Le mouvement anarchiste raflé en Espagne: 28 camarades arrêtéEs

Espagne : Une seconde rafle dénommée  » Piñata « , trois mois après celle cyniquement dénommée  » Pandora  » fait 28 arrestations
La répression d'Etat frappe pour la deuxième fois en trois mois le mouvement anarchiste, un acharnement policier qui a immédiatement entraîné des manifestations spontanées de soutien dans plusieurs villes.

Des exactions perpétrées par la police espagnole dans les villes de Madrid, Barcelone, Grenade et Palencia.

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« On n’a pas peur »
Dans le cadre de ce coup de filet, des perquisitions ont été réalisées dans 17 domiciles.

Ce 30 mars, la police espagnole a recommencé en perquisitionnant de nombreux lieux du mouvement libertaire espagnol, dont 6 squats. Comme lors de la première perquisition, c’est un squat important qui était la cible principale, le Centre Occupé Autogéré de La Chimère. 28 personnes ont été arrêtées : 14 pour  » Appartenance à organisation criminelle a visée terrorise  » et 14 pour rébellion. Parmi les 14 arrêtés via la loi antiterroriste : 9 l’ont été à Madrid, 3 à Barcelone et 2 à Palencia. Ils sont accusés d’appartenir aux  » Groupes Anarchistes Coordonnés  » et d’avoir fait des attaques incendiaires et des sabotages.

Les personnes qui avaient été arrêtées lors de la première rafle de l’Opération Pandora ont depuis été libérées, devant payer une caution de 3.000€ par personne.

Il y a trois mois, la police espagnole avait procédé à de nombreuses perquisitions, visant spécifiquement le mouvement anarchiste sans vraiment spécifier les actions reprochées.

Comme la dernière fois : de nombreuses manifestations et rassemblements sont organisés pour protester contre cette nouvelle attaque contre le mouvement anarchiste. Des milliers de personnes y participent actuellement.

 

Retour sur décembre 2014

Le mardi 16 décembre 2014, sous l’accusation d’association terroriste, le royaume d’Espagne arrêtait, dans le cadre du dénommé « cas pandora » , quatorze personnes et en incarcérait sept en préventive dans l’attente d’un jugement. Le même jour, à Madrid et à Barcelone, la police nationale dispersait violemment, et en procédant à quatre nouvelles détentions, des manifestations spontanées de plus de 800 personnes.

L’Espagne, l’un des quatre pays européens accusés de tortures et racisme policiers par Amnesty International se révèle par sa violente répression étatique en se protégeant par une loi antiterroriste ambiguë et récemment réformée ( dix jours d’isolement pour le détenu, au risque de possibles tortures, violations et autres mauvais traitements ) qui définit comme infraction à caractère terroriste des actions « dont la fin est de bouleverser l’ordre constitutionnel ou d’altérer gravement la paix publique. »

Sous cette accusation, en Espagne, les gens sont susceptibles d’être détenus et même emprisonnés – en vue d’un jugement qui n’arrive jamais – affublés de présupposés idéologiques qui ne répondent en réalité qu’aux profils établis par un pouvoir judiciaire au service des intérêts du parti politique dirigeant du moment.

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Il semble que pour l’Espagne le nouveau « danger » se situe dans la possession de matériels de destruction massive tels des « fusées de détresse », des « balles de golf »,des « canifs », ainsi que d’ « écrits qui incitent à l’effusion de sang » ( qui n’ont pas été rendus publics et dont les contenus n’ont pas été précisés ) qui d’après les pouvoirs en place « incitent à la subversion de l’ordre établi. » ( définition littéralement reproduite des déclarations officielles après les détentions.)

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Parmi les accusations figurent plus de vingt explosions dont personne n’a jamais été informé et dont les médias ne se sont pas fait l’écho, à l’exception de l’explosion de la Basilique du Pilar de Saragosse, pour laquelle on a inculpé deux personnes d’origine Chilienne qui sont actuellement détenues sans jugement et auxquelles jusqu’à aujourd’hui on n’a pas attribué de complice, bien que depuis peu on essaye de les associer à ces autres détenus.

Il est clair que nous nous trouvons devant un nouveau montage semblable à ceux déjà vécus dans les années 70 et 80 pour lesquels l’appareil policier attribuait aux organisations libertaires les attentats commis par l’E.T.A. récemment disparue, y compris après leur revendication par cette dernière de manière officielle.

La différence avec ces nouvelles et absurdes accusations réside dans le fait qu’il y manque toujours des attentats, des victimes, des explosifs, des faits réels qui pourraient soutenir cette présumée vague d’explosions.

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Il est évident qu’un système qui devient progressivement corrompu et décadent a besoin d’expurger chaque fois plus ses maux. Un système administratif et financier qui vole ses « citoyens » a besoin de diriger l’opinion publique vers les soit-disant conspirations. Celles-ci sont les ultimes conséquences d’un état qui, héritier de la dictature, n’a jamais atteint la séparation basique des pouvoirs judiciaire, législatif, et exécutif, où la justice obéit au gouvernement ainsi qu’aux lois promulguées par ce dernier. Pour cela, nous dénonçons toute collaboration avec un pays qui travaille à l’exploitation du peuple par le caciquisme dans la plus honteuse caricature européenne de la démocratie.

STOP aux détentions arbitraires et aux disparitions des travailleurs, où qu’ils résident !

c-g-a.org

secoursrouge.org

 

 

Même s’il gagne une grève, le travailleur n’aura rien gagné

Même s’il gagne une grève, le travailleur n’aura rien gagné, car l’augmentation de salaire qu’il aura obtenue, le bourgeois la lui reprendra d’une autre manière, en augmentant, par exemple, son loyer ou le prix des denrées. Ainsi, le pauvre esclave est toujours trompé. Que l’expérience serve, enfin, pour que les peuples ouvrent les yeux et qu’ils comprennent que l’effort et le sacrifice que suppose la lutte pour un morceau de pain sont exactement du même type que ceux qui président à la lutte pour mettre, une fois pour toutes, à bas ce système criminel et faire que toutes choses appartiennent à tous.
Ricardo Flores Magón

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1. Avez-vous éprouvé au moins une fois le désir d’arriver en retard au travail, ou de le quitter plus tôt ?

Dans ce cas, vous avez compris que :

a) Le temps de travail compte double car il est du temps perdu deux fois :
– comme temps qu’il serait plus agréable d’employer à l’amour, à la rêverie, aux plaisirs, aux passions ; comme temps dont on disposerait librement.
– comme temps d’usure physique et nerveuse.
b) Le temps de travail absorbe la plus grande partie de la vie, car il détermine aussi le temps dit « libre », le temps de sommeil, de déplacement, de repas, de distraction. Il atteint ainsi l’ensemble de la vie quotidienne de chacun et tend à la réduire à une succession d’instants et de lieux, qui ont en commun la même répétition vide, la même absence croissante de vraie vie.
c) Le temps de travail forcé est une marchandise. Partout où il y a marchandise il y a travail forcé, et presque toutes les activités s’apparentent peu à peu au travail forcé : nous produisons, consommons, mangeons, dormons pour un patron, pour un chef, pour l’Etat, pour le système de la marchandise généralisée.
d) Travailler plus, c’est vivre moins.

De fait, vous luttez déjà, consciemment ou non, pour une société qui assure à chacun le droit de disposer lui-même du temps et de l’espace ; de construire chaque jour sa vie comme il le désire.

Pour découvrir la suite, c’est par ici.

Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend

Messieurs,

Vous savez maintenant qui je suis : un révolté vivant du produit des cambriolages. De plus j’ai incendié plusieurs hôtels et défendu ma liberté contre l’agression d’agents du pouvoir. J’ai mis à nu toute mon existence de lutte ; je la soumets comme un problème à vos intelligences. Ne reconnaissant à personne le droit de me juger, je n’implore ni pardon, ni indulgence. Je ne sollicite pas ceux que je hais et méprise. Vous êtes les plus forts ! Disposez de moi comme vous l’entendrez, envoyez-moi au bagne ou à l’échafaud, peu m’importe ! Mais avant de nous séparer, laissez-moi vous dire un dernier mot.

Puis que vous me reprochez surtout d’être un voleur, il est utile de définir ce qu’est le vol.

À mon avis, le vol est un besoin de prendre que ressent tout homme pour satisfaire ses appétits. Or ce besoin se manifeste en toute chose : depuis les astres qui naissent et meurent pareils à des êtres, jusqu’à l’insecte qui évolue dans l’espace, si petit, si infime que nos yeux ont de la peine à le distinguer. La vie n’est que vols et massacres. Les plantes, les bêtes s’entre-dévorent pour subsister. L’un ne naît que pour servir de pâture à l’autre ; malgré le degré de civilisation, de perfectibilité pour mieux dire, où il est arrivé, l’homme ne faillit pas à cette loi ; il ne peut s’y soustraire sous peine de mort. Il tue et les plantes et les bêtes pour s’en nourrir. Roi des animaux, il est insatiable.

En outre des objets alimentaires qui lui assurent la vie, l’homme se nourrit aussi d’air, d’eau et de lumière. Or a-t-on jamais vu deux hommes se quereller, s’égorger pour le partage de ces aliments ? Pas que je sache. Cependant ce sont les plus précieux sans lesquels un homme ne peut vivre. On peut demeurer plusieurs jours sans absorber de substances pour lesquelles nous nous faisons esclaves. Peut-on en faire autant de l’air ? Pas même un quart d’heure. L’eau compte pour trois quarts du poids de notre organisme et nous est indispensable pour entretenir l’élasticité de nos tissus ; sans la chaleur, sans le soleil, la vie serait tout à fait impossible.

Or tout homme prend, vole ces aliments. Lui en fait-on un crime, un délit ? Non certes ! Pourquoi réserve-t-on le reste ? Parce que ce reste exige une dépense d’effort, une somme de travail. Mais le travail est le propre d’une société, c’est-à-dire l’association de tous les individus pour conquérir, avec peu d’efforts, beaucoup de bien-être. Est-ce bien là l’image de ce qui existe ? Vos institutions sont-elles basées sur un tel mode d’organisation ? La vérité démontre le contraire. Plus un homme travaille, moins il gagne ; moins il produit, plus il bénéficie. Le mérite n’est donc pas considéré. Les audacieux seuls s’emparent du pouvoir et s’empressent de légaliser leurs rapines. Du haut en bas de l’échelle sociale tout n’est que friponnerie d’une part et idiotie de l’autre. Comment voulez-vous que, pénétré de ces vérités, j’aie respecté un tel état de choses ?

Un marchand d’alcool, un patron de bordel s’enrichit, alors qu’un homme de génie va crever de misère sur un grabat d’hôpital. Le boulanger qui pétrit le pain en manque ; le cordonnier qui confectionne des milliers de chaussures montre ses orteils, le tisserand qui fabrique des stocks de vêtements n’en a pas pour se couvrir ; le maçon qui construit des châteaux et des palais manque d’air dans un infect taudis. Ceux qui produisent tout n’ont rien, et ceux qui ne produisent rien ont tout.

Un tel état de choses ne peut que produire l’antagonisme entre les classes laborieuses et la classe possédante, c’est-à-dire fainéante. La lutte surgit et la haine porte ses coups.

Vous appelez un homme « voleur et bandit », vous appliquez contre lui les rigueurs de la loi sans vous demander s’il pouvait être autre chose. A-t-on jamais vu un rentier se faire cambrioleur ? J’avoue ne pas en connaître. Mais moi qui ne suis ni rentier ni propriétaire, qui ne suis qu’un homme ne possédant que ses bras et son cerveau pour assurer sa conservation, il m’a fallu tenir une autre conduite. La société ne m’accordait que trois moyens d’existence : le travail, la mendicité, le vol. Le travail, loin de me répugner, me plaît, l’homme ne peut même pas se passer de travailler ; ses muscles, son cerveau possèdent une somme d’énergie à dépenser. Ce qui m’a répugné, c’est de suer sang et eau pour l’aumône d’un salaire, c’est de créer des richesses dont j’aurais été frustré. En un mot, il m’a répugné de me livrer à la prostitution du travail. La mendicité c’est l’avilissement, la négation de toute dignité. Tout homme a droit au banquet de la vie.

Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.

Le vol c’est la restitution, la reprise de possession. Plutôt que d’être cloîtré dans une usine, comme dans un bagne ; plutôt que mendier ce à quoi j’avais droit, j’ai préféré m’insurger et combattre pied à pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens. Certes, je conçois que vous auriez préféré que je me soumette à vos lois ; qu’ouvrier docile et avachi j’eusse créé des richesses en échange d’un salaire dérisoire et, lorsque le corps usé et le cerveau abêti, je m’en fusse crever au coin d’une rue. Alors vous ne m’appelleriez pas « bandit cynique », mais « honnête ouvrier ». Usant de la flatterie, vous m’auriez même accordé la médaille du travail. Les prêtres promettent un paradis à leurs dupes ; vous, vous êtes moins abstraits, vous leur offrez un chiffon de papier.

Je vous remercie beaucoup de tant de bonté, de tant de gratitude, messieurs. Je préfère être un cynique conscient de mes droits qu’un automate, qu’une cariatide.

Dès que j’eus possession de ma conscience, je me livrai au vol sans aucun scrupule. Je ne coupe pas dans votre prétendue morale, qui prône le respect de la propriété comme une vertu, alors qu’en réalité il n’y a de pires voleurs que les propriétaires.

Estimez-vous heureux, messieurs, que ce préjugé ait pris racine dans le peuple, car c’est là votre meilleur gendarme. Connaissant l’impuissance de la loi, de la force pour mieux dire, vous en avez fait le plus solide de vos protecteurs. Mais prenez-y garde ; tout n’a qu’un temps. Tout ce qui est construit, édifié par la ruse et la force, la ruse et la force peuvent le démolir.

Le peuple évolue tous les jours. Voyez-vous qu’instruits de ces vérités, conscients de leurs droits, tous les meurt-de-faim, tous les gueux, en un mot, toutes vos victimes, s’armant d’une pince-monseigneur aillent livrer l’assaut à vos demeures pour reprendre leurs richesses, qu’ils ont créées et que vous leur avez volées. Croyez-vous qu’ils en seraient plus malheureux ? J’ai l’idée du contraire. S’ils y réfléchissent bien, ils préféreraient courir tous les risques plutôt que de vous engraisser en gémissant dans la misère. La prison… le bagne… l’échafaud ! dira-t-on. Mais que sont ces perspectives en comparaison d’une vie d’abruti, faite de toutes les souffrances. Le mineur qui dispute son pain aux entrailles de la terre, ne voyant jamais luire le soleil, peut périr d’un instant à l’autre, victime d’une explosion de grisou ; le couvreur qui pérégrine sur les toitures peut faire une chute et se réduire en miettes ; le marin connaît le jour de son départ, mais il ignore s’il reviendra au port. Bon nombre d’autres ouvriers contractent des maladies fatales dans l’exercice de leur métier, s’épuisent, s’empoisonnent, se tuent à créer pour vous ; il n’est pas jusqu’aux gendarmes, aux policiers, vos valets qui, pour un os que vous leur donnez à ronger, trouvent parfois la mort dans la lutte qu’ils entreprennent contre vos ennemis.

Entêtés dans votre égoïsme étroit, vous demeurez sceptiques à l’égard de cette vision, n’est-ce pas ? Le peuple a peur, semblez-vous dire. Nous le gouvernons par la crainte de la répression ; s’il crie, nous le jetterons en prison ; s’il bronche, nous le déporterons au bagne ; s’il agit, nous le guillotinerons ! Mauvais calcul, messieurs, croyez-m’en. Les peines que vous infligerez ne sont pas un remède contre les actes de révolte. La répression, bien loin d’être un remède, voire un palliatif n’est qu’une aggravation du mal.

Les mesures correctives ne peuvent que semer la haine et la vengeance. C’est un cycle fatal. Du reste, depuis que vous tranchez des têtes, depuis que vous peuplez les prisons et les bagnes, avez-vous empêché la haine de se manifester ? Dites ! Répondez ! Les faits démontrent votre impuissance. Pour ma part, je savais pertinemment que ma conduite ne pouvait avoir pour moi d’autre issue que le bagne ou l’échafaud. Vous devez voir que ce n’est pas ce qui m’a empêché d’agir. Si je me suis livré au vol, ça n’a pas été une question de gains, de livres, mais une question de principe, de droit J’ai préféré conserver ma liberté, mon indépendance, ma dignité d’homme, que me faire l’artisan de la fortune d’un maître. En termes plus crus, sans euphémisme, j’ai préféré être voleur que volé.

Certes, moi aussi je réprouve le fait par lequel un homme s’empare violemment et avec ruse du fruit du labeur d’autrui. Mais c’est précisément pour cela que j’ai fait la guerre aux riches, voleurs du bien des pauvres. Moi aussi je voudrais vivre dans une société où le vol serait banni. Je n’approuve et n’ai usé du vol que comme moyen de révolte propre à combattre le plus inique de tous les vols : la propriété individuelle.

Pour détruire un effet, il faut au préalable en détruire la cause. S’il y a vol, ce n’est que parce qu’il y a abondance d’une part et disette de l’autre ; que parce que tout n’appartient qu’à quelques-uns. La lutte ne disparaîtra que lorsque les hommes mettront en commun leurs joies et leurs peines, leurs travaux et leurs richesses ; que lorsque tout appartiendra à tous.

Anarchiste révolutionnaire j’ai fait ma révolution
Vienne l’Anarchie

Alexandre Marius Jacob, Publié dans Germinal le 19 mars 1905

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En complément, un portrait d’Alexandre Jacob sur Barricata

 

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Le blues du dimanche soir; une vie volée deux fois

1. Avez-vous éprouvé au moins une fois le désir d’arriver en retard au travail, ou de le quitter plus tôt ?

Dans ce cas, vous avez compris que :

a) Le temps de travail compte double car il est du temps perdu deux fois :
– comme temps qu’il serait plus agréable d’employer à l’amour, à la rêverie, aux plaisirs, aux passions ; comme temps dont on disposerait librement.
– comme temps d’usure physique et nerveuse.
b) Le temps de travail absorbe la plus grande partie de la vie, car il détermine aussi le temps dit « libre », le temps de sommeil, de déplacement, de repas, de distraction. Il atteint ainsi l’ensemble de la vie quotidienne de chacun et tend à la réduire à une succession d’instants et de lieux, qui ont en commun la même répétition vide, la même absence croissante de vraie vie.
c) Le temps de travail forcé est une marchandise. Partout où il y a marchandise il y a travail forcé, et presque toutes les activités s’apparentent peu à peu au travail forcé : nous produisons, consommons, mangeons, dormons pour un patron, pour un chef, pour l’Etat, pour le système de la marchandise généralisée.
d) Travailler plus, c’est vivre moins.

De fait, vous luttez déjà, consciemment ou non, pour une société qui assure à chacun le droit de disposer lui-même du temps et de l’espace ; de construire chaque jour sa vie comme il le désire.

 

L’après-salariat:

 

2. Avez-vous éprouvé au moins une fois le désir de ne plus travailler (sans faire travailler les autres pour vous) ?

Dans ce cas, vous avez compris que :
a) Même si le travail forcé ne devait produire que des biens utiles tels que habits, nourriture, technique, confort…, il n’en resterait pas moins oppressif et inhumain car :
– le travailleur serait encore dépossédé de son produit et soumis aux mêmes lois de la course au profit et au pouvoir.
– le travailleur continuerait de passer au travail dix fois plus de temps qu’il n’est nécessaire à une organisation attrayante de la créativité pour mettre à la disposition de tous cent fois plus de biens.
b) Dans le système marchand, qui domine partout, le travail forcé n’a pas pour but, comme on veut le faire croire, de produire des biens utiles et agréables pour tous ; il a pour but de produire des marchandises. Indépendamment de ce qu’elles peuvent contenir d’usage utile, inutile ou polluant, les marchandises n’ont pas d’autre fonction que d’entretenir le profit et le pouvoir de la classe dominante. Dans un tel système, tout le monde travaille pour rien et en a de plus en plus conscience.
c) En accumulant et en renouvelant les marchandises, le travail forcé augmente le pouvoir des patrons, des bureaucrates, des chefs, des idéologues. Il devient ainsi un objet de dégoût pour les travailleurs. Tout arrêt de travail est une façon de redevenir nous-mêmes et un défi à ceux qui nous en empêchent.
d) Le travail forcé produit seulement des marchandises. Toute marchandise est inséparable du mensonge qui la représente. Le travail forcé produit donc des mensonges, il produit un monde de représentations mensongères, un monde renversé où l’image tient lieu de réalité. Dans ce système spectaculaire et marchand, le travail forcé produit sur lui-même deux mensonges importants :
– le premier est que le travail est utile et nécessaire, et qu’il est de l’intérêt de tous de travailler ;
– le deuxième mensonge, c’est de faire croire que les travailleurs sont incapables de s’émanciper du travail et du salariat, qu’ils ne peuvent édifier une société radicalement nouvelle, fondée sur la création collective et attrayante, et sur l’autogestion généralisée.

De fait, vous luttez déjà, consciemment ou non, pour une société où la fin du travail forcé laisse place à une créativité collective réglée par les désirs de chacun, et à la distribution gratuite des biens nécessaires à la construction de la vie quotidienne. La fin du travail forcé signifie la fin du système où règnent le profit, le pouvoir hiérarchisé, le mensonge général. Il signifie la fin du système spectaculaire-marchand et amorce un changement global de toutes les préoccupations. La recherche de l’harmonie des passions, enfin libérées et reconnues, va succéder à la course à l’argent et aux miettes de pouvoir.

 

3. Vous est-il arrivé de ressentir hors du lieu de travail le même dégoût et la même lassitude qu’à l’usine ?

Dans ce cas, vous avez compris que :
a) L’usine est partout. Elle est le matin, le train, la voiture, le paysage détruit, la machine, les chefs, la maison, les journaux, la famille, le syndicat, la rue, les achats, les images, la paie, la télévision, le langage, les congés, l’école, le ménage, l’ennui, la prison, l’hôpital, la nuit. Elle est le temps et l’espace de la survie quotidienne. Elle est l’accoutumance aux gestes répétés, aux passions refoulées et vécues par procuration, par images interposées.
b) Toute activité réduite à la survie est un travail forcé ; tout travail forcé transforme le produit et le producteur en objet de survie, en marchandise.
c) Le refus de l’usine universelle est partout puisque le sabotage et le détournement se répandent partout chez les prolétaires et leur permettent de prendre encore du plaisir à flâner, à faire l’amour, à se rencontrer, à se parler, à boire, à manger, à rêver, à préparer la révolution de la vie quotidienne en ne négligeant rien des joies de n’être pas tout à fait aliénés.

De fait, vous luttez déjà, consciemment ou non, pour une société où les passions soient tout, l’ennui et le travail rien. Survivre nous a jusqu’aujourd’hui empêchés de vivre ; il s’agit maintenant de renverser le monde à l’envers ; de prendre appui sur les moments authentiques, condamnés à la clandestinité et à la falsification dans le système spectaculaire marchand : les moments de bonheur réel, de plaisir sans réserve, de passion.

Ça fait vingt, trente ans que le matin vous buvez un café de merde dans une machine électrique de merde, que vous vous levez tôt, que vous prenez un bus de merde pour aller dans une usine de merde pour faire gagner du pognon et énormément de pognon à un gros con. Ce gros con il vous veut plus, mais rendez-vous compte que c’est peut-être la chance de votre vie !

 

4. Avez-vous déjà eu l’intention de vous servir de votre machine pour fabriquer un objet dont vous avez l’usage en dehors de l’usine ?

Dans ce cas, vous avez compris que :
a) La machine produit des effets opposés selon qu’elle est employée au profit d’un patron et de l’Etat, ou selon qu’elle est employée par le travailleur à son profit immédiat.
b) Le principe du détournement consiste à tourner contre l’ennemi les techniques et les armes qu’il emploie contre nous.
c) Le contraire du travail forcé, c’est la création individuelle et collective. Les prolétaires aspirent à créer leurs propres conditions de vie pour cesser d’être des prolétaires. Hors de quelques rares moments révolutionnaires, cette créativité est restée jusqu’à présent clandestine (usage des machines, bricolage, expérimentation, recherche de passions ou de sensations nouvelles).
d) La passion de la créativité veut être tout. Comme destruction du système marchand et comme construction de la vie quotidienne, elle est la passion qui contient toutes les autres. Le détournement des techniques au profit de la création faite par tous est donc la seule façon d’en finir avec le travail et les séparations qu’il répercute partout (manuel intellectuel, travail-loisir, théorie-pratique, individu-société, être-paraître…).

De fait, vous luttez déjà, consciemment ou non, pour une société où les dépôts, les centres de distribution, les usines, les techniques appartiendront aux assemblées de grève, puis à l’ensemble des individus groupés en assemblées d’autogestion.

5. Vous arrive-t-il de saboter volontairement des pièces en cours d’usinage ou déjà stockées ?

Si oui, vous avez compris que :
a) La lutte des ouvriers contre la marchandise est le vrai point de départ de la révolution. Elle fait apparaître clairement comment le plaisir d’être soi et de jouir de tout passe par le plaisir de détruire de façon totale ce qui nous détruit chaque jour.
b) La marchandise est le coeur d’un monde sans coeur ; elle est la force et la faiblesse du pouvoir hiérarchisé, de l’Etat et de sa bureaucratie. La liberté et le bonheur individuels de tous exigent non seulement qu’on lui porte des coups mais bien plutôt qu’on l’anéantisse définitivement et totalement (par exemple, le simple sabotage des marchandises ne suffit pas puisque l’usure prématurée des produits lancés sur le marché aide en fin de compte le capitalisme privé et le capitalisme d’Etat – U.R.S.S., Cuba, Chine… – à accélérer le renouvellement des achats et le renouvellement des idéologies ; qu’elle améliore ainsi l’accumulation de la marchandise et l’accumulation de ses représentations et des attitudes sociales qu’elle impose).
c) Dans la mesure où le sabotage est une façon de bâcler le travail, il a le mérite d’épargner de l’énergie et d’encourager à ne plus travailler.
d) Si insuffisant qu’il soit, le sabotage des produits finis est une réaction saine. Il traduit le mépris de l’ouvrier pour la marchandise et pour le rôle d’ouvrier, c’est-à-dire pour l’attitude liée aux idées de travail nécessaire, de travail bien fait et autres conneries, que la société dominante lui impose.
e) Le refus du rôle d’ouvrier va de pair avec le refus du travail et de la marchandise. Il a toutes les chances de s’étendre au refus de tous les rôles, de tous les comportements qui font agir chacun non en fonction de ses désirs et de ses passions mais en fonction d’images, bonnes ou mauvaises, qui lui sont imposées et qui sont le mensonge par lequel la marchandise se donne à voir. Faites la part de ce qui reste de vous quand vous accumulez sur une journée des rôles comme celui de père de famille, d’époux, d’ouvrier, d’automobiliste, de militant, de téléspectateur, de consommateur…

De fait, vous luttez déjà, consciemment ou non, pour une société où les séparations disparaissent à mesure que le travail disparaît ; où chacun peut enfin être totalement vrai parce qu’il cesse de produire la marchandise et son mensonge (le monde inversé où les reflets sont plus importants que l’authentique).

 

De la grève sauvage à l’autogestion généraliséeRaoul Vaneigem

 

Contributions à la lutte des ouvriers révolutionnaires, destinées à être discutées, corrigées [NDLR voire revues entièrement pour certaines d’entre elles?] et principalement mises en pratique sans trop tarder => clic <=

 

 

 

Ce travail ne m’a jamais satisfait

-67% des salariéEs n’aiment pas ce qu’ils/elles font et n’en voient pas l’utilité

-80% s’ennuient au travail

-2 000 000 salariéEs se disent maltraitéEs au travail

-500 000 victimes de harcèlement sexuel dans les entreprises

-Un à deux travailleurs sont tuéEs chaque jour lors d’un accident du travail

Au milieu des années 70, un ouvrier ou un employé pouvait « espérer » rattraper le niveau de vie d’un cadre en 30 ans.

Contre 150 ans de nos jours.

 

Tous les jours pareil.

J’arrive au boulot et ça me tombe dessus comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme une brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons et des collèges que certains jours on n’a pas envie de retrouver. Ce travail ne m’a jamais satisfait. Pourtant je ne me vois plus apprendre à faire autre chose, d’autres gestes, on fait avec mais on ne s’habitue pas. Je dis « on » et pas « je » parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d’esprit, on en est tous là.
Que nous reste-t-il aujourd’hui ? Bien sûr il y a le salaire, ce fameux salaire qui fait qu’on continue. Peur de la pauvreté, pour soi et pour ses proches, pour les enfants aussi, pour lesquels on espère un autre avenir, même si on n’est pas sûr qu’il sera très différent du nôtre. Et puis il y a l’argent qui devient la mesure de toute chose. Alors quand on réfléchit à tout ça, il y a comme un sentiment de gâchis. On se dit qu’on mène vraiment une vie de con. Que la vie, c’est autre chose, ou devrait être autre chose.

J’ai un doigt, le gros, j’ai du mal à le bouger, j’ai du mal à toucher Dominique le soir, ça me fait mal aux mains… La gamine quand je la change, je peux pas lui dégrafer ses boutons… Tu sais, t’as envie de pleurer, dans ces coups de temps là… C’est tout ça, tu comprends, t’as du mal à écrire, j’ai du mal à écrire. J’ai de plus en plus de mal à m’exprimer, ça aussi c’est la chaîne… C’est dur, quand t’as pas parlé pendant 9 heures t’as tellement de choses à dire, que les mots, ils arrivent tous ensemble dans la bouche. Et puis tu bégayes, tu t’énerves, tout t’énerve, tout. Et ceux qui t’énervent encore plus c’est ceux qui parlent de la chaîne. Et qui ne comprendront jamais que tout ce qu’on peut en dire, que toutes les améliorations qu’on peut lui apporter, c’est une chose mais que le travail il reste… C’est dur la chaîne. Moi maintenant je peux plus y aller, j’ai la trouille d’y aller. C’est pas le manque de volonté. C’est la peur d’y aller… La peur, la peur qui mutile encore d’avantage. La peur que je puisse plus parler un jour, que je devienne muet. Je lisais avant. J’ai lu un tas de livres. Maintenant je n’ai plus envie de lire. Je n’ai plus envie…

C’est l’homme tout entier qui est conditionné au comportement productif par l’organisation du travail, et hors de l’usine il garde la même peau et la même tête. Dépersonnalisé au travail, il demeurera dépersonnalisé chez lui.

Christophe Dejours – Travail usure mentale

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La première des résignations face au capitalisme, nous la faisons à l’école, nous la rencontrons dès notre plus jeune âge.

On nous apprend le plus tôt possible, qu’il faudrait se surpasser pour être parmi les meilleurs, non pas pour le plaisir d’apprendre, non pas pour le savoir, non juste pour surpasser les autres et « avoir une bonne place ». La compétition commence.

Pourquoi, parce que la société est ainsi faite, il y a les bonnes places pour les « méritants » et les autres places.

C’est le nouvel ordre naturel.

Les pauvres, leurs enfants (sauf quelques rares exceptions) qui triment et trimeront, les « méritants » qui triment et trimeront dans de meilleures conditions, mais surtout les rentiers, rentières qui ne trimeront jamais.

Sauf que nous savons bien que le mérite a peu à voir avec l’attribution des places, nous savons bien que le niveau social des parents est discriminant, nous savons bien que la réussite scolaire n’est pas proportionnelle à l’effort fourni. Pourtant nous continuons avec cette idée, qu’il y aurait une place à trouver pour chacun dans cet ordre social.

Or d’où nous vient cette idée?
Cela ne vous rappelle rien?
Un monde où le paysan, né paysan devait trimer, où le riche pouvait jouir de ses privilèges?
Oui, nous sommes bien sous l’Ancien Régime, nous sommes bien dans une vision ultra religieuse de la société : la pénitence (du travail pour n’être pas bien né) et la récompense (du week end et de la retraite) pour certains et le privilège (toute sa vie) pour d’autres.

Un ordre naturel.

Naturel car « bon sang ne saurait mentir », il est donc tout à fait naturel que le fils de médecin soit médecin, que le fils de prof soit prof, naturel car il serait naturel que l’on laisse à ses enfants son patrimoine et que le fils de rentier n’ait qu’à enfiler les chaussons de son père. Tout cela pour le bien commun de l’humanité.
Tout cela pour l’équilibre des relations humaines dans la recherche du Bien Commun. Non pas du bien de chacun, mais du bien commun.

Nous sommes là dans le cœur de la Doctrine Sociale de l’Église, véritable acte de naissance religieux du Capitalisme.
Les citoyens ne sont plus, l’égalité n’existe pas. Il y a des places à tenir, il faut sélectionner pour distribuer ces places.
Le pauvre à l’usine, les intermédiaires au bureau et les riches dans les palais.
Il devient dès lors inutile d’apporter du savoir au pauvre, le nivellement par le bas de l’enseignement ces 50 dernières années se justifie ainsi.

Cette doctrine est appliquée par les plus grandes institutions internationales, l’ONU, le BIT, l’UE.

Plus vous en saurez sur cette doctrine, plus vous comprendrez que le syndicalisme chrétien, en France la CFDT, syndicat collaborationniste à la remorque du PS, est contre l’émancipation du travail.

Les Enragé-e-s

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La classe ouvrière doit impérativement modifier ce rapport de force et reprendre son autonomie organisationnelle et militante. C’est la classe ouvrière qui doit diriger le combat de résistance féroce (pas du tout pacifiste) et non pas se mettre sous le parapluie de la petite bourgeoisie aigrie, chancelante, irrésolue, pacifiste et conciliatrice.

Depuis l’approfondissement de la crise systémique de l’impérialisme moderne l’État réduit les charges fiscales imposées aux entreprises accroissant d’autant les impôts et les taxes reposant directement sur les épaules de tous les salariés, les ouvriers tout autant que les employés des entreprises privées, publiques et parapubliques, ce qui comprend évidemment les petits-bourgeois (la pseudo classe moyenne qui n’a jamais existé) qui ont tout à coup le sentiment de ne plus être importants pour leurs maîtres capitalistes qui les soumets petit à petit à l’indigence…

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Quand la FNSEA fait sa loi

Nous vous proposons un reportage de la chaîne France 4 sur la politique lobbyiste et terroriste du premier syndicat agricole que nous complèterons de quelques images des exactions de pro-barrage qui ont lieu sur la Zone A Défendre du Testet.

 

 

 

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Grand rassemblement prévu le week end des 25 et 26 avril – le printemps de Sivens – pour  affirmer sa solidarité avec les opposants au barrage, victimes des exactions de groupes violents, couverts par l’Etat.

 

Les Enragé-e-s

 

 

 

 

 

 

Pour comprendre les enjeux politico-économiques du barrage du Sivens

Ce jour où Dieu eût la main Lourdes

Les risques encourus en allant à la messe ou en pèlerinage sont réels et souvent méconnus des béotiens.  Pourtant, en toute occasion, les divers faits de Dieu ne s’embarrassent pas des manifestations dans ce qu’elles ont de plus tangible.

Le 24 avril 2014, c’est sous un crucifix gigantesque qu’un pèlerin ne manqua pas de faire une rencontre qui allait peser durablement sur la nature de son existence.

crucifix-cevo-avantCe monument de frugalité architecturale commis par l’artiste italien Enrico Job et constitué d’une poutre en trois portions propulsant à près de 30 mètres de hauteur une statue d’un Christ Rédempteur de 6 mètres, avait été créé pour célébrer la visite de Jean-Paul II à Brescia à l’occasion du centenaire de la naissance de Paul VI.

papeL’arc christique avait été déplacé en 2005 sur le site de Cevo (Italie) et ce 3 ans avant la disparition de l’artiste, au dessein de figer à jamais cette perspective concave en hommage aux déjections sous cloche du conclave.

En effet, c’est 3 jours plus tard, le 27 avril, que Jean-Paul II ainsi que le gauchiste Jean XXIII devaient être canonisés.

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C’est à l’approche d’un pèlerin échoué là par la grâce de son aumônerie, que soudain, la portion la plus haute se détacha, rappelant ainsi à Dieu le fidèle par l’argument massue d’un Christ de 600 kilos.

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La victime, très probablement ivre de bigoteries au moment des faits, était originaire de Lovere et en excursion sur le site depuis quelques minutes à peine.

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« Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. »

 

Ça n’a pas traîné.

 


Les Enragé-e-s

 

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Au fond, Jésus est un type cool, il est juste un peu farceur, c’est tout.

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1871 – Ce jour où l’on scia la colonne Vendôme

C’est en grande cérémonie et en présence d’une foule nombreuse, encadrée par les gardes nationaux fédérés, qu’on a enfin mis à bas la colonne impériale.

En début d’après-midi, à partir de 14h, la foule commence à se rassembler derrière les barricades qui bloquent l’accès à la place Vendôme.

La place est remplie de gardes nationaux. De très nombreux parisiens se bousculent entre la rue de la Paix et la rue Castiglione, apparaissent aux fenêtres ou observent la scène depuis les toits.

Le peuple de Paris, unanime à dénoncer les crimes de l’Empire et les horreurs de la guerre qu’il ne connaît que trop bien, était venu en masse fêter la destruction de la colonne honnie.

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La Commune de Paris est la première tentative réussie d’autogestion populaire. Un rapide historique de son contexte vous est proposé ici.


Elle a dressé pour l’avenir, non par ses gouvernants, mais par ses défenseurs, un idéal bien supérieur à celui de toutes les révolutions qui l’avaient précédée ; elle engage d’avance ceux qui veulent la continuer, en France et dans le monde entier à lutter pour une société nouvelle dans laquelle il n’y aura ni maîtres par la naissance, le titre ou l’argent, ni asservis par l’origine, la caste ou le salaire. Partout le mot « Commune » a été compris dans le sens le plus large comme se rapportant à une humanité nouvelle, formée des compagnons libres, égaux, ignorant l’existence des frontières anciennes et s’entraidant en paix d’un bout du monde à l’autre.

Elisée Reclus

 

Le 12 avril 1871, la Commune vote le décret suivant, sur proposition de Felix Pyat.

« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brutale et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie ».

laisser_passer_1871_vendomeL’exécution de ce décret n’eût lieu que le 16 mai suivant.

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Un événement libératoire et festif relaté par le communard Maxime Vuillaume.

Une foule énorme emplit la rue de la Paix. Droite dans le ciel d’une pureté superbe – un ciel de floréal – la colonne se dresse. Le drapeau rouge, fixé à la balustrade, caresse mollement la face de César.

commu12Un triple cordage pend du sommet, se rattachant au cabestan qui, tout à l’heure, va tourner et attirer à lui le monument.
Un grondement s’élève de la foule. Est-ce déjà la dernière heure de la colonne?

Filons vite, me dit Vermersch. On dirait que ça remue !
Pas à pas nous avançons à travers la masse humaine. Nous écoutons ce que disent nos voisins. Peu de gens récriminent. La note dominante est la crainte de voir s’effondrer quelque chose.

1871.place.vendôme.destruction.commune– Ça va crever l’égout de la rue de la Paix! – Si ça démolissait les maisons de la place! De la colonne, de Napoléon, de la Grande Armée, d’Austerlitz, rien. Les boutiques sont fermées. Collées sur les carreaux, de longues bandes de papier en croix, pour amortir les vibrations. Enfin, nous arrivons à la barricade qui ferme la place. Nous présentons nos cartes à la sentinelle. J’examine à mon aise le cabestan, retenu au sol par une ancre, et les deux poulies sur lesquelles s’enroulent les cordages fixés au sommet.

colonneVendome1871Quant à la colonne elle-même, j’ai grimpé la veille encore sur son piédestal. Le projet des entrepreneurs de la démolition est fort simple. La colonne coupée « en sifflet » au ras du fût, du côté de la rue de la Paix, a été sciée du côté opposé. L’entaille et la partie sciée représentent, à peu de chose près, l’épaisseur du tube de pierre – et non de bronze, le bronze ne formant qu’un mince revêtement.

Par la manoeuvre du cabestan, la colonne doit céder à sa base, et tomber sur le lit de fascines et de fumier qui a été préparé au-dessous d’elle. La colonne, n’ayant que trente-quatre mètres de hauteur, ne peut, renversée, atteindre l’entrée de la rue de la Paix.

Sur le piédestal de la colonne, une demi-douzaine d’hommes, causant avec animation, interrogeant du regard l’écorchure du fût.
– Encore quelques coups de scie, commande l’un d’eux. Et la scie recommence à entamer la pierre. Un léger nuage blanc s’échappe.
– Ça va bien… On peut tirer… Trois heures et demie. On tire. Crac… Le cabestan cède. Les cordes se détendent … Murmures de déception. On dit qu’il y a des blessés … On va chercher d’autres poulies… Une grande heure d’attente.
Et l’on roule, dans un coin de la place, à l’abri, la lunette de l’astronome en plein vent, oubliée là, et qui allait être écrasée, elle aussi, bien innocente cependant.
Cinq heures un quart. Sur le piédestal, des hommes enfoncent des coins dans la blessure, au pied du fût. Le monstre résiste.

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Devant mes yeux passe subitement comme le battement d’aile d’un oiseau gigantesque… Un zigzag monstrueux… Ah ! je ne l’oublierai jamais, cette ombre colossale qui traversa ma prunelle!… Blouf !…

destruction-colonne-vendome1871-Colonne-vendome-3-sOLYMPUS DIGITAL CAMERAUn nuage de poussière… Tout est fini…

destruction-of-the-colonne-vendc3b4me-may-16-1871La colonne est à terre, ouverte, ses entrailles de pierres au vent… César est couché sur le dos, décapité. La tête, couronnée de lauriers, a roulé, tel un potiron, jusqu’à la bordure du trottoir.

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« Mes cahiers rouges au temps de la commune » par Maxime Vuillaume.

preduchesneillustrgustavecourbetGustave Courbet (peintre communard auteur de  » L’origine du monde  » ), qui voulait initialement la déplacer et qui ne prit pas part au vote, sera accusé par la Réaction et portera la responsabilité de sa destruction, tant et si cruellement qu’elle le condamnera à rembourser son remplacement. Il décédera avant d’avoir fourni sa première traite.

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Pour approfondir ses réflexions:

Mai 1871 : De la Commune écrasée à la Commune glorifiée

Après 72 jours de lutte et de rénovation sociale, la Commune de Paris expire le 28 mai 1871 au terme d’une semaine de déchaînement militaire qui laissa entre 20 000 et 30 000 morts, d’où son surnom de « semaine sanglante ». Mais la vie de la Commune ne s’arrête pas là ! Dernière grande révolution du XIXe siècle, prémisse des révolutions du XXe siècle, elle constitue une expérience déterminante pour les différents courants du mouvement ouvrier autant qu’un avertissement pour les classes possédantes. La Commune devient donc l’enjeu d’une bataille mémorielle dans laquelle se confrontent diverses interprétations.

Lire la suite ici => Mai 1871 : De la Commune écrasée à la Commune glorifiée

Eugène Varlin : Aux origines du mouvement ouvrier et du syndicalisme

 « Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. »

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Eugène Varlin naît le 5 octobre 1839 à Claye-Souilly en Seine-et-Marne, à 37 km de Paris, sur la route de Meaux.

Bien que vivant pauvrement, les parents Varlin envoient leurs enfants à l’école, payante à cette époque.

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Eugène quitte l’école à treize ans, en 1852, pour faire son apprentissage de relieur à Paris, d’abord chez un confrère de son oncle, Hippolyte Duru, puis chez son oncle lui-même.

De 1855 à 1859, il parfait son apprentissage dans plusieurs ateliers. Il est ensuite embauché comme contremaître. En 1860-61, il complète son instruction générale en suivant les cours de l’association philotechnique. En 1862, il s’installe dans ses meubles, 33, rue Dauphine, dans le VIe arrondissement où il restera jusqu’en 1870. Il commence à apprendre le latin en 1864.

En 1857, Eugène Varlin participe à la fondation de la Société civile des relieurs, société de secours mutuels regroupant ouvriers et patrons. Il y fait son apprentissage de militant ouvrier.

En 1862, a lieu l’exposition universelle de Londres. Eugène Varlin ne fait pas partie de la délégation française mais il contribue à la rédaction du rapport publié à la suite de ce voyage.

Le 25 mai 1864 est votée la loi qui autorise les grèves en l’assortissant de sévères restrictions. Les ouvriers relieurs s’engouffrent dans la brèche et cessent le travail en août. Les patrons cèdent sur une partie des revendications. Varlin s’est beaucoup investi dans ce mouvement. Pour le remercier, les ouvriers relieurs lui offrent une montre en argent. Les conflits rendent impossible la cohabitation des ouvriers et des patrons dans la Société civile des relieurs. Eugène Varlin en est exclu en 1866.

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– Le militant ouvrier

Il est alors à l’initiative de la Société civile d’épargne et de crédit mutuel des ouvriers relieurs de Paris dont il est élu président. Dans le conseil d’administration de quinze membres, figure l’ouvrière relieuse Nathalie Le Mel.

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Nathalie Le Mel, une communarde bretonne, révolutionnaire et féministe Cette grande dame n’a pas écrit l’histoire de la Commune. Elle l’a faite ! Pas d’écriture de ses mémoires, pas de lettres, rien. Que sa signature parmi d’autres au bas des affiches de la Commune qui proclament : « Nous voulons le travail pour en garder le profit, plus d’exploiteurs plus de maîtres ».

 

Parallèlement, Varlin est à l’initiative, avec la Fédération des relieurs, de la Caisse fédérative de prévoyance des cinq centimes dite Caisse du sou dans laquelle les ouvriers versent cinq centimes par semaine pour constituer un fonds dans le but de venir en aide aux grévistes.

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La classe ouvrière est déjà en mouvement : ici, la grève de La Villette au début de 1870

En 1864, a été créée à Londres l’Association internationale des travailleurs (AIT) plus connue sous le nom de 1re Internationale à laquelle Eugène Varlin adhère en 1865 quand est fondé le bureau parisien qui a son siège, 44, rue des Gravilliers dans le IIIe arrondissement.

Gravilliers_rue_des_44_Siege_de_l_AIT_01_mini-4Plus tard, le bureau sera transféré rue de la Corderie dans le même arrondissement. Les secrétaires correspondants sont des proudhoniens. Varlin fait partie de la commission de vingt membres chargés de l’administrer. Il collabore aux journaux de l’Internationale, la Tribune ouvrière puis la Presse ouvrière. En septembre, il assiste à Londres à la conférence de l’Internationale.

L’AIT se fixe comme première tâche d’unir et d’organiser les masses populaires de tous les pays. Son deuxième objectif consiste à informer les différentes organisations nationales du prolétariat sur tout mouvement de grève, afin de coordonner la lutte et la solidarité de classe contre l’exploitation du capitalisme mondial. Son but principal, à travers les luttes syndicales et politiques, est la conquête du pouvoir économique et politique de la classe ouvrière.

Seulement quatre nations sont représentées au congrès de 1866 : Angleterre, France, Allemagne et Suisse. Elles sont neuf en 1869 : États-Unis, Autriche, Belgique, Espagne et Italie ont rejoint les quatre premières. Des sections sont créées de surcroît en Hongrie, en Hollande, à Alger et jusqu’en Amérique du Sud. L’Internationale comptera en 1870 plus de 100 000 membres en Grande-Bretagne, près de 500 000 en France et quelques 5 millions dans le monde entier.

– Pour l’amélioration des conditions de travail des femmes et l’instruction pour tous.

En septembre 1866, Varlin est délégué au premier congrès de l’Internationale à Genève.

rougerie1Il y fait deux propositions qui sont refusées par la majorité proudhonienne de la délégation française.

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Bakounine défendant le courant anti-autoritaire.

 

La première concerne l’amélioration des conditions de travail des femmes en opposition à la notion de femme au foyer.

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En second lieu, il demande l’enseignement par la société (et non par la famille), sous la direction des parents, et obligatoire pour tous les enfants.

Après ce congrès, Varlin devient l’un des trois secrétaires correspondants. Coopérateur, il fonde, en 1867, la coopérative de consommation La Ménagère et l’année suivante le restaurant coopératif La Marmite, rue Larrey, dans le VIe arrondissement dont trois succursales fonctionneront en 1870.

En présence de toutes ces grèves les militants socialistes ne demeuraient pas inactifs. De plus en plus leur rôle se précisait : ils devaient, selon l’idée même que la classe ouvrière se faisait de l’Internationale, secourir les travailleurs en lutte ; et ils devaient d’autre part les organiser, les entraîner dans la grande lutte qui se développait : « Vous nous direz, écrivait encore Varlin à Aubry (8 janvier 1869), si les efforts faits par vous près des cotonniers des autres maisons (pour les décider à la grève) nous permettent d’arriver à un résultat favorable. Dites-leur bien qu’ils doivent se soutenir entre eux d’abord, afin de mériter l’appui de leurs frères des autres pays dans le cas où la lutte se généraliserait. Dites-leur surtout qu’ils doivent se grouper, s’organiser, se solidariser, entrer dans la ligne internationale des travailleurs pour s’assurer le concours de tous et pouvoir parer à toutes les mauvaises éventualités. »

De 1868 à 1870, les grèves se multiplièrent. En 1868, c’étaient les ébénistes, les tailleurs, les peintres, les mécaniciens qui s’étaient organisés. L’Internationale soutient les grèves et apporte une aide financière aux grévistes en utilisant la Caisse du sou.

Le pouvoir réagit en lançant des poursuites judiciaires contre les quinze membres de la commission parisienne de l’Internationale.

Ceux-ci démissionnent et quinze nouveaux membres sont élus. Parmi eux, on trouve Varlin qui reste secrétaire correspondant avec deux nouveaux venus, Benoît Malon et Emile Landrin.

– Organisateur des travailleurs et initiateur du syndicalisme.

Varlin et ses compagnons sortent de prison en octobre 1868. Il leur faut reconstruire l’Internationale en France, qui a été déstructurée par les deux premier procès. Ils s’y emploient avec vigueur et succès en s’appuyant, en 1869, sur les importants mouvements de grèves en France et à l’étranger qui amènent à impulser la solidarité. La caisse du sou est mise à contribution. Varlin pense que l’organisation des forces révolutionnaires du travail est la question préalable à toute réforme et que la grève est une école de lutte. 1869 est aussi l’année du 4e congrès de l’Internationale à Bâle.

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Varlin y représente les ouvriers relieurs de Paris où il incarne le mouvement ouvrier parisien. Il rend compte des travaux du congrès dans un article du Commerce, organe des Chambres syndicales ouvrières : les sociétés corporatives, résistance, solidarité syndicat, méritent surtout nos encouragements et sympathies, car ce sont elles qui forment les éléments naturels de l’édifice social de l’avenir.

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– Varlin  l’Internationale

 

Des sections sont fondées à Marseille, Lyon, Le Creusot, Rouen et dans des dizaines d’autres villes.

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Dès le 21 mars, les 1 500 mineurs du bassin du Creusot se mettent en grève pour protester contre une baisse de leurs salaires. Ils avaient soutenu, sans y participer le mouvement des ouvriers de janvier. Ce manque de coordination est une faiblesse dont Schneider tire parti. Dès le 23, il reçoit le concours de trois régiments. Les grévistes se rendent en cortège dans la localité voisine de Montchanin où ils font cesser le travail. Les soldats les poursuivent dans les bois et procèdent à quatorze arrestations. Le 24, un comité de grève est formé qui formule les revendications, Il est décapité par des arrestations et aussitôt reconstitué.
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Benoît Malon, envoyé par l’Internationale, prend la direction du mouvement. Schneider repousse avec dédain toutes les revendications. Ce refus brutal renforce la combativité des grévistes. Ils sont soutenus par l’action énergique des femmes qui incitent les quelques non-grévistes à cesser le travail. Les gendarmes en arrêtent une ; ses compagnes la délivrent. Elles récidivent le lendemain. Pour protester contre l’arrestation de trois d’entre elles, elles déposent leurs jeunes enfants devant les gendarmes en criant : « arrêtez nous et nourrissez-les ». Puis elles se massent devant le train qui emmenait les prisonnières à Autun pour y être jugées ; elles obtiennent leur libération. Les grévistes tiennent grâce aux souscriptions qui arrivent de sections de l’Internationale de toute la France. La pression patronale et gouvernementale s’accentue.

En 1870, les mineurs et ouvriers du Creusot ne sont pas seuls à se mettre en grève. À Lyon, les ovalistes, employées dans les filatures, ont obtenu des salaires plus élevés et des journées de travail plus courtes. Aux élections de 1869, l’opposition républicaine a enregistré des progrès. Napoléon III riposte en organisant un plébiscite en mai 1870.

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Napoléon III recevant les souverains à l’exposition universelle de 1867. Le régime autoritaire de Napoléon III, confisque les libertés individuelles et gouverne par la terreur. Gardien de l’ordre, le régime est le moteur de l’économie capitaliste.

 

Au Creusot, les républicains s’unissent dans un Comité antiplébiscitaire animé par Dumay et Assi.

Le préfet fait arrêter Assi et Schneider licencie Dumay.

Mais le stratagème imaginé par Napoléon III ne trompe pas les habitants du Creusot. Dumay est candidat et recueille 77 % des suffrages,  3 400 à répondre non, contre 1 500 qui votent oui.

Sur l’ensemble de la Saône-et-Loire, la liste bourgeoise conservatrice emmenée par Thiers l’emporte. Le parti réactionnaire suscite des troubles et le gouvernement envoie des troupes au Creusot.

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Jean-Baptiste Dumay, syndicaliste, tourneur aux usines Schneider. Le 26, sur la place de la mairie, le face-à-face entre gardes nationaux et soldats de ligne tourne à la fraternisation aux cris de « Vive la République ». Le colonel retire ses troupes. Jean-Baptiste Dumay proclame alors, depuis une fenêtre du premier étage de la mairie sur laquelle est hissé le drapeau rouge : « Je ne suis plus le représentant du Gouvernement de Versailles, je suis le représentant de la Commune du Creusot »

Le 19 mars, Dumay fait une conférence aux ouvriers d’une fabrique de limes à Arnay-le-Duc : c’est là qu’il apprend le soulèvement, la veille, de la population parisienne contre le gouvernement Thiers. Le lendemain, le Comité républicain-socialiste du Creusot décide pour le 26 mars une revue de la Garde nationale et une manifestation en faveur du mouvement parisien.

Eugène Varlin se rend dans les principales villes et centre industriels de France pour y implanter l’Internationale, notamment à Lyon, au Creusot et à Lille.

 

Le pouvoir impérial engage un troisième procès contre l’Internationale. Fin avril, Varlin, menacé d’arrestation, doit se réfugier en Belgique.

Varlin jouit alors d’une énorme popularité auprès des ouvriers. Il est condamné à un an de prison le 8 juillet. Il rentre en France après la proclamation de la République le 4 septembre.

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Sous la pression populaire, la République est proclamée. L’Empire est anéanti par la défaite de Sedan : la bourgeoisie choisit la république pour éviter momentanément la révolution sociale

L’Internationale a été désorganisée par la guerre franco-prussienne.

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La défaite de Sedan clôture une boucherie héroïque qui décimera près de 180.000 vies et en abîmera plus de 220.000 autres.
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Rencontre entre Bismarck et Napoléon III

 

Chronologie des évènements avant la Commune de Paris

  • 2 septembre 1870 : défaite de Sedan et reddition de l’empereur Napoléon III aux Prussiens.
  • 4 septembre 1870 : proclamation de la IIIe République sur la place de l’Hôtel de Ville, à Paris.
  • 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871 : siège de la capitale et  des parisiens.
  • 28 janvier 1871 : armistice entre le gouvernement provisoire et le IIe Reich allemand.
  • 8 février 1871 : élection de l’Assemblée nationale, installée à Bordeaux, qui doit voter le traité de paix. Celle-ci est composée de nombreux royalistes et d’une majorité prête à accepter les conditions du chancelier Bismarck. Les républicains radicaux et les socialistes parisiens qui trouvent les conditions humiliantes y sont opposés.
  • 26 février 1871 : signature des préliminaires de paix qui prévoient l’occupation de l’Ouest de Paris par les Prussiens.
  • 1er mars 1871 : défilé des Prussiens dans Paris.
  • 8 mars 1871 : l’Assemblée nationale supprime la solde des gardes nationaux ainsi que le moratoire sur les loyers et les dettes.

Ces derniers événements exaspèrent les Parisiens. La Garde nationale s’organise en une Fédération des bataillons avec pour mot d’ordre l’instauration de la République. Elle reçoit le soutien du Comité central des vingt arrondissements de Paris. L’Assemblée nationale, qui craint une rébellion, s’installe à Versailles.

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Benoît Malon fondera et animera La Revue socialiste de 1885 à sa mort en 1893. Membre de l’Internationale et de la Commune, son absence d’ambition partisane et son goût de la synthèse lui permettent de faire de sa revue un véritable laboratoire d’idées, un lieu d’échanges ouvert à tous, avec une dimension européenne.

Avec Benoit Malon, Varlin essaye d’en renouer les fils et de préciser la position de l’organisation face à la situation nouvelle : Par tous les moyens possibles, nous concourrons à la défense nationale qui est la chose capitale du moment.

dittmar2-308sCe soir, les délégués de 200 bataillons de la Garde Nationale étaient réunis en assemblée générale au casino du Vauxhall. Ils ont approuvé les statuts définitifs de la fédération républicaine de la Garde Nationale , présentés le 3 mars devant plus de 1000 délégués. Eugène Varlin, ouvrier relieur et membre de l’Association Internationale des travailleurs, propose d’élire le Comité Central.

Depuis la proclamation de la République, l’épouvantable guerre actuelle a pris une autre signification ; elle est maintenant le duel à mort entre le monarchisme féodal et la démocratie républicaine… Notre révolution à nous n’est pas encore faite et nous la ferons lorsque, débarrassés de l’invasion, nous jetterons révolutionnairement, les fondements de la sociétaire égalitaire que nous voulons.

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Londres, manifestation en soutien à la Commune de Paris, 1871

Eugène Varlin fait partie du Comité central provisoire des vingt arrondissements qui regroupe les comités de vigilance et a son siège à la Corderie. Il s’est engagé dans le 193e bataillon de la Garde nationale dont il a été élu commandant.

Le 15 mars 1871, il devient membre du Comité central.

Le 18 mars 1871, premier jour de la Commune, Eugène Varlin occupe, avec son bataillon, l’état-major de la Garde nationale, place Vendôme.

PARIS - LA COMMUNE DE 1871
Le 12 avril, la Commune vote la proposition suivante : « La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brutale et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : Article unique. La colonne de la place Vendôme sera démolie ». L’exécution de ce décret n’eut lieu que le 16 mai suivant.

 

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Barricade de la chaussée de Ménilmontant tenue par les fédérés de la garde nationale le 18 mars 1871

 – Élu de la Commune

 

Dans l’aube qui se levait on entendait le tocsin; nous montions au pas de charge, sachant qu’au sommet il y avait une armée rangée en bataille. Nous pensions mourir pour la liberté. On était comme soulevés de terre. Nous morts, Paris se fût levé. Les foules à certaines heures sont l’avant-garde de l’océan humain…La butte était enveloppée d’une lumière blanche, une aube splendide de délivrance. La troupe fraternise avec le peuple, l’insurrection gagne Paris quartier par quartier, surprenant à la fois le gouvernement et le Comité central…

Louise Michel

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L’armée se mutine et passe du côté de la révolution en fraternisant avec les gardes nationaux.

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Le coup d’état pressenti par la Garde Nationale n’a pas tardé à se réaliser ! Thiers, ignorant l’avis des maires d’arrondissement, a tenté cette nuit de voler les canons des parisiens. Sans succès ! Paris tout entier s’est levé pour les défendre. Les canons ont été conservés, partout le peuple, les gardes nationaux et les soldats fraternisent. Désormais le Comité Central est seul maître de la ville.

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Thiers n’avait pas prévu la défection des troupes. Pris de panique, il s’enfuit de Paris et ordonna à l’armée et aux administrations d’évacuer complètement la ville et les forts environnants.

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En avril 1834, Thiers s’illustre en réprimant, au prix de 600 morts et 10.000 arrestations la seconde révolte des canuts, les travailleurs lyonnais de la soie. Chef du gouvernement en 1836, il est écarté au profit de Guizot en 1840. Devenu républicain, il soutient la révolution de 1848, puis fait campagne pour la droite contre les socialistes, et soutient Louis-Napoleon Bonaparte et le Parti de l’Ordre.

Thiers voulait sauver de l’armée ce qu’il pouvait l’être en l’éloignant de la « contagion » révolutionnaire. Les restes de ses forces – certaines ouvertement insubordonnées, chantant et scandant des slogans révolutionnaires – se retirèrent dans le désordre vers Versailles.

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La tâche des instituteurs est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. Louise Michel

Thiers se déchaînait contre les instituteurs, ces « anti-curés ».

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« Qu’on ferme les écoles normales, glapit Thiers, que le curé de la paroisse se charge de l’instruction primaire. Aussi bien il apprendra toujours au peuple qu’il a plus besoin de moralité que de savoir », et Thiers nous avoue ses préférences : « J’aime mieux l’instituteur sonneur de cloches que l’instituteur mathématicien ».

Avec l’effondrement du vieil appareil d’État, la Garde Nationale prit tous les points stratégiques de la cité sans rencontrer de résistance significative. Le Comité Central n’avait joué aucun rôle dans ces évènements. Et pourtant, le soir du 18 mars, il découvrit que, malgré lui, il était devenu le gouvernement de facto d’un nouveau régime révolutionnaire basé sur le pouvoir armé de la Garde Nationale.

« Le 18 mars 1871, » écrit Talès dans son livre La Commune de 1871, « n’a pas d’équivalent dans notre histoire révolutionnaire. C’est une étrange journée où l’on voit une foule, en général passive, provoquer l’écroulement, local sans doute mais total, des institutions bourgeoises. »

Ck3aYACoFu3qi0eq9YWzQZ8FiBwLa Commune de Paris
La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au Suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres était naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois.
Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration.
Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique devait être assurée pour un salaire d’ouvrier. Les bénéfices d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes. Les services publics cessèrent d’être la propriété privée des créatures du gouvernement central. Non seulement l’administration municipale, mais toute l’initiative jusqu’alors exercée par l’État fut remise aux mains de la Commune.
Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil spirituel de l’oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l’expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l’instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Église et de l’État. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l’avaient chargée.
Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de cette feinte indépendance qui n’avait servi qu’à masquer leur vile soumission à tous les gouvernements successifs auxquels, tour à tour, ils avaient prêté serment de fidélité, pour le violer ensuite. Comme le reste des fonctionnaires publics, magistrats et juges devaient être élus, responsables et révocables.
Karl Marx

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La Commune est la première tentative faite par la révolution prolétarienne pour briser la machine d’État bourgeoise; elle est la forme politique « enfin trouvée » par quoi l’on peut et l’on doit remplacer ce qui a été brisé. Karl Marx

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Eugène Varlin est élu membre de la Commune dans le VIe arrondissement le 26 mars 1871. Il est successivement membre des commissions des Finances, des Subsistances et à l’Intendance.

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8q-8966ePendant la semaine sanglante, il se bat sur les barricades dans les VIe,Ve et XIe arrondissements.

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barricade du canal St Martin – Bientôt les Batignolles sont sous le contrôle de l’armée. Benoît Malon, qui dirige les opérations militaires dans l’arrondissement, manque d’être cerné dans la mairie du XVIIème, où il est retranché avec une centaine de fédérés. Rejoints par une trentaine de femmes, dont Louise Michel et Elizabeth Dmitrieff qui ont dû évacuer la place Blanche, les derniers défenseurs des Batignolles se replient sur la butte Montmartre. À Montmartre, la situation est critique. Les renforts et les munitions promises ne s’y trouvent pas, quelques centaines d’hommes à peine tiennent la position. Pire, les artilleurs ont fui. Du haut de la butte, les fédérés se retrouvent incapables de pilonner leur adversaire qui approche. Le maréchal Mac-Mahon envoie à l’assaut ses meilleurs soldats.

24 mai 1871 – Incendie de l’Hotel De Ville

Affiche de propagande versaillaise:

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Contrairement à ce qu’affirme la propagande réactionnaire, les premiers incendies particulièrement spectaculaires de la « semaine sanglante » furent provoqués par les bombardements versaillais sur le Champ-de-Mars et sur le ministère des Finances.

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25 mai 1871 – Les Versaillais, aidés de la cinquième colonne, ces parisiens contre révolutionnaires, ont pris la Rive Gauche. Les massacres des fédérés sont systématiques. À 19h heures, la place du Château d’Eau est déchirée par les bombardements et les incendies. Delescluze refuse de survivre à une nouvelle défaite. Résolu, il s’avance vers la barricade. Vermorel, qui le suit, est grièvement blessé. Le délégué à la guerre lui serre la main, et se dirige au pied de la barricade. Les gardes qui l’accompagnent sont contraints de reculer par les rafales de mitraille des versaillais. Delescluze gravit les pavés et se hisse au sommêt de l’ouvrage, le poing tendu vers l’ennemi. Puis il tombe mort. Quelques gardes nationaux qui veulent le relever tombent à leur tour.

Eugène Varlin remplace Delescluze, comme délégué civil à la guerre.

Les exécutions n’épargnent personne, hommes, femmes, enfants et vieillards. Les journaux de Versailles ont inventé pour justifier ces crimes le mythe des pétroleuses. Les femmes sont accusées de remplir de pétrole les caves des maisons, pour livrer Paris aux flammes et à la destruction. Sous ce prétexte mensonger, on exécute de nombreuses femmes, interpellées au hasard dans la rue.

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26 mai 1871 – La Bastille et la Villette tombent. Les exécutions sommaires des communards pris par les Versaillais sont maintenant « organisées ». Le peuple insurgé entrevoit le sort que les Versaillais lui réservent : « Citoyens du XXème, si nous succombons, vous savez quel sort nous est réservé… Aux armes ! Prêtez votre concours au XIXème, aidez-le à repousser l’ennemi. En avant donc… Vive la République !  » Par réaction à la boucherie qui fait rage, les derniers otages aux mains de la Commune sont exécutés, malgré les récriminations de Varlin.

27 mai 1871 – Les canons des Buttes Chaumont n’ont plus de munitions.

Les derniers membres de la Commune qui se battent encore, Trinquet, Ferré, Varlin, Ranvier et Jourde, assistent impuissants au désastre. A la mairie du XXème, les blessés affluent et il n’y a ni médecin, ni matelas, ni couvertures. Le sifflement des obus rythme les dernières heures de la ville insurgée.

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28 mai 1871 – Rue Ramponeau s’élève la dernière barricade de la Commune. Un seul fédéré la défend. Trois fois, par un tir ajusté, il casse la hampe du drapeau tricolore des versaillais, qui occupent la barricade de la rue de Paris. Grâce à son courage, le dernier défenseur de l’insurrection parisienne parvient à s’échapper.

 

Le 28 mai, vers midi, il combat, avec Jean-Baptiste Clément et Ferré sur la barricade de la rue de la Fontaine-au-Roi, l’une des dernières de la Commune.

Dans l’après-midi, épuisé, il se repose sur un banc, rue Lafayette, près de la place Cadet.

Varlin, hélas, ne devait pas échapper. Le dimanche 28, place Cadet, il fut reconnu par un prêtre qui courut chercher un officier. Le lieutenant Sicre saisit Varlin, lui lia les mains derrière le dos et l’achemina vers les Buttes où se tenait le général de Laveaucoupet. Par les rues escarpées de Montmartre, ce Varlin qui avait risqué sa vie pour sauver les otages de la rue Haxo, fut traîné une grande heure. Sous la grêle des coups, sa jeune tête méditative qui n’avait eu que des pensées fraternelles, devint un hachis de chairs, l’œil pendant hors de l’orbite. Quand il arriva rue des Rosiers, à l’état-major, il ne marchait plus ; on le portait. On l’assit pour le fusiller. Les soldats crevèrent son cadavre à coups de crosse. Sicre vola sa montre et s’en fit une parure .
Le Mont des Martyrs
n’en a pas de plus glorieux. Qu’il soit, lui aussi, enseveli dans le grand cœur de la classe ouvrière. Toute la vie de Varlin est un exemple. Il s’était fait tout seul par l’acharnement de la volonté, donnant, le soir, à l’étude les maigres heures que laisse l’atelier, apprenant, non pour se pousser aux honneurs comme les Corbon, les Tolain, mais pour instruire et affranchir le peuple. Il fut le nerf des associations ouvrières de la fin de l’Empire. Infatigable, modeste, parlant très peu, toujours au moment juste et, alors éclairant d’un mot la discussion confuse, il avait conservé le sens révolutionnaire qui s’émousse souvent chez les ouvriers instruits. Un des premiers au 18 Mars, au labeur pendant toute la Commune, il fut aux barricades jusqu’au bout. Ce mort-là est tout aux ouvriers.

 

Prosper-Olivier Lissargaray
Histoire de la Commune de 1871 (1876)

 

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Soldats versaillais – Paris tout entier appartient à la réaction. La grande ville est quadrillée par l’armée de l’ordre, qui empêche quiconque d’entrer ou de sortir. Les obus, la mitraille, les incendies ont ravagé les rues et les boulevards. Les places sont jonchées de cadavres. Devant les casernes, on empile les corps par dizaines. Partout les exécutions continuent. À la prison de la Roquette près du Père-Lachaise, on fusille toute la journée. Les soldats, ivres des massacres, campent dans les rues.

 

LA COMMUNE DE PARIS

Eugène Varlin fait face avec courage au peloton d’exécution. Il meurt en criant :

 Vive la République ! Vive la Commune !

 

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La  » semaine sanglante « , c’est le massacre systématique des travailleurs et révolutionnaires parisiens. Il ne s’agit pas seulement de battre Paris insurgé. Il faut faire un exemple. Mais il faut surtout que la révolution reste synonyme de bain de sang … alors qu’elle signifie en réalité une liberté extraordinaire !

 

 

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Eugène Varlin est l’un des personnages les plus emblématiques de la Commune.

Il a laissé l’image d’un militant sincère, irréprochable, fidèle jusqu’à sa mort héroïque, à ses idéaux de justice sociale, d’internationalisme [1] et de liberté.

Pour en savoir plus sur la vie d’ Eugène Varlin

[1] L’enthousiasme de l’auteur de ces lignes est à tempérer fortement à la lecture de cette déclaration de Varlin: « … qu’il ne s’agissait pas de révolution internationaliste, que le mouvement du 18 mars n’avait d’autre but que la revendication des franchises municipales de Paris…et qu’une fois le Conseil municipal élu le Comité central résignerait ses pouvoirs et tout serai fini ».

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Un soir de 1867, Jean-Baptiste Clément allait trouver Antoine Renard. Originaire de Lille, cet ancien ténor de l’Opéra s’était reconverti dans le music-hall. Il le pria de mettre en musique son poème Le Temps des Cerises, ce qu’il fit quelque temps plus tard. Cette chanson devint ensuite l’hymne de tous les communards et des ouvriers. Ce n’est qu’après son retour d’exil que Jean-Baptiste Clément ajouta en 1882 la dédicace :  » A la vaillante citoyenne Louise, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871 « . Ce jour là, avec Eugène Varlin et Charles Ferré, tous deux plus tard condamnés à mort et fusillés, Clément se trouvait sur la dernière des barricades ; Louise Michel était de la partie.

 

 Sources:

commune1871.org

raspouteam.org

commune-rougerie.fr

parisrevolutionnaire.com

Un de nos articles à découvrir:

1871: Ce jour où l’on scia la colonne Vendôme

 

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Pont Eugène Varlin

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Ils furent nombreux, 30.000, 40.000 peut-être, ceux qui moururent autour de Paris, pour la cause qu’ils aimaient.

Ils furent nombreux aussi ceux qui, dans l’intérieur de la ville, tombèrent sous la décharge des mitrailleuses en criant : « Vive la Commune ! ». On sait par les débats de l’assemblée versaillaise que ce peuple égorgé sauva, par son attitude, la forme républicaine du gouvernement français.
Toutefois la présente République, bonne à tout faire pour le service du tsar et du kaiser, est tellement éloignée de toute pratique des libertés, qu’il serait puéril d’éprouver de la reconnaissance envers la Commune pour ce vain mot qu’elle nous a conservé.
Elle a fait autre chose.
Elle a dressé pour l’avenir, non par ses gouvernants, mais par ses défenseurs, un idéal bien supérieur à celui de toutes les révolutions qui l’avaient précédée ; elle engage d’avance ceux qui veulent la continuer, en France et dans le monde entier à lutter pour une société nouvelle dans laquelle il n’y aura ni maîtres par la naissance, le titre ou l’argent, ni asservis par l’origine, la caste ou le salaire. Partout le mot « Commune » a été compris dans le sens le plus large comme se rapportant à une humanité nouvelle, formée des compagnons libres, égaux, ignorant l’existence des frontières anciennes et s’entraidant en paix d’un bout du monde à l’autre.

Elisée Reclus