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De Funès aux Bronzés, d’une droite à une autre

   Si l’on excepte le jeu d’acteur, brillant à exceptionnel, Funès est à la droite des 30 Glorieuses ce que les Bronzés sont à la droite de la période suivante

 Le récit idéologique de la production cinématographique de Louis de Funès s’inscrit dans la volonté de redorer le blason d’une droite patronale ayant sombré dans la collaboration.

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Arbre de Noël de l’Elysée, 9 décembre 1971, le crooner de droite Sacha Distel et Louis de Funès sont invités par Georges Pompidou.

 C‘est ce personnage infect, radin, soumis aux puissants, occupant le plus souvent la position sociale d’un patron et avec lequel le spectateur est conduit à entrer en empathie.

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 C‘est toute cette droite catholique patronale qui a totalement perdu son hégémonie et sa crédibilité au sortir de la guerre.

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Que nous dit ici le royaliste Louis de Funès ? Peu importe sa position sociale, c’est le cœur qui compte. Le cœur représente ici l’âme caritative au fond catholique consistant le plus souvent à se soulager d’une petite pièce à la sortie de l’église. Peu importe que vous soyez patron ou employé-e nous dit-il. C’est Dieu qui vous jugera selon vos actions et votre compassion à l’endroit de ceux qui souffrent, à l’endroit de ceux qui ont faim. Beau comme une messe de Noël en latin.

 Là où Les Bronzés portent l’idéologie d’une bourgeoisie ayant adoubé le libéralisme et l’illusion de la démocratisation qu’il porte, le cinéma de Funès est un cinéma de société figée dans sa verticalité.

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 Toute la mécanique des Bronzés consiste à railler la « vulgarité », la lâcheté, le manque de « savoir vivre » d’une petite bourgeoisie ayant émergé de la société de marché et accédant elle aussi aux loisirs bourgeois, aux loisirs de la classe après laquelle elle court.

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Comme les sports d’hiver, qui ne concernent chaque année que 7,4% des français.

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De Funès se situant quant à lui dans l’idéologie réactionnaire.

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 Un basculement de la droite radicale vers la droite libérale.

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Nicolas Sarkozy et son ami, l’acteur de droite Christian Clavier

 C‘est ainsi que nous sommes passés du récit cinématographique d’un patronat à la fortune discrète et à l’existence emmurée derrière les grilles de son château à celui d’un patronat montré en exemple de réussite, qui est là pour illusionner quant à l’élargissement de l’assise des rentes, irréductiblement figées dans leur masse.

 

Les Enragé-e-s

 

 

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Georges Pompidou et la skieuse de droite Marielle Goitschel

 

Avec la Loi Travail, la bourgeoisie française s’aligne logiquement sur la stratégie globale de la bourgeoisie occidentale mondialisée et sur les mutations profondes du capitalisme qu’elle provoque. Nous vivons une époque de transition.

A entendre non pas au sens où, tout à coup, le capitalisme « redevient » agressif ; car le capitalisme est un processus constant d’agression, de spoliation et d’asservissement. Mais au sens où le capitalisme entre dans une nouvelle étape de férocité, engageant une métamorphose a priori irréversible de ses rouages de domination et d’exploitation.

C’est toute l’erreur du « mouvement ouvrier » que de se reposer sur ses « acquis » des années 1930 – celles du Front Populaire -, de l’après-guerre et des « Trente Glorieuses ».

Certes, les congés payés, la fonction publique, la sécurité sociale et la protection sociale en général, le Droit du Travail, sont des acquis arrachés au prix de luttes souvent sanglantes avec le patronat.

Pour autant, ces acquis sont également des concessions de la part du patronat pour empêcher tout basculement irréversible dans une marche collective vers l’inconnu d’horizons révolutionnaires post-capitalistes aléatoires. Concessions, car cédés au prix de la collaboration active de certains organes du « mouvement ouvrier », dont essentiellement le Parti Communiste Français et, depuis quelques décennies, les centrales syndicales.

Les « Trente Glorieuses » désignent l’ouverture à la consommation de masse et à l’industrie touristique, c’est-à-dire à la valorisation capitaliste du « temps libre » concédé dans les congés payés. Les périodes de « vacances » ne désignent donc pas un moment où les travailleur.se.s peuvent se retrouver collectivement en dehors des lieux de travail et des taudis prolétaires mais des zones marchandes d’atomisation individualiste. Ainsi, le « temps libre », littéralement temps « sans travail », est un temps où l’on joue à s’offrir le service de la force de travail d’autrui : hôtels, stations balnéaires, club med, parcs d’attraction, etc. Cette valorisation capitaliste du « temps libre » peut effectivement être qualifiée de mutation du capital en spectacle-marchand. Bref, on peut désormais s’offrir massivement les outils d’aliénation individualiste que la bourgeoisie nous fait elle-même produire : ledit temps libre reste un temps déterminé par le travail.

Ces « acquis » sont justement ceux que la bourgeoisie actuelle cherche à détruire méthodiquement afin de revaloriser son taux de profit. Or, nous avons oublié les horizons de société auxquels aspiraient celleux qui ont autrefois lutté pour obtenir ces acquis. Comme si, de par ces acquis, nous avions réussi à figer les processus du capitalisme. Aujourd’hui, nous sommes rattrapé.e.s et nous avons perdus nos repères. Pour quoi nous battons-nous ? Pour quoi nous risquons-nous par la grève, l’occupation voire l’émeute ? Depuis ces « Trente Glorieuses », les mouvements sociaux ne sont plus offensifs. Nous encaissons les coups, les rendons tant bien que mal. Parfois, nous les faisons reculer, comme ce fut le cas en 1995 ou en 2006. Mais nous ne parvenons pas à bloquer l’élan irrésistible et le rouleau compresseur des nouvelles mutations du capitalisme. En effet, depuis les années 1990, celui-ci s’est mondialisé. La division internationale du travail a changé la donne. Si le processus de mondialisation amorcé sous l’ère des colonies au XIXe siècle avait permis à terme l’irruption politique d’une « classe moyenne » relative, la phase de mondialisation contemporaine advenue avec le néo-colonialisme est quant à elle caractérisée par un phénomène de délocalisation des centres de production et une concurrence considérablement accrue entre les travailleur.se.s des quatre continents. Finalement, l’irruption politique d’une certaine classe moyenne se révèle superficielle et historiquement limitée à un laps de temps de quelques décennies.
Les « plans d’austérité » à répétition en Europe, dont la Loi Travail en France n’est qu’un maillon, renvoient à la marche forcée vers la sur-prolétarisation de la société. Mais en vérité, la Loi Travail est déjà une réalité pour une grande partie de la population, notamment celle ultra-précaire des quartiers populaires, une frange de population qui va encore s’agrandir.
Tout cela pose plusieurs questions quant aux perspectives révolutionnaires.
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Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

C’est en pillant intégralement l’enregistrement du discours de fin du film de Charlie Chaplin, « Le dictateur« , que le compte Youtube Mr Mondialisation parvint pour la seule fois à dépasser le million de vues avec une vidéo au titre messianique « Vous êtes l’évolution« , même si les compteurs de vues, où que ce soit sur internet, ne veulent strictement rien dire.

Cette page prétend proposer des « solutions » relevant de pratiques individuelles et communautaires animées par la croyance selon laquelle ces comportements « moralisés » pourraient avoir un impact décisif sur le mode d’organisation global de la production et qu’ils seraient à terme en mesure de lutter efficacement « contre le changement climatique » ou « la catastrophe écologique ».

En faisant appel à des thématiques en apparence consensuelles comme le consommer local, « bio » ou « éthique », que seule une petite minorité est en capacité de s’offrir, la page « Mr Mondialisation » prétend se positionner en alternative au discours dominant tout en piochant abondamment dans la rubrique écologie de l’ensemble de la presse patronale.

Dénoncer le greenwashing – cette manip de publicitaire destinée à repeindre l’économie de marché en vert – tout en le pratiquant soi-même, voilà une petite incohérence qui méritait d’être fouillée plus avant, d’autant plus que le monsieur en question, qui se présente comme « sociologue« , semble répéter depuis sa création il y a quatre ans, que sa page serait « apolitique » ou « apolitique et adogmatique« .

Or s’il y a bien un mot dont il faut se méfier en politique, c’est bien celui-là, car Mr Mondialisation est quoiqu’il puisse en dire une page politique.

En effet, l’apolitisme est le plus souvent un faux-nez bien pratique pour ceux qui n’assument pas leurs idées ou pire, qui plus pernicieusement, avancent masqués.

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L’apolitisme conduit à considérer que seuls le marché et l’ordre actuel en place seraient en mesure à la fois de répondre aux préoccupations de tout un chacun et aux nécessités de réinvention totale d’un système d’organisation de la production traversant une crise systémique.

Proposition pour le moins farfelue et d’une honnêteté hasardeuse puisque l’économie de marché n’est qu’un synonyme du capitalisme, ce dernier n’existe pas sans finance, sans pillage des ressources, du travail et de la nature, sans spéculation, sans expansion, sans le vol légal de la moindre minute de travail, pour résumer, sans salariat.

Un apolitisme signant le rejet de la caste politique – ce qui est une bonne chose – mais sans que cela soit accompagné d’aspiration réelle pour la démocratie directe, ce qui matérialise finalement le refus de toute perspective de dépassement du capitalisme par la lutte solidaire et l’autogestion populaire.

Tout au plus quelques manifestations polies d’indignation.

L’apolitique cynique, quel que puisse être l’emballage pseudo-altruiste ou conquérant, accompagné du discours tarte à la crème du « changement de monde », entend avant tout et surtout changer le sien; le reste ne lui importe guère.

Le plus souvent, le « ni droite ni gauche » de ceux qui se disent « apolitiques » est historiquement un mode opératoire classique de l’extrême droite.

Puisque « Mr Mondialisation » se refuse à dévoiler la pensée politique véhiculée sur sa page, regardons-y de plus près.

Commençons par nous intéresser à l’idéologie profonde du personnage, que l’on voit résumée ici:

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Au premier abord, deux phrases teintées d’une certaine naïveté et passablement anodines. Essayons de comprendre ce qu’elles signifient vraiment car pour une fois, vous allez voir que Mr Mondialisation a le mérite d’être clair.

Qu’est ce que selon lui cette montagne infranchissable ici? Quel système économique détermine actuellement la marche injuste du monde?

La mondialisation?

Non, il s’agit du capitalisme, un capitalisme entré dans une phase de globalisation des rentes des classes possédantes et qui produit une intensification de la mise en exploitation combinée des travailleurs de la planète. Et cela n’a rien de nouveau au sein du système capitaliste.

Les capitalistes sociaux démocrates (la gauche) préféreront parler de globalisation à la place de mondialisation, quant à elle plutôt choisie par les droites.

Pourquoi?

Tout simplement parce que toute l’Histoire de l’humanité est une histoire de mondialisation. L’être humain n’a pas attendu l’invention des marches militaires pour se servir de ses deux jambes et bien heureusement! Il a forcément fallu en gravir des montagnes, ne serait-ce que pour aller découvrir ce qu’il y avait de l’autre côté, et savoir ce qu’en avaient fait ou voulaient en faire ses semblables.

Or quand on analyse les publications de Mr Mondialisation, on peut absolument toutes les commenter de la phrase suivante: « Tout changer pour que rien ne change« .

Essayez, vous verrez, ça marche à tous les coups.

Mr Mondialisation est en réalité un conservateur.

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Selon Mr Mondialisation, jamais l’exploitation et l’oppression ne cesseront, un peu comme si elles appartenaient à un « ordre naturel » indépassable.

Pour lui, toute révolte sociale est vaine. En réalité, derrière les injonctions à la fois cyniques et culpabilisantes du « commencer par changer soi-même » et de « l’éveil des consciences » se cache un appel en creux à la résignation et à la soumission. Le tout nappé d’illuminations « optimistes » et « joyeuses » d’autruches béatifiées par les sermons d’une bible verte à la voix robotique.

Si c’est par la grâce de Messes Age vidéo apocalyptiques et spiritualistes hébergées sur le site Youtube que Mr Mondialisation a permis à certain-e-s de trouver la paix, de ne jamais céder au pessimisme et aux appels diaboliques de la malbouffe ou de la chair, c’est avant tout parce que le vin bio est bon, le prêtre, quant à lui, fait des miracles, il transforme les carottes en or.
C’est donc tout naturellement que l’on voit assurée ici la promotion du nuage anthroposophique en la personne de Pierre Rabhi, une publicité permanente pour Colibri que l’on retrouve en filigrane d’un très grand nombre de publications et ce sous différentes formes.

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L’une des deux seules interview disponibles de Mr Mondialisation a été réalisée par « La Ruche qui dit oui« , start up [comme ils disent] dans le développement de réseaux de circuits courts et surtout proche de Colibri, une fois de plus le précepte du gourou: « On n’est jamais mieux servi que par les autres pour soi-même »

Au programme, disette joyeuse et précarité optimiste pour tous!

Diffusion du documentaire anthroposophique «Sous les pavés, la Terre» qui sonnerait "dans un contexte devenu très déprimé, comme une bouffée d'esprit rebelle, mais sans caricature ni vaine orientation."
Diffusion du documentaire anthroposophique «Sous les pavés, la Terre» qui sonnerait « dans un contexte devenu très déprimé, comme une bouffée d’esprit rebelle, mais sans caricature ni vaine orientation. »

On notera au passage le détournement réactionnaire du slogan soixante-huitard « Sous les pavés, la plage!« …

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«Sous les pavés, la Terre» Ça fait rêver…

Avec Rabhi le prophète rebelle, comme avec le dalaï lama, comme de tous temps avec tous les Clergés quels qu’ils soient, désignés ou autoproclamés, la classe possédante a pu trouver là un excellent moyen de perpétuer son oppression, sans ne jamais céder au pessimisme.

 

Au quotidien on est confronté à des questionnements sur nous-mêmes, sur notre travail, est-ce qu’on va avoir du travail, est-ce que la société va évoluer, etc,… Et bien cette insécurité, cette insécurité, plutôt que d’en faire de la peur, faisons de la créativité. Il y a Alan Watts qui avait écrit un livre qui s’appelait « bienheureuse insécurité » Parce que quand on est installé dans la certitude, cette certitude nous endort. Et aujourd’hui, nous n’avons pas à nous endormir. Et je bénis cette incertitude. Et je bénis cette situation dans laquelle les horizons se brouillent. Et parce que les horizons se brouillent, on fait appel à la lumière. Pierre Rabhi

Nous devons plus que la lumière à Mr Mondialisation et à Pierre Rabhi, nous leur devons la promotion d’une conception anthroposophique de la société, qui nous renvoie précisément avant les Lumières.

 

 

Cet apolitisme ne nous invite pas à détruire les structures d’oppression que sont le capitalisme, le patriarcat, le racisme, la « Doctrine Sociale de l’Eglise » mais au contraire à les considérer comme immuables. On se contente de parler de « mode de vie », comme si celui-ci relevait d’un choix individuel, qu’il n’était pas le produit des besoins de l’économie capitaliste actuelle et qu’il n’était pas le plus souvent subi.

Le discours du « mode de vie » est en outre ethnocentré, c’est-à-dire qu’il ne voit le monde que sur la base d’une seule différentiation ethnique auxquelles on associe des développements économiques et impérialistes figés, vision conservatrice, relativiste – c’est-à-dire réactionnaire, à opposer à l’universalisme progressiste qui, bourgeois tous deux, sont à opposer à l’internationalisme – et capitaliste du monde que l’on masque habilement par le terme « altermondialisme », cher aux économistes d’ATTAC et à tous ceux qui dénoncent les « dérives » du capitalisme et non le capitalisme lui-même.

Il n’y a pas d’étude du monde sur la base du réel capitaliste, qui est celui d’une structure internationale de prédation en chaîne entre exploiteurs-exploité-e-s. La conception du « mode de vie » se résume à une capacité d’action individuelle sur son milieu le plus souvent subie et fortement limitée, quels que puissent être la foi et le compte en banque des adeptes de cette église New Age.

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« Aide-toi et la Nature t’aidera, Ecologie bien ordonnée commence par soi-même »

Ce discours écolo-mystique ayant remplacé Dieu par la Nature, s’adresse indifféremment à ceux qui ne produisent rien et qui ont tout (les 10%) et à la fois à ceux qui produisent tout et qui n’ont rien (les 90%), c’est-à-dire tout aussi bien aux princes qu’à la masse des galériens.

C’est un discours qui fait la négation de la lutte des classes, c’est un discours interclassiste, à savoir qu’il considère que l’intérêt du patron ou du cadre et de l’employéE seraient identiques. C’est un discours qui voudrait convaincre les exploitéEs de l’implacable utilité et mérite de leurs maîtres… En définitive, la Nature joue ici le rôle de la Nation, elle écrase et balaie les intérêts de classes au nom d’une entité supérieure afin de fracturer la classe des plus nombreux et de maintenir la société d’exploitation par la force, précisément la fonction du fascisme, qui fonctionne sur le mythe et en faisant remonter la pourriture des âges.

Dans l’une de ses vidéos, Mr Mondialisation le dit lui-même:

« Nos sociétés capitalistes sont sur le point de s’écrouler et beaucoup cherchent un coupable. Patrons, immigrés, chômeurs, les partis politiques fondent leur programme sur un ennemi désigné. »

A la lecture de cette phrase, beaucoup n’en croiront pas leurs yeux, elle est d’une violence terrible.

Car là est toute la perversion de la page qui se retranche souvent derrière l’intention naïve d’une « ouverture d’esprit ». C’est très perfidement qu’elle feint d’expliquer ici le mécanisme de production du fascisme tout en intégrant à la liste des victimes (immigrés, chômeurs), leurs propres oppresseurs!

C’est une rhétorique fasciste dans la mesure où elle nie au racisme sa qualité d’objet et de produit d’une relation sociale de domination. Elle intègre une vision patronale à un projet prétendument révolutionnaire (d’où le « (R)évolution« ). Or cette conception du monde est profondément contre-révolutionnaire, elle revient à appeler les esclaves à se révolter aux côtés de leurs maîtres pour lutter contre des moulins à vent et ce en plein cœur d’une crise systémique.

Nous sommes là dans le confusionnisme le plus parfait.

Ainsi, il n’est pas étonnant de voir apparaître sur cette page de droite la promotion du très libéral « Revenu de Base« :

Le « revenu de base » ou la nouvelle lubie de certains libéraux pour tenter de sauver le capitalisme
Le « revenu de base » ou la nouvelle lubie de certains libéraux pour tenter de sauver le capitalisme

Pas étonnant, bien évidemment, de voir très présente l’idéologie entrepreneuriale, car pour l’écologie réactionnaire de Colibri, ce sont les chefs d’entreprise qui sauveront le monde. [rien que ça]

Rappelons à toutes fins utiles que pour ne citer que les travailleurs français, 93% d’entre-eux sont des salarié-e-s et non des patrons. Et sur ceux qui restent, plus de la moitié n’est « patronne » que d’elle-même.

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Patrie, patriarcat, patriarche, paternalisme, patron, tel est le mantra « écolo » de Mr Mondialisation

Une page soit disant « alternative » et qui assure malgré cela la publicité d’évêques bien gras invités sur toutes les télés patronales:

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Maintenant que l’on sait où l’on a mis les pieds, on ne s’étonnera pas de voir également figurer en bonne place sur la page de Mr Mondialisation, toute une batterie de sites conspirationnistes et fascistes, diffusés régulièrement depuis le début de la création de la page.

Mr Mondialisation évoque par exemple dans l’une de ses vidéos, le « peuple pyramide« , qui n’est rien de plus qu’une version « allégée » de la théorie fumeuse du complot judéo-maçonnique, vision paranoïaque chère aux fascistes et aux complotistes.

Depuis sa création, c’est une page qui possède de très nombreuses entrées dans la sphère conspirationniste.

Ici le démagogue de droite Pierre Jovanovic.

 

Ici l'animateur radio et écrivain obscurantiste et conspirationniste, en lien avec toute l'extrême droite
Pierre Jovanovic, l’animateur radio, écrivain obscurantiste et conspirationniste, en lien avec toute l’extrême droite

 

L’écrivaine obscurantiste et antisémite proche d’Egalité&Réconciliation, Claire Séverac sur la chaîne « Agence Info-libre« , media d’extrême droite et émanation du groupuscule néofasciste « Le Cercle des Volontaires »

Ici la télé d’extrême droite Agence Info-libre

« Cercle des Volontaires » que l’on retrouve aussi sur Mr Mondialisation

 

Le sujet du 11 septembre, un grand classique des conspirationnistes.
Le sujet du 11 septembre, un grand classique des conspirationnistes.

Tout comme le site conspirationniste Wikistrike

Etre repris par une bonne part de la sphère fasciste fut comme une forme de consécration pour Mr Mondialisation
Etre repris par une bonne part de la sphère fasciste fut comme une forme de consécration pour Mr Mondialisation

Ou encore ici

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Ou encore le mouvement sectaire techno-scientiste et antisémite Zeitgeist, proche de l’extrême droite et qui est là encore présentée comme une source « alternative »…

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Il ne s’agit bien évidemment pas d’un accident mais d’une orientation politique consciente et parfaitement calculée, on retrouve une fois encore Zeitgeist par exemple ici.

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On trouve également le site écolo-spiritualiste « 4e singe« , proche idéologiquement de la page facebook « Les Indignés« , un site diffusant du contenu conspirationniste et d’extrême droite.

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Etant donné la teneur politique générale de la page, c’est presque sans surprise que l’on retrouve Etienne Chouard, la tête de pont de toutes les extrêmes droites.

Quelques-uns des très nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite.

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Etienne Chouard apparaît lui aussi régulièrement sur la page de Mr Mondialisation.

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Ici

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Ou ici

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Certains des plus naïfs nous répondront que Mr Mondialisation diffuse aussi du Causette, du Attac, du Acrimed, la 6e République du Front de Gauche.

Ce à quoi nous répondrons deux choses:

D’une part, les quelques entrées progressistes sur la page sont très loin de peser autant que les publications de droite et d’extrême droite.

D’autre part, on vous dira juste ceci: vous venez de comprendre ce qu’est un site confusionniste.

Exemple Mr Mondialisation publie un article du magazine féministe Causette tout en relayant ces monuments du patriarcat sortis du formol:

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Ou encore ici

MrXIXepatriarcatUn site confusionniste publie tout et son contraire, ce n’est pas la cohérence qui l’étouffe. (Même si l’on reste toujours sur une ligne à la logique capitaliste, bien évidemment). Le but est de piocher un peu partout afin de rameuter au plus large et pouvoir paisiblement diffuser son poison, en accordant par exemple une « libre expression » à une petite meute de sympathisants dans les commentaires.

La confusion sert toujours les droites, radicales ou pas, et ce n’est pas le paravent de son soutien au mariage pour Tou-te-s qui pourra l’extraire de sa famille politique naturelle.

Il est en effet bien d’avantage dans l’intérêt des dominants que des exploité-e-s, que personne ne comprenne rien à notre situation historique actuelle.

Connaissez-vous MagicJack?

Il s’agit d’un chanteur conspirationniste évoluant dans le milieu vegan réactionnaire.

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MagicJack alias Maxime Ginolin, militant réactionnaire de la protection animale (et non de la libération animale.)

MagicJack dans l’une de ses vidéos, envoie un clin d’œil à Mr Mondialisation en l’intégrant à son Panthéon des personnalités marquantes de l’Histoire, au côté duquel on trouve mère Teresa.

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Au moment de son décès, mère Teresa avait ouvert 517 missions accueillant les pauvres et les malades dans plus de 100 pays. Ces missions ont été qualifiées de mouroirs par des médecins ayant visité plusieurs de ces installations à Calcutta. Les deux tiers des personnes fréquentant ces missions espèrent y trouver un médecin pour être soignées et l’autre tiers agonise sans recevoir les soins appropriés. Les médecins y observent un important manque d’hygiène dans les locaux, voire de l’insalubrité, une rareté de soins réels, un régime alimentaire insuffisant et l’absence d’antidouleurs. Ce n’est pas un manque d’argent qui est en cause – la Fondation mise sur pied par mère Teresa a amassé des centaines de millions de dollars – mais une conception particulière de la souffrance et de la mort : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance », répond-t-elle aux reproches, rapporte le journaliste Christopher Hitchens. Et pourtant, lorsque mère Teresa a eu besoin de soins palliatifs, c’est dans un hôpital américain ultramoderne qu’elle les a reçus.

Les vidéos de Mr Mondialisation sont composées de montages compilant des séquences très courtes, des images le plus souvent apocalyptiques, parfois très dures, au but de s’adresser à l’émotion et à elle seule, en lieu et place de s’adresser à la réflexion.

Le but n’est pas d’instruire ou d’informer mais de choquer par le montage d’une accumulation effroyable de dégâts écologiques, séquences piochées dans l’armada de films environnementalistes sortis ces 10 dernières années, et qui mis bout à bout modifient la perception du réel. Nous sommes là très proches de la méthode sectaire. Le but est de briser les défenses intellectuelles afin de placer les auditeurs en position de réception et d’adhésion maximale au discours.

Les films de MagicJack fonctionnent exactement sur le même modèle. Là encore, ce n’est pas étonnant puisque MagicJack a largement collaboré à plusieurs des vidéos de Mr Mondialisation.

On le retrouve ici

MrMMagicjackAprès ce lavage de cerveau mélangeant tout et son contraire, sur le modèle des films propagandistes de la secte Zeitgeist évoquée plus haut, il est ensuite aisé pour la voix off de délivrer des messages lénifiants.

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Nathalie Krier ici bas aux côtés de Jérome Lescure.

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Qui est Nathalie Krier?

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Nathalie Krier ici en compagnie de Serge Ayoub et du meurtrier de Clément.

Ici aux côtés du très décrié président du CRAC

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Le CRAC que l’on retrouve bien évidemment sur Mr Mondialisation

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Mais le CRAC va plus loin que de collaborer avec la Fondation Brigitte Bardot. Il fait de cet alliance quelque chose de primordial. Faisant ainsi des ennemis de la FBB des « ennemis de l’intérieur »

 

Ce n’est pas la seule, Mr Mondialisation assure également la promotion de toutes les associations animales les plus réactionnaires ou en tout cas, les moins progressistes.

MrMassoreacsetfachosL214 n’est pas éthique car ils sont welfaristes et collaborent avec des organisations douteuses.
Le CRAC s’associe à la pire extrême-droite française
269 life est contre certaines formes de respect des communautés (homosexuelles, trans…) et dans certains cas, contre le droit à l’avortement
L’AVF n’est pas l’organisation la plus engagée du monde.

Et les ZAD dans tout ça?

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Un commentaire de Mr Mondialisation dans la droite ligne de la page.

 

 

Mr Mondialisation réclame ici à ses fidèles « une pensée« , un peu comme l’on célébrerait des disparus à la messe le dimanche. Pas d’appel à solidarité directe. On parle non pas de lutte anticapitaliste mais de « sacrifice », là encore un vocabulaire religieux. Le sacrifice consiste à faire le don d’une vie à Dieu, une offrande en guise d’hommage.

Ce sont les fous de Dieu qui se sacrifient en se faisant péter le ceinturon.

Les militants sont repeints en croisés. Le mot « cause » n’est pas prononcé, mais c’est une cause « qu’ils » croient juste. Là encore, la croyance. Et le sacrifice au nom de la Justice, qui n’est pas celle de l’émancipation mais du respect de la Nature en tant qu’entité sanctifiée. Il ne s’agit pas d’un discours libertaire mais d’un discours œcuménique.

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Et pour la bonne bouche, ici le soutien à Bruno Boulefkhad, la création médiatique d’Alain Soral, un soutien qui fut ciblé sur la seule sphère d’extrême droite.

 

Encore un petit doute?

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Les Enragé-e-s

 

Grève des dépôts bancaires : un mythe réactionnaire

L’appel du « bank run » en 2010, cette prétendue « révolution pacifique » qui se solda par un flop retentissant, est typique des fausses portes de sortie à la crise systémique du capitalisme qui sont agitées devant les travailleurs comme des hochets afin de leur faire ingurgiter une mauvaise soupe.

Comment accorder quelque crédit à une opération ayant invité les masses à retirer leur argent en banque en sachant que c’est précisément la classe exploitée qui est privée de Capital et qui en subit au quotidien le joug?

Comment conseiller sérieusement à des travailleurs, employés ou pas à un instant T, d’aller retirer leurs « économies » alors que pour un nombre de plus en plus considérable de personnes, les fins de mois commencent le 10 voire avant?

Les médias dominants ont pour usage de répéter que le livret A serait « l’épargne préférée des français ».
Avec plus de 61 millions de livrets A ouverts, il semble difficile de contester cette réalité.
Mais si l’on s’intéresse à la nature des dépôts, à leurs volumes, à leur répartition, on s’aperçoit qu’il y a une inégalité majeure entre les sommes épargnées.

La moyenne d’un dépôt étant de 3900€, cette dernière est non seulement relativement faible mais en outre, sa valeur est consolidée par la petite minorité atteignant le plafond, qui pèse seulement 8,5% des livrets et qui pourtant représente plus de 40% des 250 milliards épargnés.
A l’inverse, plus de 19% des livrets A sont à la tête d’une « épargne » ne dépassant pas les 150€…

Une inégalité frappante que l’on retrouve également au sein des PEL (moins d’1 français sur 5), des PEA (1 français sur 13), l’épargne salariale, les portefeuilles d’actions (1 français sur 10) ou encore les assurances vie (1 foyer sur 3) et qui concentrent leurs volumes dans les mains d’une minorité aisée.

La seule assurance vie pèse 1400 milliards, la voilà l’épargne préférée des français…les plus aisés.

Selon un sondage IPSOS de janvier 2013, 66% des moins de 35 ans n’avaient mis aucun argent de côté durant les 6 mois précédents.

La réalité du capitalisme ici n’est pas bien différente de celle qui organise la répartition des fruits du travail là-bas.

En France, 10% des français possèdent 60% des richesses, pendant que 90% doivent se « partager » les 40% qui restent.

50% de la population doit se contenter de 5% des richesses.

Il n’est ainsi pas étonnant que l’on ait pu retrouver au sein des trois instigateurs du « bank run » une sympathisante zélée du Front National, d’Alain Soral et de Dieudonné ainsi que de la sous-culture conspirationniste.

Inviter les exploités à retirer de l’argent qu’ils ne possèdent pas ou quand ils le possèdent, n’étant qu’un résidu de salaire fortement tronqué par les rentes et les entreprises de la classe parasite se gorgeant de la plus-value extorquée aux travailleurs, ce n’est qu’un énième mythe en provenance des droites radicales.

Une mauvaise blague dans laquelle quasiment personne n’a marché, malgré les nombreux relais dont a pu bénéficier ce « mouvement » de la part des médias patronaux, toujours prompts à faire la promotion de fausses pistes ne remettant pas en question leur position sociale.

Les travailleurs ne sont pas des bourgeois. Ils n’ont d’autre choix pour survivre que de louer leur force de travail.

Pour abattre le capitalisme, ce n’est pas sur le peu que notre salaire nous laisse une fois les innombrables ponctions réalisées par les propriétaires des moyens de production et les rentiers qu’il faut actionner.

Le Capitalisme est un système cynique qui consiste pour ceux qui ne produisent rien à vendre les biens et services à ceux qui les produisent.

Seule une grève générale peut faire prendre conscience à la classe ouvrière que dans n’importe quel pays, rien ne se fait, rien ne se passe sans nous.

Les Enragé-e-s