Des capitalistes chinois s’offrent un Mao doré de 36,6 mètres

Une petite amicale de patrons, aux lignes de compte reconnaissantes des bienfaits de la Chine  » communiste « , s’est mise dans le crâne de célébrer à sa manière, le Grand Timonier.

La plus grande statue de Mao Tsé-Toung jamais érigée

Mao_Plaqué_or-2

36,6 mètres de hauteur, il fallait au moins ça

C’est le petit village de Zhushigang (Tongxu) qui, par l’illumination complice de quelques habitants amourachés de la relique, se charge de récupérer l’immondice en l’échouant au cœur d’un parfait désert rural.

La Chose

A huge statue of Chairman Mao Zedong, 36.6 meters in height, is seen under construction at Zhushigang village in Tongxu County, China, on Jan. 4. (ChinaFotoPress via Getty Images)

Neuf mois de construction plus tard, la Chose est cyniquement en place dans la province du Henan, l’une des plus pauvres de Chine, province ayant eu à subir une famine majeure à la fin des années cinquante, conséquence directe de la folie bureaucrate du  » Grand Bond en avant  » de… Mao Tsé-Toung.

À titre d’exemple, dans la province du Henan, de l’été 1959 au printemps 1960, un million de personnes sont mortes de faim, soit 12,5 % de la population.[1] 

Mao_plaqué_or

Un peu plus de 2000 statues de Mao trônent dans le pays. 

Mao_vu_du_ciel Affiches de propagande du Grand Bond en avant. Effet miraculeux de la pensée de Mao sur la production:

Grand_Bond_en_avant

Grand_Bond_en_avant_2

Tout a commencé par une escalade dans l’exagération. Pour plaire à Mao, les cadres locaux ont prétendu que les récoltes avaient été multipliées par deux, par quatre, par dix ! Un miracle dû à la pensée de Mao. Il y a eu surenchère sur surenchère. C’est sur ces chiffres gonflés que la part de l’Etat a été calculée. De sorte que dès les premières réquisitions, les paysans n’ont eu plus rien à manger.[2]

Mao_coule_un_bronze

La bureaucratie du capitalisme d’État, militaire et maoïste, fait de ce petit livre rouge la base morale et politique nécessaire à son autorité, tout comme les fonctionnaires-lettrés de l’ancienne bureaucratie impériale trouvaient leur appui dans les textes canoniques confucéens. Le confucianisme, expression de l’idéal moral et politique féodal de la Chine antique, fut plus d’une fois révisé par la bureaucratie impériale pour être adapté aux formes politiques du pouvoir, mais ses préceptes de base - respect du pouvoir de l’empereur et de ses mandarins, respect de la hiérarchie sociale et familiale, et soumission volontaire de l’inférieur au supérieur, chacun accomplissant les devoirs de sont état (le prince doit se conduire en prince, le sujet en sujet, le père en père, le fils en fils) - ont toujours été utilisés par les gouvernements et le demeurent encore en République populaire, d’après le catéchisme rouge actuel : « soumission de l’individu à l’organisation ; soumission de la minorité à la majorité (ce qui se traduit par la soumission de huit cents millions de paysans et d’ouvriers à une dizaine de millions de cadres maoïstes) ; soumission de l’échelon inférieur à l’échelon supérieur ; soumission de l’ensemble du parti au comité central » (p. 281). Le culte du chef génial couronne tout cet édifice « populaire ». [3]

Beau_comme_un_camion

Col_Mao

Ni Dieu, ni Mao!

 

Les Enragé-e-s

 

 

[1] La communisation et le Grand bond en arrière => http://www.non-fides.fr/?La-communisation-et-le-Grand-bond

[2] La Grande Famine de Mao : 38 millions de morts => http://gauthier.blogs.nouvelobs.com/grand-bond-en-avant/

[3] Le Maoïsme à travers le petit livre rouge, par Ngô Van => http://mondialisme.org/spip.php?article635