Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas

Avant Macron, celui qui fait des saisons de six mois, débloque des droits. Il a cotisé à une caisse chômage, à l’UNEDIC, qui est une association. Il peut se dire:

“Ce sont mes droits, personne ne peut me les prendre, je me tape un boulot pourri pendant six mois que jamais je pourrais supporter toute une année et je sais qu’à la suite de ça, j’aurais mes droits”.

Après Macron, celui qui fait des saisons ne pourrait plus compter sur SES droits. Cette contre-réforme détruirait la caisse chômage. Il ne s’agit plus d’une association indépendante, en théorie en tout cas, de l’Etat. C’est l’Etat qui rémunère directement le salarié-chômeur. Et en faisant cela, il impose ses conditions. Ce travailleur saisonnier n’aura pas le droit de refuser plusieurs postes proposés. Il ne pourra plus gérer son temps d’activité et de chômage. L’Etat le menacera de lui retirer tout ou une partie de ce qu’il recevra.

Avec la “nationalisation” des cotisations salariales, le système paritaire disparaît et seules les représentations patronales et gouvernementales restent… et font ce qu’elles veulent.

Macron veut imposer une mise en employabilité permanente des salariés pour le compte du patronat.

Tous les saisonniers, tous les intérimaires, tous les galériens doivent le savoir et agir en conséquence: s’opposer frontalement à la politique de Macron avec l’ensemble des salariés.

Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

 

Les Enragé-e-s

Macron voulait sa guerre sociale, il l’aura

Communiqué du 20 avril 2018

 

En faisant le choix d’évacuer par la force et par surprise cette nuit les facultés bloquées, à savoir Tolbiac, Lyon, Lille 2 et Strasbourg, l’exécutif et les pouvoirs publics démontrent qu’il y a une guerre impitoyable qui est actuellement livrée contre la jeunesse vivante et en lutte, la classe ouvrière toute entière mais aussi un affront assumé à toute pratique démocratique et à la sanctuarisation de ces lieux de savoir.

C’est une information extrêmement grave que nous condamnons avec la plus grande fermeté. Nous appelons tous ceux pour qui la Liberté, la Solidarité et l’Egalité sont bien d’avantage que des mots, à se mobiliser massivement au but de réoccuper à court terme ces espaces, à les renforcer, à les ouvrir à tous les individus en lutte et à les multiplier tout en massifiant notre présence sur les lieux de production, d’échange, de vie et dans la rue.

Par cette décision politique odieuse, qui fera date dans l’Histoire, s’ajoutant à une répression inique, Macron démontre son jusqu’au-boutisme et son incapacité à garantir les pratiques démocratiques minimales.

Macron voulait sa guerre sociale, il l’aura.

 

Les Enragé-e-s