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L’Internationale d’Eugène Pottier -1871-

903759_189231644576749_1581408354_oCouplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État comprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

 

En complément:

1871 – Ce jour où l’on scia la colonne Vendôme

Malentendu sur l’athéisme

On dira de plus en plus, à mesure que les hommes prendront conscience de leurs forces latentes, l’importance destructive et contre-révolutionnaire, dans tous les sens, de l’idée de Dieu. La théologie est le grand arsenal de guerre qui se dresse à l’autre bout du mouvement humain. Elle est un attentat permanent contre l’humanité. C’est la ruine et la négation de l’effort des foules ; elle leur arrache le réalisme des mains. Jamais les hommes ne seront tranquilles, jamais leur communauté ne sera solide, tant que l’au-delà, l’infini et l’éternité prendront une figure pour se jeter sur eux. Dieu est la contre-révolution en personne. La notion de Dieu ne saurait, comme on le prétend souvent à la légère, demeurer dans le pur domaine du rêve, ni rester un sentiment personnel ; elle secrète un dogme et fabrique un culte organisé partout où elle s’implante, comme le noyau fabrique la cellule. On ne peut pas atteindre la moindre religion si on n’atteint pas son noyau divin… Et ce qu’on doit dire des religions consacrées, on doit aussi le dire des religions soi-disant libérées et hérétiques, ces retours à l’Évangile, réformes superficielles, en habit civil, de la malfaisante superstition. Enfin, ceux qui croient en Dieu croient aussi, par conséquence et par analogie, à bien d’autres fétiches ou fantômes. Une fois admise cette intrusion de l’inexplicable, on peut admettre toutes les hypothèses qui déracinent l’homme de l’humain.

Henri Barbusse

 

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Léo Ferré   Ni Dieu Ni maître