La Loi est toujours du côté des puissants et de ceux qui oppriment

La plus venimeuse des illusions réformistes, notamment chez les « républicains », a fortiori en période de crise, est sans nul doute de prétendre que la Loi peut protéger le pauvre, le faible, l’exploité.

La seule chose que la Loi fasse parfaitement bien, c’est de réprimer. Et pourquoi? Parce que l’État (cette cristallisation des multiples rapports sociaux qui fondent et alimentent le capitalisme) dispose du pouvoir de punir, parce qu’il dispose d’appareils puissants développant son pouvoir de contraindre, notamment, la police, l’armée.

Quand, par extraordinaire, la Loi offre un court répit aux exploités, c’est parce qu’il existe à la base, dans les masses, un rapport de forces à mettre en face des appareils d’État, à mettre en face de la police, de l’armée. La représentation parlementaire, alors, n’est pas la source de la Loi, c’est en réalité le pouvoir populaire en actes qui contraint cette représentation parlementaire à proposer des textes qui donneront une apparence de légalité aux revendications défendues becs et ongles à la base.

Sans conscience politique du prolétariat de sa propre force, sans volonté politique de faire respecter cette source de pouvoir, la Loi est toujours du côté des puissants et de ceux qui oppriment et qui spolient.

Les Enragé-e-s

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit

Comme tous les êtres vivants, l’homme s’adapte et s’habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par hérédité, les habitudes qu’il a acquises. Ayant vécu enchaîné depuis sa naissance et étant l’héritier d’une longue série d’esclaves, l’homme a cru, quand il a commencé à penser, que l’esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme étant chose impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre du patron le travail, c’est-à-dire le pain, et à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c’est le patron qui lui permet de manger et il demande naïvement comment il pourrait vivre si les maîtres n’existaient pas.

Errico Malatesta

Le « revenu de base » ou la nouvelle lubie de certains libéraux pour tenter de sauver le capitalisme

Contrairement à la Sécurité sociale, qui se finance en amont, à savoir directement sur une part du PROFIT du patron, les différentes versions du « revenu de base » se financent toutes en aval, à savoir par le biais le plus souvent de la TVA (ou par l’impôt direct), c’est-à-dire sur les SALAIRES.

Dans le cas de la Sécurité sociale, on reprend au patron.
Dans le cas du revenu de base, le patronat nous reprend.

Le « revenu de base » :

-Soulage et épargne le patronat en faisant payer le coût social du capitalisme à la masse et non à la bourgeoisie

-Permet aux bourgeoisies de solutionner précisément ce que la gloutonnerie de leur système économique produit à date cyclique, à savoir un assèchement de l’emploi, une compression de la masse salariale, un abattage méthodique et implacable des quelques conquis sociaux obtenus et l’accroissement de la pression du Capital sur les salariés productifs.

Le « revenu de base » ne se propose en aucune façon d’en finir avec un capitalisme une nouvelle fois entré en furie.
La promesse de la réponse qu’il porte n’est pas à la hauteur de la crise systémique actuelle.

Le « revenu de base », dans ses estimations les plus hautes, ne permet d’augmenter (et parfois même de réduire, un comble) le niveau des prestations sociales que de quelques dizaines d’euros.

Toutes les rentes, les multinationales, restent en place.
Le droit de vie et de mort économique d’une classe sur une autre reste en place.
L’organisation verticale des pouvoirs reste en place.
Le marché de l’emploi, la division du travail restent en place.
Le Salariat reste en place.
Le problème du logement reste en place.
Le problème de l’accès à une école et à une santé gratuites reste en place.
La malbouffe et le désastre écologique restent en place.
La difficulté de se mouvoir, à communiquer, à s’informer librement reste en place.

Absolument tout reste en place.

Le revenu de base des libéraux, que l’on retrouve souvent sur les pages et sites des droites radicales, libérales, alternatives, mystiques et obscurantistes, est un nouvel attrape-nigaud mystifiant les gens sur le fait que l’on puisse régler une petite partie de ce que produit le capitalisme sans toucher au capitalisme.

La PROMESSE du « revenu de base », à savoir le fait de décorréler notre fonction de producteur des conditions d’exercice libres et égales de nos existences, c’est précisément ce qu’OFFRE le socialisme.

Le rêve de socialisme au sein d’un système capitaliste ne peut être justement qu’un rêve.

Le revenu de base est au mieux un miroir aux alouettes dans la phase historique qui est la nôtre, à savoir celle de l’emballement de l’accumulation du Capital et au pire le moyen d’en débrider encore d’avantage sa prédation.

Les Enragé-e-s

Pour aller plus loin sur le sujet :

« L’intérêt que suscite l’allocation universelle dans les milieux de droite est bien compréhensible. Le revenu de base constituant déjà une partie des revenus du salarié l’employeur pourrait en faire l’économie, diminuant d’un montant équivalent son « coût salarial », et écarterait du même coup tout risque de surenchère salariale. De plus, l’octroi d’une allocation universelle permettrait à l’état, en accord avec la doxa libérale, de se désengager de la politique sociale et d’attribuer aux groupes les plus fragiles, en raison du bénéfice d’un revenu de base, l’entière responsabilité de leur sort. Certains libéraux considèrent cependant comme immorale une allocation, surtout si elle devait être d’un montant élevé et sans contrepartie, et craignent qu’elle ne soit une incitation à l’inactivité. Même s’ils ne sont pas absolument acquis à l’idée, beaucoup jugent l’allocation universelle préférable au système actuel de protection sociale affublé, selon eux, de tous les défauts.

Le revenu inconditionnel a comme avantage majeur pour les employeurs de remplacer les minima sociaux (RIS, allocations de chômage, garantie de revenu aux personnes âgées GRAPA). Les salaires proposés doivent être dans ce système plus élevés que les revenus procurés par les minima, leur augmentation entraînerait celle des salaires et l ‘amélioration des conditions de travail pour rendre les emplois attractifs. On comprend que la droite préfère un revenu de base qui constitue une subvention à l’emploi, aux minima sociaux qui sont une barrière à la diminution des salaires. »

http://www.econospheres.be/spip.php?article384

Stéphane Hessel ou le nouveau parangon des bourreaux du socialisme

«Je me considère en fait comme un veinard, car j’ai le sentiment d’avoir gagné cette guerre, lors de laquelle j’ai été à deux doigts de mourir plusieurs fois : je n’ai pas péri, je m’en suis sorti en relativement bon état, sans avoir rien fait de véritablement héroïque. J’ai agi, mais le mot de héros ne me convient pas : je dirais plutôt que je suis un survivant…  »

«J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration [des droits de l’homme de 1948]. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle.  »

Stéphane Hessel

Une honnêteté qui est sans doute venue sur le tard, en tout cas après la canonisation de son vivant. Extraordinaire force de vie que porte ce bonhomme malgré tout, qui n’a certes jamais été le grand résistant que certains entrevoient en lui (il n’a jamais tiré une seule cartouche) mais il fait partie de ces innombrables personnages, quant à eux restés dans l’anonymat le plus parfait, qui, à leur manière, dans leurs minuscules petits gestes, ont permis d’accompagner, depuis Londres comme Hessel, ou ailleurs, la résistance des maquis.

Le choix politique d’Hessel, sans doute innervé par la lignée petite bourgeoise du grand négociant dont il descend, fut bien différent.

Une résistance sans doute, en tout cas majoritairement passée à s’évader et à fuir l’occupant.

Un survivant, assurément.

Cette absence de conscience de la réalité de l’occupation, son absence des combats et des réseaux de résistance de terrain lui firent d’ailleurs déclarer :

«L’occupation allemande était si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art.  »

Au-delà de l’aspect douteux et incongru de la comparaison, ces mots démontrent sans conteste une certaine naïveté du personnage liée au confort dont il a pu bénéficier.

Une carrière confortable à l’ONU, un soutien indéfectible à la « deuxième gauche  » de Rocard, cette gauche catho sociale de compromission avec le patronat puis un soutien à Cohn Bendit et enfin à Hollande, des soutiens cohérents  mais passablement incompréhensibles pour ceux et celles qui ont lu son petit manifeste à succès « Indignez-vous  » (4 millions d’exemplaires) dans la mesure où les hommes politiques sus-cités portent et animent une politique en fort décalage avec les politiques redistributives développées dans son ouvrage.

Peu importe cette vie à l’engagement en demi-teinte, cette grande résistance qui n’en fut pas, cette rédaction de la Déclaration des droits de l’Homme qui n’en fut pas, cela reste un grand humaniste mais surtout le nouveau parangon des bourreaux du socialisme.

Les Enragé-e-s

« Nul ne ment autant qu’un homme indigné »

Nietzsche

L’impasse du réformisme

La « gauche » cherchant à forger un capitalisme à visage humain « écosocialiste, responsable, solidaire, alternatif, protectionniste, national » qui ne serait plus vraiment le capitalisme, n’a qu’un rôle : celui de détourner la classe prolétarienne de la voie du socialisme révolutionnaire en l’entraînant sur une voie qui n’existe pas : celle d’une alternative entre capitalisme et socialisme.

Une alternative qui serait atteignable sans détruire les fondements économiques du système capitaliste que sont la propriété privée des moyens de production et le travail salarié.
Une alternative qui serait un capitalisme moralisé et acceptable : le capitalisme «définanciarisé».

Cette troisième voie d’aujourd’hui, c’est le leurre avancé hier par les petits bourgeois qui sont tombés dans les bras du fascisme.

Aujourd’hui, sentant le capitalisme et leurs maigres avantages chanceler, incapables de surmonter leur peur d’une révolution populaire qui les dépasserait, ils crient leur soumission au légalisme, au réformisme, et cherchent à nous entraîner vers une « voie pacifique vers le socialisme » qui ne mène qu’à la case CAPITAL.
Mais là, où ils imaginent trouver le CAPITALISME d’antan, du quasi plein emploi, des retraites à 60 ans et de l’assurance maladie, ils ne trouveront que le CAPITALISME de demain, celui du libéralisme, de la pauvreté et de l’explosion des différences sociales. Car AUCUN retour en arrière n’est possible, c’est la nature du CAPITALISME qui l’entraîne à sa perte.

Il n’y a pas de troisième voie.
Il n‘y a que deux classes antagonistes : les exploiteurs et les exploités ; il ne peut donc y avoir que l’abolition de l’exploitation ou la perpétuation de l’esclavage salarié.

Pour parvenir à l’objectif socialiste d’abolition du salariat, nous devons nous tenir à distance de ces leurres, même lorsqu’ils sont largement diffusés par les médias aux mains d’un patronat prêt à tout pour détourner la classe prolétarienne de sa lutte contre le capitalisme qu’il sait condamné à ne pas survivre à cette nouvelle crise de boulimie.

Ils voulaient le réformisme pour éviter le fascisme et la guerre, ils eurent les trois.

Nous voulons le socialisme pour abolir l’exploitation de l’Homme par l’homme car nous avons choisi la VIE.

Les Enragé-e-s

Les néostaliniens du PCF

Il ne faut pas avoir une conception étriquée du stalinisme.

Le stalinisme ne meurt pas avec Staline (le 5 mars 1953) ni avec la prétendue déstalinisation du XXe Congrès du PCUS de 1956.

Le cœur théorique du stalinisme c’est la théorie de la possibilité de l’instauration du socialisme dans un seul pays et donc l’abandon d’un des piliers fondamentaux du marxisme révolutionnaire: l’internationalisme prolétarien!

A ce titre, c’est une forme de menchévisme, patriotard, étapiste, toujours prêt à la conciliation avec la bourgeoisie et l’impérialisme (Comité anglo-russe de 1925, alliance avec le Kuomintang en 1926, pacte Laval-Staline en 1935 suite auquel le PC français vota le budget militaire de la France, Fronts populaires d’alliance avec la bourgeoisie « patriote », alliance avec l’impérialisme anglo-américain durant la seconde Guerre mondiale qui rétablit l’ordre bourgeois y compris contre les communistes qui n’avaient pas compris la ligne) partout où il était menacé et ébranlé.

Cette politique contre-révolutionnaire peut prendre dans certaines circonstances (le début des années ’30, la période du pacte germano-soviétique jusqu’en mai 1941, les manifs ultra-violentes de la période de la guerre froide) une apparence ultra-révolutionnaire et militariste, mais ce n’est qu’un leurre pour mieux conduire les masses dans l’impasse et ériger un rempart contre la véritable révolution sociale et internationaliste, notamment en divisant la classe ouvrière.

Il y a une continuité idéologique entre le stalinisme et ses descendants d’aujourd’hui, aussi affaiblis et pathétiques soient-ils: ce sont des adversaires de la révolution socialiste qui est par essence internationaliste et internationale, des adversaires de l’unité de lutte de la classe ouvrière, des combattants pour un aménagement le plus favorable possible du capitalisme, ce qui explique que quelques fois le PCF et la direction de la CGT puissent être virulents en paroles et même en actes « Prenez le pouvoir! » et les portraits du Che, les drapeaux rouges dans leurs manifs (toujours accompagnés du drapeau tricolore des Versaillais néanmoins, on est patriotes avant tout, ne l’oublions pas!).

De ce point de vue et malgré leurs rancœurs les uns à l’égard des autres, c’est toujours le cas dans un navire qui sombre, PCF, direction de la CGT, PRCF et autres ont en commun l’héritage pourri de la trahison immonde des idéaux de Marx, Engels, Luxemburg et tous les autres avaient réussi à faire vivre.

Leur destin est scellé, même s’ils peuvent encore encombrer la scène de l’Histoire quelques décennies.

Notre devoir est de les dénoncer et de les combattre.

Quand on est marxistes, on ne juge pas les gens à ce qu’ils disent ou pensent d’eux-mêmes, mais au rôle RÉEL qu’ils jouent dans la lutte de classes!

Les Enragé-e-s

Mère Teresa : tout sauf une sainte…

Les faits déboulonnant le mythe de mère Teresa

Dans leur article, Serge Larivée et ses collègues font aussi état d’un certain nombre de problèmes dont le Vatican n’a pas tenu compte dans le processus de la béatification de mère Térésa, soit « sa manière pour le moins discutable de soigner les malades; ses contacts politiques douteux; sa curieuse gestion des faramineuses sommes d’argent qu’elle a reçues et un dogmatisme excessif notamment à l’égard de l’avortement, de la contraception et du divorce. »

Les malades doivent souffrir comme le Christ sur la croix

Au moment de son décès, mère Teresa avait ouvert 517 missions accueillant les pauvres et les malades dans plus de 100 pays. Ces missions ont été qualifiées de mouroirs par des médecins ayant visité plusieurs de ces installations à Calcutta. Les deux tiers des personnes fréquentant ces missions espèrent y trouver un médecin pour être soignées et l’autre tiers agonise sans recevoir les soins appropriés. Les médecins y observent un important manque d’hygiène dans les locaux, voire de l’insalubrité, une rareté de soins réels, un régime alimentaire insuffisant et l’absence d’antidouleurs. Ce n’est pas un manque d’argent qui est en cause – la Fondation mise sur pied par mère Teresa a amassé des centaines de millions de dollars – mais une conception particulière de la souffrance et de la mort : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance », répond-t-elle aux reproches, rapporte le journaliste Christopher Hitchens. Et pourtant, lorsque mère Teresa a eu besoin de soins palliatifs, c’est dans un hôpital américain ultramoderne qu’elle les a reçus.

Contact politique douteux et comptabilité obscure

Mère Teresa était très généreuse de ses prières, mais plutôt avare des millions de sa fondation au regard des souffrances de l’humanité. Lors des nombreuses inondations majeures en Inde ou lors de l’explosion d’une usine de pesticides à Bhopal, elle offre ses prières ou des médailles de la Sainte Vierge, mais aucune aide directe ou monétaire. Elle n’a pas non plus de scrupules à accepter la Légion d’honneur et une bourse de la part du régime dictatorial des Duvalier en Haïti. C’est par millions que l’argent transitait dans les divers comptes bancaires des MC, mais la plupart des comptes étaient tenus secrets, énumère Serge Larivée. Compte tenu du « caractère parcimonieux de la gestion des œuvres de mère Teresa, on peut se demander où sont passés les millions destinés aux plus pauvres parmi les pauvres ? » se questionnent les chercheurs.

Un excellent plan média vers la sainteté

Malgré tous ces faits troublants, comment mère Teresa a-t-elle pu réussir à se construire une image de sainteté et de bonté infinie? Selon les trois universitaires, la rencontre à Londres en 1968 de Malcom Muggeridge de la BBC, un journaliste anti-avortement partageant les valeurs de l’aile droite catholique, est déterminante. Ce dernier décide de faire la promotion de la religieuse qui découvre alors l’efficacité des médias de masse. En 1969, il réalise un film dithyrambique sur la missionnaire et il en fait la promotion en affirmant qu’on peut y voir le « premier miracle photographique », qu’il attribue à mère Teresa alors qu’il aurait dû l’attribuer à la nouvelle pellicule mise en marché par Kodak. S’ensuit de nombreux voyages pour la religieuse sur les cinq continents, de nombreux prix, dont le plus prestigieux, le Prix Nobel de la paix. Dans son discours de remerciements, au sujet des Bosniaques violées par des Serbes et désirant avorter, elle dira : « I feel the greatest destroyer of peace today is abortion, because it is a direct war, a direct killing – direct murder by the mother herself. »

À la suite de son décès, le Vatican décide ne pas attendre les habituels cinq ans avant d’ouvrir le procès en béatification. Le miracle qu’on lui attribue est la guérison d’une femme, Monica Besra, souffrant d’une intense douleur à l’abdomen. L’application sur son abdomen d’une médaille bénite par mère Teresa l’aurait guérie, prétend cette femme. Pourtant, ses médecins sont d’avis contraire : le kyste ovarien et la tuberculose dont elle souffrait ont été guéris par les médicaments qu’ils lui ont administrés. Le Vatican conclut malgré tout au miracle. La popularité de mère Teresa était telle qu’elle en était devenue une intouchable pour la population, qui l’avait elle-même déclarée sainte. Pour le Vatican, quoi de mieux que la béatification, puis la canonisation « de ce modèle pour revitaliser l’Église et inspirer les fidèles surtout à l’heure où les églises se vident et l’autorité romaine décline », suggèrent les chercheurs.

Source: Université de Montréal

Le travail des chercheurs disponible en intégralité en cliquant ici.

 

Savez-vous quelle est l’origine du masque Anonymous?

Introduction.

Il s’agissait principalement de démystifier l’origine de ce masque, d’en dresser le récit historique d’une façon légère et didactique, d’alerter nos abonné-e-s quant au fait qu’innombrables sont les pages facebook « Anonymous » à avoir été colonisées par les droites radicales, de pointer du doigt les ressorts conspirationnistes et fascisants de ces vidéos littéralement débiles et de dresser les limites de ce genre de mouvement qui tiennent en une ligne : absolument n’importe qui peut s’en réclamer au but d’y déverser sa propagande fasciste. Là est tout le problème d’un mouvement online déconnecté du réel, qui ne peut que s’offrir à toutes les entreprises de colonisation, même si l’on sait qu’il y a actuellement un nettoyage qui est tenté d’être opéré et qui à notre sens sera vain. Nous ne ferons pas la Révolution en portant ce masque, il n’appartient en rien à la culture du mouvement ouvrier, ses origines catholiques royalistes terroristes et intégristes véhiculent une symbolique qui ne rejoint en rien le mouvement d’émancipation socialiste.

Le terrorisme, c’est plonger l’humanité dans une petite mort.

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Savez-vous quelle est l’origine de ce masque?

Il est à l’effigie de Guy Fawkes, un soldat royaliste catholique anglais à la destinée sans relief qui se fit un nom malgré lui en échouant lamentablement dans un complot terroriste.

Révolutionnaire Guy Fawkes? Non, en aucun cas.

Il fut le simple exécutant du « Gunpowder Plot » élaboré par un autre catholique intégriste, Robert Catesby qui fomenta un complot contre le roi anglais Jacques Ier en 1605.

Nous sommes ici en pleine lutte d’influence de religions.

1604. Les membres de la conjuration sont tout au plus une petite dizaine. Ils se rassemblent depuis des mois dans l’auberge Duck and Drake près du Strand, à Londres. Il est décidé de placer sous la Chambre des lords du Parlement des barils de poudre dans le but de la faire exploser à l’arrivée du roi.
C’est une épidémie de peste ravageant Londres qui repoussera à plusieurs reprises le retour des lords à l’assemblée, tant et si bien que nos Pieds nickelés du Saint explosif voient moisir en juillet 1605 la poudre des 36 barils mis en place dans une crypte louée pour l’occasion sous le Parlement.
Caramba, encore raté, tout est à refaire.

Guy Fawkes, en simple exécutant, sera chargé de mettre en place les barils et selon l’expression consacrée, de mettre le feu aux poudres.

Nom de dieu! Voilà que notre petite bande de catholiques hirsutes réalise que des lords catholiques vont également périr dans l’attentat. Après avoir imploré le Saint-Père, il est décidé de faire d’eux des martyrs, selon un sport ardemment pratiqué par les tenants de l’obscurantisme religieux, d’où qu’il vienne.

Hélas, rongé par les remords, l’un des complotistes se fend d’une lettre anonyme, le benêt, dans le but de prévenir le lord Monteagle de ne pas prendre part à l’assemblée en farcissant sa missive de références religieuses énigmatiques et concluant cette dernière par : « J’espère que Dieu vous donnera la grâce de faire bon usage de ceci. »

Damned, shit, bullshit, prenez comme Dame Chazal [1] ce qui vous sied le mieux, Monteagle ne brûle pas la lettre comme réclamé mais en informe immédiatement le Premier ministre qui à son tour prévient Jacques Ier.

Voilà que le militaire Guy Fawkes entre dans l’Histoire par la petite porte de son arsenal miteux.
Le 4 novembre 1605, il est arrêté et conduit à la Tour de Londres.

C’est Jacques Ier en personne qui se charge de sa main le 6 novembre d’en ordonner les festivités en établissant le déroulement du programme.
D’abord des tortures douces puis un graduellement par étapes avant d’ajouter « et que Dieu bénisse votre travail. » illuminant ainsi de bigoteries la barbarie ordinaire anglicane face à celle du camp catholique, jamais en reste, lui non plus, pour ce type de prodige.

Le 7 au soir, Fawkes balance ses petits copains qui, sans doute par peur d’être démasqués, ont pris la poudre d’escampette la veille.
C’est bien évidemment anonymement qu’ils sont réfugiés dans un manoir du Worcestershire.
La plupart sont tués sur place, les autres capturés et enfermés.

Quelques semaines plus tard, on les fera traîner au sol par des chevaux en pleine course avant de leur sectionner aimablement les parties génitales afin de les brûler sous leurs yeux – ce qui expliquerait le sourire un peu niais et pincé du masque? – et de les éviscérer en public pour finalement procéder à un clin d’œil maladroit et prémonitoire à l’école française de ce bon vieux docteur Guillotin, en les décapitant.

Depuis ce jour, tous les 5 novembre, en mémoire de ce projet avorté, les anglais fêtent la Guy Fawkes Night en tirant un feu d’artifice. Avec de la poudre que le bon goût anglais leur intime d’utiliser avant qu’elle ne moisisse.

 

Les Enragé-e-s

 

Le mot « Anonymous » vient de la section alternative (/b/) de la plateforme 4chan qui permet à tout un chacun d’héberger du contenu à partir de l’année 2003. La raison en est simple, quand l’auteur ne désire pas notifier son nom, c’est automatiquement qu’au bas du document est consigné le mot « anonymous »
Un jour, un internaute ayant hébergé du contenu vidéo mettant en scène Tom Cruise faisant la promotion de la scientologie se voit menacé de poursuites judiciaires au prétexte de droits d’auteur.
Un collectif de hackers en lutte contre le copyright organise une contre-attaque en 2006 et prolonge cette action face aux locaux de l’église de scientologie. Il devient ainsi important pour ces militants de protéger leur identité. Au même moment, une campagne promotionnelle monstre avec toute la panoplie du marchandising qui va avec, date de sortie aux USA du film V pour Vendetta. Il est ainsi décidé de porter le masque de Guy Fawkes dans la mesure où il est très facile de s’en procurer.

Si à la place, c’est le film Bambi qui avait été réédité, alors les Anonymous porteraient peut-être le masque de Bambi.

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« Ils porteraient le masque de Bambi, sérieux? »

 

Les Enragé-e-s

 

Le dernier appel des Anymomous en 2012 a rassemblé tout au plus quelques centaines de personnes à Londres, ville dans laquelle le rassemblement a eu le plus de « succès« .

Mais alors pourquoi ces appels sont-ils si abondamment relayés par les pages de droite mystique et d’extrême droite sur facebook?

Ces vidéos reprennent certains des éléments de l’idéologie d’extrême droite diffusée sur la sphère conspirationniste (on ne parle même pas du « Nous sommes légion » qui fait clairement facho) :

– Il faut « éveiller »

Comme si la conscientisation politique relevait d’un « éveil », d’une longue maturation spirituelle, d’un cheminement mystique. Comme si cela relevait d’une intense introspection. Comme si l’émancipation de tous nécessitait des messagers, des prêcheurs, des moines allant porter la bonne parole. Toute cette religiosité doit immédiatement interpeller et nous emmener à nous méfier du « message ».

– « Surtout pas de violence!« 

Oula non, surtout pas, vous n’y pensez pas. Vous pensez bien que la bourgeoisie va nous réprimer sans violence. Une révolte sans répression opposée par l’Etat, sans subversion, sans blocages, sans sabotages, sans affrontement avec la classe dominante, sans paralysie du pays. Ah non hein, surtout pas de grève. Nous sommes face à une « révolte » de fils de médecins ou de notaires.

-« Surtout si vous le sentez pas, ne le faites pas« 

Sous entendu « ils » (?) sont très puissants.

On est là au cœur du défaitisme produit et voulu par le conspirationnisme.
Théorie fumeuse selon laquelle il y aurait depuis toujours une poignée tapie dans l’ombre qui soit disant déciderait de tout, y compris des mouvements d’émancipation populaire et qui serait si puissante que finalement, mieux vaudrait accepter son triste sort et se ranger dans le camp de ses maîtres. 

Toujours selon cette théorie, ceux qui disent le contraire sont forcément des taupes du « système ».

Nous sommes là face à un anticapitalisme mystique, un anticapitalisme d’opérette qui a perfidement pour but de sauver le capitalisme en prétendant le combattre.

Le but premier de l’extrême droite étant de clouer sur place la classe ouvrière (l’ensemble des galériens, employés ou pas à un instant T) de la fracturer en la perdant dans un dédale de fausses critiques, de fausses solutions, l’instauration de l’idée que cette force de l’ombre serait si puissante que finalement, à bien y réfléchir, mieux vaudrait accepter son triste sort, son exploitation quotidienne.
C’est finalement un appel à manifester qui dit de ne pas aller manifester.
Ne vous engagez pas si vous le sentez pas, les quelques centaines de londoniens le feront pour vous. Vous faites comme vous voulez quoi, c’est une révolte à la carte, « allez-y cool, ne prenez pas froid, gaffe à vos shoes à 140€ la paire, achetez nos tee shirt et nos mug et n’y allez pas. »

– « Surtout ne luttez pas contre le capitalisme. »

Non, luttez comme l’a toujours mystifié l’extrême droite, contre l’élite, qui elle serait « corrompue ». On est là dans la mystique réactionnaire la plus parfaite. Surtout ne remettez pas en question le système de production, cette société verticale, cette société qui permet tout à fait légalement aux riches de voler le travail de tous.
Acceptez le fait que ceux qui produisent tout n’ont rien et que ceux qui produisent rien ont tout.

Le mouvement Anonymous ne saurait être envisagé comme un bloc homogène et résumé à la seule analyse qui est faite ici.

En revanche, l’étude politique approfondie des éléments de communication de vidéos comme celles d’Anonymous France nous permet d’affirmer qu’ils ne sont à relier de quelque manière à l’anarchisme, au communisme ou au socialisme mais au contraire, sont animés par des schémas de pensée issus des droites radicales.

Anonymous, c’est surtout le mythe d’une cavalerie qui n’arrivera jamais pour la bonne et simple raison que la cavalerie d’indiens, c’est nous tou-te-s!

 

Les Enragé-e-s

 

A lire en complément: 

Les sites conspirationnistes? Des pièges à cons!

Quand le Dalaï Lama se change en VRP du lobby nucléaire

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Quand le Dalaï Lama se change en VRP du lobby nucléaire

Près de trois ans après la triple catastrophe du 11 mars 2011, qui a tué plus de 18.000 personnes le jour-même, le Dalaï Lama a fait le déplacement au Japon, en visitant notamment des régions dévastées par le tsunami.

Le chef spirituel des bouddhistes tibétains a expliqué, lundi 21 avril, que s’il comprenait la méfiance de certaines populations à l’égard de l’atome, il n’était, lui-même, « pas opposé à l’énergie nucléaire. »

Des paroles qui n’auront pas trouvé un large écho auprès de la population japonaise puisque selon une enquête de la chaîne publique NHK, 95% des Japonais se disent anxieux au sujet de la situation à la centrale accidentée Fukushima Daiichi et 80% pensent que le rôle de l’énergie nucléaire doit être réduit autant que possible.

Le Dalaï Lama a ajouté: “Ne regarder le sujet que sous une seule perspective avant de prendre sa décision ne serait pas correct, avant de plaider pour une analyse sérieuse des dangers de cette énergie. Mais, a-t-il insisté, le risque zéro n’existe dans aucune activité humaine. Conduire une voiture, manger un repas ou même s’asseoir pour assister à une conférence comporte un certain degré de danger. Il y aura toujours 1% de risque”, a jugé le leader spirituel.

Une quantification du risque qui peinera à convaincre les 270.000 personnes n’ayant pas encore pu regagner leurs maisons, détruites par le raz-de-marée ou rendues inhabitables par la radioactivité, sans évoquer les nombreuses maladies liées à la catastrophe nucléaire.

Quant aux 100.000 personnes, souvent âgées, vivant toujours, trois ans après, dans des habitations provisoires préfabriquées où elles souffrent de la promiscuité, elles auraient sans doute préféré prendre le risque d’assister à une conférence lénifiante du gourou orangé des néohippies d’Hollywood, quitte à en ressortir indemnes, simplement irradiées par une si mauvaise publicité.

Les Enragé-e-s

Le capitalisme nous affame, bouffons-le !