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La Belle Verte, une fable écoréac’ et divinement niaise

La Belle Verte est une fable.

 L’héroïne, Mila, est l’envoyée spéciale d’une planète lointaine où tout n’est que concorde et félicité, macrobio et hymne à la nature : le genre pub pour eau minérale. Découvrant la Terre dans l’état qu’on sait, elle s’efforce, la brave fille innocente – Coline Serreau s’est offert le rôle –  de communiquer son Message.

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 Échantillons : c’est beau, l’innocence d’un bébé ; c’est moche, l’appât du gain. C’est beau, un arbre ; c’est dégueu, le fast-food. C’est beau, l’amitié ; c’est moche, l’agressivité. Coline Serreau en a plein, des idées de ce calibre-là, nées du fulgurant télescopage entre l’increvable bon sens populaire et la version intégriste d’un « babacoolisme » antédiluvien…

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 Par ailleurs, La Belle Verte est une comédie. Son principal ressort est le pouvoir télépathique qu’a Mila de « déconnecter » n’importe qui de ses mauvaises habitudes, fausses valeurs et autres tares typiquement terriennes. L’effet est radical : le temps d’une convulsion, le cobaye est purgé, il arbore un sourire béat et se met, au choix, à embrasser les platanes, à jeter sa télé sur le trottoir, à offrir des fleurs à sa femme, ou, s’il est homme politique, à livrer, soudain, ses cyniques arrière-pensées en direct…

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Coline Serreau ici en compagnie du filousophe exploitant agrobiologique Pierre Rabhi, fringant ambassadeur du mouvement sectaro-religieux; L’anthroposophie

 Avec deux sketches et trois gags rigolos, Coline Serreau a inventé de quoi faire une bande-annonce alléchante. Le reste n’est qu’une litanie laborieuse de redites et lieux communs sur notre misérable existence.

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 Rien que du poussivement gaguesque sur, en vrac, les crottes de chien, la carte de crédit, le rock’n’roll, la bagnole, on en passe et de tout aussi prévisibles au rayon des fléaux de la modernité.

Aux Amanins avec Coline Serreau 2011
Coline Serreau ici au village privatif des Amanins, propriété du clan Rabhi en Ardèche profonde.

 La fable aurait pu n’être que naïve. A la longue, elle apparaît pour ce qu’elle est : un brin réac. Qui a donc déconnecté Coline Serreau ?…

 Jean-Claude Loiseau 

 

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Cauchemar en cuisine capitaliste: Démonter un restaurant

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par hérédité, les habitudes qu’il a acquises. Ayant vécu enchaîné depuis sa naissance et étant l’héritier d’une longue série d’esclaves, l’homme a cru, quand il a commencé à penser, que l’esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme étant chose impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre du patron le travail, c’est-à-dire le pain, et à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c’est le patron qui lui permet de manger et il demande naïvement comment il pourrait vivre si les maîtres n’existaient pas.

Errico Malatesta

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La gauche Charlie aime marcher au pas?

Voilà ce que fut ce dimanche: l’enterrement de la génération 68, calme, silencieux, dans la dignité, la longue procession du quinqua mâle blanc exerçant une profession intellectuelle intermédiaire ou supérieure dans le tertiaire et l’encadrement en général.

Une génération intégrée à une structure de domination en tant que sous-classe dominante qui accède enfin au rang de classe dominante à part entière, c’est historique.

Pour la première fois, une petite bourgeoisie aux dehors faussement subversifs et à l’idéologie profonde parfaitement intégrée au marché par le biais de ses multiples entrées dans le tout Paris, accède à des hommages dignes d’un chef d’Etat.

Tous ces stylos brandis ne furent pas vraiment ceux de la « presse libre » ou du « pays de la liberté » ou encore ceux du droit des caricaturistes à exercer leur talent dans un journal que plus personne n’achetait ou presque, à part peut-être des mairies et quelques bibliothèques municipales.

Ce stylo n’était pas non plus celui de l’intelligence face à l’obscurantisme.

Non, pour prolonger de façon concrète, dans la rue, sans avoir peur du ridicule, ces grands messes compassionnelles et émotionnelles dignes d’une procession cadavérique de JMJ beurrés sous Lexomil, il fallait avant tout se situer dans la célébration narcissique de sa propre classe ou pire, de la classe à laquelle l’on croit appartenir.

Une classe qui a parfaitement intégré dans ses schémas de pensée les mécanismes de domination du capitalisme.

Une classe qui tendait bien haut son stylo et qui disait « pouce!, nous, on fait pas de mal« .

Il disait « Nous, ce sont juste des dessins ce stylo« , ça disait aussi: « Nous, on est des gentils. On est juste des salariés d’Orange, de l’Education nationale, des cadres de la SNCF, des designers dans la pub, la com, des responsables de réseau, des chefs de produit, des coachs, cadres dans les mairies, les rectorats, les préfectures, les conseils généraux et régionaux, on a voté Hollande, on est de gauche! »

Ce stylo, ce n’est pas seulement celui qui arrête les balles ou dissipe la brume des croyances.

Ce stylo, c’est surtout le symbole de la division du travail et d’une classe évoluant en lévitation au dessus du monde du travail.

Ce stylo, c’est la Lumière, mais c’est aussi le parasite.

C’est le larbin, le contremaître, le petit chef humaniste, le conciliateur.

Les pavés le connaissent mal, c’est un être qui se fait rare.
C’est la classe des libérateurs, en tout cas, c’est ce qu’ils croient. C’est la classe qui s’est questionnée longuement la veille de savoir ce qu’elle allait se mettre sur le dos.
C’est une classe qui a joué à se faire peur en disant que c’était extrêmement risqué et courageux d’y aller.

D’y aller pour regarder les cousins d’en face applaudir les flics.

Pour applaudir les pavés bien rangés, en ordre de marche, une, deux, une, deux, la gauche Charlie aime marcher au pas?

Celui qui applaudit les cars de CRS est un Charlie mûr pour le fascisme.

Celui qui pleure la génération Cavanna est inconsolable sur la fin de règne culturel des habiles imposteurs d’une époque, il pleure en réalité la fin de l’humour cynique et ricaneur « libertaire » saupoudré en sucre glace de la violence structurelle des politiques impérialistes là-bas et du capitalisme ici.

C’est surtout une génération qui ne pense qu’à une chose: maintenir et consolider les conditions qui vont lui permettre de partir en retraite, en étant prête à se jeter dans les bras de n’importe quel parti qui lui promettra le retour du prétendu petit paradis des 30 glorieuses ou le  » maintien de l’ordre « .

C’est une génération, une classe, qui a peur… avant tout pour elle.

Le Charlie du dimanche est un zombie, il est ce funambule qui libère des colombes de la paix en se bouchant le nez au dessus des immondices qu’il engendre.

Le Charlie du dimanche votera les pleins pouvoirs à Pétain et à ses chiens quand les méchants ouvriers fondamentalistes bloqueront le pays.

Pour la paix, pour l’ordre républicain, pour la fraternité entre les peuples et les bébés phoques de la forêt d’Amazonie.

Mais il en existe heureusement un-e autre Charlie.

Un-e Charlie qui a vu en quelques jours à peine, lui sauter au visage un mur du silence et de l’obéissance, une formidable chape de plomb fouettée sur les masses comme un ordre de marche, et ce mur-là, c’est celui de la Révolution.

 

Les Enragé-e-s

 

 

A lire en complément, cette excellente brochure.