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Contre le monde et sa sélection

 

1. L’exploitation capitaliste est le moteur du monde actuel. C’est un rapport social qui fonctionne par la contrainte : on ne peut vivre sans argent et toute une armée de flics, de vigiles et d’huissiers est payée pour défendre cet état de fait. Alors les uns s’usent à travailler ou à chercher un travail pour vivre, là où d’autres usent de ces prolétaires pour accroître leur thune, leur pouvoir.

2. La reproduction de cette exploitation est donc fondamentale pour la classe capitaliste. Elle nécessite de former chaque année de nouvelles générations afin de nous transformer en cette main d’oeuvre dont ils ont besoin. Ce rôle de formateur est principalement joué en France par l’Éducation Nationale et l’Enseignement Supérieur.

3. L’idéologie républicaine de l’égalité des chances et du mérite est une foutaise. L’école est une machine à écraser, à trier et à dispatcher la force de travail dans les différentes sections professionnelles suivant les besoins économiques du moment. La sélection de classe s’opère à chaque échelon scolaire, de la maternelle à l’université. Lutter uniquement contre la sélection à l’université expose à un dilemme : jusqu’où le tri peut-il « légitimement » s’opérer ? Si on ne trouve aucune réponse convenable, c’est que la formulation de la question n’est pas la bonne. On devrait dire : pourquoi le tri doit-il s’opérer ? Nous renvoyons alors aux points 1 et 2.

3-bis. Il est préférable de ne pas se méprendre lorsque l’on démarre une lutte à la fac : le savoir est une marchandise, l’université est une entreprise et l’État est toujours capitaliste. Aucun sanctuaire n’y a été décrété. Ne croyez pas les charlatans qui vous assurent du contraire, ils sont là pour monnayer du rêve bureaucratique.

4. Lutter en tant qu’étudiant, c’est manquer le coche de ce que cette loi de sélection peut solliciter : la critique du monde qui la régit. L’université n’est pas une île. La ville de Toulouse regorge de tensions, de conflits, de possibilités d’action et de solidarité. Tisser un tel mouvement réclame du temps et des lieux. C’est précisément ce qu’une fac occupée peut proposer. Des lieux et du temps.

5. Tandis que la sélection annonce un accès aux bourses plus difficile et un contrôle beaucoup plus sévère des étudiants boursiers (une ressource dont nous avons besoin, que nous soyons férus de philo, de lettres, d’anthropo ou PAS), les vacataires du Mirail continuent d’être payés au lance-pierre pour assurer la majeure partie de « l’offre d’enseignement ». Tandis que la fusion annonce une hausse des frais d’inscription à la fac, les lycéens de Gallieni se tapent flics, vigiles et caméras pour se former au turbin. Nous devons refuser ce futur et lutter au présent. Le moment de la lutte est un moment de jonction et de dépassement des catégories où nous sommes à l’instant T. Pas une simple juxtaposition des « chacun chez soi » comme le présume la mythique « convergence des luttes ».

6. Pour ce faire, il est nécessaire de proposer des espaces autres que ceux tenus par les syndicats étudiants corporatistes et autres politicards. L’AG ne sera jamais un endroit décent tant que les personnes opposées au mouvement auront leur mot à dire sur la façon dont on lutte. Multiplier les points de rencontre permettra peut-être de mettre à mal le centralisme démocratique et sa terrible manie à étouffer les expressions subversives qui sortent du cadre bien tracé de la « contestation étudiante ».
Ces complicités potentielles sont à l’intérieur et en dehors de l’université.

7. Contre le monde et sa sélection. Tout doit disparaître.

CroiZADes, la Zone, Notre-Dame et la couche d’ozone

  L’erreur historique de nombreux mouvements libertaires est de faire du territoire l’espace de la lutte des classes. Autrement dit, d’inverser les données : aménager un espace pour créer des activités « autogestionnaires », alors que la réappropriation-transformation des outils de travail au service de la lutte désigne la force collective en action qui est son propre espace. Il ne s’agit pas de créer des « en-dehors », comme c’est le cas par exemple avec le phénomène des ZAD.

 L’insurrectionnalisme sans lendemain des ultras-activistes n’a rien à envier à l’avant-gardisme idéologique et militaire du marxisme en vue de la conquête politique du pouvoir étatique. L’horizon de société post-capitaliste s’élabore dans la transformation sociale immédiate du travail, c’est-à-dire directement dans les formes de lutte émancipatrices et créatrices de réappropriation.

 Du Larzac à Jarnac, de Tarnac à Montcuq

 

 

/!\ARTICLE EN CONSTUCTION /!\

 

 

 Dans tout récit politique, il y a un mythe fondateur. On pourrait situer celui du nuage altermondialiste en France sur les ruines fumeuses du plateau du Larzac, qui signe un peu la flambée de ce qui va mourir, une idéologie gauchiste soixante-huitarde pacifiste hippisante qui opère un virage occitaniste en se jetant aux côtés d’une centaine de paysans expropriés par l’Etat face au projet d’extension d’une base militaire en affrontant une droite belliqueuse.

 C‘est dans la porosité du Larzac aux idéologies spiritualistes et communautaires (communautés de l’Arche, etc,…) mais aussi féministes, à la défense du patrimoine terrien dans le contexte d’un monde paysan qui n’a pas encore totalement été lessivé par l’agriculture intensive de la Révolution verte, que vont émerger des réactionnaires comme José Bové,

Des nuages militants qui s’articuleront autour des luttes contre les marées noires, le nucléaire puis plus tard, aidé en cela par un gros travail de lobbyistes, notamment celui du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie, contre les OGM avec toujours José Bové.

MALVILLE marque l’effondrement visible du mouvement écologique – il n’est ici fait référence à aucun sous-groupe particulier, mais bien à l’ensemble du mouvement qui va des curés à la Lanza del Vasto aux Che Guevara de bocage – ou plutôt son effondrement qui est devenu visible.

Des militants pacifistes et des agriculteurs se réunissent, le 14 août 1977 sur le causse du Larzac, dans la région de Millau, pour manifester contre l’extension d’un camp militaire sur le plateau. L’annonce de cette extension de 3.200 à 14.000 hectares pour un l’entraînement de divisions blindées et d’engins lance-missiles, a engendré un mouvement de protestation jusqu’en 1981, lorsque le président François Mitterrand a enterré le projet.

 Ceci est d’autant plus significatif que cette manifestation voulait trancher d’avec la grisaille et l’insignifiance des rassemblements antérieurs, où les mêmes gens se retrouvaient annuellement pour ânonner les mêmes choses ; au nom de l’antinucléaire, le prêche le plus solennel en faveur du respect de l’ordre.

Passion sans vérité, vérité sans passion ; héros sans héroïsme, histoire sans événement ; développement dont la seule force motrice semble être le calendrier, fatigant par la répétition constante des mêmes tensions et des mêmes détentes ; antagonismes qui ne semblent s’aiguiser périodiquement d’eux-mêmes que pour pouvoir s’émousser et s’écrouler sans se résoudre. Efforts prétentieusement étalés et craintes bourgeoises devant la fin du monde.

L’intérêt de Malville résidait en ceci qu’un mouvement avait été cristallisé, qui allait au delà de ses objectifs proclamés, au point que les sous-leaders écologistes se virent dans l’obligation de se démarquer, c’est-à-dire de se démasquer.

  Chaque fois que se trouvent rassemblés les gens, et ceci pour ne rien faire ensemble, une fête est organisée pour éviter la conscience du vide qui ne manque pas de s’accroître avec le nombre. Cet ersatz se révéla ici sans usage. A sa place, on pouvait voir à Courtenay le clown Mermaz polémiquer respectueusement avec de respectueux écologistes. Ailleurs, on discutait à n’en plus finir, dans des forums, sur l’attitude à tenir pour le lendemain matin. Discussion sans moyen ni raison sur la violence ou la non-violence ; débat aussi faux que tout ce qui se disait et qui se faisait jusqu’à ce jour-là. A défaut de pain et de jeux, l’on eu des mots. Se voyant complètement dépassés, les écologistes organisèrent la confusion, le plus sûr moyen de ne rien faire.

Notre-Dame-des-Landes et au premier plan, un tee shirt de Sea Shepherd du réactionnaire Paul Watson

  Depuis longtemps déjà, l’État en place souffrait d’un mal qui est comme la maladie ordinaire et incurable des pouvoirs qui ont entrepris de tout commander, de tout prévoir et de tout faire. Quelque divisés que l’on fût sur le sujet des plaintes, on se réunissait donc volontiers pour le blâmer ; mais ce qui n’était jusque là qu’une inclinaison générale des esprits, devenait depuis mai 68 de plus en plus pratique. Toutes les douleurs secrètes que faisait naître la domination prolongée de l’économie sur la société, le contact incessant avec des institutions désuètes dont les débris blessaient en mille endroits les idées et les mœurs, toutes ces colères contenues qui se nourrissaient de cette situation se tournèrent en cette occasion contre le pouvoir. Depuis longtemps elles se cherchaient un chemin pour se faire jour. Celui-ci vint à s’offrir, elles s’y précipitèrent sans discernement. Ce n’était pas leur voie naturelle, mais c’était la première qui s’offrait. Malheureusement, ce qui la veille de la manifestation pouvait apparaître comme une perspective possible, se révéla être, dès le lendemain, un cul-de-sac.

 De leur côté, les membres de la coordination distillaient la pagaille, mâchonnant à la sono qu’il fallait faire demi-tour. En fin d’après-midi, lorsque tout le monde refluait, les mêmes cons appelaient à se rassembler à Poleyrieu, dans l’espoir de transformer ce revers en médaille. Mais la plupart assez écœurés, estimaient superflu de tomber dans ce panneau supplémentaire.

Pour les organisateurs de la manifestation, le résultat était donc maigre, en dehors d’un mort, de pas mal de blessés et de quelques grimaces amicales de la bourgeoisie compatissante pour ces jeunes apprentis sorciers. Aussi se répandaient-ils en confessions, plus qu’en déclarations, aux micros des postes périphériques et dans les journaux.

Si l’on se proposait sérieusement une manifestation pacifique, il était stupide de ne pas prévoir qu’elle serait accueillie belliqueusement. S’il fallait s’attendre à une lutte véritable, il était véritablement original de désarmer les gens du désir de s’armer. Mais les menaces des classes moyennes ne sont que de simples tentatives d’intimidation de l’adversaire. Et quand ils sont acculés, quand ils se sont suffisamment compromis pour se voir contraints de mettre leur menaces à exécution, ils le font d’une manière équivoque qui n’évite rien tant que les moyens propres au buts, et cherchent avidement des prétextes de défaite. L’ouverture éclatante annonçant le combat se perd en un faible murmure dès que le combat doit commencer. Les acteurs cessent de se prendre au sérieux et l’action s’écroule lamentablement comme une baudruche que l’on perce avec une aiguille.

  Il faut dire que rarement on sous-estima à ce point l’État de l’actuelle société de classes. Mais les écologistes, parce qu’ils se recrutent dans la petite bourgeoisie moderne – celle qui est devenue salariée, de l’infirmier à la cadre supérieure — représentent la classe intermédiaire au sein de laquelle s’émoussent les intérêts de classe opposées.

Europe Ecologie, parti le plus détesté des français selon un sondage patronal récent, est une bulle politique qui n’existe que par sa nature satellitaire du PS et la structuration sociale qui l’anime, le compose et exerce son lobbying, à savoir les sous-classes dominantes appartenant au monde de l’édition, de la communication, de la culture et de la fonction territoriale s’affichant ici aux côtés d’un millénariste déjanté dont la poésie plâtreuse affriole les prélats de Pachamama.

  Celle-ci s’imagine, pour cette raison, être au-dessus des antagonismes de classe et, pour cette même raison, les regroupements écologistes s’adressent indistinctement à tout le monde.

  Certes, les écologistes reconnaissent qu’ils ont devant eux une classe privilégiée, mais eux, avec tout le reste de la nation, ils constituent la population. Ce qu’ils veulent représenter, c’est le droit de la population. Ils n’ont donc pas besoin, avant d’engager une lutte, d’examiner les intérêts et les positions des différentes classes.

Notre-Dame-des-Landes, 2016

 Ils n’ont pas non plus besoin de peser trop minutieusement leurs propres moyens. Ils n’ont qu’à donner le signal pour que la population fonce avec toutes ses ressources inépuisables sur ses oppresseurs, qui prennent ici l’aspect des pollueurs.

Extrait de la brochure anonyme de Malville

 Même si de nombreux habitants se solidarisent de la ZAD, la question de la propriété privée n’est pas posée. L’exploitation individuelle de la terre s’oppose à une démarche plus collective fondée sur l’entraide et la solidarité.


 Ensuite, la ZAD peut sombrer vers l’alternativisme. Le collectif Mauvaise troupe montre un espace en lutte. Mais le discours sur la désertion et l’alternative existe également.

 Même si la logique capitaliste traverse tous les aspects du quotidien et les relations humaines. Le mode de vie alternatif de la Zad ne doit pas être idéalisé ou présenté comme un modèle de société. Mais il faut reconnaître que de nombreux zadistes font également le choix de la lutte plutôt que de la marginalité.

Il faut également pointer les limites d’une lutte qui reste locale. Ce n’est pas uniquement d’un petit territoire que peut provenir un mouvement de rupture avec le monde marchand. Cette lutte reste focalisée sur le point précis de l’aéroport et ne s’inscrit pas dans la perspective d’un changement global. Elle ne se situe pas sur le rapport d’exploitation. Les luttes importantes ne peuvent partir que des questions sociales et des problèmes vécus par l’ensemble des exploités. Un aéroport à l’autre bout de la France n’est pas forcément un enjeu suffisant pour déclencher un soulèvement populaire d’ampleur.

 Même si le collectif Mauvaise troupe montre bien que cette lutte locale alimente un climat de conflictualité, notamment au moment du mouvement contre la loi Travail. L’enjeu ne doit pas se réduire à la question de l’aéroport. Les luttes peuvent s’ancrer sur des enjeux locaux mais doivent s’élargir et s’inscrire dans la lutte des classes. Seul un renversement de l’ordre capitaliste peut ouvrir de nouvelles possibilités d’existence.

Explication sommaire du montage-photo de la couverture

 

Il s’agit d’une vraie photo de ZAD, seules les têtes ont été changées, des bustes et personnages ont été ajoutés

Ce montage photo, c’est celui de l’altermondialisme dans toutes ses composantes.

De l’aile droite écologiste gouvernementale à l’ultra-gauche insurrectionnaliste.

En haut à gauche, Tina Turner et Mel Gibson, ça c’est pour le côté Mad Max, ce  côté post-apocalyptique spectaculaire,     cette esthétique radicale de fin d’une       civilisation roulant sur la réserve                                                       d’essence.

                                   Nicolas Hulot

A côté, Nicolas Hulot, ministre Europe Ecologie, hostile au principe de ZAD. Il représente la grimace du gouvernement. Il trouve ATTAC (des altermondialistes de gauche aussi vaillants qu’un poulpe après la sieste) trop radicaux. Lui, c’est aux côtés des réactionnaires Pierre Rabhi et Paul Watson qu’il préfère poser.

                                 Brigitte Bardot

A côté, Brigitte Bardot, ancienne jeune giscardienne et vraie lepéniste. Dans le sillage idéologique de Paul Watson, cette idéologie xénophobe, malthusienne, réactionnaire.

                             Françoise Nyssen

 Encore à côté, Françoise Nyssen. Après Nicolas Hulot, c’est la seconde ministre en fonction présente sur ce montage photo. Directrice de la maison d’édition Actes Sud, elle a ouvert il y a peu une école proche des préceptes ésotériques du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie.

                      Marie-Monique Robin

 A ses côtés, Marie-Monique Robin, auteure et réalisatrice de films écologistes réactionnaires. Proche de la sphère de l’anthroposophie et de Pierre Rabhi. C’est elle qui a fait ” Le monde selon Monsanto “. L’anthrophosophie se cache derrière de nombreux sites contre Monsanto. L’anthroposophie, comme l’Eglise catholique romaine, n’a jamais trop aimé la chimie. C’est elle aussi, qui a fait ” Nos enfants nous accuseront “. Ils t’accusent déjà, Marie-Monique.

                        Philippe Desbrosses

 Juste à côté, Philippe Desbrosses. Le pape de la bio en France. Il est lui aussi proche du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie. Dans pas mal de magasins bio est distribué Kaizen, le magazine proche de l’anthroposophie et de Pierre Rabhi.

                                      José Bové

 La plupart connaît José Bové. Agriculteur et député européen écologiste. C’est pas vraiment un progressiste José Bové, c’est un réactionnaire. Comme Pierre Rabhi, il est opposé à la PMA, il est opposé aux “bébés éprouvette” alors que ça fait plus de trente ans que ça existe et qu’il a déjà peut-être serré la main à un individu conçu dans une éprouvette. Bonjour les toiles d’araignées dans la tête. Il a été approché par des mystiques avec le Larzac pour lutter, comme tous les réactionnaires l’ont toujours fait, contre la science, contre les OGM.

                        Masque Anonymous

 Juste à côté un masque Anonymous. C’est pour illustrer le nombre de zadistes – et de teufeurs – qui sont tombés dans la propagande conspirationniste à cause des réseaux marchands. Sur la page d’extrême droite Anonymous France par exemple. Ce masque n’est pas conspirationniste en soi, il a été utilisé par certains fascistes en France pour diffuser des idées fascistes, pour regrouper des personnes un peu mystiques sur les réseaux marchands, qui eux aussi regroupent les personnes qui pensent et surtout, qui croient pareil. Quand on dit “les réseaux sociaux”, c’est pour ne pas dire facebook, bien entendu.

                   Sous-commandant Marcos

Encore à côté, le sous-commandant Marcos, c’est un zapatiste, aussi un altermondialiste, c’est une révolte civile, au Chiapas.

                                     Un mouton

 Enfin, un mouton, pour illustrer la forme primitive de la ferme, semblant pour certains une alternative au capitalisme en crise. C’est un mouton du Larzac, une lutte écolo qui n’a pas mené à grand chose. Mais est-ce qu’une lutte écolo a déjà mené quelque part?

 Seconde rangée à gauche, une forêt herbacée, habillant Tina Turner qui se change en Gaïa, c’est Mère Nature. C’est le voyage astral indica. C’est la méditation sativa. Ce sont tous les bienfaits naturels de dame Nature. La purification. La méditation, consistant, on vous le rappelle, à rechercher une forme de volupté dans le fait de se vider totalement le cerveau.

A méditer… mais pas trop.

                                            Yoshi 

En dessous, c’est Yoshi. Un pote de Mario. C’est pour le côté ludique, un peu enfantin. Le côté sept vies en stock au lieu d’une.

                                       Un Ewok

A côté, un Ewok. Ça c’est pour le côté péplum, avec des légions de CRS, des hélicoptères, c’est Star Wars. C’est aussi le primitivisme, c’est retourner vivre dans les bois parce que finalement, c’était vachement bien de vivre dans les bois. Un côté irréel et spectaculaire. Du grand cinéma.

                                 Vandana Shiva

A côté, Vandana Shiva, grande prêtresse anti-OGM. Elle ne possède strictement aucune formation scientifique, du coup, elle est super écoutée par plein d’altermondialistes et d’écolos réactionnaires. Elle vend très cher, par des conférences hors de prix, une vision du monde profondément anti-féministe, un peu comme Marine Le Pen ou Margaret Thatcher dans un autre genre.

                                Denis Brognart

A côté, Denis Brognart, un présentateur télé. C’est pour le côté spectaculaire, insulaire, blindé de caméras. Sans eau courante. Ont-ils trouvé le riz? Ce sont des votes au conseil, pas vraiment équitables. Ce sont aussi deux équipes. Les jaunes, comme les syndicats jaunes, les vrais-faux syndicats patronaux chargés de torpiller les luttes syndicales et les rouges, les appellistes. Ceux qui ont lu le petit livre vert ” L’insurrection qui vient “. Ceux qui appellent à faire une révolution depuis les ZAD et en jetant des fers à cheval sur les lignes TGV pour les arrêter, il paraît que ça porte bonheur.

                        Un triangle Illuminati

A l’angle de son genou, un triangle illuminati. Pour illustrer les croyances, le fait qu’une partie de ce nuage ait plongé la tête la première quand le délire sur les illuminati tapissait tous les réseaux sociaux marchands. En réalité contre les francs-maçons, fixette “classique” et historique de l’extrême droite.

                                   L’abbé Pierre

A côté, c’est l’abbé Pierre. C’est la ZAD anti-115. La ZAD sans fichage direct, sans éduc, sans humiliation. C’est un Emmaüs sans l’arnaque et le contrôle Emmaüs, sans le catholicisme rance ou l’Emmaüs altermondialiste de Germain. C’est le christianisme de la pauvreté, social, en opposition au christianisme autoritaire, patronal, raciste, bête et méchant, pro-hommes, de Marine Le Pen.

                   L’horrible docteur Chouard

Au milieu, Etienne Chouard, qui s’est fait connaître avec le Non au Traité européen en 2005. Il a été mis dans le circuit de la “gauche” altermondialiste par ATTAC et les ” Amis du diplo ” (le monde diplomatique, un journal pour profs de gauche paresseux). C’est un type qui est très à droite, qui a participé à la conférence de lancement des colibris de Pierre Rabhi. il voudrait une société très inégalitaire tout en dénonçant l’inégalité et le pouvoir du “1%” qui est une proportion totalement bidon. Bonjour la cohérence.(Ce serait plutôt les 10% contre les 90% si vraiment on devait en trouver une) Il comprend pas vraiment le capitalisme le pauvre, ou alors il fait semblant de ne pas comprendre. Il ne parle jamais de social, d’émancipation véritable, de féminisme, de lutte des classes. il préfère faire des conférences avec tous les fascistes de la toile.

                                       Le sac FBI

Son sac “FBI“, c’est pour le côté conspi. Un site conspi sort toujours des ” documents déclassifiés du FBI ” sinon c’est pas un vrai site conspi!

                                Corinne Touzet

La seconde gendarme, c’est Corinne Touzet. C’est le côté feuilleton interminable. C’est le côté téloche, le côté joué, une bien sympathique petite troupe de théâtre.

                                    Pierre Rabhi

 Juste au dessus à droite, c’est Pierre Rabhi. En train de grattouiller les forces cosmiques. Il médite pendant que le repas se prépare, tout seul, comme par magie. Il possède une armée de colibris derrière lui. Son agriculture est tellement miraculeuse que si elle était utilisée partout, il y aurait des centaines de millions de terriens qui en mourraient. C’est un malthusien comme Paul Watson. Sauf que Watson, lui, il dit qu’il veut revenir à un milliard d’êtres humains. Rabhi, il dit l’inverse, il dit qu’on peut nourrir tout le monde en biodynamie, son agriculture de chéper. Son agriculture, c’est aussi efficace que de se déguiser en Skippy le Kangourou et de danser la lambada pour faire sortir des semis de radis. Tout le fric qu’il soutire à ses fidèles, il ne le garde pas pour lui, il en file une partie à son entreprise sectaire.

                                    Manu Chao

Au premier rang, à gauche, Manu Chao. Chanteur engagé, altermondialiste. Fait apparaître dans l’un de ses derniers clips, l’obscurantiste Vandana Shiva. Sans dire que c’est une escroc, sans dire que c’est un charlatan. C’est un peu moche tout ça. La Main Noire, c’est comme le Beaujolais, ça vieillit mal.

                                   Keny Arkana

 Juste à côté, c’est Keny Arkana. Ancienne conspirationniste semi-repentie radi-cale. Sur ses clips vidéo, elle a la rage et ça donne surtout l’impression que ça a déjà pété partout. Mais dans la réalité, ça n’a pété nulle part. C’est bizarre. Peut-être qu’elle se fait des films. Elle ne s’est pas non plus révoltée contre l’interview chez les cathos confusionnistes de Reporterre. C’était peut-être pas aussi grave qu’une rage, finalement. C’était peut-être qu’une petite toux passagère.

                                               Raël

  En bas au centre, c’est Raël, qui annonce la fin du monde et le début d’une nouvelle ère. Celle de ” l’Insurrection qui vient “. C’est la (R)évolution apocalyptique. C’est un pote de l’antisémite Dieudonné. Un réactionnaire.

                                     Eric Pététin

 A côté, c’est Eric Pététin. Militant écolo professionnel historique. Dieu vivant à la Goutte d’Eau, prophète à la ZAD du Testet, sage respectable à la ZAD d’Agen, hué à la ZAD de Notre-Dame à l’occasion d’une prise de parole mystique. Il est proche des écologistes. L’un des rares à le défendre, c’est Noël Mamère, d’Europe Ecologie.

                                  Julien Coupat

 Tout en bas à l’extrême droite, Julien Coupat, un des accusés de Tarnac qui a été emprisonné. Un montage politique. Des hauts fonctionnaires qui rigolent. C’est le Comité Invisible, les appellistes, des écolos en révolte, ils appellent à faire la révolution, avec tout le monde, même quand ils prennent des champignons hallucinogènes en hallucinant Marcel Campion, roi des forains et proche de Le Pen, révolutionnaire ultra-gauche.

Tout en haut, un OVNI et des ” chemtrails “, pour illustrer encore une fois les idées d’extrême droite qui sont arrivées jusqu’à l’altermondialisme. “Grâce” aux réseaux marchands, à facebook. Et à Youtube. Et à Google aussi. Grâce surtout aux fascistes qui ont rempli ces sites de boue fasciste et cette boue, comme à Nuit de Boue, elle est ici aussi, sur l’image, un peu partout.

 Solutions locales pour une famine mondiale?

 

 Les bien-pensants et les beaux-parleurs qui défendent l’écologie et la ruralisation de la société mettent en danger la survie d’une partie de l’humanité sans pour cela aller jusqu’à soutenir les mesures extrêmes prises par les Khmers rouges au Cambodge. Il leur suffit de prôner la réduction drastique de la productivité agricole, qui provoquera nécessairement une crise alimentaire, étant donné les techniques de culture qu’ils veulent appliquer

Commençons par la prétendue «perte de la biodiversité». Il est intéressant de connaître la genèse de cette idée pour comprendre pourquoi, aujourd’hui, on la mentionne à propos de tout et de rien.

Comme l’a expliqué Bjørn Lomborg, l’écologiste Norman Myers affirma en 1979, sans citer la moindre référence, que, jusqu’au début du XXe siècle une espèce disparaîtrait tous les quatre ans, et que ce taux passerait ensuite à une espèce par an. Lors d’une conférence qui se tint en 1974, on émit l’hypothèse, sans qu’elle fût étayée par la moindre recherche, que le taux d’extinction avait alors atteint 100 espèces par an, affectant non seulement les animaux, mais toutes les espèces, y compris celles qui étaient encore ignorées par la science. Il est vraiment extraordinaire d’attribuer un taux d’extinction à quelque chose qui n’est pas encore connu !

Comme si cette méthode particulière ne suffisait pas, Norman Myers prétendit que, durant les vingt cinq prochaines années, un million d’espèces disparaîtraient, effectuant un calcul facile : 40000 espèces allaient disparaître chaque année. «Toute l’argumentation de Myers se résume à cette affirmation, conclut Lomborg. Son livre ne fournit pas d’autres références ou arguments8.» Telle est l’origine de l’une des peurs contemporaines. Examinons maintenant les autres éléments de la liste.

La façon dont les écologistes traitent la question de la modification génétique des aliments suffit pour dénoncer leur obscurantisme, car les plantes et les animaux que nous mangeons aujourd’hui ne sont pas naturels. Plantes et animaux résultent d’un processus multimillénaire de domestication, qui a impliqué de nombreuses modifications génétiques ; celles-ci avaient l’inconvénient d’être beaucoup plus lentes, elles ont conduit à un plus grand nombre de résultats négatifs et ont dû être abandonnées.

Dans un article9, García Olmedo note à ce sujet que le mot «naturel» est erroné pour plusieurs raisons dont la suivante : «il désigne des variétés cultivées traditionnelles qui ne sont plus naturelles précisément parce qu’elles sont passées par un processus de domestication durant lequel leurs caractéristiques
essentielles ont été éliminées pour survivre dans la nature en échange de l’acquisition des propriétés qui les rendaient aptes à la culture». Et cet auteur, un ingénieur agronome spécialisé dans le génie génétique, professeur à l’université polytechnique de Madrid et membre de l’Académie royale d’ingénierie espagnole, a attiré l’attention sur le fait qu’«aucune des espèces cultivées n’est naturelle parce qu’aucune n’est (ou n’a été) capable de mener par elle-même une vie libre et que toutes dépendent de la main de l’homme pour réussir dans la succession de leurs cycles biologiques». Mais, pour les écologistes, le laboratoire est le siège du Mal, et les aliments génétiquement modifiés résultant de l’association entre la
science et l’industrie sont classés comme dangereux, tandis que les aliments modifiés par la domestication (aussi artificielle que les autres techniques humaines) sont classés comme… naturels.


Le problème fondamental n’est cependant pas de savoir si ces classifications sont justes ou erronées, mais si les aliments biologiques sont plus nutritifs et meilleurs pour la santé. «Il est faux d’affirmer que ce qui est naturel est forcément plus sain que ce qui est artificiel, écrit Mark Lynas sur son site. En 2009,
une importante étude pour la Food Standards Agency du Royaume-Uni [le ministère responsable de la protection de la santé publique] a conclu que les aliments biologiques n’apportaient aucun avantage nutritionnel ou positif pour la santé.» Et Lynas d’évoquer le cas des bactéries qui passent du fumier animal à la plante, puis aux aliments. En effet, une étude publiée en 2004 par Avik Mukherjee et al., de l’université du Minnesota, citée par García Olmedo dans l’article que j’ai mentionné, a détecté la présence de coliformes fécaux dans 9,7 % des fruits et légumes provenant d’exploitations agroécologiques, mais seulement 1,6 % dans ceux provenant d’un autre type d’agriculture. Et García Olmedo a ajouté une liste inquiétante de maladies et de décès causés par l’utilisation de matières fécales comme engrais.

 

Bilan provisoire des altermondialismes : Altermondialisme… ou altercapitalisme ?

Formuler une définition précise de l’altermondialisme est très difficile, vu la multiplicité des courants idéologiques que ce terme recouvre, la multiplicité des mouvements qui s’en réclament (de façon plus ou moins intéressée ou opportuniste (1) ) et la multiplicité des formes d’action qui lui sont liées.

Ses partisans mettent en avant le fait qu’il s’agirait d’un « mouvement des mouvements », d’un Réseau des réseaux, horizontal, ultradémocratique, ouvert à toutes les sensibilités politiques et philosophiques, à condition qu’elles remettent en cause le « néolibéralisme », concept au contenu très ambigu sur lequel nous reviendrons plus loin.

Ses détracteurs soulignent le fait que les sommets altermondialistes sont financés par des municipalités, des régions, des ministères ou des États. Ils soulignent que les cadres de ces mouvements travaillent pour des ONG, des associations humanitaires, des observatoires du développement, des think tanks (clubs de réflexion), des instituts de recherche, des cabinets de consultants (2,4 millions d’euros par contrat) ou des syndicats qui dépendent totalement des subventions gouvernementales ou privées (2) . Les théoriciens de l’altermondialisme sont le plus souvent des universitaires qui vivent dans leurs tours d’ivoire académiques, relativement privilégiées, soutenus par des politiciens ou des militants chevronnés à la recherche d’une nouvelle virginité politique.

PARIS – 21/06/2009 – MANIFESTATION EN SOUTIEN AUX INCULPES DE TARNAC AUX ABORDS DE L ADMINISTRATION PENITENTIAIRE –

Ses partisans ripostent que le mouvement altermondialiste est tourné vers des revendications concrètes, minimales certes, mais réalistes, voire « utopiques-réalistes-et-citoyennes ». Qu’il regroupe des syndicats, des associations, des bénévoles qui ne font pas d’« idéologie » mais n’hésitent pas à « mettre les mains dans le cambouis ».

Ses détracteurs rétorquent que l’altermondialisme n’est qu’un concentré de vieilles idéologies ou de vieilles propositions politiques, datant pour la plupart du XIXe ou des débuts du XXe siècle : apologie des coopératives, des petites et moyennes entreprises, ou des petites et moyennes exploitations agricoles employant des salariés ; réforme du système bancaire ; réforme agraire (sans supprimer la propriété privée du sol) ; adoption de règles internationales garantissant la coexistence pacifique entre les États ; imposition de règles internationales garantissant un rééquilibrage économique durable et plus juste entre le Nord et le Sud ; ou tiersmondisme, idéologie qui a servi, et sert encore, à justifier la domination de nouvelles bureaucraties, ou bourgeoisies bureaucratiques, sur les peuples du Sud. Il n’y aurait donc rien de nouveau sous le soleil altermondialiste.

Bref, lorsque l’on discute du sens et de l’intérêt de l’altermondialisme, assiste-t-on à un dialogue de sourds, finalement assez classique, entre « réformistes (3) » et « révolutionnaires » ? Ou la discussion peut-elle s’avérer plus complexe ? Peut-on agir au sein des mouvements altermondialistes sans renier ses idéaux de révolution sociale, tout en défendant de façon efficace les intérêts des exploités ? La primauté accordée par les altermondialistes aux « droits humains » (droits dont jouissent, ou jouiraient, par conséquent toutes les classes sociales) est-elle riche de perspectives nouvelles ?

La pratique du consensus et de la non-violence qui caractérisent ces mouvements (dont les « Indignados » en Espagne sont la dernière illustration) n’aboutissent-ils pas tout simplement à redorer le blason d’une démocratie qu’il faut bien appeler par son nom : la démocratie bourgeoise – ce que ne font jamais les altermondialistes ? N’aboutissent-ils pas à re-noncer à toute perspective de véritable suppression du capitalisme, de l’État, de l’exploitation, de la hiérarchie, du salariat ?

La dénonciation du néolibéralisme et de la « marchandisation (4) » du monde n’est-elle pas le moyen de réhabiliter un capitalisme en crise au nom d’un discours pseudo-éthique qui sanctifie l’indignation mais condamne la révolte quand celle-ci ne souhaite pas se contenter d’un simple replâtrage ? N’est-elle pas une manœuvre habile pour inventer un « altercapitalisme » plutôt qu’un anticapitalisme ou un socialisme du XXIe siècle ?

Lire la suite ici =>

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1815

Sivens : quand l’extrême droite tente d’infiltrer la ZAD

Autour de la ZAD de Sivens, gravitent d’inquiétants personnages. Cela fait plusieurs années que des groupuscules d’extrême droite violents, au nom de la défense d’une nature éternelle, tentent de récupérer les combats écologiques.

(…)

Quelques jours après avoir publié ce statut Facebook, rapidement effacé, Jean-Luc Mélenchon persiste : le 25 octobre, lorsque Rémi Fraisse a été tué au cours d’un affrontement contre les gendarmes dans la forêt de Sivens, ce sont bien des militants d’extrême droite qui l’ont accueilli, lui le dirigeant de gauche, aux cris de “Tiens, voilà la franc-maçonnerie qui se réveille !” et en lui jetant des pierres. “C’était une souricière, j’ai pris des coups et j’ai eu peur, poursuit-il. J’ai profité d’un moment où ces excités se sont retournés contre José Bové pour m’échapper de là.”

Impossible de vérifier l’appartenance politique de ce petit groupe de militants agressifs. Mais une chose est sûre : l’extrême droite a effectivement pointé son nez sur le barrage. Et pas uniquement pour s’attaquer à Mélenchon.

Des tracts étranges

“La première fois qu’on les a vus, c’était à Gaillac, le village voisin, début octobre”, se souvient Dominique*, vieux militant écolo chargé de la sécurité, qui campe sur la ZAD (zone à défendre) depuis août. “Des copains ont vu des types coller des affiches contre le barrage, mais ce n’était pas les nôtres.” Sur les feuilles A3, signées “Rébellion”, une inscription “Non au barrage de Sivens, ne laissons pas le profit détruire la nature !” encadre un dessin représentant un poing levé qui fait office de tronc d’arbre. “On ne savait pas qui ils étaient, raconte Camille C.*, zadiste écolo de 33 ans. Mais ils parlaient plus volontiers de putsch que de révolution : ça m’a mis la puce à l’oreille.” Ce collage d’affiches était en fait l’œuvre du MAS (Mouvement d’action sociale) et de sa revue Rébellion : loin de vouloir attaquer les zadistes, ils cherchaient à s’associer à leur lutte. Et ce n’était pas la première tentative de ce genre. Mi-septembre, déjà, un militant soralien surnommé FArthur, membre du site complotiste Inform’action, avait tenté d’infiltrer une organisation toulousaine de soutien à la ZAD, sous le pseudonyme d’Abbé Farthur. Vite démasqué, il n’avait pas pu accéder au camp. Mais d’autres ont suivi.

Des dieudonnistes s’infiltrent

Fin octobre, les opposants au barrage ont vu débarquer trois membres de la Dieudosphère. Vêtus de tee-shirts de la Ligue de défense goy, portant une inscription “arrière-garde française” dans le dos, ils arboraient des tatouages qui ne trompent pas : le mot “Quenelle” imprimé sur le bras de l’un, un ananas sur l’avant-bras de l’autre (référence au Shoahnanas de Dieudonné). Le premier distribuait des tracts conspirationnistes sur un réseau pédophile pendant que les deux autres montaient leur tente.

“Quelques camarades se sont opposés à eux et on a fini par les convaincre de partir sinon ils risquaient de se faire lyncher”, se rappelle Grogne, jeune zadiste punk. Camille C. raconte qu’avec un ami militant antifasciste, il s’est armé d’une barre de fer pour aller les attendre dans la forêt, au coin de la départementale qui borde le site. “Mais on n’a rien pu faire : deux camarades de la Zad s’étaient postés sur le capot de leur voiture pour qu’ils partent sains et saufs. Sur le coup j’enrageais, mais aujourd’hui je me dis que c’était la bonne décision”. Dans la foulée, les zadistes ont publié sur leur site internet, Tant qu’il y aura des bouilles, un communiqué intitulé “Non à la récupération d’extrême droite de la lutte contre le barrage”. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

“Le MAS existe depuis le milieu des années 2000, précise l’historien Jean-Yves Camus. Ils fonctionnent sur le modèle du CasaPound, mouvement italien néofasciste qui a ouvert un centre social à Rome, doté d’une librairie, d’une maison d’éditions et d’un squat destiné aux SDF. Leur spécialité est de soutenir les luttes sociales, environnementales et contre le logement précaire, pour ne pas laisser ce terrain à l’extrême-gauche”.

L’extrême droite et l’écologie

Selon le politologue, il n’est pas aberrant de penser qu’ils sont réellement opposés au barrage : “Pour eux l’écologie c’est la défense de la nature : ils considèrent qu’elle obéit à des lois immuables auxquelles on ne peut pas déroger. Cela vaut aussi dans le domaine social, le genre, etc.” “Cela leur permet de valoriser les racines, le sol et de défendre une certaine notion de pureté et d’identité aux accents régionalistes et nationalistes”, ajoute l’historien spécialiste des mouvements d’extrême droite Jean-Paul Gautier.

Depuis quand l’extrême-droite s’implique-t-elle dans les luttes écolos ? “A la fin des années 70, elle a récupéré ce thème en associant défense de la Nature et protection de la race blanche”, répond le responsable d’une organisation antifasciste.

“Dans les années 90, Christian Bouchet et Fabrice Robert, de Nouvelle Résistance, avaient même infiltré une section jeune des écolos en y plaçant quelques types pour recruter et diffuser leurs idées. Ensuite ils ont lancé Auto Défense Nature et Ecolo J. Aujourd’hui, on trouve souvent le MAS dans des associations types AMAP (3), où ils touchent un public large et crédibilisent leurs idées pseudo-anticapitalistes”.

Les dieudonnistes, quant à eux, sont les héritiers d’une autre tendance. “En 1910, lors des grandes inondations de Paris, les antisémites de la mouvance Drumont accusaient les Juifs d’avoir déboisé les bords de Seine où ils avaient largement investi, et d’être responsables de la catastrophe”, note Jean-Paul Gautier. “Sur ces questions, les mouvements de gauche vont devoir faire très attention”, prévient Jean-Yves Camus, car les tentatives de récupération des luttes écolos par l’extrême droite sont en train de prendre de l’ampleur.

Source les inrocks

En photo, l’écologie d’extrême droite du MAS

 

 

Emmaüs, Une multinationale qui exploite les travailleurs et travailleuses

Éviter la conflictualité, chercher la paix sociale pour ne pas renverser l’ordre établi dans lequel les pauvres sont condamné-e-s à accepter les miettes concédées par une bourgeoisie en quête de supplément d’âme, c’est sur ce principe même qu’Emmaüs a été créé au début des années 50 par l’abbé Pierre qui fut également député du MRP (Mouvement Républicain et Populaire) en Meurthe-et-Moselle.

 Les médias ont toujours été discrets sur les réactions hyper réactionnaires du bon curé contre les grandes grèves de cheminots, mineurs et surtout de fonctionnaires dénoncé-e-s par lui comme des nanti-e-s, voire des fainéant-e-s, les opposant aux « vrais et bons pauvres », les sans-logis.

 En faisant appel à des valeurs telles que la rédemption par le travail, la bonté et le pardon, l’abbé Pierre organise ainsi les couches les plus défavorisées des classes populaires sur des bases autres que révolutionnaires.

L’abbé Pierre inaugure la Cité de la Joie le 30 avril 1954 au Plessis-Trévise accompagné du ministre du Logement Maurice Lemaire.

 Au début des années 50, le mouvement Emmaüs participe à transformer en mendiant-e-s, un mouvement de personnes auto-organisées prêtes à défendre armes à la main les logements vides qu’elles squattaient. En effet, en 1945, le Conseil National de la Résistance avait autorisé la réquisition de logements vacants et dans plusieurs villes de France, des milliers de personnes occupaient des immeubles et diverses habitations.

 Comme toujours, il s’agit d’éviter que se propage un mouvement dans lequel les classes sociales défavorisées prennent leurs affaires en main et de faire en sorte qu’elles trouvent dans l’organisation d’une survie moins misérable les raisons de ne pas se révolter, de patienter pour une hypothétique vie meilleure…

Ce sont ces mêmes dynamiques qui ont été mises en œuvre en 1987 dans la lutte du comité des mal-logés : plutôt que de laisser prendre de l’ampleur à un mouvement de réquisition des HLM, Emmaüs a par exemple tenté de convaincre les familles d’occuper des lieux inadaptés dans lesquels personne ne peut vivre, comme par exemple un hôpital désaffecté, plutôt que de prendre des logements dignes de ce nom.

 

 

 

        Philippe Desbrosses, le pape de la bio

L’efficacité symbolique du discours de l’agriculture biologique en France recèle une ambivalence qui déployée permet de comprendre comment s’est orchestré autour des « produits bio » le passage de la « nostalgie communautariste » agrarienne [1][1] « L’agrarisme » néologisme forgé par P. Barral recouvre… des années 1940 à l’utopie communautaire anti-conformiste des années 1970 [2][2] Ce sujet a été présenté au 23e colloque de l’Association…. L’objectif de ce texte est de comprendre comment le produit « bio » a pu soutenir différents discours idéologiques (de droite puis de gauche) et comment de mêmes éléments ont été conjugués à l’inverse. Le mécanisme décrypté se décline en deux versions : soit la représentation de la nature est convoquée pour imposer une idéologie de l’ordre et elle peut alors nourrir une pensée d’extrême-droite [3][3] L. Ferry, Le nouvel ordre écologique. L’arbre, l’animal… ; soit cette même représentation de la nature est mobilisée pour mener une critique des méfaits environnementaux du capitalisme et elle peut alors alimenter une pensée écologiste de gauche. (…)

Il est nécessaire, pour comprendre la perspective retenue pour étudier la genèse de l’agriculture biologique, de remonter aux années 1930 où la France connaît une triple crise de la paysannerie (dépression économique avec l’effondrement précoce des prix des denrées agricoles ; exode rural ; crise de représentation [5][5] R. Paxton, Le temps des chemises verte. Révoltes paysannes…) et voit l’émergence d’un grand démagogue rural, Henry Dorgères (mort en 1985), célèbre agitateur des campagnes qui finira à Vichy (puis pour quelques temps en prison). Si les relations de Dorgères avec le fascisme peuvent être débattues (il voulait restituer les autorités traditionnelles de la famille — ce qui le rapprocherait plus du modèle franquiste — et non pas installer un nouveau Parti), il reste dans le « champ magnétique [6][6] P. Burrin, « La France dans le “champ magnétique” des… » du fascisme et le représentant d’un agrarisme poussé à son extrême limite. Il rêvait d’imposer une « Nation paysanne » et certains de ses objectifs recoupent le projet promu dans les années 1950 par les pères fondateurs de l’agriculture biologique en France. Après les séquelles de la Seconde Guerre mondiale le monde agricole continue de s’interroger sur sa construction politique et sa relation à la société globale. De ce point de vue les fondateurs de l’agriculture biologique peuvent être considérés comme de très classiques agrariens ou d’ultimes rémanences du magnétisme de Dorgères (avant que l’entrée dans le marché commun agricole — confirmée par de Gaulle en 1958 — puis les évènements de mai 1968 — et le départ de de Gaulle — n’organisent un changement de génération et d’idéologie). Se plonger alors dans l’histoire de l’agriculture biologique permet de découvrir autour de son avènement l’existence de préoccupations largement extra-alimentaires (du politique, du religieux, de l’idéologique) et permet aussi de tracer à grands traits l’histoire de groupes sociaux dominés et marginalisés dans le domaine de l’agronomie ou de la médecine.

La biodynamie

4
L’invention d’une première forme d’agriculture « biologique » se fait dans la mouvance austro-allemande de Rudolf Steiner (1861-1925) [7][7] Rudolf Steiner fonde en 1913 l’anthroposophie (fille… qui dans les années 1920 crée une Société d’anthroposophie dotée d’un centre de formation en agriculture biodynamique (qui accorde une grande importance aux rythmes cosmiques, des saisons, biologiques, etc.) [8][8] Elle vise notamment à développer les forces « structurantes…. Cette agriculture s’installe en France en Alsace à partir de 1940 et se structure après guerre grâce à l’Union des cercles bio-dynamistes. Cette agriculture s’est perpétuée à travers deux organisations contemporaines : le Mouvement de biodynamie à Paris et le Syndicat d’agriculture biodynamique toujours basé en Alsace. Aujourd’hui minoritaire au sein des mouvements agrobiologistes, elle bénéficie d’une aura importante car les méthodes de conduites culturales bio-dynamiques président discrètement aux destinées de terroirs viticoles des plus prestigieux.
Des agrariens réactionnaires

5
Dans les années 1950, pour des raisons liées aux nouvelles orientations en matière de politique agricole (suppression de l’indexation des prix agricoles), un autre foyer de diffusion émerge dans l’Ouest de la France, avec la création du Groupement des agriculteurs biologiques de l’Ouest (GABO). (…)

La mobilisation de la Tradition contre le capitalisme

12
Le journal se range dans le camp du protectionnisme et du nationalisme (proche en cela des positions de Lemaire). Il réalise notamment une apologie permanente de tout ce qui est présenté comme issus de la Tradition (…)

Pour alimenter cette idéologie agrarienne, LVC travaille sur la perception du temps. U. Windisch a montré que la « construction » du temps est propice à la projection d’éléments mythiques et symboliques qui font fréquemment l’objet d’une manipulation dans le cadre de discours politiques [22][22] U. Windisch, Le raisonnement et le parler quotidiens,…. Cela s’illustre dans le journal par le recours à la glorification des sociétés précapitalistes dont celle de l’Égypte ancienne. (…)

Autre exemple de fonctionnement concret du temps mythique, la construction hexagonale du cycle des saisons qui a l’avantage de conjuguer protectionnisme et nationalisme. En refusant d’acheter des produits de contre-saison, le journal de LVC organise et impose une géographie imaginaire et nationale qui érige le contre-saison en contre-nature. De ce point de vue, tout se passe alors comme si le produit « bio » permettait de réactiver le mythe d’une nature éternelle et d’un ordre fixe. Ces rêves ont leurs lois qui renvoient alors directement à l’idée de sélection naturelle. Ainsi la référence à Alexis Carrel est récurrente jusque dans le milieu des années 1980 [23][23] « Hommage à Alexis Carrel », LVC, n° 220, juillet 1966 ;…. Ces visions « biologisantes » ont pour base une vision profondément essentialiste, autre caractère récurrent de la publication.
L’essentialisme ou la lutte contre la vaccination

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La vaccination est une méthode constamment dénoncée. C’est même, avec le pain, l’autre « complot majeur » contre lequel La Vie Claire se mobilise. Pour le journal « L’injection de vaccin a mis la vie des enfants en danger et corrompu leur sérum sanguin par du poison » (LVC, n° 5, décembre 1946). La prégnance de l’essentialisme [24][24] Entendu ici comme croyance en la Nature comme référence… rend impossible l’acceptation du principe de la vaccination qui est précisément « désessentialisant » puisqu’il introduit la notion de gradation. Tout se passe pour la revue comme si le combat contre la vaccination engage des représentations de la pureté qui ne peuvent s’accommoder d’aucune trace de maladies fussent-elles des anticorps. Comme dans la pensée de Raoul Lemaire, Pasteur y est présenté comme un imposteur (…)

Un magazine pas féministe mais qui deviendra féminin

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Si la revue militante s’adressait d’abord à l’homme de la ville, rapidement la femme devient un sujet valorisé comme individu pour sa proximité avec la Nature. Là encore l’action de la modernité est perçue comme procédant d’un détournement dommageable. Au centre de ces discours, l’image d’une femme qui, dans une conception conservatrice de la famille, devrait rester au foyer

Dans la continuité de ces combats le journal de La Vie Claire se montre opposé à la pilule (…)

Le journal est même contre toute forme de contraception puisque son usage ne se justifierait que par le développement de la luxure généralisée. La pilule pénaliserait les plus « innocentes » en les forçant à recourir à l’avortement qui est considéré comme « une erreur » (…)

Le discours moral limite le rôle social de la femme à celui de la mère, clé de voûte de la tradition familiale.
Puis, elle est progressivement désignée comme la première victime du monde moderne et c’est par cette pente qu’insensiblement la revue quittera la dénonciation musclée, les attaques contre l’État, la glorification du paysan pour se tourner définitivement vers un lectorat nombreux mobilisé autour de l’environnement, de la prévention des risques en matière de santé. Dans les dernières années de sa parution, le journal de LVC est presque devenu un magazine féminin comme les autres, conforme au modèle dominant en vigueur dans ces magazines. Le discours sur la femme s’est déplacé de la femme-épouse aux valeurs portées par la femme-mère avec, dans les années 1980 en particulier, un accent accru sur les enfants — de l’alimentation de la femme enceinte jusqu’à leur comportement (bébénageur, agitation, anorexie, etc.) — ce qui favorisera l’adhésion plus large d’un public différent. (…)

La question n’est évidemment pas de prendre position « pour ou contre » l’agriculture biologique et encore moins de faire croire qu’en mangeant « bio » à l’entrée du troisième millénaire on cautionne les odieuses valeurs d’extrême-droite qui ont été fondatrices du développement premier de ce type d’agriculture dans les années 1950. L’analyse d’une genèse complexe rappelle que la promotion d’une « agriculture naturelle » n’est pas toujours en soi un argument neutre, anhistorique ou simplement de gauche.

http://www.cairn.info/revue-ecologie-et-politique1-2003-1-page-193.htm

En photo Philippe Desbrosses, à l’origine de la création de la plupart des mouvements de l’officialisation de l’agriculture biologique, à la tête d’Intelligence Verte créée en 1999 et proche de l’anthroposophie

 

La Goutte d’eau et l’indien

 

Cette scène épique fait partie de celles qui fera date dans la vie militante d’Eric Pététin, 48 heures après l’ultime expulsion de la “ZAD” de la Goutte d’Eau.

Seul en une nuit, vous le verrez, il va élaborer un plan d’attaque d’une ingéniosité qui fera date dans les carnets militants, d’autant plus que personne, absolument personne n’aurait misé un euro ce jour-là sur la tentative d’Eric Pététin.

En arrivant sur les lieux, on dépasse ses deux disciples, qui se tiennent en retrait, sans doute intimidés par la portée historique de la journée. Il faut dire qu’il y a de quoi être impressionné par la promesse de l’ampleur de cette énième envolée héroïque tant l’entreprise pourrait paraître vaine pour n’importe quel être empêtré dans la rationalité. 
Seuls les deux chiens, braves comme des séminaristes après la sieste, semblent confiants.
Pététin, toujours très concentré, se dresse un instant face à la Goutte d’Eau, changée depuis peu en bunker. De nombreux gendarmes, des hommes en armes, une milice de sécurité en condamnent totalement l’accès, en tout cas pour le commun des mortels.

Soudain, un craquement de branche pète comme un cassoulet de la veille. Le signal. Pététin rugit en première ligne, la guitare en bandoulière, sans bandoulière, c’est magnifique! Il est en cannes le petit! Droit devant!
L’entrée principale, barrée de blocs de pierre? Et alors! Peu nous en importe! S’il était écrit que l’on devait passer par ici, alors on passera ici! La ligne de gendarmes, ne saisissant pas immédiatement l’imputrescible fougue de la manœuvre, s’apprête à le cueillir, presque déçue de marquer en début de jeu sans qu’on lui oppose combativité véritable, quand, tel un ailier conquérant le prestige des plus fougueuses épopées rugbalistiques, Pétoff feinte tout le monde en sautillant vigoureusement latéralement! 
Là est tout le panache blanc et ténébreux de la survivance de l’esprit chevaleresque! 
La gorge déployée d’une musicalité très printanière, Pétoff se bat comme un beau diable! Prenant tout le monde par surprise, voilà qu’il dévale, pieds nus, les ronces du fossé. 
Touchées subitement par la grâce, les voilà bien résolues, elles aussi, à faire pénitence au contact de la voûte plantaire christique. Le temps que la défense adverse se repositionne sur ses lignes, l’écolo bondissant a déjà entrepris une nouvelle feinte! Magique! C’est par l’accès Sud désormais qu’il envisage d’atteindre le potager. Ah ça non, il n’est pas venu pour acheter du terrain, lui, il en gagne! Pététin, c’est un jeu spectaculaire qui est là avant tout pour faire plaisir à son public et une élégance rare. Ça y est! C’est presque gagné! Il dévoile enfin son ultime tactique de la matinée. La victoire, le potager, tout cela n’est plus qu’à deux bus de playmobils. Deux minuscules bus. La foi en vaut dix, en vaut mille mais en face, l’équipe adverse y croit aussi dur comme fer! Il faut dire que le mercato a été bon, notre barde en guenilles lui aussi fait des bonds. Mais seul, désespérément seul…

Epilogue

L‘occupation du potager en question pour conjurer toute expulsion. C’était très malin, voire très futé mais hélas, cela ne suffit à convaincre une maréchaussée qui hélas, fut loin de posséder une telle maîtrise dans le droit civil, ce qui priva Pétof d’une nouvelle magistrale victoire.

Eric Pététin, zadiste catholique

 

Même Eric Pététin, militant professionnel, y était. Son cas mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête : ce militant d’une soixantaine d’années au look de hippie, surnommé aussi « Pétof » ou « l’Indien » a fait ses armes dans la lutte contre le tunnel du Somport dans les années 1990. Depuis, celui qui se dit à la fois anarchiste et catholique est apparu dans de nombreuses luttes, notamment des ZAD. Nombre de militants qui l’ont connu lui reprochent de se comporter en gourou et de n’en faire qu’à sa tête, sans considération pour les décisions prises collectivement. Mystique, il a jugé positivement le Mouvement du 14-Juillet lors de son apparition, conseille la lecture ou l’écoute du conspirationniste Pierre Jovanovic et se serait déclaré, selon Gaultier Bès, favorable à l’accueil des Veilleurs à Notre-Dame-des-Landes.

Il devrait d’ailleurs contribuer au prochain numéro de Limite, à paraître dans quelques semaines. Le collectif antifasciste Les Enragés le décrit ainsi :

« Il est possible de tout lui reprocher à l’exception de sa constance, même s’il y a eu en réalité plusieurs Pététin dans la vie de Pététin, on pourrait en dégager deux. La belle époque puis celle des errances, dont l’aboutissement sera celui de se faire copieusement huer à NDDL à l’occasion d’une intervention frappée d’un mysticisme carabiné et qui ne parvint pas, heureusement, à séduire l’auditoire. Quoiqu’il en soit, Pététin se greffa au projet de réhabilitation d’un lieu – une gare désaffectée rebaptisée La Goutte d’Eau – qui fut pendant des années à la pointe de la lutte écologiste. Il est à l’origine, en tout cas dans sa réalisation personnifiée la plus médiatiquement exposée, de l’une des plus grandes manifestations organisée en moyenne montagne en Europe, ce n’est pas rien. Peu importe finalement la foi qui semble l’animer tant que cette dernière ne prend pas le dessus sur les mises en action concrètes. Il n’en a pas toujours été ainsi. Et dans son militantisme teinté d’happening et de jeu du chat et de la souris avec les bleus, tout le monde ne possède pas forcément les mêmes ressources familiales pour pouvoir affronter la Justice. Il n’en reste pas moins un personnage vif, cultivé, à l’imagination sans fin, séducteur et à qui il faut sans doute savoir dire non. Dans les aspects gênants à très gênants, sa déification de la nature, ce rejet de la modernité et de la ville, ses accointances actées avec des sphères catholiques proches de la “Manif pour Tous”, etc. »

source confusionnisme.info

 

 

Barbarie homophobe à Marseille : séquestré, battu et violé

Dans le contexte d’une homophobie très ancrée dans la société française, malgré le relatif progressisme apparent, c’est avec horreur et effroi que nous apprenons l’agression barbare et la séquestration d’un militant homosexuel pendant quarante-huit heures la semaine dernière à Marseille.

Des faits inqualifiables d’une violence inouïe

 

 Zak Ostmane est un militant homosexuel pour les droits LGBTI ayant fondé en Algérie l’organisation Trans Homos Dz afin de venir en aide aux personnes LGBTI forcées à la clandestinité dans un pays où l’homosexualité est pénalement et socialement réprimée. Il a par la suite, en 2016, participé à la fondation de l’association Shams – France, dont nous reproduisons ci-dessous le communiqué et la présentation :

SHAMS-France est l’association LGBTQI des personnes maghrébines et moyen-orientales vivant en France.

Le week-end dernier, Zak Ostmane, grand militant LGBT et un des membres fondateurs de Shams – France a été séquestré pendant plus de 48 heures, agressé et sauvagement violé par deux individus à Marseille. Nous condamnons avec fermeté cet acte barbare et abjecte et apportons tout notre soutien à notre cher ami.

Soutien total et solidaire à  Zak Ostmane!

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

Nous sommes contre le travail

Parce que nous sommes contre un système qui repose sur l’exploitation de tout et de tou-te-s.
Parce que les administrateurs de ce monde transforment l’ensemble du vivant en marchandises sur toute de la planète.
Parce que cette société n’a d’autres choix à nous proposer que la mise au travail, quelques miettes pour survivre ou l’enfermement pour les indésirables et les récalcitrant-e-s.
Parce que le travail c’est vendre son temps, ses énergies, son corps et son esprit à des patrons, à des chefs, à des machines.
Parce que le capitalisme et l’Etat prétendent avoir la main mise sur tous les aspects de notre vie et nous dé-possèdent de plus en plus de toute autonomie et même de nos rêves de quelque chose de profondément autre.
Parce que ce système de production effrénée ne laisse pas d’en-dehors où chacun-e pourrait décider librement de ses activités.
Parce que Papa Etat ne garantit des droits qu’au prix de notre liberté ; c’est le même qui lâche ses chiens de garde dans la rue, crée et militarise les frontières et fait la guerre aux quatre coins du monde.
Parce que les restructurations – qu’ils appellent « crises» – signifient le durcissement de la misère, du cannibalisme social, des techniques et des technologies de contrôle.
Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, nous sommes non seulement contre le travail mais surtout contre le monde qui en fait un pilier et un horizon indépassable.
Si nous ne voulons pas aménager la longueur de nos chaînes mais bel et bien les détruire, il n’y a ni négociation ni dialogue possible avec le pouvoir quel qu’il soit.
Il s’agit donc de mener cette lutte au-delà des limites qu’essaient de nous imposer tous ceux qui ont intérêt à ce qu’elle étouffe dans les cadres existants – dont font partie les politiciens et les co-gestionnaires de tous ordres.

 

extrait du tract Nous sommes contre le travail

Le plus voleur des deux

Tous les jours, toutes les heures, c’est sans repos ni trêve ; la bataille de la vie. Bataille horrible s’il en est, où les cadavres s’amoncellent, où les blessés sont par millions. Bataille de la Vie pour la vie. Bataille contre les éléments, bataille contre soi-même. Bataille contres les autres humains. Bataille de ceux qui arrivent contre ceux qui sont. Bataille de ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent pas. Bataille de l’avenir contre le passé, de la science contre l’ignorance.

 

En ce moment, dans Amiens, elle semble prendre une forme plus âpre qui la rend plus sensible à tous.

Deux bandes d’individus se trouvent aux prises. L’une parait avoir la victoire. Elle ne se bat plus, elle juge. Elle a nommé des délégués se parant d’uniformes et se décorant de noms spéciaux, gendarmes, juges, soldats, procureurs, jurés. Mais nul ne s’y trompe ; tout le monde reconnait les partenaires habituels de la lutte sociale : voleurs, faussaires, assassins, selon les circonstances.

Tenus solidement, les membres de l’autre bande leur font face. Ils sont là, en personne. Ils n’ont pas envoyés de délégués. On sent qu’ils sont attachés mais qu’ils ne sont pas vaincus. Et lorsqu’ils secouent la tête, les délégués et les spectateurs ont des mouvements de fuite.

Les gens de la première bande appellent leur opération rendre la justice et disent poursuivre le crime. On voit que ce n’est pas le remords qui amène leurs ennemis, mais bien les menottes. Et le débat s’engage. Ce sont deux bandes terribles et leur organisation fait (peur). On songe à tout l’esprit perdu dans les subtilités et les ruses de ces lutteurs. Quelles améliorations du sort de chacun et de tous seraient nées de leurs efforts combinés. Quel pas en avant la science aurait pu faire avec tous ces cerveaux occupés à truquer pour vivre.

Cette impression nous vient en pensant à ces têtes fortes et énergiques des vaincus du moment. Les autres, les délégués, confits dans leur béatitude et tremblant de peur, ont des gueules médiocrement banales. Eux et ceux qu’ils représentent ont choisi la violence et le vol, la tromperie, le mensonge ; ils sont commerçants, soldats, gendarmes, juges, prêtres par goût et par vocation. Ils sont les gens qui arrêtent la marche de la science et de la beauté pour continuer le règne de l’ignorance et de la laideur. Chez eux la fainéantise est une qualité et c’est pour éviter de remuer les bras et pour le culte sacré de leur ventre qu’ils tuent, qu’ils volent, qu’ils violent, qu’ils trompent. Les gens de l’autre bande, voleurs sans hypocrisie, cambrioleurs sans fainéantise, n’ont pas choisi volontairement leur mode de vivre. Forbans, corsaires, ils ont voulu rétablir les cotes mal taillées. Et avec quel esprit ils l’ont fait ! Ce n’est pas le geste de l’agent de police détroussant au coin d’une rue l’homme qu’un verre de vin a enivré après l’abstinence de la semaine, de l’huissier volant la dernière paire de draps au laboureur, l’officier rabiotant sur les rations des ventres affamés, les grands ducs volant les pansements des blessés, les administrateurs du Congo confectionnant des bouillons de nègres. Ce n’est pas sur plus faibles, sur plus pauvres qu’eux qu’ils étendent leurs mains, c’est sur les puissants et les riches. On peut chercher. Ils ne sont pas oubliés dans les maisons des pauvres, pour une raison pratique peut-être, mais aussi parce qu’ils ne voulaient pas seulement vivre ; ils voulaient aussi démolir.

Les gens de la Petite Bande sont des anarchistes. Ils ne sont pas voleurs parce qu’anarchistes. Ni anarchistes parce que voleurs. Ils sont l’un et l’autre, ils pourraient être l’un et l’autre.

Voler, cambrioler n’est pas faire acte pour l’anarchie, ni contre l’anarchie. C’est un acte personnel pour vivre, aussi dégoûtant et inutile que celui de perceur de petits bouts de carton, de peintre d’enseignes, de courtier, de comptable, d’armurier, de fabricant de coffres-forts, etc. Aussi ce n’est pas parce que voleurs que les gens de la bande d’Abbeville m’intéressent mais parce qu’anarchistes.

Je suis contre la grande bande, contre la société honnête parce que celle-là veut vivre d’une façon invétérée dans la paresse et l’inutilité ; parce que celle-là continue volontairement le gaspillage des forces humaines et des produits du sol ; parce que celle-là par une jouissance spéciales de névrosés, de malades, continue à faire mourir de faim, de travail de tuberculose, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, et que les tortures semblent les faire jouir. Fainéants ou inutiles, ils sont juges, gardiens de la paix, commerçants, contrôleurs, administrateurs, et jamais de leurs dix doigts œuvre utile n’est sortie. Ils n’ont pas fait le pain qu’ils mangent, ni les châteaux qu’ils habitent, ni les vêtements qu’ils portent, ni les voitures qu’ils roulent. Ce dont ils vivent, ils l’ont donc volé.

Je suis pour ceux de la petite bande, la bande des cambrioleurs d’Abbeville, parce que je sens que ces hommes sont prêts à accomplir des gestes réguliers quand on leur en donnera l’occasion. Ils ne sont pas voleurs par fainéantise, par choix, mais par obligation. Ils n’ont pas voulu crever de faim. Ils auraient pu se mettre boursiers, commerçants et voler tranquillement ; flics, gardes-chiourme et assommer en douceur, officiers ou industriels et tuer sans risque. Mais ils ne voulaient pas soutenir la société présente. Ils se sont unis pour vivre de la cambriole, avec l’espoir, peut-être erroné, que cela porterait la perturbation dans son organisme.

Dans une autre société, Jacob et ses amis pourraient s’employer utilement. Leur adresse, leurs connaissances, leur force, leur courage ne font de doute pour personne. Leurs mains connaissent le labeur, et avec quelle ardeur, j’en suis convaincu, ils travailleraient utilement, gagneraient leur pain et celui des faibles qui les entoureraient. Dans n’importe quelle société bien organisée des Jacob peuvent vivre ; leur compétence trouvera à s’employer utilement.

Mais je me demande que faire des Wehekind et des Régnault, des Macques et de tous ceux de la caste dont les mains n’ont jamais fait d’autre geste que celui de l’assiette à la gueule et dont le cerveau s’est masturbé à la recherche de décrets, de lois et de mensonges pour raccommoder leur société en désagrégation.

Donc, qu’en faire, qu’en faire, à moins de les employer comme épouvantail à moineaux dans les champs.

Dans la société actuelle, ils sont autre chose, de par la bêtise de ceux qui produisent, mais qu’ils ne prennent pas ces grands airs ; montre qu’ils ne peuvent être, dans la grosse association de voleurs dont ils font partie, que des moutons à l’affût des mourantes et des fous.

 

Albert LibertadGerminal n°11, Du 19 au 23 mars 1905

La CAF contre les femmes

Social et féminisme : Savez vous ce qu’est un contrôle domiciliaire CAF et connaissez vous le concept de “vie maritale”?

 

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Pour les allocataires CAF et pour les personnes intéressées par le sujet de près ou de loin, reportez vous à la fin de l’article, il offre de nombreux liens truffés de conseils concrets pour vous préparer, vous défendre et résister.

 

Aujourd’hui, je viens vous parler Caisses des Allocations Familiales, droits sociaux et féminisme. J’ai pu constater, en discutant sur le net ou dans la vie, qu’énormément de gens ne connaissaient pas ces choses là, tout simplement car elles n’y avaient jamais eu recours. (et c’est tant mieux, théoriquement cela veut normalement dire qu’elles n’en ont pas eu besoin… en pratique c’est plus compliqué hélas…)
Ainsi, pour être la plus claire possible, voici un petit rappel de ce qu’est la CAF et des prestations qu’elle distribue.

Qu’est ce que la CAF et de quoi s’occupe t-elle? (liste non exhaustive)

La CAF, c’est la Caisse des Allocations Familiales. C’est elle qui distribue (entres autres) :

_ Le RSA
_ La MDPH
_ L’ APL ou ALS (Aide personnalisée au logement ou Allocation de logement sociale)
_ Les allocations familiales

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Je vais m’arrêter un instant sur le RSA et les APL, qui sont objet de toutes sortes de mythes:

Donc, pour une personne seule, le RSA s’élève à 499 euros. MAIS attention, si cette personne seule loue un logement et qu’elle touche donc une APL ou une ALS, ou bien encore, si elle est hébergée à titre gratuit, le montant de son RSA tombe à 439 euros. (donc en gros, la plupart des RSAstes touche 439 euros de RSA/mois.)
Il n’y a pas de montant moyen de l’APL ou de l’ALS pour une personne seule. En province, cela peut tout aussi bien varier de 20 à 200 euros, tout dépend du logement, de la situation de la personne, etc.
Mais bref, en général, l’APL/ALS d’une personne seule en province tourne autour de 150 euros. Soit 439+150 euros pour survivre, égal à un total de 589 euros.

Passons à présent aux couples sans enfants. Alors là, d’un seul coup, on se sait pas trop pourquoi, mais le RSA diminue d’un tiers. Un couple au RSA touche 749 euros, qu’il verra descendre à 629 euros si il loue un logement et use donc de son droit à l’APL ou à l’ALS, ou bien si il est hébergé. (Donc là encore, l’immense majorité de couples touche 629 et non 749 euros.)
Là encore, pas de montant moyen pour l’APL/l’ALS, mais disons qu’en général, un couple qui loue un petit logement en province touche 220 euros d’APL/ALS par mois.
Ce qui nous fait un total de 849 euros pour survivre à deux. (version optimiste)

Pour connaître les montants RSA des personnes seules ou couples avec enfants, reportez vous sur cette page, vous allez voir, c’est vraiment pas mirifique… montant RSA

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Le contrôle domiciliaire CAF, qu’est ce que c’est?

Comme vous le savez peut être, l’ennemi public numéro 1 de la France, c’est le fraudeur de prestations sociales.
Pour lutter contre cette hérésie, la CAF a mis en place des contrôles de plusieurs types, dont le contrôle domiciliaire. Ces contrôles divers connaissent une croissance exponentielle assez incroyable depuis plusieurs années. A se demander si la CAF n’use pas plus d’énergie à faire la chasse aux éventuel(le)s irrégulier(e)s plutôt qu’à gérer les affaires sociales et familiales de la France…
Mais revenons en au contrôle domiciliaire : En gros, cela consiste à vous envoyer un(e) contrôleu(r)se chez vous, qui va venir vérifier que vous vivez bien seul(e) et que vous ne vous trouvez pas en situation de “vie maritale”. Ou bien de venir contrôler que vous vivez bien là où vous le déclarez. Ou encore, que vous êtes bien un parent isolé(e) qui n’a pas un nouveau ou une nouvelle petit(e) ami(e) qui traîne souvent dans le coin. Bref, vous envoyer un(e) contrlôleu(r)se qui va venir vérifier que vous êtes bien autant dans la misère et l’exclusion que vous ne le déclarez, et que vous n’avez pas de la famille ou des amis susceptibles d’être un peu trop solidaires avec vous.

Le gros souci, c’est que pour effectuer ces contrôles, la CAF ne cesse de violer la loi, et c’est le règne de l’arbitraire.

La “vie maritale”, un concept arbitraire et illégal:

Car en effet, en France, il n’existe pas légalement de statut de “vie maritale”. Soit vous êtes pacsé(e), soit vous êtes marié(e), soit vous êtes célibataire, point final.
Mais pour la CAF, il suffit qu’un homme et une femme partage le même toit pour être considérés comme vivant en “vie maritale”, et donc considérés comme étant des fraudeurs (puisque touchant chacun un RSA personne seule et non un RSA couple réduit de plus d’un tiers…)

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Quelques exemples ubuesques :
_ Le premier, c’est bien sûr la colocation. Pour la CAF, un homme et une femme* en colocation peuvent se retrouver en un rien de temps comme considérés en “vie maritale”, et donc considérés comme des fraudeurs.
_ Vous êtes une femme et vous vivez chez votre oncle* qui vous héberge gentiment parce que vous êtes dans la merde en ce moment. Paf, contrôle domiciliaire, vie maritale, fraudeurs.(ceci n’est PAS une histoire inventée)
_ Vous êtes une femme (seule ou avec des enfants), et depuis quelques temps maintenant, vous voyez un homme*. Cet homme dort souvent chez vous, mais vous ne savez pas où vous allez, quel sera votre avenir. Vous n’avez jamais pensé une seconde qu’une relation informelle de ce type pouvait regarder la CAF. Pourtant un jour, contrôle domiciliaire, et PAF, fraudeurs.
_ Vous êtes une femme, ou un homme, et un jour, vous avez dépanné(e) un(e) pote en galère du sexe opposé(e)* en le ou la laissant crécher chez vous et en le ou la laissant utiliser votre adresse postale pour -par exemple- sa boîte d’intérim (car il faut absolument fournir une adresse pour pouvoir travailler, et il faut très généralement travailler pour avoir une adresse : gné), et ce pendant quelques mois. Quand un jour, PAF, contrôle domiciliaire de la CAF, vie maritale, fraudeurs.

* Notez que la CAF, clairement homophobe, ne fait généralement ce genre de conclusions qu’avec des duos femme/homme, mais ceci est en train de doucement changer…

Mais être considéré fraudeu(r)se à la CAF, ça implique quoi exactement?

Et bien si la CAF estime que vous êtes un fraudeur ou une fraudeuse, cela implique purement et simplement que d’une part, elle vous radie (parfois pour plusieurs années), et donc vous coupe de vos droits sociaux, et que d’une autre, elle vous réclame un trop perçu. 
Les parents (isolés ou non) se retrouvent donc également privés d’aides à la cantine ou aux sorties scolaires, car bien souvent, ces aides sont conditionnées à la présentation d’une attestation de prestations CAF.
vous n’avez plus de droits à l’aide alimentaire.
bref, plus le droit à rien.
Alors qu’à la base, vous étiez au RSA, donc déjà dans la merde.
Il est possible de contester la décision de la CAF et de déposer un recours, mais ces recours prennent des mois et des mois, quand ce ne sont pas des années, mois et mois ou années durant lesquel(le)s le revenu dont vous dépendiez pour survivre vous est coupé. (Et encore faut il pouvoir faire le recours, parce qu’évidemment c’est pas gratuit…)

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Les CAFards de Montreuil, à aller lire absolument même si vous n’êtes pas du coin!

Du pain béni pour les employeurs précaires et l’économie parallèle…

Evidemment, ces situations de privations de droits sociaux sont du pain béni pour les employeurs précaires et maltraitants, (Quelle meilleure main d’oeuvre que celle qui n’a le droit à rien, est complètement vulnérable et paniquée, et surtout coincée sans aucun autre choix, hum?) mais pas seulement. Car trouver un employeur précaire et maltraitant, c’est même pas garantit de nos jours.
Non, c’est aussi une voie directe vers l’économie parallèle, telle que la prostitution, la petite délinquance, le petit recel, le deal de drogues, et pourquoi pas une petite plongée dans la toxicomanie pour mettre en place une stratégie de survie face à ce cauchemar qui n’était pas déjà un doux rêve à la base. Un cauchemar qui peut vite finir par la case prison…
Je vois d’ici les maraude de la Croix Rouge (et autres) venir vous expliquer, alors que vous êtes à la rue en train de crever de froid et de trouille, que vous avez des droits sociaux et que tout va s’arranger, et vous de répondre que c’est mort, car à chaque redemande, on vous répond “d’après notre contrôle du tant, vous êtes en vie maritale avec monsieur/madame x et avez fraudé”, et qu’en plus, vous avez une dette de 15 000 euros de “trop perçu” à leur payer…

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Centre d’appels Orange, plus de 20 suicides en deux ans. Des centres d’appels comme tant d’autres, sur le podium des emplois précaires…

Des contrôles ciblés

La CAF le dit elle même, ses contrôles sont ciblés.
Pour commencer, la CAF a bien sûr accès à toute votre vie : déclaration d’impôts (vous avez prêté votre adresse à un(e) pote à une époque alors que vous étiez allocataire? Attention, ça craint), banque, bailleur…
Cet accès lui permet de croiser diverses données (fiches d’impôts, pôle emploi, CPAM…) qui peuvent vous faire plonger si vous avez eu un jour l’outrecuidance de faire preuve de solidarité, car la CAF recoupe ces infos régulièrement.
Et elle n’hésite pas non plus à enquêter, par exemple en téléphonant à votre banquier pour savoir si vous avez reçu des virements de votre famille dans les derniers mois, ou en appelant votre bailleur pour lui demander si vous vivez à deux alors que vous êtes déclaré(e) seul(e) sur votre bail. Sans parler des études de voisinage durant lesquelles des agent(e)s posent des questions sur votre vie privée à vos voisins d’en face et vos voisins de pallier…

Par ailleurs, il est assez facile d’imaginer quelles genres de “cibles” la CAF préfère, même si lorsqu’elle s’exprime sur le sujet, elle détourne habilement la question : femmes seules, mères isolées, et évidemment, porteurs et porteuses de noms à consonance pas bien de chez nous. On peut aussi imaginer (et constater sur le terrain en rencontrant directement les allocataires surtout) qu’elle aime particulièrement contrôler les bénéficiaires du RSA de longue durée. En fait, toutes les personnes les plus vulnérables, précaires, et surtout, impressionnables et ayant un très fort sentiment d’illégitimité. 

Foutre la trouille pour tuer la solidarité 

Avec son système bien rodé de chasse aux allocataires qui, rappelons le, ne touchent même pas le seuil de pauvreté  (de 814 à 977 euros selon la définition pour une personne seule), la CAF instaure la peur pour encourager le chacun pour soi et décourager la solidarité.
Car c’est souvent par là que tout commence : par solidarité, vous avez hébergé un pote, vous lui avez prêté votre adresse alors qu’il ou elle était sans domicile fixe pour qu’il ou elle puisse prendre un boulot, vous avez demandé secours à un(e) ami(e) pour qu’elle fasse cette même chose pour vous, vous avez prêté votre nom pour l’assurance d’un(e) ami(e) ou d’un parent, etc.
La CAF traque aussi les petites aides financières que peuvent vous donner familles et ami(e)s en épluchant vos comptes et en faisant des calculs arbitraires.
La solidarité est alors tuée dans l’oeuf, tous flippé(e)s que nous sommes de finir radié(e)s, rayé(e)s, encore plus exclu(e)s. La solidarité devient un risque, mettant le libéralisme en pleine jouissance, et les plus précaires, pauvres et miséreux dans la peur et la solitude.
Toute tentative d’organisation auto-gérée est découragée, avec cette impression diffuse que c’est quelque chose de mauvais, d’illégal et d’interdit.

Surtout, ne cédez pas! Si vous avez la chance d’avoir un collectif de précaires près de chez vous, essayez d’y participer d’une façon ou d’une autre, ne restez pas isolé(e)! Notre meilleure défense, c’est l’organisation et la solidarité. Même si vous n’avez encore jamais rencontré de problèmes avec ces diverses institutions, sachez que la machine s’enraye très vite et que cela peut vous tomber sur le coin du nez très facilement. 

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Comme une odeur de patriarcat

Comme je le disais plus haut, la CAF cible ses contrôles, en grande partie sur les femmes seules et les mères isolées.
Ce que la CAF recherche, ce sont par exemple des femmes qui toucheraient leur RSA tout en ayant un(e) ou des compagn(es)ons. Ou bien des mères isolées qui doucement, recommencent à s’attacher à quelqu’un(e) d’autre.
Ce que la CAF recherche, ce sont surtout des femmes qui refusent d’être dépendantes d’un homme tant qu’elles n’en auront pas fait le voeux officiellement et légalement par le biais du Pacs ou du mariage. 
Car qu’est ce qui justifie et oblige une solidarité financière entre un couple tant que celui ci n’est pas marié ou pacsé?
Et bien rien. Absolument rien.

La France se gausse de mettre les droits des femmes au premier rang de ses préoccupations, et pourtant son système d’aide sociale basé sur l’arbitraire et l’ubuesque (on peut vous déclarer fraudeur ou fraudeuse à la CAF pour vie maritale supposée alors que vous restez “célibataire” sur votre feuille d’impôts) est construit de telle sorte que toutes femmes partageant la vie d’un homme de façon plus ou moins épisodique et sans forme de solidarité financière engagée se trouve en situation de se faire sauter son revenu de survie et d’indépendance (aussi relative puisse t-elle être).
Alors vous allez me dire, “les hommes aussi, blablabla”. Oui, les hommes aussi. Sauf qu’ils sont beaucoup moins ciblés par les contrôles CAF, beaucoup moins concernés par les boulots précaires (en France, les femmes représentent 80% des salarié(e)s à temps partiels, 61% des salarié(e)s peu qualifié(e)s, 78% des employé(e)s non qualifié(e)s, et sur les 3,7% de travailleurs/euses pauvres, 70% sont des femmes.)  
Mais oui, c’est vrai, ce système demande aux hommes d’assumer leur rôle de “chef de famille” ayant compagne et enfants à sa charge financière. Cela engendre irrémédiablement une situation de dépendance dans les couples hétéros, et cette situation est soutenue et même organisée systémiquement. 
Mais le patriarcat, c’est plus chez nous qu’on vous dit, c’est loin là bas où les gens sont des sauvages.

Dans un pays où les femmes occupent les statuts les plus précaires, où 9 femmes sont violées par heures (soit 205 par jours), où une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex compagnon tous les 2,5 jours, comment un système social digne de ce nom peut couper aux femmes toute forme d’indépendance, et ce alors qu’elle n’a prit aucun engagement de solidarité avec un(e) partenaire? (engagement de solidarité qu’à titre personnel, je trouve contestable quoiqu’il advienne, mais bref)
Leur laisser la possibilité d’avoir le CHOIX de rester avec un compagnon ou non, leur laisser la possibilité de partir très rapidement en cas de violences physiques, psychiques et/ou sexuelles, leur laisser tout simplement une forme d’indépendance, voila ce que devrait assurer un système social digne de ce nom!

Arbitraire et confusion : deux piliers sur lesquels reposent notre système social 

Mais en fait, comment fait on pour se mettre en situation de régularité avec la CAF?
Doit on la prévenir dès qu’un homme (ou une femme) entre dans notre vie, et pareillement dès qu’il ou elle en sort? Même pour une histoire qui dure quelques semaines ou quelques mois?
Doit on la prévenir qu’on a plusieurs amant(e)s?
Doit on la prévenir de notre orientation sexuelle?
Doit on préciser si on baise ou non?

Et si l’on comprend largement l’acharnement de la CAF à trouver des “vies maritales” partout (ben oui, ça fait un RSA réduit de plus d’un tiers, et surtout, des allocataires radié(e)s pour des années!), on imagine toutes les difficultés de la Terre que cela réclame de démontrer à la CAF que l’on est plus en couple. (En fait pour ça, on avait inventé des statuts tels que le PACS ou le mariage, mais comme la CAF s’assoit dessus…)

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« Je vais chercher mon gun, c’est la guerre ce soir »

 

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Tandis que le jour le procureur de Boulogne/Mer s’érige en expert militaire commentant ce qu’il voit comme une bataille (« Une impression de guérilla urbaine. »), la nuit les militants de groupes d’extrême-droite comme les Calaisiens en Colère ou Calais libre, appuyés maintenant par des groupes venant d’ailleurs en France, se regroupent à côté du bidonville d’État.

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Ils filment, injurient, menacent, en présence des policiers.

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« Je vais chercher mon gun! »

Ces paroles étaient audibles sur une vidéo postée par « les Calaisiens en colère » sur leur page facebook, dans la nuit du 17 au 18 décembre.

« C’est la guerre ce soir ! » … « J’ai un flash ball chef, je peux l’utiliser? »

Sur une deuxième vidéo, on voit une file d’exilés avançant tranquillement sous les cris et invectives des « Calaisiens en colère ». L’un des calaisiens sort soudain une arme, tire, et les exilés se sauvent.

Ces deux vidéos ont rapidement été raccourcies pour cacher ces provocations et volontés de nuire.

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Seuls quelques commentaires sur la page facebook ont laissé des traces :« On voit quelque chose en moins, ils l’ont retiré de la vidéo car c’était quelque chose de pas commun, pour éviter les poursuites envers la personne, évitez de dire quoi que ce soit sur ce qu’il manque. »cec2

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                                         ” Faut cramer leur jungle “

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Bientôt un nouveau drame s’ajoutant au drame à Calais?

 

Des militants ont eu le temps de sauvegarder les vidéos retirées, nous vous les proposons ici en intégralité.

Vidéo prouvant la présence d’une arme mettant en danger de mort les migrants, les militants No Border, les miliciens eux-mêmes ainsi que les policiers chargés d’exercer la répression.

Une action juridique se met en place. La dangerosité de ce groupe qui se déclare apolitique doit être comprise par tous ceux qui se laissent prendre à leurs mensonges, particulièrement par les personnes qui les suivent sur facebook.

Cela fait plusieurs semaines que des membres du groupe « les Calaisiens en colère », suivie par ceux de la page facebook « Calais libre« , se rendent le soir route de Graveline, près du bidonville d’Etat où survivent entre 4000 et 6000 réfugié-es, avec l’intention déclarée de protéger les riverains, alors que c’est une vraie milice qui sévit. Une milice comme l’avait réclamée le leader néonazi Yvan Benedetti lors d’une manifestation controversée et sous enquête judiciaire le 7 septembre 2014 à Calais . voir ici l’article de Libération.

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Plus d’un an après il n’y a toujours pas de nouvelles de l’investigation du procureur Valensi du tribunal de Boulogne-sur-Mer.

.Avec toutes les forces de l’ordre qui gravitent autour du bidonville, comment est-il possible qu’un groupe qui diffuse une haine engendrant des appels aux meurtres puisse rester là chaque soir à provoquer les exilés, bénévoles et militants qui passent ?

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Militants du groupuscule néofasciste MAS

Leurs appels à renforts attirent maintenant des identitaires venus de loin pour en découdre à Calais. Annoncée sur leur page, la présence samedi 19 décembre de militants d’extrême droite de Dieppe, et dimanche 20 décembre d’une vingtaine de lillois. Et le 13 décembre, c’étaient des militants du groupuscule néofasciste MAS qui s’affichaient près des « Calaisiens en colère »

La préfecture a décidé début novembre d’entraver la solidarité avec un arrêté interdisant le stationnement ou le déchargement de véhicules chemin des dunes.

La maire de Calais déclare qu’« il faut sortir les parasites de la lande », en parlant de militants pour les droits humains.

Mais aucun commentaire sur ceux qui chaque jour propagent la peur, et encouragent la violence.

 

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Enfant irakien, Calais, France, 2015

 

 

 

Passeurs d’hospitalités ~ des exilés à Calais

 

L’extrême-gauche-de-la-saloperie

La “gauche” n’a jamais été plus que le miroir de la droite. Son supplément d’âme qu’elle peaufine et habille de soi-disant vertus, a toujours été une manière de travestir son hiérarchisme et son paternalisme pour que finalement rien ne puisse se transformer. On ne se méfie jamais assez des publicistes et des publicitaires de la générosité.

Quand la gauche s’extrémise, elle le fait toujours en pensant que c’est en se drapant deux fois plus qu’elle évitera le vent de la stupidité. Du drapé au déguisement en passant par l’organisation de carnavals-défilés, il faut bien reconnaître qu’elle a toujours pratiqué à un très haut niveau cet art de la domestication festive et de l’encadrement.

L’extrémisme, fusse-t-il de gauche, n’a jamais été une qualité. Le plus souvent il s’agit d’une caricature ou d’un brouillon, d’une pose ou d’une esthétique. Il reste à savoir en fait de quoi l’on est l’extrême surtout quand c’est l’extrême d’un cirque ou d’une assemblée nationale…

L’extrémisme de gauche est une simulation du pire de la politique et des magouilles infra-stratégiques. Si elle ne siège pas, rien ne l’empêche de se présenter et de représenter partout des certitudes tout aussi politiciennes que ce qui est censé lui être plus à droite dans la tradition républicaine et qu’elle feint de retourner de l’intérieur. C’est pourquoi elle est toujours extrême-ment opportuniste et bureaucrate.

Toujours indignée à l’extrême, elle sait se positionner en embuscade pour canaliser à son profit les énergies qui alimentent son aphasie, surtout lorsque sa droite est au pouvoir.

Ce qui la distingue de sa droite ou de la droite ? Cela n’a presque aucun intérêt puisque plus personne ne l’écoute et qu’elle ne représente plus grand monde. Mais elle fait profession d’extrémiser le plus médiocre et les supercheries, tant dans son mode d’organisation interne que dans son approche du quotidien. Les mouvements sociaux ? Ils ne sont qu’un terrain de jeu qu’elle entretient comme une anté-basse-cour pour apprentis politiciens.

Elle ne perçoit même plus l’inanité de sa demande qui consiste à vouloir gérer et à administrer le capital comme une association de consommateurs responsables et le plus extrêmement démocratique-bourgeois.

Extrêmement pragmatique, elle s’invite sur les plateaux de télé pour discuter sur des canapés et fauteuils douillets, et la voilà qui palabre sur le monde qui va mal, entre une chanteuse pop et un joueur de foot ou une page promotionnelle. Dans ce brouhaha où un propos chasse l’autre, ils et elles balancent d’une manière radicalement molle un : C’est la faute “de la finance” des “banquiers” parce que l’argent “il y en a” ma bonne dame. Ya qu’a mieux redistribuer “l’argent des riches”, de la pub ou taxer les produits gras et les billets d’avion. L’indécence c’est toujours les “gros salaires”, jamais ce qui les rend possible pas plus le bruit blanc de l’incohérence….

Il ne vient jamais à l’idée aux gens de l’extrême-gauche d’en finir avec le travail et son aliénation, ainsi que les rapports sociaux de production et la dictature capitaliste, puisque la plupart s’épanouissent dans leur super-jobs créatifs ou d’intellectuels qu’ils pensent être la norme. En revanche ils n’oublient jamais de généraliser l’aménagement de la misère pour aménager sans fin les aménagements.

Toujours moraliste elle théorise l’action et l’engagement par le temps dont ses acteurs extrêmement disponibles disposent et pense qu’il s’agit d’un étalon valable pour disserter sur l’engagement et la “pratique” des prolétaires infantilisés. Cette infantilisation systématique vire toujours à l’humanitarisme pacificateur ou au néo-léninisme. Ces derniers temps sous poncho libertaire…

Les visées stratégiques de l’extrême-gauche moribonde ne relèvent que de l’autoconservation de structures.

Peu importe d’ailleurs le grain qu’il faut moudre pour susciter les débats et les interrogations plus certainement les provocations cyniques. Ce qui compte c’est l’agitation jusqu’à l’épuisement. De cela elle s’en fout puisque c’est son “job”… son passe-temps.

Il importe peu à vrai dire que le grain à moudre soit déjà pourri, pourvu qu’il alimente le commerce frelaté des moulins politiques. Il faut croire que les places sont encore bien chaudes quand elles justifient toujours autant de contorsions sémantiques et des postures tordues.

Elle ne se gêne d’ailleurs plus ces dernières années pour convoquer les communautés pétrifiées du monde marchand à ses débats merdiques, comme des putains pour son cauchemar historique qui sent toujours autant la militarisation du travail et la pénurie par la joie à coups de trique.

Intarissable sur le communisme transcendantal et l’aménagement des espaces de la reconnaissance bourgeoise elle ne parle définitivement plus de luttes ni de classes. En revanche, son électoralisme “révolutionnaire” mobilise toujours autant la petite bourgeoisie surtout préoccupée par la hauteur du marchepied.

Si elle reprend le langage de la domination qu’elle dés-encastre des rapports sociaux c’est n’en doutons pas un seul instant pour se faire comme toujours les futurs larbins de l’identité marchande.

Sous couvert de “progressisme” c’est le vieux roman de l’inter-classisme qu’elle tente de réécrire à chaque fois pour mieux masquer que ses représentants auto-proclamés par leurs positions sociales, ne sont pas plus opprimés sinon le produit du ressentiment et du mercantilisme intellectuel.

La pratique de l’extrême-gauche-du-capital nous la connaissons maintenant plutôt bien. Elle est liée à la structuration du capital et aux marchés des discours qu’elle négocie dans les laboratoires de l’ infamie politique. En titillant comme toujours les frustrations de tous, elle ne se préoccupe que de répondre à la morbidité des individus forcés de devenir du capital humain consommable et/ou superflu et qui doivent être reconnus comme tels sur le marché. Commerce qu’elle se propose toujours d’administrer…

Peu lui importe que cette convocation se fasse sous les catégories les plus antinomiques du projet de liquidation du capitalisme. Si les mots sont importants et si nous n’avons pas peur de les analyser nous refusons catégoriquement de les utiliser pour penser le communisme, l’anarchisme ou la révolution.

Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’utilisation du lexique du pathos de l’extrême-gauche pleurnicharde et méritocrate qui ne propose comme combat que d’apprendre à gravir les échelles déjà cassées ou de réparer les ascenseurs sociaux pour l’étage de la collaboration de classe.

Si l’extrême-gauche a toujours eu un discours et une pratique de merde sur la Nation et l’État, en défendant et en continuant de défendre toutes les formes de socialismes de caserne avec son lot de partis, armées du “peuple”, de bureaucraties corrompues et de vraies bourgeoisies.

Elle continue ces dernières années à s’enfoncer dans la saloperie la plus abjecte en accompagnant les religieux et donc l’esprit religieux, à défendre le concept de “race” sous couvert d’anti-racisme, à mobiliser autour de l’anti-fascisme pour mieux servir l’électoralisme et s’éviter une critique conséquente et logique des mesures anti-sociales dont elle participe en dernière instance par sa légitimation. Quand elle disserte sur le concept de “souveraineté” celui ci respire à plein nez le pet patriote/régionaliste et la chiasse nationaliste. En définitive elle morcelle continuellement le projet de transformation total de ce monde insupportable.

Mais peut-on s’en étonner ?! L’extrême-gauche-du-capital n’est que l’antichambre de la saloperie social-démocrate. Elle ne propose que la rébellion dans l’Ordre et pour le même…. En cela elle n’est que l’extrême-gauche-de-la-saloperie.

A lire en complément:

 

Eloge aux gars et aux femmes du BTP qui meurent sans éloge

A tous ceux qui ne meurent pas au lit

 

 

arton853-091cbLa semaine dernière, deux accidents graves du BTP ont entraîné la mort d’un ouvrier sur le chantier de l’écoquartier de Palaiseau et le l’évacuation après réanimation d’un autre ouvrier à Chambéry. Tous les deux ont été victimes de ces chutes qui sont une des principales causes de mortalité dans le BTP.

De ces ouvriers, vous ne saurez rien au travers des dépêches vite emballées des feuilles de choux locales. Mais nous, nous les connaissions sans même les avoir rencontrés car nous sommes travailleurs et travailleuses comme eux face aux dangers du chantier. Parmi nos camarades, nous avons notre part de mutilations et de vies brisées.

Alors, nous rendons hommages à tous les travailleurs et toutes les travailleuses du BTP qui chaque matin se lèvent pour gagner leur croûte avec la peur au ventre, à toutes celles et à tous ceux qui grimpent l’échafaudage avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui creusent la tranchée avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui épandent du produit dangereux avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui travaillent dans des conditions météos pourries avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité.

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Travailleuses ou travailleurs comme nous, nous leur rendons hommage quand ils sont fauchés par la mort de la façon la plus brutale. Nous nous associons à la douleur des familles et nous sonnons le glas pour nos collègues, nous le sonnons une fois tous les deux jours en France.

Mais nous ne pourrons jamais nous contenter d’un recueillement à chacune de ces tragédies ouvrières, chaque mort du BTP a une cause et ce n’est pas la fatalité qui nous fauche. Non, c’est le patronat. Par sa cadence de production infernale, par ses manquements en matière de sécurité, c’est le patronat qui nous tue.

Au syndicat, nous n’avons pas eu d’accident mortel ou grave depuis plus de dix ans car entre camarades, nous apprenons à dire non à ce patronat assassin. Notre action quotidienne de syndicalistes combat cette “fatalité” patronale servant à masquer leur brutalité. Et chez nous, il n’y a plus de victimes. Nous refusons d’un seul bloc les ordres à risques. Prendre des risques pour le patron est un suicide. Si le patron veut travailler sur un toit gelé, qu’il y monte lui même, ce lâche. Et nous n’oublions pas la cadence qui rend le métier dangereux. On se fait virer, mais on ne se fera pas tuer. Le couteau du Hara-kiri, on leur laisse, on leur aiguise s’ils veulent. Les camarades du syndicat ne mourront pas pour eux, et même si nous ne sommes pas à l’abri d’être entraînés dans la mort sur les chantiers, nous n’irons pas de nous-mêmes.

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Il est trop tard pour ceux qui sont fauchés et nous les pleurons, comme nous pleurerons ceux qui se feront abattre par le patronat de cette semaine.

Mais aux survivants quotidiens, nous leurs disons qu’il est temps d’apprendre à dire non, et de le faire avec le syndicat. Un patron ou un chantier, ça se remplace, pour vos familles, vous êtes des pères, des mères, des fils, des filles irremplaçables.

Si la presse à fort cirage [1] n’en finit plus de ses éloges à la une de Pierre Berger, patron d’Eiffage, décédé à 47 ans d’une crise cardiaque dans la nuit, ce ne sont pas nos morts qui auront droit à une telle exposition médiatique. Écrasés, brûlés, explosés, décapités, démembrés, enterrés, empalés, broyés, nos morts sont moins glamours que celle d’un boy-band patronal. On les attend tous, ces médias de la brosse à reluire, sur les chantiers Eiffage venir faire l’éloge de l’ouvrier crevant par la faute du productivisme imposé par ces PDG du BTP qui meurent au lit en pétant dans la soie.

Ouvrières et ouvriers du BTP, vous n’êtes pas pour le syndicat que quelques lignes d’une dépêche, vous n’êtes pas seuls, venez nous rejoindre et construisons notre survie au patronat délinquant et à ses chantiers, ensemble !

 

[1Jusqu’aux groupies patronales de la CFDT qui viennent de perdre leur idole charismatique.

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Syndicat Unifié du Bâtiment de la région parisienne