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Création d’un Collectif marseillais des usagers de la SNCF pour la grève générale illimitée !

                               Les sévices publics de la bourgeoisie
  Du haut de leur suffisant mépris, les bourgeois qui nous gouvernent prétendent réformer la SNCF de toute urgence, donc par ordonnance (une fois encore !). Voilà maintenant trois décennies qu’on nous la fait entendre, la musique : le service public, ça coûte trop cher à l’État, nous lancent-ils d’une même voix. Le service public « à la française » est un vieux mammouth tout ankylosé, et gras au surplus ! Les vieux statuts, les droits sociaux, tout ça, c’est dépassé ! Soyons modernes et innovants, prenons exemple sur les « bons élèves » européens : comme ils travaillent bien, comme leur modèle est vertueux et équilibré ! Voyez comme nous sommes rigides et immobilistes ici, avec notre système bureaucratique d’un autre âge ! Chez nous, tout grince et tout déraille ; chez nous, les vieilles lunes sont indétrônables ; chez nous, tenez-vous bien, les travailleurs réclament des droits !
  Ah bon, c’est pas le cas ailleurs ? Il paraît que les classes et leurs luttes sont une exception culturelle française, il paraît que partout ailleurs il n’y a ni classes ni luttes… En tout cas, c’est ce que nous racontent les journaleux qui, il est vrai, ne connaissent de l’Europe et du monde que les conférences internationales, les palaces et les ministères. Difficile pour eux d’imaginer que, à quelques pas de leurs bureaux et de leurs salons s’agite une foule de prolos, espagnols, italiens, russes, américains, mexicains, brésiliens, marocains, que partout la guerre sociale est menée contre ces prolos par un même groupe de personnes, une même classe, la bourgeoisie, qui a nom ici Macron, là-bas Poutine ou Trump, et que la guerre pour la privatisation du rail est, a été ou sera menée partout dans le monde par la bourgeoisie, Europe ou pas Europe. Il paraît que si la SNCF est endettée, c’est parce que les cheminots bénéficient d’un statut exorbitant, auquel ils restent scandaleusement attachés. Il paraît que le statut de cheminot bloque « les incitations nécessaires au fonctionnement efficace d’une entreprise », autrement dit que les droits des travailleurs font barrage à la génération des bénéfices par l’entreprise. Les cheminots, les prolos, sont sommés de prendre sur eux, de travailler toujours plus, toujours plus longtemps, toujours plus vite, de manière toujours plus intensive, de se laisser broyer par la surexploitation – laquelle ne va qu’en s’intensifiant -, et sans rechigner, et avec le smiley sur la gueule ! On n’a pas idée de se plaindre, nous disent-ils, quand notre économie est au plus mal, quand les caisses de l’État sont vides et quand tout le monde fait des efforts pour remédier à la crise !
  Sauf que nous, on sait très bien que l’austérité c’est bon uniquement pour les prolos, que les gros bourges eux, continuent de se goinfrer et de s’empiffrer tout en nous dépouillant ! Ils nous disent que la solution à la dette de la SNCF, c’est d’une part de privatiser l’entreprise (passage de la forme juridique EPIC à celle de Société nationale) et d’autre part de faire du service public de transport des voyageurs un marché ouvert à la concurrence.
Ils nous disent que la qualité du service s’en verra nettement améliorée, que le porte-monnaie de l’usager (pardon, du client !) s’en portera bien mieux, que le contribuable se verra déchargé d’un très lourd fardeau, et que tout cela se fera en douceur pour les travailleurs. Mensonges! Ils nous ont déjà fait le coup avec EDF-GDF, France Télécom et La poste : la privatisation n’améliore la qualité du service que pour les plus riches et n’implique pour les travailleurs qu’une exploitation encore plus inhumaine et forcenée.
  Hé, le sieur Jean-Cyril, t’as pas compris qu’on n’en pouvait plus, nous les prolétaires, d’être traités comme du bétail ? Qu’on voulait pas être des clients ou des esclaves pour tes amis du patronat ?
Hé M’sieur Philippe, on ne nous la fait pas, on sait très bien que ton histoire de dette n’est qu’un prétexte, que si l’État peut mettre du jour au lendemain des milliards sur la table pour renflouer les banques, il peut aussi tout à fait sortir du pognon pour remédier à la vétusté de son système ferroviaire ! On sait très bien que les preneurs d’otages, ce ne sont pas les grévistes, mais ta classe et vos amis fidèles les journalistes, qui exploitez le mécontentement des usagers ou des contribuables pour mieux Réformer dans le sens de vos intérêts bourgeois ! On sait très bien que ta classe sociale organise le dysfonctionnement du service public depuis des années, notamment en réduisant drastiquement les effectifs et les moyens matériels, pour ensuite présenter la Réforme, la Privatisation, comme le remède miracle ! On sait aussi très bien que la privatisation n’est pas une « réforme équilibrée pour tout le monde » comme tu le dis dans ton jargon insupportable, mais une agression brutale à l’encontre du prolétariat ! Que le rêve de ta classe, c’est de remplacer les statuts protecteurs et les droits sociaux par un management acharné, débridé et inhumain, quitte à nous en faire crever ! On sait aussi très bien que cette réforme contient pour ta classe un enjeu symbolique : si vous réussissez à moderniser la vieille locomotive, alors la curée pourra se déchaîner, vous n’épargnerez aucun service public, et tout ce qui concourt à la reproduction de la vie humaine sera ravagé par les vandales que vous êtes !
 Aujourd’hui, nous montons un collectif d’usagers de la SNCF parce que nous nous sentons solidaires des cheminots et des travailleurs du rail. C’est en tant qu’usagers de la SNCF, mais aussi en tant que travailleurs, exploités, que nous voulons lutter à leurs côtés, contre l’offensive historique menée par la bourgeoisie à leur encontre, à notre encontre.
Organisons, aux côtés des cheminots, notre riposte : organisons des assemblées générales autonomes, montons des caisses de grèves, préparons la grève générale illimitée.
Laissons les à leurs mammouths, faisons l’Histoire !

LEUR GUERRE TOTALE / NOTRE BATAILLE DU RAIL

 Oui, c’est bel et bien une guerre qui est en cours : une « guerre éclair » dans une « guerre totale » qui est d’abord une « guerre sociale » ! Cette guerre, ce sont les capitalistes qui la décident, la conduisent. Elle est l’unique recours pour tenter de sauver leur absurde système de spoliation généralisée par l’exploitation des travailleurs, où la maximisation des profits règne en logique absolue. Car leur système fonctionne tellement mal qu’il est en passe de s’effondrer, comme l’a montré la crise de 2008. Et s’il déraille, c’est parce que la dynamique du capital ne répond aux besoins de l’humanité qu’à condition qu’il y ait de l’argent à la clef. Pire : s’il est possible de se faire du fric en misant sur la destruction, parce que cela est plus simple et/ou plus juteux, cette option est retenue. Ainsi, il est plus rentable, à l’échelle mondiale de réduire les salaires, spéculer, vendre des armes, saccager la nature que de généraliser la protection sociale, éradiquer la faim, permettre à chacun de se loger, garantir des structures de santé pour tous, une éducation gratuite de qualité, des transports publics accessibles et non polluants. Pourtant, le capitalisme ne peut se passer des travailleurs, c’est eux qu’il détrousse, pas les machines, c’est eux aussi qu’il doit faire consommer pour écouler ses marchandises. C’est une contradiction : plus il se développe, plus le capitalisme s’essouffle, plus il doit détruire son environnement humain et matériel pour reconstruire, relancer ses profits.
 
 À l’encontre de la constante propagande des dominants qui nous explique que nous ne serions pas suffisamment adaptés (parce que trop « feignants », « violents », « mal formés », « coûteux », « nombreux »…) à l’économie, c’est en réalité l’économie qui est inapte à répondre aux besoins sociaux. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui mais elle s’aggrave, la voracité du capital étant, par définition, insatiable puisque tout patron qui ne gagne pas des parts de marché est condamné à disparaître. Dorénavant nous sommes parvenus à un point où plus rien ni personne ne doit échapper à la dictature inhumaine du profit. Cette folie peut se saisir immédiatement à l’aune des politiques d’austérité en Espagne, Italie, Grèce, Portugal, appliquées dès après le krach mondial de 2008 : alors qu’un énorme choc boursier venait de démontrer que 30 ans de « libéralisation » de « l’économie » avait entraîné la ruine pour beaucoup de gens, les gouvernements aux ordres des multinationales ont choisi de poursuivre brutalement dans cette même lancée. Les profits ont été privatisés et les pertes socialisées. Autrement dit, les pauvres ont dû payer de leurs maigres poches les exactions des rapaces capitalistes. En France, l’État a versé 390 milliards d’euros aux banques en guise de plan de sauvetage en 2009. Une garantie que seul le contribuable a assurée. À présent, Macron et consorts évoquent la « dette insoutenable » de la SNCF pour justifier sa privatisation. Quel foutage de gueule : la dette publique pose problème pour le service public ferroviaire mais aucunement quand elle couvre les banques ! Pour tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ! Car les reproches faits à la SNCF et surtout à ses employés aujourd’hui, avec le rapport Spinetta, couronnent plusieurs années de sabotage de cette entreprise publique : désinvestissement, explosion de la dette par report de coûts, précarisation rampante de la main d’œuvre, séparation entre diverses entités juridiques et comptables, accidents à répétition pointés par des campagnes de discrédit médiatique. Il s’agit là encore de justifier le pillage du plus grand nombre, le transfert de l’argent public au privé, c’est-à-dire la guerre sociale. Comme dans toute l’Union européenne, ce qui reste des services publics en France doit être livré à la goinfrerie des transnationales : Éducation, hôpitaux, retraites, transports… Partout, le travail doit être flexibilisé, précarisé, intensifié, mal payé.
 
 La guerre totale capitaliste ne tolère aucun obstacle que pourrait constituer un droit, un conquis social. C’est pourquoi, elle s’attaque au statut des cheminots. Pour ce faire, elle se fait « guerre éclair », de triste mémoire, en recourant à la mécanique rapide des ordonnances, déjà utilisée pour liquider, il y a peu, le code du travail. Macron et sa clique de gros bourgeois veulent provoquer le « choc et l’effroi » : ils prennent de cours les travailleurs de la SNCF par une attaque d’une violence inédite. De plus, en frappant les cheminots, le gouvernement sait qu’il agresse le cœur du symbole de la combativité du prolétariat de ce pays. En le mettant au pas, c’est cette combativité qu’il veut écraser dans toutes les têtes des travailleurs. Cette optique veut que chacun renonce à la solidarité de classe, se résigne au « chacun pour soi », à une vie rythmée aux cadences marchandes, où la peur côtoie la frustration, la bêtise, la pauvreté et la tyrannie. Une perspective qui nous jette donc dans la guerre sociale intérieure et, pourquoi pas, dans la guerre tout cours, vers l’extérieur, la programmation de 300 milliards d’euros sous forme de dépenses militaires promise par Macron d’ici 2024 en est l’inquiétant signe. Le capitalisme qui occupe nos vies a choisi de lancer une guerre éclair contre les cheminots, les salariés du rail, volet de sa guerre de survie, sa guerre totale. Il faut lui montrer qu’à ce degré d’aggravation de sa logique destructrice, que sur cette ligne de front qu’il ouvre à la SNCF, il vient se heurter à un roc, il vient malencontreusement d’actionner le sursaut de la grande résistance, il vient de déclencher la bataille du rail ! Une bataille que nous pourrons transformer en guerre de reconquête de nos vies sur le capital si nos savons nous mobiliser :
 
CHEMINOTS, USAGERS, MEME COMBAT. LA BATAILLE DU RAIL SERA LE DÉBUT DE LA GRANDE GREVE GÉNÉRALE ILLIMITÉE, UNITAIRE, ATTENDUE DEPUIS TROP LONGTEMPS. FAISONS CIRCULER CE TEXTE, ORGANISONS LES CAISSES DE GREVES. MONTONS DES COLLECTIFS D’USAGERS SOLIDAIRES DES CHEMINOTS. BLOQUONS TOUT !
 

Collectif des usagers de la SNCF pour la grève générale illimitée!

Nous sommes des usagers de la SNCF et nous voulons qu’une grève générale illimitée ait lieu, en réponse à l’attaque historique contre les travailleurs du rail. Nous sommes disposés à mettre toutes nos forces pour qu’une telle riposte, que l’on n’a pas vue depuis trop longtemps, se prépare, s’organise, se répande et finisse par bloquer toute l’économie.
Comme les cheminots, les salariés du rail, nous sommes contraints par la classe capitaliste à prendre le grand train quotidien de l’exploitation. Ce train, c’est celui qui nous conduit la tête pleine de soucis et d’angoisses vers des bureaux, des usines, des agences de Pôle emploi, où nous attendent des managers, des patrons, des chefs, qui sont chargés de confisquer la majorité de notre temps. Ce train, c’est celui qui nous ramène dans nos cités, nos petits pavillons, nos immeubles, une fois le turbin accompli, avec les mêmes soucis, les mêmes angoisses, la fatigue en plus.
Comme les cheminots, les salariés du rail, il nous arrive, quand on le peut, de prendre le train de la détente, des loisirs, des vacances. Un peu de repos, le temps de se vider la tête et de ne pas penser à la reprise du boulot.
Comme les cheminots, les salariés du rail, nous sommes de la classe sociale qui n’a d’autres choix que celui de travailler pour survivre. Nous sommes le prolétariat, au-delà des catégories professionnelles dans lesquelles la propagande dominante souhaite nous enfermer, par-delà le faux clivage public/privé, où elle nous incite à nous entredéchirer.
Comme les cheminots, les salariés du rail, nous avons, par le passé, obligé les capitalistes à nous céder des droits, des niveaux de salaires, des amortisseurs sociaux. Chaque fois que nous avons arraché ces “conquis sociaux”, c’est quand nous avons su dépasser les fausses oppositions que les bourgeois attisaient entre nous, c’est parce que nous avons réussi à nous rassembler à partir de notre condition générale d’exploités, à agir comme classe unie.
Aujourd’hui, nous n’en pouvons plus de crouler sous les attaques incessantes des capitalistes contre nos conditions de vie, nos salaires, nos droits politiques et sociaux, nos libertés. Cela fait des années que nous reculons face aux agressions contre le progrès humain, que mènent impitoyablement le patronat financier et industriel et ses sbires politicards… Des années que nous nous enfonçons dans la précarité, la flexibilité, la pauvreté, la démoralisation, la peur du lendemain, la perte de sensibilité et d’intelligence, l’individualisme… Et tout cela favorise la banalisation de la barbarie.
Cette nouvelle attaque contre l’entreprise qui symbolise le “service public” vise à une victoire historique contre tous les travailleurs, occupés, chômeurs, retraités et jeunes. Les rupins qui l’ont ordonnée le savent et c’est pour cela qu’ils mobilisent toute leur puissance pour qu’elle survienne…
… À commencer par les médias, qui sont en première ligne de l’actuelle bataille psychologique.
Alors, que les choses soient très claires : en tant qu’usagers de la SNCF, en tant que travailleurs, nous clamons haut et fort que quiconque veut l’abolition des vrais privilèges doit combattre aujourd’hui aux côtés des cheminots, des salariés du rail. Nous avons un cerveau, merci ! Nous savons donc que les privilégiés se croisent dans les beaux quartiers, dans les palaces, les rallyes mondains, à l’abri de grandes propriétés sécurisées, où aucun cheminot n’a jamais été vu !
NOUS SAVONS QUE LES PRIVILÉGIÉS SONT LES CAPITALISTES QUI, POUR AUGMENTER LEURS INADMISSIBLES PRIVILEGES, ACCUSENT PRÉSENTEMENT LES CHEMINOTS, LES EMPLOYES DE LA SNCF, LES FONCTIONNAIRES, D’ÊTRE DES PRIVILÉGIÉS.
Cette parole de mensonge, c’est celle d’un monde à l’envers, où les raclures de fils à papa nous insultent pour mieux nous piller.
Dans ces conditions, tout syndicaliste qui, selon une habitude trop répandue, cherchera à négocier la régression, à diviser les travailleurs, à confisquer les luttes, à manipuler les assemblées générales, sera considéré comme un traître.
Faisons circuler ce texte, organisons les caisses de grève, préparons la grande grève générale illimitée.

Le train de la révolution est en marche, faites tourner!