Le « départ des français aux sports d’hiver » ne concerne chaque année que… 7,4% des français

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Le saviez-vous ? Le « départ des français aux sports d’hiver » répété sur les médias dominants ne concerne chaque année que… 7,4% des français.

 

Comme toutes les économies liées au tourisme confisqué, ses bénéfices tombent toujours dans les poches d’une petite minorité aisée. Rentes hôtelières, promoteurs, spéculateurs, rentes commerciales. L’Etat engloutit même des fortunes pour les bourgeoisies et petites bourgeoisies, en finançant à grands frais des lignes de TGV menant directement les métropoles aux pieds des pistes. Les politiques locaux sont également complices en justifiant ce rapt au nom de « l’emploi » qui sont des emplois le plus souvent saisonniers, souvent mal payés, avec un droit du travail le plus souvent piétiné.
Une preuve de plus que l’Etat n’est pas « neutre » et qu’il défend avant tout le petit confort des riches et des plus aisés.

 

 

Les Enragé-e-s

 

 

L’un des étudiants leva la main ; et, bien qu’il
comprît fort bien pourquoi l’on ne pouvait pas tolérer
que des gens de caste inférieure gaspillassent le
temps de la communauté avec des livres, et qu’il y
avait toujours le danger qu’ils lussent quelque chose
qui fît indésirablement « déconditionner » un de
leurs réflexes, cependant… en somme, il ne concevait
pas ce qui avait trait aux fleurs. Pourquoi se
donner la peine de rendre psychologiquement impossible
aux Deltas l’amour des fleurs ?
Patiemment, le D.I.C. donna des explications. Si
l’on faisait en sorte que les enfants se missent à hurler
à la vue d’une rose, c’était pour des raisons de haute
politique économique. Il n’y a pas si longtemps (voilà
un siècle environ), on avait conditionné les Gammas,
les Deltas, voire les Epsilons, à aimer les fleurs – les
fleurs en particulier et la nature sauvage en général.
Le but visé, c’était de faire naître en eux le désir
d’aller à la campagne chaque fois que l’occasion s’en
présentait, et de les obliger ainsi à consommer du
transport.
– Et ne consommaient-ils pas de transport ?
demanda l’étudiant.
– Si, et même en assez grande quantité, répondit
le D.I.C., mais rien de plus. Les primevères et les
paysages, fit-il observer, ont un défaut grave : ils sont
gratuits. L’amour de la nature ne fournit de travail à
nulle usine. On décida d’abolir l’amour de la nature,
du moins parmi les basses classes, d’abolir l’amour de
la nature, mais non point la tendance à consommer
du transport. Car il était essentiel, bien entendu,
qu’on continuât à aller à la campagne, même si l’on
avait cela en horreur. Le problème consistait à
trouver à la consommation du transport une raison
économiquement mieux fondée qu’une simple affection
pour les primevères et les paysages. Elle fut
dûment découverte. – Nous conditionnons les masses
à détester la campagne, dit le Directeur pour
conclure, mais simultanément nous les conditionnons
à raffoler de tous les sports en plein air. En même
temps, nous faisons le nécessaire pour que tous les
sports de plein air entraînent l’emploi d’appareils
compliqués. De sorte qu’on consomme des articles
manufacturés, aussi bien que du transport. D’où ces
secousses électriques.

Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes