“Il va falloir vous y habituer, papa m’a tout expliqué, c’est ça le capitalisme!”

A l’occasion d’une classe verte, une institutrice se retrouve en rase campagne avec 10 élèves de CM2.

Elle convoque les enfants et leur donne le programme. Ces derniers vont devoir collecter par leurs propres soins les différents aliments qui composeront le repas du midi.

Elle demande à l’un d’eux : “Louis, comme tu es le meilleur de la classe et étant donné que tu es celui qui possède le sac le plus robuste et le plus grand, c’est toi qui va être chargé de guider tes camarades de classe tout au long de cette matinée et de récupérer les tomates, la salade, les fromages de chèvre, les petits pains.”

La matinée passe. Louis, trop occupé à collecter et à guider les enfants, en oublie de les aider. Certains marchent des kilomètres en plein soleil, usant leurs chaussures et leur énergie. Tous finissent par rapporter les victuailles et parviennent à élaborer 10 repas.

C’est alors que Louis s’adresse à ses camarades de classe :

“Sans moi, jamais vous n’auriez pu retenir la liste des aliments. Sans mon sac, jamais vous n’auriez pu les porter. Sans les consignes que m’a données la maîtresse, jamais vous n’auriez pu trouver. Sans moi, vous ne mangiez pas.”

Ainsi, fier de sa démonstration, il attrape trois repas et les distribue à cinq enfants.

Puis il s’empare d’un repas et le fait passer à trois autres enfants en les sermonnant longuement sur le fait qu’ils auraient pu marcher plus vite.

Il se tourne enfin vers le dernier et lui explique qu’aujourd’hui, il ne mangerait pas, que s’il continuait à tirer au flanc ainsi, la prochaine fois, ce serait la porte.
“Il y en a des milliers qui aimeraient être à ta place!” lui lance-t-il froidement.

C’est alors que Louis attrape les 6 derniers repas, les garde pour lui dans le but avoué de s’en goinfrer et s’écrie :

“Il va falloir vous y habituer, papa m’a tout expliqué, c’est ça le capitalisme!”

 

Les Enragé-e-s

 

c_est_ça_le_capitalisme_les_enrages

 

 

 

Comment pourrait-il exister un semblant d’égalité dans une “société” vouée toute entière à l’inégalité ?

Comment pourrait-il exister un semblant d’égalité dans une “société” vouée toute entière à l’inégalité, dont c’est le fondement et le but ?

Lisez plutôt :

La première des résignations face au capitalisme, nous la faisons à l’école, nous la rencontrons dès notre plus jeune âge.

On nous apprend le plus tôt possible, qu’il faudrait se surpasser pour être parmi les meilleurs, non pas pour le plaisir d’apprendre, non pas pour le savoir, non juste pour surpasser les autres et “avoir une bonne place”. La compétition commence.

Pourquoi, parce que la société est ainsi faite, il y a les bonnes places pour les “méritants” et les autres places.

C’est le nouvel ordre naturel.

Les pauvres, leurs enfants (sauf quelques rares exceptions) qui triment et trimeront, les “méritants” qui triment et trimeront dans de meilleures conditions, mais surtout les rentiers, rentières qui ne trimeront jamais.

Sauf que nous savons bien que le mérite a peu à voir avec l’attribution des places, nous savons bien que le niveau social des parents est discriminant, nous savons bien que la réussite scolaire n’est pas proportionnelle à l’effort fourni. Pourtant nous continuons avec cette idée, qu’il y aurait une place à trouver pour chacun dans cet ordre social.

Or d’où nous vient cette idée?
Cela ne vous rappelle rien?
Un monde où le paysan, né paysan devait trimer, où le riche pouvait jouir de ses privilèges?
Oui, nous sommes bien sous l’Ancien Régime, nous sommes bien dans une vision ultra religieuse de la société : la pénitence (du travail pour n’être pas bien né) et la récompense (du week end et de la retraite) pour certains et le privilège (toute sa vie) pour d’autres.

Un ordre naturel.

Naturel car “bon sang ne saurait mentir”, il est donc tout à fait naturel que le fils de médecin soit médecin, que le fils de prof soit prof, naturel car il serait naturel que l’on laisse à ses enfants son patrimoine et que le fils de rentier n’ait qu’à enfiler les chaussons de son père. Tout cela pour le bien commun de l’humanité.
Tout cela pour l’équilibre des relations humaines dans la recherche du Bien Commun. Non pas du bien de chacun, mais du bien commun.

Nous sommes là dans le cœur de la Doctrine Sociale de l’Église, véritable acte de naissance religieux du Capitalisme.
Les citoyens ne sont plus, l’égalité n’existe pas. Il y a des places à tenir, il faut sélectionner pour distribuer ces places.
Le pauvre à l’usine, les intermédiaires au bureau et les riches dans les palais.
Il devient dès lors inutile d’apporter du savoir au pauvre, le nivellement par le bas de l’enseignement ces 50 dernières années se justifie ainsi.

Cette doctrine est appliquée par les plus grandes institutions internationales, l’ONU, le BIT, l’UE.

Plus vous en saurez sur cette doctrine, plus vous comprendrez que le syndicalisme chrétien, en France la CFDT, syndicat collaborationniste à la remorque du PS, est contre l’émancipation du travail.

Les Enragé-e-s

La Loi est toujours du côté des puissants et de ceux qui oppriment

La plus venimeuse des illusions réformistes, notamment chez les “républicains”, a fortiori en période de crise, est sans nul doute de prétendre que la Loi peut protéger le pauvre, le faible, l’exploité.

La seule chose que la Loi fasse parfaitement bien, c’est de réprimer. Et pourquoi? Parce que l’État (cette cristallisation des multiples rapports sociaux qui fondent et alimentent le capitalisme) dispose du pouvoir de punir, parce qu’il dispose d’appareils puissants développant son pouvoir de contraindre, notamment, la police, l’armée.

Quand, par extraordinaire, la Loi offre un court répit aux exploités, c’est parce qu’il existe à la base, dans les masses, un rapport de forces à mettre en face des appareils d’État, à mettre en face de la police, de l’armée. La représentation parlementaire, alors, n’est pas la source de la Loi, c’est en réalité le pouvoir populaire en actes qui contraint cette représentation parlementaire à proposer des textes qui donneront une apparence de légalité aux revendications défendues becs et ongles à la base.

Sans conscience politique du prolétariat de sa propre force, sans volonté politique de faire respecter cette source de pouvoir, la Loi est toujours du côté des puissants et de ceux qui oppriment et qui spolient.

Les Enragé-e-s

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par hérédité, les habitudes qu’il a acquises. Ayant vécu enchaîné depuis sa naissance et étant l’héritier d’une longue série d’esclaves, l’homme a cru, quand il a commencé à penser, que l’esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme étant chose impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre du patron le travail, c’est-à-dire le pain, et à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c’est le patron qui lui permet de manger et il demande naïvement comment il pourrait vivre si les maîtres n’existaient pas.

Errico Malatesta

Le “revenu de base” ou la nouvelle lubie de certains libéraux pour tenter de sauver le capitalisme

Contrairement à la Sécurité sociale, qui se finance en amont, à savoir directement sur une part du PROFIT du patron, les différentes versions du “revenu de base” se financent toutes en aval, à savoir par le biais le plus souvent de la TVA (ou par l’impôt direct), c’est-à-dire sur les SALAIRES.

Dans le cas de la Sécurité sociale, on reprend au patron.
Dans le cas du revenu de base, le patronat nous reprend.

Le “revenu de base” :

-Soulage et épargne le patronat en faisant payer le coût social du capitalisme à la masse et non à la bourgeoisie

-Permet aux bourgeoisies de solutionner précisément ce que la gloutonnerie de leur système économique produit à date cyclique, à savoir un assèchement de l’emploi, une compression de la masse salariale, un abattage méthodique et implacable des quelques conquis sociaux obtenus et l’accroissement de la pression du Capital sur les salariés productifs.

Le “revenu de base” ne se propose en aucune façon d’en finir avec un capitalisme une nouvelle fois entré en furie.
La promesse de la réponse qu’il porte n’est pas à la hauteur de la crise systémique actuelle.

Le “revenu de base”, dans ses estimations les plus hautes, ne permet d’augmenter (et parfois même de réduire, un comble) le niveau des prestations sociales que de quelques dizaines d’euros.

Toutes les rentes, les multinationales, restent en place.
Le droit de vie et de mort économique d’une classe sur une autre reste en place.
L’organisation verticale des pouvoirs reste en place.
Le marché de l’emploi, la division du travail restent en place.
Le Salariat reste en place.
Le problème du logement reste en place.
Le problème de l’accès à une école et à une santé gratuites reste en place.
La malbouffe et le désastre écologique restent en place.
La difficulté de se mouvoir, à communiquer, à s’informer librement reste en place.

Absolument tout reste en place.

Le revenu de base des libéraux, que l’on retrouve souvent sur les pages et sites des droites radicales, libérales, alternatives, mystiques et obscurantistes, est un nouvel attrape-nigaud mystifiant les gens sur le fait que l’on puisse régler une petite partie de ce que produit le capitalisme sans toucher au capitalisme.

La PROMESSE du “revenu de base”, à savoir le fait de décorréler notre fonction de producteur des conditions d’exercice libres et égales de nos existences, c’est précisément ce qu’OFFRE le socialisme.

Le rêve de socialisme au sein d’un système capitaliste ne peut être justement qu’un rêve.

Le revenu de base est au mieux un miroir aux alouettes dans la phase historique qui est la nôtre, à savoir celle de l’emballement de l’accumulation du Capital et au pire le moyen d’en débrider encore d’avantage sa prédation.

Les Enragé-e-s

Pour aller plus loin sur le sujet :

“L’intérêt que suscite l’allocation universelle dans les milieux de droite est bien compréhensible. Le revenu de base constituant déjà une partie des revenus du salarié l’employeur pourrait en faire l’économie, diminuant d’un montant équivalent son « coût salarial », et écarterait du même coup tout risque de surenchère salariale. De plus, l’octroi d’une allocation universelle permettrait à l’état, en accord avec la doxa libérale, de se désengager de la politique sociale et d’attribuer aux groupes les plus fragiles, en raison du bénéfice d’un revenu de base, l’entière responsabilité de leur sort. Certains libéraux considèrent cependant comme immorale une allocation, surtout si elle devait être d’un montant élevé et sans contrepartie, et craignent qu’elle ne soit une incitation à l’inactivité. Même s’ils ne sont pas absolument acquis à l’idée, beaucoup jugent l’allocation universelle préférable au système actuel de protection sociale affublé, selon eux, de tous les défauts.

Le revenu inconditionnel a comme avantage majeur pour les employeurs de remplacer les minima sociaux (RIS, allocations de chômage, garantie de revenu aux personnes âgées GRAPA). Les salaires proposés doivent être dans ce système plus élevés que les revenus procurés par les minima, leur augmentation entraînerait celle des salaires et l ‘amélioration des conditions de travail pour rendre les emplois attractifs. On comprend que la droite préfère un revenu de base qui constitue une subvention à l’emploi, aux minima sociaux qui sont une barrière à la diminution des salaires.”

http://www.econospheres.be/spip.php?article384

Stéphane Hessel ou le nouveau parangon des bourreaux du socialisme

«Je me considère en fait comme un veinard, car j’ai le sentiment d’avoir gagné cette guerre, lors de laquelle j’ai été à deux doigts de mourir plusieurs fois : je n’ai pas péri, je m’en suis sorti en relativement bon état, sans avoir rien fait de véritablement héroïque. J’ai agi, mais le mot de héros ne me convient pas : je dirais plutôt que je suis un survivant…

«J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration [des droits de l’homme de 1948]. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle.

Stéphane Hessel

Une honnêteté qui est sans doute venue sur le tard, en tout cas après la canonisation de son vivant. Extraordinaire force de vie que porte ce bonhomme malgré tout, qui n’a certes jamais été le grand résistant que certains entrevoient en lui (il n’a jamais tiré une seule cartouche) mais il fait partie de ces innombrables personnages, quant à eux restés dans l’anonymat le plus parfait, qui, à leur manière, dans leurs minuscules petits gestes, ont permis d’accompagner, depuis Londres comme Hessel, ou ailleurs, la résistance des maquis.

Le choix politique d’Hessel, sans doute innervé par la lignée petite bourgeoise du grand négociant dont il descend, fut bien différent.

Une résistance sans doute, en tout cas majoritairement passée à s’évader et à fuir l’occupant.

Un survivant, assurément.

Cette absence de conscience de la réalité de l’occupation, son absence des combats et des réseaux de résistance de terrain lui firent d’ailleurs déclarer :

«L’occupation allemande était si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art.

Au-delà de l’aspect douteux et incongru de la comparaison, ces mots démontrent sans conteste une certaine naïveté du personnage liée au confort dont il a pu bénéficier.

Une carrière confortable à l’ONU, un soutien indéfectible à la « deuxième gauche ” de Rocard, cette gauche catho sociale de compromission avec le patronat puis un soutien à Cohn Bendit et enfin à Hollande, des soutiens cohérents  mais passablement incompréhensibles pour ceux et celles qui ont lu son petit manifeste à succès « Indignez-vous ” (4 millions d’exemplaires) dans la mesure où les hommes politiques sus-cités portent et animent une politique en fort décalage avec les politiques redistributives développées dans son ouvrage.

Peu importe cette vie à l’engagement en demi-teinte, cette grande résistance qui n’en fut pas, cette rédaction de la Déclaration des droits de l’Homme qui n’en fut pas, cela reste un grand humaniste mais surtout le nouveau parangon des bourreaux du socialisme.

Les Enragé-e-s

“Nul ne ment autant qu’un homme indigné”

Nietzsche

L’impasse du réformisme

La « gauche » cherchant à forger un capitalisme à visage humain « écosocialiste, responsable, solidaire, alternatif, protectionniste, national » qui ne serait plus vraiment le capitalisme, n’a qu’un rôle : celui de détourner la classe prolétarienne de la voie du socialisme révolutionnaire en l’entraînant sur une voie qui n’existe pas : celle d’une alternative entre capitalisme et socialisme.

Une alternative qui serait atteignable sans détruire les fondements économiques du système capitaliste que sont la propriété privée des moyens de production et le travail salarié.
Une alternative qui serait un capitalisme moralisé et acceptable : le capitalisme «définanciarisé».

Cette troisième voie d’aujourd’hui, c’est le leurre avancé hier par les petits bourgeois qui sont tombés dans les bras du fascisme.

Aujourd’hui, sentant le capitalisme et leurs maigres avantages chanceler, incapables de surmonter leur peur d’une révolution populaire qui les dépasserait, ils crient leur soumission au légalisme, au réformisme, et cherchent à nous entraîner vers une « voie pacifique vers le socialisme » qui ne mène qu’à la case CAPITAL.
Mais là, où ils imaginent trouver le CAPITALISME d’antan, du quasi plein emploi, des retraites à 60 ans et de l’assurance maladie, ils ne trouveront que le CAPITALISME de demain, celui du libéralisme, de la pauvreté et de l’explosion des différences sociales. Car AUCUN retour en arrière n’est possible, c’est la nature du CAPITALISME qui l’entraîne à sa perte.

Il n’y a pas de troisième voie.
Il n‘y a que deux classes antagonistes : les exploiteurs et les exploités ; il ne peut donc y avoir que l’abolition de l’exploitation ou la perpétuation de l’esclavage salarié.

Pour parvenir à l’objectif socialiste d’abolition du salariat, nous devons nous tenir à distance de ces leurres, même lorsqu’ils sont largement diffusés par les médias aux mains d’un patronat prêt à tout pour détourner la classe prolétarienne de sa lutte contre le capitalisme qu’il sait condamné à ne pas survivre à cette nouvelle crise de boulimie.

Ils voulaient le réformisme pour éviter le fascisme et la guerre, ils eurent les trois.

Nous voulons le socialisme pour abolir l’exploitation de l’Homme par l’homme car nous avons choisi la VIE.

Les Enragé-e-s

Les néostaliniens du PCF

Il ne faut pas avoir une conception étriquée du stalinisme.

Le stalinisme ne meurt pas avec Staline (le 5 mars 1953) ni avec la prétendue déstalinisation du XXe Congrès du PCUS de 1956.

Le cœur théorique du stalinisme c’est la théorie de la possibilité de l’instauration du socialisme dans un seul pays et donc l’abandon d’un des piliers fondamentaux du marxisme révolutionnaire: l’internationalisme prolétarien!

A ce titre, c’est une forme de menchévisme, patriotard, étapiste, toujours prêt à la conciliation avec la bourgeoisie et l’impérialisme (Comité anglo-russe de 1925, alliance avec le Kuomintang en 1926, pacte Laval-Staline en 1935 suite auquel le PC français vota le budget militaire de la France, Fronts populaires d’alliance avec la bourgeoisie “patriote”, alliance avec l’impérialisme anglo-américain durant la seconde Guerre mondiale qui rétablit l’ordre bourgeois y compris contre les communistes qui n’avaient pas compris la ligne) partout où il était menacé et ébranlé.

Cette politique contre-révolutionnaire peut prendre dans certaines circonstances (le début des années ’30, la période du pacte germano-soviétique jusqu’en mai 1941, les manifs ultra-violentes de la période de la guerre froide) une apparence ultra-révolutionnaire et militariste, mais ce n’est qu’un leurre pour mieux conduire les masses dans l’impasse et ériger un rempart contre la véritable révolution sociale et internationaliste, notamment en divisant la classe ouvrière.

Il y a une continuité idéologique entre le stalinisme et ses descendants d’aujourd’hui, aussi affaiblis et pathétiques soient-ils: ce sont des adversaires de la révolution socialiste qui est par essence internationaliste et internationale, des adversaires de l’unité de lutte de la classe ouvrière, des combattants pour un aménagement le plus favorable possible du capitalisme, ce qui explique que quelques fois le PCF et la direction de la CGT puissent être virulents en paroles et même en actes “Prenez le pouvoir!” et les portraits du Che, les drapeaux rouges dans leurs manifs (toujours accompagnés du drapeau tricolore des Versaillais néanmoins, on est patriotes avant tout, ne l’oublions pas!).

De ce point de vue et malgré leurs rancœurs les uns à l’égard des autres, c’est toujours le cas dans un navire qui sombre, PCF, direction de la CGT, PRCF et autres ont en commun l’héritage pourri de la trahison immonde des idéaux de Marx, Engels, Luxemburg et tous les autres avaient réussi à faire vivre.

Leur destin est scellé, même s’ils peuvent encore encombrer la scène de l’Histoire quelques décennies.

Notre devoir est de les dénoncer et de les combattre.

Quand on est marxistes, on ne juge pas les gens à ce qu’ils disent ou pensent d’eux-mêmes, mais au rôle RÉEL qu’ils jouent dans la lutte de classes!

Les Enragé-e-s

Mère Teresa : tout sauf une sainte…

Les faits déboulonnant le mythe de mère Teresa

Dans leur article, Serge Larivée et ses collègues font aussi état d’un certain nombre de problèmes dont le Vatican n’a pas tenu compte dans le processus de la béatification de mère Térésa, soit « sa manière pour le moins discutable de soigner les malades; ses contacts politiques douteux; sa curieuse gestion des faramineuses sommes d’argent qu’elle a reçues et un dogmatisme excessif notamment à l’égard de l’avortement, de la contraception et du divorce. »

Les malades doivent souffrir comme le Christ sur la croix

Au moment de son décès, mère Teresa avait ouvert 517 missions accueillant les pauvres et les malades dans plus de 100 pays. Ces missions ont été qualifiées de mouroirs par des médecins ayant visité plusieurs de ces installations à Calcutta. Les deux tiers des personnes fréquentant ces missions espèrent y trouver un médecin pour être soignées et l’autre tiers agonise sans recevoir les soins appropriés. Les médecins y observent un important manque d’hygiène dans les locaux, voire de l’insalubrité, une rareté de soins réels, un régime alimentaire insuffisant et l’absence d’antidouleurs. Ce n’est pas un manque d’argent qui est en cause – la Fondation mise sur pied par mère Teresa a amassé des centaines de millions de dollars – mais une conception particulière de la souffrance et de la mort : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance », répond-t-elle aux reproches, rapporte le journaliste Christopher Hitchens. Et pourtant, lorsque mère Teresa a eu besoin de soins palliatifs, c’est dans un hôpital américain ultramoderne qu’elle les a reçus.

Contact politique douteux et comptabilité obscure

Mère Teresa était très généreuse de ses prières, mais plutôt avare des millions de sa fondation au regard des souffrances de l’humanité. Lors des nombreuses inondations majeures en Inde ou lors de l’explosion d’une usine de pesticides à Bhopal, elle offre ses prières ou des médailles de la Sainte Vierge, mais aucune aide directe ou monétaire. Elle n’a pas non plus de scrupules à accepter la Légion d’honneur et une bourse de la part du régime dictatorial des Duvalier en Haïti. C’est par millions que l’argent transitait dans les divers comptes bancaires des MC, mais la plupart des comptes étaient tenus secrets, énumère Serge Larivée. Compte tenu du « caractère parcimonieux de la gestion des œuvres de mère Teresa, on peut se demander où sont passés les millions destinés aux plus pauvres parmi les pauvres ? » se questionnent les chercheurs.

Un excellent plan média vers la sainteté

Malgré tous ces faits troublants, comment mère Teresa a-t-elle pu réussir à se construire une image de sainteté et de bonté infinie? Selon les trois universitaires, la rencontre à Londres en 1968 de Malcom Muggeridge de la BBC, un journaliste anti-avortement partageant les valeurs de l’aile droite catholique, est déterminante. Ce dernier décide de faire la promotion de la religieuse qui découvre alors l’efficacité des médias de masse. En 1969, il réalise un film dithyrambique sur la missionnaire et il en fait la promotion en affirmant qu’on peut y voir le « premier miracle photographique », qu’il attribue à mère Teresa alors qu’il aurait dû l’attribuer à la nouvelle pellicule mise en marché par Kodak. S’ensuit de nombreux voyages pour la religieuse sur les cinq continents, de nombreux prix, dont le plus prestigieux, le Prix Nobel de la paix. Dans son discours de remerciements, au sujet des Bosniaques violées par des Serbes et désirant avorter, elle dira : « I feel the greatest destroyer of peace today is abortion, because it is a direct war, a direct killing – direct murder by the mother herself. »

À la suite de son décès, le Vatican décide ne pas attendre les habituels cinq ans avant d’ouvrir le procès en béatification. Le miracle qu’on lui attribue est la guérison d’une femme, Monica Besra, souffrant d’une intense douleur à l’abdomen. L’application sur son abdomen d’une médaille bénite par mère Teresa l’aurait guérie, prétend cette femme. Pourtant, ses médecins sont d’avis contraire : le kyste ovarien et la tuberculose dont elle souffrait ont été guéris par les médicaments qu’ils lui ont administrés. Le Vatican conclut malgré tout au miracle. La popularité de mère Teresa était telle qu’elle en était devenue une intouchable pour la population, qui l’avait elle-même déclarée sainte. Pour le Vatican, quoi de mieux que la béatification, puis la canonisation « de ce modèle pour revitaliser l’Église et inspirer les fidèles surtout à l’heure où les églises se vident et l’autorité romaine décline », suggèrent les chercheurs.

Source: Université de Montréal

Le travail des chercheurs disponible en intégralité en cliquant ici.

 

Le capitalisme nous affame, bouffons-le !