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Saccage des identitaires à Marseille, le poing et la classe américains

La « race » à coup de poing américain

Si aujourd’hui dans le milieu toujours plus décomposé la norme est au ressenti, à cette dictature latente des affects, des subjectivités émotives, de l’étalage de ses fragilités, de la victimisation et de l’hystérisation de la politique, je me contenterai ici d’un récit factuel qui n’engage que moi-même et ma présence en cette soirée ensoleillée d’automne à Marseille, voici donc quelques cuillères à café de « ressenti » subjectif, pas bio, sans sucre et sans victimes dedans.

« Nous refusons votre course à l’opprimé »
Des racialistes inspirés.

En arrivant Rue Consolat, on peut déjà remarquer que quelque chose se trame dans les rues de Marseille. Un peu partout j’aperçois des traces d’affiches arrachées annonçant le débat « s’opposer au racialisme » autour du texte « Jusqu’ici tout va bien ? ». Je sais que les tensions sont fortes autour de ces questions et je me dis que plus rien ne peut encore m’étonner de la part du PIR ou, dans ce cas, de celles et ceux qui font mine de ne pas y toucher dans le milieu, mais qui en sous main travaillent indirectement à faire valider et rendre acceptables les thèses et le vocabulaire raciste de ces derniers, avec une certaine tolérance (au moins…) pour l’homophobie, l’antisémitisme, la religion et le principe communautaire du « on lave le linge sale en famille ».

Quand j’arrive à Mille Bâbord, je trouve une ambiance bon enfant, il y a plus de monde que ce que j’imaginais, peut être une quarantaine de personnes. Tout le monde a beaucoup de choses à se dire ce soir, je trouve là des camarades et des compagnons de plusieurs villes, de tous âges et aux parcours différents. Tous ont en commun j’ai l’impression une certaine allergie à la racialisation des questions sociales, un socle commun qu’il ne paraissait plus souhaitable de remettre en question depuis le suicide de l’auteur de Mein Kampf dans son Bunker. Une histoire jugée de plus en plus « anecdotique », et que tant souhaiteraient faire oublier, comme si il fallait oublier une partie de l’histoire pour se rappeler d’une autre. Comme si il n’était pas possible de se souvenir à la fois des massacres d’algériens dans les rues de Paris par la police et de l’extermination des juifs d’Europe par les nazis. Comme si il n’était pas possible de comisérer (puisque voilà la seule perspective proposée) à la fois avec les palestiniens et avec les israéliens qui chacun de leur coté, parfois ensemble, voudraient mettre fin aux conflits absurdes qui se fondent sur des idéologies coloniales, communautaires, racialistes, nationalistes et parfois racistes, et qui plongent des millions de vies dans la misère, le massacre et le malheur, des deux cotés de murs construits pour séparer ceux qui rassemblés pourraient bien faire leur fêtes à leurs dirigeants. Pour beaucoup, il n’est pas possible d’oublier tout cela. La mémoire est toujours présente dans les luttes, celle des génocidés, des résistants, des tragédies qui ont frappé et quasiment détruit, aussi, le mouvement révolutionnaire, comme ce fut le cas de la Seconde Guerre Mondiale. Beaucoup des personnes présentes sont aussi des témoins et des acteurs importants des décennies de luttes de sans-papiers, contre les frontières et la machine à expulser, contre les centres de rétention, etc., certains ont vu émerger et participé aux premières vagues de luttes de l’immigration des années 70, et ce n’est pas un hasard si ils et elles sont présents aussi ce soir. Car il est particulièrement inadmissible de se voir expliquer aujourd’hui que les camarades et compagnons, avec ou sans papiers, qui se sont mis en jeu sur ces questions dans des élans collectifs et individuels, par des luttes, des attaques contre la machine à expulser, des occupations, etc. sont de « races » différentes… Cette soi-disant « nécessité et urgence de penser la race » ne s’était à aucun moment fait ressentir, et toujours pas, du moins en dehors des courants de la Nouvelle Droite et jamais dans les luttes. Et pour cause… Le mot « race » était encore réservé, jusqu’à il y a peu, à l’extrême droite et à sa défense d’une prétendue « race blanche » ou son hostilité aux « races » jugées inférieures. Il y avait donc ce soir de bonnes raisons de s’interroger sur ces nouvelles modes issues de l’université, et d’ailleurs des camarades porteront d’une certaine manière la contradiction aux organisateurs dans le débat, mais sans concéder la moindre acceptabilité au vocabulaire de la « race », rendant la discussion possible. Personnellement je ne suis pas démocrate, et il est hors de question pour moi de côtoyer des individus qui célèbrent les bienfaits des Dieux et des maîtres, ou bien qui défendent mordicus la « nécessité » de reparler des « races », et qui plus est, positivement ! C’est peut être une question d’éducation, je ne sais pas, j’espère que non.

Puis c’est au tour d’une vingtaine de personnes de rentrer tandis qu’une douzaine d’autres s’étaient préalablement massés sur le pas de la porte et de l’autre coté de la rue. tout de suite quelque chose cloche. Ils ne disent bonjour à personne, la plupart semblent avoir les mains qui tremblent, les jambes qui vacillent et les poches bien remplies, tous sont lookés d’une seule et même manière (look shlag) alors que le reste de la salle est bigarré, sans uniforme, de toutes les couleurs de l’arc en ciel et plus encore. Ils ne disent pas bonjour et restent plantés là dans une allure cérémoniale comme des imbéciles, se plaçant de façon à encercler les personnes présentes. La plupart d’entre elles ont l’air un peu ravagées pour tout dire. Une seule parle, elle demande où se trouvent les toilettes, qui lui sont indiquées. On comprendra plus tard que celle-ci s’est livrée, comment dire, à une installation scatologique d’art contemporain décolonial, tout cela un peu trop loin des toilettes… Certainement la recherche d’une conscience pratique, une manière de marquer le monde du sceau de son intériorité (problématique omniprésente), faire de la politique avec de la merde, stricto sensu, une conséquence rare dans ce milieu, mais qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour « exister »… Peut être aussi qu’il s’agissait là, même si cela reste toujours très « métaphorique », de joindre le geste à la parole, puisqu’on pourra lire ensuite dans le flyer faisant office de revendication et de ligne politique, en conclusion « En somme on vous chie dessus bande de racistes réactionnaires négationnistes néo-colons… […] » (rien que ça !). Voila qui est désagréable.

C’est alors que les slogans fusent, au début, tout cela fait parfois penser dans la forme à un happening fanatisé de type Greenpeace, anti-fourrure ou Bloc Identitaire avec les masques de cochons, le genre qui a vocation à faire le buzz et des millions de vues sur la machinsphére, à laisser libre cours à un certain besoin de reconnaissance et de mise en scène de soi-même. Elles (il n’y avait qu’un mâle dominant ou deux, permettez qu’ils soient invisibilisés de par leurs privilèges non « regardés ») ont l’air d’avoir répété, ce qui rend tout cela plus pathétique encore, additionné au fait qu’elles ont plus ou moins toutes l’air assez terrifiées lorsqu’elles n’ont pas l’air d’être en transe. Les cris poussés sont particuliers, dans la rue, les gens ont du se demander si on égorgeait pas des poulets à Mille Bâbords. Des tracts sont jetés au visage des uns et des autres. Il a suffit d’en lire quelques lignes pour comprendre à qui nous avions à faire. Quelques nervis zélés que le PIR n’a certainement pas eu besoin d’engager, car celles là ne sont pas des universitaires (ce sera leur seule qualité), leur « texte » est incompréhensible, les affirmations bancales y foisonnent, l’analyse du capitalisme et des rapports de domination qui y est faite montre bien que celui-ci est le dernier soucis des identitaires, les contresens historiques, tautologies, truismes péremptoires et sophismes de bas étages qu’on y trouve ressemblent tant à de l’auto-parodie que cette situation n’en finira pas d’être absurde.

« « L’abolition de l’esclavage » et les « décolonisations » n’ont pas démoli le racisme structurel et ses répercussions »
Le cercle des poètes disparus.

Chacun pourra juger par lui-même de la qualité d’analyse de l’existant mise en œuvre par les assaillants. A-t-il fallu se réunir à trente, en profitant d’un événement culturo-commercial racialiste national le même soir à Marseille (c’est peut être pour cela qu’on apercevra quelques figures médiatiques du néo-racialisme dans les rues de la ville), pour produire un texte d’une telle insignifiance ? Pour nous pondre avec force anachronisme que « le capitalisme se fonde sur le pillage, l’esclavage et le colonialisme » ? Le capitalisme aussi est racial, manquerait plus qu’il ait un rapport avec l’argent, le travail et l’Etat… On nous y parle d’un racisme structurel ancestral qui semble remonter d’avant la formation des Etats, contre-sens absolu, et on nous parle des privilèges des « pays » (!) cette fois, « occidentaux » et « impérialistes » bien sûr. Mais j’aimerais savoir quel « pays » (nom que l’on donne à un Etat pour faire croire qu’il ne forme qu’un avec sa population) n’est pas « impérialiste » pour reprendre le vocable de Francois Genoud, Vladimir Poutine et de nos assaillantes. Mais si nous sommes les représentants de l’impérialisme, alors qu’est-ce que ça doit être au quotidien, au boulot, au comico, au dodo… La sororité protège-t-elle contre toutes ces agressions du quotidien ? Les pizzas sont elles impérialistes ? Mais revenons-y, il y a donc des « pays » qui ne sont pas impérialistes ? Puisque le monde se sépare en deux, entre « Sud » et « Occident », et que vos tropismes et vos orientalismes semblent bien réglés, on peut supposer que vous parlez des Etats du « Sud », paradis terrestres. Peut être la République Islamique d’Iran d’Ahmadinedjad ? Ce personnage « sublime », ce « héros » (je cite le dernier chef d’œuvre d’extrême droite de Bouteldja à La Fabrique…). Quand on a trimé autant pour José Bové, ça doit dépayser de rêver à Castro ou Chavez. Des « privilèges [qui] demeurent à un niveau international »… On ne comprendra pas pourquoi il faudrait que reste impossible à penser l’oppression d’un président « racisé » sur un SDF « racisé » ou non aux USA. Et j’attends l’analyse pertinente de nos amis sur le racisme structurel à l’époque féodale ou dans les grottes de Lascaux.
Dans leur tract, on se rend compte qu’elles ont déjà décidé de qui serait présent à ce débat avant même qu’il n’existe, des « petits gauchistes blancs de classe moyenne ». J’aimerais avoir ce pouvoir, avant d’aller au boulot, de supprimer la présence de tout ceux qui m’emmerdent en remettant en question mes petites conceptions et mes petites cases idéologiques bien confortables. Mais c’est encore raté, ce soir, les « petits gauchistes blancs de classe moyenne » étaient de leur coté, sur le pas de la porte, au garde-à-vous. Tout cela pour finir par se faire traiter de « bras armé de la république laïcarde », ce qui quand on connaît les parcours répressifs et l’amour républicain qui caractérise les uns et les autres, fera doucement rigoler les plus stoïques.

On comprend rapidement qu’il ne s’agit pas du PIR, pas assez cons sans doute, mais de ses adeptes radicaux des milieux post-modernes décomposés qui se vivent actuellement comme l’arrière-garde volontariste et soumise de « l’anti-racisme politique », alors qu’ils ne sont que le pire produit du racisme et de la tradition inquisitoriale du stalinisme tardif à la française dont viennent la plupart de leurs maîtres à penser, cocorico. Mais pas de Guépéou sous la main pour faire taire l’opposition, pas de Bouteldja ou de socioflic pour écrire quelques lignes efficaces. Dans le discours, dans la pratique, rien n’est calé, tout est bancal. C’est presque la pitié qui gagne. Mais tout le monde, en fait, est plutôt mort de rire ou très énervé, parfois médusé. Alors que les livres, journaux, tracts présents à Mille Bâbord (d’un éclectisme absolu) sont jetés à terre avec force théâtralité, on est plusieurs à se dire qu’il vaut mieux ne pas réagir, laisser passer la crise d’adolescence avec stoïcisme, on rangera la salle à leur départ, bon gré mal gré, et nous commencerons la discussion tranquillement, comme prévu. Tout le monde dans la salle est soudé contre les assaillants, sans exception, et il n’y a rapidement plus vraiment de difference entre un « organisateur » et un « participant », ils auront au moins réussi à produire cela, de la solidarité, du lien. Chose assez rare de nos jours où la petite politique ne souffre plus beaucoup des coups de l’antipolitique. C’est pour ça que je suis venu, après tout. Le texte « jusqu’ici tout va bien ? » a fait écho, comme une alarme sous-marine lancée par des dauphins, conformément à son objectif. Mais les choses se compliquent rapidement avec l’arrivée de ces poissons charognards des abysses. Plus on va au fond, moins il y a d’oxygène. Notamment parce que les slogans sont insupportables, intolérables, étouffants. On s’y noie. Si l’on passe sur ceux qui sont involontairement drôles, de « pas l’histoire vous ne referez » (certainement un hommage à maître Yoda ou Maître Vergès, c’est au choix) à « on existe » (on a parfois l’impression de hipsters adolescents face à leurs parents, c’est assez bizarre), des choses graves commencent à être dites. Accusations de racisme, négationnisme (celle ci restera le grand mystère de la soirée, je pense qu’ils ne savent pas ce que cela veut dire – c’est une possibilité qui existe, aujourd’hui, dans nos milieux) et fascisme (évidemment…) sous forme de slogans décérébrés.

Et là c’en est trop. Le pompon est décroché lorsque celles-ci se mettent à scander en chœur « notre race existe »… C’est insupportable d’entendre ça, ici et maintenant, partout et toujours. D’un coté on nous dit que la condition de « racisé » n’est pas une condition volontaire mais subie dont on voudrait se libérer, que c’est l’Etat et les institutions qui racialisent, que les « races » sont « sociales » (et donc qu’elles n’existent pas), tout cela pour finir par dire, ce soir, « notre race existe » ! Je croyais qu’il s’agissait de lutter contre la « racisation », vous savez, ce mot que tout le monde utilise depuis six mois pour décrire un phénomène nommé racisme – excusez le barbarisme – qui n’existe probablement lui aussi que depuis six mois… Et voilà qu’on « racise » à tour de bras ! Et on se prétend anti-raciste, et on se permet de délivrer des brevets de racisme. Ce soir c’est au tour de Mille Bâbords et de toutes les personnes présentes ce soir là, toutes a minima agressées et gazées. On n’est pas à une contradiction gigantesque prés. Comme le dit bien le communiqué de quelques participants et organisateurs, on est jamais mieux « racisé.e.s » que par soi-même…
Dans un communiqué de la même médiocrité et aussi bien écrit et auto-centré que le précédent, les auteurs de ce raid, sous le pseudonyme « Pirketout » (en effet…), affirmeront que l’assemblée était composée d’hommes blancs cis-j’sais-pas-quoi. Pourtant cette fois-ci, elles avaient pu constater que c’était faux, de leurs propres yeux. Mais quand on décide une chose, on s’y tient. Voila des hommes, pour certains avec de fortes poitrines, voilà des blancs, pour certains avec de gigantesques mélanomes (ou bien est-ce autre chose ?). Il faudrait d’ailleurs rapidement que je fasse appel à un dermatologue, c’est inquiétant cette couleur sur ma peau, moi l’homme blanc cis-vinaigré. Et là je tombe des nues, je me regarde et je ne suis pas « blanc », et puis quand bien même, qu’est-ce que c’est que ce truc et depuis quand cela nous intéresse ? Depuis quand dissertons nous sur les couleurs des uns et des autres, depuis quand nos rapports sont ils régis par la culpabilisation de privilèges abstraits attribué selon des critères réactionnaires, des stigmates, toujours biologiques et jamais sociaux. La plupart des autres convives sont tout aussi difficiles à faire rentrer dans des catégories aussi idiotes qui ne rendent jamais justice à la complexité des origines et de leur entremêlement avec les choix des individus, je ne comprends pas. Mes origines sont complexes, elles sont le produit de métissages divers et je suis donc aujourd’hui exclu de toute possibilité de pureté « raciale ». Je ne suis qu’un bâtard de sang-mêlé. Même si je voulais faire exister les races, je ne pourrais pas crier « notre race existe » pour faire pleurer les « petits blancs » déconstruits de gauche qui ressentent des frissons exotiques à chaque fois qu’ils entendent un « racisé » jouer son bon rôle de « racisé » (comme au temps béni…). D’ailleurs des gens, considérés comme « racisé.e.s » (sans aucune assignation j’imagine…) seront appelés à « choisir leur camp » (celui de leur « race » on imagine) par des « petits blancs » du racialisme, ce qu’ils feront sans hésiter en effet, mais avec d’autres critères… Être contre le racialisme (et donc fondamentalement contre le racisme) transformerait-il toute forme vivante en synthèse biologique de l’homme blanc cis-mortadelle ? Ou bien on a remplacé l’insulte favorite des stals contre toute opposition (« fasciste ! »), et tous ceux qui ne sont pas d’accord sont des « hommes blancs cis cis cis » ? Et que dire de toutes les camarades et compagnonnes qui se sont défendues comme les autres contre ce minable remake raté de l’attaque de la diligence. Votre négation de l’existence de ces femmes et de ceux d’entre nous que votre idéologie voudrait séparer des autres en « racisé.e.s » est proportionnelle à votre soif de reconnaissance existentielle et identitaire, quitte à verser dans le sexisme et le racialisme crasse. Je ne comprenais pas pourquoi vous insistiez pour signaler « on existe » avec tant de ferveur, d’abord on s’en fout, il faut bien se l’avouer, et après tout, y a t-il quelqu’un sur cette planète qui n’existe pas ? N’existe-t-on qu’à travers le regard de l’autre, n’existe-t-on qu’à travers le regard de ceux que l’on considère comme raciste ? Mais maintenant je comprend, votre « on existe » ne servait que de pendant à « vous n’existez pas ». Nous ne savons pas ce qu’inclus votre « on », mais je doute que tous les « ons » de la planète ne soient prêts à vous prêter leur parole, à laquelle encore une fois vous vous arrogez le droit de vous substituer. C’est votre fond de commerce, mais vous ne parlez au fond pour personne, et d’ailleurs personne ne devrait parler pour personne. Cette substitution à LA « parole des opprimés » (si une telle chose existe…), qui suppose que les opprimés se réunissent régulièrement pour statuer est de l’idéologie de bac à sable. Le treizième sous-sol de la politique.
Surtout s’il s’agit en fait d’exister sur le dos des autres en adoptant les pires tactiques de la propagande stalinienne bien de chez nous, rumeurs, calomnies et bruits de chiottes. Et il n’y a pas d’autres mots pour vous qualifier aujourd’hui qu’idiots qui jouent avec des concepts qui les dépassent et qu’ils finiront par reprendre en pleine face lors du retour de boomerang social. La réaction paye toujours l’addition.

Votre obsession identitaire me dégoûte profondément, pas seulement parce que je suis anarchiste ou parce que comme Alexandre Marius Jacob, « je n’ai ni feu, ni lieu, ni âge, ni profession. Je suis vagabond et né à Partout, chef-lieu Nulle-Part, département de la Terre » (Souvenirs d’un révolté, 1905), mais aussi parce que le monde que contribuent à renforcer les identitaires est déjà le monde que nous combattons et qui se trouve sous nos yeux. Partout le pouvoir joue et s’appuie sur les problématiques identitaires pour distendre les liens de solidarité, renforcer les phénomènes de concurrence sous la formule assez classique du divide et impera. Croire subvertir l’existant en en reproduisant ses pires aspects est bien la preuve du niveau de décomposition généralisé qui gangrène ce milieu qui pourrait finir, à terme, par attirer tout ce qui pourra grouiller dans les thématiques brouillées de la sphère identitaire et conspirationniste. Et alors, il sera déjà trop tard.
Comment ne pas penser à l’extrême droite ? Avec ces gens totalement déconnectés des réalités du monde, constamment enfermés dans des logiques judiciaristes et morales de séparation, de rétorsion, de concurrence entre les pauvres, entre les mémoires, de ressentiment communautaire, de guerre civile et de séparation, dont l’activité politique consiste intégralement à faire exister des séparations, à faire exister la « race » et à chérir la cohabitation avec la bourgeoisie « racisée » élevée au rang de fétiche. « Notre race existe » ? Non, ça suffit, un camarade d’une organisation libertaire, pourtant plus tard dans la soirée apologue de la MAFED (société écran du PIR), ne supporte plus d’entendre de telles conneries, et il a bien raison. Le ton monte un peu, ça commence à durer trop longtemps… Plusieurs belligérantes se jettent sur lui et commencent à tenter de le tabasser à sept contre un, coups portés, habits déchirés. Un peu plus tard, un des organisateurs est directement visé, toujours à plusieurs contre un, par devant et derrière, coups de poing, arrachage de cheveux, plusieurs personnes viennent à sa rescousse, quelqu’un se fait alors frapper à coup de chaise au visage par derrière et par surprise. Une camarade, elle, se fait attaquer par plusieurs assaillantes dont une qui commence à l’étrangler des deux mains, elle réussit à se défendre mais se fait alors gazer dans la bouche et les yeux. La situation est surréaliste. Avez-vous déjà assisté à une scène pareille ces vingt dernières années ? Avez-vous déjà vu quelqu’un en étrangler un autre en hurlant « ne me touche pas ! » d’un air complètement fondu ? Vous êtes vous déjà fait taper dessus par des gens qui crient en même temps à l’agression ? De toute évidence ces personnes ont le sens du drame et de l’emphase, le cinéma hollywoodien leur a manifestement tapé sur les nerfs. Je suis frappé à la fois par leur ridicule et par leur rage non pasteurisée. Elles sont en transe, on dirait que c’est le jour le plus important de leur vie.
On était jusque là habitué avec les racialistes à un certain cynisme de rigueur, un bon aloi typique de la bourgeoisie universitaire, des classes supérieures. Une certaine élégance du parvenu cultivé et arrogant au port hautain, noblesse conceptuelle oblige. Ce soir on a pu découvrir la version « édentée » pour reprendre Bouteldja, pseudo-lumpen racialiste ou pitbulls sous crack de la racialisation, et quel bonheur… On a eu droit à plus de momies qu’au Louvre, et gratuitement.

Un camarade, salut à lui, est obligé de rester assis avec ses béquilles ostensibles (j’apprendrai plus tard qu’il a été grièvement blessé par une grenade explosive des flics lors d’une manif marseillaise), mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble exister la volonté forte de lui lancer une table dessus. Heureusement l’intervention d’un autre camarade empêchera la soirée de devenir dramatique, et il faudra s’y mettre à plusieurs pour le protéger. A quelques exceptions prés, il semble que ceux qui ont été les plus visés étaient les plus « racisés », et parmi eux des organisateurs, était-ce un choix politique conscient et réfléchit ? S’agissait-il de punir les « traîtres à la race » ? Les « bounty » ou les révoltés du Bounty ? De quoi s’agit-il en fait ? Et qu’est-ce que c’est que ces manières ? Qui sont ces zombies du ressentiment, ces chemises « non-blanches » aux regards vides, ils font honte à ceux d’entre nous issus de l’immigration de première ou deuxième génération qui avons refusé dignement et lutté contre toute racialisation des débats (et donc aussi contre la culpabilité putassière de nombre de ceux qui se croient « blancs »), qui avons subi et lutté contre les ratonneurs des années 90, qui avons subi les brimades des racistes dés le plus jeune age, traités de « bougnoules », de « négros », de « nouaches » et de « youpins », qui avons refusé avec intransigeance l’usage même du mot « race » qui ne peut rien avoir à faire avec n’importe quelle forme d’émancipation. La « race » est une rupture nette avec toute possibilité révolutionnaire ou insurrectionnelle. Pour moi la liberté ne peut être gagnée qu’à travers l’abolition totale de toute identité figée, catégorie et essentialisations, la « race » étant probablement la pire des propositions disponibles dans l’éventail des catastrophes.

Je me fous de la liberté d’expression et des blablas humanistes contre la violence, et cela m’énerve déjà que certains en profitent pour jouer la carte citoyenneté de la liberté d’expression, ou pour chercher à défendre Escudero et sa clique de réacs (qui avaient été empêchés de parler à Lyon, ce à quoi je n’ai rien à reprocher, de plus une personne avec des positionnements publics en son nom était visée, pas un lieu éclectique en frappant dans le tas) en faisant croire que ces deux perturbations sont similaires. Je pense que les conflits doivent s’exprimer, de façon proportionnée et en se soumettant au préalable à une identification rigoureuse de l’ennemi, à qui je me fous que soit accordée la liberté d’expression, mais se tromper d’ennemi est une erreur décisive. Le jour où ces spécialistes de la radicalité apparente s’en prendront ainsi aux locaux de l’extrême droite plutôt qu’à ceux, auto-financés, des anti-autoritaires, la princesse Diana ressuscitera sur un air d’Elton John et tout le monde pourra faire des cacas politiques où il veut sans restriction.

Au final, les blessures seront légères et la détermination intacte. On se sent même assez fort après une telle démonstration de pathos et de faiblesse, on déplore cependant qu’en partant ils aient jugé judicieux d’en rajouter encore une couche en brisant la vitrine du local Mille Bâbord, qui ne faisait qu’accueillir cette discussion et qui va devoir régler plusieurs centaines d’euros… Mais si c’est ça l’opposition… Un camarade qui s’est pris un sale coup de poing américain dans la tempe a la peau dure, bien heureusement. Au moins les choses sont claires, on ne déboule pas dans une réunion avec un poing américain et des gazeuses pour differ des tracts ou pour s’expliquer, même durement. Je ne connais aucune de ces personnes, par définition aucune d’entre elles ne me connaît, ne sait pourquoi je me suis rendu à cette réunion, n’a amorcé la moindre compréhension de ce qui pousse la grande majorité des révolutionnaires d’aujourd’hui (et d’hier) à se méfier de ces tendances identitaires agressives au sein de l’extrême gauche, qui font leur retour sous de nouvelles formes, proportionnellement au sentiment diffus de crise identitaire, un « sentiment » implanté/martelé quotidiennement par le pouvoir, les médias, la kulture, les politiques, l’université et autres poubelles. Et pourtant comme premier contact, on me propose le coup de boule et la gazeuse, alors qu’il en soit ainsi. Cela prouve seulement que le texte d’appel avait raison d’appeler chacun à choisir au plus vite un coté du clivage. Je me lasse des semelles molles que j’entends presque tous les jours répéter que toutes ces histoires ne sont pas si graves, qui renvoient dos-à-dos les « deux camps » dans une distinction toute aristocratique qui ne sert qu’à couvrir la lâcheté ambiante qui consiste a toujours préférer garder ses amis et sa socialité que sa cohérence. Ne pas prendre parti pour ne pas être pris à partie, une tradition française. Le confort alternativiste à l’intérieur du monde (mais y a t il un extérieur ?) a son prix, et pourquoi faire la révolution contre ce monde (et son monde) quand on se plaît si bien dans la niche qu’on s’y est créé ?
Une chose est sûre, il va falloir sortir du silence si l’on se sent une quelconque responsabilité dans la continuité d’une certaine décence révolutionnaire et si l’on ne veut pas laisser isolés ceux qui doivent se retrouver à subir les raids racialisateurs, de la bibliothèque anarchiste La Discordia à Paris à Mille Bâbords ici aujourd’hui. Il faut que les voix s’élèvent par delà les querelles de pains au chocolat. Le soutien moral et financier ne peut être qu’une bonne chose. Mais c’est de prises de positions publiques et courageuses, en mots comme en actes, dont nos perspectives ont besoin maintenant pour survivre aux offensives post-modernes et contre-révolutionnaires.

Une autre chose fut parfaitement caricaturale sur laquelle je voudrais dire deux mots. A l’extérieur du local, un autre groupe d’opposants composé d’une quinzaine de « petits blancs » fragiles (puisqu’ils y tiennent) assez jeunes, sans doute « pro-féministes » (sans gluten) font spectateurs en non-mixité, certainement encore un nouvel apport de la boite à outil post-moderne. Ça doit être ça l’intersectionnalité ! On se demande ce qu’ils attendent là. Sont-ils ici dans une posture paternaliste, certainement « décoloniale », pour superviser l’action de leurs « racisés » élevés au grain dans un safe space ? Et puis voilà un nouveau concept, la cohabitation des non-mixités… Ce soir on a eu droit à la double non-mixité de race, « blancs » et « non-blancs » pour reprendre le vocabulaire moribond, on pourrait croire que les deux s’annulent. Mais c’est là que réside toute la magie racialiste. Ensemble, mais chacun de son coté, donc pas ensemble, bref chacun chez soi et tout le monde crie « on est chez nous » comme des beaufs. L’ethno-séparatisme, une découverte à la hauteur de l’époque ! Ce petit groupe sera interrogé par un compagnon sur ce qui est en train de se passer, mais ceux-ci n’ont pas d’avis, ils « s’en foutent » et n’ont strictement aucun argument pour défendre leur présence ce soir. Il faut croire qu’ils n’étaient là que pour faire nombre, la plupart embarqués par d’autres dans des conflits qu’en fait, ils ne comprennent pas je crois, voire pour certains dont ils n’avaient jamais entendu parler. C’est une façon d’envoyer au casse-pipe comme une autre… Mais le copinage est, à Marseille comme ailleurs, toujours supérieur aux questions de fond dans une époque troublée comme celle que nous vivons. Cela ne fera que rajouter au pathétique de ces assaillants.

Voila de quoi rêver pour les insomniaques. La « race » n’est elle pas faite de la matière dont sont faits les rêves ? On préférera entretenir la mémoire des pirates de l’edelweiss et des révoltes et mutineries anti-racialistes d’esclaves qui ont agité les siècles derniers, on relira peut être le plaidoyer de John Brown, les écrits magnifiques de George Jackson et son refus du racialisme, les mémoires de James Carr, les écrits antiracialistes et anticolonialistes de Frantz Fanon, la lutte de Lucy Parsons contre la séparation des exploités en esclaves, affranchis et « libres », etc. Mais non, ici, on préférera toujours se souvenir d’un Malcolm X, leader racialiste et séparatiste de la Nation of Islam. Il faut parfois rappeler des évidences dans ce marasme de confusions. Ce soir, à la gauche de Soral et Dieudonné, j’appelle la bande à décompos tendance staliniens de souche…

Pour finir, les assaillants ont exigé la libération de George Ibrahim Abdallah, mais voilà… on a promis qu’on passerait quelques coups de fils au Mossad, qu’on pouvait rien faire de plus. On leur aurait bien demandé en échange de libérer les athées incarcérés à travers le monde, et en fait, de détruire toutes les prisons, mais tabernacle, nous avons une réflexion sur qui est qui, qui peut quoi, sur le fait qu’on ne peut être tenu pour responsable de ce que l’on n’aurait pas pu empêcher, et donc, que tant qu’il n’y aura pas de machine à remonter le temps (ou la connerie) il n’existera pas de responsabilités collectives qui traversent les ères glaciaires. Le complotisme, les réductionnismes idéologiques en général et identitaires en particulier, forment une spirale dans laquelle il vaut mieux éviter de se télescoper, sous peine de sombrer à mille tribord.

A bas la république, a bas le racialisme !
Self-défense contre leur main d’œuvre.

Le 2 novembre 2016,
Zabriskie Point.
zabriskiepoint(@)bastardi.net

Le texte mis en page au format PDF

Communiqué de Mille Bâbords suite à l’attaque de la réunion du 28 octobre dans son local

 

Vendredi 28 octobre 2016 avait lieu à Mille Bâbords un débat à partir du texte « Jusqu’ici tout va bien » dans le cadre d’une soirée intitulée « S’opposer au racialisme : discussion ». Dès le départ de la soirée, un groupe de personnes a fait violemment irruption dans le local dans le but d’empêcher le débat, en hurlant notamment « La discussion n’aura pas lieu ». Voir le tract laissé sur place. Résultats : livres et revues piétinés, affiches arrachées, tables renversées, coups et menaces, utilisation de gazeuse, vitrine brisée volontairement…

Depuis 16 ans que Mille Bâbords existe et que des débats (très) contradictoires s’y déroulent, c’est la première fois qu’une attaque physique se substitue à l’échange d’arguments même vifs. Indépendamment de la question de fond, les méthodes mises en œuvre sont inacceptables.

Quelle que soit la discussion, la porte reste ouverte dans le respect des personnes et des objectifs mentionnés dans la charte : « Le champ que Mille Bâbords se propose de couvrir est celui de toutes les pensées et mouvements engagés dans une critique et une lutte contre les différentesformes d’exploitation, d’oppression, d’injustice, d’aliénation physique et morale. »

Dans ce cadre, et en accord avec la multiplicité des positionnements politiques des membres de l’équipe de Mille Bâbords, l’association se refuse à s’inscrire dans un courant politique particulier. Elle continuera à accueillir des débats et événements en adéquation avec sa charte.

Les personnes qui se reconnaissent dans le projet de Mille Bâbords peuvent manifester leur solidarité morale et/ou financière. Nous ne solliciterons pas notre assurance – les dégâts s’élevant à plusieurs centaines d’euros – qui exigerait un dépôt de plainte auquel nous nous refusons évidemment.

L’équipe de Mille Bâbords, Marseille le 30 octobre 2016.

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De la gauche (et son extrême) du capital
comme foyers de recomposition du sous-fascisme

Afin de bien saisir ce à quoi nous avons affaire en face de l’extrême-droite (organique et non organique), il est donc nécessaire de ne pas fétichiser ce phénomène en l’enfermant, notamment, dans les schémas préconçus hérités de périodes révolues. Dans cette perspective, regarder ce qui se passe à la gauche et à l’extrême-gauche du capital, notamment sur le terrain des luttes « antisioniste », « antiraciste » et « antifasciste », est lourd d’enseignements. On peut ainsi y observer certaines des répercussions aussi grotesques que catastrophiques de la décomposition du mouvement ouvrier et mesurer combien la restructuration identitaire de la société submerge les acteurs et les discours. En effet, des sentinelles groupusculaires sous-fascistes sont parvenues à capitaliser sur les écueils, ou les nouveaux traits décomplexés, de la gauche et de l’extrême-gauche (confusion théorique, compromission politique, clientélisme, discrédit avéré au sein du prolétariat). C’est ainsi que la nébuleuse islamiste des Frères musulmans, pourtant en perte de vitesse (après qu’elle ait efficacement contribué, durant les années 1990-2000, au retour du religieux dans la société, encouragée à cette fin par les pouvoirs publics), peut encore aujourd’hui compter sur les partis de gauche, leur milieu associatif et leurs syndicats pour lui servir de vecteurs d’influence privilégiés.

Dans cette configuration, il arrive que des acteurs de la « gauche radicale » fricotent avec… L’extrême-droite !… Et nous pesons nos mots. Une tendance à l’œuvre depuis au moins le début des années 2000 se révèle petit à petit au grand jour : une partie de ce milieu militant a été gangrénée par la peste islamiste, notamment sous l’influence des réseaux français de la Confrérie des Frères musulmans, avec l’aide, notamment, de la section française du Socialist Workers Party, organisée dans le NPA. Le résultat : des meetings qui s’enchainent regroupant l’AFApb (Action Anti Fasciste Paris Banlieue), CAPAB (Coordination Antifasciste Paris Banlieue), Le réseau (VISA) Vigilance Initiative Syndicale Antifasciste, le NPA, ATTAC, des sections syndicales de SUD, des encartés à Europe Écologie les Verts, des membres du PCF, du Front de Gauche, aux côtés du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF), des Indigènes de la République, de l’Union des Organisations Islamiques de France, et de Participation et Spiritualité Musulmane (PSM).

Participation et Spiritualité Musulmane est la branche française du mouvement réactionnaire et obscurantiste marocain Al Adl Wal Ihsane (« Justice et Bienfaisance »). Cette organisation islamiste fondée en 1973 a assassiné des militants d’extrême-gauche dans les années 1990 et a tenu à défiler aux côtés de l’extrême-droite catholique à la « manif pour tous » en 2013 tout comme elle a sympathisé avec l’Alliance Vita, l’un des principaux lobbies anti-avortement en France.

Le Parti des Indigènes de la République a régulièrement déchainé le spectacle des polémiques depuis sa fondation en 2005. Ce groupe a beau avoir essuyé les critiques de nombreux politiciens et journalistes, ce qui a d’ailleurs grandement participé à sa publicité, il n’en demeure pas moins un incubateur de virulence sous-fasciste. Et cela à tel point que ce Produit de l’Imbécilité Réactionnaire s’adonne à redresser au moins deux piliers idéologiques de l’extrême-droite – l’antisémitisme et le racialisme – avec une morgue à faire pâlir les lepénistes endurcis.

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« Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. Le peuple blanc propriétaire de la France : prolétaires, fonctionnaires, classes moyennes » Bouteldja aime Genet, collaborationniste s’étant réjoui de la victoire d’Hitler: « Il y a comme une esthétique dans cette indifférence à Hitler. Elle est vision. Fallait-il être poète pour atteindre cette grâce ? » « Quant à nous, l’antisionisme est notre terre d’asile. Sous son haut patronage, nous résistons à l’intégration par l’antisémitisme tout en poursuivant le combat pour la libération des damnés de la Terre. » « l’Indigène arrogant» Ahmadinejad niant l’existence d’homosexuels en Iran : « Il y a des gens qui restent fascinés longtemps devant une œuvre d’art. Là ça m’a fait pareil. Ahmadinejad, mon héros ». « J’appartiens à ma famille, à mon clan, à ma race, à l’Algérie, à l’Islam ». « Le mâle indigène défendra ses intérêts d’homme. Sa résistance sera implacable : « Nous ne sommes pas des pédés ! » « Le féminisme fait partie des phénomènes européens exportés » « Il faudra deviner dans la virilité testostéronée du mâle indigène, la part qui résiste à la domination blanche » «Les hommes, ces héros, les femmes ces Pénélopes loyales ». « Non, nos hommes ne sont pas des pédés ! » Nous disent-elles. La boucle est bouclée ». « Qui est cet être humain (…) qui dérobe corps et chevelure aux regards concupiscents ». « Le combat consiste à faire redescendre ceux qui commettent le sacrilège de s’élever au niveau de Dieu ». « Jusqu’au début des années 1980, sous les cieux protecteurs de la République française, le sionisme se portait comme un charme et coulait des jours heureux. Il se baladait dans les boulevards ». Houria Bouteldja

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« Il y a dix ans, dans la même réunion qu’aujourd’hui, si on avait dit ” blanc ”, les gens auraient cassé le mobilier. Aujourd’hui, grâce aux Indigènes de la République, grâce à Houria, on peut dire ”les blancs”.  »

Eric Hazan, éditeur à La Fabrique

On ne peut malheureusement pas encore donner tort à l’éditeur classé à l’extrême gauche du dernier pamphlet explicitement antisémite d’Houria Bouteldja Les Blancs, les juifs et nous, qui n’a pas suscité de réaction à la hauteur de son caractère ignoble. Les catégories et le vocabulaire de l’idéologie racialisatrice, repris depuis quelques temps dans les organisations et milieux politiques qui vont de l‘extrême gauche jusqu’aux libertaires, sont en train de devenir la norme et d’instaurer une hégémonie. Ce vocabulaire s’est imposé insidieusement, sans être ni discuté ni argumenté. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui sont dans l’incapacité de soutenir politiquement ces positions intenables, à part à coup d’affirmations tautologiques et de fausses évidences. Un glissement sémantique a déjà largement opéré : les termes de « race », « blancs », « non-blancs », « racisés », « racialisation », « décolonial » sont devenus du jour au lendemain des catégories d’analyse jugées pertinentes, nécessaires, et sont même promus comme instruments d’une perspective d’émancipation, là où nous y voyons une faillite catastrophique.

Dans une époque de crise généralisée propice à la confusion, dans laquelle prospèrent des courants contre-révolutionnaires, menaçants voire meurtriers comme les rouges-bruns, les boutiquiers racistes Soral et Dieudonné ou différentes variantes de l’islam politique, certains ne trouvent donc rien de mieux à faire que de ressusciter la théorie des races en réhabilitant les assignations culturelles, sociales et religieuses dans la droite ligne de l’ethno-différentialisme de la nouvelle droite. Le retournement est allé au point que le simple questionnement de l’idéologie racialiste devient impossible, tant dans les réunions publiques que sur les sites internet des milieux militants, qui opèrent à cet endroit une véritable censure. L’ensemble prospère et tient notamment par un chantage à la culpabilité que manient très bien les tenants de cette idéologie. Ironiquement, aujourd’hui, refuser les termes de « race » ou « d’islamophobie » expose à l’infamante accusation de racisme, visant à étouffer ainsi toute possibilité de débat, de critiques et de refus. Certains anarchistes en sont rendus à proscrire le slogan « ni dieu ni maître » sous prétexte d’« islamophobie » et certains marxistes pensent que pour être antiraciste il est urgent d’ajouter la « race » à la classe. De fait le terme de « race » qui était jusqu’à peu l’apanage de l’extrême droite se retrouve aujourd’hui à toutes les sauces. La promotion des identités, le communautarisme culturel ou religieux n’ont jamais eu d’autres fonctions que de maintenir la paix sociale.

Le clivage à l’œuvre autour de ces questions se doit donc d’être clarifié et travaillé de manière réfléchie. À plus forte raison dans la situation actuelle, le racialisme ne peut mener qu’à la guerre de tous contre tous. Cette offensive politique est lourde de conséquence pour tous, et d’un point de vue révolutionnaire c’est un point de rupture. Où en serons nous dans quelque temps si elle s’avérait victorieuse ? Tôt ou tard, il va bien falloir choisir son camp et le plus tôt sera le mieux.

Été 2016

Assemblée en mixité révolutionnaire et non-mixité de classe

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Alliance entre le PRCF d’Annie Lacroix-Riz et de la négationniste Skandrani qui faisait partie du « Dieudobus » à l’occasion de la « Liste Antisioniste » de Dieudonné durant les élections européennes de 2009.

La plupart des militants et des intellectuels de gauche ou d’extrême gauche considèrent que l’antisémitisme serait un fléau en voie de disparition. Alors pourquoi diable s’intéresser à « l’antisémitisme de gauche » ?

Pourtant, cet antisémitisme DE gauche, et pas simplement A gauche, existe depuis près de deux siècles. Il a pris différentes formes dont il faudrait à la fois retracer en détail l’histoire au sein du mouvement ouvrier, mais aussi souligner les continuités et les discontinuités jusqu’à l’antisémitisme mondialisé actuel.

L’antisémitisme planétaire, qui sévit aujourd’hui dans la grande communion émotionnelle et politique du cyberespace, d’Internet, fédère toutes les formes d’antisémitisme, du vieil antijudaïsme religieux chrétien et musulman jusqu’à l’antisémitisme racial, social, nationaliste, anticapitaliste et anti-impérialiste. Ces convergences permettent à des groupes et à des individus très différents
politiquement, voire aux opinions totalement opposées, de communier dans la même haine (assumée ou pas, peu nous importe) : celle du Juif (ou d’Israël, ce qui d’un point de vue symbolique revient au même)…

Sans une telle vision d’ensemble de l’antisémitisme, et plus particulièrement de l’antisémitisme de gauche qui nous occupe aujourd’hui, il est impossible de comprendre :

– la portée de l’assassinat d’Ilan Halimi (délibérément réduit à un fait divers par la gauche et l’extrême gauche en 2006),

– la portée des meurtres commis par Merah, Nemmouche ou Coulibaly en 2015 (à propos desquels la gauche et l’extrême gauche ont surtout botté en touche et parlé des risques d’augmentation de…. « l’islamophobie »),

– mais aussi il est impossible de saisir le sens des alliances – a priori contre nature – entre l’extrême droite islamiste, les Identitaires de gauche comme le PIR, la mouvance autour du politicien raciste et fasciste Dieudonné et l’extrême gauche qui se dit « antisioniste ».

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« Islamophobie », le terme a envahi le discours politique. Sa datation a été l’occasion d’une belle polémique. Observatrice attentive des dynamiques religieuses actuelles, Caroline Fourest avait cru qu’il était apparu fin années 70 / début années 80. En fait, il avait été forgé au tout début du XXe siècle. Cette erreur de datation, les islamobaratineurs n’ont pas manqué d’en faire des gorges chaudes. Fouillant les archives (plusieurs sont universitaires et donc payés pour ça), ils ont en effet fini par découvrir que c’est vers 1910 qu’un certain Alain Quellien avait forgé ce néologisme (1). Ensuite, le terme a été repris vers 1912 par d’autres auteurs, il aurait circulé quelque peu jusqu’au milieu des années 1920, avant semble-t-il, de disparaître totalement de la circulation.

Dans les années 1980, quand C. Fourest l’observe, ce n’est donc pas « d’apparition » qu’elle aurait du parler mais de « réapparition ». Donnons sur ce point toute la raison aux islamobaratineurs et rendons-leur grâce de nous avoir fait découvrir Quellien dont la lecture est bien intéressante : elle montre toute la perversité du concept d’islamophobie.

La personnalité même du fondateur du concept d’islamophobie est finalement, bien embarrassante pour ceux qui l’on exhumé. Aussi, le présentent-ils tantôt comme membre d’une sorte d’amicale d’« administrateurs-ethnologues » (2) – amusant concept qui sent le bricolage – tantôt comme un « orientaliste français spécialiste de l’islam ouest-africain » (3). « Ah, qu’en termes galants ces choses là sont dites » se serait écrié Molière !

Quellien, et on comprend tout de suite ce qui gêne les enfumeurs, était en réalité un cadre supérieur du Ministère des colonies, en lien avec l’officier « qui dirige avec compétence et distinction, le service des informations islamiques au Ministère des colonies » (4). Foin donc « d’administrateur-ethnologue » ou de sympathique « orientaliste », Quellien est un Attaché du ministère des colonies qui fait son travail : conseiller la meilleure stratégie de colonisation possible. C’est bien là tout l’objectif de son ouvrage « La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française » (5).

C’est dans cet objectif, qu’après une réflexion bien nourrie et mûrie, il crée le concept « d’islamophobie », une « islamophobie » que Quellien pourfend avec force dans tout un long chapitre.

Qu’un fonctionnaire totalement dévoué à la cause de la colonisation en arrive à créer le terme d’islamophobie dans le but de dénoncer les islamophobes avec beaucoup de vigueur, paraît, à première vue étonnant. En fait, c’est une conséquence logique de sa position raciste et de son soutien à la colonisation.

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La surenchère pro-obscurantiste des sociologues de gôche

Non seulement certains sociologues partisans de la thèse de l’islamophobie présentent de façon biaisée, voire sous un jour favorable comme nous l’avons vu, les comportements et les initiatives réactionnaires d’une petite minorité de musulmans dans l’espace public, mais en plus ils vont jusqu’à devancer les revendications des plus rétrogrades d’entre eux.

C’est ainsi que le sociologue Ahe Sander écrit : « Les Suédois doivent se rendre compte que la Suède va accueillir un nombre croissant d’individus et de groupes que l’on ne pourra pas fondre dans le creuset suédois, et dont les musulmans et les groupes islamiques offrent d’excellents exemples ; toute tentative de les assimiler par la force, de les couler dans le moule traditionnel suédois sera contre-productif car cela ne fera que les pousser à s’agréger plus fortement autour de leur religion et de leur ethnicité, ce qui – du point de vue des artisans de la forge nationale suédoise – aggravera encore le problème (4) . »

L’auteur reproche à juste titre l’intégration forcée que son Etat impose aux migrants, mais en même temps il ne comprend pas que « l’islam » n’est pas un bloc monolithique et qu’il est divisé en de nombreuses écoles de pensée. Il devrait pourtant savoir que les théologiens, notamment sunnites, n’ont jusqu’ici pas encore défini de façon précise le statut des minorités musulmanes en Europe, comme le reconnaît le cheikh Badawi, fondateur du Muslim College (5) . Face à un flou certain, plutôt bienvenu d’un point de vue athée, ce n’est pas aux sociologues dits « non musulmans » de rajouter encore une couche d’obscurantisme au nom de la « tolérance ». Dans son article, Ahe Sander prend la peine de nous décrire en détail les opinions les plus réactionnaires, anti-laïques, des musulmans qu’il a rencontrés en Suède comme si ces opinions pouvaient représenter celles de tous les « musulmans » vivant dans son pays !

Selon lui, on devrait laisser les « dirigeants » les plus conservateurs des communautés musulmanes entretenir leurs propres « traditions collectives », comme si ces « traditions » ne menaçaient pas les libertés individuelles des citoyens musulmans qui vivent en Suède ! Et c’est ce qu’il appelle un « juste équilibre entre l’équité et la liberté » !

Face à des « communautés » imaginaires dont les représentants auto-proclamés veulent imposer une loi « traditionnelle » à leur groupe culturel et/ou religieux, nous ne pouvons détourner pudiquement les yeux et oublier la nécessité de défendre les droits démocratiques pour tous les travailleurs… y compris pour les musulmans.

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C’est quoi le fascisme?

Au travers de ce recueil non exhaustif de textes et de travail de lutte antifasciste, nous espérons vous dévoiler ici des analyses précises et accessibles pour tenter de comprendre ce qu’est le fascisme et intégrer la multiplicité idéologique des extrêmes droites. 

Nous avons voulu cet article le plus utile possible afin que toutE un chacunE puisse venir y puiser des argumentaires et des publications ciblés, que vous découvrirez en cliquant sur les liens en rouge.

Le fascisme propose à ses troupes un « anticapitalisme » petit-bourgeois bien différent de l’anticapitalisme socialiste.

Une « mystique » ne suffit pas, ne nourrit pas. Les individus composant les troupes fascistes ne sont pas tous également fanatisés. Et même les plus fanatisés n’en oublient pas pour autant leurs intérêts matériels. Le souci de ces intérêts continue à les aiguillonner. Pour les conquérir, puis les tenir en haleine, le fascisme doit aussi leur présenter une solution pratique aux mots dont ils souffrent.

Bien qu’au service et à la solde du capitalisme, il doit – et c’est ce qui le différencie profondément des partis bourgeois traditionnels – afficher un anticapitalisme démagogique.
Mais cet anticapitalisme, si l'on y regarde de plus près, est très différent de l'anticapitalisme socialiste. Il est essentiellement petit-bourgeois.
Le fascisme fait ainsi d’une pierre deux coups: d’une part, il flatte les classes moyennes en se faisant l’interprète fidèle de leurs aspirations rétrogrades; d’autre part, il jette en pâture aux masses ouvrières – et tout particulièrement à ces catégories de travailleurs qui manquent de conscience de classe – un anticapitalisme utopique et inoffensif et il les détourne ainsi du véritable socialisme.

 

Daniel Guérin

 

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Le fasciste Alain Bonnet de Soral, ex-Front National, fils de notaire et mondain-potiche de plateau de télé déclassé, n’hésite pas à se revendiquer « national-socialiste ».

 

La secte d’Alain Soral, internet et l’argent

 

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Marine Le Pen valsant aux côtés de nostalgiques autrichiens d’Hitler et du IIIe Reich.

Chronologie historique du Front National

Le régime fasciste voit son tour arriver lorsque les moyens "normaux", militaires et policiers de la dictature bourgeoise, avec leur couverture parlementaire, ne suffisent pas pour maintenir la société en équilibre.
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Marine Le Pen (1) en compagnie de Alain Soral (2) et David Rachline (3), sur la droite on distingue aussi Marc George (4) et Steeve Briois (5)

Quand Marine Le Pen copinait avec Alain Soral et Marc George

A travers les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la petite bourgeoisie enragée, les bandes des lumpen-prolétaires déclassés et démoralisés, tous ces innombrables êtres humains que le capital financier a lui-même plongés dans la rage et le désespoir. La bourgeoisie exige du fascisme un travail achevé : puisqu’elle a admis les méthodes de la guerre civile, elle veut avoir le calme pour de longues années. Et les agents du fascisme utilisant la petite bourgeoisie comme bélier et détruisant tous les obstacles sur leur chemin, mèneront leur travail à bonne fin. La victoire du fascisme aboutit à ce que le capital financier saisit directement dans ses tenailles d’acier tous les organes et institutions de domination, de direction et d’éducation : l’appareil d’Etat avec l’armée, les municipalités, les universités, les écoles, la presse, les organisations syndicales, les coopératives. La fascisation de l’Etat n’implique pas seulement la « mussolinisation » des formes et des méthodes de gouvernement – dans ce domaine les changements jouent en fin de compte un rôle secondaire – mais avant tout et surtout, l’écrasement des organisations ouvrières : il faut réduire le prolétariat à un état d’apathie complète et créer un réseau d’institutions pénétrant profondément dans les masses, pour faire obstacle à toute cristallisation indépendante du prolétariat. C’est précisément en cela que réside l’essence du régime fasciste.

Léon Trotsky

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Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen

Les amitiés frontistes de Roland Dumas

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Marine Le Pen aux côtés de l’ancien Waffen SS, Franz Schönhuber

 

La bourgeoisie peut compter sur le fascisme pour dénouer l’imbroglio de tensions que créent dans nos vies les effets des multiples contradictions générées par l’actuelle crise du capitalisme à l’échelle mondiale, où la tentation d’une reprise en main énergique par l’État est forte et où la mystique de l’homme providentiel fonctionne à plein.

Oui, la tentation du fascisme (un régime fort interclassiste et unitariste, collaborationniste, qui préserve l'essentiel tout en changeant le superflu) est très forte en Europe. A certains endroits, elle est sans doute réalisable, et même déjà en voie de réalisation.

Plus les contradictions internes à la bourgeoisie vont s’aiguiser, plus les effets de ces contradictions vont se faire ressentir dans nos conditions de vie, de travail, d’existence… Et plus cette tentation sera forte dans le prolétariat.
Ce que l’on s’astreint à désigner par  » la gauche  » ou  » vraie gauche  » ou  » gauche radicale  » souffre toujours des mêmes maux que ceux dont elle souffrait dans les années 30: l’économisme, notamment dans l’analyse du stade impérialiste du capitalisme, l’absence de ligne de classe et l’abandon progressif de l’internationalisme prolétarien.

 Le fascisme n'arrive pas comme un éclair dans un ciel serein. 

C’est un régime politique, une forme d’exception de l’État bourgeois, qui est l’aboutissement d’un processus, et ce sont toujours les gouvernements bourgeois  » démocratiques  » qui commencent par prendre des mesures réactionnaires afin de tenter notamment de résoudre les contradictions que crée la crise (de croissance) du Capital.

C’est un phénomène réversible jusqu’au moment où il devient irréversible.

Et quand le fascisme est au pouvoir, dans un premier temps il est ambigu, complexe, protéiforme, il est encore marqué par sa naissance anticapitaliste romantique.

Dans sa phase de stabilisation, quand une hégémonie s’est dessinée, le fascisme se détache de cette ambiguïté des débuts et acquiert son caractère de classe réel. D’une certaine manière, le processus de fascisation correspond à une crise idéologique aiguë de la petite bourgeoisie et de ses formations politiques traditionnelles, jumelée à une période d’intenses contradictions au sein du bloc capitaliste.

Le fascisme est toujours une solution de l’État bourgeois pour tenter de se sauver soi-même.

 

Les Enragé-e-s

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On ne discute pas avec le fascisme, on le combat. Cette phrase, assez absolue de prime abord, n’est pas une simple formule et ne part pas de nulle part. Elle part de l’expérience de presque un siècle de lutte contre le fascisme. Parce que le fascisme, c’est un corpus d’idées mais surtout un mécanisme, un mouvement qui ne fait pas de cadeau et n’est pas particulièrement respectueux de règles. Il n’y a rien de bon à prendre chez les fascistes et rien à leur donner (si ce n’est des baffes). Historiquement, tous ceux qui ont cherché la discussion et la conciliation avec les fascistes ont soit fini fascistes soit été liquidés par leurs nouveaux compagnons de route. On ne débat pas avec l’extrême-droite pour des raisons politiques et pratiques.

 

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat.

 Les confusionnistes qui favorisent la montée du fascisme en Europe
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Alain Soral, François Asselineau, Etienne Chouard.

Alain Soral ou Petite sociologie des bas-de-plafond qui jouent la réconciliation.

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François Asselineau, à la tête du micro-parti d’extrême droite nationaliste UPR, est un ancien proche de Charles Pasqua, Jean Tibéri (le maire fraudeur parisien), Nicolas Sarkozy ainsi que de Philippe de Villiers.

François Asselineau

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Le vrai visage d’Etienne Chouard

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Quelques-uns des nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite. [cliquer sur la photo pour zoomer]
En dépit du fait que le fascisme fait démagogiquement des promesses de réabsorption du chômage et de reprise des affaires, il sait parfaitement bien que la machine économique ne va pas de nouveau se mettre en marche.

Il ne cherche pas sérieusement, soit à ramener à la vie le consommateur disparu, ni à stimuler l’investissement arrêté par la longue interruption de l’entrée de l’épargne privée dans la production. D’autres sont libres de croire aux utopies s’ils le souhaitent, mais le fascisme, lui, sait ce qu’il veut et ce qu’il peut en faire. Il essaie simplement d’enrayer, par des moyens artificiels, la chute des bénéfices du capitalisme privé, qui est devenu parasitaire. Malgré sa démagogie verbeuse, il n’a pas beaucoup de projets ni de modèles ; il vit à la petite semaine et n’aspire à rien d’autre qu’à maintenir en vie – par le biais de réductions de salaires, par des commandes et des subventions d’Etat, par la saisie de petites économies, et par l’autarcie – une poignée de monopoles et de grands propriétaires terriens. Et afin de prolonger le règne de ces derniers (mais en limitant leur liberté et sans assurance de retrouver leurs revenus d’avant la dépression), il n’hésite pas à accélérer la ruine de toutes les autres couches de la population – les salariés, les consommateurs, les épargnants, les salariés agricoles, les artisans, les petits industriels et même les consommateurs des biens.

Daniel Guérin, « Fascisme et grand capital », 1936

 

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Le fascisme n’est pas réductible à une  » simple  » dictature militaire, ni à un nationalisme ou à un bonapartisme et correspond donc bien à une modification beaucoup plus profonde du régime démocratique bourgeois, caractérisée par son profond caractère de classe et ses   » processions  » populaires, qui le portent au pouvoir.

Et c’est aussi parce que la gauche souffre de ces mêmes maux qu’elle est une partie du problème dans la constitution du fascisme. Mais voilà, si elle est affligée de ces terribles faiblesses, c’est bien parce que le ver est déjà dans le fruit et que les organisations de la classe ouvrière sont déjà  » asphyxiées  » en leur sein même par ces dérives idéologiques. Parce qu’elles mêmes sont traversées par la lutte de classe.
Et souvent même, en réalité, le processus de fascisation commence sournoisement au sein même des organisations (dites) de la classe ouvrière. Soit parce qu’elles sont bureaucratisées à l’extrême, soit parce qu’elles ont subi une érosion idéologique qui en fait des moulins ouverts à tous les vents, y compris les plus mauvais.

 

Les Enragé-e-s

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Tout l’art du fascisme consiste à se dire anticapitaliste sans s’attaquer sérieusement au capitalisme.

Il s’emploie tout d’abord à transmuer l’anticapitalisme des masses en nationalisme. De tout temps, on l’a vu, l’hostilité des classes moyennes à l’égard du grand capitalisme va de pair avec un attachement tenace à l’idée de nation. En Italie et en Allemagne, tout particulièrement, les masses sont prédisposées à croire que l’ennemi est moins leur propre capitalisme que le capitalisme étranger. Aussi le fascisme n’a-t-il pas de peine à préserver ses bailleurs de fonds de la colère populaire: il détourne l’anticapitalisme des masses vers la « ploutocratie internationale ».

Serait-il possible de transmuer l'anticapitalisme des masses en quelque chose d'autre? Le juif sera pour le fascisme – là où les circonstances s'y prêteront – un second bouc-émissaire.

Si le fascisme excite surtout les masses populaires contre la « ploutocratie internationale » et contre les juifs, il lui est impossible – sous peine de se démasquer – d’éviter de s’en prendre à des organisations de la bourgeoisie nationale. Mais ses déclamations contre celle-ci, si on les regarde de plus près, n’ont rien de socialiste. Les classes moyennes détestent la bourgeoisie d’une tout autre façon que la classe ouvrière. Elles ne souhaitent pas sa disparition en tant que classe. Bien au contraire, elles voudraient à leur tour devenir bourgeoises. Le fascisme, lorsqu’il s’affirme antibourgeois, lorsqu’il dénonce la « dégénérescence » de la bourgeoisie, n’entend nullement s’attaquer à l’ordre social existant. Il veut, au contraire, rajeunir cet ordre par un apport de sang frais, de sang plébéien. Il flatte ainsi les classes moyennes tout en détournant les masses de la lutte des classes, du socialisme prolétarien.

 

Daniel Guérin

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Frédéric Chatillon (FN), Dieudonné et le négationniste Faurisson.

 

Ces couches sociales de la petite et moyenne bourgeoisie, auxquelles il faut ajouter l’aristocratie ouvrière qui, constituée sur la base d’une situation privilégiée par rapport à la masse prolétarienne, partage la même mentalité et la même attitude réactionnaire que la petite-bourgeoisie, sont vouées à osciller perpétuellement entre la grande bourgeoisie et le prolétariat, dans la mesure où leurs intérêts apparaissent à tel ou tel moment plus menacés par l’une ou par l’autre. Historiquement elles sont les partisans les plus enthousiastes de la démocratie – ce cadre politique et social qui, selon l’idéologie bourgeoise, permettrait à chaque individu, à chaque entreprise, d’agir librement, confiant aux lois du marché son sort et à l’Etat – soi-disant au dessus des classes – la défense des libertés individuelles et de la propriété privée.

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Virginie Tellenne, connue sous le nom de Frigide Barjot, fille d’un ami personnel de Jean-Marie Le Pen, épouse de Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, frère de Karl Zéro, qui suvit Bruno Mégret dans sa tentative de création d’un mouvement dissident du Front National, est une fervente admiratrice de Benoît XVI, qu ‘elle a soutenu dans ses combats les plus réactionnaires.

 

Ces couches sociales sont nombreuses; elles forment effectivement une masse considérable – paysanne dans les pays capitalistes moins développés, urbaine dans les autres – et rêvent de constituer la majorité, tout en adorant l’idée de la conscience individuelle qui, selon eux, détermine le bien ou le mal, la paix ou la guerre, le bien-être ou la misère.

Elles ont absorbé toutes les illusions bourgeoises sur la liberté, l’égalité, la fraternité, en y ajoutant une bonne dose de superstitions et de fatalisme: elles croient volontiers à l’existence, après la vie physique, d’un au-delà où toutes les injustices terrestres sont réparées et tous les sacrifices récompensés.

 

Ce n’est pas un hasard si la petite-bourgeoisie, historiquement ballottée entre les classes opposées et dont les membres vivent concrètement dans la concurrence de tous contre tous, représente un terrain fertile pour tous les préjugés et toutes les superstitions: tout ce qui arrive ou peut arriver est le résultat de la volonté d’un être supérieur – un destin inflexible, un dieu, un chef génial, une madone démocratique.

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L’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet dans le 5e arrondissement de Paris est le bastion du catholicisme traditionaliste.

 Le scandale de l’école privée et de l’école fasciste hors contrat

Au cours de la longue période qui a vu l’émergence et la victoire de la classe bourgeoise face à l’aristocratie et au clergé, des couches aristocratiques dégénérées – au sens économique et social – ont représenté une réaction particulièrement tenace à la nouvelle société et au nouveau mode de production anti-féodal. Similairement, pendant toute la période historique où le prolétariat tend à s’affirmer comme la classe porteuse de l’émancipation et du progrès pour toute l’humanité, les couches petites-bourgeoises représentent une réaction spécifique (et la masse réactionnaire mobilisable) contre le mouvement prolétarien.

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Michel Chevalet, journaliste scientifique passé par le journal La Croix, Sciences et Avenir, RMC, tf1 et NT1 en train de vérifier le principe d’Archimède avec Jean-Marie Le Pen

L’invariance de l’opportunisme est l’expression politique des diverses couches qui composent la petite bourgeoisie et consiste en ce rôle social et politique conservateur, contre-révolutionnaire. Pour jouer ce rôle, pour tenter de «peser» dans la société, la petite bourgeoisie ne peut se baser que sur ses propres conditions matérielles, liées à la petite production, à la petite propriété dont elle défend les intérêts et les limites et d’où découlent les positions politiques immédiatistes, autonomistes, réactionnaires et racistes qui la caractérisent.

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Alain Bonnet de Soral ici déguisé en gendarme dégradé de canapé.

Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

La petite-bourgeoisie a d’autre part son identité historique au sein de la société capitaliste, qui découle de son rôle contre-révolutionnaire spécifique. Le marxisme enseigne que la petite-bourgeoisie ne peut avoir une potentialité de classe historique, indépendante des autres classes – alors que prolétariat et bourgeoisie, les classes aux deux pôles de la société contemporaine, ont cette potentialité car elles sont porteuses chacune d’un mode de production particulier: le communisme et le capitalisme.

 Les couches sociales qui composent ce qu’on appelle la petite-bourgeoisie, sont en réalité des demi-classes, non porteuses d’un mode de production spécifique, non porteuses d’une révolution et d’une société spécifique.

Elles sont irréductiblement attachées et dépendantes de la société bourgeoise basée sur le profit, sur l’extorsion de la plus-value.

Marine_Le_Pen_PMELa proximité de beaucoup des couches petites bourgeoises avec le prolétariat leur permet de transmettre à celui-ci leurs positions, leurs illusions, leurs superstitions, leurs craintes et leurs ambitions. Cette oeuvre d’intoxication du prolétariat s’est révélée très précieuse et même parfois cruciale, pour la conservation sociale et la défense des intérêts bourgeois. Il serait impossible à la grande bourgeoisie de réaliser directement cette intoxication, de la diffuser avec autant de force au sein des masses prolétariennes: le fossé de classe est trop évident. Il n’en est pas de même avec la petite-bourgeoisie qu’en période de prospérité certains prolétaires peuvent espérer rejoindre: l’antagonisme de classe est beaucoup moins clair et il est souvent pris pour une différence individuelle et non sociale.

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Jean-Marie Le Pen et Alain Soral

 Les différentes branches de l’extrême droite

 

Les néo-fascistes

Les nationalistes

Les identitaires

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Le fasciste Serge Ayoub, fondateur de IIIe voie et des JNR, filmé par Egalité&Réconciliation, la pompe à fric d’Alain Soral.

Boneheads, survivalisme et convergences antisémites

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Serge Ayoub que l’on retrouve régulièrement sur des chaînes de télévision patronales comme ici sur BFMTV.
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Dieudonné et Serge Ayoub

 Ayoub, le retour, vers une troisième voie… de garage

La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, d’une crise structurelle, qui, comme dans les années 1929-1933, peut coïncider avec une crise économique classique de surproduction, mais qui dépasse largement une telle oscillation de la conjoncture. Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « naturelle » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

Ernest Mandel
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Dieudonné, Thierry Meyssan et Michel Collon

 

– Dieudonné est passé du côté de la mort

– Thierry Meyssan ou comment un obscur petit bourgeois est devenu une star internationale au service des pires régimes autoritaires

– Michel Collon, un militant de la confusion

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Etienne Chouard sur la webtv d’extrême droite  » Le Cercle des Volontaires  » et le site conspirationniste  » 4e singe »

 

Un ex-lieutenant de Chouard balance tout

 

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Etienne Chouard rencontre Yvan Blot (RPR, GRECE, Club de l’Horloge, FN…) en le présentant comme un spécialiste des semi-démocraties… recommandant chaudement la visite de son site Internet et sur sa page facebook, l’achat de son livre.

 

Rencontre avec Yvan Blot (ex FN) 

 

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Le néofasciste Vincent Lapierre sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Tête pensante discrète d’Egalité et réconcilitation (E&R), l’universitaire Vincent Lapierre, spécialiste du Venezuela et chaviste convaincu

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Eric Fiorile, gourou fantomatique du mouvement sectaire de la démosophie.

Démosophie et mouvement du 14 juillet 2015 : le business d’une secte

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Jean Bricmont sur la webtv d’extrême droite MetaTv

Jean Bricmont invité par Egalité&Réconciliation

L’opportunisme est le mode de manifestation sur tous les plans, y compris philosophiques, religieux et comportementaux, des couches sociales qui ont démontré historiquement leur impuissance, tant par rapport à la classe dominant que par rapport au prolétariat.

Des couches sociales qui sont en permanence terrorisées par la menace de perdre leurs privilèges et de tomber dans le prolétariat, voire dans le lumpen-prolétariat et qui sont effrayées par la perspective, qui est pourtant leur grande ambition, de rejoindre les rangs de la grande bourgeoisie; des couches sociales qui aspirent à arrêter l’histoire, c’est-à-dire à rendre éternelle la situation qui permet leur survie sans problèmes, sans risques, sans secousses violentes, guerres et affrontements sociaux dont elles ne peuvent que redouter les conséquences; où à faire revenir en arrière le char de l’histoire dès qu’apparaît le mouvement révolutionnaire prolétarien dans lequel elles voient, avec raison, la menace de la disparition totale et définitive de leurs avantages particuliers.

 

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La famille Le Pen pose devant le château familial de Saint-Cloud.

 

Dans les conditions du capitalisme industriel monopoliste contemporain, une aussi forte centralisation du pouvoir d’État, qui implique de plus la destruction de la plus grande partie des con- quêtes du mouvement ouvrier contemporain est pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital.

Une dictature militaire ou un État purement policier – ne dispose pas de moyens suffisants pour atomiser, décourager et démoraliser, durant une longue période, une classe sociale consciente, riche de plusieurs millions d’individus, et pour prévenir ainsi toute poussée de la lutte des classes la plus élémentaire, poussée que le seul jeu des lois du marché déclenche périodiquement.

Pour cela, il faut un mouvement de masse qui mobilise un grand nombre d’individus.

Seul un tel mouvement peut décimer et démoraliser la frange la plus consciente du prolétariat par une terreur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, et, après la prise du pouvoir, laisser le prolétariat non seulement atomisé à la suite de la destruction totale de ses organisations de masse, mais aussi découragé et résigné.

Ce mouvement de masse peut, par ses propres méthodes adaptées aux exigences de la psychologie des masses, arriver non seulement à ce qu’un appareil gigantesque de gardiens d’immeubles, de policiers, de cellules du parti dans les entreprises  et de simples mouchards, soumette les salariés conscients politiquement à une surveillance permanente, mais aussi à ce que la partie la moins consciente des ouvriers et, surtout, des employés soit influencée idéologiquement et partiellement réintégrée dans une collaboration de classes effective.

 

Ernest Mandel

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Jean-Marie Le Pen décoré par le général Massu.

 » Torturés par Le Pen  » par Hamid Bousselham (24 février 1957)

HamidBousselhamJournalTorturesParLePen-03d31Les personnes enlevées étaient séquestrées dans la villa durant des semaines. Le suspect était d’abord accueilli par les paras, Le Pen en tête, à coups de pied et de poing jusqu’à l’abrutissement complet. On commençait ainsi par le mettre en disposition de reconnaître sa participation à un attentat, sabotage ou action quelconque : s’il protestait de son innocence, on lui administrait alors le supplice des électrodes.

Le Pen en assumait la direction ; il déshabillait complètement la victime, lui liait pieds et poings, l’aspergeait d’eau et lui bandait les yeux. C’est alors qu’il lui administrait plusieurs décharges électriques.

Si le « patient » arrivait à supporter le choc et persistait dans ses dénégations, on lui plaçait sur la tête, pendant des heures, un casque relié par fil à une prise de courant. La douleur, absolument intolérable, faisait hurler ceux qui subissaient cette coiffure. Pour varier ses « réjouissances », Le Pen plaçait sur les oreilles de « l’inculpé des électrodes, et les y laissait jusqu’à ce que la chair fût complètement brûlée.

Puis l’on administrait à ceux, très rares, qui proclamaient encore à ce stade leur innocence, le supplice de l’eau, qu’on leur faisait ingurgiter de force avec un tuyau… Parfois le corps du « suspect » était tailladé de coups de couteau.

Ces tortures duraient des semaines, à raison de deux ou trois séances par jour. Dans l’intervalle des interrogations, les « inculpés » étaient jetés, les mains liées, dans une tranchée profonde de 1,60 m à 1,70 m environ.

En 1957, Le Pen député à Paris… tortionnaire à Alger

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Le fascisme contre la concentration industrielle

Le fascisme, pourtant, ne peut éviter, sous peine de se démasquer, de mettre en cause le capitalisme industriel lui-même. Mais ici encore son anticapitalisme reste bien en deçà du socialisme prolétarien.
Les classes moyennes, contrairement à la classe ouvrière, ne se soucient pas de détruire le moteur essentiel du capitalisme: l’exploitation de la force de travail, le vol de la plus-value. A travers tout le 19e siècle, et jusqu’à aujourd’hui, les idéologues petits bourgeois se bornent à déclamer contre la concurrence, contre la concentration industrielle, à demander aux pouvoirs publics de rendre moins nocifs les grands monopoles (cartels et trusts).
En reprenant à son compte ces aspirations rétrogrades, le fascisme flatte les classes moyennes et, en même temps, il détourne les masses ouvrières du socialisme prolétarien.

Daniel Guérin

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Kevin Reche et Marine Le Pen

 Saluts nazis pendant le discours de Kevin Reche

Le fascisme n’est pas une forme politique univoque avec des traits communs à 100% à toutes ses composantes.

Chez les fascistes, il y a des gens pour qui la question de la nationalité ou de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance ethnique…par exemple, est secondaire. Mais elle est en fait tellement secondaire que des attaques et des répressions fondées sur ces critères ne les émeut pas, ne les soulève pas d’horreur ni d’effroi. Donc ils laissent complaisamment faire les mouvements ou groupuscules pour lesquels en revanche, la question de la nationalité est un enjeu politique. Certains sont  » contre le capitalisme financier  » (sic) d’autres sont au contraire nostalgiques d’une forme d’aristocratie qu’ils retrouvent dans le grand capital… Certains courants sont très attachés à la religion, d’autres sont farouchement athéistes ou laics… Mais finalement le dénominateur commun, c’est que dans le vortex fascistoïde des débuts, on essaie de ne pas trop se marcher sur les pieds. On fait des compromis pour l’union, voire, pour l’unité. On se modère un peu, on ferme les yeux sur certains « désaccords »… On se retrouve presque immanquablement contre les communistes, les anarchistes et les émigrants. On le voit bien dans le fascisme italien, tous les courants n’étaient pas d’accord sur tout et Mussolini a du imposer son hégémonie dans ce maelstrom. Les amis d’hier sont devenus les ennemis du lendemain… Nier ce stade de formation du fascisme, protéiforme en termes idéologiques, c’est s’exposer à ne rien y comprendre. Ne pas comprendre comment il va prendre de l’ampleur. S’étendre.
il faut choisir: soit on se bat pour l’hégémonie dans le mouvement mais pour ça faut déjà savoir où on habite, soit on  » accompagne  » et là on se retrouve à accompagner quoi?
Alors évidemment la fausse bonne idée, c’est de se dire  » alors on se met du cote de l’État et des socialistes » du côté de  » l’ordre républicain « .

Et bien non. On s’organise, on se regroupe. On fait bloc. Sans tomber dans ces travers, remèdes presque aussi pires que le mal. Parce qu’il va falloir se battre sur les deux fronts, dans la contradiction, pour la dénouer, sans sombrer dans un ni-ni stérile. Il va falloir avoir cette force de lutter contre tous les visages du même ennemi en même temps pour imposer dans les consciences une autre solution, un autre horizon.

Tout ceci ne fait que commencer.

 

Les Enragé-e-s

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Marine Le Pen et Alain Bonnet de Soral ici en pleine lutte  » anti-système « .

 

« Ce soir ou jamais » une émission prétendument « transgressive » plébiscitée par l’extrême droite pour son « courage »

 

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40ème anniversaire du Front national. On y aperçoit au centre, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen entourée de membres de groupes radicaux d’extrême droite comme le leader du GUD Edouard Klein (accroupi sur la droite) ou encore une figure du mouvement bonehead Baptiste Coquelle (au centre de l’image et portant un casque SS sur l’image en médaillon)

 

Comme tout mouvement fasciste, la base sociale principale du FN est la petite bourgeoisie déclassée que la crise plonge dans le désespoir et à laquelle il tente de donner une expression politique.
Pour acquérir une audience, il est poussé à s’adapter aux références et aux préoccupations des petits commerçants, médecins, auto-entrepreneurs, petits bureaucrates et autres contremaîtres qu’il espère séduire.

 

Le rôle de Marine Le Pen aujourd’hui est d’adapter davantage le profil du parti aux exigences du contexte actuel. Quitte à bousculer les vieilles antiennes du FN – sans néanmoins les abandonner – pour mettre l’accent sur des thèmes davantage dans l’air du temps : se référer à l’héritage gaulliste plus qu’à la collaboration, stigmatiser le musulman davantage que le juif, exalter une laïcité conquérante ou afficher une tolérance envers la loi Veil en passant quelque peu sous silence les revendications catholiques intégristes, transformer l’ultra-libéralisme des années 80 en protectionnisme défenseur des salariés nationaux et des services publics, etc.

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Jean-Marie Le Pen et Ronald Reagan à l’époque où la PME Le Pen était néolibérale.
 Un tel mouvement de masse ne peut surgir qu’au sein de la troisième classe de la société, la petite bourgeoisie, qui, dans la société capitaliste, existe à côté du prolétariat et de la bourgeoisie. Quand la petite bourgeoisie est touchée si durement par la crise structurelle du capitalisme, qu’elle sombre dans le désespoir (inflation, faillite des petits entrepreneurs, chômage massif des diplômés, des techniciens et des employés supérieurs, etc.), c’est alors qu’au moins dans une partie de cette classe, surgit un mouvement typiquement petit bourgeois, mélange de réminiscences idéologiques et de ressentiment psychologique, qui allie à un nationalisme extrême et à une démagogie anticapitaliste, violente en paroles du moins, une profonde hostilité à l’égard du mouvement ouvrier organisé.

Ernest Mandel

Ces nouvelles références peuvent même devenir une base doctrinale plus adéquate pour les nouveaux militants.

 

Mais ce ravalement de façade ne supprime pas le fascisme, ça le dissimule.

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Michel Poniatowski (UDF) et ses idées xénophobes, ministre de l’Intérieur de Giscard, a été toujours favorable à un rapprochement ouvert de la droite avec l’extrême droite.
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Le parti des « petits et des sans-grade » Ets Père et fille.

 

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Brigitte Bardot et Jean-Marie Le Pen

La Fondation Bardot ouvertement d’extrême droite

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Brigitte Bardot et Paul Watson, le réactionnaire aventuriste de la SS (Sea Shepherd).

 

Fascisme et protection animale

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Nathalie Krier, le CRAC, Serge Ayoub et Esteban Morillo, le meurtrier de Clément Méric.

 

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Paul Watson, l’énergumène nationaliste et anti-immigrationniste

 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

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Le fascisme est bien plus qu’une idéologie raciste. Son but fondamental est de détruire les organisations de la classe ouvrière, la démocratie, et d’installer une dictature. Comme je l’ai évoqué, Hitler usa habilement des canaux démocratiques et de la liberté d’expression qui lui fut accordée pour parvenir au pouvoir. Or, loin de s’attaquer seulement aux juifs et au mouvement ouvrier, les nazis interdirent tous les partis politiques et journaux qui refusèrent de se soumettre. Les camps de concentration furent remplis d’ardents défenseurs de la liberté d’expression.

Refuser la liberté d’expression aux fascistes, c’est refuser de laisser le moindre espace à ceux qui veulent liquider la liberté d’expression et les droits démocratiques conquis au cours des siècles.

Néanmoins, nous ne pouvons nous appuyer sur les institutions pour y parvenir.

 

Nantes 1er novembre: l’extrême droite complice de la police

 

L’Etat est incapable de contrer la stratégie légaliste des fascistes, en premier lieu parce que la classe dirigeante qui le contrôle, l’utilise pour combattre les classes populaires qui lui inspirent une peur bien plus grande.

Aussi, plus le mouvement ouvrier d’un côté et le mouvement fasciste de l’autre gagnent en audience, plus la tentation est grande pour la classe dirigeante de laisser un espace au second pour affaiblir le premier. Seul un mouvement de masse construit par en bas avec les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière comme fer de lance est capable de faire reculer le fascisme.

Le fascisme est un mouvement dynamique qui doit être compris dans son processus de développement.

Si le FN met aujourd’hui davantage l’accent sur son activité électorale que sur l’activisme contre les immigrés et le mouvement ouvrier, c’est que cela constitue la tactique la mieux adaptée pour acquérir une audience dans une situation où la capacité de la classe dominante à diriger la société commence seulement à vaciller.

 Il nous faut donc identifier l’endroit où réside dans la situation présente la possibilité de construction d’un parti fasciste de masse. 

Dire que le FN n’est pas un parti fasciste en ne considérant que son étape actuelle de développement, c’est croire que la situation politique et sociale ne peut que rester stable.

Or, la crise du capitalisme n’est plus seulement une possibilité évoquée par une poignée d’irréductibles révolutionnaires.

Elle commence à façonner la réalité de façon de plus en plus palpable, accentuant l’instabilité sociale et politique tout comme les confrontations de masse. 

Si le fascisme du 21e siècle ne revêtira évidemment pas les habits du passé, la vieille alternative entre socialisme ou barbarie n’en n’est pas moins remise à l’ordre du jour.

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Egalité&Réconciliation avec Etienne Chouard

 

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Jean-Marie Le Pen et Piero San Giogio, le survivaliste d’Egalité&Réconciliation.
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Alain Soral et Piero San Giogio
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Piero San Giogio et Etienne Chouard

 Paranoïa et fantasmes apocalyptiques de l’extrême droite

Le fascisme a amené à la politique les bas-fonds de la société. Non seulement dans les maisons paysannes, mais aussi dans les gratte-ciel des villes où vivent encore aujourd’hui, à côté du XX° siècle, le X° et le XII° siècles.
Des centaines de millions de gens utilisent le courant électrique, sans cesser de croire à la force magique des gestes et des incantations. Le pape à Rome prêche à la radio sur le miracle de la transmutation de l’eau en vin. Les étoiles de cinéma se font dire la bonne aventure. Les aviateurs qui dirigent de merveilleuses mécaniques, créées par le génie de l’homme, portent des amulettes sous leur combinaison.
Quelles réserves inépuisables d’obscurantisme, d’ignorance et de barbarie !
Le désespoir les a fait se dresser, le fascisme leur a donné un drapeau.
Tout ce qu’un développement sans obstacle de la société aurait dû rejeter de l’organisme national, sous la forme d’excréments de la culture, est maintenant vomi : la civilisation capitaliste vomit une barbarie non digérée. Telle est la physiologie du national-socialisme.

 

Léon Trotsky

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Corinne Gouget sur la webtv d’extrême droite Agence Info Libre

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

 

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Etienne Chouard en compagnie de la contre-révolutionnaire catholique d’extrême droite Marion Sigaut

 

Pour éviter de retrouver dans les TL de nos camarades de gauche des contenus en provenance de sites douteux, conspirationnistes, confusionnistes ou puants (sexistes, homophobes / LGBT-phobes, nationalistes / patriotes / chauvins etc.), pour couper court aux sempiternels « mais je ne savais pas », il apparaît utile de publier cette liste non exhaustive des sites, blogs, médias, comptes facebook et twitter animés par des conspirationnistes, des faux-nez d’extrême droite ou bien de sympathisants de tendances moisies en tous genres.
Cette liste a été le fruit de plusieurs mois de recherche par des militants dévoués. Elle se veut être un outil pour préserver nos luttes de ces dérives.
C’est une version largement mise à jour qui est proposée ici.

Liste non exhaustive des sites conspirationnistes et confusionnistes [ VERSION 2015 ]

 Tout d’abord, le grand capital ne songe pas encore à pousser le fascisme à la conquête du pouvoir.

Il ne se sert des bandes fascistes à sa solde qu’en tant que milice anti-ouvrière. Au lendemain de la guerre 1914-1918, le patronat a dû, pour éviter une véritable révolution sociale, faire à la classe ouvrière des concessions importantes. Décidé à reprendre un jour ces concessions, il a l’idée, résolument novatrice, de confier à des bandes armées et militarisées, spécialisées dans la lutte anti-ouvrière, le soin de harceler le prolétariat organisé et d’affaiblir sa résistance. Les grands propriétaires fonciers se joignent à eux.

La trahison de la social-démocratie d’une part, le manque d’éducation et la trahison révolutionnaire des masses d’autre part, abrègent l’expérience ; et, rapidement, la république des « conseils » doit céder le pas à une république bourgeoise démocratique. Mais au sein de cette république, les ouvriers et les paysans conquièrent des avantages politiques et économiques importants : extension du suffrage universel aux deux sexes, journée de huit heures, généralisation des contrats collectifs, assurance-chômage, « conseils d’entreprise » élus, etc. (…)

Pendant quelques jours, les magnats de l’industrie lourde ont senti passer le frisson de l’expropriation.
Mais ils se ressaisissent vite et la peur éprouvée ne fait que décupler leur volonté de revanche. Les concessions qu’ils ont dû faire à la classe ouvrière, pour éviter une véritable révolution sociale, ils sont bien décidés à les reprendre un jour.

Daniel Guérin

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Maxime et propagande pétainiste

 

Elle n’aime pas ça, la terre, la liberté

 

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Affiche de propagande vichyste, 1942

Savez-vous d’où vient l’expression  » Egalité des chances « ?

L’écologie, un thème de gauche ?

A l’heure où l’extrême droite fasciste opère un retour inquiétant et passe à l’offensive dans tous les milieux et sur tous les fronts, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considération répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claires en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existé.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

Les premières théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd, qui prône l’amour de la nature combiné au nationalisme, puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retour à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie

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Promotion d’Etienne Chouard assurée par le site Reporterre.

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

 

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Etienne Chouard et Pierre Rabhi à la conférence nationale de lancement de Colibri.
Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!
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La page d’extrême droite confusionnisme Mr Mondialisation et Pierre Rabhi.

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

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Le mouvement de droite radicale Colibris produit du contenu avec Etienne Chouard

 Virus, colibris, grenouilles… Les petits animaux perdus de  » l’engagement citoyenniste « 

 

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Conférence d’Etienne Chouard à l’invitation de Colibri.

 

Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

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Pour en finir avec la supercherie Rabhi

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Gabriel Rabhi relaie un site national-socialiste et négationniste animé par Vincent Reynouard.
Gabriel Rabhi publie de la propagande négationniste
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Le négationniste Vincent Reynouard invité par la webtv d’extrême droite MetaTv.
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Etienne Chouard que l’on retrouvé également sur Kaizen, le magazine anthroposophe proche de Colibri et de Pierre Rabhi.

 

On mesure l’expansion du conspirationnisme quand des personnalités prennent le risque de faire état publiquement de leur proximité avec ces thèses. C’est le cas de l’humoriste Bigard, de l’actrice Marion Cotillard, du cinéaste Mathieu Kassovitz, des rappeurs Rockin’Squat et Keny Arkana… ainsi que de Jean-Marie Le Pen et même de l’ex-ministre Christine Boutin.

 

Dossier conspirationnisme : Que répondre à un ami en train de basculer ?

Depuis  le XVIIIe siècle, les théories du complot ont envahi l’imaginaire de la droite réactionnaire et, plus généralement, des « penseurs » contre-révolutionnaires.

Elles apparaissent d’ailleurs en même temps que ces derniers. Contemporaines également de l’avènement de la société capitaliste et de la révolution française, elles sont l’une des formes  par lesquelles certains vont affirmer leur refus de ces deux phénomènes. Elles leur sont donc intimement liées. Elles trouveront ensuite un  terrain d’expression dans la théorisation de l’antisémitisme moderne à la fin du XIXe siècle et feront le lit du fascisme au XXe..

Théories-du-complot-Illuminatissatan-baphomet-franc-maçonsLe conspirationnisme voit le jour après la Révolution Française dans les  milieux religieux et/ou contre révolutionnaires. L’exemple le plus illustre de ces théories étant celui de l’abbé Augustin Barruel et de  ses « Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme » qui accuse les « Illuminés de Bavière »  (les fameux Illuminatis) d’être à l’origine de la Révolution Française.

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 Un complot vieux comme le capitalisme

1425748_272351399598106_274363304_nAyez confiance en vos semblables

 

Nombreux sont ceux qui font aujourd’hui cette amère expérience après avoir écrit un article qui pointe objectivement l’appartenance de tel ou tel mouvement conspirationniste à la sphère fasciste, qui recense toutes les preuves montrant que tel militant fréquente des néo-nazis ou des membres du Front National. La démonstration n’a jamais l’effet attendu : l’ex-camarade devenu conspirationniste n’est pas horrifié par ces révélations, il ne subit aucun choc particulier, il ne se remet en cause sur rien. Au contraire, c’est généralement à ce moment-là qu’il rompt définitivement les liens avec son ancien camp et décide que l’ennemi est désormais l’antifasciste. C’est à ce moment qu’il assume totalement d’être ce qu’il est devenu depuis longtemps, un militant du fascisme.

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Laurent Louis, le député belge antisémite d’extrême droite aux côtés d’Etienne Chouard.

Les sectes politiques et leurs gourous: Soral, Asselineau et Chouard

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Laurent Louis et Dieudonné.

Quand Laurent Louis et Dieudonné bidonnent leurs compteurs de vues Youtube

Si l’on associe souvent fascisme et crise capitaliste, peut-être reste-t-on trop dans l’économisme, dans le constat des difficultés quotidiennes de la majorité de la population, qui les amène à choisir le camp fasciste.

Mais il faut comprendre qu'un licenciement n'est pas juste la perte d'un salaire, que l'impossibilité de construire une carrière, d'acheter une maison à crédit ou autre, n'est pas seulement une frustration matérielle, qu'elle entraîne une crise du sens de la vie, tout simplement.

De même au sein du mouvement ouvrier organisé et de la gauche progressiste qui regroupe aussi des membres de la couche moyenne, la crise se matérialise par une offensive bourgeoise qui ne détruit pas seulement les droits sociaux acquis lors de périodes antérieures du combat de classe. La bourgeoisie s’attaque frontalement au mouvement, qui pour une grande part avait pris l’habitude d’une certaine reconnaissance sociale de sa part, notamment dans ses couches supérieures.

Le militant syndicaliste, habitué à être écouté à défaut d’être entendu n’est plus rien, le militant droit de l’hommiste ou réformiste , qui était considéré comme « représentant » d’une partie de la société est raillé et décrédibilisé comme ringard , décalé et inutile face aux « nouveaux enjeux de société ».

La crise capitaliste est aussi ce moment où la bourgeoisie décide qu’accorder aux prolétaires l’illusion d’être des individus maîtres de leur destin est quelque chose qui coûte trop cher. Ce moment où chacun est ramené à la réalité brutale des rapports sociaux qui permettent la perpétuation du système, ou l’égalité entre les humains est au mieux une fiction fragile.

La conscience de classe qui en découle est d’abord une conscience négative, par conséquent, elle n’amène pas automatiquement la naissance d’une démarche de révolte positive.

Il n’y pas de fierté prolétaire en soi, et lorsque la bourgeoisie nous ramène brutalement à la réalité de la condition d’exploité, le premier réflexe est certes la haine de l’exploiteur, mais aussi la haine de soi, mais aussi l’envie d’appartenir à la classe qui a un statut social enviable.

La joie du combat avec les autres exploités, le sentiment merveilleux d’estime de soi et des autres qui naît dans la lutte ou l’on apprend la solidarité, ou la construction collective fait éclore de nouvelles structures sociales fondées sur des valeurs positives est quelque chose qui doit être éprouvé pour devenir réel à nos yeux.

Mais cela nécessite un premier pas, celui de l’entrée en lutte et des conditions extérieures, la proximité d’une lutte.

Entrer en lutte, c'est toujours mettre en jeu le peu qu'on a à perdre, une stabilité de plus en plus illusoire et temporaire de la vie quotidienne.

Pour toutes ces raisons, une partie des prolétaires ne franchit pas le pas, et reste bloquée au stade de la haine, haine du système perçu comme injuste, mais aussi haine de soi, et sentiment d’avoir raté sa vie.

Une autre partie se retrouve dans les structures du mouvement social, de la gauche ou de l’extrême gauche constituée : mais celle-ci, dans la période de crise du capitalisme actuel se retrouve dans un état de faiblesse extrême.

Ce modèle n’existe plus, mais la gauche fait comme si et subit donc défaite sur défaite. L’ambiance dans ces structures est donc tout aussi déprimante que celle de la société en général.

Face à l’impuissance, la théorie conspirationniste offre le fantasme de la puissance : quelles que soient ses variantes, elle offre l’apparence de la révolte réussie, sans pour autant nécessiter une remise en cause de soi.

Toutes les théories du complot offrent sur un plateau, à la fois un ennemi surpuissant et vague qui permettra de justifier tous les échecs, et dans le même temps des « représentants » de l’ennemi facilement attaquables parce qu’ils appartiennent à des minorités déjà dominées dans le système capitaliste.

http://luftmenschen.over-blog.com/

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On vous donne la soluce, en fait c’était tout bête, les illuminati étaient planqués dans les coquillettes.

 La théorie du complot (complotisme ou conspirationnisme) est une grille de lecture de l’histoire qui a pour fondement la croyance qu’un petit groupe d’individus dirige en secret le monde par le biais de diverses manipulations (magique, scientifique, économique, médiatique).

La théorie du complot se sert de tous les éléments possibles (réels et imaginaires) distants dans le temps et l’espace pour donner une cohérence à son récit. On peut la considérer comme une volonté d’expliquer la Providence ou le destin avec des moyens scientifiques. Un plan mystérieux est dévoilé par un discours rationaliste.

 Le fait de vouloir prouver une conviction en reprenant des arguments scientifiques rend les théories du complot attractives pour certains croyants, cela explique la prégnance des thèmes religieux et ésotériques dans les œuvres conspirationnistes.

Le complotiste qui se présente comme défenseur des opprimés a cependant une démarche très proche de l’élite maléfique qu’il dénonce et prétend combattre. (…) Tout d’abord, il en partage les secrets. Comment y-a-t-il eu accès ? Mystère. En tous cas, cela fait de lui une sorte d’élu clairvoyant qui vit parmi des gens aveugles. (…) Le complotiste dénonce une exploitation du monde et de l’humanité par une organisation secrète, mais il ne donne aucune méthode pour lutter contre le complot. (…) Le fait de croire que la conspiration est le moteur de l’histoire retire toute responsabilité au peuple. Pour un complotiste, ce sont les êtres d’exceptions (dont il fait partie) qui écrivent et lisent l’histoire. Cet angle de vue lui fait considérer le peuple comme une éternelle marionnette.

A qui profite la Théorie du Complot ?

Il est clair qu’elle ne sert en rien les dominés. La théorie du complot n’est pas un cadre d’analyse ou une pensée qui permet aux opprimés de construire un mouvement de résistance ou de mener une lutte d’émancipation.

Si une personne veut savoir qui se cache derrière le complot, elle se perd dans une quête de connaissances qui va l’emmener loin de ses préoccupations concrètes. La théorie du complot agit de ce point de vue comme un leurre.

La théorie du complot renforce le pouvoir en place.

 

Le pouvoir des comploteurs qui dirigent banques, médias, Etats, multinationales sans limites si on se fie aux « théoriciens du complot ». Toute révolte organisée est vouée à l’échec. Si une Révolution se produit, c’est selon la volonté des comploteurs. Une vision complotiste de l’Histoire ne donne aucune perspective. Puisque le complot l’emporte toujours, pourquoi se battre ?

La structure globale de l’exploitation n’est pas remise en cause (salariat, Etat, rente). Ce qui pose problème pour le conspirationniste, c’est qu’à la tête de tout cela on trouve une minorité de parasites qui perverti l’ensemble de la société. Par exemple : « la banque » serait une chose nécessaire, le problème c’est le « bankster ».

Dans le complotisme le problème n’est pas la structure injuste d’un système économique et social mais le fait qu’un groupe occulte est au poste de contrôle remettant en cause un ordre « juste/naturel/divin ».

A défaut de critiquer la société, la théorie du complot va désigner une minorité (réelle ou inventée) et lui attribuer la responsabilité de tous les maux.

De ce fait, les « théories du complots » peuvent être perméables à des idées xénophobes affirmant qu’il est possible d’identifier l’appartenance à un groupe de domination occulte grâce à des traits morphologiques ou culturels.

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Affiche de propagande antisémite.

 

L’antisémitisme est souvent appréhendé comme une simple variante du racisme. Or l’un et l’autre diffèrent de façon importante, même si tous deux ont en commun, en tant que formes de discours essentialistes, de comprendre les phénomènes socio-historiques comme innés – biologiques ou culturels. Alors que la plupart des formes de racisme attribuent une puissance sexuelle ou physique, concrète, à l’Autre qui est vu comme inférieur, l’antisémitisme ne traite pas le Juif comme inférieur mais comme dangereux, comme porteur du Mal. Il attribue une grande puissance aux Juifs, mais cette puissance n’est ni concrète, ni physique. Au contraire elle est abstraite, universelle, insaisissable et mondiale. Les Juifs, dans ce cadre, constituent une conspiration internationale, immensément puissante. L’antisémitisme moderne n’est pas une simple forme de préjugé à l’encontre d’un groupe minoritaire ; il se distingue par son caractère populiste, antihégémonique et antimondialiste. Il fournit un cadre pour expliquer un monde extrêmement complexe et historiquement dynamique, et revendique pour lui-même un pouvoir explicatif global. L’antisémitisme moderne est donc une vision du monde qui, s’appuyant sur les formes antérieures de l’antisémitisme, vise à expliquer le monde moderne capitaliste. Comme je l’ai dit ailleurs, cette vision du monde reconnaît faussement la domination globale, temporellement dynamique, abstraite du capital – qui soumet les hommes à la contrainte de forces historiques abstraites qu’ils ne peuvent pas saisir directement – en tant que domination de la « juiverie internationale ». Il réifie, en termes concrétistes, la domination abstraite du capital, à laquelle il oppose la particularité concrète comme ce qui est authentiquement humain.
L’antisémitisme ne traite donc pas les Juifs en tant que membres d’un groupe racialement inférieur qui doit être maintenu à sa place (par la violence, s’il le faut), mais comme constituant une puissance mauvaise, destructrice. Dans cette vision du monde manichéenne, la lutte contre les Juifs est une lutte pour l’émancipation humaine. Libérer le monde implique de le libérer des Juifs. L’extermination (qu’on ne doit pas confondre avec l’assassinat de masse) est la conséquence logique de cette Weltanschauung.
Parce que l’antisémitisme peut sembler antihégémonique et, partant, émancipateur, il peut aussi brouiller les différences entre les critiques réactionnaires et les critiques progressistes du capitalisme. Il constitue donc un danger pour la gauche. L’antisémitisme fusionne le profondément réactionnaire avec l’apparemment émancipateur en un amalgame explosif.

Moishe Postone – La Critique du Fétiche Capital –

 

La thèse du complot sert directement les intérêts des dominants en confortant la légitimité de leur domination dans l’inconscient collectif et en permettant aussi une répression pour préserver le pouvoir en place. Les théories du complot ne sont pas forcément des thèses d’extrême droite mais elles sont très facilement des passerelles empruntées par ce courant politique pour élargir son champ d’action. Et cela, parce que d’une part elles peuvent correspondre à une stratégie de propagande consciente et efficace, mais surtout parce qu’elles sont le reflet d’une vision globale du monde qui repose sur les schémas de pensée des droites radicales.

 

Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes!

 

Comprendre la néo-gauche réactionnaire

Impostures à gauche
Communisme autoritaire

 

La Révolution qui vous incombe

 

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 19 juillet 36, révolution sociale et victoire sur le fascisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué du 13 février 2015

13 – 02 – 2013 <=> 13 – 02 – 2015

En ce deuxième anniversaire de la page, on va vous offrir un rapide historique retraçant son existence avant de nous lancer dans l’après, à savoir un réajustement important de son orientation.

Plus de 720 quotidiennes, près de 5000 publications, 28000 EnragéEs, des dizaines de millions de vues, près de 140.000 visiteurs uniques en 2015 sur http://www.lesenrages.antifa-net.fr/

100% indépendant, 100% galériens
100% anticapitaliste, 100% antifasciste

Nous sommes bénévoles, indépendants de toute organisation, de toute entité privée ou publique, de toute église, de toute sphère associative.

Nous ne sommes pas des prêtres, nous n’avons pas de vérité révélée à offrir.

Nous ne sommes mandatéEs par personne ce qui nous oblige à ne donner aucune consigne.

Depuis le début, nous avons toujours voulu être le plus transparent possible en ce qui concerne la justification de notre présence sur facebook.

L’avis partagé par beaucoup, c’est celui-ci:

Il faut qu’on discute de notre usage de facebook

L’ouverture de la page est donc à la base un cas de conscience.

Face à la stratégie des droites radicales et obscurantistes qui est celle d’un ensevelissement global de la toile tout en bénéficiant d’une promotion quasi-quotidienne sur les médias patronaux, fallait-il rester les bras croisés et ne rien faire?

Le fait de voir surgir transversalement dans le réel les « idées », les références, l’esthétique, les schémas de pensée, le vocabulaire, le nom des icônes, les mythes de la conspiration et du néofascisme a achevé de nous convaincre que nous allions agir bien tardivement.

Texte rédigé quelques jours avant le lancement de la page « Les Enragés » le 13-02-2013

« Le but premier de la page des Enragés est de faire reculer le fascisme.
Il se trouve que les extrêmes droites ont gagné la bataille des moteurs de recherche, elles ont gagné la bataille des hébergeurs de contenu vidéo. Elles sont animées par des gens peu nombreux, parfois rémunérés, parfois par le biais d’emplois fictifs mais influentes car très organisées, de plus en plus sur les réseaux sociaux qui leur permettent de toucher des publics jeunes et technophiles, grimées derrière des formats attractifs.

L’idée est de reprendre le format de ces pages (d’où le choix de puiser dans la Révolution française et de se référer aux mouvement les Enragés qui fut un mouvement plutôt réactionnaire) en parasitant leur parasitage et en re-politisant le contenu avec un retour assumé de la lutte des classes, (…)

La page doit être capable d’offrir les clés pour débusquer le confusionnisme fasciste où qu’il puisse se trouver en ne laissant pas la lutte contre le fascisme et l’antisémitisme aux sociaux démocrates dont la disqualification emmène, par rejet de classe, certains publics à se jeter dans le camp du conspirationnisme et de l’extrême droite.

En outre, le but est de littéralement décomplexer la lutte anticapitaliste, d’emmener par la répétition l’inéluctabilité de sa disparition, d’offrir des argumentaires efficaces, une production chiffrée alternative démontant le récit bourgeois et déconstruisant les mythologies martelées.

Enfin et surtout, diffuser au plus large une prise de conscience de l’actuelle fin de grand cycle capitaliste et de sa crise systémique, l’urgence de la constitution d’une organisation horizontale structurée et puissante à même de densifier politiquement les mobilisations de masse dans le réel.

Repositionner internet sur ce qu’il est vraiment: un outil très puissant et non un échappatoire ou une simple diversion. (…)

La page des Enragés doit pouvoir, grâce à son format, se retrouver partagée sur des réseaux tenus par l’extrême droite et ainsi permettre de sortir des publics, souvent jeunes, tombés dans les griffes des fascistes et des droites radicales en général et qui sont pour l’instant, perdus pour la Révolution. »

 

Voilà pourquoi vous êtes en train de nous lire depuis cette page, c’est parce qu’il y a  deux ans, « trois bonnes poires » se sont organisées pour tenter de sortir le plus de gens possible de cette sphère poisseuse,  tout simplement parce que ça nous tord(ait) le bide de constater dans le réel cette vague qui a tout submergé.

Autour des trois admins historiques sont venus se greffer d’autres EnragéEs, qui est un collectif qui évolue en fonction du temps et de l’énergie que nous laissent nos exploitations, nos oppressions et nos luttes quotidiennes.

C’est pourquoi il est quasi-impossible pour nous de vous fournir quotidiennement des dossiers anticapitalistes et antifascistes tels que vous pouvez les apprécier, en tout cas tant on voit que vous les partagez  avec enthousiasme autour de vous.

Nous ne sommes pas des professionnels.

Nous sommes des galériens, des bagnards du capitalisme, des précairEs, des ouvrierEs, des employéEs, des salariEs, des (auto)exploitéEs.

Nous sommes touTEs autodidactes.

Certains dossiers que vous avez mis 8 minutes à lire, on a passé un an et demi à les faire.

En revanche, en échappant totalement aux nécessités du marché, il nous est non seulement possible d’être loyaux envers notre propre classe, rigoureux et honnêtes mais nous affirmons que ce n’est que de cette façon qu’il est possible de l’être.

 

Dès le début de la création de la page, il a été décidé de créer un espace totalement épargné par la vague conspirationniste.

Au tout début, nous avons choisi une modération « conciliante » telle qu’elle peut être mise en place par n’importe quel modérateur sur n’importe quel forum. Au fur et à mesure de son évolution, il s’est rapidement avéré que ce n’était pas envisageable à cause de l’audience de la page. Nous avons même été obligés d’alterner des modérations différentes.

A l’époque, l’algorithme facebook, cette formule mathématique qui distribue et choisit à la place des utilisateurs, ce qui doit s’afficher ou pas sur leur fil d’actualités, était beaucoup plus favorable aux pages avec 0€ de budget et donc également à notre page anticapitaliste. Il ne faut pas oublier, pour ne citer que les français, que trois sur quatre considèrent que le capitalisme est un mauvais système et les 2/3 ne veulent pas du FN au pouvoir, si en tout cas on accorde quelque crédit aux sondages patronaux.

Il était possible de dépasser les 4 millions de vues sur une seule publication avec seulement quelques milliers d’abonnéEs.

Nos publications anticapitalistes crépitaient en temps réel à la première seconde de leur diffusion, facebook n’avait pas encore totalement tué le temps réel et surtout le principe premier de la toile, son horizontalité.

On savait que l’on ne pouvait pas encore s’attaquer frontalement à l’extrême droite car on n’avait pas assez d’abonnéEs.

On ne pouvait pas le faire avec un site, la politique de facebook de l’époque était celle de mettre en avant les photos tout comme telle était la stratégie de ces pages, c’est donc par ce biais que l’on a essayé de diffuser de l’idée dans un océan de médiocrité.

On a malgré cela tenté une publication sur l’UPR (ce micro parti de droite nationaliste en lien avec l’extrême droite) et immédiatement, on a ramassé une invasion groupée de(s?) 250 à 300 militants et sympathisants dont les premières pressions et menaces, dont une sérieuse.

En signalant la page en masse, ils sont parvenus à faire supprimer par facebook la publication.

L’objectif pour nous a donc été de faire grossir la page sans se renier et sans racolage, le plus rapidement possible car on a pu constater que l’algorithme facebook devenait de moins en moins généreux à mesure que le nombre d’abonnéEs augmentait.

Mais c’est le jour où l’on a fait une publication sur la page d’extrême droite et conspirationniste « Ce Que Cachent Vos Médias » qui relayait également la page d’extrême droite confusionniste Mr Mondialisation, que nous avons essuyé une attaque groupée de militants, de pressions, de menaces dont plusieurs de mort, dans des proportions telles que nous avons dû organiser à partir de ce jour-là des rotations de modération en 24/24.

Bien évidemment, ils ont réussi une fois encore à nous faire sauter la publication.

La plupart des EnragéEs ont été bannis de facebook à l’exception d’unE EnragéE, dont certainEs pendant trois semaines et grâce à qui la page a pu continuer à peu près normalement.

Dans les commentaires de notre page, en mp, ailleurs sur facebook, cela a été un déchaînement.

A partir de ce jour-là, on a commencé à recevoir des menaces de ce type par dizaines:

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On possédait donc tout un travail de veille antifasciste que les fascistes, ces types qui se battent depuis 10 ans pour la  » liberté d’expression « , nous interdisaient eux-mêmes de diffuser auprès de leurs victimes.

Bien évidemment, quand, récemment, on a publié notre dossier sur Mr Mondialisation, nous avons eu droit à une nouvelle attaque groupée. Mais désormais, ils ne peuvent plus nous faire censurer nos publications, la page est devenue trop importante.

Comment procède l’extrême droite pour rameuter ses éléments fascisés?

Sur cette capture d’écran, on constate que le site d’extrême droite et conspirationniste « Les Moutons enragés » rameute en défense de ce pauvre Mr Mondialisation.

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Les journées « d’affluence » sur des publications ciblées, on pouvait recevoir des attaques groupées de 300 militants d’extrême droite par jour alors que sur d’autres publications comme pour celle d’Akhenaton et qui a, rien que sur sa première semaine, dépassé les 4 millions de vues, nous n’avons quasiment pas eu à modérer quoique ce soit, le comportement de chacun a été quasi exemplaire.

C’est une publication que les confusionnistes ont tenté de piller, comme beaucoup d’autres.

IAM

En revanche, pour chaque publication sur Dieudonné, sur Etienne Chouard, sur Alain Soral, sur n’importe quel agent de l’extrême droite, c’est à chaque fois un déchaînement de pressions et de menaces.

Certains des idéologues d’extrême droite comme Alain Soral, Vincent Lapierre et d’autres, ont tenté eux-mêmes de venir faire leur propagande, ils ont été immédiatement bannis de la page.

Plus globalement, on ne peut révéler ici l’éventail des méthodes de l’extrême droite, mais sachez juste qu’elles ne possèdent pas de limite dans la perfidie.

On ne discute pas avec le fascisme, on le combat!

Voilà pourquoi depuis le début de la page, on a été obligé de mettre en place une modération serrée.

Si on ne l’avait pas fait, jamais nous serions arrivés à placer une « grosse » page au milieu de l’océan de pages confusionnistes et obscurantistes.

L’un des aspects qui plaît bien depuis le début, c’est que l’on a tenté de recréer un espace politique débarrassé de tout ça et que les fascistes ont absolument tout fait pour nous faire échouer.

Sur le lot, il est bien évident que l’on a pu bannir d’authentiques anticapitalistes.

Mais dans l’immense majorité des cas, on a tapé juste.

Au bout de ces deux ans, nous constatons à la fois une installation active de la pensée conspirationniste et obscurantiste ainsi qu’une défaite idéologique majeure.

Devant le constat qui est le nôtre, résultat de la gentrification des luttes, du discours et du milieu révolutionnaire, un discours estimant que la gentrification se combat dans les quartiers intermédiaires entre militants issus des classes moyennes et dont le propos reste inaccessible, nous avons décidé de poursuivre dans la voie sur laquelle on est le plus critiqués par le petit milieu militant: celle de la vulgarisation.

Nous avons décidé de ne plus faire grossir la page facebook « Les Enragés » et de ne l’alimenter, le plus souvent en tout cas, que par le biais d’articles produits uniquement ici-même.

sur notre site

http://www.lesenrages.antifa-net.fr/

et sur la plateforme antifa-net.fr

http://www.antifa-net.fr/

Nous n’allons plus utiliser facebook que pour propulser nos articles.

C’est un risque. Si nos abonnéEs ne jouent pas le jeu, alors facebook fera plonger encore d’avantage notre page car toute page non alimentée quotidiennement est compliquée à raviver sur ce réseau dit « social ».

A un point tel que la totalité du réseau militant tourne actuellement en circuit fermé et quasi étanche, produit à la fois de sa gentrification et… de l’algorithme ségrégationniste de facebook.

Nous n’animerons plus cette page, nous n’assurerons plus de modération en 24/24. Nous allons être obligés de parfois couper l’émission de la page, en tout cas certaines journées, certaines semaines.

Nous allons enfin réorienter notre site sur ce que nous estimons essentiel et urgent.

Nous vous réservons de bonnes surprises. De très bonnes surprises.

Allez, ne soyez pas tristes, quand on viendra sur la page, ce sera pour se détendre ou pour continuer à servir de banque idéologique.

Camarades, amiEs, l’antifascisme n’est pas un club privé!

Nous allons tenter de peser pour trouver le moyen d’ouvrir nos manifestations antifascistes au plus large.

Nous devons nous organiser dans le réel.

Tout se joue dans le réel.

La tenaille des droites libérales et des droites radicales est hégémonique sur le net car les droites dominantes sont hégémoniques dans le réel.

Quand le réel se retournera, la toile suivra.

Le réel ne se modifiera pas tout seul, il réclame de l’organisation.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

 

 

Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

[Les différents liens en caractère gras et rouge ne mènent pas aux sites en question]

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Pour mieux cerner le personnage, nous vous proposons cet article de mars 2013.

Maison pour tous de Marseille: l’obscurantisme populiste dans un lieu d’éducation populaire

 

Au départ, il n’y a absolument rien que de très anodin dans la présentation de la conférence qui aura lieu ce lundi 11 mars à La Maison pour tous « La Pauline » à Marseille, conférence organisée par une association au nom très positif «  Culture Libre ». On nous propose, et gratuitement de surcroît, une information sur les effets des additifs alimentaires sur notre santé faite par une certaine Corinne Gouget.
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En cette période où les scandales concernant l’alimentation font la une des médias, disposer d’une information fiable , sérieuse et indépendante est évidemment une préoccupation légitime. Et il serait tout à fait dans le rôle d’une Maison pour tous, membre d’un réseau d’Education Populaire soutenu par les pouvoirs publics d’aller dans ce sens en proposant des conférences scientifiques et contradictoires sur ces sujets.
Par contre, accueillir des intervenants , qui en réalité, ne critiquent les dérives de l’agro-alimentaire que pour précipiter les gens dans l’univers des « médecines parallèles », de l’obscurantisme anti-sciences , voire de mouvements sectaires contrevient totalement à l’objectif des mouvements d’éducation populaire qui visent justement à promouvoir la connaissance et le développement de l’esprit rationnel.
Or, si la publicité de cette conférence de Corinne Gouget et plus globalement de l’association « Culture Libre » est essentiellement assurée par le site d’extrême-droite Egalité&Réconciliation, ce n’est évidemment pas un hasard, puisque cela fait déjà longtemps qu’Alain Soral et Dieudonné s’associent périodiquement à des mouvements sectaires et se font une promotion réciproque avec les tenants de « thérapies » non conventionnelles.
Nous ne nous attarderons pas ici à démonter le contenu précis des thèses de Mme Gouget sur les additifs alimentaires. En effet, Mme Gouget n’est pas scientifique, elle n’est pas médecin, et de surcroît ne travaille pas de manière permettant le débat et la contradiction : son ouvrage ne référence que les « travaux » de gens favorables à ses thèses. Qui ne supporte pas la contradiction n’a pas à l’exiger.
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Ce que propose Mme Gouget comme « alternatives » suffit à démontrer sa dangerosité : sur son site, on trouve , entre autres, des louanges et des CD à vendre qui incitent notamment à refuser les traitements médicaux contre le cancer et à s’en remettre à des pseudo-thérapies alternatives. Les personnes décédées suite au bourrage de crâne de ce type de gourous sont nombreuses, notamment en France ( voir à ce sujet le dossier de la Mivililudes sur les dérives sectaires dans le domaine de la santé). Mme Gouget est également une partisane des théories anti-vaccination et fait ainsi la promotion sur son site des élucubrations de Christian Cotten, néo-nazi notoire et par ailleurs membre de la liste antisémite de Dieudonné aux élections européennes de 2009.
Quant aux pratiques concrètes de Mme Gouget, elles consistent notamment dans l’embrigadement d’enfants mineurs pour relayer ses thèses, et elle assume : on trouve ainsi sur son site le résultat d’un « concours de dessins », où les représentations d’enfants morts ou malades à côté d’aliments ordinaires témoignent des horreurs paranoïaques que Gouget et ses adeptes mettent dans la tête des mômes, sans se soucier des conséquences psychologiques éventuelles.On y trouve aussi le compte rendu d’une entrevue au Ministère de la Santé où des gamins de dix et onze ans étaient utilisés comme porte-parole de Mme Gouget ( que le Ministère de Santé ait accepté une telle « entrevue » est d’ailleurs ahurissant en soi ).
La démarche de Mme Gouget est donc loin d’être « bénévole » : outre les bénéfices tirés de la vente de son bouquin , elle se sert naturellement de ses « conférences gratuites » pour faire connaître les « thérapies -miracles » de ses « collègues » , évidemment payantes.
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Et l’association « Culture Libre » qui a donc réussi à se faire inviter à la Maison pour Tous est bien une officine manifestement destinée à promouvoir de nombreux autres membres de cette sphère sectaire qui fait son beurre sur les craintes légitimes des gens face aux dangers sanitaires découlant du mode de production capitaliste , tout en concluant des alliances avec l’extrême-droite, sur la base d’une méthode commune de domestication des esprits et des porte-feuilles : se servir de la peur, l’amplifier pour mieux contrôler.
Parmi les personnalités mises en avant et promotionnées par Culture pour tous figure par exemple le docteur Etienne de Harven : il fait partie de la galaxie des négationnistes du SIDA, ceux qui prétendent envers et contre toutes les analyses scientifiques que le VIH n’existe pas. Ces théories sont loin d’être inoffensives : De Harven a fait partie des personnalités à qui le président sud africain Mbeki a prêté une oreille attentive, en créant un «  Groupe Consultatif Officiel » dont lui et d’autres tenants de ses théories étaient membres. Le résultat:pendant des années, l’Afrique du Sud a retardé la mise en place de distributions de traitements anti-rétroviraux, tandis que la Ministre de la Santé prônait notamment l’ail, le jus de citron et ‘huile d’olive pour traiter les symptômes de la maladie. La mortalité a explosé.
Autre personnalité mise en avant par Culture Libre, Henri Joyeux : celui-ci est certes un cancérologue reconnu. Mais certainement pas pour les sujets sur lesquels il s’exprime notamment dans une conférence pour l’association : la nutrition et les « maladies de civilisation ».
En effet, Joyeux dans ce domaine est un partisan de l’ « instinctothérapie » : il a préfacé plusieurs ouvrages d’un de Bruno Gomby, le promoteur français de  Guy-Claude Burger, gourou de la secte de l’instinctothérapie, condamné pour exercice illégal de la médecine et pour attouchement sexuels sur mineurs .
Henri Joyeux défend également la thèse selon laquelle l’IVG favoriserait le cancer du sein . Normal puisqu’il est par ailleurs catholique intégriste militant , président de Familles de France, association qui consacre actuellement l’essentiel de sa propagande à la lutte contre les droits des minorités LGBT.
Au fil des liens et des « chercheurs » proposés par Culture Libre, on trouve également Jean-Pierre Petit , un « UFOlogue » qui prétend que les gouvernements mondiaux seraient depuis longtemps en contact avec des extra-terrestres qui leur fournissent des armes secrètes.
Et évidemment, comme tout conspirationnisme est inévitablement antisémite, Culture Libre invite également les affidés d’Alain Soral, à commencer par le propagateur des thèses sur le complot juif et franc_maçon le plus à la mode en ce moment Jacob Cohen.
En France, cette mouvance sectaro-fasciste n’a nul besoin de recourir à des soutiens extérieurs pour recruter des adeptes et faire de l’argent : la médecine parallèle est un secteur en pleine expansion économique, et les scandales sanitaires suffisent à créer une peur suffisante pour que n’importe quel bouquin exploitant cette peur se vende à des dizaines de milliers d’exemplaires.
L’image de « réprouvés » du système que les charlatans en tous genre essaient de se donner n’est qu’une méthode de recrutement : la plupart des grandes maisons d’édition ont un catalogue «  médecine douce et paranormal », et les liens sectaires d’un Henri Joyeux n’empêchent pas que Familles de France soit agrée par l’Education Nationale à titre « d’association éducative complémentaire de l’enseignement public«  .
Avec ou sans l’hospitalité de structures d’éducation populaire, les associations comme Culture Libre trouveront malheureusement des salles privées pour diffuser leur propagande, c’est le cas pour d’autres conférences que celle de Gouget.
Il est donc impératif  qu’ils soient bannis des lieux culturels publics comme les Maisons pour Tous, où bien d’autres intervenants sérieux et scientifiques pourraient s’exprimer sur les sujets concernant la santé.

 

Source: Opération Poulpe

En complément de lecture:

 

La plupart des médecines alternatives reposent sur des «théories» explicatives du réel, et notamment de la santé et des maladies, qui sont… fausses. Elles font appel à des «énergies», des «méridiens», des «ondes»… qui n’existent pas. Elles confortent les gens dans des représentations fausses du réel et des causes de leurs maladies ou de leur bonne santé. Question: peut-on construire quelque chose de durable et de fiable sur du sable ? Les auteurs la formulent ainsi : la vérité importe-t-elle ?
Il semble que oui, et pas seulement pour des raisons d’argent puisque les médecines alternatives ont un coût élevé pour une efficacité au mieux (rarement) égale à une médecine scientifique correctement exercée (ne pas donner d’antibiotique contre une affection virale par exemple). La seconde raison est que le traitement médiatique du sujet aboutit souvent à un déséquilibre flagrant: les défauts ou erreurs de la médecine scientifique sont montés en épingle tandis que la plupart des articles sur les médecines dites alternatives sont positifs. Cela peut conduire à des réactions dangereuses de la population en termes de santé publique, comme par l’affaiblissement des couvertures vaccinales.
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Dieudonné est passé du côté de la mort

Dieudonné n’est pas seulement antisémite, c’est-à-dire qu’au lieu de nous dire que tout le malheur que l’on vit, c’est à cause du capitalisme, lui, il dit que c’est la faute des juifs.

Dieudonné est d’extrême droite.

A chaque fois que l’on trouve des boucs-émissaires, que ce soient les juifs, les musulmans, les pauvres, les roms, les fonctionnaires européens, c’est pour protéger les riches.

Le rire de Dieudonné, c’est le rire des riches qui ne veulent surtout pas que les choses changent.

Il joue au rebelle mais lui, tout ce qu’il veut, c’est faire du fric avec des idées de haine.

Dieudonné, ce n’est pas seulement l’ennemi des juifs, c’est l’ennemi de la vie, c’est l’ennemi des femmes, c’est l’ennemi de l’égalité, c’est l’ennemi de la liberté.

Dieudonné, c’est la défense du patriarcat, autre marque de fabrique des droites et extrêmes droites.

C’est d’ailleurs ce qui lui fera déclarer le 14 février à l’hôtel Hilton d’Alger, et ce le plus sérieusement du monde, l’énormité suivante, à savoir que le mariage pour tous serait un «projet sioniste qui vise à diviser les gens».

Pour Dieudonné, une femme n’a pas le droit d’être homosexuelle et de se marier avec la femme qu’elle aime.

Pour Dieudonné, une femme doit tenir un rôle, celui de s’occuper du foyer et d’enfanter.

Pour le patriarcat comme pour Dieudonné, la femme est l’inférieure de l’homme.

Tout comme Marine Le Pen, qui veut supprimer l’accès à l’IVG, tout comme Alain Soral, tout comme toute cette petite troupe d’épiciers blafards faisant leur beurre sur la diffusion de haine, Dieudonné est non seulement antisémite mais aussi un grand ennemi de l’émancipation des femmes.

Une femme qui rit avec Dieudonné, c’est une femme qui ignore qu’elle rit avec ses maîtres.

Dieudonné prétend se battre pour l’Afrique et pourtant, il se fait inviter par ceux qui la pillent. Dieudonné profite de l’exploitation de ses frères. Dieudonné fait partie d’une famille africaine très riche.

Dieudonné prétend se battre pour la Palestine mais la Palestine libre ne veut pas de son rire fasciste, ne veut pas de son rire Le Pen.

Dieudonné n’a jamais rien fait pour la Palestine, n’a jamais rien fait pour la paix. Lui son business, c’est la haine, Dieudonné vend très cher un ricanement haineux.

Il est juif l’homme le plus riche de France? Non il ne l’est pas. La plupart des autres non plus, qui sont quasiment tous des hommes, soit dit « en passant ».
Oui il y a des juifs très riches, tout comme il y a des catholiques, des protestants, des musulmans et des athées qui sont très riches aussi.

La seule religion des riches, c’est le fric.

En cherchant à mettre la faute sur les juifs, il fait exactement ce qu’ont fait les tsars en Russie, il fait exactement ce qu’a fait Hitler.

Hitler a sauvé le capitalisme pour les riches en désignant comme coupables les juifs, les tziganes, les communistes, les homosexuels, les socialistes.

Dieudonné appelle l’armée et la police à faire la « révolution », c’est aussi comme ça que l’extrême droite peut prendre le pouvoir, par un putsch militaire.

Sa « révolution » est une contre-révolution.

Il se bat dans le camp des riches Dieudonné, ses idées, ce sont celles des Le Pen, ce sont celles d’Alain Soral, ancien du FN et soutien du FN, ce sont les idées cousines de Sarkozy.

Dieudonné se bat aux côtés de l’extrême droite, de Jean-Marie Le Pen, du Front National, il se bat aux côtés des riches, il se bat aux côtés de cette vieille France catholique intégriste, il se bat aux côtés de la haine, il se bat surtout pour faire grossir son compte en banque.

Dieudonné est devenu un petit commerçant de la haine.

Nous aimions bien Dieudonné de son vivant. Mais c’était avant. Il est passé du côté des idées de Pétain, de Franco, d’Hitler, il est passé du côté de la mort.

Les Enragé-e-s

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Dieudonné et ses nombreux liens avec l’extrême droite

La chute de Dieudonné commence en 2006, avec sa venue à la fête du Front National le 11 novembre et où on le voit poser avec des membres du DPS (service d’ordre du FN, véritable milice paramilitaire d’extrême-droite).

 

En 2007, Dieudonné se constitue un cercle d’amis et de soutiens venant d’extrême-droite, pour former la solide base de constitution de la « liste Anti-Sioniste ».

En 2008, c’est la descente aux enfers. D’abord, il y a un voyage au Liban et en Syrie. Dieudonné est accompagné par des grosses pointures d’extrême-droite. Le voyage est organisé à l’initiative de Frédéric Chatillon, ancien responsable du Groupe Union Défense (GUD, organisation étudiante violente nationaliste et raciste née en 1968 par des anciens d’Occident, pro-OAS et Algérie-Française) ; Thierry Meyssan, fondateur du Réseau Voltaire et fervent défenseur des régimes iranien, lybien et syrien ; Alain Soral, ancien du FN et leader d’Égalité et Réconciliation, organisation de type fasciste mussolinienne (proche un temps de Serge Ayoub, Soral n’hésite pas à mettre des portraits de Charles Maurras sur son site et à reprendre le slogan de Mussolini « Gauche du Travail, Droite des valeurs ») ; Marc Georges, ancien du FN et coordinateur de la campagne « Anti Sioniste » ; Ahmed Moualek, antisémite notoire, animateur du blog « la banlieue s’exprime », soutien du FN dans les quartiers. C’est cette même équipe que l’on retrouve aujourd’hui dans les soutiens forcenés à Bachar al-Assad.

Toujours en 2008, arrive un heureux événement pour Dieudonné : Jean-Marie Le Pen, président du FN, devient officiellement le parrain du troisième enfant de l’humoriste lors d’une cérémonie à Bordeaux… (plus si drôle que ça, hein ?!).

En septembre 2009, c’est le procès Dieudonné-Faurisson qui le remet sur le devant de la scène. Robert Faurisson, négationniste notoire, antisémite et proche de l’extrême-droite, s’était vu invité par Dieudonné à un de ses spectacles, pour lui remettre le « prix de l’infréquentabilité et de l’insolence ». Dieudonné commence à bien choisir ses amis et son public applaudit. A l’audience du procès, tous ses nouveaux compagnons de route sont présents pour le soutenir : Ginette Skandrani, exclue des Verts pour négationnisme et antisémitisme ; des membres d’Égalité et Réconciliation ; Thomas Werlet, chef du Parti Solidaire Français (parti fasciste d’obédience Pétainiste-Doriotiste, anciennement appelé « Droite Socialiste », ceux-là même qui étaient avec Kemi Seba et dont certains membres, des skins néo-nazis, avaient tabassé des jeunes « parce qu’ils étaient noirs », les mêmes rendus célèbres en 2008 pour une fusillade contre deux jeunes d’origine immigrée en banlieue) ; des pointures du négationnisme et du racisme comme Michelle Renouf, proche du British National Party (parti réputé pour avoir accueilli dans ses rangs des skinheads néo-nazis de Blood and Honour et Combat18 dans les années 1980).

En mai 2009, c’est le lancement effectif de la « liste antisioniste » aux Européennes parrainée par le Parti Anti-Sioniste et par Égalité et Réconciliation, dont le tête de file est Dieudonné. Sur cette liste, on retrouve encore du beau monde : Mickael Guerin, ex-secrétaire du Front National de la Jeunesse en Rhône-Alpes et responsable de la section Savoie d’Égalité et Réconciliation (dont le site internet arborait le logo des nationaux-bolchéviques, une idéologie mêlant nazisme et stalinisme) ; Emmanuelle Grili, ancienne militante du Renouveau Français (organisation nationaliste, raciste et royaliste) ; Charles Alban Sheppens, également ancien de Renouveau Français passé par le « Groupe Nationaliste Bourgogne » dans les années 1990, puis par le FN, président de la « Fraternité Franco-Serbe », dont Jany Le Pen est la marraine (cette association apporte son soutien aux serbes du Kosovo dans leur combat contre les musulmans albanophones). Ce Charles Alban Sheppens, on le voit également aux côté des hooligans racistes de Boulogne où il vend des écharpes pour le compte de la Fraternité. Cette liste est officiellement soutenue par le Parti Solidaire Français (dont nous avons déjà parlé plus haut). Soulignons également que le Parti Anti-Sioniste de Dieudonné ne fut jamais accepté comme soutien officiel par les organisations de libération en Palestine…

De 2010 à 2012. Dieudonné stagne dans sa sphère de fans issus à la fois de l’immigration, des quartiers populaires et de l’extrême-droite radicale, assumant tout son parcours depuis 2006.

Vous en voulez encore ? Allez, on va dans le plus récent !

Juin 2013, affaire Méric. Un jeune antifasciste, Clément Méric, est assassiné par des néo-nazis de Troisième Voie dont le chef est Serge Ayoub alias « Batskin », patron également des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (service d’ordre de Troisième Voie).

Dieudonné se montre en octobre dans une vidéo avec Serge Ayoub, lui serrant la main et lui accordant son soutien de part la mise à disposition d’une interview où le leader néo-nazi raconte sa version des faits (depuis 2009 Dieudonné s’était déjà présenté comme « ennemi des antifascistes »…). Mais avec cette interview, Dieudonné montre une fois de plus de toute sa contradiction ! Dieudonné se donne l’image du combattant contre l’impérialisme… et des jeunes le suivent bêtement. Serge Ayoub en bon « anti-impérialiste » et « anti-colonialiste » qu’il se présente (laissez nous rire un instant !) ne manque pourtant pas de casseroles. Au sein même de l’organisation d’Ayoub, il y a eu des individus comme un certain « Pti’Fred » qui se vante dans le documentaire « Sur les pavés » (réalisé par Serge Ayoub pour « répondre » au documentaire « Antifa chasseurs de skins »), interviewé dans le bar « Le Local » (de Batskin…) d’avoir fait parti des mercenaires de Bob Dénard (militaire colonialiste et anti-communiste) en Afrique en 1995, pour appuyer des coups d’État comme celui aux Comores… Et il n’est pas le seul, les nationalistes français ont contribué lourdement au pillage de l’Afrique, de l’Asie, de Orient et de certains pays de l’est en envoyant des mercenaires pour asseoir la domination de la France et des valeurs chrétiennes.

Et Dieudonné n’est que le complice de tout ça en s’alliant avec eux !

Dieudonné est bien d’extrême droite, c’est le tirailleur noir des suprémacistes blancs… Il est la caution de couleur pour faire passer le message et la volonté des racistes blancs ! Du masochisme aussi poussé, qui l’eut cru un jour ? Dieudonné l’a fait !

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