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Test: Etes-vous capitaliste ou anticapitaliste?

Tous les dimanche soir, vous êtes pris d’une boule au ventre, d’un blues indéfinissable à l’idée de reprendre le taf le lundi.

Vous ne supportez pas le fait que toute votre existence soit organisée autour du boulot, les vacances sont toujours trop courtes.

Vous avez remarqué le fait que des personnes puissent être sympathiques en dehors du cadre du boulot mais horriblement antipathiques dès la première minute d’occupation de leur poste.

Vous ne supportez plus le fait d’être spectateur de votre vie, de n’avoir le temps de rien faire, de posséder une technologie qui au lieu de vous faire gagner du temps vous en fait perdre.

Vous avez connu des phases de votre vie où vous aviez du temps mais pas d’argent ou de l’argent mais pas de temps et vous trouvez ça totalement idiot.

Le net vous a fait découvrir des milliards de trucs mais vous vous rendez compte que vous n’avez ni le temps ni l’argent pour vous y intéresser et faire ce que vous voudriez vraiment faire concrètement.

Vous avez rencontré grâce à internet des gens super, à qui vous aimeriez bien pouvoir rendre visite mais vous n’avez soit ni le temps, soit ni l’argent, soit les deux, pour le faire.

Vous prenez des cachets, de l’alcool, des drogues, des méditations, des jeux de hasard, des univers ludiques ou culturels parallèles pour tenir.

Vous avez toujours choisi, dans votre vie, le moins pire, en fait, vous n’avez jamais pu choisir de faire tout ce qui vous plaît vraiment.

Les inégalités et les injustices vous révoltent mais vous ne voyez pas comment dans cette organisation de la société, il pourrait en être radicalement autrement.

Vous vous êtes progressivement rendu compte que ce monde-là produit du malheur, de la misère, de la violence quotidienne.

Ne cherchez plus, vous êtes anticapitaliste.

 

Les Enragé-e-s

 

T'es pas anticapitaliste? Tu es sûr de ça?

Mais c'est quoi au juste le capitalisme? Une production libre et non marchande par https://vosstanie.blogspot.com/et http://www.lesenrages.antifa-net.fr

Objavil/a Les Enragés dne 13. marec 2017

 

Abattons ce système, les capitalistes nous le demandent

 Si les droits des travailleurs et des travailleuses sont remis en cause, le mouvement de contestation sociale qui vient dénoncer cette remise en cause se voit confronté à un problème d’ordre théorique et stratégique.
 Qu’est-ce à dire ? Des lois comme la loi travail 2 sont d’abord riches d’enseignements.
 
 
 Le système qui met en avant les finalités que sont la « croissance », la « productivité », la« compétitivité », s’il assure qu’une légalité permettant son fonctionnement n’exclut pas la négation des intérêts vitaux de la classe laborieuse (qui rend possible pourtant la création de la valeur, au sens strict), fait à cet instant un aveu explicite.
 D‘une certaine manière, et de façon paradoxale, ce système s’auto-dénonce. De façon impudique, il proclame que ce qui est pour lui« vertueux » correspond, dans les faits, à une occultation des vécus qualitatifs concrets de ceux qui font « fonctionner » la machine, c’est-à-dire correspond à ce qui est scandaleux en soi.

 Cet aveu est une aubaine : la classe qui détient le capital, et l’Etat qui défend ses intérêts, nous donnent le bâton pour qu’on les batte. Un cynisme aussi clair nous indique définitivement que le système n’a absolument rien de « sain » (fait que le mythe des « trente glorieuses » tendait à nous faire oublier).
 
Une démonstration aussi radicale d’un mépris institutionnalisé est un appel à l’insurrection.
 Quel est le sens d’une « provocation » ? Celui qui provoque s’attend à une réaction proportionnée à l’ampleur de la provocation. La loi présente sera une ultime provocation, qui appelle une réponse à la mesure du scandale. Dans ce contexte, on ne saurait la réduire à une énième réforme dont il s’agirait simplement d’exiger la « refonte », ou même « l’abolition ». Il y a là plutôt un saut qualitatif qui se joue. Le système de la valeur accumulée montre son vrai visage, et il faudrait savoir saisir cette occasion. L’inconscient des agents d’entretien du système « républicain » est un vaste champ de ruines que nous pourrions explorer.
 
 Ici, des idéaux de jeunesse abandonnés, des renoncements,des abdications. A l’endroit où ils se trouvent, règne en maître une « double pensée » (Orwell) en laquelle il s’agit de formuler, sur un mode phatique, des prescriptions technocratiques désincarnées dont on a pleinement oublié la signification proprement « humaine ».
 
 Leur connexion sociale se résume à l’analyse quantitative de « courbes » ou de « graphiques », de« sondages » ou de « statistiques », qui n’a plus rien de tangible. Une parole émerge alors, au sein de ce marasme pathétique : la « vertu » de ce système, nous disent-ils, correspond à la nécessité de piétiner ceux qui permettent son fonctionnement.
 Et soudainement, ils nous délivrent, indirectement mais certainement, une amère vérité, que nous avions préféré ne plus voir : le système en question, pas une seule seconde, n’a pour finalité la prise en compte et la reconnaissance positive de ses membres laborieux. Un individu qui reconnaît que sa « vertu » consiste en l’occultation-destruction des autres se dénonce lui-même : sa provocation appelle une réaction proportionnée.

 De même, un système qui rend possible des lois comme la loi travail XXL est un appel à sa radicale remise en cause, à sa radicale abolition. 

 Inconsciemment, les agents d’entretien du système républicain, en proposant ou en soutenant des projets aussi scandaleusement négateurs de l’humain, savent qu’ils susciteront une réaction proportionnée : ils sont guidés malgré eux par une logique irréversible, qui est la logique de l’auto-dépassement du capitalisme, vers une société post-capitaliste.
Il faudrait donc que nous puissions nous situer à la mesure du scandale. Deux options sont à envisager dans ce mouvement de lutte : ou bien nous revendiquons exclusivement la suppression de la loi (et ainsi, si nous obtenons gain de cause sur ce terrain, nous pourrons retourner à nos activités « normales », nous pourrons continuer à survivre dans un système qui aura pourtant exhibé aussi fièrement son nihilisme intrinsèque) ; ou bien nous profitons de cette occasion pour promouvoir, de façon plus globale, l’abolition radicale du système, et le passage à de nouvelles formes de vie, créatives et intensives.
 Les deux options, bien sûr, ne s’excluent pas mutuellement.
 
D‘abord, dans un contexte qui n’est pas encore révolutionnaire, il faut bien sûr défendre les droits des travailleurs et des travailleuses s’ils sont menacés, dans la mesure où, tant que le capitalisme n’a pas été aboli, il faut pourtant bien vivre, et ce dans les meilleures conditions possibles. Mais il devrait être possible aussi, et même nécessaire il me semble, de tenir ensemble les deux finalités : dans le temps où nous défendons les droits des salarié-e-s, dans le temps où nous tentons de réduire les inégalités au niveau de la distribution des marchandises et de la valeur, dans le temps où nous souhaitons éviter que la politique politicienne produise des dégâts irrémédiables, nous pourrions préparer l’avènement d’une société en laquelle seraient abolis le travail, la propriété privée des moyens de production, la marchandise, la valeur, et l’Etat.
 
 La focalisation présente sur la loi travail XXL (qui n’est pas qu’un prétexte, mais plutôt un détonateur) ne se priverait pas d’un horizon révolutionnaire, et d’un projet post-capitaliste. Etre à la « hauteur » de l’aveu scandaleux qui vient de nous être fait, être à la hauteur d’une provocation qui dévoile le système en son être amoral et nihiliste, ce pourrait donc bien être cela : défendre une lutte plus radicale, défendre une remise en cause fondamentale des règles du jeu économique et social, par-delà tout réajustement cosmétique inessentiel. Cette loi nous dévoile l’être du travail en régime capitaliste.
 
 Sachons retenir cette leçon. Quelle est cette leçon ?
 
 Le travail, d’abord, est en crise. La révolution micro-informatique a rendu de moins en moins indispensable le travail vivant. Le recours massif à l’automatisation de la production, permettant des gains concurrentiels, produit une inutilité relative d’un bon nombre de travailleurs et de travailleuses. Mais précisément, cette inutilité n’est que relative :car, fondamentalement, le système capitaliste a besoin, en sous-main, du travail vivant exploité, pour que s’accumule, et même pour que se maintienne, la valeur, la force de travail étant la seule « marchandise » susceptible de créer plus de valeur qu’elle n’en coûte.
 
 Face à cette contradiction, le capitalisme se confronte à une radicale et irréversible dévalorisation de la valeur. Le travail, devenu inutile, se met à affirmer son irréductible nécessité. La traduction politique de cette tension inhérente au capitalisme n’est pas une ultime reconnaissance des travailleurs et travailleuses, mais bien plutôt leur précarisation irrémédiable, via une législation appropriée : car l’extraction de plus-value doit se faire plus « agressive », plus « efficace », dans la mesure où le système se confronte à la potentialité de son autodestruction.
 
 Autre enseignement : le travail ne vaut pas en tant qu’il produit des valeurs d’usage concrètes, susceptibles d’avoir une vertu sociale concrète, mais il ne vaut qu’en tant qu’il permet une « croissance » quantitativement et abstraitement appréhendée. Avec la loi travail XXL,dans la continuité de la loi El Khomri, c’est l’idée de « travail en général », de travail « tout court » qui émerge radicalement : peu importe votre activité, la manière dont vous vous reconnaissez en elle, et la manière dont elle sert le bien commun ; ce qui importe, c’est d’abord le fait qu’elle soit activité salariée productrice de valeur abstraite. Car la « croissance » qui inquiète tant les Politiques n’est elle-même qu’un enjeu désincarné, par-delà tout projet raisonnable ou authentiquement humain.
 
 Cette loi nous dévoile l’être de l’Etat en régime capitaliste.  Sachons retenir cette leçon. Quelle est cette leçon ? L’Etat n’est que le gestionnaire du capitalisme. Ses finalités (productivité, compétitivité) peuvent toutes être ramenées à la notion de profit (profit qui concerne une infime minorité de la population).
 
 La manière dont il définit sa gestion du tout social renvoie à une façon de privilégier systématiquement un ensemble d’intérêts privés négateurs du bien-être commun. La « double pensée » qu’il porte consiste à faire passer certains en jeux vagues et mal définis (croissance) pour des questions concernant quelque « intérêt général » abstrait et immédiatement séduisant. Mais tout universel-abstrait, pourtant, recouvre un particulier concret à tendance totalitaire se faisant passer fallacieusement pour le tout là oùil n’est qu’une partie non représentative de ce tout. Avec des lois comme la loi travail XXL,l’Etat « républicain » nous fait un aveu : pour lui, la liberté n’est jamais que la liberté d’entreprendre (ou de consommer) ; mais cette liberté est le contraire de la liberté politique au sens strict, qui est une liberté positive en actes et en paroles ; pour lui, l’égalité est une égalité quantitative qui concerne la sphère de la circulation des biens ; mais cette égalité repose sur le principe inégalitaire par excellence (l’exploitation dans la production). Prendre acte de cet aveu,c’est prendre acte d’un fait important : l’Etat qui affirme lui-même la nécessité de défendre les principes « démocratiques » est en train d’affirmer lui-même qu’il revendique sa propre abolition, dans la mesure où il défend le contraire de la démocratie réelle. Telle est la conséquence de la « double pensée » en milieu démocratique : les individus qui sont des« représentants » du « pouvoir » « démocratique » exigent eux-mêmes, certes inconsciemment, qu’on les renverse, et que l’on fasse cesser leur mascarade. S’ils étaient conséquents, et s’ils comprenaient réellement ce que signifie leur défense de la « démocratie », ils voudraient eux-mêmes ne plus gouverner, et reconnaîtraient la légitimité de tout mouvement de désobéissance civile. Sur ce point donc, écoutons-les, et soyons conformes à leur souhait inconscient : abattons leur système, puisqu’ils paraissent tant le désirer (quoiqu’ils ne le sachent pas eux-mêmes…).
 

Misère politique du campisme

Le mouvement ouvrier et révolutionnaire, le camp de l’émancipation sociale, a historiquement souffert et souffre encore du campisme. De quoi s’agit-il ? De la mise en œuvre, pas forcément explicite ni consciente, de l’un au moins des deux principes suivants. Le premier principe veut que les ennemis de mes ennemis soient mes amis. C’est donc un principe qui délimite mon camp par opposition au camp adverse.

Selon le second principe, la solidarité vis-à-vis de mon camp implique de renoncer à toute critique à son endroit. C’est un principe qui limite ce que je peux et dois penser de mon camp. Ces deux principes pris ensemble se traduisent en une double injonction : choisis ton camp et défends-le contre toutes les attaques !

Le campisme offre un cadre simple et probablement confortable pour les paresseux. Sur le fond, il est une véritable nuisance, particulièrement aujourd’hui quand des courants politiques réactionnaires travaillent activement au brouillage des repères.

Kémi Séba est une vedette de la nébuleuse dissidente . Depuis plus de 10 ans, il anime un petit mouvement, auto-proclamé « panafricaniste », qui prend la forme d’une succession de groupuscules comme Le Mouvement des Damnés de l’Impérialisme ou Les Jeunesses Kémi Séba.

On voit le premier principe à l’œuvre dans toute une mouvance, pas tant à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite, mais quand même aussi à l’extrême gauche, dans la posture dite « anti-impérialiste ». Sous couvert d’un rejet légitime de l’impérialisme états-unien et plus généralement occidental, incluant l’Union européenne et Israël, on en vient à considérer que des États tels que Cuba, la Bolivie de Morales, mais aussi l’Iran de Ahmadinejad, la Libye de Kadhafi, la Syrie de Assad ou la Russie de Poutine sont dans notre camp. C’est évidemment mettre tout ce beau monde dans un même sac et oublier, ou feindre d’oublier, que certains de ces États comme la Syrie ou la Russie, jouent leur carte dans le concert des impérialismes et méprisent le droit des peuples autant que les grands impérialismes.

Le rouge brun Jean Bricmont, interviewé sur la chaîne d’extrême droite Meta TV.

Autre posture similaire à déclinaison nationale, le « souverainisme » qui, sous couvert d’un rejet légitime des institutions de l’Europe patronale, propose l’union du « peuple » et de la « nation », toutes classes et toutes tendances politiques confondues, pour restaurer sa souveraineté. On sait comment ce genre de stratégie se termine, la dernière personnalité ayant emprunté le toboggan étant Jacques Sapir, souverainiste « de gauche » qui va ouvrir la prochaine université d’été du FN.

Le premier principe du campisme a pour trait commun de se déployer sur des bases partielles et partant de conduire à des délimitations erronées. À rejeter l’impérialisme, ou les institutions internationales, ou le capital financier, ou les grands projets inutiles… on ne rejette jamais le capitalisme en tant que tel et on ne construit pas son camp sur des bases de classe. On se trouve dès lors potentiellement allié à certains de nos pires ennemis, comme en témoignent les nombreuses passerelles vers l’extrême droite, construites et entretenues par toutes sortes de militants confusionnistes qu’on ne citera pas ici. Le campisme est ici dramatique en ce qu’il conduit à s’allier à ses propres adversaires.

Conférence au sommet entre Etienne Chouard et Michel Collon.

Le second principe est plus subtil, et certains y succombent même en ayant résisté au premier – même si l’inverse est généralement faux. Ce principe est de l’ordre du réflexe qui veut qu’on ne touche pas à la famille quand bien même cette famille aurait des cadavres dans les placards. Le mouvement ouvrier politique du XXe siècle ne s’est pas relevé de cette forme de campisme : la solidarité de classe envers la révolution russe s’est muée en adhésion majoritaire aux crimes staliniens. Mais le campisme communiste n’est pas le seul. D’autres positionnements du mouvement ouvrier ont conduit et conduisent encore à fermer les yeux sur des aspects de dominations considérés comme secondaires car ne relevant pas de l’exploitation de l’Homme par l’Homme : la domination masculine, le racisme issu du colonialisme, l’homophobie…

Jean Bricmont et sa fixette monomaniaque sur BHL relayant RT, la chaîne propagandiste de Moscou. Dans ses contacts, on retrouve la bachariste Adeline Chenon Ramlat, Jonathan Moadab venant de la web tv d’extrême droite Agence Info-Libre et travaillant pour RT ou encore l’ex-dieudonniste belge Olivier Mukuna, dont l’interview d’Houria Bouteldja (PIR) sera refusé par tous les médias belges francophones mais diffusé sur le site d’extrême droite bachariste Le Cercle des Volontaires.

Cette stratégie ouvriériste peut aller loin, jusqu’à soutenir des positions antiféministes comme le PCF dans les années 1960. Symétriquement, des mouvements luttant contre diverses formes de domination ont succombé au campisme, en priorisant leur lutte au détriment des autres. On a vu et on voit ainsi des féministes (sincères) ignorer les questions de dominations sociale ou raciale, des soutiens (sincères) de la cause palestinienne ignorer l’antisémitisme, des supporters (sincères) de la laïcité ignorer le racisme. Les campistes sont alors les premiers idiots utiles de l’instrumentalisation de leur cause par certains de leurs pires adversaires.

Dernier avatar du campisme, celui que Jacques Fortin, militant LGBT et d’extrême gauche, a appelé l’islamocampisme (voir sur son blog). C’est ce positionnement des opposants légitimes et sincères au racisme antimusulman, qualifié d’« islamophobie », qui ignorent tout ce que l’islam comme religion et l’islamisme comme courant politique portent de régressif pour le droit des femmes, des homosexuel.le.s et, plus généralement, pour les libertés. Cela conduit certains des défenseurs, encore une fois légitimes, des musulman.e.s contre le racisme dont ils sont victimes, à ignorer totalement les autres dominations subies par nombre de musulman.e.s (second principe), et dans le pire des cas, à ne pas être gênés de la compagnie d’islamistes plus ou moins « modérés » dont les valeurs sont à l’opposé des leurs (premier principe). Il y a eu une expression symptomatique de ce campisme à l’occasion de l’affaire du burkini cet été, quand de nombreux communiqués d’extrême gauche et libertaire ont dénoncé à juste titre les décrets anti-burkini et les arrestations sur les plages, mettant en avant la liberté individuelle des musulmanes mais ignorant totalement le sens politique, collectif, de la progression des voiles et burkinis sous toutes les latitudes. (Pour lire quelques textes qui prennent le contrepied de ce positionnement, voir ici.)

Première livraison de l’affiche du rendez-vous, le philo-négationniste Bruno Drweski mais aussi le groupe de la FA Regard Noir, dissout depuis, qui finiront par être retirés de l’affiche de cette réunion. Dans les intervenants, Alima Boumediene Thiery, proche d’Europalestine et victime de l’Ordre « sioniste » des Avocats, Yasser Louati qui a seulement quitté le CCIF en juin 2016 ou encore la militante anti-avortement Ismahane Chouder, un meeting et une pétition à l’initiative de l’association ALCIR 20.

En agglomérant systématiquement à son camp certains de ses adversaires ou au moins certaines de leurs positions, le campisme est l’ennemi de l’émancipation. Résister au campisme suppose de refuser certains alliés faciles et de ne rien lâcher dans le rejet des dominations. Lutter sans hiérarchie contre les dominations sociales, de genre, d’orientation sexuelle, religieuse ou nationale, lutter contre ces dominations non seulement quand elles sont incarnées par l’adversaire mais aussi dans notre propre camp, c’est à ce prix que nous pourrons contribuer à l’émancipation.

 

Raph

Article paru dans RésisteR ! #44, le 17 septembre 2016

 

 

Des flics bientôt tatoués ACAB?

C’est en tout cas la question que l’on peut se poser puisque selon un communiqué en date du 8 juillet, le syndicat Unité SGP Police-FO a obtenu, le 17 juin, en comité technique, l’autorisation pour les policiers de porter barbe et tatouages.

Alors bien évidemment, dans un pur esprit bourgeois, les apparences et elles seules seront sauves puisque les tatouages ne devront pas comporter de caractère raciste, politique, religieux ou xénophobe.

10385289_313073978859181_7667720559901716779_nPour une profession au sein de laquelle, selon le Cevipof, 37% des effectifs avouent voter pour le parti fasciste français subventionné, le Front National et où plus globalement, plus de 85% d’entre eux votent à droite, l’inspiration sur le choix des motifs pourrait bien frôler la panne sèche.

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Pourquoi ne pas se faire tatouer un ACAB?

 

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Connaissez-vous la signification exacte d’ACAB, de quoi il est l’acronyme?

Nul ne sait vraiment même si nous avons une petite idée sur la question. C’est pourquoi, nous avons émis plusieurs hypothèses que nous tenions à vous soumettre, à commencer par celle, selon certaines sources autorisées en tout cas, qui serait la plus plausible et qui concerne l’animal de loin star incontestée d’internet et des réseaux sociaux, le chat.

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All Cats Are Beautiful = Tous Les Chats Sont Magnifiques

 

Et c’est vrai qu’ils sont magnifiques, ces chats qui nous réveillent à pas d’heure, qui bousillent le canapé de leurs coups de griffes gracieux, qui pissent dans des endroits toujours plus improbables, qui explosent des verres sans jamais être foutus de prononcer un seul mot d’excuse, contrairement aux flics, qui eux aussi ne servent à rien, les chats, eux, on les aime bien.

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Mais pourquoi ça devrait servir à quelque chose un chat? Vous servez à quoi vous?

182995_10201150742676422_1351253025_nAprès sa domestication il y a près de 10.000 ans au Moyen-Orient au but de protéger les cultures des rongeurs, célébré plus tard en Egypte, le chat n’a pas choisi de naître chat tout comme nul n’a choisi de naître tout court.

1477951_560199890735086_124587810_nLe sens de la vie du chat, c’est l’humain qui lui en a trouvé un. Le sens de la vie de l’humain, c’est le capitaliste qui s’est empressé de lui en trouver un dès le lundi matin, huit heures.

ebce75252402a24b6adb527cf393e514Et oui, au sein d’une économie de marché, c‘est la totalité de notre existence qui est assignée à la fonction production de biens et de services. C’est la découpe du temps quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, annuelle qui conditionne entièrement nos vies à la production et ce au but d’engraisser la classe parasite, la bourgeoisie.

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Et les flics dans tout ça, ils ne produisent rien donc ils ne servent à rien?

10582225_702005716561808_230092401_n                                             Nous y reviendrons plus bas.

Passons maintenant aux autres hypothèses sur la signification de ACAB même si la plupart, à l’exception peut-être de l’une d’entre-elles, ne nous semblent pas très sérieuses. Quoique.

all-colors-are-beautiful-T-ShirtsAll Colors Are Beautiful = Toutes les Couleurs Sont Magnifiques

 

c415866c58023815d8b06ce39df35f71All Cows Are Beautiful = Toutes les Vaches Sont Magnifiques

 

1911655_705884539498659_6725443414541789415_nAll Cops Are Bastards = Tous les Flics Sont des Bâtards

Comment comprendre ici le mot  » Bâtards « ? S’agit-il d’une injure à caractère patriarcal désignant  et dépréciant un enfant qui serait né d’une union illégitime?

1378331_219388778227702_91726451_nOu bien faut-il comprendre le mot dans le sens traîtrise à sa classe puisque les flics sont des prolétaires qui ont pour ordre et fonction d’opprimer  et de réprimer les prolétaires, ce qui expliquerait à la fois son caractère essentialiste et politique?

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« La violence de la police n’est pas un accident »

Police dont la fonction est de protéger les possédants, les rentiers, le patronat, l’État.

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Revenons quelques instants sur une information qui aura échappé à beaucoup et qui fait suite à la diffusion sur la toile d’une vidéo mettant en scène l’arrestation violente d’une femme par la BAC (brigade anti-criminalité) de Nancy, vidéo qui provoqua une énorme vague d’indignation.

2015-09-29_133806Au sein de cet article que vous pourrez retrouver ici, le caractère de classe de la Justice apparaît clairement pour ce qu’il est.

2015-09-29_134556Oui vous avez bien lu. Des cow-boys (All Cows Are Beautiful) de la BAC se mettent à trois pour violenter une personne et le  » déferlement de violence  » viendrait de la part de ceux et celles qui ont été scandaliséEs, révoltéEs par cette violence!

aaaaaaaaaaaaaa-vachesL’article de l’Est Républicain, comme la police, poursuit:

2015-09-29_134718Rendez-vous le 15 octobre pour connaître l’issue de cette mauvaise blague.

 

Les Enragé-e-s

 

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6877777N’oubliez jamais, le droit de se taire est un droit fondamental. N’avouez rien.

 

Et vous, vous savez ce que cela veut dire, ACAB?

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Les sites conspirationnistes? Des pièges à cons!

Difficile d’y échapper sur internet, des milliers de sites et documents conspirationnistes encombrent les résultats des moteurs de recherche et nos écrans, une vraie pollution.

Les thèmes de prédilection? Difficile de les évoquer tous mais on retrouvera des thèmes récurrents et pour certains d’entre-eux, obsessionnels:

11 septembre, Nouvel Ordre Mondial [1], Illuminati, Bilderberg, Trilatérale, complot judéo-maçonnique, spiritualisme, développement personnel, ufologie, voyance, écologie mystique, (R)évolution de potager, anthroposophie, chemtrails, charlatanisme, satanisme, New Age, biodynamie, survivalisme, mouvements sectaires, etc,…

Le point commun de tous ces thèmes en apparence très différents, c’est l’obscurantisme.

Tous ces sites sont reliés, comme des milliers de petites églises, directement ou de façon plus insidieuse, à une idéologie de droite radicale et d’extrême droite.

La formule  » Nouvel Ordre Mondial  » est une façon de faire passer pour nouvelle une mécanique qui est constitutive du capitalisme.

Le capitalisme d’aujourd’hui n’est pas radicalement différent de celui qui animait le début du siècle dernier, bien au contraire.

Les grandes crises qu’il produit, constituées par l’emballement de l’accumulation du Capital, n’ont rien de « nouveau ».
Ces grandes crises sont parfaitement comprises et expliquées depuis longtemps.
Une telle grande crise s’est produite juste avant la première guerre mondiale. Destruction et barbarie qui n’ont résorbé qu’un temps les contradictions produites par le capitalisme. Cette même crise qui s’est reconstituée à l’entre-deux guerres et qui a produit une nouvelle abomination, la seconde guerre mondiale.

Le « Nouvel Ordre Mondial » n’existe pas, le capitalisme, oui.

La sphère conspirationniste ne se contente pas d’imposer des mythes, elle impose également des mots, et ces mots sont porteurs d’une idéologie, celle de la droite radicale et obscurantiste.

L’obscurantisme, qu’il soit religieux ou pas, a toujours été un instrument de domination.

L’obscurantisme est une attitude de négation du savoir.
L’obscurantisme refuse de reconnaître pour vraies des choses démontrées.

C’est bien la contre-révolution catholique qui lance la première cette réécriture mystifiée du réel en tentant d’attribuer au processus complexe de la Révolution française le résultat d’une action présupposée souterraine de  » forces occultes « , de groupes culturels et philosophiques existant ou ayant existé – comme la franc-maçonnerie ou les illuminés de Bavière  – et d’une magie résultant de la toute puissance d’une secte! Délire plutôt cocasse de la part d’une Église et plus particulièrement d’un abbé, en l’occurrence Augustin Barruel.

Il faut se souvenir que le courant des Lumières a permis de remettre en question radicalement l’influence du divin sur le pouvoir et sur notre rapport au savoir.
Cette pensée est née au sein de courants philosophiques, dans des cercles de réflexion, dont la franc-maçonnerie a fait partie, avec d’autres.

Le Clergé n’a jamais accepté sa défaite morale à l’occasion de la Révolution française.

Voilà pourquoi l’extrême droite, descendante directe de la contre-révolution catholique, focalise tant sur la franc-maçonnerie.

Voilà pourquoi toutes les extrêmes droites conspirationnistes de la planète n’ont fait que ressortir de façon quasi identique dans sa forme comme dans son fond, la théorie loufoque sur les « Illuminati « .

La première théorie du complot « moderne » provient de sphères religieuses réfutant l’apport du courant des Lumières et qui ont toujours voulu abattre la République.

Cette réécriture religieuse du réel a besoin d’imposer des mythologies qui vont recourir à de multiples subterfuges irrationnels masqués par une approche en apparence scientifique.

Le but est bien évidemment de clouer sur place, de priver de toute compréhension du monde, de toute émancipation, gage de la perpétuation de l’ordre économique, à l’époque les rentes de l’aristocratie et du Clergé.

A partir du moment où la contre-révolution catholique parvient à imposer l’idée que tout est déjà écrit et décidé par un petit groupe secret tirant les ficelles dans l’ombre et dont les traits culturels seraient identiques, tout est mis en place pour fracturer la population afin qu’une partie d’entre elle ne se soumette et finisse par se ranger dans le camp des dominants.

Grâce aux croyances, grâce aux obscurantismes, qu’ils soient religieux ou pas, on coupe chez la population toute velléité révolutionnaire, on la conduit à accepter son triste sort, on la conduit à se battre contre des moulins à vent ou encore aux côtés de ses maîtres.

A partir du moment où le mot  » Illuminati  » s’impose, il est possible de lui substituer tout bouc-émissaire, qu’il se nomme franc-maçon sous la Révolution, qu’il se nomme juif sous les tsars et sous Hitler, qu’il se nomme musulman, « élites corrompues », chômeur, pauvre, Rom, étranger, fonctionnaire européen, cette IDÉOLOGIE DE REJET sert avant tout les dominants en offrant des leurres, des coupables idéaux qui sont autant de diversions et d’appels à la résignation.

En lieu et place d’offrir une analyse de compréhension des conditions matérielles d’existence du monde, la sphère conspirationniste prétend nous instruire en nous plongeant la tête dans le sable.

Pour ces sphères conspirationnistes, ce n’est pas le capitalisme en soi qui pose problème, c’est le fait qu’il serait  » dirigé  » selon elles, par des gens  » corrompus « .

Il serait ainsi possible de  » moraliser  » un système d’organisation de la production confiscatoire et par essence inégalitaire.

Moraliser un système amoral?

On retrouve là une vision ultra conservatrice et verticale de la société, une vision qui n’est pas seulement l’apanage des extrêmes droites, mais que l’on retrouve de Bayrou à Sarkozy, qui eux aussi entendent « moraliser » le capitalisme.

Droites et extrêmes droites sont les descendantes lointaines pour les premières, directes pour les secondes, de la contre-révolution catholique.

Une force politique qui alla s’assoir à la droite du roi au but de lui conserver son droit de veto, de conserver en place les privilèges.

Toutes les droites sont les descendantes directes ou lointaines de la contre-révolution catholique.

C’est ainsi que la droite, jusqu’à la mise en place du suffrage universel masculin à la suite du vol de la Révolution de 1848, est toujours monarchiste.
Elle le sera quasiment jusqu’à la fin du 19e et sera contrainte par l’Histoire d’embrasser un républicanisme d’apparat.

Voilà pourquoi tant de passerelles existent entre toutes les droites, qui se battent toutes pour les intérêts des classes possédantes.

Et la  » gauche  » de gouvernement? Elle prétend se battre aux côtés des galériens mais en réalité, tout ce qu’on a obtenu, on ne l’a toujours dû qu’à nous-mêmes. La  » gauche  » participe à maintenir l’illusion démocratique. Une illusion au service d’un État qui lui-même est au service d’une bourgeoisie et du capitalisme.

La bourgeoisie possède en effet un État, des lois, des normes comptables et fiscales faites sur mesure pour elle ainsi que de nombreux leviers dans la production culturelle, intellectuelle et de procédures civiques pour assurer à la fois la perpétuation de sa position sociale et une réécriture du réel favorable à son idéologie.

Elle possède les radios, les télés, presque tous les journaux, les instituts de sondages, la publicité dans le but d’imposer une idéologie favorable à ses intérêts.

Et ces millions de pages, mystiques, de droite radicale, conspirationnistes et fascistes, prétendant dénoncer des médias appartenant aux droites libérales patronales, entendent avant tout nous faire rester dans la même famille politique ; la droite, dans le même système économique, le capitalisme.

Ces droites radicales répondant à leurs cousines des droites libérales sont en réalité bien décidées à tout faire pour nous soyons incapables de comprendre le monde, comprendre ce système barbare qu’est le capitalisme et nous priver de notre capacité à nous émanciper collectivement.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

[1] La formule  » Nouvel Ordre Mondial  » provient de la théorie conspirationniste de l’auteur d’extrême droite Eustace Mullins, théoricien antisémite, révisionniste et négationniste.

 

A lire en complément:

Fascisme et conspirationnisme

 

Quand la FNSEA fait sa loi

Nous vous proposons un reportage de la chaîne France 4 sur la politique lobbyiste et terroriste du premier syndicat agricole que nous complèterons de quelques images des exactions de pro-barrage qui ont lieu sur la Zone A Défendre du Testet.

 

 

 

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Grand rassemblement prévu le week end des 25 et 26 avril – le printemps de Sivens – pour  affirmer sa solidarité avec les opposants au barrage, victimes des exactions de groupes violents, couverts par l’Etat.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

 

 

Pour comprendre les enjeux politico-économiques du barrage du Sivens

Ils ont tué une seconde fois Charlie

L’oppression d’Etat s’exerce par sa capacité à sur-réagir en construisant une fiction à la fois de protection et de propagation incendiaire de la peur qu’elle prétend éteindre.

En effet, la classe possédante est d’autant mieux en capacité de démultiplier la perception de l’attaque symbolique qui la frappe que la même se livre au quotidien à une réécriture du réel favorable à ses intérêts et ce sur l’ensemble des canaux et relais dont elle dispose.

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Dans cette retranscription du réel, produit d’une combinaison croisée d’intérêts privés, la violence et la réponse violente à la violence se monétisent proportionnellement à la barbarie de l’acte terroriste.

Sur le marché de l’information, l’information terroriste prend d’autant plus de valeur que le marché se rend compte qu’elle a de la valeur. Et cette montée de valeur, dont la condition ici est l’effroi absolu, effet attendu et voulu par le terrorisme, ne supporte pas la concurrence.

Il y a tellement peu de place pour l’information sur un marché de l’information que le terrorisme permet de faire de toutes les informations une seule information.

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Le terrorisme n’aime pas la concurrence, l’Etat, la classe possédante et ses organes non plus.

Le jeu antagoniste des médias, qui ne sont que les yeux, la voix et la pensée de la classe dominante dans son ensemble, produit un effet hypnotique qui participe à son rite totalitaire.

La logique capitaliste des classes possédantes ne s’exprime pas seulement ici dans la recherche opportuniste de gain rapide – si elles possèdent les médias, ce n’est pas tant pour leur relative faible rentabilité mais pour le pouvoir qu’ils procurent – mais aussi et surtout par ses vues opportunistes immédiates, à savoir le renforcement de leur influence et de leur position sociale.

304026_2387524287184_1982189853_nEn effet, si les classes possédantes font subir au quotidien l’oppression et l’exploitation, elles s’astreignent toutefois méthodiquement à ne jamais offrir à l’ensemble des galériens quelque clé de compréhension tangible de la réalité de leur condition.

312171_169343106565603_1879624291_nL’effroi consécutif à l’action terroriste est une aubaine pour la bourgeoisie car il produit une pensée non seulement dépolitisée mais aussi totalement incohérente.

Il permet de participer à libérer une masse colossale de souffrance non verbalisée, non expliquée, sur sa propre existence, en captivant sur un événement semblant sortir de nulle part et qui pourtant est la conséquence directe de l’impérialisme de la même classe qui nous opprime ici.

Le terrorisme piétine par sa barbarie un monde lissé et idéalisé, duquel la classe possédante a soigneusement ôté sa propre violence: Voilà là le meilleur moyen pour elle d’affirmer sa toute puissance en allant chercher le consentement de la classe qu’elle domine.

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L’enclenchement du processus récent d’ultra-professionnalisation de la lutte antiterroriste correspond pour les Etats à la volonté de pouvoir marchandiser et maîtriser, y compris sous forme étatique, la gestion des retours de flamme des dégâts produits là-bas par l’économie capitaliste et l’expansion impérialiste.

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La rationalisation et l’augmentation de la productivité du contrôle social et de sa division du travail correspond aux besoins des capitalistes à ce stade de développement de l’économie et de la crise systémique du capitalisme.

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Ce sont des corps qui sont emmenés à être glorifiés dans l’économie capitaliste, ce qui permet de faire aduler et craindre un corps de l’Etat en capacité, avec l’armée, de déployer un déchaînement de violence ponctuel et ciblé en réponse à quiconque qui remettrait en question la « paix », paix qui n’est autre que celle des classes possédantes.

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La bourgeoisie exerce une violence terrible qu’elle occulte totalement et sur-réagit à celle, très ponctuelle, qui la frappe.

A partir du moment où elle est capable de provoquer et de canaliser l’incrédulité collective et l’incapacité individuelle de sa propre exploitation tout en détournant de l’explication du réel, tout événement fracassant l’univers idéalisé entretenu par la société de marché peut libérer chez certains une quantité phénoménale de colère inexpliquée car non raccordée à quelque étude ou compréhension matérielle du monde.

Dans ce contexte d’hystérie collective, l’Etat, en exerçant à la fois sa qualité de juge et de bourreau, valide une application de la peine de mort dans les faits sans qu’elle le soit dans la loi et sans qu’il puisse recevoir quelque critique de quiconque dans la sphère des canaux culturels et médiatiques aux mains de la bourgeoisie.

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L’Etat reçoit les hommages de ses gueux pour avoir foudroyé le malin sur la place publique, sans attendre.

L’Etat avait promis qu’il protégerait Charlie pour au final ne pas le protéger vraiment.

En revanche, l’Etat, lui, sait très bien se protéger quand il le faut.

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Le terrorisme permet aux Etats de tenir un discours éducatif et favorable à leurs intérêts, pour les Etats, le terrorisme est une bénédiction.

La peine de mort a été abolie uniquement pour ceux qui se rendent immédiatement sans broncher, elle est encore appliquée sous forme de rites sacrificiels collectifs et hystériques, dont la barbarie censée répondre à une autre n’est là que pour réaffirmer la toute puissance de la classe possédante et imposer une obéissance sans condition.

 

Les Enragé-e-s

 

 

La fin du salariat, ce n’est pas la fin de l’activité ou du travail, c’est leur libération

Le capitalisme, ce n’est rien d’autre qu’une certaine façon d’organiser la production.
Un système d’organisation de la production qui concentre la majeure partie de ses fruits dans les mains d’une minorité.

Aucune production ne se fait sans travail.

Ce que hélas beaucoup de gens n’ont pas compris, et on ne leur en veut pas car absolument rien n’est fait pour les éclairer sur ce point ESSENTIEL qui conditionne tous les autres, c’est que désormais la grande majorité des emplois sont inutiles.

En réalité, à peine 20% de la population active est réellement nécessaire pour assurer la totalité des besoins de tous.

En près d’un siècle, les gains de productivité dégagés ont été phénoménaux.
Un poste qui nécessitait 5, 10, 20, 40 travailleurs n’en réclame désormais plus qu’un ou deux.
Pourtant, la journée de 8 heures date de 1919, avec 48 heures par semaine.
De nos jours, malgré le passage aux 35 heures pour une partie des travailleurs, le temps réellement travaillé oscille entre 41 et 42 heures par semaine.

Ces 20 dernières années, des efforts considérables ont été réclamés aux salariés sans que ces derniers n’aient pu observer où que ce soit une amélioration de quelqu’ordre, bien au contraire.

Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit problème?

Oui, ce sont bien les capitalistes et non les travailleurs qui empochent pour leurs profits, les gains de productivité.

Récemment, les gains de productivité dégagés par la révolution numérique ont été intégralement et une fois de plus engloutis par les classes dominantes.

Juste quelques chiffres :

-En France, la moitié de la production de notre richesse annuelle est assurée par seulement 3,5 millions de salariés, sur une population active comptant 30 millions.
Pour donner un ordre de grandeur, l’équivalent de l’ensemble de la richesse produite il y a 30 ans est réalisé de nos jours par à peine plus de 10% de la population active.

-Le monde paysan, c’est moins de 3% des travailleurs.

-La grande distribution toute entière, c’est 650.000 travailleurs, dont beaucoup ne sont pas sur des temps pleins, soit pas même 1% de la population totale.

En réalité, on ne sait plus quoi faire pour occuper les gens.

Ce que l’on nomme société de services est restée avant tout une société au service.

Des millions d’emplois totalement inutiles dans l’absolu, des millions d’emplois forts utiles à une classe sociale, la bourgeoisie, classe sociale qui a toujours adoré se faire servir.

« Bosser », c’est-à-dire cette action de louer sa force de travail à un possédant, c’est-à-dire voir une part considérable du fruit de son travail être accaparée par un parasite pour être accaparée ensuite par d’autres parasites, c’est-à-dire cette action répétitive, ennuyeuse, pénible, usante, harassante répétée 8 heures par jour, avec parfois une heure, deux heures, cinq heures de transport par jour, ce n’est pas la même chose que le fait d’exercer des activités utiles, solidaires et épanouissantes 15 heures par semaine organisées selon la liberté de chacun et renforcée par celle de tous.

La fin du salariat, ce n’est pas la fin de l’activité ou du travail, c’est leur libération.

Les Enragé-e-s

Qu’est-ce-que tu veux faire quand tu seras grand?

Quand on demande à un enfant ce qu’il veut faire quand il sera grand et qu’on l’oriente pour qu’il réponde par un métier, on le conditionne à l’aliénation capitaliste qui réduit l’être humain au poste de travail qu’il occupera.

Dans la société capitaliste, l’individu humain disparaît sous l’uniforme du poste occupé dans la division du travail, le jeune enfant est réduit à l’uniforme qu’on le conditionne à convoiter. C’est un « jeune futur pompier » ou « une jeune future infirmière ».
Oui, cette préparation à l’aliénation est également sexiste.

Dans la société socialiste, au contraire, l’enfant découvre la vie, sans se soucier de prendre place dans la division du travail, il se prépare à devenir un être humain émancipé des craintes matérielles pour son existence, il révèle son plein potentiel d’humanité.

Les Enragé-e-s

« Du moment où le travail commence à être réparti, chacun entre dans un cercle d’activités déterminé et exclusif, qui lui est imposé et donc il ne peut s’évader ; il est chasseur, pêcheur, berger ou « critique », et il doit le rester sous peine de perdre les moyens qui lui permettent de vivre. Dans la société communiste, c’est le contraire : personne n’est enfermé dans un cercle exclusif d’activités et chacun peut se former dans n’importe quelle branche de son choix ; c’est la société qui règle la production générale et qui me permet ainsi de faire aujourd’hui telle chose, demain telle autre, de chasser le matin, de pêcher l’après-midi, de m’occuper d’élevage le soir et de m’adonner à la critique après le repas, selon que j’en ai envie, sans jamais devenir chasseur, pêcheur, berger ou critique. »

Karl Marx