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Décision inique d’un pouvoir en panique, la FAC de Toulouse sous tutelle

Communiqué Intersyndical :

L’intersyndicale des personnels et des étudiant-e-s déplore la décision autoritaire de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) qui, au moment de l’arrêt du processus de l’IDEX UNITI 2018, a pris la décision de dissoudre tous les Conseils de l’Université de Toulouse-Jean Jaurès, ce qui est sans précédent dans l’histoire des universités, et la mise sous tutelle par un administrateur provisoire. Cette situation fait craindre l’intervention des forces de l’ordre.

Elle demande au Ministère et aux autorités compétentes de renoncer à toute intervention des forces de l’ordre. La situation sur le campus du Mirail est totalement calme, comme elle l’a toujours été.

L’intersyndicale s’indigne de cette décision brutale alors que des discussions étaient en cours au sein de l’université.

Aux côtés des personnels et des étudiant-es, l’intersyndicale reste mobilisée et réaffirme son opposition :
– au processus de fusion imposée dans le cadre de l’Université de Toulouse ;
– à la loi ORE-ParcourSup-Sélection.

Elle appelle à amplifier la mobilisation et à participer massivement à la grève du 22 mars et celles à venir et elle maintient son AG des personnels demain à 10h et l’AG commune étudiant-e-s / personnels de jeudi à 10h.

L’intersyndicale réaffirme sa volonté de continuer la mobilisation en faveur d’une Université ouverte, publique et démocratique et de maintenir l’unité des personnels et des étudiant-e-s, dans l’intérêt des un-e-s et des autres.

Toulouse, mardi 20 mars 2018

CGT – FO – FSU – Solidaires étudiant-e-s – SUD – UNSA ITRF Bio – UET – UNEF

 

Nous appelons tous les compagnon-ne-s solidaires du mouvement personnels-étudiants à amplifier la solidarité active déjà présente sur place et venant de toutes parts. Nous appelons tous les anarchistes, tous les communistes, tous les progressistes à se mobiliser physiquement sur place afin de stopper toute évacuation policière.

 

Les Enragé-e-s

Création d’un Collectif marseillais des usagers de la SNCF pour la grève générale illimitée !

                               Les sévices publics de la bourgeoisie
  Du haut de leur suffisant mépris, les bourgeois qui nous gouvernent prétendent réformer la SNCF de toute urgence, donc par ordonnance (une fois encore !). Voilà maintenant trois décennies qu’on nous la fait entendre, la musique : le service public, ça coûte trop cher à l’État, nous lancent-ils d’une même voix. Le service public « à la française » est un vieux mammouth tout ankylosé, et gras au surplus ! Les vieux statuts, les droits sociaux, tout ça, c’est dépassé ! Soyons modernes et innovants, prenons exemple sur les « bons élèves » européens : comme ils travaillent bien, comme leur modèle est vertueux et équilibré ! Voyez comme nous sommes rigides et immobilistes ici, avec notre système bureaucratique d’un autre âge ! Chez nous, tout grince et tout déraille ; chez nous, les vieilles lunes sont indétrônables ; chez nous, tenez-vous bien, les travailleurs réclament des droits !
  Ah bon, c’est pas le cas ailleurs ? Il paraît que les classes et leurs luttes sont une exception culturelle française, il paraît que partout ailleurs il n’y a ni classes ni luttes… En tout cas, c’est ce que nous racontent les journaleux qui, il est vrai, ne connaissent de l’Europe et du monde que les conférences internationales, les palaces et les ministères. Difficile pour eux d’imaginer que, à quelques pas de leurs bureaux et de leurs salons s’agite une foule de prolos, espagnols, italiens, russes, américains, mexicains, brésiliens, marocains, que partout la guerre sociale est menée contre ces prolos par un même groupe de personnes, une même classe, la bourgeoisie, qui a nom ici Macron, là-bas Poutine ou Trump, et que la guerre pour la privatisation du rail est, a été ou sera menée partout dans le monde par la bourgeoisie, Europe ou pas Europe. Il paraît que si la SNCF est endettée, c’est parce que les cheminots bénéficient d’un statut exorbitant, auquel ils restent scandaleusement attachés. Il paraît que le statut de cheminot bloque « les incitations nécessaires au fonctionnement efficace d’une entreprise », autrement dit que les droits des travailleurs font barrage à la génération des bénéfices par l’entreprise. Les cheminots, les prolos, sont sommés de prendre sur eux, de travailler toujours plus, toujours plus longtemps, toujours plus vite, de manière toujours plus intensive, de se laisser broyer par la surexploitation – laquelle ne va qu’en s’intensifiant -, et sans rechigner, et avec le smiley sur la gueule ! On n’a pas idée de se plaindre, nous disent-ils, quand notre économie est au plus mal, quand les caisses de l’État sont vides et quand tout le monde fait des efforts pour remédier à la crise !
  Sauf que nous, on sait très bien que l’austérité c’est bon uniquement pour les prolos, que les gros bourges eux, continuent de se goinfrer et de s’empiffrer tout en nous dépouillant ! Ils nous disent que la solution à la dette de la SNCF, c’est d’une part de privatiser l’entreprise (passage de la forme juridique EPIC à celle de Société nationale) et d’autre part de faire du service public de transport des voyageurs un marché ouvert à la concurrence.
Ils nous disent que la qualité du service s’en verra nettement améliorée, que le porte-monnaie de l’usager (pardon, du client !) s’en portera bien mieux, que le contribuable se verra déchargé d’un très lourd fardeau, et que tout cela se fera en douceur pour les travailleurs. Mensonges! Ils nous ont déjà fait le coup avec EDF-GDF, France Télécom et La poste : la privatisation n’améliore la qualité du service que pour les plus riches et n’implique pour les travailleurs qu’une exploitation encore plus inhumaine et forcenée.
  Hé, le sieur Jean-Cyril, t’as pas compris qu’on n’en pouvait plus, nous les prolétaires, d’être traités comme du bétail ? Qu’on voulait pas être des clients ou des esclaves pour tes amis du patronat ?
Hé M’sieur Philippe, on ne nous la fait pas, on sait très bien que ton histoire de dette n’est qu’un prétexte, que si l’État peut mettre du jour au lendemain des milliards sur la table pour renflouer les banques, il peut aussi tout à fait sortir du pognon pour remédier à la vétusté de son système ferroviaire ! On sait très bien que les preneurs d’otages, ce ne sont pas les grévistes, mais ta classe et vos amis fidèles les journalistes, qui exploitez le mécontentement des usagers ou des contribuables pour mieux Réformer dans le sens de vos intérêts bourgeois ! On sait très bien que ta classe sociale organise le dysfonctionnement du service public depuis des années, notamment en réduisant drastiquement les effectifs et les moyens matériels, pour ensuite présenter la Réforme, la Privatisation, comme le remède miracle ! On sait aussi très bien que la privatisation n’est pas une « réforme équilibrée pour tout le monde » comme tu le dis dans ton jargon insupportable, mais une agression brutale à l’encontre du prolétariat ! Que le rêve de ta classe, c’est de remplacer les statuts protecteurs et les droits sociaux par un management acharné, débridé et inhumain, quitte à nous en faire crever ! On sait aussi très bien que cette réforme contient pour ta classe un enjeu symbolique : si vous réussissez à moderniser la vieille locomotive, alors la curée pourra se déchaîner, vous n’épargnerez aucun service public, et tout ce qui concourt à la reproduction de la vie humaine sera ravagé par les vandales que vous êtes !
 Aujourd’hui, nous montons un collectif d’usagers de la SNCF parce que nous nous sentons solidaires des cheminots et des travailleurs du rail. C’est en tant qu’usagers de la SNCF, mais aussi en tant que travailleurs, exploités, que nous voulons lutter à leurs côtés, contre l’offensive historique menée par la bourgeoisie à leur encontre, à notre encontre.
Organisons, aux côtés des cheminots, notre riposte : organisons des assemblées générales autonomes, montons des caisses de grèves, préparons la grève générale illimitée.
Laissons les à leurs mammouths, faisons l’Histoire !

LEUR GUERRE TOTALE / NOTRE BATAILLE DU RAIL

 Oui, c’est bel et bien une guerre qui est en cours : une « guerre éclair » dans une « guerre totale » qui est d’abord une « guerre sociale » ! Cette guerre, ce sont les capitalistes qui la décident, la conduisent. Elle est l’unique recours pour tenter de sauver leur absurde système de spoliation généralisée par l’exploitation des travailleurs, où la maximisation des profits règne en logique absolue. Car leur système fonctionne tellement mal qu’il est en passe de s’effondrer, comme l’a montré la crise de 2008. Et s’il déraille, c’est parce que la dynamique du capital ne répond aux besoins de l’humanité qu’à condition qu’il y ait de l’argent à la clef. Pire : s’il est possible de se faire du fric en misant sur la destruction, parce que cela est plus simple et/ou plus juteux, cette option est retenue. Ainsi, il est plus rentable, à l’échelle mondiale de réduire les salaires, spéculer, vendre des armes, saccager la nature que de généraliser la protection sociale, éradiquer la faim, permettre à chacun de se loger, garantir des structures de santé pour tous, une éducation gratuite de qualité, des transports publics accessibles et non polluants. Pourtant, le capitalisme ne peut se passer des travailleurs, c’est eux qu’il détrousse, pas les machines, c’est eux aussi qu’il doit faire consommer pour écouler ses marchandises. C’est une contradiction : plus il se développe, plus le capitalisme s’essouffle, plus il doit détruire son environnement humain et matériel pour reconstruire, relancer ses profits.
 
 À l’encontre de la constante propagande des dominants qui nous explique que nous ne serions pas suffisamment adaptés (parce que trop « feignants », « violents », « mal formés », « coûteux », « nombreux »…) à l’économie, c’est en réalité l’économie qui est inapte à répondre aux besoins sociaux. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui mais elle s’aggrave, la voracité du capital étant, par définition, insatiable puisque tout patron qui ne gagne pas des parts de marché est condamné à disparaître. Dorénavant nous sommes parvenus à un point où plus rien ni personne ne doit échapper à la dictature inhumaine du profit. Cette folie peut se saisir immédiatement à l’aune des politiques d’austérité en Espagne, Italie, Grèce, Portugal, appliquées dès après le krach mondial de 2008 : alors qu’un énorme choc boursier venait de démontrer que 30 ans de « libéralisation » de « l’économie » avait entraîné la ruine pour beaucoup de gens, les gouvernements aux ordres des multinationales ont choisi de poursuivre brutalement dans cette même lancée. Les profits ont été privatisés et les pertes socialisées. Autrement dit, les pauvres ont dû payer de leurs maigres poches les exactions des rapaces capitalistes. En France, l’État a versé 390 milliards d’euros aux banques en guise de plan de sauvetage en 2009. Une garantie que seul le contribuable a assurée. À présent, Macron et consorts évoquent la « dette insoutenable » de la SNCF pour justifier sa privatisation. Quel foutage de gueule : la dette publique pose problème pour le service public ferroviaire mais aucunement quand elle couvre les banques ! Pour tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ! Car les reproches faits à la SNCF et surtout à ses employés aujourd’hui, avec le rapport Spinetta, couronnent plusieurs années de sabotage de cette entreprise publique : désinvestissement, explosion de la dette par report de coûts, précarisation rampante de la main d’œuvre, séparation entre diverses entités juridiques et comptables, accidents à répétition pointés par des campagnes de discrédit médiatique. Il s’agit là encore de justifier le pillage du plus grand nombre, le transfert de l’argent public au privé, c’est-à-dire la guerre sociale. Comme dans toute l’Union européenne, ce qui reste des services publics en France doit être livré à la goinfrerie des transnationales : Éducation, hôpitaux, retraites, transports… Partout, le travail doit être flexibilisé, précarisé, intensifié, mal payé.
 
 La guerre totale capitaliste ne tolère aucun obstacle que pourrait constituer un droit, un conquis social. C’est pourquoi, elle s’attaque au statut des cheminots. Pour ce faire, elle se fait « guerre éclair », de triste mémoire, en recourant à la mécanique rapide des ordonnances, déjà utilisée pour liquider, il y a peu, le code du travail. Macron et sa clique de gros bourgeois veulent provoquer le « choc et l’effroi » : ils prennent de cours les travailleurs de la SNCF par une attaque d’une violence inédite. De plus, en frappant les cheminots, le gouvernement sait qu’il agresse le cœur du symbole de la combativité du prolétariat de ce pays. En le mettant au pas, c’est cette combativité qu’il veut écraser dans toutes les têtes des travailleurs. Cette optique veut que chacun renonce à la solidarité de classe, se résigne au « chacun pour soi », à une vie rythmée aux cadences marchandes, où la peur côtoie la frustration, la bêtise, la pauvreté et la tyrannie. Une perspective qui nous jette donc dans la guerre sociale intérieure et, pourquoi pas, dans la guerre tout cours, vers l’extérieur, la programmation de 300 milliards d’euros sous forme de dépenses militaires promise par Macron d’ici 2024 en est l’inquiétant signe. Le capitalisme qui occupe nos vies a choisi de lancer une guerre éclair contre les cheminots, les salariés du rail, volet de sa guerre de survie, sa guerre totale. Il faut lui montrer qu’à ce degré d’aggravation de sa logique destructrice, que sur cette ligne de front qu’il ouvre à la SNCF, il vient se heurter à un roc, il vient malencontreusement d’actionner le sursaut de la grande résistance, il vient de déclencher la bataille du rail ! Une bataille que nous pourrons transformer en guerre de reconquête de nos vies sur le capital si nos savons nous mobiliser :
 
CHEMINOTS, USAGERS, MEME COMBAT. LA BATAILLE DU RAIL SERA LE DÉBUT DE LA GRANDE GREVE GÉNÉRALE ILLIMITÉE, UNITAIRE, ATTENDUE DEPUIS TROP LONGTEMPS. FAISONS CIRCULER CE TEXTE, ORGANISONS LES CAISSES DE GREVES. MONTONS DES COLLECTIFS D’USAGERS SOLIDAIRES DES CHEMINOTS. BLOQUONS TOUT !
 

Collectif des usagers de la SNCF pour la grève générale illimitée!

Nous sommes des usagers de la SNCF et nous voulons qu’une grève générale illimitée ait lieu, en réponse à l’attaque historique contre les travailleurs du rail. Nous sommes disposés à mettre toutes nos forces pour qu’une telle riposte, que l’on n’a pas vue depuis trop longtemps, se prépare, s’organise, se répande et finisse par bloquer toute l’économie.
Comme les cheminots, les salariés du rail, nous sommes contraints par la classe capitaliste à prendre le grand train quotidien de l’exploitation. Ce train, c’est celui qui nous conduit la tête pleine de soucis et d’angoisses vers des bureaux, des usines, des agences de Pôle emploi, où nous attendent des managers, des patrons, des chefs, qui sont chargés de confisquer la majorité de notre temps. Ce train, c’est celui qui nous ramène dans nos cités, nos petits pavillons, nos immeubles, une fois le turbin accompli, avec les mêmes soucis, les mêmes angoisses, la fatigue en plus.
Comme les cheminots, les salariés du rail, il nous arrive, quand on le peut, de prendre le train de la détente, des loisirs, des vacances. Un peu de repos, le temps de se vider la tête et de ne pas penser à la reprise du boulot.
Comme les cheminots, les salariés du rail, nous sommes de la classe sociale qui n’a d’autres choix que celui de travailler pour survivre. Nous sommes le prolétariat, au-delà des catégories professionnelles dans lesquelles la propagande dominante souhaite nous enfermer, par-delà le faux clivage public/privé, où elle nous incite à nous entredéchirer.
Comme les cheminots, les salariés du rail, nous avons, par le passé, obligé les capitalistes à nous céder des droits, des niveaux de salaires, des amortisseurs sociaux. Chaque fois que nous avons arraché ces “conquis sociaux”, c’est quand nous avons su dépasser les fausses oppositions que les bourgeois attisaient entre nous, c’est parce que nous avons réussi à nous rassembler à partir de notre condition générale d’exploités, à agir comme classe unie.
Aujourd’hui, nous n’en pouvons plus de crouler sous les attaques incessantes des capitalistes contre nos conditions de vie, nos salaires, nos droits politiques et sociaux, nos libertés. Cela fait des années que nous reculons face aux agressions contre le progrès humain, que mènent impitoyablement le patronat financier et industriel et ses sbires politicards… Des années que nous nous enfonçons dans la précarité, la flexibilité, la pauvreté, la démoralisation, la peur du lendemain, la perte de sensibilité et d’intelligence, l’individualisme… Et tout cela favorise la banalisation de la barbarie.
Cette nouvelle attaque contre l’entreprise qui symbolise le “service public” vise à une victoire historique contre tous les travailleurs, occupés, chômeurs, retraités et jeunes. Les rupins qui l’ont ordonnée le savent et c’est pour cela qu’ils mobilisent toute leur puissance pour qu’elle survienne…
… À commencer par les médias, qui sont en première ligne de l’actuelle bataille psychologique.
Alors, que les choses soient très claires : en tant qu’usagers de la SNCF, en tant que travailleurs, nous clamons haut et fort que quiconque veut l’abolition des vrais privilèges doit combattre aujourd’hui aux côtés des cheminots, des salariés du rail. Nous avons un cerveau, merci ! Nous savons donc que les privilégiés se croisent dans les beaux quartiers, dans les palaces, les rallyes mondains, à l’abri de grandes propriétés sécurisées, où aucun cheminot n’a jamais été vu !
NOUS SAVONS QUE LES PRIVILÉGIÉS SONT LES CAPITALISTES QUI, POUR AUGMENTER LEURS INADMISSIBLES PRIVILEGES, ACCUSENT PRÉSENTEMENT LES CHEMINOTS, LES EMPLOYES DE LA SNCF, LES FONCTIONNAIRES, D’ÊTRE DES PRIVILÉGIÉS.
Cette parole de mensonge, c’est celle d’un monde à l’envers, où les raclures de fils à papa nous insultent pour mieux nous piller.
Dans ces conditions, tout syndicaliste qui, selon une habitude trop répandue, cherchera à négocier la régression, à diviser les travailleurs, à confisquer les luttes, à manipuler les assemblées générales, sera considéré comme un traître.
Faisons circuler ce texte, organisons les caisses de grève, préparons la grande grève générale illimitée.

Le train de la révolution est en marche, faites tourner! 

 

Nous, “bénéficiaires” des minimas sociaux, ne sommes pas des sous-humains

 

Nous, “bénéficiaires” des minimas sociaux, ne participerons plus à une seule manifestation à l’appel de la CGT dont les revendications consisteront à seulement “augmenter les minimas sociaux”.

Nous n’irons plus manifester avec des gens qui font leur beurre syndical en critiquant, à raison, la CFDT et qui pensent comme eux, comme des cathos sociaux, incapables de déboulonner la société verticale d’inspiration religieuse.

Nous n’irons plus manifester avec des bureaucrates qui ont naturalisé l’existence de la Pauvreté. Se contenter d’augmenter les minimas sociaux, c’est condamner des individus parfaitement innocents de leur propre sort, à retourner dans la pauvreté quelques années après, quand l’inflation aura bouffé l’augmentation en question ou quand le déficit béant du commerce extérieur conduira, à défaut d’exploser les ventes d’armement, à des mesures revenant sur les gains sociaux obtenus.

Nous ne sommes pas des sous-humains.

Le fait que cette société capitaliste ne soit plus en capacité structurelle “d’offrir” (on a connu meilleur cadeau) un emploi pour tous ne doit pas faire de nous des Coupables.

Nous ne serons plus les éternels dindons de la farce des manœuvres politiciennes des centrales syndicales.

Nous ne ferons plus les frais de l’âme travailliste stalinoïde flottant dans toute la gauche syndicale et qui pourrit littéralement nos vies.

Nous sommes des millions. Nous existons, nous sommes vivants, nous ne sommes pas des sous-humains!

On est ravis que quelques millions d’individus s’éclatent dans leurs super jobs créatifs dans la com’, la culture, l’édition, le cinéma ou la publicité. Ce n’est pas notre monde. Ce monde vit en lévitation au dessus de nous.

La moitié du PIB est assurée par +-10% de la population active.

Contrairement à un pays de taille comparable, l’Espagne, à l’habitat vertical et resserré, la spécificité du capitalisme et de l’Histoire en France fait qu’elle comporte un habitat éclaté, avec des milliers de petites villes, qui ne produisent rien.

La TOTALITE de l’économie de ces petites villes, qui n’ont pas d’industrie, qui n’ont pas d’agriculture, qui sont animées le plus souvent d’emplois qui ont tous été créés au 20e siècle ou avant, qui ne possèdent aucun métier ou presque, du 21e siècle, la totalité de la répartition de l’argent dans ces villes est ARTIFICIELLE.

C’est tout à fait artificiellement que l’Etat décide de donner 15.000€ par mois en moyenne aux notaires et 1270€ à une employée. Absolument RIEN ne justifie ce choix excepté celui de la défense de la classe bourgeoise.

Nous ne sommes pas des sous-humains.

Nous rêvons à autre chose que de nettoyer vos bagnoles, de passer le rotofil sur les voies communales en nous payant de façon misérable tout en prétextant un “retour à l’emploi”.

Nous ne nous ferons pas voler ce mouvement social, énorme, qui s’avance, soutenu par plus de 9 français sur 10 et qui va être observé de très près par tous les prolétariats, par tous les galériens du monde, qui vivent exactement la même vie que nous, ou la même non-vie.

S’il faut occuper les CAF, les Pôle Emploi, on le fera. Les retraités viendront avec nous, beaucoup ont d’avantage la pêche que certains ados avachis derrière leurs écrans.

On ne peut même plus espérer survivre avec un RSA. Beaucoup d’entre-nous ne mangent plus à leur faim alors que les supermarchés dégueulent de nourriture, c’est une honte!

On met les gens en prison parce qu’ils volent un paquet de pâtes et de riz. Voilà la société dans laquelle on vit, on n’en veut plus!

On habite au 5e sous-sol de la société, on est incarcéré dans nos apparts minables, certains de nos gamins n’ont jamais vu la mer, rendez-vous compte! Certains gamins piquent du pain à la cantine, le plus possible, car ils n’ont pas assez à bouffer chez eux, ils font qu’un seul repas, bande de salauds!

On existe et on va vous le montrer. On mérite de vivre autant que quelqu’un d’autre, votre idéologie moyenâgeuse, on n’en veut plus!

 

Les Enragé-e-s

Riposte populaire antifasciste massive hier à Madrid

 Ce ne sont pas moins de centaines de personnes qui ont vigoureusement manifesté hier à Madrid à proximité immédiate d’une nouvelle implantation néonazi dans le quartier de la Prospérité. 

Baptisé “Lieu social de Madrid” et situé dans un édifice qui abrita les amputés de guerre et dans lequel mourut  Millán Astray, auteur du cri de ralliement franquiste pendant la guerre d’Espagne « viva la muerte », le lieu était solidement protégé par la police, ce qui ne suffit pas à décourager les manifestants, bien au contraire. 

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C‘est aux cris de « Madrid sera votre tombeau », « Native ou étrangère, même classe ouvrière » , « Nazi le jour, policier la nuit » que la foule madrilène a défilé.

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Des slogans ont aussi été lancés pour nous rappeler à la mémoire de nos compagnon-ne-s assassiné-e-s par le fascisme à Madrid ces dernières années, Carlos, Jimmy, Lucrecia… Et en soutien de prisonniers politiques, Alfon, Nahuel

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Au bout de la rue Velázquez, le cortège a été stoppé par un important barrage policier ajouté à tout un dispositif de protection et de fourgons mis en place sur tout le périmètre jouxtant le lieu.

C‘est alors que l’on a procédé à la lecture d’un manifeste relatant le discours de victimisation des néonazis à l’occasion de leur implantation. A ensuite été évoquée leur démarche faussement sociale puisque sont diffusés quotidiennement des appels à la haine et à la discrimination envers les migrants. Les manifestants ont enfin rappelé que l’existence du précédent lieu néonazi du NODE, expulsé au bout d’une année entière d’actions antifascistes, a entraîné une augmentation notable des attaques racistes et homophobes dans le quartier.

 

 

source la haine.org

 

La grève générale? ” Eh bah vous l’aurez “

Projet de loi Travail : un faux recul du gouvernement pour maintenir et aggraver tout le reste

 

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Retrait! Retrait total du projet de loi! Point de départ indépassable pour commencer à parler ensemble de tout le reste!

En annonçant lundi 14 mars un aménagement de la loi El Khomri, le gouvernement n’a en rien reculé sur le fond. Pire, sur demande du Medef, le préambule de 61 articles qui récapitulait les grands principes et droits fondamentaux des salariés a été supprimé, remplacé par la simple promesse d’une réécriture du Code du travail selon les principes issus du comité Badinter. Avec cette manœuvre discrète, le gouvernement s’ouvre la possibilité d’autres remises en cause.
Gattaz, tout en déplorant au nom du Medef la suppression du plafonnement automatique des indemnités attribuées par les tribunaux, a déclaré que l’essentiel maintenant est de faire adopter et de mettre en application cette loi.
Le patronat peut être satisfait : le gouvernement lui offre la suppression des quelques limites au pouvoir patronal qu’il s’était senti obligé de laisser dans la loi El Khomri. Quelle mascarade!!!

Ils allaient de la réaffirmation que le contrat de travail restait la base des relations entre salarié et employeur à l’obligation de transférer les contrats de travail en cas de transfert d’entreprise, à l’interdiction des discriminations, au respect de l’égalité professionnelle des femmes et des hommes, des droits des femmes enceintes.
On y retrouvait l’interdiction d’employer un mineur de moins de 16 ans, l’obligation de justifier un licenciement par une cause réelle et sérieuse, l’obligation de compenser les heures supplémentaires, l’interdiction des amendes, le droit aux congés payés, et jusqu’au libre exercice des libertés syndicales et individuelles.

Ces « garanties intouchables » sont mises à la poubelle moyennant la promesse de les intégrer à la loi… plus tard !

Sur les 47 articles du projet de loi initial, quels véritables reculs ?

Les reculs du gouvernement ont été extrêmement limités. Le barème des indemnités en cas de licenciement abusif devient indicatif au lieu d’être impératif, mais cela ne rétablit pas les six mois minimum d’indemnités qui étaient reconnus au salarié licencié sans cause réelle et sérieuse et qui s’imposaient aux juges, atteignant même le double dans le cas d’un licenciement suite à un accident du travail. Dans les faits, la majorité des jugements se contentaient d’attribuer le minimum légal. Si demain il n’y a plus de minimum, combien les centaines de milliers de salariés qui viennent réclamer justice se verront-ils allouer ? Pour les licenciements économiques, le journal Les Échos peut d’ailleurs titrer : « Licenciements : la copie préservée ».
La possibilité de payer au forfait les salariés dans les petites entreprises a été maintenue, sous réserve de l’accord d’un salarié mandaté par un syndicat. Obtenir un tel accord ne devrait pas être trop difficile pour le patron…
Les seules dispositions complètement annulées sont la possibilité de faire travailler les apprentis dix heures par jour et le fractionnement du repos minimum de 11 heures entre deux journées de travail. C’est évidemment la moindre des choses, mais c’est quand même bien peu. Et même la surtaxe sur les contrats précaires, évoquée un temps par Hollande, a disparu.

Le projet de loi doit être combattu plus que jamais!!!

Derrière la mise en scène du gouvernement, des députés PS, de syndicats soumis d’avance comme la CFDT, à un point tel que sa base se place elle aussi en rupture avec sa direction, il y a la réalité de dizaines d’articles qui vont rendre les patrons encore plus maîtres à bord, sans contrainte, et les encourager à aggraver toujours plus l’exploitation de leurs salariés, c’est grave!

Le principe général édicté est que dans tous les domaines, du salaire aux conditions de travail, aux horaires et aux congés, chaque entreprise pourra faire sa loi. Ce sera la loi du plus fort, donc celle du patron, avec la possibilité de faire travailler plus et de baisser les salaires.

Avec cet arsenal, la classe possédante dispose de quoi achever de propulser dans la misère et dans la galère une part toujours plus considérable de la population.

Les salariés qui refuseront le changement de leur contrat de travail seront licenciés à leur tort. Les congés payés seront à la merci du patron. Le paiement des jours fériés reste supprimé pour le personnel temporaire, tout comme est maintenu le nouveau contrat CDI intermittent, sans horaire fixe ni durée minimum, c’est-à-dire avec le salarié à la disposition du patron, un peu comme le contrat zéro heure institué en Grande-Bretagne.

Et il y a des dizaines d’autres mesures dégueulasses dans cette loi!

Alors, non seulement il n’y a aucune raison de se soumettre à cette loi au prétexte du faux recul du gouvernement, mais il faut aussi se souvenir que l’examen des lois Macron avait donné lieu jusqu’à la dernière minute à des amendements introduits par le gouvernement, toujours dans le sens d’une aggravation.

Il faut imposer le retrait total du projet El Khomri, et cela, seule la lutte le permettra.

 

Après le 31, on continue! Et on ne cède pas! Et on ne s’écrase pas! Et on ira jusqu’au bout tou-te-s ensemble!

Regardons les choses en face. Le PS, gouverne directement pour la bourgeoisie et achève de fouler les oripeaux de l’illusion démocratique en tentant de faire passer ce que la droite aurait été incapable de faire sans risquer une paralysie totale de l’économie.

C’est à ce régime-là que nous n’avons d’autre choix de soumettre ce gouvernement scélérat!

Un vent de révolte énorme se lève, face à la répression, notre force, c’est notre solidarité! Égalité dans les Assemblées Générales! Égalité partout!

Le niveau de mobilisation depuis le 9 mars est supérieur à l’entame du mouvement pour les retraites à l’automne 2010, mouvement qui finira par mobiliser près de 8 millions de personnes distinctes! Le vent qui se lève dépasse largement celui contre le CPE. C’est deux fois plus que les Charlie et vingt fois plus que les indécrottables réacs de la “Manif pour Tous” avec les TGV grassement payés et leurs processions dégoûtantes et omniscientes sur BFNtv à un million d’euros la journée.
Ça va souffler très fort!

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Ne laissons pas la petite bourgeoisie social-chauvine récupérer notre ras-le-bol et nos nécessaire riposte! ” La nuit debout “, ” Fakir ” et “Merci Patron” de François Ruffin, Frédéric Lordon, etc,…

Les réformistes sont des capitalistes!

Ils sont là, comme ici l’UNEF, pour encadrer, canaliser et récupérer nos luttes.

Depuis vingt ans ils répètent les mêmes incantations, les mêmes slogans monomaniaques et se contentent de faire semblant d’y croire. Sans oser s’avouer que le Capital ne se situe plus dans une logique de compromis historique et que les seules luttes défensives nous condamnent à d’éternels reculs.

Des petits flics du Capital qui, derrière leurs éternels appels à la raison, entendent bien maintenir intact un monde en ruine ouvrant la promesse de leur propre ascension personnelle.

Non! Nous ne valons pas mieux que ça ! Nous ne sommes plus à vendre ou à acheter! Notre valeur n’a pas de prix, elle n’est pas monétisable, personne ne nous achètera plus!

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Le 31 après la manif, après les blocages, on se débarrasse de nos chaînes en huant les graines de Cohn Bendit sur place, en huant tous les larbins, tous les Ruffin de la planète!

La parole et les initiatives sont à nous car cette lutte est à nous, nos vies sont à nous, notre nombre est à nous et partout!

Soyons unis, soyons déterminés, soyons offensifs !

Les Enragé-e-s

 

 

17 octobre 2015 – Nanterre – Marche contre l’oubli

Ci-joint l’appel à une marche contre l’oubli, du massacre des Algériens le 17 octobre 1961, contre toutes les morts violentes dans des confrontations avec la police ou des voisins racistes, contre les différentes répressions sociales, syndicales, politiques, migratoires au service d’un même ordre économique et racial, dans les quartiers et au-delà. Contre une idéologie qui en est le cœur même, le fascisme, qui continue d’avoir son siège en plein Nanterre

2015-10-02_124144Samedi 17 octobre, à Nanterre, nous marcherons contre l’oubli. L’oubli du massacre du 17 octobre 1961, des centaines d’Algériens, et parmi eux des nombreux Nanterriens, jetés à la Seine, assassinés par la police aux ordres de son préfet à Paris, un certain Maurice Papon. La République colonialiste appliquait ces jours-là en métropole la terreur coloniale vécue depuis des décennies en Algérie.

2015-10-02_124256Contre l’oubli de la violence sociale et politique quotidienne aussi dans les bidonvilles de Nanterre et d’ailleurs.

Mais le 17 octobre, nous marcherons aussi dix ans après la mort de Zyed et Bouna, morts « pour rien » un 26 octobre 2005 pour avoir tenté d’échapper à un contrôle de police à Clichy-sous-Bois. Contre l’oubli des centaines de morts depuis ce 17 octobre 1961, contre une exception qui continue de tuer dans les quartiers et à Nanterre : d’Alain Khetib à la prison de Fleury en 1975 à Jamal de Gennevilliers à la Maison d’arrêt de Nanterre en 2012, d’Abdennbi Guémiah à la cité de transit Gutenberg tué par un voisin raciste en 1982 au jeune boxeur de Nanterre, Ben, en 2011 ou encore Mamadou Marega, achevé à quelques pas du Petit Nanterre à coups de taser une fois immobilisé dans un ascenseur.

noussommestousdugibieraflicD’hier à aujourd’hui, des bidonvilles aux cités… Ce 17 octobre, nous marcherons contre une même hagra policière au service d’un même ordre économique : fait de violences sociales permanentes dans les cités et les classes populaires, bien avant la « crise » de 2008, et légitimées par des pratiques d’exception et une stigmatisation permanente, hier pour les « Français Musulmans d’Algérie », aujourd’hui les Musulmans tout court. Semer la division dans les classes populaires pour prolonger et rendre acceptable un système ségrégationniste, inégalitaire, mettant à l’écart les plus pauvres, les « étrangers », enfermant à ciel ouvert ou en institution, imposant la solitude ou la détresse face à une justice réglée d’avance. Nous n’oublions pas que les exceptions deviennent, à force de répétition, la norme, et qu’elles créent un sentiment d’abandon pour les familles isolées face aux drames et à une justice qui, au final, acquitte les meurtriers. Surtout s’ils sont policiers.

2015-10-02_124057 (Large)Nous n’oublions pas qu’il s’agit de briser les résistances, de soumettre par un ordre policier les populations placées du mauvais côté de la balance économique, celle qui s’affiche ouvertement à Nanterre avec l’invasion du quartier d’affaires à deux pas de l’avenue Pablo Picasso.

Si nous marcherons ce 17 octobre contre l’oubli, c’est donc aussi contre celui des raisons politiques qui gouvernent ces pratiques : avant de massacrer les Algériens à Paris, l’intouchable préfet Maurice Papon avait fait ses armes en Algérie après avoir participé à la déportation des Juifs depuis la sous-préfecture de Bordeaux. Aujourd’hui encore, l’invasion du Front National dans les médias, l’Etat, les lois, la police, prolonge cet ordre. C’est un même fascisme qui reste à combattre, une même rapacité économique et racialiste appliquée par une même violence d’Etat.

arton1668Si nous marchons ce 17 octobre, c’est donc aussi contre l’oubli de la présence, pourtant si visible, du siège du Front National à Nanterre, contre l’oubli par une « gauche solidaire » plus prompte à dégager les campements et bidonvilles sur ses territoires que la verrue d’où prolifèrent tous ces discours anti-étrangers, anti-roms, islamophobes et racistes.

Ce 17 octobre, nous appellerons donc aussi à rejoindre la Marche pour la dignité du 31 octobre à Paris, de Barbès à République, pour en finir avec une urgence qui dure depuis des décennies : celle d’une police qui assassine.

Contre tous ces oublis, parce que seule une riposte sociale et économique d’ampleur, parce que seule l’autodéfense populaire et la solidarité peuvent contraindre ces violences policières et ses logiques en apparence implacables.

La solidarité est notre seule arme !
Résistons ensemble !
Ni oubli ! Ni pardon !
11H – Marché du Chemin de l’île
RER A Nanterre-Ville

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Paris-Luttes.info

Mouvement Inter Luttes Indépendant

Qui sont les Black Blocs ? Où sont les Black Blocs ?

Cette ques­tion réap­pa­rais­sant dans la plu­part des jour­naux après chaque émeute, comme celle à Rome le 14 décem­bre, elle mérite une réponse. Est-ce que vous voulez voir à quoi res­sem­blent nos visa­ges quand ils ne sont pas mas­qués par des fou­lards, des cas­ques ou des cagou­les ?
Ce sont les mêmes visa­ges qui paient un loyer pour vos appar­te­ments pour­ris, les visa­ges de ceux à qui vous offrez des stages non rému­né­rés ou des jobs à plein temps pour 1000 euros. Ce sont les visa­ges qui paient des mil­liers d’euros pour assis­ter à vos cours. Ce sont les visa­ges des gamins que vous frap­pez quand vous les chopez avec un peu d’herbe dans leurs poches. Ce sont les visa­ges de celles et ceux qui doi­vent s’enfuir du bus quand les contrô­leurs appa­rais­sent, ne pou­vant pas se payer le voyage.
Ce sont les gens qui cui­si­nent vos faux-filets à point dans les res­tau­rants chics, et reçoi­vent pour ça 60 euros la soirée, au black. Ce sont celles et ceux qui vous pré­pa­rent vos cafés serrés à Starbucks. Ce sont ceux qui répon­dent à vos appels en disant « 118 118, puis-je vous aider ? », ceux qui achè­tent de la nour­ri­ture à Lidl par­ce ­que celle des autres super­mar­chés est trop chère. Ceux qui ani­ment vos camps de vacan­ces pour 600 euros par mois, ceux qui ran­gent les étalages des maga­sins où vous ache­tez vos légu­mes bios. Ce sont ceux à qui la pré­ca­rité bouffe toute l’énergie vitale, ceux qui ont une vie de merde, mais ont décidé qu’ils en avaient assez d’accep­ter tout ça.
Nous fai­sons partie d’une géné­ra­tion, qui, pour un jour, a arrêté de s’empoi­son­ner le sang avec la névrose d’une vie passée dans la pré­ca­rité, et qui a sou­tenu les émeutes. Nous sommes le futur que vous devez écouter, et la seule partie saine d’une société cou­verte de métas­ta­ses. Ce qu’il est en train de se passer à Londres, Athènes et Rome est d’une impor­tance his­to­ri­que. Des places rem­plies à cra­quer de gens explo­sent de joie quand les cars de police pren­nent feu. Notre exis­tence même est dans ces cris : l’exis­tence de celles et ceux qui ne peu­vent pas croire que des gou­ver­ne­ments élus se retour­ne­raient contre leurs citoyens et leur feraient payer des dizai­nes d’années d’erreurs com­mi­ses par le sec­teur finan­cier et les mul­ti­na­tio­na­les ; l’exis­tence de ceux qui main­te­nant com­men­cent à penser que tous ensem­ble nous pou­vons com­men­cer à leur faire peur. Ces excla­ma­tions étaient furieu­ses et joyeu­ses, explo­sant depuis la partie saine de la société, pen­dant que celle empoi­son­née se cachait dans la Chambre des Députés.
Les Black Blocs ont encore frappé. Vous feriez mieux de regar­der autour de vous main­te­nant. Des rumeurs disent que vous pour­riez en ren­contrer cer­tains pen­dant vos cours, à la biblio­thè­que, à la machine à café, au pub, sur la plage, voire même dans le bus.
Collettivo Universitario Autonomo de Torino, 16 décembre 2010

 

 

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A suivre…