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C’est quoi la biodynamie?

Alors que sa promotion semble assurée par une bonne part de la presse patronale, d’Etat et réformiste, rares sont les articles à compiler la documentation sur cette agriculture ésotérique. Les différentes sources consignées sont loin d’être toutes libertaires mais proviennent le plus souvent de démocrates rationalistes. En espérant que cette petite compilation puisse éclairer la lanterne de ceux qui se posent des questions et qui n’ont pas renoncé à tout exercice de leur sens critique. 

Le mythe de l’agriculture biodynamique

L’agriculture biologique dynamique, connue sous le nom de biodynamie, est un système agricole reposant sur une série de lectures données par Rudolf Steiner en 1924. Durant sa vie, le Dr Steiner se sentait concerné par la dégradation de la nourriture produite par des pratiques agricoles qui faisaient davantage confiance dans les fertilisants et les pesticides non organiques. Réputée comme étant la première approche alternative, la biodynamie a évolué durant le siècle dernier pour inclure de nombreuses pratiques agricoles ayant des bénéfices démontrables sur les récoltes et l’utilisation du terrain. En fait, la biodynamie est surtout connue en Europe, mais l’Amérique du Nord voit le nombre de ses partisans augmenter. L’approche biodynamique doit-elle être encouragée ?

La réalité

Il existe de nombreux sites internet et écrits non scientifiques à propos de la biodynamie, Rudolf Steiner, et l’école qu’il a développé (l’anthroposophie). Il y a beaucoup moins d’articles scientifiques sur la biodynamie, et une revue faite par Reganold (1995) en a trouvé plusieurs dont la qualité scientifique laissait à désirer.

Rudolf Steiner (1861-1925) était un intellectuel qui s’intéressait à plusieurs domaines académiques, cependant son point fort était la philosophie, et le sujet de son Doctorat en philosophie portait sur la théorie de la connaissance de Fichte. L’intention de ses séries de lectures sur l’agriculture était d’instruire les fermiers sur “l’influence des forces cosmiques et terrestres sur la vie organique sur terre” (Kirchmann, 1994). Cette distinction est importante parce que l’agriculture biodynamique, dans sa conception originale, consistait dans la confection et l’utilisation de huit “préparations” biodynamiques qui “stimuleraient la vitalité et harmoniseraient les processus dans le sol” (Kirchmann, 1994).

Les directions pour préparer les huit composés biodynamiques sont compliquées et peuvent être trouvées sur de nombreux sites internet ou dans la littérature spécialisée. Pour faire court, deux des composés sont produits en bourrant de la bouse de vache (préparation 500) et du silice (préparation 500) dans des cornes de vaches, puis il faut les enterrer plusieurs mois avant que leur contenu soit mélangé dans de l’eau chaude, pour être finalement appliqué sur le terrain. Les cornes de vaches sont utilisées en tant qu'”antennes” permettant de recevoir et de concentrer les ” forces cosmiques “, qui sont transférées par ce biais au matériau qui se trouve à l’intérieur.

Les six autres composés (préparations 502 à 507) sont des extraits de différentes plantes soit stockées dans des crânes ou des organes d’animaux (par exemple, dans des vessies de daims, des péritoines ou des intestins de bovins) soit dans la tourbe ou le fumier, où on les fait vieillir avant de les diluer et les appliquer au compost. Les éléments chimiques contenus dans ces préparations sont considérés comme permettant de transporter “les forces cosmiques et terrestres” qui communiqueraient ces forces aux récoltes, et ainsi aux humains qui les consommeraient.

Ces processus n’ont pas été développés grâce à une méthode scientifique rigoureuse, mais plutôt par la méditation de Steiner qu’il décrit lui-même comme une sorte de “clairvoyance”. En fait, Steiner déclarait que ses méthodes, déterminées spirituellement, n’avaient pas besoin d’être confirmées par des essais scientifiques traditionnels, mais étaient plutôt “vraies et correctes” en soi (Kirchmann, 1994). Le rejet de toute objectivité scientifique en faveur d’une approche mystique sous-entend que plusieurs des recommandations de Steiner ne peuvent pas être testées ni validées par les méthodes traditionnelles en science. Pour être clair, ceci veut dire que tout effet attribué aux préparations biodynamiques est plus une affaire de croyance que de faits.

D’autres pratiques non scientifiques sont devenues parties intégrantes du mouvement post-Steiner. Celles-ci comprennent le recours à des agendas cosmiques (notamment l’astrologie) qui rythment le cours des événements, des activités de la ferme ou des “visualisations” de la qualité nutritionnelle des aliments. Ces pratiques, apparues plus tard, utilisent des analyses chimiques légitimes comme la chromatographie comme moyen d’étudier les forces vitales “éthériques” des plantes à travers ce qu’ils appellent la “cristallisation sensible” et la “dynamolyse capillaire”, qui sont des techniques, elles aussi, non testables scientifiquement.

La biodynamie, en plus des idées originales de Steiner, a aussi naturellement intégré des pratiques de l’agriculture biologique. Plusieurs de ces pratiques, (comme la préparation du sol sans labour, l’utilisation de compost, la polyculture) sont des méthodes agricoles alternatives efficaces. Elles ont démontré avoir des effets positifs sur la structure du sol, sur la flore et la faune du sol, la suppression de maladies, car elles ajoutent des matériaux organiques et réduisent la densité du terrain. Le fait d’associer des pratiques bénéfiques au mysticisme de la biodynamie, donne à cette dernière un vernis de crédibilité scientifique qui, pourtant, n’est pas mérité.

Le Goetheanum, bâtiment érigé sur la colline de Dornach, à 10 km au sud de Bâle (Suisse), siège de la Société anthroposophique universelle fondée par Rudolf Steiner.

 

Plusieurs des articles scientifiques ayant comparé la biodynamie à l’agriculture conventionnelle n’ont pas séparé les préparations biodynamiques des pratiques biologiques, et bien entendu, elles ont obtenu des résultats positifs pour les raisons mentionnées plus haut. Pourtant, quand les chercheurs ont comparé l’agriculture biodynamique à l’agriculture biologique, ils ne trouvèrent aucune différence entre les deux (qui sont bien entendu, toutes deux différentes de l’agriculture conventionnelle dans ses pratiques). Il serait intéressant de pouvoir faire une étude comparative entre les fermes conventionnelles et des fermes conventionnelles utilisant les préparations biodynamiques sans les pratiques biologiques, afin de voir s’il existe des différences.

Etant donné la maigreur de la littérature scientifique, et le manque de données claires supportant les préparations biodynamiques, il serait sage de cesser de substituer le terme de “biodynamique” pour se référer à l’agriculture biologique. Il est à parier que de nombreuses personnes n’ont aucune idée de ce qu’est vraiment la biodynamie, ni ne connaissent ses véritables racines : le fait que “biodynamique” soit parfois utilisé à la place de “biologique” dans la littérature, semble confirmer cette conclusion. Pour les agronomes, l’usage du terme est un drapeau rouge qui questionne automatiquement la validité de tout qui s’y rapporte.

Le but est de garder la pseudoscience hors des pratiques scientifiques légitimes. C’est souvent ce type de mauvaise science qui créé une hostilité entre la communauté scientifique et les partisans de la biodynamie.
Face à ces arguments, certains pratiquants de l’agriculture biodynamique n’hésitent pas à dire de la science qu’elle n’est finalement qu’une autre croyance, ouvrant les vannes du relativisme le plus absolu. Comme aime à le répéter Alan Sokal : que ceux qui pensent que la science n’est qu’une forme de croyance viennent donc défier la gravité en se jetant du haut de ma fenêtre du 21° étage !

En résumé :

  • L’agriculture biodynamique consiste originellement en une approche mystique, et donc non scientifique, de l’agriculture
  • Des ajouts récents de la méthodologie biologique à la biodynamie ont créé une confusion dans les pratiques en amalgamant des pratiques objectives à des croyances subjectives
  • Les études scientifiques des préparations biodynamiques sont limitées et aucune preuve existe selon laquelle l’ajout de ces préparations améliore la qualité des plantations ou du sol
  • Plusieurs pratiques biologiques sont testables scientifiquement et peuvent améliorer le sol et la santé des cultures
  • Le monde scientifique doit éclairer la population profane sur cette explosion des théories pseudo-scientifiques et les aider à faire la différence entre les deux.
Mésentère de Cerf farci au fumier séchant au soleil au but de capturer les ondes cosmiques… Nous sommes ici en Ardèche dans le Hameau privatif du clan Rabhi.

La biodynamie est une pseudoscience

Il existe beaucoup de confusion autour de l’agriculture biologique et dynamique, ou « biodynamique ». En effet, au cours du temps les agriculteurs qui la pratiquent ont intégré des idées et des pratiques rationnelles qui existent dans l’agriculture biologique ou conventionnelle. On ne peut donc juger ce système qu’à partir des théories et pratiques qui lui sont spécifiques, et qui elles, n’ont guère évolué depuis les années 20. Elles reposent sur les idées ésotériques et totalement dépourvues de scientificité du fondateur de l’anthroposophie, Rudolf Steiner.

Côté pratiques, la biodynamie s’appuie essentiellement sur deux pseudosciences : l’astrologie, et particulièrement les croyances lunaires, et l’homéopathie pour ce qui concerne ses fameuses préparations. Des pratiques qui ont donc été transposées à la vinification.

Des analogies naïves

Toutes les pseudosciences reposent sur une symbolique et des analogies naïves qui sont prises au pied de la lettre par leurs adeptes.

« Travailler sur le vin représente symboliquement ce que l’on fait sur le sol lors d’un binage. On l’ouvre vers les forces de la périphérie» explique ainsi ce document. Et ces forces de la périphérie, cela serait celles exercées par les planètes.

On recycle alors les vieilles analogies des almanachs pour jardiniers amateurs qui nous expliquent par exemple que la lune « montante »… fait monter la sève des plantes des racines vers les feuilles. Miracle ! Cela marche aussi pour le soutirage du vin : « Si le vin présente un caractère très réduit ou trop fermé, le soutirer en lune montante peut lui être bénéfique, et en jour fruit afin de l’ouvrir davantage. Un vin trop ouvert peut être soutiré en jour racine pour le recentrer un peu sur lui-même, le resserrer. La Lune descendante a un effet réducteur et resserre les vins ».

Un peu de physique (enfin , un tout petit peu)

 La méthode biodynamique convoque à la marge quelques notions de physique, la loi universelle de la gravitation, ou la force de marée, pour les mettre au service d’affirmations totalement fantaisistes.

La première loi est celle de Newton qui décrit l’attraction réciproque de deux corps ayant une masse (cf schéma): elle est proportionnelle au produit des masses des deux corps (mA.mB) et inversement proportionnelle au carré de leur distance (d2 ). Et si elle est universelle, il faut admettre, qu’elle s’exerce entre la lune et, par exemple la cuve dont le vin doit être soutiré.

Seulement, un petit calcul permet de se rendre compte que la force d’attraction de la lune sur un objet à la surface de la terre vaut de l’ordre de 300 000 fois moins que la pesanteur. Quant à la force de marée, qui est liée à cette loi de gravitation, mais qui dépend également de la force centrifuge liée à la rotation de la terre, elle est environ 10 000 000 de fois plus faible que la pesanteur. Et je défie quiconque d’en sentir l’effet sur une masse de liquide telle que le contenu d’une cuve de vin…voire de la sève qui circule dans une plante !

A vrai dire, il serait plus raisonnable de se questionner sur l’effet sur le vin des vibrations produites par le passage d’engins agricoles près d’une cave, que sur les effets de la lune.

Cela n’empêche pas la biodynamie de mettre celle-ci à toutes les sauces, ainsi que les autres planètes, « [les infra-solaires] ont une action sur le calcaire et les forces de croissances. Les planètes supra-solaires plutôt sur la silice et les forces de structuration ». Par quels mécanismes ? Mystère.

« Le calendrier des coefficients de marées s’invite de plus en plus dans les caves des biodynamistes ». Par exemple, par des coefficients de marée bas (<60), «les micro-organismes sont au repos ». Heureusement pour nous, les chirurgiens ne suivent pas le calendrier des marées pour choisir le moment de leur intervention.

Les préparations homéopathiques, où comment mettre un peu d’eau dans son vin.

On connaissait les préparations « 500 » à « 507 » de la biodynamie appliquée à l’agriculture. Pour le vin, on utilise les dilutions homéopathiques pour le souffre et pour le cuivre. Pour cela, nos biodynamistes ne se sont pas penchés sur des bouquins de chimie, mais …sur le Cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner. C’est forcément beaucoup plus riche, puisque selon lui, « le carbone est lié à plus de 400.000 éléments ». Pauvre Mendeleïev ! S’affranchir de la chimie classique permet sans doute de trouver un sens à ce genre de discours : « le soufre s’immisce dans le fort intérieur du carbone ….».

Concernant les dilutions de souffre , il est affirmé que « des résultats intéressants sont apparus avec les dilutions 4CH, 5CH, 27CH et 41CH. Chacune de ces dilutions apporte une caractéristique propre, les 4CH et 5CH offrent un côté plus esthétique et opulent au vin, la 27CH est proche d’un sulfitage classique, la 41CH verticalise et raffermit le vin. » Il n’est pas précisé si d’autres dilutions dégradent au contraire le vin. On apprend donc qu’une dilution au : 1/10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 (vous pouvez vérifier le nombre de zéros) verticalise et raffermit le vin . Attention toutefois, ne verser qu’un demi-litre de la solution pour 20hl, ce qui correspond au final, à presque 43 CH.

Personnellement, je n’en retiens qu’une chose : il est toujours sage de mettre un peu d’eau dans son vin.

Tout cela ne remet pas en cause, en soi, la qualité du vin qui serait produit par tel ou tel biodynamiste. Mais on peut sincèrement douter que cette qualité doive quelque chose au folklore pseudo-scientifique dont il s’entoure. 

Biodynamie et Anthroposophie

Dernièrement, certains médias se sont fait largement échos du procès d’Emmanuel Giboulot, un agriculteur biodynamiste qui risquerait la prison pour avoir refusé de répandre certains pesticides dans ses champs. Cet homme devient ainsi une sorte de héros de la cause biologique et de l’agriculture alternative. Le site du Cercle Laïque pour la Prévention du Sectarisme s’est fait écho de cette affaire et je ne peux que renvoyer à son remarquable article pour de plus amples informations. Mais au delà de ce cas particulier, il me semble que se pose la question de la vraie nature de la Biodynamie et de ses liens avec l’Anthroposophie.

Quels sont ces liens ? S’agit-il seulement d’une référence à la doctrine de Rudolf Steiner ? Je voudrais ici tenter de répondre à ces questions en m’appuyant sur mon vécu d’ancien anthroposophe et d’ancien élève Steiner-Waldorf.

Quand les anthroposophes parlent au public et aux médias de la Biodynamie, ils présentent bien souvent comme « un prolongement de l’agriculture biologique ». Ils jouent ainsi sur le préfixe « bio » pour mettre les deux choses dans le même sac. Ainsi, j’ai souvent entendu dire, lorsque j’étais anthroposophe, qu’il fallait toujours mettre en avant, quand on parlait de la Biodynamie, le respect de la nature et de l’environnement, l’absence d’usage de pesticides, l’observation des cycles des saisons, etc.

imagescaulijnb Par contre, on nous disait d’éviter de mentionner le fait que cette méthode se base sur les influences astrales des signes du Zodiaque, sur des procédés magiques consistant à tuer et à brûler certains animaux en dispersant leurs cendres sur les champs durant la nuit pour éloigner la vermine, sur des rites consistant à pratiquer certaines méditations pour entrer en contact avec les « âmes-groupes » des animaux pour leur demander leur coopération invisible, sur des incantations, sur l’utilisation de cornes de vaches remplies de substances diverses remuées en imprimant au liquide la forme d’une lemniscate, cornes que l’on enfouit ensuite dans le sol, comme autant de capteurs d’énergies spirituelles pour réaliser des « préparations biodynamiques », etc.imagescaaeqfdnimages[2]

Les anthroposophes ont parfaitement conscience qu’il est très porteur de ranger, comme ils le font, leur « Biodynamie » dans un créneau où elle se faufilerait dans les rangs de l’agriculture biologique et se réclamerait du même combat. Cela leur permet, par exemple, aujourd’hui, de bénéficier du soutien de personnalités médiatiques de premier plan, comme Jean-Marie Pelt ou Pierre Rabhi. Certes, ces personnalités en savent bien plus qu’elles n’en disent publiquement au sujet des arrières-fond occultistes, magiques et ésotériques de la Biodynamie. Mais elles prennent bien garde d’en faire état trop ouvertement !

Il faut pourtant le dire : la Biodynamie est devenue, avec les écoles Steiner-Waldorf, le meilleur outil de propagande de l’Anthroposophie ! Le meilleur, en ce sens que l’Anthroposophie se diffuse toujours d’autant mieux qu’elle ne révèle pas son vrai visage. C’est là, selon moi, un principe de base de cette dérive sectaire. En se présentant comme une simple branche de l’agriculture biologique, la Biodynamie a réussi son coup, de même que les écoles Steiner-Waldorf ont réussi le leur en se plaçant du côté des pédagogies alternatives, comme Freinet ou Montessori. La Biodynamie est ainsi devenue, en tant que méthode d’apprentissage d’une agriculture qui se dit spécifique, l’un des meilleurs outils de propagande de l’Anthroposophie.

« On peut tout-à-fait être agriculteur en Biodynamie sans être anthroposophe ! » mentent effrontément et systématiquement certaines personnes. Elles mentent, car il n’est pas possible de mettre en pratique les indications et les cahiers des charges de la Biodynamie sans tremper peu ou prou dans l’ésotérisme de Rudolf Steiner, qui imprègne totalement le « Cours aux agriculteurs », c’est-à-dire l’ouvrage de base de cette agriculture spécifique.

Sur l’hostilité à la civilisation urbaine

Souhaiter construire le socialisme en niant la civilisation urbaine et la société industrielle, c’est souhaiter la barbarie

Le lien entre l’écologie et l’agriculture fut pensé par Rudolf Steiner en 1924, quand il lança l’idée de l’agriculture biodynamique.
Steiner est connu comme le fondateur de l’anthroposophie, et Peter Staudenmaier, auteur d’une excellente contribution sur l’origine commune de l’écologie et du national-socialisme allemand, a décrit, dans un autre article, les liens de l’anthroposophie avec les milieux mystiques et théosophiques les plus délirants.

 Steiner transposa la hiérarchie mystique de la progression spirituelle vers une hiérarchie biologique de la succession des races, dans laquelle la position la plus récente, et donc supérieure, revient à la race aryenne, dont la composante la plus parfaite serait l’élément germano-nordique.


 La fusion d’une hiérarchie spirituelle avec une hiérarchie raciale plaçait l’anthroposophie dans le même camp idéologique que celui où se développa plus tard le racisme hitlérien. C’est dans ce contexte que Steiner formula sa théorie de l’agriculture biodynamique, inspirée par l’idée que la terre serait un organisme vivant et par sa prétention de connaître les forces cosmiques invisibles censées influer sur les sols et la flore.

Camp de concentration de Dachau: “Alle Produkte wurden in biologisch-dynamischer Anbauweise hergestellt.” “Tous les produits étaient produits de manière biodynamique”


Rudolf Steiner mourut en 1925 et, peu de temps après, cette forme d’agriculture commença à être promue par Walther Darré. Staudenmaier a raconté en détail l’histoire des relations entre
l’anthroposophie et le national-socialisme à partir de 1933. (…) Je me limiterai ici à rappeler que, pour surmonter la méfiance, voire l’hostilité de certains secteurs du national-socialisme face à
l’anthroposophie de Steiner, Walther Darré transforma l’expression « agriculture biodynamique » en « agriculture organique » (ou « biologique »), qui devint la principale doctrine agricole du Troisième Reich.

Camp de concentration de Dachau. Inspection d’Himmler des champs d’herbes aromatiques cultivées en biodynamie.

 Le ministre Darré essaya de freiner le développement du capitalisme à la campagne et l’industrialisation de l’agriculture, ce qui occasionna des dépenses énormes (…).
Raison pour laquelle, avec la défaite du Reich, l’agriculture biologique fut frappée par l’ignominie qui recouvrit toutes les initiatives encouragées par les nazis.

Biodynamie à Dachau

Le camp d'extermination de Dachau et la Biodynamie.Les serres du camp d'extermination de Dachau fonctionnaient toutes en biodynamie. "La Plantation mangeait ses victimes", écrivit l'ancien prisonnier Hans Schwarz entre 1938 et 1939. Aucun autre Kommando à cette époque n'a coûté autant de vies.En 1938 les détenus durent aménager une grande plantation destinée à accueillir un jardin aromatique à l’est de l’ Alte Römerstrasse. Le jardin fut implanté à l’initiative de la „Communauté pour la connaissance des plantes aux propriétés curatives“ (Arbeitsgemeinschaft für Heilpflanzenkunde) et avait éveillé l’intérêt du Reichsführer SS Heinrich Himmler. L’Allemagne ne devait plus être dépendante de l’importation de médicaments et d’aromates provenant de l’étranger. Pendant la guerre, le travail des détenus prit une part économique de plus en plus importante.Zeichnung eines Häftlings von der "Plantage"Les gardiens SS poussaient les détenus au travail par des menaces et des coups. Des détenus étaient fusillés de façon aléatoire pour tentative de fuite. Seul dans les serres et dans les bâtiments régnaient des conditions de travail plus clémentes. Un commando de peintres devait fabriquer un herbarium pour Himmler. Au péril de leurs vies, certains d’entre eux prenaient des notes sur les crimes commis par les gardes SS.Les SS avaient également implanté un magasin dans le jardin aromatique afin de vendre leurs produits aux habitants de Dachau et des villes environnantes. Certains des détenus réussirent à avoir des contacts clandestins avec la population civile.En janvier 1939, Himmler a créé une nouvelle société SS sous la supervision de Pohl, la « Deutsche Versuchsanstalt für Ernährung und Verpflegung (Unité de Recherche Communautaire pour l'Alimentation et la Nutrition) », connue sous le nom de DVA.Une partie importante de ses opérations consistait en des plantations agricoles situées dans des camps de concentration, dont Auschwitz, Dachau et Ravensbrück, ainsi que des successions en Europe de l'Est occupée et en Allemagne. Beaucoup de ces projets agricoles étaient des plantations biodynamiques de produits en croissance pour les SS et l'armée allemande, la production étant surveillée par des représentants de « RVBDW ( Ligue du Reich pour l' Agriculture Biodynamique) ».Ravensbrück a été le premier domaine DVA à être transformé en culture biodynamique, en mai 1940.Finalement, la majorité des plantations de DVA ont été administrées biodynamiquement. Le DVA a également commercialisé les produits Demeter, a collaboré avec Weleda et a contribué financièrement à la « Ligue du Reich pour l' Agriculture Biodynamique ». Pohl a recruté plusieurs figures principales de RVBDW, dont Max Karl Schwarz et Nicolaus Remer, pour travailler sur les entreprises biodynamiques d'Auschwitz, mais Bormann et Heydrich ont protesté contre l'emploi d'anthroposophes dans les entreprises de SS.Le chef de la section agricole de DVA était l'officier SS Heinrich Vogel, un franc partisan de la biodynamie même face à la résistance d'autres secteurs de la SS. Lui et Pohl ont insisté pour s'appuyer sur les collègues anthroposophes de Bartsch, et en juillet 1941, le SD a cédé, avec l'assurance que les anciens membres du RVBDW ne diffuseraient pas les enseignements de Steiner.La pièce maîtresse des opérations biodynamiques DVA était une plantation importante à Dachau, qui a produit des herbes médicinales et d'autres biens pour les SS. À Ravensbrück, le travail sur la plantation biodynamique de Dachau a été effectué par les détenus du camp. À partir de 1941, l'opération Dachau a été supervisée par l'Anthroposophe Franz Lippert, chef du mouvement biodynamique depuis ses débuts et chef jardinier à Weleda de 1924 à 1940. Peu de temps après avoir repris la plantation de Dachau, Lippert a rejoint les SS et, en 1944, a reçu une reconnaissance spéciale et un bonus pour son travail. Lippert a également publié un livre pour les SS en 1942 sur la base de son travail à Weleda et à Dachau. L'une des tâches de la plantation biodynamique de Dachau était de former des « colons » pour les Territoires de l'Est, une partie des projets d'Himmler visant à utiliser la culture biodynamique dans la réorganisation environnementale et ethnique de l'Est. Les dirigeants biodynamiques ont participé activement à ces efforts, en obtenant un traitement préférentiel de la DVA et d'autres agences SS en retour.Dans les commentaires à cette vidéo, de nombreuses ressources sur la biodynamie et sur l'anthroposophie seront ajoutées.

Publié par Les Enragés sur mercredi 7 février 2018

 

 Le fait que Darré et les anthroposophes aient continué à promouvoir cette forme d’agriculture dans les années 1950 n’a pas contribué à
l’innocenter. Elle ne réussit à renaître de ses cendres que très lentement. Quand, au Brésil, le coordinateur des politiques publiques de l’ONG Agriculture familiale et agro-écologie, membre de la Ligue nationale de l’agro-écologie, affirme que « l’agro-écologie a près de quarante années d’existence », nous voyons bien quelle généalogie il s’efforce de cacher.

Depuis leurs postes de surveillance, les SS abattaient des prisonniers de façon aléatoire.


 En effet, dans les années 1970, avec la dissolution des espoirs dans le socialisme et la classe ouvrière, espoirs qui avaient prévalu durant la décennie précédente, les pays anglo-saxons virent apparaître un public de gauche ouvert aux thèses agro-écologistes jusque-là connotées à l’extrême droite. Toute personne qui s’intéresse à l’histoire obscure – et pourtant, parfaitement documentée – de l’agro-écologie, en particulier au Royaume-Uni et en Allemagne, et à son réseau de filiations doit lire le brillant essai de William Walter Kay sur ce sujet.

« A la fin des années 1960, le mouvement étudiant britannique n’avait pas de composante écologiste, écrit Kay. Les militants étudiants avaient tendance à épouser les idées de gauche et anarchistes répandues dans les mouvements antinucléaires et contre la guerre. Une décennie plus tard, bon nombre de ces contestataires devinrent des militants écologistes. »

Et Kay d’ajouter que l’écologisme britannique donna également naissance à des sous-courants du féminisme excluant et du nationalisme celtique.
A la même époque, j’ai observé ce phénomène en France, où, dans les années 1970, de jeunes maoïstes se découvrirent une vocation régionaliste. Pour soutenir les autonomistes bretons et occitans, ils s’unirent aux vieux fascistes qui avaient défendu l’indépendance de ces régions dans l’Europe soumise au joug du Reich. 

 

Sources:

http://npnf.eu/IMG/pdf/jb_hostilite_civilisation_urbaine.pdf

https://veritesteiner.wordpress.com/2014/02/27/biodynamie-et-anthroposophie/

http://imposteurs.over-blog.com/2015/10/la-biodynamie-est-une-pseudoscience.html

http://www.charlatans.info/agriculture-biodynamique.php

 

 

Au secours! Les anthroposophes sont là

L’Anthroposophie avait figuré comme secte dans le rapport 2000 de la MILS (Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes en France) et dans le rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes. Bien que l’Anthroposophie ait été répertoriée comme une secte par les députés, ce classement a ensuite été annulé. La justice française y a vu la première grande bavure dans la lutte antisecte et a condamné le Président de la Commission d’enquête parlementaire. La MILS continue pourtant à prôner une grande vigilance contre ses multiples réalisations. Comme la Scientologie, l’Anthroposophie est surveillée mais cette dernière n’a pas été inquiétée.

Écolos, alternos et anti-OMC se financent à la NEF, une société coopérative de prêts liée au théoricien raciste Rudolf Steiner
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L’intérieur du Goetheanum, le Vatican de l’anthroposophie.

 

Un article paru dans Le Vrai Papier Journal, n°1, juillet 2000

Pierre l’a mauvaise, les tripes retournées par une solide trouille : il est l’un des 17000 membres d’ATTAC, (1) association qui suscite beaucoup d’espoirs depuis sa création, en 1998. Et voici qu’elle risque d’être infiltrée, phagocytée…

Pierre raconte : « juin 1999, notre collectif local a organisé une rencontre sur le thème de l’économie solidaire. Nous avions invité un organisme de prêts alternatif, la NEF » Cette Nouvelle Économie Fraternelle représente une chance pour le monde alternatif, celle de voir enfin un jour une « banque verte », dont le fonctionnement financier serait en rupture avec les modes bancaires classiques.

Fondée en 1968, la NEF était à l’origine une simple association. Vingt ans plus tard, ayant obtenu le visa de la Commission des opérations de Bourse, elle lançait un appel public à l’épargne. Objectif : la création d’une Société financière coopérative nécessitant un capital minimum de 7,5 millions de francs. 8,2 millions furent engrangés grâce à sept cents souscripteurs.

Depuis, forte de son nouveau statut, la NEF propose des prêts à ceux qui se les voient habituellement refuser : pension de famille pratiquant la restauration macrobiotique dans les Landes, retraités menacés de saisie immobilière, chômeurs désireux de créer leur entreprise… Les taux n’excèdent pas ceux en vigueur dans le circuit traditionnel. En revanche, les épargnants ont leur mot à dire sur l’utilisation de leur épargne.

Hébergée pour l’instant par le Crédit Coopératif, la NEF espère bientôt voler de ses propres ailes. Un événement : il s’agirait là de la première création de banque en France depuis 1948. Autant dire que celle-là, de par sa spécificité, deviendrait incontournable pour les milieux alternatifs. Pierre : « Nous avons vite constaté que la NEF se référait à la doctrine ésotérique d’un certain Steiner. ATTAC étant une association laïque, nous avons voulu en savoir plus… »

Et là, en fouillant un peu, on découvre que Rudolf Steiner (1861-1925) a créé en 1913 à Berlin un mouvement de pensée baptisé Société anthroposophique.

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Premiers aperçus de sa doctrine : « Je me suis rendu récemment à Bâle, il y avait un roman nègre qui s’inscrit dans la ligne d’une infiltration progressive de la civilisation africaine dans la civilisation européenne contemporaine. (…) S’il sort encore un certain nombre de romans nègres et que nous en donnons à lire aux femmes enceintes, [cela] donnera naissance à un bon nombre d’enfants tout gris, mulâtres. » Ou encore : « Les antécédents d’un singe ressemblent aussi peu à ceux d’un poisson que les antécédents de l’esprit de Goethe à ceux d’un sauvage (2). » Le style est abominable, une bouillie informe. Mais Steiner a de hautes vues, il appelle carrément de ses vœux un nouveau système social en Europe.

« Quand nous avons découvert qui était Steiner, reprend Pierre, nous avons réagi par une mise en garde sur la liste de diffusion électronique d’ATTAC. À notre grande surprise, de nombreux membres ont pris fait et cause pour ce type qu’ils qualifiaient d’“extraordinaire ” . Ces prosélytes avaient pour la plupart été en contact avec la NEF. Nous avons alors craint que cette société soit un cheval de Troie et, qu’en fait, ce soit l’anthroposophie qui fasse son nid dans les milieux alternatifs. »

Marie, présidente départementale de l’association, confirme qu’elle a immédiatement alerté la direction d’ATTAC, mais que celle-ci « a botté en touche ». Il s’agirait d’un problème purement local et sans grande importance. ATTAC serait trop diversifiée pour être infiltrée par qui que ce soit…

Des races supérieures et des races inférieures

Or, le problème n’est pas isolé. Philippe est un bénévole du réseau Biocoop, premier distributeur français de produits biologiques avec deux cents magasins, un millier de salariés et un milliard de francs de chiffre d’affaires, soit 12 % du marché. Localement, il assure la présidence du conseil de surveillance d’une coopérative. Lui aussi est inquiet. « Suite à un partenariat signé en 1998, Biocoop assure la promotion du compte épargne nature de la NEF. C’est un placement proposé aux particuliers et destiné à financer des “ projets écologiques ”. En 1999, par échange de bons procédés, la NEF a accordé un total de 3,485 millions de francs à Biocoop. Quand j’ai tiqué à cause des fumeuses théories de Steiner, un représentant de la NEF m’a affirmé que les critiques qui circulent sont le fruit d’un complot communisto-maçonnique. »

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On chercherait à diaboliser l’anthroposophie ? Pas sûr. En fait de complot, ce sont des questions très simples que posent ces militants. Dans sa volonté de créer en France la « banque du développement durable et des solidarités », la NEF peut aujourd’hui compter sur la collaboration d’une large part du mouvement alternatif. Des associations comme Bâtir Humain, Éthique et Investissement ou le réseau de commerce équitable Artisans du Soleil lui ont déjà apporté leur soutien. Quelques poids lourds écolos également. Sur une brochure de la NEF figurent les logos de France Nature Environnement (FNE) et du World Wild life Fund (WWF).

Comme celle de Ron Hubbard pour les scientologues, la pensée de Steiner irrigue tout le mouvement anthroposophique actuel.

Mais qui était-il ? Un enfant pas comme les autres, né dans l’Empire austro-hongrois, affirmant jouir du don de clairvoyance. Un étudiant viennois fasciné par Goethe. Un prédicateur berlinois tourmenté par ses visions.

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De fait, l’omniscience de Steiner rappelle celle des « fous littéraires ». La transcription de ses 6000 conférences et quarante ouvrages couvrirait près d’un million de pages. Rien n’est épargné : religion, éducation, médecine, agriculture, politique, économie…

 

Et quand Steiner estime dans le livre L’âme des peuples que « ce n’est pas pour le plaisir des Européens que la population indienne a péri, mais parce que la population indienne devait acquérir les forces nécessaires pour l’amener à périr », la chose est pour lui parfaitement logique. C’est la théorie de l’« involution-évolution » des races. Selon elle, l’humanité évolue selon des cycles au cours desquels se succèdent sept races dont les quatre premières, inférieures, doivent disparaître pour assurer la rédemption des trois suivantes. À cette cosmogénèse, Steiner ajoute les forces du mal, qui auraient volontairement fait dérailler le système en faisant cohabiter les races

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Croquis réalisé par le cerveau raciste de Steiner, séparant d’un côté les “races” qui “involuent” et de l’autre, celles qui “évoluent”.

En 1936, à Nuremberg, on retrouve l’Association des médecins anthroposophiques au sein du Groupe d’étude du Reich pour une nouvelle médecine allemande. Avant de tomber en disgrâce, certains principes anthroposophiques avaient donc séduit les nazis. Plus récemment, en 1995, le gouvernement hollandais a dû inciter les écoles Waldorf à la prudence. Appliquant une méthode pédagogique créée par Steiner, certains enseignants apprenaient aux enfants que la race noire est au stade de l’enfance, la jaune à celui de l’adolescence, seule la race blanche pouvant être considérée comme adulte.

Aux États-Unis, le groupe PLANS (Pour des écoles légales et non sectaires) a dénoncé les mêmes dérapages. En Allemagne, c’est l’AKDH, le mouvement des enfants de l’Holocauste, qui s’inquiète. En France, un rapport parlementaire – plutôt décrié – de 1999 sur Les sectes et l’argent épinglait l’anthroposophie.

Écolos et alternatifs sont sous le charme

Comment les promoteurs d’une économie fraternelle et solidaire peuvent-ils se réclamer d’une doctrine aussi nauséabonde ? Jacky Blanc, directeur général de la NEF, nous déclare d’emblée que sa société ne tient pas pour parole d’évangile l’enseignement de Steiner, qu’elle n’est en rien liée à l’anthroposophie. Ignore-t-il que la charte même de la NEF se réfère à Steiner ? Faut-il rappeler que la Société d’anthroposophie, sociétaire de la NEF à hauteur de 180 400 francs, évoque clairement celle-ci au rang de ses « réalisations sociales » ? Jacky Blanc concède que la NEF s’est bâtie grâce à des personnes en lien direct ou indirect avec Steiner. D’ailleurs, les hypothèses du philosophe lui semblent de « bonnes hypothèses ». « Pour moi, Steiner n’a jamais eu d’attitude raciste. II a essayé de comprendre l’évolution du monde et comment celle-ci a fait qu’il y a eu une différenciation en races. On ne peut pas dire qu’on est tous identiques. On peut dire qu’on est tous égaux. Avoir osé dire qu’on n’est pas tous identiques, c’est peut-être ça qu’aujourd’hui on reproche à Steiner. »

Le 12 décembre 1999, Alain Lipietz, député européen (Verts), a signé dans Le Monde un communiqué de soutien à la NEF : « Je travaille avec des gens de la NEF, je n’ai jamais rien trouvé de raciste ni de sectaire chez aucun d’eux. Ce rattachement de la NEF à la pensée de Steiner me semble donc douteux et en tout cas indémontré. L’ont-ils seulement lu ? »

Guy Hascoët, le nouveau secrétaire d’État à l’Économie solidaire, se trouble quand on expose devant lui le contenu raciste de la pensée de Steiner. « J’avoue ne pas avoir étudié le dossier comme vous… ça pose problème… S’il y a un prosélytisme raciste, il existe une loi pour le condamner. Si votre reportage met en lumière les choses, on verra bien quelles seront les réactions. »

Seule Marie-Christine Blandin, ex-présidente du conseil régional Nord-Pas-de-Calais, est d’emblée réservée : « Défendons l’économie solidaire comme un secteur éthique à part entière. Chez nous, cinq ans d’effort ont abouti à la création de la Caisse Solidaire, spécialisée dans les prêts aux chômeurs et aux Très petites entreprises. » Quelle différence avec la NEF ? Pour Christian Tytgat, directeur de la caisse en question, le problème touche à la laïcité : « Une banque confessionnelle me semble inconcevable ».

Bien que la NEF soit une coopérative, les anthroposophes occupent 100 % des postes de direction, alors qu’ils ne représentent qu’un quart des sociétaires… « Aujourd’hui en Angleterre, une banque anthroposophe finance la création du premier collège technique vert ». Cette collusion n’est pas unique en Europe. Le 12 septembre 1987, à Liestal, l’assemblée des délégués du Parti écologiste suisse a adopté un texte concernant la politique culturelle et l’éducation inspiré des théories de Steiner.

C’est justement en Suisse que l’anthroposophie trouve ses bases. Nous y avons découvert comment la NEF s’inscrit concrètement dans cette curieuse philosophie qui ne laisse rien au hasard.

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Dornach, petit village de Suisse alémanique, à une dizaine de kilomètres au sud de Bâle. Là, se dresse le Goetheanum. Entre bunker et cathédrale, le gigantesque édifice en béton armé abrite le siège de la Société anthroposophique universelle (SAU). Autour, douze bâtiments annexes aux formes baroques. La commune est ravie. Le Goetheanum, qui a placé quatre de ses représentants au conseil municipal, attire des milliers de « pèlerins ». Deux cents francs la visite, suivez le guide dans un labyrinthe mégalomaniaque. « Steiner, cet homme extraordinaire » par-ci, « Steiner, ce génie » par-là…

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Le Goetheanum est une « pompe à phynances »

Plus difficile d’en savoir plus sur la nébuleuse planétaire qui s’articule autour du Goetheanum et se décline en quarante-cinq représentations nationales. Celles-ci assurent la promotion d’une série de sous structures en apparence hétéroclites : les écoles Waldorf (650 dans le monde, dont une dizaine en France accueillant 2500 élèves environ), la Communauté des Chrétiens, diverses maisons d’édition, une kyrielle d’associations à caractère médical, pharmaceutique ou agricole. Toutes, à leur façon, appliquent les enseignements de Steiner.

À en croire le guide, ce complexe organigramme est totalement indépendant du Goetheanum. En réalité, des sommes considérables « remontent » vers la maison mère de Dornach. Chaque représentation nationale lui reverse un tiers de ses cotisations. Pour la France, cela peut représenter jusqu’à 500 000 francs par an. Peu de chose en comparaison des droits d’auteur sur les 354 ouvrages de Steiner diffusés à travers le monde et gérés par la Rudolf Steiner Verlag du Goetheanum.

Cette dernière est par ailleurs l’actionnaire majoritaire du groupe Weleda, qui commercialise les fameux « remèdes anthroposophiques » (dont Iscador, un extrait de gui censé combattre le cancer). En 1997, Weleda, avec 1100 salariés dans dix-huit pays, affichait un chiffre d’affaires de 700 millions de francs. Weleda finance notamment les « travaux scientifiques » de la Section médicale du Goetheanum. Dans le même registre, les produits de « l’agriculture anthroposophique bio-dynamique » (des engrais chargés en « force astrale ») sont gérés par l’association internationale Demeter, administrée par des anthroposophes.

Le jeu des cotisations, des copyrights ou de l’actionnariat contribue donc à alimenter les caisses de la maison mère. Sans oublier les dons.

La NEF, dans ce circuit, apparaît comme une pompe à finances, à l’instar des autres établissements ouverts en Belgique, aux Pays-Bas, ou en Angleterre. Pour engranger l’épargne de tous, il faut prêter à tous. Ainsi seulement, « l’argent qui relie les hommes » peut, à terme, profiter au Goetheanum.

Récemment, la revue L’Esprit du temps normalement réservée aux seuls adeptes, exprimait ses craintes que la NEF ne finisse par perdre son âme steinerienne. Une inquiétude aussitôt démentie par un « droit de réponse » signé Société anthroposophique universelleJean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit, responsables du conseil de surveillance de la NEF : « La charte de la NEF qui fait explicitement référence à l’œuvre de Rudolf Steiner (…) témoigne que l’élargissement et la diversification de son sociétariat n’ont pas eu pour conséquence une trahison de ses fondements (…). Dans les milieux de l’économie sociale, de l’économie alternative et solidaire, de l’agriculture durable, du logement social qui n’avaient quasiment aucun contact avec la pensée et l’œuvre de Steiner la NEF a apporté au cours des années un témoignage qui a ouvert un horizon nouveau à bien des personnes. Mais en même temps, chaque fois qu’une institution steinerienne s’est adressée à la NEF pour avoir un appui, elle a trouvé une équipe dévouée à sa cause. » Voilà qui est explicite.

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Vitrine de l’anthroposophie, le “Hameau des Buis” de Pierre et Sophie Rabhi. En bas à droite de la photo, un cercle Steiner sur ce même hameau privatisé.

 

La NEF est plus proche de Davos que de Seattle

Tout aussi transparente est la doctrine économique de Steiner. Le parlementarisme n’y a pas sa place. Ni le syndicalisme, jugé improductif : « Qui donc travaillerait si [les] hommes devaient passer leur temps en débats sur le travail ? » Son programme rappelle beaucoup plus les conciliabules de Davos que les discours du Larzac : « Il faut soustraire toute activité économique à la tutelle de l’État (…). Dans une organisation économique à l’échelle mondiale le libre-échange offrira la meilleure garantie pour l’établissement des prix justes dans les diverses régions de la Terre. »

La NEF ne se cache pas de participer à cette vision : « C’est évidemment à cette partie de l’œuvre de Steiner que se réfère la NEF » déclare-t-elle dans un communiqué. Avec un capital approchant les 40 millions de francs, elle postule donc pour le statut de banque. La question, confirme Matignon, est actuellement en cours d’examen à la Direction du Trésor.

La « troisième gauche » continuera-t-elle à se rapprocher d’une philosophie aux antipodes de ses aspirations. Militants alternatifs et écolos ont-ils compris les enjeux ?

 

Renaud Marhic

1. Association pour une taxation des transactions financières pour l’aide aux citoyens.
2. Conférence de 1922 sur le thème Santé et maladie.

 

Psychologiquement, y est encouragé un surdimensionnement de l’ego dont l’effet ultérieur peut être une grande souffrance intérieure, ainsi que le décrit très bien un ancien élève américain, Roger Rawlings, sur son site WaldorfWatch. Il se produit aussi un compartimentage du psychisme : la pensée et les sentiments ne communiquent plus entre eux.

COMMENT SE FAIT-IL QU’ON TROUVE DES ANTHROPOSOPHES A LA FOIS DANS DES MOUVEMENTS ALTERNATIFS PROGRESSISTES COMME ATTAC OU LA CONFEDERATION PAYSANNE ET QUE CERTAINS SOIENT PROCHES DE PARTIS REACTIONNAIRES?

Les anthroposophes sont partisans d’une “tripartition sociale” qui se réclame de la trilogie : Liberté Egalité, Fraternité. Mais en réalité, l’Anthroposophie nie le principe fondamentale de la Révolution Française qui est le respect de l’Homme en tant que Sujet. En économie, c’est la Fraternité qui est la règle. Mais cela signifie pour Steiner tout autre chose qu’une perspective socialiste ou communiste ! Pour lui la fraternité veut dire : pas d’intervention de l’Etat, l’économie se régule d’elle-même.

La loi fondamentale de l’économie selon Steiner, c’est qu’une société est d’autant plus riche que les individus ne gardent pas les richesses pour eux-mêmes et reversent leur surplus dans le pot commun. Ce à quoi on les oblige en fait par des pressions psychologiques.

Il n’y a bien souvent pas de conventions collectives dans les écoles Steiner. Le syndicalisme, pour Steiner est une maladie sociale, tout comme l’athéisme est une maladie de l’âme. Chez les anthroposophes, il y a une indifférence à la politique, aux élections. La seule chose qui compte pour eux est de savoir ce qui va favoriser leurs institutions ou non. La vie de la société dans son ensemble ne les intéresse nullement.

 

actu-sectarisme.blogspot.fr

 

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La spécificité sectaire de l’Anthroposophie

Quelle est donc cette spécificité qui me fait craindre de voir l’Anthroposophie passer finalement entre les mailles du filet de la vigilance sectaire ? Qu’est-ce qui permettrait à cette dernière une telle démarcation factice ?

Ceux qui observent l’Anthroposophie et ses émanations, comme les écoles Steiner-Waldorf, la NEF, ou la Biodynamie n’y perçoivent nullement, dans un premier temps, de discours ouvertement délirant sur les extraterrestres, l’étoile Sirius, les Esprits de Lumière ou les voyages astraux. On n’y détectera pas non plus d’emprise permettant des détournements d’argents importants, ni des personnes ruinées pour avoir tout donné, ou encore des adeptes devenant des esclaves sexuelles d’un gourou dans le cadre d’orgies collectives. Nous ne sommes pas non plus en présence de groupes construisant des lieux de vie isolés barricadés par des murailles gardées d’hommes armés. Nul suicide collectif d’anthroposophes n’a fait ni ne fera la une des journaux.

Au contraire, l’Anthroposophie et ses émanations présentent toutes les apparences d’une respectabilité parfaite :

– Les écoles Steiner-Waldorf sont parfois sous contrat avec l’Education Nationale, et les spécialistes de certains Rectorat prennent ouvertement la parole publiquement pour vanter le bien-fondé de cette pédagogie, quand ce n’est pas un ancien Ministre de l’Education Nationale ;

– Les médecins anthroposophes ont fait des études classiques de médecine et sont souvent conventionnés ;

– On parle de la NEF sur France-Info tous les trois mois environ, au point de la qualifier de « première banque éthique de France » (le qualificatif « citoyenne » ayant déjà été pris par la Banque Postale et ne faisant pas autant recette) ;

Rudolf Steiner est présenté comme un « penseur », un « philosophe » ou un « théoricien », jamais comme un occultiste délirant ;

– L’agriculture biodynamique s’est à ce point collée à l’agriculture biologique qu’elle s’est rendue indiscernable de cette dernière, tandis que l’Association d’Agriculture Biodynamique parvient à se faire héberger dans les locaux de la Chambre d’Agriculture. Les magasins Naturalia font en septembre 2014 leur « mois biodynamique » et Télérama consacre en même temps tout un dossier pour faire la promotion de cette agriculture ;

– Les produits de la firme WELEDA sont vendus dans presque toutes les pharmacies ;

-Etc.

Toute ces caractéristiques semblent donc éloigner radicalement l’Anthroposophie et ses émanations de ce qu’on se représente habituellement comme un phénomène sectaire. Ainsi, les représentations communes que l’on se fait habituellement des sectes, jusque dans le cadre des associations qui luttent contre leurs méfaits, permettent à l’Anthroposophie d’occuper une place à part, préservée. Même dans la bouche de certains responsables, il m’est arrivé d’entendre la phrase : « Ce n’est pas vraiment une secte. »

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En photo, la princesse Constance de Polignac et son protégé/conseiller personnel Pierre Rabhi (du mouvement écolo de droite “Colibri”) sur son domaine de Kerbastic, château du XVIIe siècle transformé en hôtel de luxe s’étendant sur un parc de 170 hectares dont 2 hectares “bio” accueillant des séminaires destinés aux chefs d’entreprise.



Mais est-ce effectivement le cas ? Faut-il nécessairement réduire le phénomène sectaire à des représentations comme celles que nous avons évoquées ? N’y-a-t-il pas, en réalité, une paresse intellectuelle profonde à tenter de cerner par le biais de représentations un phénomène aussi subtil que celui des sectes, ou des dérives sectaires, là où ce serait plutôt le concept de ces dernières qui devrait guider leur appréhension ?

Penser par représentations est facile et les journalistes s’y prêtent volontiers. Avoir dans l’esprit des images comme celles de partouzes sectaires, d’embrigadement militaire, de familles ruinées, de gourou en toge et de Mandarom bariolé a certes rendu mentalement présents dans les esprits de la population française les risques de certaines dérives correspondant effectivement à ce décorum ubuesque. Mais qu’en sera-t-il pour les mouvements sectaires qui savent ne pas verser dans ce type d’extravagances, mais n’en sont pas nécessairement moins dangereux sur le long terme et sur un autre plan ?!

En effet, l’Anthroposophie ne dresse pas de murailles apparentes autour de ses constructions architecturales. Mais la coupure qu’elle opère progressivement, dans l’esprit du disciple de Steiner (et même de ceux qui ne font que fréquenter les institutions issues de l’Anthroposophie) entre le « monde extérieur » et le « milieu anthroposophique » est-il moins bien gardé qu’une place forte dotée de mitrailleuses ?

Certes, il sera impossible d’observer des grandes partouzes collectives ni de débordements pédophiles dans les locaux de la Société Anthroposophique, ou dans une école Steiner-Waldorf. Mais, dans le premier cas, la forme de séduction que les dirigeants exercent sur leurs auditeurs n’y prend-t-elle pas des formes psychiquement fortement sexualisées ? Et, dans le deuxième cas, la promiscuité douteuse entre professeurs et élèves ne s’apparente-t-elle pas à des relations « incestuelles », faute d’être systématiquement incestueuses ?

Effectivement, nul adhérent de la NEF ne se retrouvera sur la paille en six mois après avoir donné tout ses biens pour une institution issue de l’Anthroposophie. Mais ne finit-il pas par appartenir peu à peu à un circuit économique à part, à une sorte de serpent qui grossit en se mordant la queue, où tout l’argent disponible part en direction des mêmes causes et des mêmes entreprises, qui s’alimentent mutuellement ?

La spécificité sectaire de l’anthroposophie

 

Pour les membres de la Société Anthroposophique, l’exigence d’exclusivité à l’Anthroposophie est d’ordre implicite. Au niveau de leur discours, les anthroposophes vous disent souvent qu’il n’y a pas d’autre obligation pour vous que d’être un honnête homme, qu’il n’y a aucun interdits, etc. Le mot liberté est sur toute les langues anthroposophiques ! Il n’y aurait même aucun problème à être membres de la Société Anthroposophique tout en appartenant à une autre religion. Et l’on cite quelque cas d’anthroposophes bouddhistes (comme Ha Vin Tho) ou musulmans (comme Ali Gerbhi) que l’on exhibe triomphalement lors de certains congrès pour bien montrer à quel point on a l’esprit ouvert. Les anthroposophes revendiquent ainsi pour l’Anthroposophie une sorte de rang supérieur aux simples religions, de spiritualité universelle capable de les comprendre et les embrasser toutes. Dans les faits, les choses se passent autrement : par de nombreuses allusions, par des remarques, par des attitudes, par certains écrits, on vous fait comprendre qu’il n’est très bon pour vous d’aller voir ailleurs :

– Vous pratiquez le yoga ? Savez-vous que Steiner a dit que c’est dangereux pour votre corps éthérique et même pour votre corps physique ? Mieux vaut se diriger vers l’eurythmie.

– Vous avez une activité sportive ? Savez-vous que c’est contre-indiqué à celui qui aspire à la clairvoyance ? Pas la gymnastique Bothmer cependant.

– Vous vous intéressez à un autre courant spiritualiste ? Attention car ça ressemble à une secte ! (Le comble !)

– Vous êtes resté attaché à votre religion d’origine ? Avez-vous lu ce que Steiner a dit des insuffisances de ce culte dans tel cycle de conférence ? Mais si tenez absolument à conserver une pratique religieuse, il me semble que le culte de la Communauté des Chrétiens, fondée par des disciples de Rudolf Steiner, propose une approche des sacrements qui réponds mieux aux exigences de l’homme moderne.

– Vous buvez de temps en temps de l’alcool ? Bien sûr vous êtes libre, mais savez-vous que Steiner a dit dans tel cycle de conférence que cette boisson appartient aux états de conscience passés de l’humanité ?

– Vous mangez de la viande ? Si vous êtes incapable de vous en passer nous comprenons, mais cela va constituer pour vous un handicap pour avoir des perceptions spirituelles.

– Vous dansez le Rock ? Pourquoi pas, mais d’après Steiner il s’agit d’une danse basée sur des rythmes africains qui dénaturent les corps éthériques des occidentaux.

– Vous avez du plaisir à lire des livres comme la saga des Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux ? C’est parfaitement votre droit, mais ne savez-vous pas quelles forces maléfiques se cachent derrière l’écriture de tels ouvrages, que tel auteur a d’ailleurs très bien dénoncé dans le numéro d’une revue anthroposophique que je peux vous prêter. En revanche, je vous recommande Momo ou L’Histoire sans fin de Michaël Ende (qui est un auteur anthroposophe).

– Vous vous intéressez à la politique ? Moi je n’ai pas confiance en tout ces gens-là. En revanche, je trouve que Pierre Rabhi et son association « Colibri » propose une alternative pertinente conforme aux exigences du monde actuel. D’ailleurs, si ça vous intéresse, il vient faire prochainement une conférence à l’école Rudolf Steiner de Verrières-le-Buisson et c’est un fermier qui a pratiqué la méthode biodynamique ! Il est proche de nos milieux vous savez.

– Votre médecin-traitant vous a prescrit des médicaments homéopathiques sans spécifier qu’ils doivent être de la firme Weleda ? C’est embêtant pour vous car les médicaments homéopathiques ordinaires possèdent moins de forces de guérison. Il n’ont pas été « dynamisés » vous comprenez. Je vous recommande un très bon médecin anthroposophe qui exerce dans tel quartier. Quand la législation française est trop liberticide, il vous indiquera comment faire venir vous-mêmes certains médicaments directement de Suisse. Si vous êtes en dépression, il est possible qu’il vous prescrive de manger de la salade spécifiquement broyée avec une machine allemande dont le prix est de 500 Euros. Si vous n’avez pas les moyens de vous l’acheter, je pourrais vous prêter la mienne.

– Vos enfants regardent la télévision ? Je vous recommande un numéro de l’excellente revue de médecine anthroposophique qui dénonce les effets dévastateur de la télévision sur le psychisme des enfants.

– Vous allez de temps en temps au cinéma ? Je crois que Rudolf Steiner explique que cela rend nos yeux éthériques semblables à ceux des grenouilles et que c’est très mauvais pour notre karma car, lors de la rétrospective post-mortem, les moments où vous avez regardé des films constituent des sortes de trous dans la mémoire de notre existence révolue… Il faut que je retrouve le passage et je vous en ferait une photocopie !

– Etc. Rien n’est interdit, mais tout est présenté comme contre-indiqué. Vous êtes libres, mais vous vivez dans la culpabilité ou dans la crainte si vous ne suivez pas les recommandations du Maître. Ce procédé est très habile : des interdits clairement affichés engendrent des oppositions, tandis que des conseils et des mises en garde sont mieux assimilés. La Société Anthroposophique réalise donc bien les trois conditions définies par le sociologue Émile Durkheim pour être qualifiée de religion :

– l’existence d’un ensemble de croyances constituant un système solidaire ;

– l’existence de rituels ;

– l’existence d’une communauté.

Qui sont les anthroposophes? Les différents cercles du milieu anthroposophique 

 

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Les trois modes d’adhésion à l’anthroposophie

Il y a selon moi trois aspects caractérisant l’adhésion à l’Anthroposophie :

– l’adhésion intellectuelle ;

– l’adhésion sociale ;

– l’adhésion comportementale.

*

a ) L’adhésion intellectuelle

Elle comporte plusieurs aspects :

– l’adoption de certaines idées ésotériques générales ;

– l’adhésion à certaines idées ésotériques spécifiques à Rudolf Steiner ;

– l’adhésion à certaines tournures d’esprit ;

– l’adoption d’un vocabulaire spécifique de l’Anthroposophie.

*

b) L’adhésion sociale

Elle peut comporter plusieurs aspects :

– fréquenter une des institutions issues de l’Anthroposophie : école Steiner-Waldorf, crèche d’inspiration Steiner-Waldorf, groupe d’éveil et de jeux pour les tout-petits, N.E.F., M.A.B.D., Communauté des Chrétiens, groupes d’étude de la Société Anthroposophique, centre de formation anthroposophique comme l’Institut Rudolf Steiner, ou Didascali (pédagogie), centre de formation à la peinture Hauschka, etc. ;

– suivre les conférences de la Société Anthroposophique ;

– suivre les conférenciers indépendants professant la doctrine de Rudolf Steiner ou se référant notamment à lui ;

– suivre un atelier artistique d’inspiration anthroposophique : « Eurythmie », mime, théâtre, peinture, modelage, musique, etc ;

– avoir recours aux services d’un praticien de la santé et du domaine médico-social lié à l’Anthroposophie : thérapeute, conseiller diététique, orthophoniste, infirmier, babby-sitter, nounou, etc.

*

c) L’adhésion comportementale

Elle peut comporter plusieurs aspects :

– l’adoption de pratiques méditatives spécifiques aux anthroposophes ;

– l’adoption d’habitudes alimentaires spécifiques aux anthroposophes (végétarisme ou tendance au végétarisme, consommation de produits bio Demeter) ;

– l’adoption de pratiques éducatives spécifiques aux anthroposophes;

– l’adoption de comportements hygiéniques spécifiques aux anthroposophes (consommation de produits homéopathiques de la firme Weleda, etc.) ;

– l’adoption de pratiques cultuelles spécifiques aux anthroposophes : recours aux sacrements de la Communauté des Chrétiens, recours à l’Eurythmie et à certains de ses gestes comme modes d’interventions cultuelles, recours à certains textes de Steiner comme supports de cérémonies religieuses, etc.  ;

– l’adoption de comportements vestimentaires spécifiques à l’Anthroposophie (un certain style de vêtements, de couleurs, etc) ;

– l’adoption de critères esthétiques ou de pratiques décoratives spécifiques aux anthroposophes, parfois issus d’indications données par Rudof Steiner lui-même (couleurs des murs, coupe de cheveux, etc) ;

– l’adoption de comportements sexuels spécifiques aux anthroposophes (indiqués notamment dans le livre d’Athys Floride, Ed. Novalis), ou donnés en exemple dans certains cercles fermés de l’Anthroposophie ;

– le financement, par le biais de dons ou de legs, d’institutions liées à l’Anthroposophie.

*

On peut reconnaître un anthroposophe au fait qu’il adopte un ou plusieurs de ces aspects intellectuels, sociaux ou comportementaux. Plus ceux-ci sont nombreux, plus la personne est anthroposophe.

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A lire en complément :

Pour en finir avec la supercherie Rabhi: l’écogourou sur le chemin de Compostage.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 

Ecologie, monnaie, le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute! 

C’est quoi le fascisme? 

Sea Shepherd? Réactionnaire mon cher Watson

 

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme

Ce soir, le café coopératif La Veilleuse (Paris 20e) reçoit l’équipe du site Reporterre.net, fondé par Hervé Kempf, journaliste au Monde. L’occasion de revenir sur le contenu de ce site consacré à l’écologie mais qui baigne dans le confusionnisme le plus total.

Reporterre, site qui se veut une référence en matière d’écologie, est représentatif d’une tendance hélas grandissante du mouvement écologiste qui, par manque sans doute de culture politique, tend à ouvrir ses portes à quiconque se dit – même vaguement – ami de la nature, sinon décroissant. « Reporterre veut être le forum de tous ceux qui imaginent le nouveau monde, un monde où l’on arrêtera de détruire l’environnement et qui retrouvera l’idéal de la justice », clame la courte présentation du site. Au nom du « débat », de la « démocratie » et de la « liberté d’expression », la porte est donc ouverte à tous les vents : sociaux-démocrates de droite, de gauche, du centre, consuméristes, complotistes, mystiques en tous genres, groupuscules d’extrême droite.

La « une » du jour est représentative de cette ligne éditoriale fourre-tout :

On y retrouve entre autres la porte-parole de l’écologie de droite Corinne Lepage, un communiqué des conspirationnistes de ReOpen911, aux côtés d’articles piqués chez Attac ou chez CQFD, des thématiques « développement durable » promues par les autorités et l’industrie « verte » (les « produits bio-sourcés »), des promoteurs de la non-violence version gandhiste (l’association Gandhi international) un poème d’une militante d’Attac, Béatrice Turpin, qui prétend jouer les radicales, un reportage sur le chantier de la gare de Stuttgart en Allemagne, un article anti-gaz de schiste fouillé… Bref : de tout et de n’importe quoi, et une abondance de copiés-collés sans lesquels le site, essentiellement alimenté par la rubrique « une minute, une question » (des quidams connus ou inconnus « développant » une thématique en une minute chrono), ne serait qu’un bréviaire de « fast-thinking » militant.

Il serait fastidieux de dresser un inventaire exhaustif du contenu du site. Contentons-nous de pointer les contenus les plus problématiques, et notamment la promotion que ce site a apporté ou apporte à des groupes conspirationnistes, rouges-bruns ou d’extrême droite.

On retrouve ainsi sur Reporterre :

– Le micro-parti fascisant La Dissidence et son leader Vincent Vauclin
Etienne Chouard, à deux reprises (dont une des toutes premières interviews du site)
ReOpen911
Michel Collon et ses amis
– Le site rouge-brun Le Grand Soir, encore très récemment
– Le complotiste Thierry Meyssan, qu’on ne présente plus
– Une large collection d’indinaiseries
– Des leçons de morale de François Ruffin, tenancier de Fakir et qui promeut dans son journal la revue rouge-brune Bastille-République-Nations ou dans le dernier film de Pierre Carles les thèses de Jacques Cheminade ou de Nicolas Dupont-Aignan
– Des « analyses » complotistes sur le virus H1N1, la pire étant sans doute celle fournie par le climato-sceptique (sur un site écolo, bravo…) américain Frederick William Engdahl, collaborateur de Russia Today mais aussi de la revue d’extrême droite italienne Eurasia, analyse que Reporterre a été copier sur le site Oulala.net de René Balme et sur Mondialisation.ca de Michel Chossudowsky
– Une promotion du numéro d’octobre 2012 de la revue pourtant d’ordinaire plus regardante Silence !, dans lequel on trouve une interview du compagnon de route des négationnistes Jean Bricmont, qui se voit donc par ricochet promu sur Reporterre
– etc.

En ouvrant ainsi ses colonnes à des tels écrits, le site Reporterre participe de la confusion des genres et, même indirectement, à la récupération par les mouvements les moins recommandables des thématiques écologistes – conspirationnistes, extrême droite et rouges-bruns (anti-)productivistes étant en ce moment au taquet sur ces questions.

Plus généralement, que Reporterre puisse être perçu comme un site de référence en matière d’écologie ne manque pas de nous étonner, tant son contenu – même quand il ne fait pas la promotion des sus-cités – est globalement indigent et se situe dans la ligne de la pensée écologiste dominante, à savoir une ligne sociale-démocrate et développement durable qui n’a absolument rien de radicale.

Ceux qui font la promotion d’un tel site et acceptent de servir de faire-valoir à ses « journalistes » se rendent complices par là même de l’inquiétante dépolitisation qui mine de manière grandissante le mouvement écologiste et finit par rendre inaudible toute forme d’écologisme radical.

 

Action Anti-Conspis Paris-Banlieue.

 

Commentaires associés:

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:46

Et aujourd’hui, Reporterre reprend en “une” un article de Challenges, une revue appartenant au Nouvel Obs et à destination des cadres et des patrons.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 25 janvier 2013 22:50

Et puis cette obsession, développée tout au long du site et des ouvrages de Kempf, pour “l’oligarchie” et “les banques“… Comme si le capitalisme se résumait à ça ! C’est vraiment une analyse au ras des pâquerettes !

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 26 janvier 2013 11:31

Décidément, ils sont tous de sortie : ce soir, c’est le Shakirail qui reçoit Vincent Liegey (PPLD, ReOpen911) pour la sortie d’un bouquin sur la décroissance préfacé par Paul Ariès (l’ami de René Balme avec qui il co-édite Le Sarkophage). Comme tous les autres, ce RDV est annoncé par Démosphère, qui adore aussi ReOpen911 (alors même qu’il est impossible d’y faire passer le moindre RDV concernant l’Iran ou la Syrie).

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:49

Reporterre était comme par hasard hier à la (R)évolution des Colibris, qui a vu “débattre” Chouard et Rabhi. A noter qu’on retrouve aussi datée d’aujourd’hui sur Reporterre une interview de l’écolo-conspi fou Pierre-Emmanuel Neurohr, qui parle de “génocide” à tout propos (les voitures, les avions, le réchauffement climatique), discours qui en accolant l’adjectif “génocidaire” à tout et n’importe quoi contribue à relativiser gravement la notion de génocide. Il a fondé un micro-parti dont il semble être le seul membre, le Parti de la Résistance, et a déjà fait de la tôle pour des actions complètement branquignoles et solitaire contre les aéroports.

Le site Reporterre, portail de l’écolo-confusionnisme 31 janvier 2013 14:54

Comble de l’hypocrisie : dans son article à la gloire des Colibris, Reporterre s’abstient de mentionner la présence de Chouard.

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Source Indymedia.paris.org – jeudi 24 janvier 2013

 

Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !

Le site Reporterre, animé par le journaliste Hervé Kempf et pointé du doigt le 24 janvier 2013 par le site Indymedia Paris pour son « écolo-confusionnisme », a finalement décidé de retirer les articles les plus douteux de son site : on n’y trouve ainsi plus aucune référence au groupuscule néo-fasciste La Dissidence, à Thierry Meyssan ou au climato-sceptique américain Frederick William Engdahl.

Cependant, du ménage reste à faire : on trouve ainsi toujours des références à Etienne Chouard1, Michel Collon2, Legrandsoir.info3, Mondialisation.ca4 ou ReOpen9115, des articles à connotation complotiste sur le groupe Bilderberg6 ainsi que la promotion d’une interview de Jean Bricmont par la revue Silence! datant d’octobre 20127, un lien vers une vidéo de l’Agence Info Libre sur la manifestation anti-aéroport à Nantes en février dernier8 ou un appel à suivre une conférence de l’Opus Dei publié dans une brève du 19 avril 20149 (ainsi qu’un dossier sur la spiritualité10 – chrétienne en particulier – et des articles sur les prises de position du Vatican sur l’écologie11).

Globalement, la ligne de Reporterre reste fourre-tout : on y trouve toujours des personnalités de droite comme Corinne Lepage, des productivistes de gauche aux discours souvent difficilement compatibles avec l’écologie comme Jean-Luc Mélenchon ou François Ruffin du journal Fakir, des représentants de l’écologie mainstream (cadres d’Europe-Ecologie-les Verts, Greenpeace, Pierre Rabhi ou dans une moindre mesure Kokopelli12… ) aux côtés de de mouvements plus marginaux (décroissancistes) ou radicaux (zadistes). Le 13 novembre 2013, le site écologiste a par exemple relayé une pétition d’élus de tous bords (de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan en passant par des représentants d’EELV, du PS et même Jacques Myard de l’UMP, qui est aussi membre de la Droite populaire et animateur de Radio Courtoisie) contre le prolongement des concessions autoroutières13.

Enfin, tout récemment, Reporterre a publié une chronique du président de Nouvelle Donne Pierre Larrouturou appelant à une répression accrue des « Black blocks » et autres « casseurs » sur les manifestations contre le barrage de Sivens ou contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le texte a été expurgé par suite d’un « débat interne », nous apprend le site libertaire tourangeau La Rotative, l’équipe qui entoure Hervé Kempf ayant admis « l’avoir publié trop rapidement et sans trop d’attention ». Il est d’ailleurs étonnant qu’un site se voulant pluraliste favorise ainsi les représentants de certains partis, puisque Larrouturou (mais aussi Noël Mamère) dispose sur Reporterre d’une chronique mensuelle.


Mise à jour, 9 décembre 2014, 16h30 : Assumant une ligne confusionniste, Reporterre a offert une tribune à Tugdual Derville, militant anti-Mariage pour Tous.

 

 Source: Confusionnisme.info – Observatoire du confusionnisme politique.

 

En complément:

 

Quelques-uns des – très – nombreux liens entre Etienne Chouard et l’extrême droite:

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=> Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à lavant-garde de la confusion

 Gabriel Rabhi, fils de Pierre, commence peu à peu à se faire une place au sein de la complosphère, et affiche sans honte ses sympathies pour l’extrême droite. Beaucoup plus discret, son frère David partage les mêmes idées sur Facebook. Sans aller aussi loin, leur père est connu pour développer une pensée réactionnaire et mystique, sous couvert d’humanisme, qui rencontre un grand succès dans les milieux écologistes. Le confusionnisme, une tradition chez les Rabhi ?

 

=> Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

Si, à l’occasion de ses nombreux passages télé et interviews dans la presse commerciale Pierre Rabhi s’astreint le plus souvent à ne communiquer que sur des thématiques en apparence consensuelles, atteindre sa pensée profonde nécessite de s’écarter un peu des sentiers battus.

C’est la retranscription écrite de l’extrait d’une interview accordée en octobre 2013 et diffusée le 21 août 2014 sur la radio chrétienne RCF Berry [1] que nous vous invitons à découvrir ici.

 

=> Corinne Gouget, docteur en charlatanisme et VRP de l’extrême droite

Si l’on retrouve Corinne Gouget très présente en haut des résultats des moteurs de recherche, ce n’est certainement pas grâce à ses compétences scientifiques puisqu’elle n’en possède aucune.

Pour faire connaître son « travail », ce personnage peut compter sur la sphère d’extrême droite et conspirationniste puisque Egalité&Réconciliation, Les Moutons enragés, Inform’Action, MetaTv, 4e singe, Le Cercle des Volontaires, Agence Info-Libre et bien d’autres relaient ses élucubrations.

 

=> Mr Mondialisation ou le masque de l’écologie confusionniste

En faisant appel à des thématiques en apparence consensuelles comme le consommer local, « bio » ou « éthique », que seule une petite minorité est en capacité de s’offrir, la page « Mr Mondialisation » prétend se positionner en alternative au discours dominant tout en piochant abondamment dans la rubrique écologie de l’ensemble de la presse patronale.

Dénoncer le greenwashing – cette manip de publicitaire destinée à repeindre l’économie de marché en vert – tout en le pratiquant soi-même, voilà une petite incohérence qui méritait d’être fouillée plus avant

 

=> Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

Rares sont les médias à avoir été capables d’aller au fond de l’affaire, à savoir celle d’un vigneron pratiquant non pas une agriculture biologique mais la biodynamie, cette agriculture occultiste directement issue des méthodes Steiner.
Rudolf Steiner, pape de l’anthroposophie, mouvement sectaire s’abreuvant aux pires obscurantismes

 

Elle n’aime pas ça, la terre, la liberté

Revenir à la terre, revenir au local, revenir au féodal,

Il y a quoi là-dedans?

La maxime pétainiste dit: “la terre, elle, ne ment pas”.

Elle ne ment pas car elle ne dit rien, elle est muette la terre,

La terre se contrefout de tout ça.

La terre se contrefout de l’émancipation,

Elle n’aime pas ça, la terre, la liberté,

Elle préfère l’ordre millénaire et le travail, la terre,

Elle est pieuse, la terre,

“Pas d’émancipation des femmes”, dit la terre.

Il faut souffrir la terre,

Un monde à l’Histoire creuse, la terre,

Il n’y a pas de PMA dans la terre.

Il n’y a pas d’accès à la pilule, avec la terre.

“Une femme, ça sert à enfanter” dit la terre,

Il n’y a plus d’Histoire, avec la terre,

Le Seigneur, le saigneur,

La patrie, le patriarche,

Et les terrien-ne-s, dans la gadoue, jusqu’au cou!

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

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A lire en complément:

José Bové contre la PMA  : Moyen Âge quand tu nous tiens!

Rabhi sur la famille et la PMA, à droite toute!

 

 

 

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Au quotidien on est confronté à des questionnements sur nous-mêmes, sur notre travail, est-ce qu’on va avoir du travail, est-ce la société va évoluer, etc,… Et bien cette insécurité, cette insécurité, plutôt que d’en faire de la peur, faisons de la créativité. Il y a Allan Watt qui avait écrit un livre qui s’appelait “bienheureuse insécurité” Parce que quand on est installé dans la certitude, cette certitude nous endort. Et aujourd’hui, nous n’avons pas à nous endormir. Et je bénis cette incertitude. Et je bénis cette situation dans laquelle les horizons se brouillent. Et parce que les horizons se brouillent, on fait appel à la lumière. Pierre Rabhi

 

Pour aller plus loin:

Savez-vous d’où vient l’expression ” égalité des chances “?

L’oppression spécifique des femmes

Vigneron en prison pour avoir refusé d’épandre des pesticides?

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La fable avait tout pour plaire.

Un vigneron, Emmanuel Giboulot, en lutte contre l’administration, un petit contre les gros, le pot de terre contre le pot de fer, l’agriculture biologique contre l’agriculture productiviste et l’industrie chimique, tous les éléments étaient réunis pour faire de cette affaire ce qu’elle a produit : un relais médiatique auquel il aura été difficile d’échapper, une mobilisation locale importante ainsi qu’une pétition forte de 500.000 signatures en un temps record.

Mais il y a un mais.

Rares sont les médias à avoir été capables d’aller au fond de l’affaire, à savoir celle d’un vigneron pratiquant non pas une agriculture biologique mais la biodynamie, cette agriculture occultiste directement issue des méthodes Steiner.
Rudolf Steiner, pape de l’anthroposophie, mouvement sectaire s’abreuvant aux pires obscurantismes.

Un vigneron qui s’est offert à peu de frais – il a écopé de 1.000 euros d’amende dont la moitié avec sursis – un gigantesque coup de pub d’une valeur de plusieurs millions d’euros. [Mise à jour: il sera relaxé en appel]

Car il ne s’agissait en aucun cas d’obliger ce vigneron à utiliser des pesticides, mais de lutter ponctuellement grâce à un insecticide, contre une maladie mortelle considérée par l’Institut français de la vigne et du vin comme “l’une des plus importantes sur la vigne”, la flavescence dorée, maladie capable de détruire rapidement des cépages entiers et véhiculée par un insecte la cicadelle, un “piqueur suceur” se nourrissant de la sève des végétaux, un parasite pour les plantes qui mettait en danger l’ensemble de la profession, qu’elle soit en agriculture classique ou écologique.

Est-ce que quiconque a obligé Emmanuel Giboulot à utiliser toute une batterie d’insecticides chimiques?

Non, en aucun cas, il existe un traitement bio de cet insecte et auquel les vignerons en agriculture biologique se sont pliés sans rechigner, tout simplement parce que la propagation de cette maladie mettait l’ensemble de la région viticole en danger.

Grâce à ce dossier, que nous avons voulu le plus complet possible, vous allez comprendre ce que sont la biodynamie et l’anthroposophie, sur quels ressorts obscurantistes ils reposent et en quoi ils sont à relier aux pires pratiques sectaires.

Les Enragé-e-s

Parmi ses très nombreux soutiens figurent des élus et militants d’Europe Ecologie-Les Verts, le NPA, Greenpeace et Attac; ainsi que des sympathisants non politisés des différentes viticultures dites «biologique».

Mais on compte aussi, dans cette affaire, des militants venus de courants de pensée opposés, adversaires de la «médecine officielle». C’est notamment le cas des adeptes de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN), qui ont largement aidé ces derniers mois Emmanuel Giboulot à médiatiser son action et son procès, comme on peut le voir ici.
Flavescence dorée

Cette affaire bourguignonne est assez simple à résumer. Emmanuel Giboulot, 51 ans, travaille une dizaine d’hectares en côte-de-beaune et en hautes-côtes-de-nuits. Il les travaille en «biodynamie», une pratique culturale extrême développée en France depuis plus de trente ans par le charismatique Nicolas Joly dans son angevine Coulée de Serrant.

En juin 2013, les vignes du département de la Côte d’or sont menacées par une épidémie de flavescence dorée, grave maladie bactérienne transmise par un insecte, la cicadelle. Le préfet prend alors un arrêté qui impose de protéger contre l’ennemie toutes les célèbres vignes (pinot noir et chardonnay) de Côte-d’Or. Nul besoin d’avoir recours à des insecticides produits par l’industrie chimique, il existe un produit compatible avec la démarche bio: le Pyrevert.

Emmanuel Giboulot préfère alors déserter plutôt que de se battre. «La biodynamie, explique-t-il, consiste à créer un équilibre global au sein d’un milieu naturel, un écosystème qui fonctionne en autonomie. L’insecticide, même autorisé en agriculture biologique, n’est pas sélectif: il aurait détruit la cicadelle mais aussi une partie de la faune auxiliaire sur laquelle je m’appuie pour réguler cet écosystème. Cela aurait réduit à néant tous mes efforts de développer des approches alternatives depuis que je me suis lancé en 1985.»

Emmanuel Giboulot ajoutait en février qu’il allait être jugé «pour avoir refusé d’empoisonner [ses] propres terres». C’est là une vision parcellaire de l’affaire.

On peut la raconter sous un autre angle: il a délibérément pris le risque de voir son vignoble atteint, mais aussi celui de propager la contagion. A l’inverse, on peut soutenir que son vignoble n’a pas été atteint précisément parce que ses voisins avaient pris soin de traiter de manière préventive.

Tout se passe ici comme dans le cas des vaccinations humaines: les militants anti-vaccinaux ne sont pas atteints parce qu’ils vivent au sein d’une communauté qui, dans son immense majorité, est immunisée. A l’inverse, en cas de maladie très contagieuse (la rougeole par exemple), le non-vacciné devient un vecteur privilégié de diffusion du virus. Opération de prévention individuelle, la vaccination est aussi un geste solidaire. Il peut en aller de même dans le vignoble.

Lire la suite ici => http://www.slate.fr/life/85681/vignerons-condamnes-lutte-epidemies

Biodynamie et Anthroposophie

Dernièrement, certains médias se sont fait largement échos du procès d’Emmanuel Giboulot, un agriculteur biodynamiste qui risquerait la prison pour avoir refusé de répandre certains pesticides dans ses champs. Cet homme devient ainsi une sorte de héros de la cause biologique et de l’agriculture alternative. […]

Quelle est la vraie nature de la Biodynamie et de ses liens avec l’Anthroposophie?

S’agit-il seulement d’une référence à la doctrine de Rudolf Steiner ?

Quand les anthroposophes parlent au public et aux médias de la Biodynamie, ils présentent bien souvent comme “un prolongement de l’agriculture biologique”. Ils jouent ainsi sur le préfixe “bio” pour mettre les deux choses dans le même sac. Ainsi, j’ai souvent entendu dire, lorsque j’étais anthroposophe, qu’il fallait toujours mettre en avant, quand on parlait de la Biodynamie, le respect de la nature et de l’environnement, l’absence d’usage de pesticides, l’observation des cycles des saisons, etc. Par contre, on nous disait d’éviter de mentionner le fait que cette méthode se base sur les influences astrales des signes du Zodiaque, sur des procédés magiques consistant à tuer et à brûler certains animaux en dispersant leurs cendres sur les champs durant la nuit pour éloigner la vermine, sur des rites consistant à pratiquer certaines méditations pour entrer en contact avec les “âmes-groupes” des animaux pour leur demander leur coopération invisible, sur des incantations, sur l’utilisation de cornes de vaches remplies de substances diverses remuées en imprimant au liquide la forme d’une lemniscate, cornes que l’on enfouit ensuite dans le sol, comme autant de capteurs d’énergies spirituelles pour réaliser des “préparations biodynamiques”, etc.

Les anthroposophes ont parfaitement conscience qu’il est très porteur de ranger, comme ils le font, leur “Biodynamie” dans un créneau où elle se faufilerait dans les rangs de l’agriculture biologique et se réclamerait du même combat. Cela leur permet, par exemple, aujourd’hui, de bénéficier du soutien de personnalités médiatiques de premier plan, comme Jean-Marie Pelt ou Pierre Rabhi.

Certes, ces personnalités en savent bien plus qu’elles n’en disent publiquement au sujet des arrières-fond occultistes, magiques et ésotériques de la Biodynamie. Mais elles prennent bien garde d’en faire état trop ouvertement !

Il faut pourtant le dire : la Biodynamie est devenue, avec les écoles Steiner-Waldorf, le meilleur outil de propagande de l’Anthroposophie ! Le meilleur, en ce sens que l’Anthroposophie se diffuse toujours d’autant mieux qu’elle ne révèle pas son vrai visage. C’est là, selon moi, un principe de base de cette dérive sectaire. En se présentant comme une simple branche de l’agriculture biologique, la Biodynamie a réussi son coup, de même que les écoles Steiner-Waldorf ont réussi le leur en se plaçant du côté des pédagogies alternatives, comme Freinet ou Montessori. La Biodynamie est ainsi devenue, en tant que méthode d’apprentissage d’une agriculture qui se dit spécifique, l’un des meilleurs outils de propagande de l’Anthroposophie.

“On peut tout-à-fait être agriculteur en Biodynamie sans être anthroposophe !” mentent effrontément et systématiquement certaines personnes. Elles mentent, car il n’est pas possible de mettre en pratique les indications et les cahiers des charges de la Biodynamie sans tremper peu ou prou dans l’ésotérisme de Rudolf Steiner, qui imprène totalement le “Cours aux agriculteurs”, c’est-à-dire l’ouvrage de base de cette agriculture spécifique. Toutefois, ce mensonge (parfois de bonne foi !) est rendu possible par le flou qui règne autour de l’identité des anthroposophes, flou que j’ai cherché à caractériser dans mon article intitulé Qui sont les anthroposophes ? En réalité, il est strictement impossible de dissocier la Biodynamie de l’Anthroposophie, tout comme il est impossible d’en dissocier la pédagogie Steiner-Waldorf ! Pourtant, si ces deux ramifications de l’Anthroposophie étaient honnêtes, tant avec le public qu’avec elles-mêmes, elles devraient dire haut et fort ce qu’elles sont vraiment : des pratiques magico-religieuses issues d’une doctrine occultiste.

Ce lien à l’Anthroposophie n’est pas seulement une référence à la doctrine de Steiner, mais un mode de captation de nouveaux adeptes. Il suffit pour s’en rendre compte de lire les intitulés des formations que propose le MABD (Mouvement d’Agriculture Biodynamique) : derrière des formulations où il semble seulement question d’observation de la faune et de la flore, on s’apercevra que les stages en question sont bien souvent conduits par des anthroposophes. Pour avoir connu la plupart de ces “formateurs” et les contenus de leurs “enseignements”, je peux certifier qu’il ne s’agit pas tant d’apprendre à observer véritablement la nature que d’inculquer les bases de la doctrine steinerienne. Celle-ci est toujours introduite prudemment, lors de ces stages, en dissimulant dans un premier temps son nom. Ainsi, les formateurs en Biodynamie parlent toujours plus volontiers “d’approche goethéenne de la Nature” que d’Anthroposophie. Comme le gourou l’avait fait lui-même de son vivant pour promouvoir insidieusement ses propres idées, Steiner s’abrite derrière Goethe !

Lire la suite ici => http://veritesteiner.wordpress.com/2014/02/27/biodynamie-et-anthroposophie/

Le mythe de l’agriculture biodynamique

Le mythe

L’agriculture biologique dynamique, connue sous le nom de biodynamie, est un système agricole reposant sur une série de lectures données par Rudolf Steiner en 1924. Durant sa vie, le Dr Steiner se sentait concerné par la dégradation de la nourriture produite par des pratiques agricoles qui faisaient davantage confiance dans les fertilisants et les pesticides non organiques. Réputée comme étant la première approche alternative, la biodynamie a évolué durant le siècle dernier pour inclure de nombreuses pratiques agricoles ayant des bénéfices démontrables sur les récoltes et l’utilisation du terrain. En fait, la biodynamie est surtout connue en Europe, mais l’Amérique du Nord voit le nombre de ses partisans augmenter. L’approche biodynamique doit-elle être encouragée ?

La réalité

Il existe de nombreux sites internet et écrits non scientifiques à propos de la biodynamie, Rudolf Steiner, et l’école qu’il a développé (l’anthroposophie). Il y a beaucoup moins d’articles scientifiques sur la biodynamie, et une revue faite par Reganold (1995) en a trouvé plusieurs dont la qualité scientifique laissait à désirer.

Rudolf Steiner (1861-1925) était un intellectuel qui s’intéressait à plusieurs domaines académiques, cependant son point fort était la philosophie, et le sujet de son Doctorat en philosophie portait sur la théorie de la connaissance de Fichte. L’intention de ses séries de lectures sur l’agriculture était d’instruire les fermiers sur « l’influence des forces cosmiques et terrestres sur la vie organique sur terre » (Kirchmann, 1994). Cette distinction est importante parce que l’agriculture biodynamique, dans sa conception originale, consistait dans la confection et l’utilisation de huit « préparations » biodynamiques qui « stimuleraient la vitalité et harmoniseraient les processus dans le sol » (Kirchmann, 1994).

Les directions pour préparer les huit composés biodynamiques sont compliquées et peuvent être trouvées sur de nombreux sites internet ou dans la littérature spécialisée. Pour faire court, deux des composés sont produits en bourrant de la bouse de vache (préparation 500) et du silice (préparation 500) dans des cornes de vaches, puis il faut les enterrer plusieurs mois avant que leur contenu soit mélangé dans de l’eau chaude, pour être finalement appliqué sur le terrain. Les cornes de vaches sont utilisées en tant qu’ »antennes » permettant de recevoir et de concentrer les « forces cosmiques », qui sont transférées par ce biais au matériau qui se trouve à l’intérieur.

Les six autres composés (préparations 502 à 507) sont des extraits de différentes plantes soit stockées dans des crânes ou des organes d’animaux (par exemple, dans des vessies de daims, des péritoines ou des intestins de bovins) soit dans la tourbe ou le fumier, où on les fait vieillir avant de les diluer et les appliquer au compost. Les éléments chimiques contenus dans ces préparations sont considérés comme permettant de transporter « les forces cosmiques et terrestres » qui communiqueraient ces forces aux récoltes, et ainsi aux humains qui les consommeraient.

Ces processus n’ont pas été développés grâce à une méthode scientifique rigoureuse, mais plutôt par la méditation de Steiner qu’il décrit lui-même comme une sorte de « clairvoyance ». En fait, Steiner déclarait que ses méthodes, déterminées spirituellement, n’avaient pas besoin d’être confirmées par des essais scientifiques traditionnels, mais étaient plutôt « vraies et correctes » en soi (Kirchmann, 1994). Le rejet de toute objectivité scientifique en faveur d’une approche mystique sous-entend que plusieurs des recommandations de Steiner ne peuvent pas être testées ni validées par les méthodes traditionnelles en science. Pour être clair, ceci veut dire que tout effet attribué aux préparations biodynamiques est plus une affaire de croyance que de faits.

D’autres pratiques non scientifiques sont devenues parties intégrantes du mouvement post-Steiner. Celles-ci comprennent le recours à des agendas cosmiques (notamment l’astrologie) qui rythment le cours des événements, des activités de la ferme ou des « visualisations » de la qualité nutritionnelle des aliments. Ces pratiques, apparues plus tard, utilisent des analyses chimiques légitimes comme la chromatographie comme moyen d’étudier les forces vitales « éthériques » des plantes à travers ce qu’ils appellent la « cristallisation sensible » et la « dynamolyse capillaire », qui sont des techniques, elles aussi, non testables scientifiquement.

La biodynamie, en plus des idées originales de Steiner, a aussi naturellement intégré des pratiques de l’agriculture biologique. Plusieurs de ces pratiques, (comme la préparation du sol sans labour, l’utilisation de compost, la polyculture) sont des méthodes agricoles alternatives efficaces. Elles ont démontré avoir des effets positifs sur la structure du sol, sur la flore et la faune du sol, la suppression de maladies, car elles ajoutent des matériaux organiques et réduisent la densité du terrain. Le fait d’associer des pratiques bénéfiques au mysticisme de la biodynamie, donne à cette dernière un vernis de crédibilité scientifique qui, pourtant, n’est pas mérité.

Plusieurs des articles scientifiques ayant comparé la biodynamie à l’agriculture conventionnelle n’ont pas séparé les préparations biodynamiques des pratiques biologiques, et bien entendu, elles ont obtenu des résultats positifs pour les raisons mentionnées plus haut. Pourtant, quand les chercheurs ont comparé l’agriculture biodynamique à l’agriculture biologique, ils ne trouvèrent aucune différence entre les deux (qui sont bien entendu, toutes deux différentes de l’agriculture conventionnelle dans ses pratiques). Il serait intéressant de pouvoir faire une étude comparative entre les fermes conventionnelles et des fermes conventionnelles utilisant les préparations biodynamiques sans les pratiques biologiques, afin de voir s’il existe des différences.

Etant donné la maigreur de la littérature scientifique, et le manque de données claires supportant les préparations biodynamiques, il serait sage de cesser de substituer le terme de « biodynamique » pour se référer à l’agriculture biologique. Il est à parier que de nombreuses personnes n’ont aucune idée de ce qu’est vraiment la biodynamie, ni ne connaissent ses véritables racines : le fait que « biodynamique » soit parfois utilisé à la place de « biologique » dans la littérature, semble confirmer cette conclusion. Pour les agronomes, l’usage du terme est un drapeau rouge qui questionne automatiquement la validité de tout qui s’y rapporte.

Le but est de garder la pseudoscience hors des pratiques scientifiques légitimes. C’est souvent ce type de mauvaise science qui créé une hostilité entre la communauté scientifique et les partisans de la biodynamie.
Face à ces arguments, certains pratiquants de l’agriculture biodynamique n’hésitent pas à dire de la science qu’elle n’est finalement qu’une autre croyance, ouvrant les vannes du relativisme le plus absolu. Comme aime à le répéter Alan Sokal : que ceux qui pensent que la science n’est qu’une forme de croyance viennent donc défier la gravité en se jetant du haut de ma fenêtre du 21° étage !

En résumé :

L’agriculture biodynamique consiste originellement en une approche mystique, et donc non scientifique, de l’agriculture

Des ajouts récents de la méthodologie biologique à la biodynamie ont créé une confusion dans les pratiques en amalgamant des pratiques objectives à des croyances subjectives

Les études scientifiques des préparations biodynamiques sont limitées et aucune preuve existe selon laquelle l’ajout de ces préparations améliore la qualité des plantations ou du sol

Plusieurs pratiques biologiques sont testables scientifiquement et peuvent améliorer le sol et la santé des cultures

Le monde scientifique doit éclairer la population profane sur cette explosion des théories pseudo-scientifiques et les aider à faire la différence entre les deux.

http://derive-sectaire.fr/demystification/charlatanisme/le-mythe-de-lagriculture-biodynamique/

Une seule question, totalement indépendante du débat judiciaire, nous interpelle.
Selon un site internet qui présente le domaine vinicole, Emmanuel envisage la biodynamie comme un parcours initiatique qui permet d’apprendre à comprendre et à se comprendre.
La pétition de l’Institut pour la santé naturelle présente dans sa version écrite diffusée sur son site l’agriculture pratiquée par Emmanuel Giboulot comme biologique. Verbalement, l’auteur la dit biologique et biodynamique.
L’avocat dans sa déclaration à la presse le jour du procès parle d’agriculture agrodynamique (?????).
De temps à autre apparaît la biodynamie mais c’est surtout la défense de l’agriculture biologique qui domine.

Bien entendu jamais le terme de biodynamie n’est explicité ni expliqué; nulle référence à l’auteur des cours aux agriculteurs qui ont donné naissance à la biodynamie, un certain …Rudolf Steiner;

D’où une question subsidiaire totalement indépendante du délibéré en cours: cette procédure ne s’est-elle pas muée en opération de com de la mouvance anthroposophique? Nous en saurons peut-être plus dans les semaines qui viendront. Et surtout devrons nous rappeler que les agriculteurs bio ne sont pas tous disciples de la biodynamie ni de l’anthroposophie?

“Lors des reportages ou articles publiés sur le sujet, l’amalgame entre cultures biologique et biodynamie est systématique, ce qui est catastrophique. Une étude des fondements de ces 2 modes de culture devraient être faites qui pourraient s’illustrer par des interviews d’agriculteurs adeptes de l’un ou l’autre et qui mettraient en évidence le raisonnement appuyé sur la science des premiers et l’obscurantisme des seconds.

Il est urgent de lever cette ambiguité qui entretient une image fausse de ce qu’est la culture biologique raisonnée continuellement polluée par le retour au magique.
Congratulations”

Pierre Chol

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L’Anthroposophie et ses ramifications

La plupart des gens connaissent les émanations de l’Anthroposophie comme des choses séparées les unes des autres : écoles Steiner-Waldorf, NEF, Weleda, Communauté des Chrétiens, Biodynamie, etc. En réalité, ces institutions sont étroitement interconnectées. Leur distinction n’est qu’apparente et officielle. Ce qui les relie n’est pas seulement une doctrine commune, l’Anthroposophie, que ces institutions tentent toujours de cacher, de minimiser, ou de présenter sous un jour trompeur. Ce sont aussi des liens assurés par des personnes et une institution interne de la Société Anthroposophique : l’École de Science de l’Esprit. Le procédé est simple : certaines personnes appartenant à ce réseau secret dispensant un culte anthroposophique spécial vont s’arranger pour diriger plusieurs institutions anthroposophiques à la fois. N’ayant plus aucune vie personnelle, il leur est possible de porter simultanément plusieurs casquettes de chef. Parfois, ces personnes ne sont pas officiellement aux commandes des institutions anthroposophiques qu’elles dirigent, mais ce sont elles qui y tirent les ficelles et y font la pluie et le beau temps. Elles assurent la continuité organique entre trois réalités en apparence séparées : l’Anthroposophie en tant que doctrine, la Société Anthroposophique et les institutions issues de l’Anthroposophie.

Des institutions anthroposophiques qui cachent leur lien à l’Anthroposophie

Comment se présentent les institutions et les groupes issus de l’Anthroposophie ? Elles n’affichent jamais leur lien direct à l’Anthroposophie. Quand ce lien est évoqué, on présente toujours Rudolf Steiner comme philosophe et humaniste, jamais comme occultiste et ésotériste, dont l’enseignement débouche sur des pratiques magico-religieuses. Par exemple :

La médecine anthroposophique se déclare être « en complément » de la médecine traditionnelle, alors qu’en réalité elle est « en contradiction » avec elle.

La Biodynamie se présente comme un « prolongement » de l’agriculture biologique, alors qu’en réalité il s’agit d’une pratique magico-religieuse.

Les écoles Steiner-Waldorf se décrivent comme une « pédagogie alternative », désireuse de collaborer avec l’Éducation Nationale, alors qu’en réalité il ne s’agit pas d’une pédagogie mais de recettes issues d’une Révélation des Dieux à Rudolf Steiner.

La NEF ou TRIODOS parlent de leurs principes fondateurs comme des principes similaires à ceux de l’économie solidaire, alors qu’en réalité le projet de « tripartition sociale » de l’Anthroposophie n’est pas solidaire mais communautaire et constituerait une forme de retour à l’organisation sociale du Moyen-Âge, dont Steiner était au fond nostalgique.

Les firmes WELEDA ou HAUSCHKA se présentent comme des entreprises fournissant des cosmétiques issus de l’agriculture biologique, des produits « en harmonie avec l’homme et la nature », sans préciser dans leurs revues ou autres, sinon par un imperceptible astérisque, le lien avec Rudolf Steiner, présenté bien sûr comme philosophe et humaniste.

En résumé, toutes les ramifications de l’Anthroposophie veulent absolument éviter que l’on perçoivent qu’elles appartiennent à un seul et même organisme !

Vers une civilisation anthroposophique ? La stratégie du figuier-étrangleur.

Si on observe comment se répand l’Anthroposophie et ses institutions dérivées, on remarque qu’elles essaiment toujours sous la forme de circuits parallèles, en cherchant des subventions des collectivités publiques. Se constituent ainsi de véritables « villages Steiner » !

Quel est le but de cette expansion souterraine ? Le film Il était une forêt, de Luc Jacquet, évoque le comportement d’un arbre parasite, le figuier-étrangleur, qui peut nous permettre de comprendre la stratégie anthroposopophique. Il s’agit en effet d’un parasite végétal dont les graines sont amenées par les oiseaux jusqu’aux sommet de grands arbres de la forêt amazonienne. A partir de leurs cimes, le figuier-étrangleur se développe en parasitant son hôte du haut vers le bas. Peu à peu, ses branches entourent le tronc et grossissent, jusqu’à finir par se joindre les unes aux autres et enserrer l’arbre de manière à l’étouffer. A la fin, les branches du figuier-étrangleur atteignent le sol et deviennent elles-mêmes des racines, tandis que l’arbre hôte, complètement enserré, se décompose à l’intérieur, formant un creux au cœur du figuier, devenu lui-même gigantesque.

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