendances moisies en tous genres.
Cette liste a été le fruit de plusieurs mois de recherche par des militants dévoués. Elle se veut être un outil pour préserver nos luttes de ces dérives.
C’est une version largement mise à jour qui est proposée ici.

Liste non exhaustive des sites conspirationnistes et confusionnistes [ VERSION 2015 ]

 Tout d’abord, le grand capital ne songe pas encore à pousser le fascisme à la conquête du pouvoir.

Il ne se sert des bandes fascistes à sa solde qu’en tant que milice anti-ouvrière. Au lendemain de la guerre 1914-1918, le patronat a dû, pour éviter une véritable révolution sociale, faire à la classe ouvrière des concessions importantes. Décidé à reprendre un jour ces concessions, il a l’idée, résolument novatrice, de confier à des bandes armées et militarisées, spécialisées dans la lutte anti-ouvrière, le soin de harceler le prolétariat organisé et d’affaiblir sa résistance. Les grands propriétaires fonciers se joignent à eux.

La trahison de la social-démocratie d’une part, le manque d’éducation et la trahison révolutionnaire des masses d’autre part, abrègent l’expérience ; et, rapidement, la république des « conseils » doit céder le pas à une république bourgeoise démocratique. Mais au sein de cette république, les ouvriers et les paysans conquièrent des avantages politiques et économiques importants : extension du suffrage universel aux deux sexes, journée de huit heures, généralisation des contrats collectifs, assurance-chômage, « conseils d’entreprise » élus, etc. (…)

Pendant quelques jours, les magnats de l’industrie lourde ont senti passer le frisson de l’expropriation.
Mais ils se ressaisissent vite et la peur éprouvée ne fait que décupler leur volonté de revanche. Les concessions qu’ils ont dû faire à la classe ouvrière, pour éviter une véritable révolution sociale, ils sont bien décidés à les reprendre un jour.

Daniel Guérin

1014466_10203509214990678_7161116029919342702_n
Maxime et propagande pétainiste

 

Elle n’aime pas ça, la terre, la liberté

 

93652205_o
Affiche de propagande vichyste, 1942

Savez-vous d’où vient l’expression ” Egalité des chances “?

L’écologie, un thème de gauche ?

A l’heure où l’extrême droite fasciste opère un retour inquiétant et passe à l’offensive dans tous les milieux et sur tous les fronts, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considération répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claires en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existé.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

Les premières théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd, qui prône l’amour de la nature combiné au nationalisme, puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retour à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie

2014-11-07_reporterre_chouard-672x372-672x372
Promotion d’Etienne Chouard assurée par le site Reporterre.

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

 

chouardrabhi
Etienne Chouard et Pierre Rabhi à la conférence nationale de lancement de Colibri.
Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!
MrMoptimistRab
La page d’extrême droite confusionnisme Mr Mondialisation et Pierre Rabhi.

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

Etienne_Chouard_entretiens_colibri
Le mouvement de droite radicale Colibris produit du contenu avec Etienne Chouard

 Virus, colibris, grenouilles… Les petits animaux perdus de ” l’engagement citoyenniste “

 

Etienne_Chouard_Bordeaux_colibri
Conférence d’Etienne Chouard à l’invitation de Colibri.

 

Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

10176272_289774304522482_2363208114011085052_n

Pour en finir avec la supercherie Rabhi

2015-02-11_gabriel_rabhi_négationnisme1
Gabriel Rabhi relaie un site national-socialiste et négationniste animé par Vincent Reynouard.
Gabriel Rabhi publie de la propagande négationniste
Vincent_Raynouard_négationniste_extrême_droite
Le négationniste Vincent Reynouard invité par la webtv d’extrême droite MetaTv.
Une_de_Kaizen_mars_2014_colibri_Etienne_Chouard_Pierre_Rabhi
Etienne Chouard que l’on retrouvé également sur Kaizen, le magazine anthroposophe proche de Colibri et de Pierre Rabhi.

 

On mesure l’expansion du conspirationnisme quand des personnalités prennent le risque de faire état publiquement de leur proximité avec ces thèses. C’est le cas de l’humoriste Bigard, de l’actrice Marion Cotillard, du cinéaste Mathieu Kassovitz, des rappeurs Rockin’Squat et Keny Arkana… ainsi que de Jean-Marie Le Pen et même de l’ex-ministre Christine Boutin.

 

Dossier conspirationnisme : Que répondre à un ami en train de basculer ?

Depuis  le XVIIIe siècle, les théories du complot ont envahi l’imaginaire de la droite réactionnaire et, plus généralement, des « penseurs » contre-révolutionnaires.

Elles apparaissent d’ailleurs en même temps que ces derniers. Contemporaines également de l’avènement de la société capitaliste et de la révolution française, elles sont l’une des formes  par lesquelles certains vont affirmer leur refus de ces deux phénomènes. Elles leur sont donc intimement liées. Elles trouveront ensuite un  terrain d’expression dans la théorisation de l’antisémitisme moderne à la fin du XIXe siècle et feront le lit du fascisme au XXe..

Théories-du-complot-Illuminatissatan-baphomet-franc-maçonsLe conspirationnisme voit le jour après la Révolution Française dans les  milieux religieux et/ou contre révolutionnaires. L’exemple le plus illustre de ces théories étant celui de l’abbé Augustin Barruel et de  ses « Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme » qui accuse les « Illuminés de Bavière »  (les fameux Illuminatis) d’être à l’origine de la Révolution Française.

augustin_barruel

 Un complot vieux comme le capitalisme

1425748_272351399598106_274363304_nAyez confiance en vos semblables

 

Nombreux sont ceux qui font aujourd’hui cette amère expérience après avoir écrit un article qui pointe objectivement l’appartenance de tel ou tel mouvement conspirationniste à la sphère fasciste, qui recense toutes les preuves montrant que tel militant fréquente des néo-nazis ou des membres du Front National. La démonstration n’a jamais l’effet attendu : l’ex-camarade devenu conspirationniste n’est pas horrifié par ces révélations, il ne subit aucun choc particulier, il ne se remet en cause sur rien. Au contraire, c’est généralement à ce moment-là qu’il rompt définitivement les liens avec son ancien camp et décide que l’ennemi est désormais l’antifasciste. C’est à ce moment qu’il assume totalement d’être ce qu’il est devenu depuis longtemps, un militant du fascisme.

chouard-et-notre-crc3a9tin-facho-con-national-laurent-louis
Laurent Louis, le député belge antisémite d’extrême droite aux côtés d’Etienne Chouard.

Les sectes politiques et leurs gourous: Soral, Asselineau et Chouard

Laurent_Louis_Dieudonné
Laurent Louis et Dieudonné.

Quand Laurent Louis et Dieudonné bidonnent leurs compteurs de vues Youtube

Si l’on associe souvent fascisme et crise capitaliste, peut-être reste-t-on trop dans l’économisme, dans le constat des difficultés quotidiennes de la majorité de la population, qui les amène à choisir le camp fasciste.

Mais il faut comprendre qu'un licenciement n'est pas juste la perte d'un salaire, que l'impossibilité de construire une carrière, d'acheter une maison à crédit ou autre, n'est pas seulement une frustration matérielle, qu'elle entraîne une crise du sens de la vie, tout simplement.

De même au sein du mouvement ouvrier organisé et de la gauche progressiste qui regroupe aussi des membres de la couche moyenne, la crise se matérialise par une offensive bourgeoise qui ne détruit pas seulement les droits sociaux acquis lors de périodes antérieures du combat de classe. La bourgeoisie s’attaque frontalement au mouvement, qui pour une grande part avait pris l’habitude d’une certaine reconnaissance sociale de sa part, notamment dans ses couches supérieures.

Le militant syndicaliste, habitué à être écouté à défaut d’être entendu n’est plus rien, le militant droit de l’hommiste ou réformiste , qui était considéré comme « représentant » d’une partie de la société est raillé et décrédibilisé comme ringard , décalé et inutile face aux « nouveaux enjeux de société ».

La crise capitaliste est aussi ce moment où la bourgeoisie décide qu’accorder aux prolétaires l’illusion d’être des individus maîtres de leur destin est quelque chose qui coûte trop cher. Ce moment où chacun est ramené à la réalité brutale des rapports sociaux qui permettent la perpétuation du système, ou l’égalité entre les humains est au mieux une fiction fragile.

La conscience de classe qui en découle est d’abord une conscience négative, par conséquent, elle n’amène pas automatiquement la naissance d’une démarche de révolte positive.

Il n’y pas de fierté prolétaire en soi, et lorsque la bourgeoisie nous ramène brutalement à la réalité de la condition d’exploité, le premier réflexe est certes la haine de l’exploiteur, mais aussi la haine de soi, mais aussi l’envie d’appartenir à la classe qui a un statut social enviable.

La joie du combat avec les autres exploités, le sentiment merveilleux d’estime de soi et des autres qui naît dans la lutte ou l’on apprend la solidarité, ou la construction collective fait éclore de nouvelles structures sociales fondées sur des valeurs positives est quelque chose qui doit être éprouvé pour devenir réel à nos yeux.

Mais cela nécessite un premier pas, celui de l’entrée en lutte et des conditions extérieures, la proximité d’une lutte.

Entrer en lutte, c'est toujours mettre en jeu le peu qu'on a à perdre, une stabilité de plus en plus illusoire et temporaire de la vie quotidienne.

Pour toutes ces raisons, une partie des prolétaires ne franchit pas le pas, et reste bloquée au stade de la haine, haine du système perçu comme injuste, mais aussi haine de soi, et sentiment d’avoir raté sa vie.

Une autre partie se retrouve dans les structures du mouvement social, de la gauche ou de l’extrême gauche constituée : mais celle-ci, dans la période de crise du capitalisme actuel se retrouve dans un état de faiblesse extrême.

Ce modèle n’existe plus, mais la gauche fait comme si et subit donc défaite sur défaite. L’ambiance dans ces structures est donc tout aussi déprimante que celle de la société en général.

Face à l’impuissance, la théorie conspirationniste offre le fantasme de la puissance : quelles que soient ses variantes, elle offre l’apparence de la révolte réussie, sans pour autant nécessiter une remise en cause de soi.

Toutes les théories du complot offrent sur un plateau, à la fois un ennemi surpuissant et vague qui permettra de justifier tous les échecs, et dans le même temps des « représentants » de l’ennemi facilement attaquables parce qu’ils appartiennent à des minorités déjà dominées dans le système capitaliste.

http://luftmenschen.over-blog.com/

les_enrages_illuminati
On vous donne la soluce, en fait c’était tout bête, les illuminati étaient planqués dans les coquillettes.

 La théorie du complot (complotisme ou conspirationnisme) est une grille de lecture de l’histoire qui a pour fondement la croyance qu’un petit groupe d’individus dirige en secret le monde par le biais de diverses manipulations (magique, scientifique, économique, médiatique).

La théorie du complot se sert de tous les éléments possibles (réels et imaginaires) distants dans le temps et l’espace pour donner une cohérence à son récit. On peut la considérer comme une volonté d’expliquer la Providence ou le destin avec des moyens scientifiques. Un plan mystérieux est dévoilé par un discours rationaliste.

 Le fait de vouloir prouver une conviction en reprenant des arguments scientifiques rend les théories du complot attractives pour certains croyants, cela explique la prégnance des thèmes religieux et ésotériques dans les œuvres conspirationnistes.

Le complotiste qui se présente comme défenseur des opprimés a cependant une démarche très proche de l’élite maléfique qu’il dénonce et prétend combattre. (…) Tout d’abord, il en partage les secrets. Comment y-a-t-il eu accès ? Mystère. En tous cas, cela fait de lui une sorte d’élu clairvoyant qui vit parmi des gens aveugles. (…) Le complotiste dénonce une exploitation du monde et de l’humanité par une organisation secrète, mais il ne donne aucune méthode pour lutter contre le complot. (…) Le fait de croire que la conspiration est le moteur de l’histoire retire toute responsabilité au peuple. Pour un complotiste, ce sont les êtres d’exceptions (dont il fait partie) qui écrivent et lisent l’histoire. Cet angle de vue lui fait considérer le peuple comme une éternelle marionnette.

A qui profite la Théorie du Complot ?

Il est clair qu’elle ne sert en rien les dominés. La théorie du complot n’est pas un cadre d’analyse ou une pensée qui permet aux opprimés de construire un mouvement de résistance ou de mener une lutte d’émancipation.

Si une personne veut savoir qui se cache derrière le complot, elle se perd dans une quête de connaissances qui va l’emmener loin de ses préoccupations concrètes. La théorie du complot agit de ce point de vue comme un leurre.

La théorie du complot renforce le pouvoir en place.

 

Le pouvoir des comploteurs qui dirigent banques, médias, Etats, multinationales sans limites si on se fie aux « théoriciens du complot ». Toute révolte organisée est vouée à l’échec. Si une Révolution se produit, c’est selon la volonté des comploteurs. Une vision complotiste de l’Histoire ne donne aucune perspective. Puisque le complot l’emporte toujours, pourquoi se battre ?

La structure globale de l’exploitation n’est pas remise en cause (salariat, Etat, rente). Ce qui pose problème pour le conspirationniste, c’est qu’à la tête de tout cela on trouve une minorité de parasites qui perverti l’ensemble de la société. Par exemple : « la banque » serait une chose nécessaire, le problème c’est le « bankster ».

Dans le complotisme le problème n’est pas la structure injuste d’un système économique et social mais le fait qu’un groupe occulte est au poste de contrôle remettant en cause un ordre « juste/naturel/divin ».

A défaut de critiquer la société, la théorie du complot va désigner une minorité (réelle ou inventée) et lui attribuer la responsabilité de tous les maux.

De ce fait, les « théories du complots » peuvent être perméables à des idées xénophobes affirmant qu’il est possible d’identifier l’appartenance à un groupe de domination occulte grâce à des traits morphologiques ou culturels.

complot-juif
Affiche de propagande antisémite.

 

L’antisémitisme est souvent appréhendé comme une simple variante du racisme. Or l’un et l’autre diffèrent de façon importante, même si tous deux ont en commun, en tant que formes de discours essentialistes, de comprendre les phénomènes socio-historiques comme innés – biologiques ou culturels. Alors que la plupart des formes de racisme attribuent une puissance sexuelle ou physique, concrète, à l’Autre qui est vu comme inférieur, l’antisémitisme ne traite pas le Juif comme inférieur mais comme dangereux, comme porteur du Mal. Il attribue une grande puissance aux Juifs, mais cette puissance n’est ni concrète, ni physique. Au contraire elle est abstraite, universelle, insaisissable et mondiale. Les Juifs, dans ce cadre, constituent une conspiration internationale, immensément puissante. L’antisémitisme moderne n’est pas une simple forme de préjugé à l’encontre d’un groupe minoritaire ; il se distingue par son caractère populiste, antihégémonique et antimondialiste. Il fournit un cadre pour expliquer un monde extrêmement complexe et historiquement dynamique, et revendique pour lui-même un pouvoir explicatif global. L’antisémitisme moderne est donc une vision du monde qui, s’appuyant sur les formes antérieures de l’antisémitisme, vise à expliquer le monde moderne capitaliste. Comme je l’ai dit ailleurs, cette vision du monde reconnaît faussement la domination globale, temporellement dynamique, abstraite du capital – qui soumet les hommes à la contrainte de forces historiques abstraites qu’ils ne peuvent pas saisir directement – en tant que domination de la « juiverie internationale ». Il réifie, en termes concrétistes, la domination abstraite du capital, à laquelle il oppose la particularité concrète comme ce qui est authentiquement humain.
L’antisémitisme ne traite donc pas les Juifs en tant que membres d’un groupe racialement inférieur qui doit être maintenu à sa place (par la violence, s’il le faut), mais comme constituant une puissance mauvaise, destructrice. Dans cette vision du monde manichéenne, la lutte contre les Juifs est une lutte pour l’émancipation humaine. Libérer le monde implique de le libérer des Juifs. L’extermination (qu’on ne doit pas confondre avec l’assassinat de masse) est la conséquence logique de cette Weltanschauung.
Parce que l’antisémitisme peut sembler antihégémonique et, partant, émancipateur, il peut aussi brouiller les différences entre les critiques réactionnaires et les critiques progressistes du capitalisme. Il constitue donc un danger pour la gauche. L’antisémitisme fusionne le profondément réactionnaire avec l’apparemment émancipateur en un amalgame explosif.

Moishe Postone – La Critique du Fétiche Capital –

 

La thèse du complot sert directement les intérêts des dominants en confortant la légitimité de leur domination dans l’inconscient collectif et en permettant aussi une répression pour préserver le pouvoir en place. Les théories du complot ne sont pas forcément des thèses d’extrême droite mais elles sont très facilement des passerelles empruntées par ce courant politique pour élargir son champ d’action. Et cela, parce que d’une part elles peuvent correspondre à une stratégie de propagande consciente et efficace, mais surtout parce qu’elles sont le reflet d’une vision globale du monde qui repose sur les schémas de pensée des droites radicales.

 

Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes!

 

Comprendre la néo-gauche réactionnaire

Impostures à gauche
Communisme autoritaire

 

La Révolution qui vous incombe

 

11046557_1622948061251681_1445932425980267435_n

 19 juillet 36, révolution sociale et victoire sur le fascisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

Ce soir, le café coopératif La Veilleuse (Paris 20e) reçoit l’équipe du site Reporterre.net, fondé par Hervé Kempf, journaliste au Monde. L’occasion de revenir sur le contenu de ce site consacré à l’écologie mais qui baigne dans le confusionnisme le plus total.

Reporterre, site qui se veut une référence en matière d’écologie, est représentatif d’une tendance hélas grandissante du mouvement écologiste qui, par manque sans doute de culture politique, tend à ouvrir ses portes à quiconque se dit – même vaguement – ami de la nature, sinon décroissant. « Reporterre veut être le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice », clame la courte présentation du site. Au nom du « débat », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », la porte est donc ouverte à tous les vents : sociaux-démocrates de droite, de gauche, du centre, consuméristes, complotistes, mystiques en tous genres, groupuscules d’extrême droite.

La « une » du jour est représentative de cette ligne éditoriale fourre-tout :

On y retrouve entre autres la porte-parole de l’écologie de droite Corinne Lepage, un communiqué des conspirationnistes de ReOpen911, aux côtés d’articles piqués chez Attac ou chez CQFD, des thématiques « développement durable » promues par les autorités et l’industrie « verte » (les « produits bio-sourcés »), des promoteurs de la non-violence version gandhiste (l’association Gandhi international) un poème d’une militante d’Attac, Béatrice Turpin, qui prétend jouer les radicales, un reportage sur le chantier de la gare de Stuttgart en Allemagne, un article anti-gaz de schiste fouillé… Bref : de tout et de n’importe quoi, et une abondance de copiés-collés sans lesquels le site, essentiellement alimenté par la rubrique « une minute, une question » (des quidams connus ou inconnus « développant » une thématique en une minute chrono), ne serait qu’un bréviaire de « fast-thinking » militant.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif du contenu du site. Contentons-nous de pointer les contenus les plus problématiques, et notamment la promotion que ce site a apporté ou apporte à des groupes conspirationnistes, rouges-bruns ou d’extrême droite.

On retrouve ainsi sur Reporterre :

– Le micro-parti fascisant La Dissidence et son leader Vincent Vauclin
Etienne Chouard, à deux reprises (dont une des toutes premières interviews du site)
ReOpen911
Michel Collon et ses amis
– Le site rouge-brun Le Grand Soir, encore très récemment
– Le complotiste Thierry Meyssan, qu’on ne présente plus
– Une large collection d’indinaiseries
– Des leçons de morale de François Ruffin, tenancier de Fakir et qui promeut dans son journal la revue rouge-brune Bastille-République-Nations ou dans le dernier film de Pierre Carles les thèses de Jacques Cheminade ou de Nicolas Dupont-Aignan
– Des « analyses » complotistes sur le virus H1N1, la pire étant sans doute celle fournie par le climato-sceptique (sur un site écolo, bravo…) américain Frederick William Engdahl, collaborateur de Russia Today mais aussi de la revue d’extrême droite italienne Eurasia, analyse que Reporterre a été copier sur le site Oulala.net de René Balme et sur Mondialisation.ca de Michel Chossudowsky
– Une promotion du numéro d’octobre 2012 de la revue pourtant d’ordinaire plus regardante Silence !, dans lequel on trouve une interview du compagnon de route des négationnistes Jean Bricmont, qui se voit donc par ricochet promu sur Reporterre
– etc.

En ouvrant ainsi ses colonnes à des tels écrits, le site Reporterre participe de la confusion des genres et, même indirectement, à la récupération par les mouvements les moins recommandables des thématiques écologistes – conspirationnistes, extrême droite et rouges-bruns (anti-)productivistes étant en ce moment au taquet sur ces questions.

Plus généralement, que Reporterre puisse être perçu comme un site de référence en matière d’écologie ne manque pas de nous étonner, tant son contenu – même quand il ne fait pas la promotion des sus-cités – est globalement indigent et se situe dans la ligne de la pensée écologiste dominante, à savoir une ligne sociale-démocrate et développement durable qui n’a absolument rien de radicale.

Ceux qui font la promotion d’un tel site et acceptent de servir de faire-valoir à ses « journalistes » se rendent complices par là même de l’inquiétante dépolitisation qui mine de manière grandissante le mouvement écologiste et finit par rendre inaudible toute forme d’écologisme radical.

 

Action Anti-Conspis Paris-Banlieue.

 

Commentaires associés:

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:46

Et aujourd’hui, Reporterre reprend en “une” un article de Challenges, une revue appartenant au Nouvel Obs et à destination des cadres et des patrons.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:50

Et puis cette obsession, développée tout au long du site et des ouvrages de Kempf, pour “l’oligarchie” et “les banques“… Comme si le capitalisme se résumait à ça ! C’est vraiment une analyse au ras des pâquerettes !

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 26 janvier 2013 11:31

Décidément, ils sont tous de sortie : ce soir, c’est le Shakirail qui reçoit Vincent Liegey (PPLD, ReOpen911) pour la sortie d’un bouquin sur la décroissance préfacé par Paul Ariès (l’ami de René Balme avec qui il co-édite Le Sarkophage). Comme tous les autres, ce RDV est annoncé par Démosphère, qui adore aussi ReOpen911 (alors même qu’il est impossible d’y faire passer le moindre RDV concernant l’Iran ou la Syrie).

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:49

Reporterre était comme par hasard hier à la (R)évolution des Colibris, qui a vu “débattre” Chouard et Rabhi. A noter qu’on retrouve aussi datée d’aujourd’hui sur Reporterre une interview de l’écolo-conspi fou Pierre-Emmanuel Neurohr, qui parle de “génocide” à tout propos (les voitures, les avions, le réchauffement climatique), discours qui en accolant l’adjectif “génocidaire” à tout et n’importe quoi contribue à relativiser gravement la notion de génocide. Il a fondé un micro-parti dont il semble être le seul membre, le Parti de la Résistance, et a déjà fait de la tôle pour des actions complètement branquignoles et solitaire contre les aéroports.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:54

Comble de l’hypocrisie : dans son article à la gloire des Colibris, Reporterre s’abstient de mentionner la présence de Chouard.

chouardrabhi

Source Indymedia.paris.org – jeudi 24 janvier 2013

 

Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !

Le site Reporterre, animé par le journaliste Hervé Kempf et pointé du doigt le 24 janvier 2013 par le site Indymedia Paris pour son « écolo-confusionnisme », a finalement décidé de retirer les articles les plus douteux de son site : on n’y trouve ainsi plus aucune référence au groupuscule néo-fasciste La Dissidence, à Thierry Meyssan ou au climato-sceptique américain Frederick William Engdahl.

Cependant, du ménage reste à faire : on trouve ainsi toujours des références à Etienne Chouard1, Michel Collon2, Legrandsoir.info3, Mondialisation.ca4 ou ReOpen9115, des articles à connotation complotiste sur le groupe Bilderberg6 ainsi que la promotion d’une interview de Jean Bricmont par la revue Silence! datant d’octobre 20127, un lien vers une vidéo de l’Agence Info Libre sur la manifestation anti-aéroport à Nantes en février dernier8 ou un appel à suivre une conférence de l’Opus Dei publié dans une brève du 19 avril 20149 (ainsi qu’un dossier sur la spiritualité10 – chrétienne en particulier – et des articles sur les prises de position du Vatican sur l’écologie11).

Globalement, la ligne de Reporterre reste fourre-tout : on y trouve toujours des personnalités de droite comme Corinne Lepage, des productivistes de gauche aux discours souvent difficilement compatibles avec l’écologie comme Jean-Luc Mélenchon ou François Ruffin du journal Fakir, des représentants de l’écologie mainstream (cadres d’Europe-Ecologie-les Verts, Greenpeace, Pierre Rabhi ou dans une moindre mesure Kokopelli12… ) aux côtés de de mouvements plus marginaux (décroissancistes) ou radicaux (zadistes). Le 13 novembre 2013, le site écologiste a par exemple relayé une pétition d’élus de tous bords (de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan en passant par des représentants d’EELV, du PS et même Jacques Myard de l’UMP, qui est aussi membre de la Droite populaire et animateur de Radio Courtoisie) contre le prolongement des concessions autoroutières13.

Enfin, tout récemment, Reporterre a publié une chronique du président de Nouvelle Donne Pierre Larrouturou appelant à une répression accrue des « Black blocks » et autres « casseurs » sur les manifestations contre le barrage de Sivens ou contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le texte a été expurgé par suite d’un « débat interne », nous apprend le site libertaire tourangeau La Rotative, l’équipe qui entoure Hervé Kempf ayant admis « l’avoir publié trop rapidement et sans trop d’attention ». Il est d’ailleurs étonnant qu’un site se voulant pluraliste favorise ainsi les représentants de certains partis, puisque Larrouturou (mais aussi Noël Mamère) dispose sur Reporterre d’une chronique mensuelle.


Mise à jour, 9 décembre 2014, 16h30 : Assumant une ligne confusionniste, Reporterre a offert une tribune à Tugdual Derville, militant anti-Mariage pour Tous.

 

 Source: Confusionnisme.info – Observatoire du confusionnisme politique.

 

En complément:

 

Quelques-uns des – très – nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite:

chouard2

 

=> Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

 Gabriel Rabhi, fils de Pierre, commence peu à peu à se faire une place au sein de la complosphère, et affiche sans honte ses sympathies pour l’extrême droite. Beaucoup plus discret, son frère David partage les mêmes idées sur Facebook. Sans aller aussi loin, leur père est connu pour développer une pensée réactionnaire et mystique, sous couvert d’humanisme, qui rencontre un grand succès dans les milieux écologistes. Le confusionnisme, une tradition chez les Rabhi ?

 

=> Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Si, à l’occasion de ses nombreux passages télé et interviews dans la presse commerciale Pierre Rabhi s’astreint le plus souvent à ne communiquer que sur des thématiques en apparence consensuelles, atteindre sa pensée profonde nécessite de s’écarter un peu des sentiers battus.

C’est la retranscription écrite de l’extrait d’une interview accordée en octobre 2013 et diffusée le 21 août 2014 sur la radio chrétienne RCF Berry [1] que nous vous invitons à découvrir ici.

 

=> Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

 

=> Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

En faisant appel à des thématiques en apparence consensuelles comme le consommer local, « bio » ou « éthique », que seule une petite minorité est en capacité de s’offrir, la page « Mr Mondialisation » prétend se positionner en alternative au discours dominant tout en piochant abondamment dans la rubrique écologie de l’ensemble de la presse patronale.

Dénoncer le greenwashing – cette manip de publicitaire destinée à repeindre l’économie de marché en vert – tout en le pratiquant soi-même, voilà une petite incohérence qui méritait d’être fouillée plus avant

 

=> Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Rares sont les médias à avoir été capables d’aller au fond de l’affaire, à savoir celle d’un vigneron pratiquant non pas une agriculture biologique mais la biodynamie, cette agriculture occultiste directement issue des méthodes Steiner.
Rudolf Steiner, pape de l’anthroposophie, mouvement sectaire s’abreuvant aux pires obscurantismes

 

Communiqué du 13 février 2015

13 – 02 – 2013 <=> 13 – 02 – 2015

En ce deuxième anniversaire de la page, on va vous offrir un rapide historique retraçant son existence avant de nous lancer dans l’après, à savoir un réajustement important de son orientation.

Plus de 720 quotidiennes, près de 5000 publications, 28000 EnragéEs, des dizaines de millions de vues, près de 140.000 visiteurs uniques en 2015 sur http://www.lesenrages.antifa-net.fr/

100% indépendant, 100% galériens
100% anticapitaliste, 100% antifasciste

Nous sommes bénévoles, indépendants de toute organisation, de toute entité privée ou publique, de toute église, de toute sphère associative.

Nous ne sommes pas des prêtres, nous n’avons pas de vérité révélée à offrir.

Nous ne sommes mandatéEs par personne ce qui nous oblige à ne donner aucune consigne.

Depuis le début, nous avons toujours voulu être le plus transparent possible en ce qui concerne la justification de notre présence sur facebook.

L’avis partagé par beaucoup, c’est celui-ci:

Il faut qu’on discute de notre usage de facebook

L’ouverture de la page est donc à la base un cas de conscience.

Face à la stratégie des droites radicales et obscurantistes qui est celle d’un ensevelissement global de la toile tout en bénéficiant d’une promotion quasi-quotidienne sur les médias patronaux, fallait-il rester les bras croisés et ne rien faire?

Le fait de voir surgir transversalement dans le réel les “idées”, les références, l’esthétique, les schémas de pensée, le vocabulaire, le nom des icônes, les mythes de la conspiration et du néofascisme a achevé de nous convaincre que nous allions agir bien tardivement.

Texte rédigé quelques jours avant le lancement de la page “Les Enragés” le 13-02-2013

Le but premier de la page des Enragés est de faire reculer le fascisme.
Il se trouve que les extrêmes droites ont gagné la bataille des moteurs de recherche, elles ont gagné la bataille des hébergeurs de contenu vidéo. Elles sont animées par des gens peu nombreux, parfois rémunérés, parfois par le biais d’emplois fictifs mais influentes car très organisées, de plus en plus sur les réseaux sociaux qui leur permettent de toucher des publics jeunes et technophiles, grimées derrière des formats attractifs.

L’idée est de reprendre le format de ces pages (d’où le choix de puiser dans la Révolution française et de se référer aux mouvement les Enragés qui fut un mouvement plutôt réactionnaire) en parasitant leur parasitage et en re-politisant le contenu avec un retour assumé de la lutte des classes, (…)

La page doit être capable d’offrir les clés pour débusquer le confusionnisme fasciste où qu’il puisse se trouver en ne laissant pas la lutte contre le fascisme et l’antisémitisme aux sociaux démocrates dont la disqualification emmène, par rejet de classe, certains publics à se jeter dans le camp du conspirationnisme et de l’extrême droite.

En outre, le but est de littéralement décomplexer la lutte anticapitaliste, d’emmener par la répétition l’inéluctabilité de sa disparition, d’offrir des argumentaires efficaces, une production chiffrée alternative démontant le récit bourgeois et déconstruisant les mythologies martelées.

Enfin et surtout, diffuser au plus large une prise de conscience de l’actuelle fin de grand cycle capitaliste et de sa crise systémique, l’urgence de la constitution d’une organisation horizontale structurée et puissante à même de densifier politiquement les mobilisations de masse dans le réel.

Repositionner internet sur ce qu’il est vraiment: un outil très puissant et non un échappatoire ou une simple diversion. (…)

La page des Enragés doit pouvoir, grâce à son format, se retrouver partagée sur des réseaux tenus par l’extrême droite et ainsi permettre de sortir des publics, souvent jeunes, tombés dans les griffes des fascistes et des droites radicales en général et qui sont pour l’instant, perdus pour la Révolution.

 

Voilà pourquoi vous êtes en train de nous lire depuis cette page, c’est parce qu’il y a  deux ans, “trois bonnes poires” se sont organisées pour tenter de sortir le plus de gens possible de cette sphère poisseuse,  tout simplement parce que ça nous tord(ait) le bide de constater dans le réel cette vague qui a tout submergé.

Autour des trois admins historiques sont venus se greffer d’autres EnragéEs, qui est un collectif qui évolue en fonction du temps et de l’énergie que nous laissent nos exploitations, nos oppressions et nos luttes quotidiennes.

C’est pourquoi il est quasi-impossible pour nous de vous fournir quotidiennement des dossiers anticapitalistes et antifascistes tels que vous pouvez les apprécier, en tout cas tant on voit que vous les partagez  avec enthousiasme autour de vous.

Nous ne sommes pas des professionnels.

Nous sommes des galériens, des bagnards du capitalisme, des précairEs, des ouvrierEs, des employéEs, des salariEs, des (auto)exploitéEs.

Nous sommes touTEs autodidactes.

Certains dossiers que vous avez mis 8 minutes à lire, on a passé un an et demi à les faire.

En revanche, en échappant totalement aux nécessités du marché, il nous est non seulement possible d’être loyaux envers notre propre classe, rigoureux et honnêtes mais nous affirmons que ce n’est que de cette façon qu’il est possible de l’être.

 

Dès le début de la création de la page, il a été décidé de créer un espace totalement épargné par la vague conspirationniste.

Au tout début, nous avons choisi une modération “conciliante” telle qu’elle peut être mise en place par n’importe quel modérateur sur n’importe quel forum. Au fur et à mesure de son évolution, il s’est rapidement avéré que ce n’était pas envisageable à cause de l’audience de la page. Nous avons même été obligés d’alterner des modérations différentes.

A l’époque, l’algorithme facebook, cette formule mathématique qui distribue et choisit à la place des utilisateurs, ce qui doit s’afficher ou pas sur leur fil d’actualités, était beaucoup plus favorable aux pages avec 0€ de budget et donc également à notre page anticapitaliste. Il ne faut pas oublier, pour ne citer que les français, que trois sur quatre considèrent que le capitalisme est un mauvais système et les 2/3 ne veulent pas du FN au pouvoir, si en tout cas on accorde quelque crédit aux sondages patronaux.

Il était possible de dépasser les 4 millions de vues sur une seule publication avec seulement quelques milliers d’abonnéEs.

Nos publications anticapitalistes crépitaient en temps réel à la première seconde de leur diffusion, facebook n’avait pas encore totalement tué le temps réel et surtout le principe premier de la toile, son horizontalité.

On savait que l’on ne pouvait pas encore s’attaquer frontalement à l’extrême droite car on n’avait pas assez d’abonnéEs.

On ne pouvait pas le faire avec un site, la politique de facebook de l’époque était celle de mettre en avant les photos tout comme telle était la stratégie de ces pages, c’est donc par ce biais que l’on a essayé de diffuser de l’idée dans un océan de médiocrité.

On a malgré cela tenté une publication sur l’UPR (ce micro parti de droite nationaliste en lien avec l’extrême droite) et immédiatement, on a ramassé une invasion groupée de(s?) 250 à 300 militants et sympathisants dont les premières pressions et menaces, dont une sérieuse.

En signalant la page en masse, ils sont parvenus à faire supprimer par facebook la publication.

L’objectif pour nous a donc été de faire grossir la page sans se renier et sans racolage, le plus rapidement possible car on a pu constater que l’algorithme facebook devenait de moins en moins généreux à mesure que le nombre d’abonnéEs augmentait.

Mais c’est le jour où l’on a fait une publication sur la page d’extrême droite et conspirationniste “Ce Que Cachent Vos Médias” qui relayait également la page d’extrême droite confusionniste Mr Mondialisation, que nous avons essuyé une attaque groupée de militants, de pressions, de menaces dont plusieurs de mort, dans des proportions telles que nous avons dû organiser à partir de ce jour-là des rotations de modération en 24/24.

Bien évidemment, ils ont réussi une fois encore à nous faire sauter la publication.

La plupart des EnragéEs ont été bannis de facebook à l’exception d’unE EnragéE, dont certainEs pendant trois semaines et grâce à qui la page a pu continuer à peu près normalement.

Dans les commentaires de notre page, en mp, ailleurs sur facebook, cela a été un déchaînement.

A partir de ce jour-là, on a commencé à recevoir des menaces de ce type par dizaines:

menaceCQCVMMR

On possédait donc tout un travail de veille antifasciste que les fascistes, ces types qui se battent depuis 10 ans pour la ” liberté d’expression “, nous interdisaient eux-mêmes de diffuser auprès de leurs victimes.

Bien évidemment, quand, récemment, on a publié notre dossier sur Mr Mondialisation, nous avons eu droit à une nouvelle attaque groupée. Mais désormais, ils ne peuvent plus nous faire censurer nos publications, la page est devenue trop importante.

Comment procède l’extrême droite pour rameuter ses éléments fascisés?

Sur cette capture d’écran, on constate que le site d’extrême droite et conspirationniste “Les Moutons enragés” rameute en défense de ce pauvre Mr Mondialisation.

moutonsmeutefafs

Les journées “d’affluence” sur des publications ciblées, on pouvait recevoir des attaques groupées de 300 militants d’extrême droite par jour alors que sur d’autres publications comme pour celle d’Akhenaton et qui a, rien que sur sa première semaine, dépassé les 4 millions de vues, nous n’avons quasiment pas eu à modérer quoique ce soit, le comportement de chacun a été quasi exemplaire.

C’est une publication que les confusionnistes ont tenté de piller, comme beaucoup d’autres.

IAM

En revanche, pour chaque publication sur Dieudonné, sur Etienne Chouard, sur Alain Soral, sur n’importe quel agent de l’extrême droite, c’est à chaque fois un déchaînement de pressions et de menaces.

Certains des idéologues d’extrême droite comme Alain Soral, Vincent Lapierre et d’autres, ont tenté eux-mêmes de venir faire leur propagande, ils ont été immédiatement bannis de la page.

Plus globalement, on ne peut révéler ici l’éventail des méthodes de l’extrême droite, mais sachez juste qu’elles ne possèdent pas de limite dans la perfidie.

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat!

Voilà pourquoi depuis le début de la page, on a été obligé de mettre en place une modération serrée.

Si on ne l’avait pas fait, jamais nous serions arrivés à placer une “grosse” page au milieu de l’océan de pages confusionnistes et obscurantistes.

L’un des aspects qui plaît bien depuis le début, c’est que l’on a tenté de recréer un espace politique débarrassé de tout ça et que les fascistes ont absolument tout fait pour nous faire échouer.

Sur le lot, il est bien évident que l’on a pu bannir d’authentiques anticapitalistes.

Mais dans l’immense majorité des cas, on a tapé juste.

Au bout de ces deux ans, nous constatons à la fois une installation active de la pensée conspirationniste et obscurantiste ainsi qu’une défaite idéologique majeure.

Devant le constat qui est le nôtre, résultat de la gentrification des luttes, du discours et du milieu révolutionnaire, un discours estimant que la gentrification se combat dans les quartiers intermédiaires entre militants issus des classes moyennes et dont le propos reste inaccessible, nous avons décidé de poursuivre dans la voie sur laquelle on est le plus critiqués par le petit milieu militant: celle de la vulgarisation.

Nous avons décidé de ne plus faire grossir la page facebook “Les Enragés” et de ne l’alimenter, le plus souvent en tout cas, que par le biais d’articles produits uniquement ici-même.

sur notre site

http://www.lesenrages.antifa-net.fr/

et sur la plateforme antifa-net.fr

http://www.antifa-net.fr/

Nous n’allons plus utiliser facebook que pour propulser nos articles.

C’est un risque. Si nos abonnéEs ne jouent pas le jeu, alors facebook fera plonger encore d’avantage notre page car toute page non alimentée quotidiennement est compliquée à raviver sur ce réseau dit “social”.

A un point tel que la totalité du réseau militant tourne actuellement en circuit fermé et quasi étanche, produit à la fois de sa gentrification et… de l’algorithme ségrégationniste de facebook.

Nous n’animerons plus cette page, nous n’assurerons plus de modération en 24/24. Nous allons être obligés de parfois couper l’émission de la page, en tout cas certaines journées, certaines semaines.

Nous allons enfin réorienter notre site sur ce que nous estimons essentiel et urgent.

Nous vous réservons de bonnes surprises. De très bonnes surprises.

Allez, ne soyez pas tristes, quand on viendra sur la page, ce sera pour se détendre ou pour continuer à servir de banque idéologique.

Camarades, amiEs, l’antifascisme n’est pas un club privé!

Nous allons tenter de peser pour trouver le moyen d’ouvrir nos manifestations antifascistes au plus large.

Nous devons nous organiser dans le réel.

Tout se joue dans le réel.

La tenaille des droites libérales et des droites radicales est hégémonique sur le net car les droites dominantes sont hégémoniques dans le réel.

Quand le réel se retournera, la toile suivra.

Le réel ne se modifiera pas tout seul, il réclame de l’organisation.

 

Les Enragé-e-s