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Des flics bientôt tatoués ACAB?

C’est en tout cas la question que l’on peut se poser puisque selon un communiqué en date du 8 juillet, le syndicat Unité SGP Police-FO a obtenu, le 17 juin, en comité technique, l’autorisation pour les policiers de porter barbe et tatouages.

Alors bien évidemment, dans un pur esprit bourgeois, les apparences et elles seules seront sauves puisque les tatouages ne devront pas comporter de caractère raciste, politique, religieux ou xénophobe.

10385289_313073978859181_7667720559901716779_nPour une profession au sein de laquelle, selon le Cevipof, 37% des effectifs avouent voter pour le parti fasciste français subventionné, le Front National et où plus globalement, plus de 85% d’entre eux votent à droite, l’inspiration sur le choix des motifs pourrait bien frôler la panne sèche.

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Pourquoi ne pas se faire tatouer un ACAB?

 

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Connaissez-vous la signification exacte d’ACAB, de quoi il est l’acronyme?

Nul ne sait vraiment même si nous avons une petite idée sur la question. C’est pourquoi, nous avons émis plusieurs hypothèses que nous tenions à vous soumettre, à commencer par celle, selon certaines sources autorisées en tout cas, qui serait la plus plausible et qui concerne l’animal de loin star incontestée d’internet et des réseaux sociaux, le chat.

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All Cats Are Beautiful = Tous Les Chats Sont Magnifiques

 

Et c’est vrai qu’ils sont magnifiques, ces chats qui nous réveillent à pas d’heure, qui bousillent le canapé de leurs coups de griffes gracieux, qui pissent dans des endroits toujours plus improbables, qui explosent des verres sans jamais être foutus de prononcer un seul mot d’excuse, contrairement aux flics, qui eux aussi ne servent à rien, les chats, eux, on les aime bien.

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Mais pourquoi ça devrait servir à quelque chose un chat? Vous servez à quoi vous?

182995_10201150742676422_1351253025_nAprès sa domestication il y a près de 10.000 ans au Moyen-Orient au but de protéger les cultures des rongeurs, célébré plus tard en Egypte, le chat n’a pas choisi de naître chat tout comme nul n’a choisi de naître tout court.

1477951_560199890735086_124587810_nLe sens de la vie du chat, c’est l’humain qui lui en a trouvé un. Le sens de la vie de l’humain, c’est le capitaliste qui s’est empressé de lui en trouver un dès le lundi matin, huit heures.

ebce75252402a24b6adb527cf393e514Et oui, au sein d’une économie de marché, c‘est la totalité de notre existence qui est assignée à la fonction production de biens et de services. C’est la découpe du temps quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, annuelle qui conditionne entièrement nos vies à la production et ce au but d’engraisser la classe parasite, la bourgeoisie.

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Et les flics dans tout ça, ils ne produisent rien donc ils ne servent à rien?

10582225_702005716561808_230092401_n                                             Nous y reviendrons plus bas.

Passons maintenant aux autres hypothèses sur la signification de ACAB même si la plupart, à l’exception peut-être de l’une d’entre-elles, ne nous semblent pas très sérieuses. Quoique.

all-colors-are-beautiful-T-ShirtsAll Colors Are Beautiful = Toutes les Couleurs Sont Magnifiques

 

c415866c58023815d8b06ce39df35f71All Cows Are Beautiful = Toutes les Vaches Sont Magnifiques

 

1911655_705884539498659_6725443414541789415_nAll Cops Are Bastards = Tous les Flics Sont des Bâtards

Comment comprendre ici le mot  » Bâtards « ? S’agit-il d’une injure à caractère patriarcal désignant  et dépréciant un enfant qui serait né d’une union illégitime?

1378331_219388778227702_91726451_nOu bien faut-il comprendre le mot dans le sens traîtrise à sa classe puisque les flics sont des prolétaires qui ont pour ordre et fonction d’opprimer  et de réprimer les prolétaires, ce qui expliquerait à la fois son caractère essentialiste et politique?

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« La violence de la police n’est pas un accident »

Police dont la fonction est de protéger les possédants, les rentiers, le patronat, l’État.

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Revenons quelques instants sur une information qui aura échappé à beaucoup et qui fait suite à la diffusion sur la toile d’une vidéo mettant en scène l’arrestation violente d’une femme par la BAC (brigade anti-criminalité) de Nancy, vidéo qui provoqua une énorme vague d’indignation.

2015-09-29_133806Au sein de cet article que vous pourrez retrouver ici, le caractère de classe de la Justice apparaît clairement pour ce qu’il est.

2015-09-29_134556Oui vous avez bien lu. Des cow-boys (All Cows Are Beautiful) de la BAC se mettent à trois pour violenter une personne et le  » déferlement de violence  » viendrait de la part de ceux et celles qui ont été scandaliséEs, révoltéEs par cette violence!

aaaaaaaaaaaaaa-vachesL’article de l’Est Républicain, comme la police, poursuit:

2015-09-29_134718Rendez-vous le 15 octobre pour connaître l’issue de cette mauvaise blague.

 

Les Enragé-e-s

 

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6877777N’oubliez jamais, le droit de se taire est un droit fondamental. N’avouez rien.

 

Et vous, vous savez ce que cela veut dire, ACAB?

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Les sites conspirationnistes? Des pièges à cons!

Difficile d’y échapper sur internet, des milliers de sites et documents conspirationnistes encombrent les résultats des moteurs de recherche et nos écrans, une vraie pollution.

Les thèmes de prédilection? Difficile de les évoquer tous mais on retrouvera des thèmes récurrents et pour certains d’entre-eux, obsessionnels:

11 septembre, Nouvel Ordre Mondial [1], Illuminati, Bilderberg, Trilatérale, complot judéo-maçonnique, spiritualisme, développement personnel, ufologie, voyance, écologie mystique, (R)évolution de potager, anthroposophie, chemtrails, charlatanisme, satanisme, New Age, biodynamie, survivalisme, mouvements sectaires, etc,…

Le point commun de tous ces thèmes en apparence très différents, c’est l’obscurantisme.

Tous ces sites sont reliés, comme des milliers de petites églises, directement ou de façon plus insidieuse, à une idéologie de droite radicale et d’extrême droite.

La formule  » Nouvel Ordre Mondial  » est une façon de faire passer pour nouvelle une mécanique qui est constitutive du capitalisme.

Le capitalisme d’aujourd’hui n’est pas radicalement différent de celui qui animait le début du siècle dernier, bien au contraire.

Les grandes crises qu’il produit, constituées par l’emballement de l’accumulation du Capital, n’ont rien de « nouveau ».
Ces grandes crises sont parfaitement comprises et expliquées depuis longtemps.
Une telle grande crise s’est produite juste avant la première guerre mondiale. Destruction et barbarie qui n’ont résorbé qu’un temps les contradictions produites par le capitalisme. Cette même crise qui s’est reconstituée à l’entre-deux guerres et qui a produit une nouvelle abomination, la seconde guerre mondiale.

Le « Nouvel Ordre Mondial » n’existe pas, le capitalisme, oui.

La sphère conspirationniste ne se contente pas d’imposer des mythes, elle impose également des mots, et ces mots sont porteurs d’une idéologie, celle de la droite radicale et obscurantiste.

L’obscurantisme, qu’il soit religieux ou pas, a toujours été un instrument de domination.

L’obscurantisme est une attitude de négation du savoir.
L’obscurantisme refuse de reconnaître pour vraies des choses démontrées.

C’est bien la contre-révolution catholique qui lance la première cette réécriture mystifiée du réel en tentant d’attribuer au processus complexe de la Révolution française le résultat d’une action présupposée souterraine de  » forces occultes « , de groupes culturels et philosophiques existant ou ayant existé – comme la franc-maçonnerie ou les illuminés de Bavière  – et d’une magie résultant de la toute puissance d’une secte! Délire plutôt cocasse de la part d’une Église et plus particulièrement d’un abbé, en l’occurrence Augustin Barruel.

Il faut se souvenir que le courant des Lumières a permis de remettre en question radicalement l’influence du divin sur le pouvoir et sur notre rapport au savoir.
Cette pensée est née au sein de courants philosophiques, dans des cercles de réflexion, dont la franc-maçonnerie a fait partie, avec d’autres.

Le Clergé n’a jamais accepté sa défaite morale à l’occasion de la Révolution française.

Voilà pourquoi l’extrême droite, descendante directe de la contre-révolution catholique, focalise tant sur la franc-maçonnerie.

Voilà pourquoi toutes les extrêmes droites conspirationnistes de la planète n’ont fait que ressortir de façon quasi identique dans sa forme comme dans son fond, la théorie loufoque sur les « Illuminati « .

La première théorie du complot « moderne » provient de sphères religieuses réfutant l’apport du courant des Lumières et qui ont toujours voulu abattre la République.

Cette réécriture religieuse du réel a besoin d’imposer des mythologies qui vont recourir à de multiples subterfuges irrationnels masqués par une approche en apparence scientifique.

Le but est bien évidemment de clouer sur place, de priver de toute compréhension du monde, de toute émancipation, gage de la perpétuation de l’ordre économique, à l’époque les rentes de l’aristocratie et du Clergé.

A partir du moment où la contre-révolution catholique parvient à imposer l’idée que tout est déjà écrit et décidé par un petit groupe secret tirant les ficelles dans l’ombre et dont les traits culturels seraient identiques, tout est mis en place pour fracturer la population afin qu’une partie d’entre elle ne se soumette et finisse par se ranger dans le camp des dominants.

Grâce aux croyances, grâce aux obscurantismes, qu’ils soient religieux ou pas, on coupe chez la population toute velléité révolutionnaire, on la conduit à accepter son triste sort, on la conduit à se battre contre des moulins à vent ou encore aux côtés de ses maîtres.

A partir du moment où le mot  » Illuminati  » s’impose, il est possible de lui substituer tout bouc-émissaire, qu’il se nomme franc-maçon sous la Révolution, qu’il se nomme juif sous les tsars et sous Hitler, qu’il se nomme musulman, « élites corrompues », chômeur, pauvre, Rom, étranger, fonctionnaire européen, cette IDÉOLOGIE DE REJET sert avant tout les dominants en offrant des leurres, des coupables idéaux qui sont autant de diversions et d’appels à la résignation.

En lieu et place d’offrir une analyse de compréhension des conditions matérielles d’existence du monde, la sphère conspirationniste prétend nous instruire en nous plongeant la tête dans le sable.

Pour ces sphères conspirationnistes, ce n’est pas le capitalisme en soi qui pose problème, c’est le fait qu’il serait  » dirigé  » selon elles, par des gens  » corrompus « .

Il serait ainsi possible de  » moraliser  » un système d’organisation de la production confiscatoire et par essence inégalitaire.

Moraliser un système amoral?

On retrouve là une vision ultra conservatrice et verticale de la société, une vision qui n’est pas seulement l’apanage des extrêmes droites, mais que l’on retrouve de Bayrou à Sarkozy, qui eux aussi entendent « moraliser » le capitalisme.

Droites et extrêmes droites sont les descendantes lointaines pour les premières, directes pour les secondes, de la contre-révolution catholique.

Une force politique qui alla s’assoir à la droite du roi au but de lui conserver son droit de veto, de conserver en place les privilèges.

Toutes les droites sont les descendantes directes ou lointaines de la contre-révolution catholique.

C’est ainsi que la droite, jusqu’à la mise en place du suffrage universel masculin à la suite du vol de la Révolution de 1848, est toujours monarchiste.
Elle le sera quasiment jusqu’à la fin du 19e et sera contrainte par l’Histoire d’embrasser un républicanisme d’apparat.

Voilà pourquoi tant de passerelles existent entre toutes les droites, qui se battent toutes pour les intérêts des classes possédantes.

Et la  » gauche  » de gouvernement? Elle prétend se battre aux côtés des galériens mais en réalité, tout ce qu’on a obtenu, on ne l’a toujours dû qu’à nous-mêmes. La  » gauche  » participe à maintenir l’illusion démocratique. Une illusion au service d’un État qui lui-même est au service d’une bourgeoisie et du capitalisme.

La bourgeoisie possède en effet un État, des lois, des normes comptables et fiscales faites sur mesure pour elle ainsi que de nombreux leviers dans la production culturelle, intellectuelle et de procédures civiques pour assurer à la fois la perpétuation de sa position sociale et une réécriture du réel favorable à son idéologie.

Elle possède les radios, les télés, presque tous les journaux, les instituts de sondages, la publicité dans le but d’imposer une idéologie favorable à ses intérêts.

Et ces millions de pages, mystiques, de droite radicale, conspirationnistes et fascistes, prétendant dénoncer des médias appartenant aux droites libérales patronales, entendent avant tout nous faire rester dans la même famille politique ; la droite, dans le même système économique, le capitalisme.

Ces droites radicales répondant à leurs cousines des droites libérales sont en réalité bien décidées à tout faire pour nous soyons incapables de comprendre le monde, comprendre ce système barbare qu’est le capitalisme et nous priver de notre capacité à nous émanciper collectivement.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

[1] La formule  » Nouvel Ordre Mondial  » provient de la théorie conspirationniste de l’auteur d’extrême droite Eustace Mullins, théoricien antisémite, révisionniste et négationniste.

 

A lire en complément:

Fascisme et conspirationnisme

 

Quand la FNSEA fait sa loi

Nous vous proposons un reportage de la chaîne France 4 sur la politique lobbyiste et terroriste du premier syndicat agricole que nous complèterons de quelques images des exactions de pro-barrage qui ont lieu sur la Zone A Défendre du Testet.

 

 

 

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Grand rassemblement prévu le week end des 25 et 26 avril – le printemps de Sivens – pour  affirmer sa solidarité avec les opposants au barrage, victimes des exactions de groupes violents, couverts par l’Etat.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

 

 

Pour comprendre les enjeux politico-économiques du barrage du Sivens

Ils ont tué une seconde fois Charlie

L’oppression d’Etat s’exerce par sa capacité à sur-réagir en construisant une fiction à la fois de protection et de propagation incendiaire de la peur qu’elle prétend éteindre.

En effet, la classe possédante est d’autant mieux en capacité de démultiplier la perception de l’attaque symbolique qui la frappe que la même se livre au quotidien à une réécriture du réel favorable à ses intérêts et ce sur l’ensemble des canaux et relais dont elle dispose.

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Dans cette retranscription du réel, produit d’une combinaison croisée d’intérêts privés, la violence et la réponse violente à la violence se monétisent proportionnellement à la barbarie de l’acte terroriste.

Sur le marché de l’information, l’information terroriste prend d’autant plus de valeur que le marché se rend compte qu’elle a de la valeur. Et cette montée de valeur, dont la condition ici est l’effroi absolu, effet attendu et voulu par le terrorisme, ne supporte pas la concurrence.

Il y a tellement peu de place pour l’information sur un marché de l’information que le terrorisme permet de faire de toutes les informations une seule information.

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Le terrorisme n’aime pas la concurrence, l’Etat, la classe possédante et ses organes non plus.

Le jeu antagoniste des médias, qui ne sont que les yeux, la voix et la pensée de la classe dominante dans son ensemble, produit un effet hypnotique qui participe à son rite totalitaire.

La logique capitaliste des classes possédantes ne s’exprime pas seulement ici dans la recherche opportuniste de gain rapide – si elles possèdent les médias, ce n’est pas tant pour leur relative faible rentabilité mais pour le pouvoir qu’ils procurent – mais aussi et surtout par ses vues opportunistes immédiates, à savoir le renforcement de leur influence et de leur position sociale.

304026_2387524287184_1982189853_nEn effet, si les classes possédantes font subir au quotidien l’oppression et l’exploitation, elles s’astreignent toutefois méthodiquement à ne jamais offrir à l’ensemble des galériens quelque clé de compréhension tangible de la réalité de leur condition.

312171_169343106565603_1879624291_nL’effroi consécutif à l’action terroriste est une aubaine pour la bourgeoisie car il produit une pensée non seulement dépolitisée mais aussi totalement incohérente.

Il permet de participer à libérer une masse colossale de souffrance non verbalisée, non expliquée, sur sa propre existence, en captivant sur un événement semblant sortir de nulle part et qui pourtant est la conséquence directe de l’impérialisme de la même classe qui nous opprime ici.

Le terrorisme piétine par sa barbarie un monde lissé et idéalisé, duquel la classe possédante a soigneusement ôté sa propre violence: Voilà là le meilleur moyen pour elle d’affirmer sa toute puissance en allant chercher le consentement de la classe qu’elle domine.

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L’enclenchement du processus récent d’ultra-professionnalisation de la lutte antiterroriste correspond pour les Etats à la volonté de pouvoir marchandiser et maîtriser, y compris sous forme étatique, la gestion des retours de flamme des dégâts produits là-bas par l’économie capitaliste et l’expansion impérialiste.

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La rationalisation et l’augmentation de la productivité du contrôle social et de sa division du travail correspond aux besoins des capitalistes à ce stade de développement de l’économie et de la crise systémique du capitalisme.

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Ce sont des corps qui sont emmenés à être glorifiés dans l’économie capitaliste, ce qui permet de faire aduler et craindre un corps de l’Etat en capacité, avec l’armée, de déployer un déchaînement de violence ponctuel et ciblé en réponse à quiconque qui remettrait en question la « paix », paix qui n’est autre que celle des classes possédantes.

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La bourgeoisie exerce une violence terrible qu’elle occulte totalement et sur-réagit à celle, très ponctuelle, qui la frappe.

A partir du moment où elle est capable de provoquer et de canaliser l’incrédulité collective et l’incapacité individuelle de sa propre exploitation tout en détournant de l’explication du réel, tout événement fracassant l’univers idéalisé entretenu par la société de marché peut libérer chez certains une quantité phénoménale de colère inexpliquée car non raccordée à quelque étude ou compréhension matérielle du monde.

Dans ce contexte d’hystérie collective, l’Etat, en exerçant à la fois sa qualité de juge et de bourreau, valide une application de la peine de mort dans les faits sans qu’elle le soit dans la loi et sans qu’il puisse recevoir quelque critique de quiconque dans la sphère des canaux culturels et médiatiques aux mains de la bourgeoisie.

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L’Etat reçoit les hommages de ses gueux pour avoir foudroyé le malin sur la place publique, sans attendre.

L’Etat avait promis qu’il protégerait Charlie pour au final ne pas le protéger vraiment.

En revanche, l’Etat, lui, sait très bien se protéger quand il le faut.

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Le terrorisme permet aux Etats de tenir un discours éducatif et favorable à leurs intérêts, pour les Etats, le terrorisme est une bénédiction.

La peine de mort a été abolie uniquement pour ceux qui se rendent immédiatement sans broncher, elle est encore appliquée sous forme de rites sacrificiels collectifs et hystériques, dont la barbarie censée répondre à une autre n’est là que pour réaffirmer la toute puissance de la classe possédante et imposer une obéissance sans condition.

 

Les Enragé-e-s

 

 

La fin du salariat, ce n’est pas la fin de l’activité ou du travail, c’est leur libération

Le capitalisme, ce n’est rien d’autre qu’une certaine façon d’organiser la production.
Un système d’organisation de la production qui concentre la majeure partie de ses fruits dans les mains d’une minorité.

Aucune production ne se fait sans travail.

Ce que hélas beaucoup de gens n’ont pas compris, et on ne leur en veut pas car absolument rien n’est fait pour les éclairer sur ce point ESSENTIEL qui conditionne tous les autres, c’est que désormais la grande majorité des emplois sont inutiles.

En réalité, à peine 20% de la population active est réellement nécessaire pour assurer la totalité des besoins de tous.

En près d’un siècle, les gains de productivité dégagés ont été phénoménaux.
Un poste qui nécessitait 5, 10, 20, 40 travailleurs n’en réclame désormais plus qu’un ou deux.
Pourtant, la journée de 8 heures date de 1919, avec 48 heures par semaine.
De nos jours, malgré le passage aux 35 heures pour une partie des travailleurs, le temps réellement travaillé oscille entre 41 et 42 heures par semaine.

Ces 20 dernières années, des efforts considérables ont été réclamés aux salariés sans que ces derniers n’aient pu observer où que ce soit une amélioration de quelqu’ordre, bien au contraire.

Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit problème?

Oui, ce sont bien les capitalistes et non les travailleurs qui empochent pour leurs profits, les gains de productivité.

Récemment, les gains de productivité dégagés par la révolution numérique ont été intégralement et une fois de plus engloutis par les classes dominantes.

Juste quelques chiffres :

-En France, la moitié de la production de notre richesse annuelle est assurée par seulement 3,5 millions de salariés, sur une population active comptant 30 millions.
Pour donner un ordre de grandeur, l’équivalent de l’ensemble de la richesse produite il y a 30 ans est réalisé de nos jours par à peine plus de 10% de la population active.

-Le monde paysan, c’est moins de 3% des travailleurs.

-La grande distribution toute entière, c’est 650.000 travailleurs, dont beaucoup ne sont pas sur des temps pleins, soit pas même 1% de la population totale.

En réalité, on ne sait plus quoi faire pour occuper les gens.

Ce que l’on nomme société de services est restée avant tout une société au service.

Des millions d’emplois totalement inutiles dans l’absolu, des millions d’emplois forts utiles à une classe sociale, la bourgeoisie, classe sociale qui a toujours adoré se faire servir.

« Bosser », c’est-à-dire cette action de louer sa force de travail à un possédant, c’est-à-dire voir une part considérable du fruit de son travail être accaparée par un parasite pour être accaparée ensuite par d’autres parasites, c’est-à-dire cette action répétitive, ennuyeuse, pénible, usante, harassante répétée 8 heures par jour, avec parfois une heure, deux heures, cinq heures de transport par jour, ce n’est pas la même chose que le fait d’exercer des activités utiles, solidaires et épanouissantes 15 heures par semaine organisées selon la liberté de chacun et renforcée par celle de tous.

La fin du salariat, ce n’est pas la fin de l’activité ou du travail, c’est leur libération.

Les Enragé-e-s

Qu’est-ce-que tu veux faire quand tu seras grand?

Quand on demande à un enfant ce qu’il veut faire quand il sera grand et qu’on l’oriente pour qu’il réponde par un métier, on le conditionne à l’aliénation capitaliste qui réduit l’être humain au poste de travail qu’il occupera.

Dans la société capitaliste, l’individu humain disparaît sous l’uniforme du poste occupé dans la division du travail, le jeune enfant est réduit à l’uniforme qu’on le conditionne à convoiter. C’est un « jeune futur pompier » ou « une jeune future infirmière ».
Oui, cette préparation à l’aliénation est également sexiste.

Dans la société socialiste, au contraire, l’enfant découvre la vie, sans se soucier de prendre place dans la division du travail, il se prépare à devenir un être humain émancipé des craintes matérielles pour son existence, il révèle son plein potentiel d’humanité.

Les Enragé-e-s

« Du moment où le travail commence à être réparti, chacun entre dans un cercle d’activités déterminé et exclusif, qui lui est imposé et donc il ne peut s’évader ; il est chasseur, pêcheur, berger ou « critique », et il doit le rester sous peine de perdre les moyens qui lui permettent de vivre. Dans la société communiste, c’est le contraire : personne n’est enfermé dans un cercle exclusif d’activités et chacun peut se former dans n’importe quelle branche de son choix ; c’est la société qui règle la production générale et qui me permet ainsi de faire aujourd’hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l’après-midi, de m’occuper d’élevage le soir et de m’adonner à la critique après le repas, selon que j’en ai envie, sans jamais devenir chasseur, pêcheur, berger ou critique. »

Karl Marx

« Il va falloir vous y habituer, papa m’a tout expliqué, c’est ça le capitalisme! »

A l’occasion d’une classe verte, une institutrice se retrouve en rase campagne avec 10 élèves de CM2.

Elle convoque les enfants et leur donne le programme. Ces derniers vont devoir collecter par leurs propres soins les différents aliments qui composeront le repas du midi.

Elle demande à l’un d’eux : « Louis, comme tu es le meilleur de la classe et étant donné que tu es celui qui possède le sac le plus robuste et le plus grand, c’est toi qui va être chargé de guider tes camarades de classe tout au long de cette matinée et de récupérer les tomates, la salade, les fromages de chèvre, les petits pains. »

La matinée passe. Louis, trop occupé à collecter et à guider les enfants, en oublie de les aider. Certains marchent des kilomètres en plein soleil, usant leurs chaussures et leur énergie. Tous finissent par rapporter les victuailles et parviennent à élaborer 10 repas.

C’est alors que Louis s’adresse à ses camarades de classe :

« Sans moi, jamais vous n’auriez pu retenir la liste des aliments. Sans mon sac, jamais vous n’auriez pu les porter. Sans les consignes que m’a données la maîtresse, jamais vous n’auriez pu trouver. Sans moi, vous ne mangiez pas. »

Ainsi, fier de sa démonstration, il attrape trois repas et les distribue à cinq enfants.

Puis il s’empare d’un repas et le fait passer à trois autres enfants en les sermonnant longuement sur le fait qu’ils auraient pu marcher plus vite.

Il se tourne enfin vers le dernier et lui explique qu’aujourd’hui, il ne mangerait pas, que s’il continuait à tirer au flanc ainsi, la prochaine fois, ce serait la porte.
« Il y en a des milliers qui aimeraient être à ta place! » lui lance-t-il froidement.

C’est alors que Louis attrape les 6 derniers repas, les garde pour lui dans le but avoué de s’en goinfrer et s’écrie :

« Il va falloir vous y habituer, papa m’a tout expliqué, c’est ça le capitalisme! »

 

Les Enragé-e-s

 

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Comment pourrait-il exister un semblant d’égalité dans une « société » vouée toute entière à l’inégalité ?

Comment pourrait-il exister un semblant d’égalité dans une « société » vouée toute entière à l’inégalité, dont c’est le fondement et le but ?

Lisez plutôt :

La première des résignations face au capitalisme, nous la faisons à l’école, nous la rencontrons dès notre plus jeune âge.

On nous apprend le plus tôt possible, qu’il faudrait se surpasser pour être parmi les meilleurs, non pas pour le plaisir d’apprendre, non pas pour le savoir, non juste pour surpasser les autres et « avoir une bonne place ». La compétition commence.

Pourquoi, parce que la société est ainsi faite, il y a les bonnes places pour les « méritants » et les autres places.

C’est le nouvel ordre naturel.

Les pauvres, leurs enfants (sauf quelques rares exceptions) qui triment et trimeront, les « méritants » qui triment et trimeront dans de meilleures conditions, mais surtout les rentiers, rentières qui ne trimeront jamais.

Sauf que nous savons bien que le mérite a peu à voir avec l’attribution des places, nous savons bien que le niveau social des parents est discriminant, nous savons bien que la réussite scolaire n’est pas proportionnelle à l’effort fourni. Pourtant nous continuons avec cette idée, qu’il y aurait une place à trouver pour chacun dans cet ordre social.

Or d’où nous vient cette idée?
Cela ne vous rappelle rien?
Un monde où le paysan, né paysan devait trimer, où le riche pouvait jouir de ses privilèges?
Oui, nous sommes bien sous l’Ancien Régime, nous sommes bien dans une vision ultra religieuse de la société : la pénitence (du travail pour n’être pas bien né) et la récompense (du week end et de la retraite) pour certains et le privilège (toute sa vie) pour d’autres.

Un ordre naturel.

Naturel car « bon sang ne saurait mentir », il est donc tout à fait naturel que le fils de médecin soit médecin, que le fils de prof soit prof, naturel car il serait naturel que l’on laisse à ses enfants son patrimoine et que le fils de rentier n’ait qu’à enfiler les chaussons de son père. Tout cela pour le bien commun de l’humanité.
Tout cela pour l’équilibre des relations humaines dans la recherche du Bien Commun. Non pas du bien de chacun, mais du bien commun.

Nous sommes là dans le cœur de la Doctrine Sociale de l’Église, véritable acte de naissance religieux du Capitalisme.
Les citoyens ne sont plus, l’égalité n’existe pas. Il y a des places à tenir, il faut sélectionner pour distribuer ces places.
Le pauvre à l’usine, les intermédiaires au bureau et les riches dans les palais.
Il devient dès lors inutile d’apporter du savoir au pauvre, le nivellement par le bas de l’enseignement ces 50 dernières années se justifie ainsi.

Cette doctrine est appliquée par les plus grandes institutions internationales, l’ONU, le BIT, l’UE.

Plus vous en saurez sur cette doctrine, plus vous comprendrez que le syndicalisme chrétien, en France la CFDT, syndicat collaborationniste à la remorque du PS, est contre l’émancipation du travail.

Les Enragé-e-s

La Loi est toujours du côté des puissants et de ceux qui oppriment

La plus venimeuse des illusions réformistes, notamment chez les « républicains », a fortiori en période de crise, est sans nul doute de prétendre que la Loi peut protéger le pauvre, le faible, l’exploité.

La seule chose que la Loi fasse parfaitement bien, c’est de réprimer. Et pourquoi? Parce que l’État (cette cristallisation des multiples rapports sociaux qui fondent et alimentent le capitalisme) dispose du pouvoir de punir, parce qu’il dispose d’appareils puissants développant son pouvoir de contraindre, notamment, la police, l’armée.

Quand, par extraordinaire, la Loi offre un court répit aux exploités, c’est parce qu’il existe à la base, dans les masses, un rapport de forces à mettre en face des appareils d’État, à mettre en face de la police, de l’armée. La représentation parlementaire, alors, n’est pas la source de la Loi, c’est en réalité le pouvoir populaire en actes qui contraint cette représentation parlementaire à proposer des textes qui donneront une apparence de légalité aux revendications défendues becs et ongles à la base.

Sans conscience politique du prolétariat de sa propre force, sans volonté politique de faire respecter cette source de pouvoir, la Loi est toujours du côté des puissants et de ceux qui oppriment et qui spolient.

Les Enragé-e-s