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Barbarie homophobe à Marseille : séquestré, battu et violé

Dans le contexte d’une homophobie très ancrée dans la société française, malgré le relatif progressisme apparent, c’est avec horreur et effroi que nous apprenons l’agression barbare et la séquestration d’un militant homosexuel pendant quarante-huit heures la semaine dernière à Marseille.

Des faits inqualifiables d’une violence inouïe

 

 Zak Ostmane est un militant homosexuel pour les droits LGBTI ayant fondé en Algérie l’organisation Trans Homos Dz afin de venir en aide aux personnes LGBTI forcées à la clandestinité dans un pays où l’homosexualité est pénalement et socialement réprimée. Il a par la suite, en 2016, participé à la fondation de l’association Shams – France, dont nous reproduisons ci-dessous le communiqué et la présentation :

SHAMS-France est l’association LGBTQI des personnes maghrébines et moyen-orientales vivant en France.

Le week-end dernier, Zak Ostmane, grand militant LGBT et un des membres fondateurs de Shams – France a été séquestré pendant plus de 48 heures, agressé et sauvagement violé par deux individus à Marseille. Nous condamnons avec fermeté cet acte barbare et abjecte et apportons tout notre soutien à notre cher ami.

Soutien total et solidaire à  Zak Ostmane!

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

Nous sommes contre le travail

Parce que nous sommes contre un système qui repose sur l’exploitation de tout et de tou-te-s.
Parce que les administrateurs de ce monde transforment l’ensemble du vivant en marchandises sur toute de la planète.
Parce que cette société n’a d’autres choix à nous proposer que la mise au travail, quelques miettes pour survivre ou l’enfermement pour les indésirables et les récalcitrant-e-s.
Parce que le travail c’est vendre son temps, ses énergies, son corps et son esprit à des patrons, à des chefs, à des machines.
Parce que le capitalisme et l’Etat prétendent avoir la main mise sur tous les aspects de notre vie et nous dé-possèdent de plus en plus de toute autonomie et même de nos rêves de quelque chose de profondément autre.
Parce que ce système de production effrénée ne laisse pas d’en-dehors où chacun-e pourrait décider librement de ses activités.
Parce que Papa Etat ne garantit des droits qu’au prix de notre liberté ; c’est le même qui lâche ses chiens de garde dans la rue, crée et militarise les frontières et fait la guerre aux quatre coins du monde.
Parce que les restructurations – qu’ils appellent « crises» – signifient le durcissement de la misère, du cannibalisme social, des techniques et des technologies de contrôle.
Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, nous sommes non seulement contre le travail mais surtout contre le monde qui en fait un pilier et un horizon indépassable.
Si nous ne voulons pas aménager la longueur de nos chaînes mais bel et bien les détruire, il n’y a ni négociation ni dialogue possible avec le pouvoir quel qu’il soit.
Il s’agit donc de mener cette lutte au-delà des limites qu’essaient de nous imposer tous ceux qui ont intérêt à ce qu’elle étouffe dans les cadres existants – dont font partie les politiciens et les co-gestionnaires de tous ordres.

 

extrait du tract Nous sommes contre le travail

Le plus voleur des deux

Tous les jours, toutes les heures, c’est sans repos ni trêve ; la bataille de la vie. Bataille horrible s’il en est, où les cadavres s’amoncellent, où les blessés sont par millions. Bataille de la Vie pour la vie. Bataille contre les éléments, bataille contre soi-même. Bataille contres les autres humains. Bataille de ceux qui arrivent contre ceux qui sont. Bataille de ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent pas. Bataille de l’avenir contre le passé, de la science contre l’ignorance.

 

En ce moment, dans Amiens, elle semble prendre une forme plus âpre qui la rend plus sensible à tous.

Deux bandes d’individus se trouvent aux prises. L’une parait avoir la victoire. Elle ne se bat plus, elle juge. Elle a nommé des délégués se parant d’uniformes et se décorant de noms spéciaux, gendarmes, juges, soldats, procureurs, jurés. Mais nul ne s’y trompe ; tout le monde reconnait les partenaires habituels de la lutte sociale : voleurs, faussaires, assassins, selon les circonstances.

Tenus solidement, les membres de l’autre bande leur font face. Ils sont là, en personne. Ils n’ont pas envoyés de délégués. On sent qu’ils sont attachés mais qu’ils ne sont pas vaincus. Et lorsqu’ils secouent la tête, les délégués et les spectateurs ont des mouvements de fuite.

Les gens de la première bande appellent leur opération rendre la justice et disent poursuivre le crime. On voit que ce n’est pas le remords qui amène leurs ennemis, mais bien les menottes. Et le débat s’engage. Ce sont deux bandes terribles et leur organisation fait (peur). On songe à tout l’esprit perdu dans les subtilités et les ruses de ces lutteurs. Quelles améliorations du sort de chacun et de tous seraient nées de leurs efforts combinés. Quel pas en avant la science aurait pu faire avec tous ces cerveaux occupés à truquer pour vivre.

Cette impression nous vient en pensant à ces têtes fortes et énergiques des vaincus du moment. Les autres, les délégués, confits dans leur béatitude et tremblant de peur, ont des gueules médiocrement banales. Eux et ceux qu’ils représentent ont choisi la violence et le vol, la tromperie, le mensonge ; ils sont commerçants, soldats, gendarmes, juges, prêtres par goût et par vocation. Ils sont les gens qui arrêtent la marche de la science et de la beauté pour continuer le règne de l’ignorance et de la laideur. Chez eux la fainéantise est une qualité et c’est pour éviter de remuer les bras et pour le culte sacré de leur ventre qu’ils tuent, qu’ils volent, qu’ils violent, qu’ils trompent. Les gens de l’autre bande, voleurs sans hypocrisie, cambrioleurs sans fainéantise, n’ont pas choisi volontairement leur mode de vivre. Forbans, corsaires, ils ont voulu rétablir les cotes mal taillées. Et avec quel esprit ils l’ont fait ! Ce n’est pas le geste de l’agent de police détroussant au coin d’une rue l’homme qu’un verre de vin a enivré après l’abstinence de la semaine, de l’huissier volant la dernière paire de draps au laboureur, l’officier rabiotant sur les rations des ventres affamés, les grands ducs volant les pansements des blessés, les administrateurs du Congo confectionnant des bouillons de nègres. Ce n’est pas sur plus faibles, sur plus pauvres qu’eux qu’ils étendent leurs mains, c’est sur les puissants et les riches. On peut chercher. Ils ne sont pas oubliés dans les maisons des pauvres, pour une raison pratique peut-être, mais aussi parce qu’ils ne voulaient pas seulement vivre ; ils voulaient aussi démolir.

Les gens de la Petite Bande sont des anarchistes. Ils ne sont pas voleurs parce qu’anarchistes. Ni anarchistes parce que voleurs. Ils sont l’un et l’autre, ils pourraient être l’un et l’autre.

Voler, cambrioler n’est pas faire acte pour l’anarchie, ni contre l’anarchie. C’est un acte personnel pour vivre, aussi dégoûtant et inutile que celui de perceur de petits bouts de carton, de peintre d’enseignes, de courtier, de comptable, d’armurier, de fabricant de coffres-forts, etc. Aussi ce n’est pas parce que voleurs que les gens de la bande d’Abbeville m’intéressent mais parce qu’anarchistes.

Je suis contre la grande bande, contre la société honnête parce que celle-là veut vivre d’une façon invétérée dans la paresse et l’inutilité ; parce que celle-là continue volontairement le gaspillage des forces humaines et des produits du sol ; parce que celle-là par une jouissance spéciales de névrosés, de malades, continue à faire mourir de faim, de travail de tuberculose, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, et que les tortures semblent les faire jouir. Fainéants ou inutiles, ils sont juges, gardiens de la paix, commerçants, contrôleurs, administrateurs, et jamais de leurs dix doigts œuvre utile n’est sortie. Ils n’ont pas fait le pain qu’ils mangent, ni les châteaux qu’ils habitent, ni les vêtements qu’ils portent, ni les voitures qu’ils roulent. Ce dont ils vivent, ils l’ont donc volé.

Je suis pour ceux de la petite bande, la bande des cambrioleurs d’Abbeville, parce que je sens que ces hommes sont prêts à accomplir des gestes réguliers quand on leur en donnera l’occasion. Ils ne sont pas voleurs par fainéantise, par choix, mais par obligation. Ils n’ont pas voulu crever de faim. Ils auraient pu se mettre boursiers, commerçants et voler tranquillement ; flics, gardes-chiourme et assommer en douceur, officiers ou industriels et tuer sans risque. Mais ils ne voulaient pas soutenir la société présente. Ils se sont unis pour vivre de la cambriole, avec l’espoir, peut-être erroné, que cela porterait la perturbation dans son organisme.

Dans une autre société, Jacob et ses amis pourraient s’employer utilement. Leur adresse, leurs connaissances, leur force, leur courage ne font de doute pour personne. Leurs mains connaissent le labeur, et avec quelle ardeur, j’en suis convaincu, ils travailleraient utilement, gagneraient leur pain et celui des faibles qui les entoureraient. Dans n’importe quelle société bien organisée des Jacob peuvent vivre ; leur compétence trouvera à s’employer utilement.

Mais je me demande que faire des Wehekind et des Régnault, des Macques et de tous ceux de la caste dont les mains n’ont jamais fait d’autre geste que celui de l’assiette à la gueule et dont le cerveau s’est masturbé à la recherche de décrets, de lois et de mensonges pour raccommoder leur société en désagrégation.

Donc, qu’en faire, qu’en faire, à moins de les employer comme épouvantail à moineaux dans les champs.

Dans la société actuelle, ils sont autre chose, de par la bêtise de ceux qui produisent, mais qu’ils ne prennent pas ces grands airs ; montre qu’ils ne peuvent être, dans la grosse association de voleurs dont ils font partie, que des moutons à l’affût des mourantes et des fous.

 

Albert LibertadGerminal n°11, Du 19 au 23 mars 1905

La CAF contre les femmes

Social et féminisme : Savez vous ce qu’est un contrôle domiciliaire CAF et connaissez vous le concept de « vie maritale »?

 

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Pour les allocataires CAF et pour les personnes intéressées par le sujet de près ou de loin, reportez vous à la fin de l’article, il offre de nombreux liens truffés de conseils concrets pour vous préparer, vous défendre et résister.

 

Aujourd’hui, je viens vous parler Caisses des Allocations Familiales, droits sociaux et féminisme. J’ai pu constater, en discutant sur le net ou dans la vie, qu’énormément de gens ne connaissaient pas ces choses là, tout simplement car elles n’y avaient jamais eu recours. (et c’est tant mieux, théoriquement cela veut normalement dire qu’elles n’en ont pas eu besoin… en pratique c’est plus compliqué hélas…)
Ainsi, pour être la plus claire possible, voici un petit rappel de ce qu’est la CAF et des prestations qu’elle distribue.

Qu’est ce que la CAF et de quoi s’occupe t-elle? (liste non exhaustive)

La CAF, c’est la Caisse des Allocations Familiales. C’est elle qui distribue (entres autres) :

_ Le RSA
_ La MDPH
_ L’ APL ou ALS (Aide personnalisée au logement ou Allocation de logement sociale)
_ Les allocations familiales

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Je vais m’arrêter un instant sur le RSA et les APL, qui sont objet de toutes sortes de mythes:

Donc, pour une personne seule, le RSA s’élève à 499 euros. MAIS attention, si cette personne seule loue un logement et qu’elle touche donc une APL ou une ALS, ou bien encore, si elle est hébergée à titre gratuit, le montant de son RSA tombe à 439 euros. (donc en gros, la plupart des RSAstes touche 439 euros de RSA/mois.)
Il n’y a pas de montant moyen de l’APL ou de l’ALS pour une personne seule. En province, cela peut tout aussi bien varier de 20 à 200 euros, tout dépend du logement, de la situation de la personne, etc.
Mais bref, en général, l’APL/ALS d’une personne seule en province tourne autour de 150 euros. Soit 439+150 euros pour survivre, égal à un total de 589 euros.

Passons à présent aux couples sans enfants. Alors là, d’un seul coup, on se sait pas trop pourquoi, mais le RSA diminue d’un tiers. Un couple au RSA touche 749 euros, qu’il verra descendre à 629 euros si il loue un logement et use donc de son droit à l’APL ou à l’ALS, ou bien si il est hébergé. (Donc là encore, l’immense majorité de couples touche 629 et non 749 euros.)
Là encore, pas de montant moyen pour l’APL/l’ALS, mais disons qu’en général, un couple qui loue un petit logement en province touche 220 euros d’APL/ALS par mois.
Ce qui nous fait un total de 849 euros pour survivre à deux. (version optimiste)

Pour connaître les montants RSA des personnes seules ou couples avec enfants, reportez vous sur cette page, vous allez voir, c’est vraiment pas mirifique… montant RSA

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Le contrôle domiciliaire CAF, qu’est ce que c’est?

Comme vous le savez peut être, l’ennemi public numéro 1 de la France, c’est le fraudeur de prestations sociales.
Pour lutter contre cette hérésie, la CAF a mis en place des contrôles de plusieurs types, dont le contrôle domiciliaire. Ces contrôles divers connaissent une croissance exponentielle assez incroyable depuis plusieurs années. A se demander si la CAF n’use pas plus d’énergie à faire la chasse aux éventuel(le)s irrégulier(e)s plutôt qu’à gérer les affaires sociales et familiales de la France…
Mais revenons en au contrôle domiciliaire : En gros, cela consiste à vous envoyer un(e) contrôleu(r)se chez vous, qui va venir vérifier que vous vivez bien seul(e) et que vous ne vous trouvez pas en situation de « vie maritale ». Ou bien de venir contrôler que vous vivez bien là où vous le déclarez. Ou encore, que vous êtes bien un parent isolé(e) qui n’a pas un nouveau ou une nouvelle petit(e) ami(e) qui traîne souvent dans le coin. Bref, vous envoyer un(e) contrlôleu(r)se qui va venir vérifier que vous êtes bien autant dans la misère et l’exclusion que vous ne le déclarez, et que vous n’avez pas de la famille ou des amis susceptibles d’être un peu trop solidaires avec vous.

Le gros souci, c’est que pour effectuer ces contrôles, la CAF ne cesse de violer la loi, et c’est le règne de l’arbitraire.

La « vie maritale », un concept arbitraire et illégal:

Car en effet, en France, il n’existe pas légalement de statut de « vie maritale ». Soit vous êtes pacsé(e), soit vous êtes marié(e), soit vous êtes célibataire, point final.
Mais pour la CAF, il suffit qu’un homme et une femme partage le même toit pour être considérés comme vivant en « vie maritale », et donc considérés comme étant des fraudeurs (puisque touchant chacun un RSA personne seule et non un RSA couple réduit de plus d’un tiers…)

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Quelques exemples ubuesques :
_ Le premier, c’est bien sûr la colocation. Pour la CAF, un homme et une femme* en colocation peuvent se retrouver en un rien de temps comme considérés en « vie maritale », et donc considérés comme des fraudeurs.
_ Vous êtes une femme et vous vivez chez votre oncle* qui vous héberge gentiment parce que vous êtes dans la merde en ce moment. Paf, contrôle domiciliaire, vie maritale, fraudeurs.(ceci n’est PAS une histoire inventée)
_ Vous êtes une femme (seule ou avec des enfants), et depuis quelques temps maintenant, vous voyez un homme*. Cet homme dort souvent chez vous, mais vous ne savez pas où vous allez, quel sera votre avenir. Vous n’avez jamais pensé une seconde qu’une relation informelle de ce type pouvait regarder la CAF. Pourtant un jour, contrôle domiciliaire, et PAF, fraudeurs.
_ Vous êtes une femme, ou un homme, et un jour, vous avez dépanné(e) un(e) pote en galère du sexe opposé(e)* en le ou la laissant crécher chez vous et en le ou la laissant utiliser votre adresse postale pour -par exemple- sa boîte d’intérim (car il faut absolument fournir une adresse pour pouvoir travailler, et il faut très généralement travailler pour avoir une adresse : gné), et ce pendant quelques mois. Quand un jour, PAF, contrôle domiciliaire de la CAF, vie maritale, fraudeurs.

* Notez que la CAF, clairement homophobe, ne fait généralement ce genre de conclusions qu’avec des duos femme/homme, mais ceci est en train de doucement changer…

Mais être considéré fraudeu(r)se à la CAF, ça implique quoi exactement?

Et bien si la CAF estime que vous êtes un fraudeur ou une fraudeuse, cela implique purement et simplement que d’une part, elle vous radie (parfois pour plusieurs années), et donc vous coupe de vos droits sociaux, et que d’une autre, elle vous réclame un trop perçu. 
Les parents (isolés ou non) se retrouvent donc également privés d’aides à la cantine ou aux sorties scolaires, car bien souvent, ces aides sont conditionnées à la présentation d’une attestation de prestations CAF.
vous n’avez plus de droits à l’aide alimentaire.
bref, plus le droit à rien.
Alors qu’à la base, vous étiez au RSA, donc déjà dans la merde.
Il est possible de contester la décision de la CAF et de déposer un recours, mais ces recours prennent des mois et des mois, quand ce ne sont pas des années, mois et mois ou années durant lesquel(le)s le revenu dont vous dépendiez pour survivre vous est coupé. (Et encore faut il pouvoir faire le recours, parce qu’évidemment c’est pas gratuit…)

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Les CAFards de Montreuil, à aller lire absolument même si vous n’êtes pas du coin!

Du pain béni pour les employeurs précaires et l’économie parallèle…

Evidemment, ces situations de privations de droits sociaux sont du pain béni pour les employeurs précaires et maltraitants, (Quelle meilleure main d’oeuvre que celle qui n’a le droit à rien, est complètement vulnérable et paniquée, et surtout coincée sans aucun autre choix, hum?) mais pas seulement. Car trouver un employeur précaire et maltraitant, c’est même pas garantit de nos jours.
Non, c’est aussi une voie directe vers l’économie parallèle, telle que la prostitution, la petite délinquance, le petit recel, le deal de drogues, et pourquoi pas une petite plongée dans la toxicomanie pour mettre en place une stratégie de survie face à ce cauchemar qui n’était pas déjà un doux rêve à la base. Un cauchemar qui peut vite finir par la case prison…
Je vois d’ici les maraude de la Croix Rouge (et autres) venir vous expliquer, alors que vous êtes à la rue en train de crever de froid et de trouille, que vous avez des droits sociaux et que tout va s’arranger, et vous de répondre que c’est mort, car à chaque redemande, on vous répond « d’après notre contrôle du tant, vous êtes en vie maritale avec monsieur/madame x et avez fraudé », et qu’en plus, vous avez une dette de 15 000 euros de « trop perçu » à leur payer…

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Centre d’appels Orange, plus de 20 suicides en deux ans. Des centres d’appels comme tant d’autres, sur le podium des emplois précaires…

Des contrôles ciblés

La CAF le dit elle même, ses contrôles sont ciblés.
Pour commencer, la CAF a bien sûr accès à toute votre vie : déclaration d’impôts (vous avez prêté votre adresse à un(e) pote à une époque alors que vous étiez allocataire? Attention, ça craint), banque, bailleur…
Cet accès lui permet de croiser diverses données (fiches d’impôts, pôle emploi, CPAM…) qui peuvent vous faire plonger si vous avez eu un jour l’outrecuidance de faire preuve de solidarité, car la CAF recoupe ces infos régulièrement.
Et elle n’hésite pas non plus à enquêter, par exemple en téléphonant à votre banquier pour savoir si vous avez reçu des virements de votre famille dans les derniers mois, ou en appelant votre bailleur pour lui demander si vous vivez à deux alors que vous êtes déclaré(e) seul(e) sur votre bail. Sans parler des études de voisinage durant lesquelles des agent(e)s posent des questions sur votre vie privée à vos voisins d’en face et vos voisins de pallier…

Par ailleurs, il est assez facile d’imaginer quelles genres de « cibles » la CAF préfère, même si lorsqu’elle s’exprime sur le sujet, elle détourne habilement la question : femmes seules, mères isolées, et évidemment, porteurs et porteuses de noms à consonance pas bien de chez nous. On peut aussi imaginer (et constater sur le terrain en rencontrant directement les allocataires surtout) qu’elle aime particulièrement contrôler les bénéficiaires du RSA de longue durée. En fait, toutes les personnes les plus vulnérables, précaires, et surtout, impressionnables et ayant un très fort sentiment d’illégitimité. 

Foutre la trouille pour tuer la solidarité 

Avec son système bien rodé de chasse aux allocataires qui, rappelons le, ne touchent même pas le seuil de pauvreté  (de 814 à 977 euros selon la définition pour une personne seule), la CAF instaure la peur pour encourager le chacun pour soi et décourager la solidarité.
Car c’est souvent par là que tout commence : par solidarité, vous avez hébergé un pote, vous lui avez prêté votre adresse alors qu’il ou elle était sans domicile fixe pour qu’il ou elle puisse prendre un boulot, vous avez demandé secours à un(e) ami(e) pour qu’elle fasse cette même chose pour vous, vous avez prêté votre nom pour l’assurance d’un(e) ami(e) ou d’un parent, etc.
La CAF traque aussi les petites aides financières que peuvent vous donner familles et ami(e)s en épluchant vos comptes et en faisant des calculs arbitraires.
La solidarité est alors tuée dans l’oeuf, tous flippé(e)s que nous sommes de finir radié(e)s, rayé(e)s, encore plus exclu(e)s. La solidarité devient un risque, mettant le libéralisme en pleine jouissance, et les plus précaires, pauvres et miséreux dans la peur et la solitude.
Toute tentative d’organisation auto-gérée est découragée, avec cette impression diffuse que c’est quelque chose de mauvais, d’illégal et d’interdit.

Surtout, ne cédez pas! Si vous avez la chance d’avoir un collectif de précaires près de chez vous, essayez d’y participer d’une façon ou d’une autre, ne restez pas isolé(e)! Notre meilleure défense, c’est l’organisation et la solidarité. Même si vous n’avez encore jamais rencontré de problèmes avec ces diverses institutions, sachez que la machine s’enraye très vite et que cela peut vous tomber sur le coin du nez très facilement. 

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Comme une odeur de patriarcat

Comme je le disais plus haut, la CAF cible ses contrôles, en grande partie sur les femmes seules et les mères isolées.
Ce que la CAF recherche, ce sont par exemple des femmes qui toucheraient leur RSA tout en ayant un(e) ou des compagn(es)ons. Ou bien des mères isolées qui doucement, recommencent à s’attacher à quelqu’un(e) d’autre.
Ce que la CAF recherche, ce sont surtout des femmes qui refusent d’être dépendantes d’un homme tant qu’elles n’en auront pas fait le voeux officiellement et légalement par le biais du Pacs ou du mariage. 
Car qu’est ce qui justifie et oblige une solidarité financière entre un couple tant que celui ci n’est pas marié ou pacsé?
Et bien rien. Absolument rien.

La France se gausse de mettre les droits des femmes au premier rang de ses préoccupations, et pourtant son système d’aide sociale basé sur l’arbitraire et l’ubuesque (on peut vous déclarer fraudeur ou fraudeuse à la CAF pour vie maritale supposée alors que vous restez « célibataire » sur votre feuille d’impôts) est construit de telle sorte que toutes femmes partageant la vie d’un homme de façon plus ou moins épisodique et sans forme de solidarité financière engagée se trouve en situation de se faire sauter son revenu de survie et d’indépendance (aussi relative puisse t-elle être).
Alors vous allez me dire, « les hommes aussi, blablabla ». Oui, les hommes aussi. Sauf qu’ils sont beaucoup moins ciblés par les contrôles CAF, beaucoup moins concernés par les boulots précaires (en France, les femmes représentent 80% des salarié(e)s à temps partiels, 61% des salarié(e)s peu qualifié(e)s, 78% des employé(e)s non qualifié(e)s, et sur les 3,7% de travailleurs/euses pauvres, 70% sont des femmes.)  
Mais oui, c’est vrai, ce système demande aux hommes d’assumer leur rôle de « chef de famille » ayant compagne et enfants à sa charge financière. Cela engendre irrémédiablement une situation de dépendance dans les couples hétéros, et cette situation est soutenue et même organisée systémiquement. 
Mais le patriarcat, c’est plus chez nous qu’on vous dit, c’est loin là bas où les gens sont des sauvages.

Dans un pays où les femmes occupent les statuts les plus précaires, où 9 femmes sont violées par heures (soit 205 par jours), où une femme meurt sous les coups de son compagnon ou ex compagnon tous les 2,5 jours, comment un système social digne de ce nom peut couper aux femmes toute forme d’indépendance, et ce alors qu’elle n’a prit aucun engagement de solidarité avec un(e) partenaire? (engagement de solidarité qu’à titre personnel, je trouve contestable quoiqu’il advienne, mais bref)
Leur laisser la possibilité d’avoir le CHOIX de rester avec un compagnon ou non, leur laisser la possibilité de partir très rapidement en cas de violences physiques, psychiques et/ou sexuelles, leur laisser tout simplement une forme d’indépendance, voila ce que devrait assurer un système social digne de ce nom!

Arbitraire et confusion : deux piliers sur lesquels reposent notre système social 

Mais en fait, comment fait on pour se mettre en situation de régularité avec la CAF?
Doit on la prévenir dès qu’un homme (ou une femme) entre dans notre vie, et pareillement dès qu’il ou elle en sort? Même pour une histoire qui dure quelques semaines ou quelques mois?
Doit on la prévenir qu’on a plusieurs amant(e)s?
Doit on la prévenir de notre orientation sexuelle?
Doit on préciser si on baise ou non?

Et si l’on comprend largement l’acharnement de la CAF à trouver des « vies maritales » partout (ben oui, ça fait un RSA réduit de plus d’un tiers, et surtout, des allocataires radié(e)s pour des années!), on imagine toutes les difficultés de la Terre que cela réclame de démontrer à la CAF que l’on est plus en couple. (En fait pour ça, on avait inventé des statuts tels que le PACS ou le mariage, mais comme la CAF s’assoit dessus…)

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« Je vais chercher mon gun, c’est la guerre ce soir »

 

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Tandis que le jour le procureur de Boulogne/Mer s’érige en expert militaire commentant ce qu’il voit comme une bataille (« Une impression de guérilla urbaine. »), la nuit les militants de groupes d’extrême-droite comme les Calaisiens en Colère ou Calais libre, appuyés maintenant par des groupes venant d’ailleurs en France, se regroupent à côté du bidonville d’État.

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Ils filment, injurient, menacent, en présence des policiers.

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« Je vais chercher mon gun! »

Ces paroles étaient audibles sur une vidéo postée par « les Calaisiens en colère » sur leur page facebook, dans la nuit du 17 au 18 décembre.

« C’est la guerre ce soir ! » … « J’ai un flash ball chef, je peux l’utiliser? »

Sur une deuxième vidéo, on voit une file d’exilés avançant tranquillement sous les cris et invectives des « Calaisiens en colère ». L’un des calaisiens sort soudain une arme, tire, et les exilés se sauvent.

Ces deux vidéos ont rapidement été raccourcies pour cacher ces provocations et volontés de nuire.

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Seuls quelques commentaires sur la page facebook ont laissé des traces :« On voit quelque chose en moins, ils l’ont retiré de la vidéo car c’était quelque chose de pas commun, pour éviter les poursuites envers la personne, évitez de dire quoi que ce soit sur ce qu’il manque. »cec2

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                                          » Faut cramer leur jungle « 

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Bientôt un nouveau drame s’ajoutant au drame à Calais?

 

Des militants ont eu le temps de sauvegarder les vidéos retirées, nous vous les proposons ici en intégralité.

Vidéo prouvant la présence d’une arme mettant en danger de mort les migrants, les militants No Border, les miliciens eux-mêmes ainsi que les policiers chargés d’exercer la répression.

Une action juridique se met en place. La dangerosité de ce groupe qui se déclare apolitique doit être comprise par tous ceux qui se laissent prendre à leurs mensonges, particulièrement par les personnes qui les suivent sur facebook.

Cela fait plusieurs semaines que des membres du groupe « les Calaisiens en colère », suivie par ceux de la page facebook « Calais libre« , se rendent le soir route de Graveline, près du bidonville d’Etat où survivent entre 4000 et 6000 réfugié-es, avec l’intention déclarée de protéger les riverains, alors que c’est une vraie milice qui sévit. Une milice comme l’avait réclamée le leader néonazi Yvan Benedetti lors d’une manifestation controversée et sous enquête judiciaire le 7 septembre 2014 à Calais . voir ici l’article de Libération.

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Plus d’un an après il n’y a toujours pas de nouvelles de l’investigation du procureur Valensi du tribunal de Boulogne-sur-Mer.

.Avec toutes les forces de l’ordre qui gravitent autour du bidonville, comment est-il possible qu’un groupe qui diffuse une haine engendrant des appels aux meurtres puisse rester là chaque soir à provoquer les exilés, bénévoles et militants qui passent ?

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Militants du groupuscule néofasciste MAS

Leurs appels à renforts attirent maintenant des identitaires venus de loin pour en découdre à Calais. Annoncée sur leur page, la présence samedi 19 décembre de militants d’extrême droite de Dieppe, et dimanche 20 décembre d’une vingtaine de lillois. Et le 13 décembre, c’étaient des militants du groupuscule néofasciste MAS qui s’affichaient près des « Calaisiens en colère »

La préfecture a décidé début novembre d’entraver la solidarité avec un arrêté interdisant le stationnement ou le déchargement de véhicules chemin des dunes.

La maire de Calais déclare qu’« il faut sortir les parasites de la lande », en parlant de militants pour les droits humains.

Mais aucun commentaire sur ceux qui chaque jour propagent la peur, et encouragent la violence.

 

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Enfant irakien, Calais, France, 2015

 

 

 

Passeurs d’hospitalités ~ des exilés à Calais

 

L’extrême-gauche-de-la-saloperie

La “gauche” n’a jamais été plus que le miroir de la droite. Son supplément d’âme qu’elle peaufine et habille de soi-disant vertus, a toujours été une manière de travestir son hiérarchisme et son paternalisme pour que finalement rien ne puisse se transformer. On ne se méfie jamais assez des publicistes et des publicitaires de la générosité.

Quand la gauche s’extrémise, elle le fait toujours en pensant que c’est en se drapant deux fois plus qu’elle évitera le vent de la stupidité. Du drapé au déguisement en passant par l’organisation de carnavals-défilés, il faut bien reconnaître qu’elle a toujours pratiqué à un très haut niveau cet art de la domestication festive et de l’encadrement.

L’extrémisme, fusse-t-il de gauche, n’a jamais été une qualité. Le plus souvent il s’agit d’une caricature ou d’un brouillon, d’une pose ou d’une esthétique. Il reste à savoir en fait de quoi l’on est l’extrême surtout quand c’est l’extrême d’un cirque ou d’une assemblée nationale…

L’extrémisme de gauche est une simulation du pire de la politique et des magouilles infra-stratégiques. Si elle ne siège pas, rien ne l’empêche de se présenter et de représenter partout des certitudes tout aussi politiciennes que ce qui est censé lui être plus à droite dans la tradition républicaine et qu’elle feint de retourner de l’intérieur. C’est pourquoi elle est toujours extrême-ment opportuniste et bureaucrate.

Toujours indignée à l’extrême, elle sait se positionner en embuscade pour canaliser à son profit les énergies qui alimentent son aphasie, surtout lorsque sa droite est au pouvoir.

Ce qui la distingue de sa droite ou de la droite ? Cela n’a presque aucun intérêt puisque plus personne ne l’écoute et qu’elle ne représente plus grand monde. Mais elle fait profession d’extrémiser le plus médiocre et les supercheries, tant dans son mode d’organisation interne que dans son approche du quotidien. Les mouvements sociaux ? Ils ne sont qu’un terrain de jeu qu’elle entretient comme une anté-basse-cour pour apprentis politiciens.

Elle ne perçoit même plus l’inanité de sa demande qui consiste à vouloir gérer et à administrer le capital comme une association de consommateurs responsables et le plus extrêmement démocratique-bourgeois.

Extrêmement pragmatique, elle s’invite sur les plateaux de télé pour discuter sur des canapés et fauteuils douillets, et la voilà qui palabre sur le monde qui va mal, entre une chanteuse pop et un joueur de foot ou une page promotionnelle. Dans ce brouhaha où un propos chasse l’autre, ils et elles balancent d’une manière radicalement molle un : C’est la faute “de la finance” des “banquiers” parce que l’argent “il y en a” ma bonne dame. Ya qu’a mieux redistribuer “l’argent des riches”, de la pub ou taxer les produits gras et les billets d’avion. L’indécence c’est toujours les “gros salaires”, jamais ce qui les rend possible pas plus le bruit blanc de l’incohérence….

Il ne vient jamais à l’idée aux gens de l’extrême-gauche d’en finir avec le travail et son aliénation, ainsi que les rapports sociaux de production et la dictature capitaliste, puisque la plupart s’épanouissent dans leur super-jobs créatifs ou d’intellectuels qu’ils pensent être la norme. En revanche ils n’oublient jamais de généraliser l’aménagement de la misère pour aménager sans fin les aménagements.

Toujours moraliste elle théorise l’action et l’engagement par le temps dont ses acteurs extrêmement disponibles disposent et pense qu’il s’agit d’un étalon valable pour disserter sur l’engagement et la “pratique” des prolétaires infantilisés. Cette infantilisation systématique vire toujours à l’humanitarisme pacificateur ou au néo-léninisme. Ces derniers temps sous poncho libertaire…

Les visées stratégiques de l’extrême-gauche moribonde ne relèvent que de l’autoconservation de structures.

Peu importe d’ailleurs le grain qu’il faut moudre pour susciter les débats et les interrogations plus certainement les provocations cyniques. Ce qui compte c’est l’agitation jusqu’à l’épuisement. De cela elle s’en fout puisque c’est son “job”… son passe-temps.

Il importe peu à vrai dire que le grain à moudre soit déjà pourri, pourvu qu’il alimente le commerce frelaté des moulins politiques. Il faut croire que les places sont encore bien chaudes quand elles justifient toujours autant de contorsions sémantiques et des postures tordues.

Elle ne se gêne d’ailleurs plus ces dernières années pour convoquer les communautés pétrifiées du monde marchand à ses débats merdiques, comme des putains pour son cauchemar historique qui sent toujours autant la militarisation du travail et la pénurie par la joie à coups de trique.

Intarissable sur le communisme transcendantal et l’aménagement des espaces de la reconnaissance bourgeoise elle ne parle définitivement plus de luttes ni de classes. En revanche, son électoralisme “révolutionnaire” mobilise toujours autant la petite bourgeoisie surtout préoccupée par la hauteur du marchepied.

Si elle reprend le langage de la domination qu’elle dés-encastre des rapports sociaux c’est n’en doutons pas un seul instant pour se faire comme toujours les futurs larbins de l’identité marchande.

Sous couvert de “progressisme” c’est le vieux roman de l’inter-classisme qu’elle tente de réécrire à chaque fois pour mieux masquer que ses représentants auto-proclamés par leurs positions sociales, ne sont pas plus opprimés sinon le produit du ressentiment et du mercantilisme intellectuel.

La pratique de l’extrême-gauche-du-capital nous la connaissons maintenant plutôt bien. Elle est liée à la structuration du capital et aux marchés des discours qu’elle négocie dans les laboratoires de l’ infamie politique. En titillant comme toujours les frustrations de tous, elle ne se préoccupe que de répondre à la morbidité des individus forcés de devenir du capital humain consommable et/ou superflu et qui doivent être reconnus comme tels sur le marché. Commerce qu’elle se propose toujours d’administrer…

Peu lui importe que cette convocation se fasse sous les catégories les plus antinomiques du projet de liquidation du capitalisme. Si les mots sont importants et si nous n’avons pas peur de les analyser nous refusons catégoriquement de les utiliser pour penser le communisme, l’anarchisme ou la révolution.

Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’utilisation du lexique du pathos de l’extrême-gauche pleurnicharde et méritocrate qui ne propose comme combat que d’apprendre à gravir les échelles déjà cassées ou de réparer les ascenseurs sociaux pour l’étage de la collaboration de classe.

Si l’extrême-gauche a toujours eu un discours et une pratique de merde sur la Nation et l’État, en défendant et en continuant de défendre toutes les formes de socialismes de caserne avec son lot de partis, armées du “peuple”, de bureaucraties corrompues et de vraies bourgeoisies.

Elle continue ces dernières années à s’enfoncer dans la saloperie la plus abjecte en accompagnant les religieux et donc l’esprit religieux, à défendre le concept de “race” sous couvert d’anti-racisme, à mobiliser autour de l’anti-fascisme pour mieux servir l’électoralisme et s’éviter une critique conséquente et logique des mesures anti-sociales dont elle participe en dernière instance par sa légitimation. Quand elle disserte sur le concept de “souveraineté” celui ci respire à plein nez le pet patriote/régionaliste et la chiasse nationaliste. En définitive elle morcelle continuellement le projet de transformation total de ce monde insupportable.

Mais peut-on s’en étonner ?! L’extrême-gauche-du-capital n’est que l’antichambre de la saloperie social-démocrate. Elle ne propose que la rébellion dans l’Ordre et pour le même…. En cela elle n’est que l’extrême-gauche-de-la-saloperie.

A lire en complément:

Eloge aux gars et aux femmes du BTP qui meurent sans éloge

A tous ceux qui ne meurent pas au lit

 

 

arton853-091cbLa semaine dernière, deux accidents graves du BTP ont entraîné la mort d’un ouvrier sur le chantier de l’écoquartier de Palaiseau et le l’évacuation après réanimation d’un autre ouvrier à Chambéry. Tous les deux ont été victimes de ces chutes qui sont une des principales causes de mortalité dans le BTP.

De ces ouvriers, vous ne saurez rien au travers des dépêches vite emballées des feuilles de choux locales. Mais nous, nous les connaissions sans même les avoir rencontrés car nous sommes travailleurs et travailleuses comme eux face aux dangers du chantier. Parmi nos camarades, nous avons notre part de mutilations et de vies brisées.

Alors, nous rendons hommages à tous les travailleurs et toutes les travailleuses du BTP qui chaque matin se lèvent pour gagner leur croûte avec la peur au ventre, à toutes celles et à tous ceux qui grimpent l’échafaudage avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui creusent la tranchée avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui épandent du produit dangereux avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité, à toutes celles et à tous ceux qui travaillent dans des conditions météos pourries avec cette peur, à défaut de le faire en sécurité.

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Travailleuses ou travailleurs comme nous, nous leur rendons hommage quand ils sont fauchés par la mort de la façon la plus brutale. Nous nous associons à la douleur des familles et nous sonnons le glas pour nos collègues, nous le sonnons une fois tous les deux jours en France.

Mais nous ne pourrons jamais nous contenter d’un recueillement à chacune de ces tragédies ouvrières, chaque mort du BTP a une cause et ce n’est pas la fatalité qui nous fauche. Non, c’est le patronat. Par sa cadence de production infernale, par ses manquements en matière de sécurité, c’est le patronat qui nous tue.

Au syndicat, nous n’avons pas eu d’accident mortel ou grave depuis plus de dix ans car entre camarades, nous apprenons à dire non à ce patronat assassin. Notre action quotidienne de syndicalistes combat cette « fatalité » patronale servant à masquer leur brutalité. Et chez nous, il n’y a plus de victimes. Nous refusons d’un seul bloc les ordres à risques. Prendre des risques pour le patron est un suicide. Si le patron veut travailler sur un toit gelé, qu’il y monte lui même, ce lâche. Et nous n’oublions pas la cadence qui rend le métier dangereux. On se fait virer, mais on ne se fera pas tuer. Le couteau du Hara-kiri, on leur laisse, on leur aiguise s’ils veulent. Les camarades du syndicat ne mourront pas pour eux, et même si nous ne sommes pas à l’abri d’être entraînés dans la mort sur les chantiers, nous n’irons pas de nous-mêmes.

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Il est trop tard pour ceux qui sont fauchés et nous les pleurons, comme nous pleurerons ceux qui se feront abattre par le patronat de cette semaine.

Mais aux survivants quotidiens, nous leurs disons qu’il est temps d’apprendre à dire non, et de le faire avec le syndicat. Un patron ou un chantier, ça se remplace, pour vos familles, vous êtes des pères, des mères, des fils, des filles irremplaçables.

Si la presse à fort cirage [1] n’en finit plus de ses éloges à la une de Pierre Berger, patron d’Eiffage, décédé à 47 ans d’une crise cardiaque dans la nuit, ce ne sont pas nos morts qui auront droit à une telle exposition médiatique. Écrasés, brûlés, explosés, décapités, démembrés, enterrés, empalés, broyés, nos morts sont moins glamours que celle d’un boy-band patronal. On les attend tous, ces médias de la brosse à reluire, sur les chantiers Eiffage venir faire l’éloge de l’ouvrier crevant par la faute du productivisme imposé par ces PDG du BTP qui meurent au lit en pétant dans la soie.

Ouvrières et ouvriers du BTP, vous n’êtes pas pour le syndicat que quelques lignes d’une dépêche, vous n’êtes pas seuls, venez nous rejoindre et construisons notre survie au patronat délinquant et à ses chantiers, ensemble !

 

[1Jusqu’aux groupies patronales de la CFDT qui viennent de perdre leur idole charismatique.

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Syndicat Unifié du Bâtiment de la région parisienne 

 

 

 

Condamné pour avoir recouvert une croix gammée

Le 10 août dernier, Antoine Saly, 28 ans, apprend qu’une croix gammée a été peinte au-dessus de la Cité de la musique. Le graffeur décide de la recouvrir… Avant que la police l’interpelle.

Il passait devant la Maison de la justice et du droit ce 30 octobre où il a été condamné à 60 heures de travail d’intérêt général.

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Voilà l’abominable vision que découvre Antoine avant de décider d’intervenir en recouvrant la croix gammée d’une tortue, ce qui lui vaudra cette lamentable condamnation.

 

 « Si c’était à refaire, je le referais ».

Ce lundi 10 août, Antoine rentre tranquillement du travail et reçoit un SMS. Un ami lui envoie la photo d’une croix gammée taguée au-dessus de la cité de la Musique. « Ma première réaction c’est de me dire “mince, ça fait plusieurs jours que c’est ici et personne ne réagit ?”». Sur un « coup de nerf » il prend sa voiture et file sur le mur en question. Sur le tag “I have a dream ”,  suivi de la croix gammée, il commence à peindre une tortue. « J’aime bien les tortues, c’est ma spécialité » sourit-il. Mais alors qu’il s’apprête à achever son œuvre, deux policiers lui tombent dessus.

J’ai recouvert « le symbole le plus malsain qui existe »
« J’ai eu droit à une petite fouille, et ils m’ont pris toutes mes bombes de peinture avant de m’emmener au poste ». Un procès-verbal et une bonne leçon de morale plus tard, le jeune homme ressort du commissariat. «Je pensais que tout allait s’arrêter là ». Mais pour avoir recouvert « le symbole le plus malsain qui existe », le graffeur reçoit une lettre de convocation pour une composition pénale.
Une décision qui le laisse sans voix. « J’ai l’impression d’avoir fait un geste citoyen. Je trouve ça anormal de me condamner moi au lieu de chercher les vrais coupables ».
 Regrets de la Mairie et soutien de la  LICRA

Si le jeune graffeur de 28 ans doit répondre de ses actes, c’est notamment parce que comme dans chaque affaire de graffitis,  la ville a porté plainte.

La Mairie avait fait savoir que  « la ville regrette que le tagueur initial n’ait pas pu être identifié , …, et compte demander, lors de la composition pénale, un simple « rappel à la loi  » à l’encontre d’Antoine. »
La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) s’était saisie de l’affaire au niveau national, et souligne par ailleurs que « nous ne savons pas si les auteurs de cette croix gammée ont été recherchés… ».
À ce sujet, elle ne manque pas de rappeler la loi : « L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 prévoit que seront punis de 5 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, ceux qui auront fait l’apologie de crimes contre l’humanité ou crimes de guerre ». La Licra estime enfin que «  la croix gammée aurait dû être effacée plus tôt afin d’éviter qu’un citoyen ne le fasse lui-même ».
Du TIG pour un TAG

 

Alors que l’on s’attendait à un simple rappel à la loi, le procureur de la République l’a condamné à 60 heures de travail non-rémunéré (l’équivalent de travaux d’intérêt général).
 Le jeune homme a 14 jours pour rendre sa décision.

 

 

 

 

Les ami-e-s de la CNT Metz ont besoin de nous!

Le lundi 23 mars, à 4h30 du matin, le local syndical de l’Union des Syndicats CNT de Moselle, situé 5 place des charrons à Metz, fut sauvagement vandalisé par deux individus équipés d’une masse, tel que l’ont décrit les habitants du quartier, la vitrine du local fracassée, le bâtiment recouvert des inscriptions « GUD » et de nombreuses croix celtiques, ne laissant aucune ambiguïté sur le caractère politique et fasciste des faits.

29 septembre 2015

NOUS LANÇONS ICI UN APPEL URGENT ET SOLIDAIRE

Nos camarades  de Metz ont besoin de nous tout-e-s. On sait bien que c’est facile pour personne, que les fins de mois sont parfois interminables. Mais il nous reste peu de temps pour changer la vitrine.

Capituler ici par défaut de solidarité, ce serait offrir une victoire aux fascistes et ça, il n’en est pas question!

Nous lançons notre appel bien au-delà des sensibilités libertaires.

La guerre d’intimidation de l’extrême droite dans la rue est l’affaire de tou-te-s, tout comme sa riposte populaire.

On compte sur vous pour le diffuser au plus large et, si vous le pouvez en tout cas, une participation, même très modeste, serait vraiment importante.

Les Enragé-e-s

 

=> LA CAISSE DE SOLIDARITÉ EST ICI <=

 

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Nous rappelons à ce titre que le GUD, Groupe Union Défense, organisation étudiante de l’extrême droit radicale (qui a notamment compté dans ses rangs certains proches collaborateurs du FN à commencer par Frédéric Chatillon) avait déjà fait parlé de lui ces dernière années du côté de l’Université de Lorraine et de Nancy, réitérant à plusieurs reprises propos racistes, dégradations à portée discriminatoire et agressions à caractère homophobe.

Une nouvelle fois, ce n’est pas un hasard si c’est la CNT, en tant que syndicat de travailleur.se.s engagé dans toutes les luttes sociales, qui a été la cible de tels actes. En effet, le projet de société défendu par l’extrême droite – qu’elle soit légaliste comme le FN, ou ultra violente comme le GUD, les identitaires, ou autres groupuscules nationalistes qui se félicitent aujourd’hui des votes pour le Front National – est bien totalement opposé aux intérêts des classes populaires. A l’heure ou l’austérité et les politiques libérales s’attaquent à nos conditions de travail et aggravent la précarité de toutes et tous, ce n’est pas par hasard si l’extrême droite s’en est prise ce lundi au local de notre syndicat qui chaque jour reçoit, défend et organise des salarié.e.s exploité.e.s, des précaires, des chômeur.se.s, des demandeur.se.s d’asile…

Ainsi, la CNT Moselle indique avant tout que si elle a été victime ce lundi 23 mars de cet acte de violence scandaleux, elle se satisfait de constater qu’elle apparaît clairement comme l’ennemi tout indiqué de ceux qui s’attaquent aux libertés, s’opposent sans cesse aux intérêts des plus défavorisé.e.s et rêvent d’une société dans laquelle régnerait l’injustice sociale et toutes sortes de haines : racisme, xénophobie, homophobie, sexisme, etc…

D’autre part nous précisons que malgré l’évidente tentative d’intimidation que constitue l’acte de ce lundi, lequel porte atteinte directement à la CNT mais également à l’ensemble organisations syndicales, politiques, associatives et militant.e.s du mouvement social, notre syndicat ne déviera en aucun du cap de la lutte des classes. Plus que jamais, et tel que le démontre le résultat du premier tour des élections départementales, ce n’est pas dans les urnes mais bien dans les luttes sociales que toutes et tous – que nous nous soyons déplacés pour voter ou que nous ayons fait le choix légitime d’une l’abstention contestatrice – nous pourrons faire barrage au fascisme.

CNT UD57

 

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ON COMPTE SUR VOUS!

 

En complément:

Lorsque Chomsky explique que le pouvoir du nazisme a été construit avec des « mots simples » diffusés par le « ministère de la Propagande » (donc après 1933) et qu’il s’agissait pour Hitler de « terroriser l’opinion » en jouant sur des « sentiments et des peurs », il passe sous silence ce qu’ont été les activités concrètes du NSDAP et des SA durant les années précédant la nomination de Hitler au poste de chancelier en janvier 1933 : attaque de meetings des partis communiste et socialiste, meurtres de militants de gauche, attaques de syndicats et de locaux militants, recrutement de dizaines de milliers d’hommes de main, formation de corps paramilitaires, noyautage des syndicats, de la police et de l’armée, tentative de putsch, etc.

Chomsky passe également sous silence ce qui s’est passé durant l’année 1933 et qui ne peut se réduire à quelques techniques habiles de conditionnement des esprits : création du camp de concentration de Dachau, autodafés de livres, attaques contre des magasins juifs, interdiction des partis politiques, généralisation des actions violentes et criminelles des SA, etc. Ceux qui croient, comme Chomsky et ses disciples dans ce film, que le nazisme a réussi à s’imposer à la population allemande principalement parce qu’il aurait mené une propagande habile inspirée des techniques de la communication publicitaire américaine feraient bien de lire les écrits de Daniel Guérin – un communiste libertaire, d’ailleurs : Fascisme et grand capital et La peste brune.

Cela dit, on comprend que Chomsky et ses disciples actuels sous-estiment le pouvoir de la violence réelle des nazis, leur rôle foncièrement anti-ouvrier et anti-révolutionnaire, leur fonction d’agent de destruction physique et matérielle du mouvement ouvrier le plus important d’Europe, et qu’ils surestiment le pouvoir symbolique des médias de l’époque, même si cela les conduit à une analyse complètement anachronique. En effet, une telle opération intellectuelle fondée sur l’escamotage des mécanismes réels du nazisme correspond à une vision du monde et à une sensibilité très actuelles.

Chomsky et ses disciples expriment en effet ce que pensent beaucoup de jeunes altermondialistes, gauchistes ou libertaires, qui aujourd’hui voient le fascisme ou le totalitarisme partout (cf. le ridicule « Sarkozy = Vichy 2 ») au point de banaliser totalement ces termes, et croient que la propagande médiatique serait toute-puissante au point de façonner la réalité sociale et les comportements sociaux. (…)

Sur le film « Chomsky et Compagnie » d’Olivier Azam

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